Bouquet 25 Les relais bretons et vendéens

++Bouquet 24  Les relais bretons et vendéens++

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1 La revue de Bretagne et de Vendée

Michel Bouquet ne négligera pas, à la fois par passion pour sa Bretagne natale, mais aussi pour élargir le champ des acquéreurs possibles de ses créations artistiques, d’être visible dans le champ des revues régionales bretonnes. Il est souvent cité dans une revue fondée en 1857 par l’historien de la Bretagne Arthur de la Borderie 1827-1901

En 1857 Bouquet n’a pas encore acheté sa maison de Roscoff, mais il fait chaque année un long séjour d’été dans un des plus beaux châteaux médiévaux de Bretagne, le château de Kérouzéré auquel Arthur de la Borderie, spécialiste du Moyen-Age breton ne saurait être indifférent. Les cousins Furne et Tournier sont devant le château en 1857 pour prendre des photographies.

 

Le château de Kerouzere en 1857, lieu de villégiature de Michel Bouquet

et en 1857 Michel Bouquet est présent dans le château

Turne et Fournier, Château de Kérouzéré, vue prise des prés, La Bretagne au Stéréoscope : voyage pittoresque et artistique, Gaudin Alexis et frère, 1857 © Collection Musée départemental breton

 

Turne et Fournier, Château de Kérouzéré, vue prise des jardins, La Bretagne au Stéréoscope : voyage pittoresque et artistique, Gaudin Alexis et frère, 1857 © Collection Musée départemental breton

 

Brizeux qui a dédié un de ses poèmes à Michel Bouquet, Les Iliennes, y signe L’Elégie de la Bretagne.

« C’est une consécration pour notre Revue d’avoir été jugée digne de porter, avant tout autre, à l’oreille et au coeur de la Bretagne ce cri de haute poésie et d’ardent patriotisme. La France l’admirera comme nous mais elle ne le répètera qu’après nous. »

Dans le même numéro Louis de Kerjean rend compte du Congrès breton d’octobre 1857 à Redon.

Les historiens et littérateurs bretons du milieu du XIXème siècle sont en faveur de la promotion de la Bretagne, mais pas d’une indépendance de la Bretagne, qui est aux antipodes de l’intégration économique et politique des élites bretonnes depuis le XVIème siècle.

Et si l’amour de la langue et de la région natale sont avancées dans la revue « Et vraiment c’est justice, car l’inspiration du poète est ici, plus que jamais toute bretonne », si elle est souvent accompagnée d’un refus d’une modernité qui s’épanouirait sans entraves « Il voit le chemin de fer franchir les marches de la Bretagne. Il entend le concert enthousiaste des choryphées de l’industrie. Il y répond par un chant de tristesse et d’alarme »,

avec une analyse qui fait toujours écho aujourd’hui « Il n’y a pas que les poètes mais tous les esprits indépendants pour penser d’eux-mêmes qui commencent à se demander si les inventions industrielles les plus prônées produisent un progrès réel, et si en tous les cas le progrès matériel, isolé du reste, est un progrès »,

ce ne sont vers le milieu du XIXème siècle que « postures » comme le souligne Gauthier Aubert dans Des Bonnets rouges aux Bonnets rouges, allant jusqu’à employer  l’expression de « mythe rébellionnaire breton « de la part d’élites bretonnes parfaitement intégrées dans le centralisme administratif et culturel français, et surtout parisien – même Michel Bouquet y a sacrifié, les carrières des peintres se faisant et se défaisant à Paris –  l’administratif et le culturel y étant étroitement liés puisque les artistes relevèrent longtemps du Ministère de l’Intérieur, l’art étant d’abord et avant tout au service du pouvoir politique, comme cela a été le cas de tous temps.

La rupture impressionniste de 1874 sera une continuité, car l’Art est alors mis au service de la promotion ostentatoire du nouveau pouvoir, celui de la bourgeoisie industrielle triomphante, La Gare Saint-Lazare de Monet, et des propriétaires rentiers de l’immobilier et de la terre, dont la famille Manet en est un bon exemple « L’artiste perçoit pendant quatre ans 20 000 fr de loyer annuel sur une propriété foncière héritée à la mort de son père en 1862 » in RMN, Manet inventeur du moderne, Paris, 2011, avec toujours la présence de la très haute administration, qui elle ne disparaît jamais  –  quels que soient les régimes politiques qui se succèdent  –  la famille de Berthe Morisot, dont le père tour à tour Préfet, puis Conseiller Maître à la Cour des Comptes, en étant un autre exemple révélateur.

 

En attendant, c’est bien la Bretagne chère à Michel Bouquet qui y est exaltée, en témoigne Le vieux chêne de la Laïta , une très belle légende comme les aiment les Bretons, par E. du Laurens de la Barre. La Laïta est le nom que prennent les rivières l’Isole et l’Ellé après leurs eaux se soient jointes.

« J’étais assis un soir dans la barque d’un vieux pêcheur, amarrée sous les saules, non loin de l’abbaye Saint-Maurice, et près d’un vieux chêne dont le tronc décrépit menaçait de s’abîmer dans l’eau qui baignait ses racines.

Ce chêne, me disait-il, a vu passer plus de cinq générations de marins. Aussi le respectent-ils tous comme le génie du fleuve.

Ma plume n’est pas assez habile pour rendre la beauté du paysage que j’avais sous les yeux : eaux limpides, forêt silencieuse et touffue, rivages escarpés, verdoyants et solitaires, soleil couchant, murmures du soir et des ondes, beauté de la terre et des cieux…tout était là !

eaux limpides, forêt silencieuse et touffue

Michel Bouquet, Les bords du Scorff, huile sur toile, 71 x 101 cm, sans date, © vente lot 373, Dobiaschofsky Auktionen AG, Berne, 8 novembre 2013

 

rivages escarpés, verdoyants et solitaires

Michel Bouquet, Paysage à l’étang, pastel, 61 x 92 cm, s.d. © vente Marambat-Malafosse, 2016

 

soleil couchant

Michel Bouquet, Paysage, huile sur toile, 42 x 62 cm, 1836, © vente Dax, 10 juin 2018

 

soleil couchant

Michel Bouquet, Paysage soleil couchant, pastel, 28 x 44 cm © vente Proantic, 2017

 

soleil couchant,

Michel Bouquet, Vallée dans le Morbihan, huile sur toile, 71 x 101 cm, 1867 © vente Guillaume Le floc’h, Saint-Cloud, 8 février 2015

 

murmures du soir et des ondes

Michel Bouquet, Paysage de bord de rivière, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence cuite au grand feu, 31 x 51 cm, signée et datée, 1874 © vente, Galerie Kerkamak

 

 

Dès 1862 le nom de Michel Bouquet fait son apparition dans la revue, dans le cadre de l’Exposition nationale de Nantes, sous la forme d’une simple citation de son nom , mais en très bonne compagnie, puisque Diaz, Français, Flandrin, Harpignies  ont droit au même traitement. Seul Théodore Gudin a droit a un traitement élogieux « nommons en première ligne deux fort belles toiles de Gudin, des marines », ce qui prouve que le maître de Michel Bouquet bénéficie toujours d’une aura incontestable dans les provinces de l’Ouest.

Le nom de Michel Bouquet est cité dans la revue en 1863, sous la forme d’un entrefilet mentionnant qu’il est natif de Lorient et qu’il présente une oeuvre La plage d’Etretat. On sens que l’auteur du compte-rendu se désole qu’il n’ait pas présenté une toile portant sur la Bretagne, d’autant plus que Baader lui-même, habituel peintre de mythologique antique, présente pour la première fois une oeuvre dont le sujet est l’histoire de la Bretagne.

 

Tout change en 1864, Michel Bouquet réussit le tour de force de redevenir visible médiatiquement dans un tout autre domaine artistique, et ce à toutes les échelles, régionale et nationale.

« De l’aveu universel, le côté le plus brillant de l’école de peinture contemporaine, c’est le paysage.

Si nos lecteurs ont bien voulu nous suivre jusqu’ici, ils ont pu voir que la Bretagne et la Vendée apportent à l’école française un riche contingent de paysagistes distinguées : Deshays de Saint-Malo, La Mare eux Fées  ; Lansyer, Pins maritimes : les marines de M. Noël, un maître du genre pour lequel depuis longtemps la mer n’a plus de secrets.

Toutefois, parmi les paysagistes, il en est un qui a une physionomie particulière et dont les oeuvres originales méritent que nous nous arrêtions un instant à les étudier.

C’est M. Michel Bouquet, de Lorient, un infatigable chercheur, qui a trouvé.

Donnez à M. Bouquet un plat en faïence brute, et il vous rendra un tableau rivalisant de tout point avec la toile. Même fini d’exécution, même transparence, même aisance de facture, avec une fraîche crudité de tons qui est, à certains égards, un charme de plus. Le tout est peint sur émail cru et cuit à grand feu.

Le vent est d’ailleurs à la résurrection des Della Robbia et des Bernard Palissy. » Revue de Bretagne et de Vendée, 1864

Jamais Michel Bouquet n’oublie de sentir la mode picturale à venir, de s’y adapter ou ici dans le cas de la faïence, de s’en emparer dès le départ pour en devenir un maître incontesté.

Les techniques, qu’elles soient dessin, lithographie, huile sur toile, pastel, et ici faïence, n’ont jamais fait peur à Michel Bouquet qui était un homme de défis.

L’année suivante, aux côtés de Baader qui expose Le Rappel des abeilles et de Yan Dargent La mort du dernier barde breton, mais sous la rubrique Dessins que même l’auteur du compte-rendu trouve curieuse, signe que la nouveauté pose problème aux organisateurs, Michel Bouquet présente ses faïences que le rapporteur qualifie également de curieux essai, autre signe de l’approche novatrice de Michel Bouquet ( à 58 ans ! ) dérange les esprits peu habitués à une telle évolution de la part d’un peintre qui est présent au Salon depuis 1835…

En 1868 l’inclassable Michel Bouquet figure toujours dans la rubrique Dessins « Dans nos compte-rendus antérieurs nous avons tout dit sur cet habile artiste qu’est Michel Bouquet de Lorient et nous ne pourrions que nous répéter.

M. Bouquet est désormais un maître – alors que cela ne fait que quatre ans qu’il expose son travail sur cette nouvelle matière – dans les secrets de l’alliance de la céramique avec la peinture, art tout nouveau, ou du moins renouvelé d’hier, et qui voit devant lui s’ouvrir un avenir indéfini. Voyez ces Bords de Rivière, et surtout ces Bateaux chargés de foin sur la Tamise.

 

Michel Bouquet, Bateaux chargés de foin sur la Tamise, Faïence sur email cru stannifère au grand feu, 1868 ©

 

Outre le brillant de leur émail et l’inaltérabilité de leur coloris qui peut braver les siècles, ces paysages sont peints avec toute la finesse, toute la graduation de tons et l’ampleur de perspective que comporte un tableau de chevalet, toile fragile qui a tout à craindre du temps. »

« Au Salon de 1877 ,M. Michel Bouquet — un nom prédestiné pour le paysage et que nous retrouverons plus loin, au chapitre des faïences, où il rayonne au premier rang, — nous a apporté deux nouvelles vues, mi-parties terrestres et marines, de Kéremma, un recoin du Finistère que l’éminent céramiste affectionne spécialement, et qu’il peint con amore. »

 

Plage de Keremma, une toile très abîmée par l’eau, par manque de conservation et de restauration élémentaires

Michel Bouquet, Marine, Marée montante, Huile sur toile, 30 x 49 cm © Ville de Lorient, inv. n° 66

Pour accompagner cette oeuvre, mon choix se porterait sur Pen Er Malo, Entendez-vous la mer ? de la compositrice lorientaise Cécile Seraud

 

Sa célébrité est telle que d’autres artistes font des portraits de lui. « Dans le Dessin proprement dit, nous retrouvons Mme Joséphine Houssay avec deux portraits d’un faire tout artistique, dont celui, fort ressemblant, de M. Michel Bouquet ( il est à ce moment-là âgé de 70 ans ).

M. Michel Bouquet, dont le nom clôt dignement cette nomenclature, en outre des paysages sur toile dont nous avons parlé plus haut, en a exposé deux autres sur faïence : Un étang en Bretagne et Le vieux Moulin, clair de lune, traités avec l’habileté que l’on connaît et que savent bien apprécier ceux-là seuls qui sont initiés aux procédés de cet art difficile. » Lucien Dubois, Revue de Bretagne et de Vendée, Nantes, J. Forest ainé, 1877

Un étang en Bretagne
Michel Bouquet, Un étang en Bretagne, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence cuite au grand feu, 19 x 30 cm, s.d. © vente Toulon, lot 164, avril 2018
Deux ans après, en 1879, il est toujours cité dans la Revue de Bretagne et de Vendée
« Nous allions oublier le chef et le doyen de cette pléiade, chaque année plus nombreuse, de peintres céramistes des deux sexes, celui qui, par son exemple et ses leçons, a eu une si large part dans les progrès toujours croissants de cette branche de l’art, M. Michel Bouquet, lequel n’a eu garde de manquer au rendez-vous annuel et nous a envoyé deux de ces faïences peintes sur émail cru, genre dans lequel il est passé maître : Marée basse et Paysage en Bretagne.
En même temps, M. Bouquet faisait, dans les salons du Cercle artistique de la rue Saint-Arnault, une exposition générale de ses dessins, qui révélait son talent sous un jour nouveau pour le public : vues diverses prises sur nature par l’auteur dans ses voyages, en Suisse, en Angleterre, en Ecosse, en Orient, en Algérie, une sorte du tour du monde européen, musée artistique et pittoresque, également remarquable par la beauté des sites et la fidélité, la vigueur du rendu. » Louis de Kerjean, Revue de Bretagne et de Vendée, Tome V, 1879
Il est ainsi cité jusqu’en 1885, moment de sa vie où, après avoir subi une attaque cérébrale, il réduit le nombre de ses participations aux expositions, mais reste toujours en activité picturale, même réduite, en offrant à ses amis des petits dessins rehaussés de blanc, ou des lavis qu’il réalise pour eux.
Michel Bouquet, Marine, Dessin sur papier brun rehaussé de blanc, s.d. © Collection particulière
Michel Bouquet, Bois près de Keremma, lavis, s.d. @ Collection particulière
Michel Bouquet, Bateaux devant Venise, Lavis d’encre et encre, 17 x 24 cm, s.d. © vente lot n° 269, Rossini, Paris
Port du commerce de Lorient et Ile Saint-Michel, Revue de Bretagne et de Vendée, 1885

2 Les dîners celtiques avec Ernest Renan

En continuité avec la Pomme, et pour élargir le cercle des Bretons aux milieux qui s’intéressaient à l’archéologie en Bretagne et notamment à la culture dite celtique, terme employé à l’époque, un Premier dîner celtique a lieu le 18 juin 1879 – Michel Bouquet est âgé de 72 ans – au café d’Alençon, en face de la gare Montparnasse, avec  Renan qui en assurera la présidence pendant 20 ans.

Renan est alors âgé de 57 ans

 

Antoine Samuel Adam-Salomon, Portrait de Renan, Album des amis de Daniel Stern, entre 1876 et 1884 © The Art Institute of Chicago

Bouquet connaît bien Renan et sa famille. Henriette Psichari raconte la rencontre de son grand-père, Ernest Renan, avec Cornélie, la fille d’Ary Scheffer

C’est une réunion joyeuse où l’on banquète entre artistes, écrivains, musiciens, mais aussi des philologues, des scientifiques et toujours des hommes politiques. C’est François Loth, né à Guéméné sur Scorff,  futur chargé de cours de langue celtique à  la faculté de Rennes en 1884, celui là même qui a engagé un controverse avec l’historien lorientais François Jégou, c’est François Loth, qui travaillait à l’époque sur son Vocabulaire vieux-breton qui en a lancé l’idée. Il a même dédié sa thèse L’émigration bretonne en Armorique du Vème au VIIème siècle de notre ère à ses Amis du Dîner celtique.

A Paris dans les années 1880 les Bretons forment une communauté encore réduite. Nous n’en sommes pas encore au moment des émigrations bretonnes massives au tournant des XIXème et XXème siècles et ce pour des raisons économiques comme la disparition de l’industrie textile rurale, la crise sardinière ou le surpeuplement relatif par rapport aux ressources économiques.

Les dîners celtiques sont le fait de bretons lettrés, d’élites bien intégrés dans la société parisienne, maîtrisant parfaitement la langue française, et pour un très grand nombre d’entre elles également la langue bretonne. Ce ne sera pas le cas dans les 40 années suivantes où beaucoup de bretons émigrés ne parlaient que la langue bretonne, ce qui leur fermait de nombreux emplois dans la capitale.

Le choix de Renan est tout, sauf anodin, il faut se souvenir de ce que donnera l’inauguration de sa statue à Tréguier en 1903 pour mesurer l’intensité des affrontements que l’auteur de la Vie de Jésus a pu susciter entre catholiques et anti-catholiques. Rares sont les évènements républicains officiels où l’armée est utilisée baïonnette au canon pour maintenir l’ordre.

Cette première est assez discrète. Il y a des absents, notamment François-Marie Luzel

Portrait photographique de Yan’ Dargent, 1855

 tirage cyanotype contrecollé sur carte-visite, 10,5 x 6,4 cm,Réserve ancienne Ms 200, 1855  © Médiathèque de Quimper Bretagne occidentale,

Yan’ Dargent  Portrait de François-Marie Luzel , Huile sur toile, s.d.  © Musée des Beaux-arts de Morlaix

et Charles de Gaulle.

Ne se trouvent réunis que les membres fondateurs : Ernest Renan, Joseph Loth, Hamonic [5], N. Quellien, Sébillot et Henri Gaidoz.

Mais le nombre de convives à table va rapidement grandir en quelques années pour atteindre des banquets de plus de 100 personnes.

Car Renan a publié entretemps son Qu’est-ce qu’une Nation ? en 1882, et il est devenu une icône vivante de la Troisième République.

1885 17 août

M. Renan est arrivé à 5 heures du soir. La réception qui lui a été faite à la gare a été des plus cordiales.

Parmi les assistants, MM. Bertrand, Berthelot de l’Institut, Quellien, secrétaire, Ch. Monselet, Edmond Lepelletier, Ary Renan, Luzel, Lemoine, Duringer et autres celtisants.

Berthelot de l’Institut

Quellien

Charles Monselet

Edmond Lepelletier

Ary Renan

Luzel

Lemoine

Duringer

 

En 1885 il compte une centaine de membres. Des membres très influents dans les domaines littéraire, artistique et politique. On y côtoie des bretons, des normands et des angevins, soit la reconstitution des peuples gaulois de l’Armorique qui avaient constitué des accords de défense contre les Romains.

On y retrouve le trio F.M. Luzel, l’auteur des Veillées bretonnes à cette date , le peintre Paul Sébillot également auteur des Contes populaires de la Haute-Bretagne,  mais avec un Renan qui visiblement a par trop abusé des banquets

Le Directeur de la Revue Celtique Henri Gaidoz,
Le directeur du Musée des antiquités nationales de Saint-Germain,
l’archéologue A. de Barthélémy, le peintre Arthur Rhôné ;

le professeur du collège Rollin Loth, le poète de langue bretonne Quellien, et son œuvre majeure Annaïck.

Léon Séché, le Directeur de la Revue de Bretagne et d’Anjou, dans laquelle nous l’avons vu, Michel Bouquet est souvent cité

E. Le Mouel, rédacteur de la Chronique parisienne 1885 et de La lorgnette de Bisson, qui s’imprime à Lorient

le musicien Guy Le Bris

Littérature

Lionel Bonnemère, homme du monde, un touche à tout brillant. Un écrivain très intéressé par les Gaulois : Voyage à travers les Gaules, 56 ans avant Jésus-Christ, 1879 ; Histoire nationale des Gaulois sous Vercingétorix, avec Ernest Bosc (1881) ; Histoire de Vercingétorix racontée au village (1882), par les gallo-romains reconstituer les « Costumes du monde des cirques et des théâtres Gallo-Romains » au moyen de poupées dont il fabrique lui-même les costumes, les armes, les casques, etc., d’après des documents authentiques (collection qu’il léguera à l’Etat). Il est aussi l’auteur de pièces de théâtre et de livrets d’opéra, élève du sculpteur Barye, spécialisé dans les animaux ; collectionneur acharné d’objets ethnologiques, notamment d’amulettes, de bijoux populaires bretons et angevins, détenteur d’une célèbre collection de « Bijouterie populaire »  qui a figuré à l’Exposition universelle de 1889 ; des sujets d’intérêts qui l’amèneront à devenir un des fondateurs et le Président de la Société préhistorique française en 1904, préfacier d’une étude historique en 1893 Perinaik, compagne de Jeanne d’Arc

 

 

Michel Bouquet rencontre donc au moins une fois par mois Ernest Renan. Tous les mois les membres de cette association, convoqués par le secrétaire Quellien, le poète de langue bretonne , se réunissent pour festoyer et deviser joyeusement au café d’Alençon, place de Rennes, en face de la gare Montparnasse, qui aux yeux de tous est le point de départ vers leur province chérie dont ils sont à leurs yeux si éloignés, la Bretagne. C’est une réunion où les convives font assaut de joie et de gaieté, entre hommes. On y chante souvent, La Douce Annette, notamment et surtout la Chanson de la Reine Anne, qui correspond à leurs yeux régionalistes à la Marseillaise bretonne. Le 12 décembre 1885, on y lit un noël en breton, puis en français.

 

1886 Le dernier dîner celtique a été tout particulièrement animé. C’était l’anniversaire de sa fondation, aussi les Bretons de Paris avaient-ils répondu en nombre à l’appel de M. Quellien. Parmi les convices, on remarquait MM. Paul Sébillot, le prince Roland Bonaparte, Etienne Leroux, Léon Séché, Lionel Bonnemère, Le Mouël, Tanguy, Guy Le Bris, etc.

M. Ernest Renan

 

 

3 Les revues celtiques : la Revue illustrée de Bretagne et d’Anjou

1885 Poème Le château de Kérouzéré, Revue illustrée de Bretagne et d’Anjou, sous la direction de Léon Séché, 30 novembre 1885, p. 280 Revue dans laquelle on retrouve François-Marie Luzel, l’auteur de la Bio-bibliographie bretonne René Kerviler , Renan, le sculpteur David d’Angers, Charles le Goffic, Jules Simon, Louis Tiercelin

1887 1 décembre

Discours de M. Renan, La revue illustrée de Bretagne et d’Anjou, 1 décembre 1887, p. 357

1889 Revue de Bretagne et d’Anjou du 30 novembre 1885, page 242 : « La grotte de Fingall du peintre poète bouclier nous a plu davantage. Certainement un artiste affamé de succès et comme on dit épris de modernité ou de modernisme aurait poussé au noir ce tableau et ajouté à la difficulté d’un sujet qui semble si dénué d’intérêt ; mais Monsieur Bouquet a su éviter l’écueil. Le soleil, en pénétrant dans la grotte fameuse où ce plagiaire de McPherson a placé les scènes d’Ossian, varie l’effet monotone des basaltes, et le ciel qu’on découvre, bleu et semé de petits nuages dorés, luit au loin plein d’espérance ! »

 

4 Le comité Brizeux

Les Archives départementales du Morbihan présentent sur leur site une courte, mais remarquable biographie de Brizeux

1887 9 novembre Le Rappel, Les membres du comité Brizeux, présents à Paris, ont fait hier une visite à l’atelier du sculpteur Pierre Ogé pour recevoir la statue du poète breton : MM. Ernest Renan et Jules Simon, Présidents d’honneur ; Charles Monselet, Antonin Proust, docteur le Maguet, Michel Bouquet, Armand Dayot, membres du comité ; R . Quellien et Ary Renan, secrétaires. L’oeuvre a produit la meilleure impression et l’artiste a vivement été félicité .

1887 Un monument à Brizeux. Le statuaire Pierre Ogé, de Sainnt-Brieuc, vient de terminer un monument au poète breton Brizeux. Un comité s’est formé pour recueillir les souscriptions nécessaires et assurer l’inauguration de la statue à Lorient, ville natale du poète.

Ce comité est surtout composé de compatriotes du chantre de Maris. Présidents : MM. Ernest Renan, de l’Académie française, et le maire de Lorient. Membres du comité : MM. Bertrand, de l’Insitut ; Michel Bouquet, artiste-peintre ; Jules Claretie, ; Armand Dayot, Inspecteur des Beaux-Arts ; Delaunay, de l’Institut ; Louis Hémon, ancien député ; Lacaussade ; Leconte de Lisle, de l’Académie française ; François-Marie Luzel ; docteur le Maguet ; F. Mistral ; Charles Monselet ; Henri de la Villemarqué , de l’Institut. Secrétaires : MM. Quellien et Ary Renan. Trésorier : M. Bulliot. La souscription sera ouverte dès le début de l’automne. L’inauguration du monument aurait lieu vers le mois d’août de l’année prochaine.

Gazette bibliographique, Le Livre, revue mensuelle, 1887.10 septembre, n° 93, p. 487 ; in Journal des débats politiques et littéraires, 23 juillet 1887 ; in La Justice, direction Georges Clemenceau, 23 juillet 1887 ; in L’Univers illustré, 30 juillet 1887

1888 Le comité de la Société littéraire et artistique la Pomme convoqué hier 27 mars 1888 chez son président, M. Christophe, gouverneur du Crédit foncier, a décidé d’envoyer une députation aux fêtes qui doivent avoir lieu cet été à Lorient, à l’occasion de l’érection de la statue du poète Brizeux, mort en 1858.

cette délégation se composera de deux délégués bretons, MM. Michel Bouquet et Paul Sébillot, et de trois délégués normands, MM. Alphonse Lemerre, Charles Frémine et Paul Nicole.

1887 1 décembre

Discours de M. Renan, La revue illustrée de Bretagne et d’Anjou, 1 décembre 1887, p. 357

Notre fête est vraiment charmante, Messieurs. Vous avez eu une bonne pensée, vous avez voulu qu’un de vos poètes les plus délicats ne restât pas sans souvenir dans sa ville natale. Un monument simple, élégant, du meilleur goût, vous rappellera tous les jours cette âme tendre, cet homme excellent qui naquit et grandit parmi vous, et qui, mieux que personne, a révélé au monde vos idées les plus chères, les derniers replis de la conscience de votre race, les plus intimes secrets de votre manière de sentir. Sa vie modeste et peu récompensée avait bien droit à cette réparation. La Bretagne était en retard avec Brizeux. Grâce à vous, cette apparence d’ingratitude est effacée. Celui qui a pu dire :

Et moi je n’ai pas même un réduit assuré

a maintenant son socle de granite d’où il nous invite à regarder avec lui la mer, le ciel, l’infini, les mystères de l’âme qu’on n’épuise jamais.

On a dit que Brizeux découvrit la Bretagne. C’est beaucoup dire peut-être. Mais il découvrit certainement une chose charmante entre toutes, il découvrit l’amour breton, amour discret, tendre, profond, fidèle, avec sa légère teinte de mysticité. Deux enfants cherchant à être des heures ensemble sans se dire une parole, une jolie fille rose, bien modeste, sous une petite coiffe blanche, rien de plus ; cela lui suffit. Adorable simplicité de moyens ! Oh ! Que nous sommes loin avec lui de ces fadaises, de ces ingrédients pervers que certaines écoles se croient obligées de mêler à l’ambroisie divine de l’amour.Point de bijoux, point d’atours, à peine des fleurs, la couleur même rendue inutile, le blanc et le noir suffisant à faire valoir la fraîcheur d’un teint virginal. Le dirais-je, à la louange de cet artiste excellent ? Il n’a presque pas besoin de la beauté. La candeur, l’innocence lui suffisent. « J’ai vu Marie, disait un ami de Brizeux, un ami des premières années. Elle n’était pas précisément jolie, mais il y avait chez elle une grâce singulière. » Eh ! Que faut-il de plus ? Les effets de la beauté obtenue par le charme, voile là le triomphe de l’esthétique bretonne. Voilà l’art de Brizeux, art exquis, toujours sain, toujours noble, qu’aucune maladie littéraire, aucune de ces vilaines tard qui souillent souvent les œuvres les plus pures de notre temps, n’est jamais venu troubler en sa simplicité.

Sa poétique était simple, parce qu’elle était vraie. Il aimait la vie avec ce qui la rend supportable, le goût du bien sous toutes les formes. Il n’était pas de ceux qui se vantent d’avoir tué le sommeil. Pour dormir, il n’avait pas besoin de ces narcotiques qui énervent plus que l’insomnie. Pour dormir, il n’avait besoin que de l’ombrage d’un chêne sur cette terre « où l’on peut vivre et mourir solitaire. » Il y eut parfois des doutes, ses papiers vus après sa mort par des amis discrets en font foi. Il condamna les feuilles où ils étaient déposés à rester inédites. Il est bien de lui ce vers si touchant :

Tous entendront ma voix, nul ne verra mes pleurs.

La poésie l’amour, ces voix d’un autre monde, ne l’abandonnèrent jamais. D’autres cueillirent les fleurs du mal, lui n’aima que les fleurs du bien, ce qui relève, ce qui console cette pauvre humanité trop portée à se calomnier. Son idéal est un temple ouvert à tous, et dont ne serait exclu que le lâché le méchant.

Cette foi au bien le préserva des grandes erreurs modernes : le nihilisme, le pessimisme, ne sont pas précisément les maladies de notre race. La dose de foi robuste dont nous héritons, même réduite en nuages, nous soutient. Nous vivons de l’ombre d’une ombre. Nous n’avons rien épuisé, car jamais nous n’allons jusqu’au fond de la coupe. Voilà pourquoi nous sommes faits pour la vie, quand tant d’autres sont fatigués de vivre. Pour passer aux idées modernes, nous n’avons pas à nous convertir. Nous y portons notre sincérité religieuse, notre fidélité, et surtout, ce dont le siècle a le plus besoin, notre bon sens, notre honnêteté.

Quand on est sûr d’avoir raison, on est fort contre la justice. Les temps furent très durs pour Brizeux. On n’accordait pas alors variété provinciale un droit de cité aussi large qu’aujourd’hui dans la littérature générale de la France. Timide comme tous les bretons, Brizeux a cherché à inaugurer quelque chose qui n’avait pas encore sa place au soleil officiel. Il fut peu compris. Il désira être de l’Académie, et l’Académie eut le tort de ne pas le nommer. Il resta toujours pauvre, mais il chanta jusqu’à la fin. Le confident de ces dernières heures, Monsieur Saint René Taillandier, a raconté comment il mourut avec l’assurance d’un grand cœur content de son œuvre, plein de foi, d’espérance, et proclamant hautement son aversion pour tout les pharisaïsmes, pour toutes les hypocrisies.

Que vous avez bien fait, Messieurs, de couronner par des honneurs publics cette vie si désintéressée, si haute, si pure ! Ce bel endroit, rempli par le souvenir de Brizeux, sera pour votre ville un lien de recueillement, un endroit pour rêver, la meilleure chose qui soit au monde, un oasis dans la désert de la vie moderne. Les soucis positifs de notre temps ne font que rendre la poésie plus nécessaire. Elle est, avec la religion bien comprise, le baume qui adoucit et qui console, la voix qui dit en nous, Sursum Corda. Elle aura ici sa place, en quelque sorte consacrée. La visite de ce joli square sur un pèlerinage où l’on viendra chercher le repos dans la chaleur du jour. La statue de Brizeux sera pour vous un sanctuaire, un signe de rappel aux choses du cœur et de l’esprit.

Vous aimerez cette place, et chaque fois que vous passerez devant cette noble image, vous penserez au poète qui a mis votre âme dans sévère ; vous remercierez l’excellent sculpteur qui a su vous donner de Brizeux une image aussi accomplie.

Discours de Jules Simon

Messieurs,

je ne puis être ici qu’un auditeur. Je ne veux pas parler des vers de Brizeux après :, jeudi de poète, parce que Renan est à la fois un érudit, un philosophe et un poète. Je viens seulement breton et comme lorientais, attacher une couronne au socle de la statue.

Notre cet abus d’autres grands écrivains bretons, Chateaubriand, Lamennais. Mais celui-ci n’est pas seulement à nous, c’est pour nous qu’il a chanté qu’il a vécu. La Bretagne remplit ses œuvres et sa vie.

Sa famille avait voulu en faire un homme d’affaires, un homme positif : quelle erreur ! Lui-même a essayé d’être auteur dramatique. Le drame ne lui allait pas mieux que la procédure. Il était né pour écrire Marie, les Bretons et la fleur d’or. Il est mort encore jeune après les avoir écrits, semblable à ces arbustes qui ne produisent qu’une fleur et se flétrissent aussitôt qu’elles étaient closes.

Ce sol que nous foulons a vu plusieurs civilisations. Il a traversé plusieurs gloires. C’est le pays des druides, si cher à Henri Martin, de Merlin l’enchanteur et de la forêt de Brocéliande. C’est aussi le pays de du Guesclin, d’Olivier de Clisson, de Beaumanoir. Celui des Duguay-Trouin, de Surcouf. C’est le tiens, généreux Bisson, dont j’ai vu dans mon enfance inaugurer la statue. Brizeux n’avait que le choix entre les épopées, et la pensée de raconter nos batailles

Ah ! Si j’avais vécu dans les âges antiques,

Lorsque le fer en mains, pendant plus de mille ans

Tu repoussais l’assaut des Saxons et des Franks.

Te levant chaque foie plus fier et plus hardie,

Toute rouge de sang, et rouge d’incendie,

O grand Nominoe, Morvan, rivaux d’ Arthur,

Maniant près de vous la claymore d’azur,

Quels chants j’aurai jetés dans l’ardente mêlée !

Mais il se trompait, le doux poète. Ou il ne parlait un moment de la Bretagne sanglante que pour l’éloigner à jamais de ses vers. Sa place n’était pas avec les Tyrtées. Il n’était pas non plus le poète de nos côtes terribles, où les druides ont jeté les pierres de Carnac, comme des géants qui jouent aux osselets des quartiers de rochers. Il était fait pour t’entendre, ô douce voie de la faiblesse, pour faire résonner sous ses doigts la belle harpe d’or, où les notes tristes alternaient avec les notes joyeuses.

Mais, ô calme riant des bois,

Revenez dans mes vers, adoucissez ma voix ;

Faites aimer ce que je vois.

C’est là de tous mes vers la pieuse demande.

Esprits des champs et de la lande,

Versez en moi la paix pour que je la répande

Hélas ! Je sais un chant d’amour

Triste et gai tour à tour.

Toujours le beau nom de Marie

Se mêle au nom de ma Patrie.

 

Un tableau de Bouquet

 

Un jour que nous étions assis au Pont Kerlô
Laissant pendre, en riant, nos pieds au fil de l’eau,
Joyeux de la troubler, ou bien, à son passage,
D’arrêter un rameau, quelque flottant herbage,
Ou sous les saules verts d’effrayer le poisson
Qui venait au soleil dormir près du gazon;
Seuls en ce lieu sauvage, et nul bruit, nulle haleine
N’éveillant la vallée immobile et sereine,
Hors nos ris enfantins, et l’écho de nos voix
Qui partait par volée, et courait dans les bois,
Car entre deux forêts la rivière encaissée
Coulait jusqu’à la mer, lente, claire et glacée;
Seuls, dis-je, en ce désert, et libres tout le jour,
Nous sentions en jouant nos coeurs remplis d’amour,
C’était plaisir de voir sous l’eau limpide et bleue
Mille petits poissons faisant frémir leur queue,
Se mordre, se poursuivre, ou, par bandes nageant,
Ouvrir et refermer leurs nageoires d’argent;
Puis les saumons bruyants; et, sous son lit de pierre,
L’anguille qui se cache au bord de la rivière;
Des insectes sans nombre, ailés ou transparents,
Occupés tout le jour à monter les courants,
Abeilles, moucherons, alertes demoiselles,
Se sauvant sous les joncs du bec des hirondelles. –
Sur la main de Marie une vint se poser,
Si bizarre d’aspect qu’afin de l’écraser
J’accourus; mais déjà ma jeune paysanne
Par l’aile avait saisi la mouche diaphane,
Et voyant la pauvrette en ses doigts remuer:
 » Mon Dieu, comme elle tremble! oh! pourquoi la tuer ? « 
Dit-elle. Et dans les airs sa bouche ronde et pure
Souffla légèrement la frêle créature,
Qui, déployant soudain ses deux ailes de feu,
Partit, et s’éleva joyeuse et louant Dieu.
4 L’inauguration de la statue de Victor Massé
41 Victor Massé
Les Noces de Jeannette en 1853
L’op Paul et Virginie en 1876
Carnaval de Venise La reine Topaze en
A son retour, Massé compose des mélodies sur Les Orientales de Victor Hugo,
et débute au théâtre avec La chanteuse voilée (1850), un acte créé à l’Opéra-Comique.
Sur la même scène, citons ensuite Galathée (1852), Les Noces de Jeannette (1853), La Fiancée du diable (1854), Miss Fauvette… (1855). Plusieurs œuvres sont créées au Théâtre-Lyrique. Parmi celles-ci, La Reine Topaze (1856), Paul et Virginie, son plus grand succès (1876).
trouvaille
42 Le comité
43 L’inauguration à Lorient
Bouquet 25 Les relais bretons et vendéens