26 Les escapades à Keremma

 

26  Les escapades à Keremma

 

Dans ses pérégrinations autour de Roscoff, Michel Bouquet se retrouve au sein d’un groupe d’amis et de peintres qui aiment à se réunir au bord de la mer, dans le cadre des marais et dunes de Keremma entre 1870 et 1890.

Pourtant  ces marais et ces dunes ont fait l’objet d’une appropriation particulière, ce qui éclaire d’un nouveau jour les orientations sociales de Michel Bouquet, car Keremma est avant tout une construction réelle surgie des marais à partir des utopies sociales que sont le saint-simonisme et le fouriérisme et d’une aventure maîtrisée, le christianisme social

 

1 Des paysages nés d’une utopie saint-simonienne, fouriériste et chrétienne

 

Triangulation de construction de la carte de Bretagne en 1744

Les espaces côtiers constituant le futur Keremma y figurent

https://un-historien-a-lorient.fr/wp-content/uploads/2020/08/carte-de-cassini-2-1758-e1598430224117.jpg

Cassini, Bretagne, Carte, 1744 © Géoportail

 

 

Carte de Cassini avant 1818.

Le point jaune marque l’actuel emplacement du manoir de Kerjane

Cassini, Bretagne, Carte, 1744 1818 © Géoportail

 

Avant 1818, un espace de sables, de vases et de marais

Cassini, Bretagne, Carte, 1744 1818 © Géoportail

 

Michel Bouquet que nous avons connu comme fréquentant les milieux royalistes de Louis Philippe 1830 1848, puis les milieux impériaux de Napoléon III 1852 1870 se retrouve ici dans un monde qu’il n’est pas censé fréquenter, encore que, rappelons-le, Napoléon III était au départ un socialiste utopiste.

Une utopie, donc, de surcroît saint-simoniste, puis fouriériste, soit une idéologie aux antipodes de ce que nous supposions des orientations politiques de Michel Bouquet, à savoir royaliste et bonapartiste.

Mais, et le cas de Keremma est en ce sens très particulier, c’est que cette utopie n’est pas ouvrière comme le familistère de Guise, c’est une utopie réalisée par un milieu bourgeois et aristocratique dans une perspective saint-simonienne non pas industrielle, mais agricole : la société rurale de Lannevez, société en commandite, avec un capital de départ conséquent.

Le fondateur, Louis Rousseau, est à la recherche d’une société différente, d’un Paradis perdu rappelant l’oeuvre majeure de Milton écrite en 1667 que Chateaubriand traduira après intégralement en 1836 , une utopie d’essence mystico-religieuse.

« Dieu a créé l’homme libre et lui accordera sa grâce quoi qu’il arrive…si toutefois il respecte la justice divine »

Louis Rousseau – responsable à ses débuts de l’Eglise saint-simonienne de Brest en 1832 – arrive en Bretagne avec le désir de l’expérimentation agricole et communautaire concrète, dans la lignée des physiocrates du XVIIIème siècle, mêlant dans un contexte de réussites et de retentissants échecs vite surmontés, agronomie pastorale, conquête sur la mer avec en premier lieu une stabilisation des dunes par la mise en place de fagots de genêts assemblés, puis un travail de drainage, une digue, des assèchements d’étangs, une polderisation de type hollandais dans une Bretagne agricole et ce sur près de 300 hectares.

 

Au vu de l’environnement, c’est un pari un peu fou

Keremma, Carte géologique, 2020 © Géoportail

 

Les débuts se font dans un cadre quelque peu spartiate, puisque Louis Rousseau et sa femme Emma habitent une cabane de bois en 1825 sur ces terres sablonneuses et désolées, bien avant le Nature de Ralph Waldo Emerson  –  la nature divine conçue comme entité englobant le monde  –  écrit en 1836 ou le Walden ou la Vie dans les bois de l’américain Henry David Thoreau, une immersion de deux ans dans une cabane au bord d’un étang, paru en 1854 et considéré aujourd’hui par le mouvement écologique comme d’oeuvre fondatrice du retour à la nature.

Les courants idéologiques successifs embrassés par le même homme, à savoir le fondateur Louis Rousseau – sous la ferme direction de sa femme Emma, que Michel Bouquet a personnellement connue puisqu’elle n’est décédée qu’en 1885, passant du saint-simonisme au fouriérisme puis au catholicisme social, avec une croyance très proche du transcendantalisme  –  tout comme par la suite Thoreau  – , croyance en une volonté créatrice positive de l’homme s’appuyant sur le présupposé concept de bonté humaine naturelle rousseauiste, mais dans le cas qui nous occupe, placé sous l’égide du divin chrétien.

 » C’est sur nos propres pieds que nous marcherons, c’est avec nos propres mains que nous travaillerons, ce sont nos idées que nous exprimerons »

 

En blanc les espaces de mise en valeur agricole conquis sur les eaux, les dunes et les paluds

avec des titres évocateurs, Les Granges neuves, la Maison neuve

Keremma, Carte dite d’Etat-Major, avant 1868 © Géoportail

 

Les premières fermes 1823 1868, avec l’installation de paysans pauvres du nord-Finistère

Keremma, Carte dite d’Etat-Major, avant 1868 © Géoportail

 

 

Géométrisation et rationalisation actuelle de l’espace conquis sur la mer

Robert, Bioret, Chauvaud, Carte des habitats d’intérêt européen des dunes de Keremma, 2004 © Conservatoire du littoral

 

Les fermes de Keremma ne sont donc pas simplement des fermes, mais une utopie concrètement réalisée sur le terrain, qui est la résultante de la pensée qu’a exprimée Louis Rousseau lui-m^me dans Le Phalanstère, journal pour la fondation d’une phalange agricole et manufacturière associées en travaux et en ménage, n° 1, 1er juin 1832.

« Il faut trouver le pacte industriel qui donnera pour résultats l’exploitation du sol la plus complète et la plus économique, et la distribution des produits la plus juste et la plus reproductive. »

Michel Bouquet semble très attaché à cet espace car il a 80 ans et sort d’une attaque cérébrale lorsqu’il exécute le dessin ci- dessous.

 

Ferme relique de Keremma, sable, rochers, étang, maigre végétation

Michel Bouquet, La ferme de la Tour, Keremma, Lavis à l’encre, 1887 © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

 

Une ferme relique toujours exploitée – présence de la paysanne surveillant ses vaches – peinte par un des amis de la famille

Jean-Louis Verdier, La ferme de la Tour, Keremma, Huile sur toile, s.d. © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

 

Que diable vient faire Michel Bouquet dans ce milieu baigné par le mysticisme social ?

C’est que dans les années 1870, soit quarante cinq ans après les premiers pas hésitants des fondateurs sur les dunes désertes et dans les marais de Keremma, le projet a été mené à bon port, que bien des éléments religieux initiaux ont été gommés, et, s’il est toujours agricole, il s’y est peu à peu adjoint de facto par les mariages successifs et l’ajout des branches collatérales un projet touristique familial  –  au sens d’une famille d’une centaine de membres  –  à comparer avec le solitaire Michel Bouquet, qui fait de Keremma dès 1870 un espace de loisirs privé en écho aux grandes zones de développement touristique et de loisirs de la high upper class que Napoléon III a développées à Biarritz ou à Dinard.

Les autres entreprises utopistes du XIXème siècle ont généralement échoué. C’est le cas de New Harmony créée par Owen aux Etats-Unis de 1825 à 1829, la communauté s’étant effondrée en raison de l’absence de propriété privée imposée par les fondateurs, principe de base que les membres ont fini par abandonner. C’est aussi le cas de l’Icarie de Cabet aux Etas-Unis qui se termine par l’insurrection des colons en 1856, jugeant Cabet trop autoritaire et le système politique  mis en place liberticide.

Mais l’utopie de Keremma se transforme en réussite, car elle s’appuie sur la propriété privée, l’apport de capitaux tout au long de cette période, le relationnel, l’engagement politique,  –   Louis Rousseau tentant l’aventure de la députation  –  puis l’élargissement de la communauté dans un cadre familial par mariages exogènes successifs,   Louis et Emma ont 5 enfants, leurs fils 2 et 4 enfants avec 13 petits-enfants ; leurs filles 4, 7 et 8  enfants, avec une multitude de petits-enfants et d’arrières petits-enfants –  une vraie pouponnière communautaire  –  avec alliance de branches collatérales qui partagent les mêmes valeurs fondatrices et mêlent anciennes et nouvelles couches sociales bénéficiant de la seconde révolution industrielle et de la mise en place de la République  –  fondée en 1870  –  qui a besoin de cadres, les ingénieurs de toutes natures, dont les polytechniciens.

On peut parler et c’est là tout le paradoxe d’un communisme familial entre membres de classes supérieures devant leur fortune à leur talent, archétype de la pensée bouquetienne dont Michel Bouquet par une vie très confortable due à son talent pictural et surtout à celui de la vente de ses créations  –  il ne sert à rien de créer si l’on ne sait pas vendre  – , en est un parfait exemple.

Cette démarche de partage égalitaire au départ est toujours inscrite dans le cadastre actuel de Keremma

 

Plan cadastral de Keremma

Keremma, Parcellisation égalitaire de l’espace, Cadastre de Treflez, 2020 © Géoportail

 

En effet, il ne faut pas oublier que Keremma est issue d’une utopie  –  le saint-simonisme  –   où se réunissent des hommes et des femmes dans une société que l’on pourrait qualifier d’admiration mutuelle, s’appuyant sur les principes de solidarité, d’esprit d’entreprise, d’intérêt général , une religion positive alliant initiative privée et philanthropie, où chaque membre est considéré en fonction de ses compétences : financière pour les banquiers  – les frères Pereire à Paris en étant un des exemples les plus célèbres  –  , économique pour les industriels et les travaux publics comme Jean-louis Michau et de Dartein, scientifique pour les polytechniciens de la famille, intellectuelle et artistique pour de nombreux membres et amis comme nous le verrons.

Nous comprenons ainsi mieux ce qui a pu attirer Michel Bouquet dans ce milieu. Tout d’abord il y retrouve son univers mental habituel à savoir la philanthrophie, puis la mer, la nature et de confortables demeures, des bourgeois engagés dans de solides affaires, des aristocrates possédant de grandes propriétés foncières soucieux de les valoriser par les avancées techniques de la seconde révolution industrielle en cours, et surtout des polytechniciens, nouvelle aristocratie montante dont font partie ses amis Puyo de Morlaix, tous trois étant nous l’avons vu polytechniciens  – le père, le frère, le fils  –  , des classe sociales méritocratiques qui vont mettre en place la dorsale républicaine à partir de 1870.

 

Nous disposons de quelques oeuvres de Michel Bouquet peintes dans ce contexte, vendues ou offertes aux amis qu’il fréquentait dans la société de Keremma et exposées dans les salons parisiens, à la recherche d’acheteurs fortunés.

Michel Bouquet va mettre en avant deux thématiques, celle d’espaces agrestes autrefois livrés à la mer susceptibles d’attirer les acheteurs parisiens en recherche d’espaces rêvés de villégiature, et une vision plus intimiste célébrant l’amitié et la douceur de vivre dans ce hâvre de paix qu’est devenu Keremma.

 

2 Des espaces autrefois livrés à la mer

 

Un marais à Keremma, l’avers

Michel Bouquet, Un marais à Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 25 x 37 cm, 1871 © vente, lot 51,  Adjug’art, Brest 12 décembre 2017

 

Un marais à Keremma, l’envers

Michel Bouquet, Un marais à Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 25 x 37 cm, 1871 © vente, lot 51,  Adjug’art, Brest 12 décembre 2017

 

Si cette appellation est réelle, il nous faut prendre le début des années 1870 comme date de présence de Michel Bouquet dans cet espace. Nous savons qu’il est resté assez longtemps à Roscoff pendant cette période, la guerre franco-prussienne et les combats entre la Commune et les Versaillais  ayant fait de lui un « Transfuge de Paris » comme le surnomme un peu méchamment le poète Tristan Corbière dans une lettre adressée à sa tante le 13 novembre 1870.

Michel Bouquet passe donc l’hiver à Roscoff alors qu’à son habitude il n’y réside que l’été. Est-ce pendant cette période qu’il a fait la connaissance des Dartein qui viennent de l’est, de l’Alsace occupée, ayant fui les allemands ?

Il est fort probable que cet état de fait ait rapproché ces deux hommes, car Michel Bouquet est un patriote, ce dont ce moque Tristan Corbière dans cette même lettre

« Mais je ne me serai jamais douté qu’il tint à son territoire, à son Schelestadt ( Sélestat en français, la ville étant occupée par les allemands) au point d’en refuser un dîner chez Madame Gallais » Lettre de Tristan Corbière adressée de Roscoff à sa tante Christine Puyo à Morlaix le 13 novembre 1870

 

Les convictions patriotiques de Madame Gallais ne devaient pas être celles de Michel Bouquet. Mais de là à ce qu’il refusât une mondanité dans ce petit milieu qu’est Roscoff, c’est dire si son patriotisme était enflammé. Sur ce point il ne pouvait que sympathiser avec de nombreux membres habitant à Keremma, dont Ferdinand de Dartein.

Celui-ci était particulièrement nostalgique de la perte de sa chère Alsace et engagé sur ce thème. Sous le pseudonyme de Heimweh ce qui signifie littéralement Mal du Pays,  il a commis plusieurs ouvrages dont La question d’Alsace en 1889 ou Pensons-y et parlons-en en 1891.

 

Un environnement très contraint

Les dunes et les marais asséchés de Keremma, Photographie aérienne, 9 x 12 cm, 1963 © Musée de Bretagne

 

 

Une présence d’eau qui affleure un peu partout, des espaces de circulation surélevés bordés d’arbres plantés là où il n’y avait que landes sablonneuses désertiques

Michel Bouquet, Un marais à Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 25 x 37 cm, 1871 © vente, lot 51,  Adjug’art, Brest 12 décembre 2017

 

 

Une végétation maigre et hésitante sur des sols gorgés d’eau

Michel Bouquet, Un marais à Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 25 x 37 cm, 1871 © vente, lot 51,  Adjug’art, Brest 12 décembre 2017

 

La présence d’une faune sauvage

Michel Bouquet, Un marais à Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 25 x 37 cm, 1871 © vente, lot 51,  Adjug’art, Brest 12 décembre 2017

 

Une faïence réalisée en 1871

Michel Bouquet, Un marais à Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 25 x 37 cm, 1871 © vente, lot 51,  Adjug’art, Brest 12 décembre 2017

 

 

D’autres créations suivront, dont quelques-unes sont parvenues jusqu’à nous

 

Clair de lune sur l’étang

Michel Bouquet, Clair de lune sur l’étang, Lavis d’encre noire, rehauts de blanc, 19 x 15 cm, dédicacé A Mademoiselle Denis, 1er janvier 1871 ©  Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

Marécages sous les bois

Michel Bouquet, Marécages sous les bois, Aquarelle, 26 x 38 cm, dédicacé A mon ami Fallague, s.d.  © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

Etang sous les arbres

Michel Bouquet, Etang sous les arbres, Lavis d’encre noire, rehauts de blanc, 24 x 35 cm, s.d. ©  Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

Des espaces livrés à l’élevage sur quelques maigres pâtures

Michel Bouquet, Troupeau de vaches à la rivière, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence cuite au grand feu, 27 x 44 cm, signée et datée, 1873 © vente lot 129, Couteau Bégarié, 2013

 

 

3 Des  espaces rationalisés et exploités par l’homme

 

Des espaces de circulation dans ces paysages-isolats

Michel Bouquet, Chemin, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 23 x 17 cm, 1873 © vente 10t 103, Hôtel des ventes de Cergy-Pontoise 2015

 

 

Un étang, le Lourc’h mis en assèchement depuis 1824 puis exploité sur le plan agricole par culture du lin et du chanvre. Plantations répétées d’arbres pour améliorer le drainage des espaces humides.

 

Allée du Pont-al-Lourc’h à Keremma

Michel Bouquet, Allée du Pont-al-Lourc’h à Keremma, huile sur toile, 46 x 38 cm, signé en bas à droite A mon ami G. Denis, 1875 © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

Localisation 145 années plus tard

Situation de l’allée  Pont-al-Lourc’h à Keremma, 2020 © Google maps

 

 

A rapprocher de la faïence conservée dans les réserves picturales de la Ville de Lorient

Chemin creux, une thématique bretonne que Michel Bouquet a toujours aimée

Michel Bouquet, Chemin creux, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 43 x 33 cm, 1864 © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 63

 

Des espaces de liberté sylvestre en relation avec l’utopie américaine de l’américain Henry David Thoreau, Walden ou la Vie dans les bois, 1854

Michel Bouquet, Keremma, Finistère, Huile sur bois, 113 x 63 cm, signé et daté septembre 1875, acquis par la ville de Morlaix, Catalogue des tableaux, dessins, gravures, statues, exposées au musée de la ville de Morlaix, Rennes, 1896, Collection Musée de Morlaix, inv. n°410

 

Il s’agit très certainement du ruisseau du Frout

Michel Bouquet, Keremma, Finistère, Huile sur bois, 113 x 63 cm, inv. n°410, signé et daté septembre 1875 © Musée des Jacobins, Morlaix

 

ruisseau du Frout, dont on voit le tracé sur la carte topographique ci-dessous

Keremma, Carte topographique IGN, 2020 © Géoportail

 

Une toile quasi-identique est conservée dans les réserves picturales de la Ville de Lorient. Elle figure sous la dénomination Le ruisseau dans la forêt, mais nous savons maintenant que ce paysage a été réalisé à Keremma. Cette toile pourrait être celle qui a été exposée au Salon de 1876

1876 Ruisseau dans le parc de Keremma, Huile sur toile, Salon de 1876, n° 249 du livret du Salon

 

Le ruisseau dans la forêt, à Keremma, très certainement le ruisseau du Frout

Michel Bouquet, Le ruisseau dans la forêt, Huile sur toile, 59 x 47 cm, s.d., certainement 1876 © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 70

 

 

Une alternance de zones d’ombre et de lumière pour accentuer l’effet de profondeur

Ruisseau dans le parc de Keremma, Huile sur toile, Salon de 1876 « Les paysages de Michel Bouquet respirent la même fraîcheur, le même accent de vérité »

Michel Bouquet, Le ruisseau dans la forêt, Huile sur toile, 59 x 47 cm, s.d., certainement 1876 © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 70

 

Des verts très crus

« Le groupe d’arbres de gauche offre de nombreuses nuances de vert dont quelques-unes sont montées de ton avec une énergie qui va presque jusqu’à la violence. »

Michel Bouquet, Le ruisseau dans la forêt, Huile sur toile, 59 x 47 cm, s.d., certainement 1876 © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 70

 

 

 

1876 Marais de Kanfroux près Keremma, Huile sur toile, Salon de 1876, n° 248 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

On peut se demander s’il ne s’agit pas de cette oeuvre ci-dessous, toujours conservée dans les réserves picturales de la Ville de Lorient. Le clocher au fond serait celui de l’église de Plounévez-Lochrist dans le Finistère, commune située dans les parages immédiats de Keremma.

 

Paysage breton de marais

Michel Bouquet, Paysage breton de marais, Huile sur toile, 48 x 68 cm, s.d. © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 72

Michel Bouquet, Paysage breton de marais, Huile sur toile, 48 x 68 cm, s.d. © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 72

Michel Bouquet, Paysage breton de marais, Huile sur toile, 48 x 68 cm, s.d. © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 72

Michel Bouquet, Paysage breton de marais, Huile sur toile, 48 x 68 cm, s.d. © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 72

Michel Bouquet, Paysage breton de marais, Huile sur toile, 48 x 68 cm, s.d. © Réserves picturales de la Ville de Lorient, inv. n° 72

 

 

Une autre oeuvre que l’on peut rattacher à Keramma, avec le dénivelé du plateau du Léon donnant sur les marais, mais cela ne reste qu’une hypothèse

 

Paysage au marais

Michel Bouquet, Paysage au marais, Huile sur toile, 71 x 101 cm, s.d. © Collection particulière

 

Dans les années 1880, Michel Bouquet fait la promotion du site de Keramma sous forme de bristols / cartons d’invitation dans ses expositions ou lors de soirées mondaines

Sous-bois

Michel Bouquet, Sous-bois, Lavis d’encre sur bristol signé en bas à droite , 11 cm x 8 cm, 1880 © vente lot 22, Bayeux, 2 avril 2018

 

Côte de Bretagne

Michel Bouquet, Côte de Bretagne, Lavis d’encre sur bristol signé en bas à droite , 5 cm x 9 cm, 1880 © vente lot 22, Bayeux, 2 avril 2018

 

 

Michel Bouquet offre aussi à ses amis de Keremma quelques lavis qui à distance donnent l’impression d’un total achèvement

 

Michel Bouquet, Sous-bois avec rivière, Lavis d’encre sur papier signé en bas à droite, vers 1880 © Collection particulière

 

 

Michel Bouquet, Sous-bois avec marais, Lavis d’encre sur papier signé en bas à gauche, vers 1880 © Collection particulière

 

 

4 Des espaces de convivialité familiale et communautaire : aller en vacances à la mer en 1870

Une autre raison peut être avancée. 1875 c’est l’année où décèdent successivement Tristan et Edouard Corbière, les voisins et amis de Michel Bouquet à Roscoff. A-t-il éprouvé le besoin de fréquenter plus longuement un autre espace géographique ainsi qu’un autre univers relationnel ?

Comme à son habitude, Michel Bouquet va y lier de solides amitiés, y être reçu pendant des périodes de quelques jours à plusieurs semaines, et envahir l’espace social de sa passion picturale, initiant les uns, accompagnant par des échanges techniques les talents déjà confirmés des autres, le tout dans un espace de loisirs privé alliant le confort, la quiétude, la mer, les plages de sable fin, les bois et ruisseaux – les espaces par excellence de ses peintures – et les joyeuses journées entre amis, puis les délicieuses soirées dans un monde où les tablées familiales et amicales sont conséquentes, un monde dans lequel l’homme célibataire sans enfants qu’il est s’insère sans souci particulier

1877 La plage de Keremma à la marée montante, Finistère, Huile sur toile, Salon de 1877, n° 280 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

Même problématique que deux oeuvres précédentes. On retrouve une huile sur toile représentant une plage qui pourrait correspondre à La plage de Keremma à la marée montante, Finistère, et ce toujours dans les très riches réserves de la Ville de Lorient.  Une toile très abîmée par des coulures d’eau et qui mériterait une restauration.

Des espaces de liberté et de fusion avec la nature

 

Marine, Marée montante

Michel Bouquet, Marine, Marée montante, Huile sur toile, 30 x 49 cm © Ville de Lorient, inv. n° 66

Pour accompagner cette oeuvre, mon choix se porterait sur Pen Er Malo, Entendez-vous la mer ? de la compositrice lorientaise Cécile Seraud

 

Les dunes dont le sommet a été complanté pour affermir leur stabilisation

Michel Bouquet, Marine, Marée montante, Huile sur toile, 30 x 49 cm © Ville de Lorient, inv. n° 66

 

Le maître des vagues venant se briser sur la plage

Michel Bouquet, Marine, Marée montante, Huile sur toile, 30 x 49 cm © Ville de Lorient, inv. n° 66

 

Rochers dangereux pour les barques à marée haute

Michel Bouquet, Marine, Marée montante, Huile sur toile, 30 x 49 cm © Ville de Lorient, inv. n° 66

 

Au loin, derrière cette mer très agitée, un clocher

Michel Bouquet, Marine, Marée montante, Huile sur toile, 30 x 49 cm © Ville de Lorient, inv. n° 66

 

 

Des versions avec d’autres techniques sont également mises en oeuvre par Michel Bouquet

Un lavis sur papier brun dédié à Madame du Temple, une des familles amies qui le reçoivent

Michel Bouquet, Marine, Marée montante, Lavis, encre, rehauts de blanc, 30 x 49 cm © Collection particulière

 

Une joyeuse et fourbue cohorte de vacanciers revenant de la plage

Eugène Lejeune, L’heure du dîner à Keremma, dessin, août 1873 © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

Michel Bouquet en tenue de combat revenant d’aller peindre, il a 66 ans

 

Un Michel Bouquet fourbu, casque colonial pour se protéger du soleil

 

ayant à sous le bras les feuilles à dessin dont une intitulée Le Camfrout

 

Son matériel à dessin sur le dos, un chevalet amovible à piquets pointus, une palette, une sacoche rigide renfermant les crayons, pastels, huiles ou gouaches

 

Un autre peintre, non identifié, Ferdinand de Dartein ? Joseph-René Verdier ?

Un parapluie pour se protéger du soleil

 

Bref, tout l’arsenal du peintre en plein air, comme Corot

Charles Desavary, Portrait de Corot peignant à Saint-Nicolas-les-Arras, Photographie positive, négatif verre au collodion humide, 18 x 12 cm, avant 1875 © images-art.fr, Musée d’Orsay, Paris

 

Même le chien suit la tribu juché sur les épaules de son maître

En tête de cortège un grand pinceau

Un beau défilé de couvre-chefs , avec un chapeau breton adapté au touriste du XIXème siècle

 

Le cortège des femmes et des nombreux enfants, la plupart endiablés et heureux d’être allés à la plage, une belle série de modèles de chapeaux féminins protégeant du soleil

 

ravis d’avoir pu jouer à saute-mouton sur la plage de sable

Plage de Keremma, Photographie positive, 1892 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

La mer toujours présente avec ses voiliers

 

La plage de sable avec ses petits inconvénients, les crabes

 

Et les incontournables rochers de la plage de Keremma

 

Les rochers de Keremma, Treflez, carte postale, vers 1900 © Collection particulière

 

Heureux de rentrer dans une maison confortable que l’on discerne derrière les personnages

Eugène Lejeune, L’heure du dîner à Keremma, Dessin, août 1873 © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

Quelques créations issues de ces escapades plagières par Michel Bouquet

 

Plounéour

Michel Bouquet, Plounéour, Crayon rehaussé de gouache, 12 x 45 cm, signé en bas à gauche, s.d. © vente lot 55, Quimper enchères, 23 avril 2016

 

Keremma

Michel Bouquet, Keremma, Crayon rehaussé de gouache, 12 x 45 cm, signé en bas à gauche, s.d. © vente lot 55, Quimper enchères, 23 avril 2016

 

 

Michel Bouquet, Environs de Keremma, Tréflez, Lavis d’encre noire, rehaut de gouache blanche sur papier crème, 13 x 22 cm, Livre d’or de Mademoiselle Paquée © Collection particulière

Michel Bouquet, Plage de Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, 17 x 30 cm, vente 5/12/1988, Morlaix, l’Oeuvre ci-dessous ?

 

Michel Bouquet, Plage avec bateaux, Peinture sur émail cru stannifère,sans dimensions, s.d. © Collection particulière

 

 

5 De l’architecture agricole des années 1830 aux résidences secondaires à partir des années 1870 : un espace de convivialité familiale et amicale

La plupart des constructions initiales ont bien changé, quelques anciennes chaumières ont soit été améliorées, d’autres créées ex-nihilo pour répondre à des exigences de confort qui n’ont plus rien à voir avec la rusticité d’une ferme comme celle de la Tour ou d’autres comme on peut le voir ci-dessous

 

Une ferme ancienne créée par Louis Rousseau et peinte par Michel Bouquet sur un bristol / carton d’invitation

Michel Bouquet, Le hameau, Lavis d’encre sur bristol signé en bas à droite ,7,8 x 11,8 cm, 1880 © vente lot 23, Bayeux, 2 avril 2018

 

Ferme de Keramma avec ses communs

Maison et communs, Keremma, Photographie, s.d. © Inventaire Général, ADAGP, Région Bretagne

 

 

Des exigences de confort destinées à des classes sociales qui en étaient exclues dans les années 1830 :

« La moyenne et la petite bourgeoisie des villes qui ne peut guère avoir sa maison de campagne en propre, devrait surtout encourager la fondation de ces établissement sociétaires ruraux, où elle trouverait, à des prix qui ne seraient pas au-dessus de ses moyens, tous les agréments de la vie de campagne, aujourd’hui réservés à l’opulence seule » in Le Phalanstère, journal pour la fondation d’une phalange agricole et manufacturière associées en travaux et en ménage, n° 1, 1er juin 1832. Programme qui sera réalisé trente ans plus tard et se poursuit encore aujourd’hui, mais après la mort du fondateur sous d’autres formes.

 

Une partie de campagne au bord de la mer dans un corps de ferme modernisé

Michel Bouquet, Chaumière de Keremma, Lavis d’encre brune, 25 x 38 cm, Dédicacé à Madame Bouchotte, 1878 © Exposition Les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 1988

 

D’anciennes fermes de travail transformées en chaumières résidences de loisirs

Michel Bouquet, Chaumière de Keremma, Lavis d’encre brune, 25 x 38 cm, Dédicacé à Madame Bouchotte, 1878 © Collection particulière

 

 

 

Une vie de famille que Michel Bouquet ne connaissait pas. Peut-être est-ce cela qui l’attirait, mais que pour l’été…

 

Des maisons construites ex-nihilo : la maison Pichon ?

Fernand de Dartein, Partie de croquet, Keremma, Huile sur toile, août 1881 © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

La maison Pichon actuelle ?

Maison, Keremma, Photographie, s.d. © Inventaire Général, ADAGP, Région Bretagne

 

Un mélange de toutes les générations

Fernand de Dartein, Partie de croquet, Keremma, Huile sur toile, août 1881 © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

 

La maison d’Armand Rousseau et de Marie Michau

Maison d’Armand Rousseau, Keremma, Photographie positive, 1889 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

Toujours la présence d’une tribu avec de nombreux enfants

Maison d’Armand Rousseau, Keremma, Photographie positive, 1889 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

 

Etait aussi membre de cette tribu le peintre Ferdinand de Dartein, polytechnicien, qui a pour ancêtre un aide de camp de Napoléon Ier, également pair de France sous Louis-Philippe.

Il recevait Michel Bouquet dans son manoir de Kerjane, d’une surface habitable de 900m2, niché dans un parc d’une dizaine d’hectares.

 

Le manoir de Kerjane en 1889

Manoir de Kerjane, Keremma, Photographie positive, 1889 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

Le manoir de Kerjane, vue sur la pièce d’eau

Manoir de Kerjane, Keremma, Photographie positive, 1892 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

Le manoir de Kerjane et son bassin

Manoir de Kerjane, Keremma, Photographie positive, 1892 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

Le manoir vers le milieu du XXème siècle, les champs et prés conquis sur la mer au second plan,

les dunes stabilisées au troisième plan, la mer, la plage et les rochers

Manoir de Kerjane, Carte postale, vers 1960 © Collection particulière

 

 

Michel Bouquet ne quittait pas son habituel mode de vie, même dans les marais asséchés de Keramma. Ferdinand de Dartein a épousé Pauline Michau tandis que sa soeur Marie Michau a épousé Armand Rousseau, le fils de Louis et d’Emma. Armand Rousseau et Ferdinand de Dartein sont donc devenus beaux-frères.

 

Armand Rousseau et Ferdinand de Dartein

Les beaux-frères et polytechniciens Armand Rousseau et Ferdinand de Dartein, Photographie positive, 1889 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

Ferdinand écrira même en 1905 une biographie d’Armand Rousseau, gouverneur général de l’Indo-Chine, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, Sénateur du Finistère. C’est dans cette tribu aux multiples imbrications et ramifications que Michel Bouquet va passer chaque année de 1870 à 1888 une partie de son séjour en Bretagne.

 

Ferdinand de Dartein, La vie et les travaux de Armand Rousseau, gouverneur général de l’Indo-Chine, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, Sénateur du Finistère, Paris, Armand Colin, 1905 © Collection particulière

 

 

Le manoir de Kerjane appartenant à Ferdinand de Dartein

Manoir de Kerjane en Treflez, Finistère, Carte postale, s.d. © Collection particulière

 

 

Outre chez Fernand de Dartein, Polytechnicien, Michel Bouquet était donc aussi reçu chez Armand Rousseau  et chez les du Temple dont le mari Jean-Louis Antoine Rivallon du Temple avait épousé Virginie, une fille de Louis Rousseau et d’Emma Michau.

Le polytechnicien Armand Rousseau, était également député du Finistère. Sa fille Louise Rousseau épousera également un polytechnicien, sa petite-fille Marinette épousera aussi un polytechnicien, ainsi que sa petite-fille France qui épousera Jean-Louis, également un polytechnicien. L’utopie paysanne de Keremma s’est transformée petit à petit en communauté polytechnicienne, faisant passer cet espace de pâturages destiné au bétail à un espace touristique privé pour les nouvelles élites républicaines.

 

Des bouquets délicieusement surannés destinés aux femmes de ses amis, ici Virginie du Temple

Michel Bouquet, Vase de fleurs avec nid, Huile sur toile, 59 x 45 cm, Signé et Dédicacé à Madame du Temple, Souvenirs affectueux, s.d. © Collection particulière

 

Rivallon du Temple sert comme officier sur la Néréide, et à ce titre participe à l’attaque de Saint-jean d’Ulloa au Mexique le 27 novembre 1838 …. que Michel Bouquet a peinte pour partie au château de Versailles, toile présente au Salon de 1839. Une telle coïncidence a dû amuser les deux hommes.

Michel Bouquet et alii, Prise du fort de Saint-Jean d’Ulloa, Mexique, 2 novembre 1838, Huile sur toile, 151 x 227 cm, Salon de 1839, n° 963 du salon © images-art.fr, Château de Versailles et du Trianon, Photographie Hervé Lewandowski

 

Dans la lignée des valeurs de Louis Rousseau, Rivallon du Temple est un des premiers officiers de la marine à se préoccuper de la formation des mécaniens servant à bord, et dans cette optique, il va créer l’Ecole des mécaniciens de Brest.

Autre sujet de conversation ente le patriote Michel Bouquet et le général Rivallon du Temple : la guerre de 1870 à laquelle ce dernier a participé en livrant plusieurs combats contre l’armée prussienne au sud de Paris, sur la Loire, notamment à Briare.

 

Son fils est marié avec une fille Bouchotte à laquelle Michel Bouquet dédicacera une oeuvre

Michel Bouquet, Fleurs, aquarelle, 47 x 38 cm, signé, daté et dédicacé en bas à gauche, A Mademoiselle L. Bouchotte, Souvenir de sa visite à Roscoff, 1er août 1878 ©  Collection particulière

 

 

6 Une passion commune dans cette communauté familiale et d’amis choisis : la peinture

 

Nombre de leurs oeuvres sont de qualité. Un amateur comme Ferdinand de Dartein n’est pas le plus mauvais d’entre eux

 

Ferdinand de Dartein 1838 1912

Une vue de Keremma

Ferdinand de Dartein, Vue du Frout, Aquarelle, 1887 © Collection particulière

 

Les lièvres que l’on vient de chasser dans les dunes

Ferdinand de Dartein, Nature morte aux lièvres, Aquarelle, 15 x 9 cm, 1889 © vente lot 46, Drouot Le Floc’h, 2019

 

Chasse à Keremma

Chasse à  Keremma, Photographie positive, 1892 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

 

La nostalgie de l’Alsace occupée par les Allemands

Ferdinand de Dartein, Rocher dans la forêt d’Ottrott, Aquarelle, 1877 © Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg

 

La nostalgie de la forêt vosgienne dans une Alsace germanisée

Ferdinand de Dartein, Forêt dans les Vosges, Aquarelle, 1877 © Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg

 

Toutes ces aquarelles feront l’objet d’une recension en

Promenades en Alsace, Aquarelles de Ferdinand de Dartein, 2016 © ID Edition

 

et ses travaux sur l’architecture lombarde, présente en Alsace, ont été réédités en 2012.

Les amis de Michel Bouquet sont d’une qualité qui traverse les siècles

Ferdinand de Dartein, La figura, l’opera, l’eredita, 1838-1942, Editions Alinea, 2012 © Collection particulière

 

 

 

Joseph Roger Verdier 1819 1904

Un peintre confirmé qui est peu venu à Keremma, Joseph Roger Verdier 1819 1904, élève de Rosa Bonheur

Joseph Roger Verdier, Paysage à la rivière,  Huile sur toile, 38 x 46 cm, 1843 © vente lot 330, Osenat, 2015

 

 

Son fils, Jean-Louis-Joseph Verdier 1849 1895, élève de Gleyre et d’Auguste Bonheur, frère de Rosa Bonheur habite à Cour-Cheverny

Toutes ces oeuvres ne sont que des hypothèses, choisies en fonction de l’espace géographique observé

 

Paysage au marais

Jean-Louis Verdier, Paysage au marais, Huile sur toile, 231 x 251 cm, s.d. © en vente sur antiques-delaval.com

 

Gardienne avec troupeau au bord de l’étang

Jean-Louis Verdier, Gardienne avec troupeau au bord de l’étang, Huile sur toile, 55 x 80 cm, s.d. © vente lot 37, Sceaux, 2014

 

Sous-bois

Jean-Louis Verdier, Sous-bois, Huile sur toile, 130 x 200 cm, s.d. © en vente à la galerie Henri Boussarie, Brantôme

 

Rajoutons encore du même peintre Souvenir de Keremma. « Une lande d’un joli effet ; il y a surtout un brouillard très fin estompant les fonds et le sommet de la droite, rendu à ravir. A gauche, des vaches et des moutons viennent boire à une mare formant le premier plan. L’eau est fort exactement rendue, mais nous n’aimons pas du tout les animaux qui animent le paysage, ils sont trop peu dessinés, et les moutons sont presque aussi gros que les boeufs. » A. Varet , Les artistes du Maine au Salon de 1878, Revue historique et archéologique du Maine, Tome IV, 1878, p227

Autre peintre, dont nous disposons pas pour le moment d’une oeuvre,  Jean-Baptiste Jules Marentini, élève de Eugène Lejeune 14 rue Boissonnade, Paris 14 e, qui expose des aquarelles avec le groupe aux Salons de Paris comme Le chemin de la mer à Keremma

 

 

Eugène Lejeune 1818 1897, élève de Delaroche et de Gleyre

C’est un peintre qui traite d’une thématique assez rare au XIXème siècle, les enfants, et notamment leur éducation. On peut le rapprocher ainsi de Louis et Emma Rousseau dont l’intérêt pour l’éducation est constant.

En 5 ans Louis est passé du Saint-simonisme au fouriérisme, dont même s’il ne figure pas dans la liste des abonnés du journal de Fourier La Réforme industrielle de 1833, il en a gardé tout de même gardé un certain nombre de principes comme celui du phalanstère, puis il revient  au catholicisme en écrivant notamment dans L’Université Catholique en 1836, mais sous un angle particulier, celui du catholicisme social, peut-être à la suite des écrits du breton Félicité de Lamennais en 1834, Paroles d’un croyant,  qui a pu faire écho avec le combat agricole mené par  Louis et Emma Rousseau à Keremma

« Vous, qui portez le poids du jour, je voudrais qu’il pût être à votre pauvre âme fatiguée ce qu’est, sur le midi, au coin d’un champ, l’ombre d’un arbre, si chétif qu’il soit, à celui qui a travaillé tout le matin sous les ardents rayons du soleil. »

Lamennais pour qui les principes révolutionnaires de Liberté, Égalité et Fraternité sont une traduction toujours vivante du message évangélique, et qui prône l’avènement d’un christianisme régénéré dans un nouvel ordre social où régnera l’utopie révolutionnaire de 1793, le bonheur.

Le catholicisme social donc, bien avant le lyonnais et historien des religions Frédéric Ozanam, créateur de la Société de Saint-Vincent de Paul béatifié par le pape, et dont le message est de savoir « si la société ne sera qu’une grande exploitation au profit des plus forts ou une consécration de chacun au service de tous », et bien avant Albert de Mun qui avait défendu en 1890 un amendement interdisant le travail des enfants en dessous de 13 ans et du polytechnicien – bien qu’il ait refusé d’entrer à l’école –  Emile Keller, fondateur des Cercles catholiques ouvriers.

A l’instar du lorrain Mathieu de Dombasle qui en 1824 avait ouvert une école d’agriculture appelée à une belle réussite et qui existe toujours en 2020, les Rousseau, car n’en doutons pas, Emma – que Michel Bouquet a connue – ne fait pas que donner son avis, font plusieurs tentatives pour fonder une tribu fouriériste à base agricole et chrétienne à Keremma à partir d’un noyau d’une trentaine de jeunes enfants orphelins ou abandonnés, puis ouverte à des enfants dont les parents étaient toujours vivants.

Mais l’esprit qui prévalait, un mélange des idées entre le rousseauisme et le catholicisme social n’ont visiblement pas l’heur de plaire aux institutionnels ou aux religieuses dont la tentative faite par le couple Rousseau en 1849 d’ouvrir une école pour jeunes filles pauvres, Sainte-Enfance de Marie, en relation avec l’établissement catholique de Saint-Méen le Grand créé en 1825 par les frères Lamennais, et  celui adjacent des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, congrégation fondée au XVIIe siècle – coïncidence étonnante – par une ancienne vachère qui se consacrait depuis sa jeunesse à l’alphabétisation des petites filles, n’est pas suivie d’effet

« Monsieur Rousseau annonce aussi que l’éducation des enfants se fera au sein même de l’association ; que celle-ci prendra à sa charge l’entretien des enfants encore trop jeunes pour être utiles » in Le Phalanstère, journal pour la fondation d’une phalange agricole et manufacturière associées en travaux et en ménage, n° 1, 1er juin 1832

 

Hormis quelques toiles consacrées à l’environnement breton, les tableaux reflètent l’idée d’une éducation attentive de la naissance à l’adolescence

dans un univers en plein air, au contact des réalités de la campagne

Eugène Lejeune, Le petit pêcheur breton, Huile sur toile, 34 x 26 cm © vente lot 285, Rossini, 2012

 

 

Keremma, c’est avant tout de nombreux enfants, que Michel Bouquet a pu connaître

Plage de Keremma, Photographie positive, 1889 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

Une éducation des enfants : une prise de conscience précoce de la vie et de la mort

Eugène Lejeune, Enfants enterrant l’oiseau mort, Huile sur toile, 57 x 84 cm © vente lot 31,

 

 

mais aussi des jeux à visée sportive, éducative, sociale

Des jeux d’enfant dans le sable

Keremma, Un coin du parc, Carte postale, 1910 © Collection particulière

 

 

Des jeux en groupe

Eugène Lejeune, Farce d’enfants, Huile sur toile, 67 x 104 cm © vente lot 31, Bonhams, Etats-Unis, 2014

 

Des jeux individuels ou d’équipe entre enfants d’âge différents

Jeu de croquet, Maison Pichon, Keremma, Photographie positive, 1889 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

 

Des jeux mêlant les différentes générations

Fernand de Dartein, Partie de croquet, Keremma, Huile sur toile, août 1881 © Exposition Michel Bouquet et les peintres de Keramma, Musée de Morlaix, 8 avril-21 juin 1988

 

 

Le jeu de boules toutes générations

Jeu de boules,  Keremma, Photographie positive, 1889 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

 

Des déguisements et parties de rire joyeuses menés avec les adultes

Plage de Keremma, Photographie positive, 1892 © Album Michau, Keremma, http://assokeremma.free.fr

 

 

 

7 Un Michel Bouquet qui n’est pas en reste, s’agrégeant à cette société ouverte sur la nature et les valeurs du travail

 

Une cheminée à laquelle ont concouru les artistes Fernand de Dartein pour la peinture centrale et Michel Bouquet pour les peintures sur faïence

Michel Bouquet, Ferdinand de Dartein, Cheminée de maison, Huile sur panneau central  et faïences au grand feu sur linteau et jambages, entre 1870 et 1885 © Collection particulière

 

Le panneau central réalisé par Fernand de Dartein : chasses à Keremma

Michel Bouquet, Ferdinand de Dartein, Cheminée de maison, Huile sur panneau central  et faïences au grand feu sur linteau et jambages, entre 1870 et 1885 © Collection particulière

 

Vaches dans les prés-marais de Keremma

Michel Bouquet, Cheminée de maison, Faïences au grand feu sur linteau et jambages, entre 1870 et 1885 © Collection particulière

 

Roses

Michel Bouquet, Cheminée de maison, Faïences au grand feu sur linteau et jambages, entre 1870 et 1885 © Collection particulière

 

Fleurs

Michel Bouquet, Cheminée de maison, Faïences au grand feu sur linteau et jambages, entre 1870 et 1885 © Collection particulière

 

Oiseau et petits fruits

Michel Bouquet, Cheminée de maison, Faïences au grand feu sur linteau et jambages, entre 1870 et 1885 © Collection particulière

 

 

et chose rare chez Michel Bouquet, un personnage face à un paysage vierge et hostile : Louis Rousseau ?

Michel Bouquet, Cheminée de maison, Faïences au grand feu sur linteau et jambages, entre 1870 et 1885 © Collection particulière

 

 

8 Tout ceci leur donne l’idée, certainement encouragée  par Michel Bouquet, d’exposer au Salon de Paris en faisant de Keremma un espace de rêve et d’évasion pour urbains parisiens plongés en pleine seconde révolution industrielle

 

Oeuvres exposées au Salon de Paris

1876 Michel Bouquet, Le marais de Kanfroux près Keremma, Finistère, Huile sur toile, Salon de 1876, n° 248 du livret du Salon

1876 Michel Bouquet, Ruisseau dans le parc de Keremma, Huile sur toile, Salon de 1876, n° 249 du livret du Salon

1876 Joseph-Roger Verdier, Les premières feuilles, Huile sur toile,  Salon de 1876, n° 2001 du livret du Salon

1876 Eugène Lejeune, Attendant le père, Huile sur toile, Salon de 1876, n° 1264 du livret du Salon

1877 La plage de Keremma à la marée montante, Finistère, Huile sur toile, Salon de 1877, n° 280 du livret du Salon

1877 Michel Bouquet, Près Keremma, Huile sur toile, Salon de 1877, n°281 du livret du Salon

1877 Michel Bouquet, Un étang en Bretagne, Peinture sur émail stannifère, Salon de 1877, n° 2349 du livret du Salon, l’Oeuvre ci-dessous ?

 

1877 Jean-Louis-Joseph Verdier, A l’abreuvoir, Huile sur toile,  Salon de 1877, n° 2095 du livret du Salon

1877 Jean-Louis-Joseph Verdier, Auprès d’une ferme, Souvenir de Keremma, Finistère, Huile sur toile,  Salon de 1877, n° 2096 du livret du Salon

1877 Marie-Ferdinand de Dartein, Temps gris à Keremma, Finistère, Aquarelle,  Salon de 1877, n° 2545 du livret du Salon

1877 Eugène Lejeune, La clé des champs, Huile sur toile,  Salon de 1877, n° 1297 du livret du Salon

 

1878 Michel Bouquet, Un marais à Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, Salon de 1878, l’Oeuvre ci-dessous ?

Elle appartient aux Réserves picturales de la ville de Lorient, enregistrée sous la dénomination Marée montante, vaches s’abreuvant. C’est un paysage qui peut correspondre aux paysages de Keremma entre la mer et la ferme de la Tour, un dénivelé granitique brutal constitué par les prémices du plateau du Léon longé par le ruisseau du Frout, avec en arrière-plan les collines de Camfrout. A cet endroit, à moins d’un kilomètre de la mer, le marais étant en voie d’assèchement, le ruisseau du Frout est naturellement soumis à cette époque aux rythmes de la marée.

 

Michel Bouquet, Marée montante, vaches s’abreuvant, Peinture sur émail cru stannifère, Faïence au grand feu, 30 x 49 cm © Ville de Lorient, inv. n° 62

 

1878 Michel Bouquet, Une ferme à Keremma, Peinture sur émail cru stannifère, Salon de 1878, Oeuvre non retrouvée

1878 Eugène Lejeune, Les charmeuses d’oiseaux, Huile sur toile,  Salon de 1878, n° 1387 du livret du Salon

1878 Jean-Baptiste-Jules Marentini, Une clôture bretonne à Camfrout (Finistère), Aquarelle, Salon de 1878, n° 3428 du livret du Salon

1878 Jean-Baptiste-Jules Marentini, Le chemin de la mer à Keremma (Finistère), Aquarelle, Salon de 1878, n° 3429 du livret du Salon

1878 Jean-Louis-Joseph Verdier, Souvenir de Keremma (Finistère), Huile sur toile,  Salon de 1878, n° 2202 du livret du Salon

1878 Marie-Ferdinand de Dartein, Vue de la plage de Keremma (Finistère), Aquarelle,  Salon de 1878, n° 2709 du livret du Salon

 

1879 Michel Bouquet, Paysage en Bretagne, Peinture sur émail cru stannifère, Salon de 1879, n° 3222 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

1879 Michel Bouquet, Marée basse, Peinture sur émail cru stannifère, Salon de 1879, n° 3221 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

 

1880 Michel Bouquet, Marée basse, Peinture sur émail cru stannifère, Salon de 1880, n° 4214 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

1880 Jean-Louis-Joseph Verdier, Près d’une ferme, Huile sur toile,  104 x 150 cm,Salon de 1880, n° 3370 du livret du Salon

1880 Jean-Louis-Joseph Verdier, Solitude, Huile sur toile, 150 x 230 cm,  Salon de 1880, n° 3369 du livret du Salon

 

1881 Michel Bouquet, Bord de rivière, Peinture sur émail cru stannifère, Salon de 1881, n° 2531 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

1881 Eugène Lejeune, Le petit marchand de gibier de Lesneven, Huile sur toile,  Salon de 1881, n° 1398 du livret du Salon

1881 Eugène Lejeune, Tisserand breton, Gouache,  Salon de 1881, n° 3045 du livret du Salon

1881 Jean-Louis-Joseph Verdier, La roche de Keremma (Finistère), Huile sur toile,  Salon de 1881, n° 2324 du livret du Salon

1881 Jean-Louis-Joseph Verdier, Vue prise en Bretagne, Huile sur toile,  Salon de 1881, n° 2325 du livret du Salon

 

1882 Michel Bouquet, Bateaux sur la plage, Peinture sur émail cru stannifère, Salon de 1881, n° 2879 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

1882 Jean-Louis-Joseph Verdier, Marais du Kernig (Finistère), Huile sur toile,  Salon de 1882, n° 2596 du livret du Salon

1882 Jean-Louis-Joseph Verdier, La descente du coteau, Huile sur toile,  Salon de 1882, n° 2595 du livret du Salon

1882 Marie-Ferdinand de Dartein, Vues de mer et vues de plaine, Aquarelles,  Salon de 1882, n° 3042 du livret du Salon

1882 Eugène Lejeune, Seule au rendez-vous, Costumes du Finistère, Dessin,  Salon de 1882, n° 3478 du livret du Salon

 

1883 Marie-Ferdinand de Dartein, Quatre aquarelles,  Salon de 1883, n° 2714 du livret du Salon

1883 Jean-Louis-Joseph Verdier, Ferme à Keremma (Finistère), Huile sur toile,  Salon de 1883, n° 2367 du livret du Salon

1883 Jean-Louis-Joseph Verdier, La prairie de Camfrout (Finistère), Huile sur toile,  Salon de 1883, n° 2566 du livret du Salon

1883 Auguste Allongé, Le ruisseau du Frout (Finistère), Huile sur toile,  Salon de 1883, n° 23 du livret du Salon , élève de Cogniet

Ajoutons qu’en

1898 Une oeuvre de Michel Bouquet, Plage de Keremma, Finistère, Huile sur toile, propriété d’un habitant de la ville d’Abbeville dans la Somme, est admirée dans le cadre de l’ Exposition d’Art et de Curiosités sous le numéro 771 à Abbeville dans le cadre de la Halle aux Toiles.

 

Exposition d’Art et de Curiosités, Halle aux Toiles, d’Abbeville, Mémoires de la Société d’Emulation d’Abbeville, 1898 © Source gallica.bnf.fr / BnF

 

 

En 2020 et c’est sa grande originalité, ce phalanstère, au sens fouriériste du terme, fonctionne toujours. Il a traversé deux siècles sans secousse particulière.

 

Il n’est pas anodin de constater que les oeuvres exposées par Michel Bouquet au Salon de Paris le sont à partir de 1876. Un autre évènement a pu jouer sur la focalisation de Michel Bouquet sur l’espace de Keramma à partir de cette date. En effet, auparavant, la vie de Michel Bouquet à Roscoff était faite en grande partie de sa relation avec Edouard et Tristan Corbière, jusqu’à la mort de ces derniers la même année, en 1875

c’est ce que nous verrons dans le prochain chapitre

Les relations avec le clan littéraire des Corbière, Edouard et Tristan

 

 

26 Les escapades à Keremma