Bouquet 8 Publication d’albums d’images que l’on peut feuilleter sans avoir besoin de lire dans les années 1840 : l’album Valaque

 

8/24  Publication d’un album d’images que l’on peut feuilleter sans avoir besoin de lire dans les années 1840 : l’Album Valaque et la Galerie royale des costumes

 

Avant la conquête par l’image photographique de tous les espaces médiatiques, Michel Bouquet – par l’intermédiaire de ses dessins – propose aux lecteurs un reportage d’images culturelles sur des territoires qui dans les années 1840 sont au coeur des intrigues diplomatiques européennes, à savoir deux provinces de l’actuelle Roumanie, la Moldavie et la Valachie. Pendant son périple de près d’un an, il va dessiner sans arrêt tout ce qui lui paraît remarquable. Ce sont là les très rares dessins authentiques de Michel Bouquet qui existent encore. Sa maîtrise du dessin participe, aux yeux de l’aristocratie et de la bourgeoisie qui lui achètent ces oeuvres et l’intègrent dans leur réseau relationnel, de la maîtrise d’un capital symbolique essentiel pour ces milieux en représentation permanente, celui de la distinction.

Pour s’adapter à un public – fortuné – qui est de plus en plus intéressé par l’exotisme ethnologique et la culture visuelle, il lui propose, par de grands formats lithographiques dont lui-même va en réaliser un, de découvrir ces confins européens, travaillés par une triple interface tectonique : historique, ethnique, et religieuse.

 

Michel Bouquet, Eugène Cicéri, François Fortuné Férogio, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature par Michel Bouquet et lithographiés par Eugène Ciceri, François-Fortuné Férogio et Michel Bouquet. Paris, Goupil et Vibert, 1843. In-plano, titre et 11 lithographies en deux teintes © Collection particulière

 

1 Pourquoi un voyage en Moldavie-Valachie ?

C’est vrai. Pourquoi a-t-il décidé de quitter Constantinople pour s’aventurer dans l’Europe centrale ?

Selon son gendre, Michel Bouquet effectue son retour en France en suivant les rives du Danube. Ceci expliquerait cette incursion dans la partie septentrionale de l’empire ottoman. Mais les différents dessins qu’il a exécutés nous montrent qu’il s’est aventuré assez loin du fleuve, puisqu’on le retrouve à Jassy, à plus de 150 kilomètres au nord.

A-t-il pris la voie de la rivière Pruth qui faisait frontière avec l’empire russe ou a-t-il utilisé les transports terrestres ? Cette excursion vers le nord paraît bien curieuse pour quelqu’un désireux de rejoindre la France par le Danube, et donc obligé de passer par le sud. Lui a-t-on confié une mission ? En tout cas plusieurs indices laissent à penser qu’il ne s’agit pas seulement d’un simple voyage personnel.

En premier lieu il visite certaines parties du pays en compagnie d’un diplomate, le Consul de France Billecocq. Entre les deux hommes l’entente est immédiate selon Nicolae Iorga in Istoria românilor prin călători, Bucarest, 1929. En second lieu, il bénéficie d’une protection militaire quand il se rend dans certaines contrées, et ce au plus haut niveau. Et last, but not least, les choix des lieux dessinés ne sont pas non plus anodins. Cet élément peut-être mis in fine en rapport avec l’artiste Eugène Flandin. Ce dernier est officiellement attaché à l’Ambassade de France en Perse de 1840 à 1841 pour des relevés de dessins par ordre du Ministre des Affaires étrangères, dans le cadre de l’Institut, mais publié sous les auspices du Ministre de l’intérieur, organe administratif dont dépendaient également les artistes à cette période…

Avant les reportages photographiques, on envoyait des dessinateurs sur le terrain, qui ne se contentaient pas seulement de dessiner, mais de relever toutes sortes d’informations, surtout dans des zones politiquement et stratégiquement sensibles. Ce fut le cas pour Gudin lors de la conquête de l’Algérie en 1830. Il s’agit littéralement de quadriller les espaces du territoire en remplaçant les blancs des espaces inconnus par leur mise en images dessinées ou peintes,  seule technique de représentation visuelle disponible à cette époque, la photographie ne faisant son apparition officielle que le 19 août 1839, et dans le cas qui nous occupe, celui de Bouquet, deux ans seulement avant son voyage. Enfin on lui donne bien plus tard, dans les années 1850,  la possibilité de faire une relation picturale de ce voyage dans un journal à grande diffusion, l’Illustration et ce dans le cadre d’un article de géopolitique des Balkans..

 

Carte des principautés moldo-valaques avant le traité de Bucarest 1812, la Moldavie dépasse le fleuve Prut à l’est de Jassy et va jusqu’au Dniestr à l’est

Après le traité de Bucarest 1812 : la Moldavie est coupée en deux, séparée par la rivière Prut, c’est toujours le cas aujourd’hui

 

© debati.bg

Cette carte montre bien l’importance géostratégique de la Moldavie-Valachie, au centre tectonique de divergence politico-religieuse entre trois empires : l’Empire russe, l’Empire austro-Hongrois et l’Empire Ottoman ;  et entre trois religions : la religion musulmane la religion catholique, la religion orthodoxe.

Lorsque Michel Bouquet arrive dans ce pays, cela ne fait qu’un peu plus d’une dizaine d’années qu’a été signé le traité d’Andrinople qui permet à la Moldavie et à la Valachie de se débarrasser en grande partie du joug turc, même si  elle reste avec la Moldavie sous la suzeraineté de la Porte. L’armée turque musulmane ayant été chassée par les russes orthodoxes, le nouveau lien qui est créé consiste en un lien de vassalité plus formel, le Sultan musulman accordant contre tribut le pouvoir aux hospodars chrétiens orthodoxes qui  sont à la tête de la Moldavie et la Valachie.

Chacun de ces deux ensembles politiques dispose désormais d’une législation et d’une administration propres. Leurs habitants ne sont plus soumis au servage que leur imposaient les Turcs sous forme de corvées et d’impôts pour les non-musulmans. Conséquence des affrontements qui ne sont pas seulement politiques,  les musulmans qui s’étaient installés à la faveur de la domination ottomane sont invités à quitter les deux pays. La Grèce orthodoxe s’est libérée du joug turc dix ans auparavant mais la Serbie et la Bulgarie attendront plus de 40 ans pour conquérir leur indépendance. A l’époque où Michel Bouquet arrive à Bucarest, la ville et les principautés sont placées sous commandement militaire russe.

Conséquence de cette avancée de l’influence russe dans cette zone contiguë à la mer Noire, les anglais et les français vont tout faire pour empêcher la Russie de s’emparer du détroit du Bosphore, car ce serait la porte ouverte à l’arrivée de la marine russe en Méditerranée.

Nous savons que Michel Bouquet a été hébergé par des aristocrates moldo-valaques, les Boyars, milieu dans lequel il est chaleureusement accueilli. Il a même participé à une partie de chasse en leur compagnie. Pas n’importe quelle chasse : une chasse au gibier le plus prestigieux qui soit dans les Balkans, une chasse à l’ours en Moldavie, au sein même des Carpathes. De la part d’un milieu où la chasse est par excellence un sport aristocratique, c’est montrer  l’importance qu’accordaient les nobles moldo-valaques à un homme de qualité et faisait de Michel Bouquet un invité de marque.

Michel Bouquet en a même fait un dessin, un des très rares dessins de sa main qui nous soient parvenus. C’est une des oeuvres, souvent des esquisses ou des lavis rapides avec crayon et rehauts de blanc, qui fait partie des originaux du carnet de voyage de Michel Bouquet. Nous le devons à un passionné d’art, Gheorghe Sion, un noble moldave qui en 1874 fait le long voyage vers Paris afin d’y suivre des études de droit. C’est un homme qui est passionné par la politique, très engagé dans le courant en faveur de la renaissance nationale roumaine,  francophile de coeur et d’esprit, un républicain qui penche quelque peu vers le socialisme, et pourfendeur de l’antisémitisme. De très rares dessins de la main de Michel Bouquet, car une fois encore ses oeuvres  sont marquées du sceau de la disparition brutale. Nicolae Iorga, dans sa  seconde édition de Istoria românilor prin călători, vol. 4,  Bucarest, 1929, pp. 7-9  précise que les gravures de Bouquet offertes par le collectionneur Gheorghe Sion à l’Académie Roumaine ont été détruites par les Allemands durant l’occupation de Bucarest en 1916-1918.

Et comme toujours Michel Bouquet traite cette scène de chasse de manière sobre et sensible. Le corps de l’animal abattu est à peine suggéré.

 

Un magnifique choix de point de vue, un très beau traitement de la pente, notion fondamentale qui crée et constitue la montagne

Michel Bouquet, Chasse à l’ours dans les Carpathes en Moldavie, crayon, lavis et rehauts de blanc, Dessin original © Bibliothèque Centrale Universitaire
« Lucian Blaga » de Cluj, Collection Gheorghe Sion

 

Deux chasseurs en fond de gorge

Michel Bouquet, Chasse à l’ours dans les Carpathes en Moldavie, crayon, lavis et rehauts de blanc, Dessin original © Bibliothèque Centrale Universitaire
« Lucian Blaga » de Cluj, Collection Gheorghe Sion

 

Deux chasseurs, l’un les mains dans les poches, l’autre examinant l’ours

Michel Bouquet, Chasse à l’ours dans les Carpathes en Moldavie, crayon, lavis et rehauts de blanc, Dessin original © Bibliothèque Centrale Universitaire
« Lucian Blaga » de Cluj, Collection Gheorghe Sion

 

 

Ses relations sont d’une redoutable efficacité. Il va pouvoir se promener à sa guise dans un espace qui est soumis à de fortes tensions, en témoignent les dessins qu’il fait de campements militaires dans les faubourgs de Jassy. On ne permet pas à un homme ordinaire de faire de tels dessins dans des espaces militarisés.

 

La ville de Jassy, capitale de la Principauté de Moldavie.

Michel Bouquet, Moldova, Orasul Jasi, l’Illustration, 15 août 1848 © Bibliothèque de l’abbaye de Landevennec

 

Le trajet de Bouquet est reconstitué dans un ouvrage de 1926, G. Oprescu, Țările române văzute de  artiști francezi, Cultura Nationala, 1926, trad. Les pays roumains vus par des artistes français.  
Arrivé en hiver, début de 1840, à Giurgiu, une ville-port située sur la rive gauche du Danube, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Bucarest, il remonte vers cette ville au nord où il effectue un premier séjour.

 

Carte des lieux visités par Michel Bouquet d’après ses dessins


Puis il part vers le nord ouest et visite successivement  les villes roumaines de Valachie : Târgoviște à mi-chemin entre Bucarest et Campulung, Campulung 70 kilomètres nord ouest de Bucarest, Curtea de Arges est à une vingtaine de kms vers l’ouest.  Il passe successivement par Valea et Prahovei  pour arriver à Sinaia, à 20 kms à l’est de Campulung. On le retrouve ensuite à Brăila près de l’embouchure du Danube, à 15 km de la frontière russe, ville développée à ce moment par le Prince de Valachie Alexandre II Ghica qui sert de point d’entrée pour le commerce maritime provenant de la mer noire.

Il remonte le long du Prut du côté Moldave où il visite la ville de Jassy et se rend à l’ouest au monastère de Neamt, à 40 kms de Jassy. C’est dans cette région qu’il participe à une chasse à l’ours. Puis Michel Bouquet redescend vers le sud, revient à Bucharest, y passe l’hiver et le printemps. En été il part pour l’Olténie, région située au sud-ouest, et de là il descend vers le sud pour atteindre Orsova, un port sur le Danube. Ensuite il remonte un peu vers le nord à dix kilomètres pour visiter Mehadia puis reprend la route du retour pour la France en utilisant la voie fluviale du Danube. Un voyage dont les conditions doivent parfois être difficiles, le réseau routier étant souvent réduit à sa plus simple expression.

Pourquoi choisit-il de faire une publication sur le thème de la Moldo-Valachie ?

Connaissant Bouquet, naturellement parce que c’est un sujet qui peut être porteur pour la vente de ses dessins à visée ethnotypique et historique,  deux thèmes porteurs dans cette première moitié du XIXème siècle. En effet la représentation des costumes traditionnels de populations en voie à un changement accéléré sous les coups de boutoir de la modernité est un marché très rémunérateur. Elle exprime la nostalgie de sociétés en proie à des mutations irréversibles d’un passé et d’une identité régionales idéalisés , cf les Lalaisse et consorts pour les costumes de la Bretagne. Il sait par ailleurs qu’il existe des publics d’essence aristocratique ou bourgeoise, français, anglais, européens, bibliophiles ou amateurs d’estampes de l’altérité exotique. Mais surtout il est bien conscient que la Moldo-Valachie est une thématique politique qui monte en puissance, et qu’il est des un rares français à s’être aventurés de manière continue – près de 9 mois successifs – sur le terrain, en Moldavie-Valachie.

Michel Bouquet s’inscrit en effet dans une période d’une dizaine d’années, de 1838 à 1848, où les ouvrages qui ont trait à la Roumanie se succèdent en France. En 1829, le traité d’Andrinople rédigé en français fait basculer les principautés de Valachie et de Moldavie de l’influence ottomane musulmane dans l’orbite russe orthodoxe jusqu’en l834, et à partir de 1830, le français est enseigné dans les écoles de Bucarest grâce à l’entremise de Jean Vaillant, professeur à Bucarest.

En même temps bon nombre des jeunes gens issus de ces régions périphériques à l’Empire ottoman terminent leurs études dans la patrie de la Révolution et des Droits de l’Homme qu’est la France. En 1838 est rédigé le premier Dictionnaire franco-roumain par M. Vaillant. Un an plus tard, Félix Colson fait paraître son Précis des droits des Moldaves et des Valaques fondé sur le droit des gens et sur les traités, Paris, 1839. Cet homme rédige également un essai de Constitution qui attire l’attention sur la situation des populations dans une zone peu connue de l’opinion publique.

La même année, Anatole de Démidof fait paraître son Voyage dans la Russie méridionale et la Crimée, par la Hongrie, la Valachie et la Moldavie,1837, qui jette un autre regard sur ce pays. Lorsqu’en 1843 Michel Bouquet met en vente son Album moldo-valaque, il est suivi trois ans plus tard par toute une série de travaux importants de Vaillant qui sont à l’origine de la première histoire de la Roumanie écrite par un français : La Roumanie, ou histoire, langue, littérature, orthographe, statistique des peuples de la langue d’or, Ardiliens, Valaques et Moldaves réunis sous le nom de Romans.

Les jeunes roumains qui suivaient à cette époque des études dans les universités ou les ateliers de peinture en France occuperont par la suite des postes très élevés dans leur pays.  Mais l’échec de 1848 ramènera en France bon nombre de ces hommes qui auront appris de Paris les concepts de République et de Démocratie. Michel Bouquet connaît donc bien les problèmes des Balkans et ce n’est donc pas un hasard si le peintre d’Europe centrale, le tchèque Jaroslav Cermak, exécutera en 1869 un portrait de Michel Bouquet.

 

2 L’album moldo-valaque : Vues et costumes pittoresques de la Valachie

L’ouvrage paraît en 1842, et fait l’objet d’une réimpression en 1843. Il s’intitule Album valaque, Vues et costumes pittoresques de la Valachie, dessinés d’après nature et lithographiés par E . Ciceri, Ferogio et M. Bouquet, 55x39cm, titre et 12 planches lithographiées en deux teintes, noir et sépia, Paris, Goupil et Vibert, 1843, In-piano, selon la publicité qui en est faite à l’époque dans les journaux. Un choix fait par Goupil et Bouquet d’une communication résolument moderne moderne dans cette première moitié du XIXème siècle.

Des dimensions particulières

Un format in-plano signifie que la hauteur des feuilles est supérieure à 50 cm. C’est un ouvrage qui ne peut que se lire à plat sur une table de dimension respectable. Un document que l’on possède quand on est un bibliophile averti. Le prix d’un tel ouvrage devait dissuader  bon nombre de personnes. C’est au public aristocratique ou à celui de la haute bourgeoisie que s’adresse Michel Bouquet.

L’ouvrage est remarqué dans les milieux de la littérature  « Monsieur Michel Bouquet vient de publier, sous le titre de Album valaque, une magnifique collection de lithographies, exécutées par Messieurs Eugène Cicéri, Férogio, et Michel Bouquet. On y remarque un frontispice orné d’une vue au milieu de laquelle sont des paysans faisant la cuisine. ; Une Vue de Bucarest, une Vue de la ville et du monastère d’Argis, les Ruines du palais des princes à Tirgovitschz, des Cabanes dans les steppes, une Vue de Kinippo-Longo, côté du nord, Bucarest vue de la tour brûlée, les Ruines de la tour de Sévère et du Pont de Trajan sur le Danube, Le Khan Manonck à Bucarest, et des Costumes de la Valachie, des Paysans dans la cour du monastère de Kinippo-Longo. Nous sommes peu habitués à voir paraître des ouvrages se méritent sur des régions si peu connues. L’attrait de la curiosité s’y trouve joint à une valeur artistique réelle ». In la France littéraire, 1843, p. 256

Le premier tirage de 1842 fixé à mille exemplaires est rapidement épuisé. On en fera des rééditions en 1843. Une autre parution a lieu chez l’imprimeur Lemercier-Bénard sous le titre suivant :  Michel Bouquet, Ferogio Fortuné, Costumes de la Valachie. Nous n’avons  jusqu’à présent pas retrouvé cet ouvrage.

De son séjour en Moldavie-Valachie, Michel Bouquet a ramené de nombreuses esquisses et dessins croqués sur le vif. Malheureusement la plupart d’entre elles disparaîtront définitivement lors du sac de son atelier en 1848.

Un dessinateur, deux lithographes

François Fortuné Ferogio 1805-1888 est né deux ans avant Michel Bouquet et il mourra deux ans avant lui. Originaire de Marseille, il commence son apprentissage pictural à Montpellier. A partir de 1825 il fréquente l’atelier du peintre Gros, devenu baron à l’instar de Théodore Gudin. Tout comme Michel Bouquet il se forme à la peinture d’histoire auprès de son maître et par la suite s’oriente vers la pratique de la lithographie, suit le courant romantique et le goût du public pour les identités régionales dans la première moitié du XIXe siècle. Il participe ainsi à la production d’un ouvrage du même type que celui que  va réaliser Lalaisse en Bretagne in la Galerie armoricaine (1845-1846), mais lui s’intéressera aux costumes traditionnels des Pyrénéens in Nouvelle suite de costumes des Pyrénées, Gihaut, Paris, 1841, réalisés à partir des dessins du peintre Lagarrigue.

François Fortuné Férogio, Nouvelle suite de costumes des Pyrénées, 12 pl. lithogr. en couleur, titre ill., 40 cm, Gihaut Frères, Paris, 1841 © Médiathèque Pau-Pyrénées

Eugène Cicéri. Faut-il encore le présenter ? C’est le petit-fils du peintre et miniaturiste Jean-Baptiste Isabey qui a aussi dessiné tous les vêtements des dignitaires et de leurs femmes pour le jour du couronnement de Napoléon Ier ; son oncle est le peintre de paysages et marines Eugène Isabey. Ce dernier a eu pour élèves Boudin et Jongkind. Celui-ci s’installe dans son atelier, Place Pigalle, tout près de Michel Bouquet. Tout ce petit monde se connaît.

 

3 Le contenu : des lieux qui sont tout sauf anodins dans le contexte géopolitique qui voit s’affronter trois empires et trois religions

Ces lithographies sont aujourd’hui des éléments historiques précieux pour les populations valaques et moldaves. Elles sont des portes ouvertes sur des monuments historiques dont un certain nombre aujourd’hui ont disparu ou ont été modifiés, un regard ethnologique sur la vie des populations et une muséification de costumes et d’ethnotypes aujourd’hui disparus.

L’ Album valaque contient douze planches représentant : 1 Frontispice gravé. 2 Vue de Kimpo-Longo (Campulung) (côté du Nord). 3 Costumes de la Valachie. 4 Restes de la Tour de Sévère et du pont de Trajan sur le Danube. 5 Le Khan Manouck, à Bucharest. 6 Costumes de la Valachie. 7 Cabanes dans les steppes. Lith. Ciceri 8 Vue de la ville et du monastère d’Argis (Curtea de Argis). 9 Costumes de la Valachie. 10 Bucharest, vue de la Cour brûlée. 11 Dans la cour du monastère de Kimpo-Longo. 12 Ruines du palais des princes à Tirgovitscliz (Tergoviste).

 

1 Frontispice gravé

Dorobantz / paysans-militaires, un paysan des montagnes et des paysannes devant une ferme : certainement une scène imposée aux paysans. En effet, le prince de
Bucharest Alexandre Ghyka,  qui a reçu Michel Bouquet, met à sa disposition des gens d’armes pour retenir
des paysans qui refusent d’être modèles du peintre.

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

Les lieux dans cet ouvrage ne sont pas choisis au hasard. Ils s’inscrivent comme éléments fondateurs de nations en demande d’indépendance internationale pour constituer un pays, la Roumanie. Il s’agit donc de montrer aux élites aristocratiques françaises – nous sommes sous le règne de Louis-Philippe –  et européennes, l’histoire très ancienne qui fait de ces deux principautés des ilots de romanité et de latinité entre deux espaces de langue slave et turque, des oeuvres d’art chrétiennes dans un pays soumis pendant trois siècles à une occupation musulmane, une autonomie politique reconnue entre le XIIe et le XVIe siècles, trois masses de granit sur lesquelles s’appuyer pour accéder à l’indépendance.

 

2 Vue de Kimpo-Longo (Campulung) (côté du Nord)

Michel Bouquet représente le monastère et l’église chrétienne orthodoxe.

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

3 Costumes de la Valachie.

Présence dominante de la croix orthodoxe

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

4 Restes de la Tour de Sévère et du pont de Trajan sur le Danube.

Ville de Campulung, Restes de la Tour de Sévère et du pont de Trajan sur le Danube, 1841

Rappel par l’intermédiaire de deux réalisations architecturales à visées militaires, de la présence romaine et de l’origine latine de la langue roumaine face aux langues slaves, dont le russe. Rappel du système défensif de l’empire romain, le limes, dont la Roumanie, la Dacie à l’époque, constituait un dispositif très important face aux invasions barbares des Wisigoths et des Huns venant d’Asie centrale. Le limes est toujours d’actualité face à l’empire russe : il est physiquement marqué par la rivière Prut. Mais au moment du séjour de Michel Bouquet, c’est un général russe Pavel Kisselev qui assure la gestion militaire de ces deux principautés moldaves et valaques, comme l’avait stipulé le traité d’Andrinople de 1829.

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature , lithographie, Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

 

5 Hanul Lui Manuc, Le Khan Manouck, à Bucharest.

Caravansérail de Manuc, Bucarest, 1841

Les marques du système de déplacement des marchands dans l’Orient musulman à 50 kilomètres au nord ouest de Bucarest sont encore prégnantes. C’est un espace quasi-vide qui est représenté, signe de l’abandon des anciennes routes économiques.

 

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature, Lithographie, Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

 

 

6 Costumes de la Valachie.

Le point d’eau, centre de rassemblement obligatoire. Les hommes à droite sont des militaires qui accompagnent Michel Bouquet, lui permettent de rencontrer la population, et surtout de les dessiner, car les croyances locales incitent les autochtones à fuir l’artiste. Présence de l’ordre officiel à droite, les femmes et les enfants à gauche, leurs hommes sont absents.

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

7 Cabanes dans les steppes.

Pauvreté et isolement. Plusieurs versions diffèrent. Selon certains, ce serait une habitation de tziganes, populations particulièrement discriminées quels que soient les régimes politiques. Pour d’autres, ce serait une maison de prostitution.

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

 

8 Vue de la ville et du monastère d’Argis (Curtea de Argis), vue prise en 1841.

Cette lithographie est un document de haute valeur historique car ce monastère a été reconstruit de manière catastrophique en 1875-1876 par un architecte français qui a installé des tours d’inspiration turco-musulmane sur le toit et détruit la plupart des magnifiques fresques intérieures du XVIe siècle.

Argis est l’ancienne capitale de la Valachie et le monastère de religion orthodoxe sera la future nécropole des rois de Roumanie au début du XXe siècle. Le mot Curtea provient de cour au sens aristocratique du terme. Une légende qu’on a du raconter à Michel Bouquet relate la construction du monastère. Autrefois, un prince de Valachie –  le Prince noir –  se mit à la recherche avec neuf maçons et leur maître Manole d’un espace sacré pour construire leur église. Mais chaque fois que les neuf maçons et Manole en étaient arrivés au toit, tous les pans de murs s’effondraient. En désespoir de cause, ils jurèrent d’enfermer vivante entre les murs de l’église la première personne qu’ils rencontreraient. Ce fut une femme qui leur apportait les repas. C’était aussi la femme de Manole.. Une légende symptômatique de la dureté des relations socio-religieuses de la Moldavie-Valachie au XVIe siècle.

Michel Bouquet et alii, Vue de la ville et du monastère d’Argis, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Lithographie, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

9 Costumes de la Valachie.

Encore une fois présence des militaires en tenue officielle. Le personnage à gauche est un paysan des montagnes.

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

 

10 Bucarest, vue de la Cour brûlée, vue prise en 1840

Une magnifique composition dans le rapport entre ciel et terre. Les chariots de l’équipage de Bouquet, au loin un monastère orthodoxe. Une ville au parcellaire chaotique en reconstruction permanente entre séismes, inondations, incendies. La cour princière qui a subi un incendie en 1812 a migré plus loin dans la ville. Ne reste que la qualificatif de cour brûlée.

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

 

11 Dans la cour du monastère de Campulung, vue prise en 1841 et lithographiée par Michel Bouquet.

Monastère orthodoxe situé à 60 km au nord ouest de Bucarest, encore une fois la présence des chariots accompagnant Michel Bouquet

Michel Bouquet et alii, Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

 

12 Tour de Chindia et ruines du palais des princes à Tirgovitscliz (Tergoviste), vue prise en 1841

Ville d’essence royale, elle connut un âge d’or comme capitale de la Valachie du XIVe au XVIe siècle. Michel I le Brave  y défait les Ottomans dans la décisive bataille de Târgoviște en 1597.

Michel Bouquet et alii,  Album Valaque, Vues et costumes pit­toresques de la Valachie dessinés d’après nature, Lithographie, Paris, Goupil et Vibert, 1843 © Collection particulière

 

4 Participation à La galerie royale des costumes : dix planches lithographiées

Il s’agit d’une succession de dessins en couleurs faits par Michel Bouquet qui ont été lithographiés par Janet-Lange, Adolphe et Dollet :  Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43.

Cet ouvrage célèbre rassemble parmi les meilleurs dessinateurs du temps avec notamment Benjamin Roubaud, caricaturiste au Charivari, peintre de paysages. Vers 1842 il part pour l’Algérie, comme correspondant de l’Illustration et fait des costumes algériens un de ses thèmes de prédilection.

Sur 85 costumes, 15 sont d’origine française, soit 17 %. Ces 15 costumes français sont exclusivement d’origine bretonne. Sur ces 85 costumes, trois seraient le fait de Michel Bouquet.

1. Majo de Terez. Costumes Espagnols.
2. Berger Nomade. Costume Valaque.
3. Tirailleur Indigene. Costumes Algeriens.

4. Dorobantz (District de Romanatz). Costumes Valaques.

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

 

5. Dorobantz (District de Slatina). Costumes Valaques.

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

6. Georgien. Costumes Persans.
7. Paysan de la Montagne d’Arez (Finistere). Costumes Francais.
8. Joueur de Bignou (St. Thegonec environs de Morlaix. Finistere).
9. Ivonic (Briec environs de Quimper. Finistere).
10. Maragato des Environs d’Astorga (Vieille Castille). Costumes Espagnols.
11. Sampognaro (Abruzze, Royaume de Naples). Costumes Italiens.
12. Jeune Patre Calabraise (Royaume de Naples). Costumes Italiens.
13. Paysan Calabraise. Costumes Italiens.
14. Guemene Rohan (Environs de Pontivy. Morbihan).Costumes Francais.

34. Dorobantz (District de Tirgovichs). Costumes Valaques.

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

 

65. Fleur discrète (Environs de Hennebont. Morbihan). 
66. Huelgoat (Arrondissement de Chateaulin. Finistère). Costume Francais.
67. Artisane de Morlaix (Finistere). Costume Francais.

68. Ploare près Douarnenez (Environs de Quimper. Finistère). Costume de Noce. Costume Francais.
69. Femme des Environs de Morlaix (Finistère). Costume Ancien. Costume Francais.
70. Femme de Pont-Aven (Environs de Quimper. Finistère). Costumes Francais.
71. Pont-l’Abbé (Environs de Quimper. Finistère). Costumes Francais.
72. Fileuse (Saint. Thegonec Environs de Morlaix. Finistere). Costumes Francais.
73. Paysanne Cauchoise (Canton d’Envermeu). Costumes Francais.
74. Le Chapeler (St. Thegonec Environs de Morlaix. Finistere). Costumes Francais.
75. Ivonne (Costume de Guemene Rohan. Morbihan). 
76. Femme de Guemene (Environs de Pontivy. Morbihan). Costume Francais
.

D’autres auteurs, notamment roumains, avancent qu’on lui doit aussi les dessins suivants

 

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

 

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

 

 

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

 

 

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

 

 

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

 

 

Michel Bouquet, Galerie Royale de Costumes peints d’après nature par divers artistes et lithographiés par Adolphe, Janet-Lange et Dollet, Paris, Aubert, 1842-43

 

5 Le contenu de ces albums : une approche ethnographique

Les moyens de déplacement terrestre en Roumanie

A pied, à cheval ou dans des chariots, dont quelques-uns sont certainement ceux de Michel Bouquet qui sillonnait la Valachie en pareil équipage.  Ils apparaissent en effet sur plusieurs lithographies.

 

Masculin féminin : des rôles bien répartis en apparence

Les Mockans, pâtres transsylvains

Michel Bouquet, L’Illustration, 1848 © Abbaye de Landévennec

 

Une version colorisée

Mais il faut nuancer cette répartition apparente des rôles dans la société valaque. La plupart des hommes que représente Michel Bouquet sur ces images ne sont pas des paysans, mais des soldats présents pour que l’artiste puisse dessiner sans être agressé par des personnes qui refusaient pour des motifs superstitieux de se faire dessiner, arguant que Michel Bouquet leur volait ainsi leur âme.

En effet l’artiste a été agressé par un homme pour cette raison. Seule sa solide constitution lui a permis de résister avant l’intervention de ses compagnons. Une autre fois c’est le consul français Etienne-Adolphe Billecocq lui-même qui sauve Michel Bouquet du couteau d’un tsigane qui l’a attaqué, pour les mêmes motifs. A part une lithographie, rares sont les hommes paysans présents sur ces images. Les femmes et leurs enfants sont par contre omniprésentes, mais elles sont croquées dans des activités publiques auxquelles elles ne peuvent se soustraire : la corvée d’eau ou de bois. Mais il faut préciser aussi que  les femmes disposent chez les Valaques d’une liberté et d’une estime inconnues chez leurs anciens maîtres turcs.

 

 6 Penguilly L’Haridon et Michel Bouquet

Même si les dessins subissent des transformations avec l’intervention d’un lithographe, il est intéressant de constater la ressemblance stylistique entre les deux membres du cercle philotechnique de Lorient, Penguilly en noir et blanc, Bouquet en couleurs.

Poses

 

Mains

Visages

Visage et port de tête

 

 

 

 

Pieds

 

7 Le retour en France par la voie maritime, le Danube

 

Le port d’Ibraila en Valachie

Michel Bouquet, L’Illustration, n° 291, 1848 © Abbaye de Landévennec

 

Ruines du fort Saint-Georges à Giurgewo

Michel Bouquet, L’Illustration, n° 291, 1848 © Abbaye de Landévennec

 

Les portes de fer

Michel Bouquet, Les portes de fer, dessin original © Collection Gheorghe Sion

 

 Le château de Dihrestein sur le Danube

Michel Bouquet, L’Illustration, n° 292, 30 septembre 1848 © Abbaye de Landévennec

 

La ville de Belgrade en Serbie

Michel Bouquet, L’Illustration, n° 292, 30 septembre 1848 © Abbaye de Landévennec

 

8 Des oeuvres exposées dans les Salons à partir de 1845

1845 Vue de la ville de Jassy, capitale de la Moldavie, Huile sur toile, Salon de 1845, n° 195 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

1847 Bords du Danube en Hongrie, Pastel , Salon de 1847, n° 1692 du livret du Salon, Oeuvre non retrouvée

1848 Un soir dans les steppes de Moldo-Valachie, Huile sur toile, Salon de 1848, Oeuvre non retrouvée

Michel Bouquet nous a laissé le commentaire qu’il a fait lors de l’envoi administratif de ses toiles au salon de 1848

 

Michel Bouquet, Lettre aux organisateurs du salon de 1848, 19 février 1848 © Bnf

 

Michel Bouquet, Lettre aux organisateurs du salon de 1848, 19 février 1848 © Bnf

 

Michel Bouquet, Lettre aux organisateurs du salon de 1848, 19 février 1848 © Bnf

 

Quelques années plus tard, en 1848, il se sert de ses travaux préparatoires comme Reporter d’images dans le journal à grande diffusion, l’Illustration. Il s’agit pour lui, au travers d’un nouveau média à grande diffusion  d’utiliser le contexte géopolitique pour viser les classes moyennes supérieures, les classes aisées nouvelles, les milieux politiques, et mettre ses oeuvres en avant pour séduire ces nouveaux publics. Cette série d’articles précède et accompagne la mise sur le marché de nouveaux tirages de ses créations pour bibliophiles. Toujours ce sens aigu de la communication à toutes les échelles.

Bouquet 8 Publication d’albums d’images que l’on peut feuilleter sans avoir besoin de lire dans les années 1840 : l’album Valaque