12 L’atelier de l’historien François Jégou : l’établissement des faits année par année

 12 L’atelier de l’historien François Jégou : l’établissement des faits année par année

1720 3 janvier : Délibération des bourgeois et habitants de Lorient, assemblés dans la sacristie de l’église de la paroisse  » pour conférer avec Messieurs le Recteur et curé et le grand zèle que M. de Rigby, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis et de Saint-Pierre de Rome, capitaine de vaisseaux du Roi et Directeur général de la Compagnie des Indes à présent audit Lorient, a marqué de vouloir par une charité toute particulière donner en pardon les fonds, les payer et fournir à tous les moyens nécessaires pour faire incessamment parachever la construction de l’Eglise , jusqu’à la perfection d’icelle… » Ils décident de lui donner au nom de toute la paroisse  » des marques d’une reconnaissance éternelle non seulement par se soumettre à ses ordres, et obéissance, mais pour faire des voeux pour la continuation de la santé et de la personne de M. de Rigby…et aussi de la Compagnie des Indes et qu’une messe sera dite à cette intention tous les vendredi de chaque semaine. »

1720 21 avril  » Ce jour, 21 avril 1720, à l’issue de la grande messe, tous les habitants convoqués pour l’assemblée dans la sacristie de l’église paroisse de Saint-Louis dans Lorient afin de procéder à la nomination  de deux fabriques en lieu et place des Sieurs Verger et Buzot pour faire les fonctions nécessaires  tant pour l’intérêt de ladite église paroisse que pour faire les levées des deniers royaux auxquelles les dits paroissiens seront sujets et en général tous les subsides , taxes et impositions de la dite paroisse , jointement sans distinction l’un de l’autre et de concert et à la charge de répondre solidairement  l’un pour l’autre sans division ni discussion, à laquelle après avoir pris la voix d’un chacun  des paroissiens assemblés , la pluralité des voix l’ont porté à nommer pour fabriques aux lieux et places des Sieurs Verger et Buzot, le Sieur Nicolas Léger et Benoist Souzy, lesquels seront changés annuellement à pareil jour , et d’autres fabriques nommés à leur place. Le tout en présence de M. le Recteur . Signé Kermoisan de la Fontaine, P. Coulomb, J. Guénéret, Le Sage, Beaupré, Buzot, Le Roux, Pierre Verger, Esnée, Baril, Deigou, Jean Vincent Recteur ( Benoist Souzy ne savait signer).

1720 20 juin …dénombrement des habitants quartier par quartier… et pour cet effet  a été chargé savoir : Le Sieur Aubert pour l’enclos, pour la rue de la petite porte et autres rues adjacentes depuis tout le derrière et le long de la Corderie et la rue où demeure Le Chapellier jusqu’à l’entrée de la rue du Faouëdic. Le Sieur Rousset pour la grande rue ; Le Sieur Caboureau pour les derrières depuis la grande maison , toutes les cabanes qui sont le long de la mer et le long de la Grande rue jusques à la maison du Sieur Boquennay.Le Sieur Callac pour la rue du Faouëdic depuis la grande porte jusques aux confins, jusques au ruisseau qui fait la séparation de la méthairie du Faouëdic. Le Sieur Buzot pour le terrain du Sieur Léger Boullay et la rue de M. Beauregard jusques au moulin, et aux environs de l’église le Sieur Villmezec. Et c’est pour travailler incessamment pour en faire leur rapport dans Dimanche prochain signé de Kermoisan, Roussart, Blanchet, Esnée, Le Sage, Baril, Buzot, Quinerit, Deigou, Callac. Le Recteur et le Vicaire s’abstinrent d’assister à cette délibération.

1720 20 août Délibération des habitants de Lorient relatives au casernement des troupes : « Sur la remontrance faite à M. Rigby commandant à Lorient qui n’ayant pas de casernes bâties et destinées pour loger les troupes…et que les logements qui sont dans Lorient ne sont pas suffisants pour contenir et recevoir les soldats qui vont de ce fait loger chez l’habitant, M. de Rigby…a manqué les instructions par M.Maupoint qui étaient plus à propos « …de prendre des maisons dans Lorient pour caserner les soldats que les habitants ne voudront pas loger en attendant que Sa Majesté ait fait bâtir des casernes… »

1720 20 août Délibération des bourgeois et habitants de Lorient, tenue en la sacristie, relative aux travaux de maçonnerie et de charpente de l’église de Lorient, entrepris par le Sieur Goubert. Prennent part à cette délibération M.Martin, Inspecteur général de la Compagnie des Indes; M.le chevalier de Rigby, général et commandant pour le roi à Lorient; M. de Chassinon, etc., ( absence de prêtres)

1720 Pierre Blancher, hôte tenant l’auberge de l’Amiral, au bas de la rue qui conduit de l’enclos vers le moulin du Faouëdic ( actuellement la maison est occupée par le pharmacien Joubaud – 1871), à l’angle des rues du port et française.

1720 17 mars Arrêt du Conseil d’Etat du Roi, qui ordonne l’inféodation de l’Isle, terre et marquisat de Belle-Isle, au profit de la Compagnie des Indes, et Lettres patentes sur iceluy, à charge pour la Compagnie de relever mêmement du Roi, en fief, foy et hommage-lige à cause de son marquisat de Belle-Isle et de payer annuellement à son domaine suivant les offres, cinquante mille livres à compter du 1er janvier 1719 ; à l’exception de la citadelle, forts, redoutes, ports et havres, , juridiction, droit d’aubaine, épaves et deshérences. Le contrat d’inféodation est  du 22 avril 1720 devant les conseillers du Roi notaires à Paris; il fut confirmé par arrêt du 3 mai 1720 ( Archives nationales)

1720 Avril Lettres patentes portant révocation de la Compagnie de Saint-Domingue créée par Lettres patentes du mois de septembre 1698

1720 Vente par Nicolas le Jaffrezeau demeurant au lieu noble de Kerenpuil à Philippe François Tingry demeurant en l’arsenal de Lorient d’un terrain nommé er-net-ru, situé au lieu de Lorient, sur lequel il y a des maisons couvertes de paille, pour 690 livres.

1720 Pierre Blanchet, hôte, tenant l’auberge de l’Amiral au bas de la rue qui conduit d’enclos vers le moulin du Faouëdic, rue du port , aux abords de la rue Française

1720 Décès de messire Jean Vincent, recteur de Saint-Louis de Lorient, Abbé de Rillé. Le vicaire Camenhen fut institué curé d’office. 2 juillet 1720 Ce recteur de la ville de Lorient était âgé de 61 ans, l’inhumation eut lieu le lendemain dans le cimetière de Lorient.

1720 Il résulte d’actes de notaires que dans la campagne, les paiements en billets de banque se faisaient sans difficulté ; 26 juin Paiement fait devant Le Goffer et de Perenno, notaires à Pont-Scorff, par Alain Laurans de Locunel, en Plouay, à Guillemette Cornic, de 360 livres en billets de banque et autres monnaies ayant cours ; 26 juillet Paiement de 3000 livres en billets de banque, chez les mêmes notaires par Yves Pogam de Kergalaran, en Quéven, à Marie Le Pogam, sa soeur, pour prix de vente d’immeuble. Il s’agissait de billets de la fameuse banque Law.

1720 28 juillet Lettres royales nommant Cohalan curé de Lorient. Il obtint l’investiture épiscopale le 26 novembre et fut installé le 30 novembre suivant.

1720 2 juin »L’an de grâce 1720, le 2 juin, je soussigné recteur ay enterré dans le cimetière les corps de 3 esclaves de la Louisiane tués dans le château de Trefaven à cause de leurs révoltes par la garde des soldats invalides dans le château de Tréfaven signé Jean Vincent recteur » Registres de Lorient

1720 Le 3 juillet a été inhumé au cimetière de Lorient le corps du vénérable et discret messire Jean Vincent, abbé de Rillé et recteur de Lorient décédé le jour précédent, âgé de 61 ans et muni des sacrements de pénitence et d’extrême onction. Ont assisté au convoi M. l’Abbé de la Gaillerie ( sic) vicaire d’Hennebont; M. Dipois, recteur de Quéven et de Frapper recteur de Ploemeur. En foi de quoi j’ay signé J. Pashetin prêtre, Camenhan curé.

1720 septembre Etait à ce moment aumônier de la Compagnie des Indes. En 1719 on avait supprimé « l’emploi » d’aumônier de l’arsenal royal.

1721 3 janvier marché passé entre le général de la paroisse et Nicolas Vallier  et Vincent Pallamos, maçons pour faire l’oeuvre de mains pour la maçonne qui reste à faire au-dessus des vitraux  qui dominent les quatre fermes et montants, depuis l’angle des chapelles pour conduire vers la nef de ladite église ; pour et en faveur de la somme de 70 livres…à charge de faire le dit ouvrage pour la fin du mois. »

1721 7 mars Adjudication du contrat de carême, c’est-à-dire du droit de vendre de la viande aux malades pendant la durée du Carême. Cette adjudication fut faite au boucher Janno moyennant vingt-cinq livres « en présence de Monsieur le recteur.. » Cette délibération porte la signature de l’Abbé Cohalan recteur ; désormais le recteur ou un prêtre par lui délégué assistera aux délibérations du général de la paroisse. Jusqu’à la révolution de 1789, la faculté de vendre de la viande pendant le carême fut le privilège de l’adjudicationnaire du couteau de carême ; il semble que ce fut le nouveau recteur Cohalan qui introduisit cet usage à Lorient. Adjugé moyennant 25 livres en 1721, le couteau de Carême atteignit bientôt des prix beaucoup plus avantageux et forma l’un des revenus de l’Hôtel-Dieu.

1721 7 mars Marché passé entre le général de la paroisse de Saint-Louise et le Sieur Pierre Pégé, pour la fourniture de quatre vitraux, façon et fourniture du fer, pour l’église paroissiale au prix de onze sols la livre du poids de 16 onces, les vitraux mis en place pour le mois de mars 1722. Pégé s’engagea à donner gratuitement et à placer dans le lieu désigné dans l’église , une horloge d’une grandeur raisonnable pour le service de la paroisse. Le vitrage fut adjugé le 8 avril 1721 au Sieur Jacques Quinerit, vitrier à Lorient, au prix de 14 sols 6 deniers le pied de 12 pouces au carré

1721 8 avril Adjudication des halles de Lorient au prix de 7 livres par an chaque boutique ou étal de boucher aux Sieurs de la Fontaine-Gougeard et Le Sage Saint-Germain. Ces halles appartenaient à l’église et consistaient en appentis adossés au mur du cimetière, extérieurement.

1721 2 juin Délibérations des paroissiens de Lorient  assemblés en la sacristie , en présence du recteur, qui règle les attributions de chacun des deux fabriques. L’un d’eux eut la régie des biens, revenus et casuels de l’église, sous le nom de Trésorier Marguillier ; l’autre fut chargé de toucher et de faire les collectes des deniers royaux sur les rôles des égailles et et départition des régisseurs nommés pour cet effet. Ce fut la séparation des intérêts civils et religieux. Les deux fabriques nommés ce jour-là furent les Sieurs Marié qui eut la fonction de Trésorier-Marguillier; le Sieur Roussar fut chargé de la partie des impôts. Ce dernier prit la qualité de syndic de Lorient en 1722 : c’est le premier pas vers l’organisation municipale de la ville de Lorient. Un édit du 16 mai 1711 avait toutefois ordonné la nomination de 6 notables pour administrer les intérêts de la paroisse.

1721 28 septembre Délibération dans laquelle il est décidé qu’une demande sera adressée au Parlement de Bretagne pour obtenir l’autorisation de  prélever sur tout le général de la paroisse un impôt annuel de 600 livre, jusqu’à concurrence d’une somme de dix mille livres nécessaire pour faire face aux dépenses nécessitées par les travaux de l’église paroissiale.

1721 9 novembre Délibération dans laquelle on examine une réclamation de privilège  d’un banc dans l’église paroissiale de Lorient par le Sieur Le Blanc et femme , en qualité de Capitaine de l’Isle de Groix. Sur l’avis du Sieur Le Marié, Marguillier, l’assemblée des paroissiens rejeta les prétentions des époux Le Blanc qui s’adressèrent ensuite aux juges d’Hennebont.

1721 Il y a des Suisses du régiment de Carer en garnison à Lorient et au Portlouis. A la même époque un grand nombre d’Alsaciens ou d’Allemands étaient fixés à Lorient.

1721 Le Sieur André Monistrol fournisseur pour M.M. de la Compagnie des Indes en ce port de Lorient.

1721 Georges Genino, maître poulieur; René Genino, officier sur les vaisseaux de la Compagnie des Indes

1721 1er octobre Ordonnance du Roi portant création d’une compagnie d’infanterie de cent hommes, entretenue par la Compagnie des Indes pour la garde du port de Lorient; et par autre ordonnance du 20 octobre 1740 cette compagnie fut portée à trois cents hommes ; le 1er mars 1767, une ordonnance royale régla le service de ce corps de troupes. Cette compagnie successivement commandée par M.M. Plantin et Bessan.

1721 Noble homme Estienne Guiremand demeurant présentement en la ville de Lorient, à l’auberge de la Grande maison tenue par Yves Guillemot et Perrine Mel Veuve de Deffunt Michel Minot . Guiremaud était de la ville de Craisse (?) en Dauphiné

1721 Réparations à Lorient du vaisseau La Gironne

1721 Mariage à Lorient de messire Thomas de la Salle écuyer Sieur de Domée, de la paroisse de Bedon en Béarn et de Melle Marie Marié de Lorient.

1721 Mariage à Lorient d’écuyer  Paul de Fontbrune major des troupes de l’île de Mascarain et de Mlle Madeleine Duhamel de Lorient

1721 Ecuyer Gilles le Brun , Sieur de la Franquerie, époux de Dame Marie Pépin, Directeur à Lorient, Requête à la chambre des comptes de Nantes pour l’enregistrement de ses lettres d’anoblissement

1721 30 mars Baptême de Jean-Bernard Dietrich, fils de Jean Conrad Dietrich, chirurgien major dans le régiment suisse de Karrer, et de Mlle Dorothée Catherine Averse, parrain Jean Bernard Stalbe, et marraine Mlle Perrine Aubin

1721 François Le Roux, maître canonnier à Lorient

1721 Alexandre Duval de Lanere, écuyer Sieur du Castel d’Enportes à Lorient

1722  1er février L’assemblée des bourgeois et habitants de Lorient nomme le Sieur Cresseint receveur de la capitation – impôt par tête –

1722 23 février A la requête du Sieur Roussart, syndic de la ville de Lorient, et sur les remontrances du Procureur fiscal, les juges de la juridiction de Lorient fixent en audience publique le tarif du prix de la viande, du pain, du vin et du bois de chauffage comme suit :

Boeuf, veau et mouton , trois sols six deniers la livre – la livre est divisée en 20 sous et chaque sou ( sols au pluriel ) en douze deniers –

Lard à mettre au pot, six sols,

La livre de pain blanc, deux sols

Le pot de vin rouge de Bordeaux , vingt six sols

Le pot de vin blanc de Bordeaux, dix-huit sols

Le pot de vin de Nantes, quatorze sols

La corde de gros bois, neuf livres

Les fagots, six livres deux sols

« Le dérangement de la ville est devenu si grand, dit le Procureur fiscal, par les différentes nations qui s’y sont jetées, qu’il est à propos d’y remédier par un règlement général de police pour toutes les denrées qui s’y vendent beaucoup au-delà de leur valeur ; que les poids et autres sont fausses dans la plupart des boutiques ; que le pain n’est ni bon, ni bien conditionné, ni du poids dont il devrait être. »

A la suite des mêmes tarifs,  les juges prescrivent diverses actions pour en assurer l’exécution et pour la propreté et la police de la ville , notamment celles-ci :

« Ordonnons à chaque particulier qui n’ont pas de pavé devant chez eux , d’en faire faire ; faute de quoi avons permis au dit Roussart de les faire faire à leurs frais ; et à ceux qui en ont, de faire nettoyer devant chez eux tous les matins avant huit heures, sous peine de trois livres quatre sols d’amende, comme aussi de faire ramoner leurs cheminées tous les trois mois sous les mêmes peines. »

1722 12 avril Nomination de Margueret en qualité de trésorier Marguillier en remplacement de Le Marié. Il paraît que Roussat, autre fabrique en charge , qui avait les affaires civiles dans les attributions et prenait la qualité de syndic à Lorient fut maintenu sans qu’il en soit fait mention sur le registre des délibérations de  la paroisse.

1722 3 avril Troubles à l’audience de la juridiction de Lorient, les magistrats sont insultés ; ils dressent procès-verbal des faits qui viennent de se passer et décident que , jusqu’à ce qu’il leur soit donné un local plus convenable, les le audiences de la juridiction de Lorient se tiendront en la ville de Pontscorff.

Les audiences de la juridiction de Lorient siègeront jusqu’à ce moment dans une chambre de la maison du Sieur La Fontaine Gougeart, comme greffier.

L’audience suivante fut tenue le 18 août à Pontscorff ; mais aussitôt l’ouverture de l’audience, le Procureur fiscal déclara qu’il ferait opposition à la tenue de cette audience et à l’évocation des causes de la juridiction de Lorient dans l’audience de Pontscorff, et requit le Sénéchal d’aller tenir son audience à Lorient, au lieu ordinaire chez le Sieur Gougeart.

Le Sénéchal répondit que tant que le Prince de Guéméné ne le mettrait pas à l’abri des insultes des habitants comme il y avait été exposé ; tant qu’il ne fournirait pas un auditoire convenable et une prison pour l’exercice de la justice, il persisterait dans la résolution prise le trois du même mois, et il ordonna de passer outre et d’évoquer les causes, ajoutant qu’il était surprenant que le Procureur fiscal s’opposât aux résolutions qui avaient été prises en commun.

Peu de temps après les audiences se tinrent de nouveau à Lorient, mais cette fois-ci dans l’enclos. Cependant le désordre ayant persisté, le Sénéchal et l’Avoué prirent le parti de suspendre leurs audiences : ce que voyant, le Procureur et les avocats de la juridiction de Lorient prirent le parti de tenir les audiences et d’expédier les affaires.

Enfin, le 12 avril 1723, Jacques Bellondeau, Procureur fiscal, après avoir protesté à l’audience contre l’abstention du Sénéchal et de l’ affoué , qui n’avaient pas siégé depuis le mois de février , Bellondeau, sollicité par les Procureurs qui ne faisaient pas cause commune avec le Sénéchal, et à la prière des habitants de Lorient, il décida à tenir lui-même les audiences et il siégea jusqu’au 10 mai, jour où l’affoué reparut et le remplaça jusqu’au 5 février 1724 : ce jour-là seulement le Sénéchal Kerlero de Rosbo reprit son siège.

1722 18 octobre . Réclamation d’une somme de 800 livres faite aux habitants de Lorient par le Sieur Goubert, pour solde de travaux à l’église. Nouvelle délibération du corps politique de la paroisse décidant à ce qu’il fut fait des démarches près de l’Intendant de la Province pour obtenir l’autorisation de lever sur la paroisse une somme de 600 livres par an, pour aider à payer les dettes contractées et qui s’élevaient à environ douze mille livres.

1722 Ecuyer Henry Edme, pour Directeur de la Compagnie des Indes, Ecuyer Joseph de Lorme, Directeur à la Louisiane, Compagnie d’infanterie de Marion ; Compagnie franche de la Marine ; Messire Badezet, prêtre, Directeur de la Congrégation ; Pierre Pégé, maître serrurier ( relevé sur le registre de la paroisse de Lorient );  de Restabecq, Directeur de la Compagnie des Indes, à Lorient ; de Boistarcy, trésorier de la Compagnie des Indes, le Sieur Pion, receveur du contrôle à Lorient : il eut pour successeurs Monistrol en 1726, de Monsigny en 1733.

Les archives de la ville de Lorient possèdent un registre des Marguilliers – un marguillier a la charge du registre des personnes qui recevaient l’aumône et aussi de l’administration des biens de la paroisse François Marié et Maugueret, commencé le 1er janvier 1721…clos le 17 avril 1723 sur lequel j’ai relevé les renseignements suivants.

Les revenus de la fabrique provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers et fermages, legs mais aussi de la location des places de bancs dans l’église qui fournissaient un revenu régulier (bien souvent perçu annuellement à date fixe) pour la fabrique.

L’église contenait six rangs de bancs de 17 places chaque rang , du côté de l’épître. Parmi les noms des occupants, de ce côté de l’église, j’ai remarqué ceux de Mme de Mauclerc, Le Blanc, Dansen, Pion, Colin, Henry, Le Marié, Cordier, Le Villemazec, de Portarieux, de Langonnet, Jean le Rien, Sieur de la Fontaine, Aubert notaire, Dufay médecin, Léger capitaine général garde-côtes, de Joaunis, Gautier, Saint-Germain traiteur, Fournier, écrivain de la Compagnie, Duval officier de marine, Vallanciennes, Beauprez, Coulomb, Goubert, Niepce maître canonnier.

Le côté de l’évangile, ou de la sacristie contenait également 7 rangées de bancs de 17 places, dont les principaux occupants  se nommaient : Mlle Quintrec, Roussart, Nérel fils, Mme Cossé et ses filles, de Kermoizan, de la Fontaine-Gougeart, Mme Duhamel, Vautier, Edmé marchand, Caboureau, Blanchet, Baptiste traiteur ou boutonnier, ; Deigou, Buzot, Mme Delorme, Mmes Lamane et La Martinière, Beaumont, exempt de maréchaussée, Bretteville, chirurgien, etc..

Vis-à-vis de l’autel, autre rang de bancs, il y en avait huit de dix places chacun occupés par : Baron , écrivain, Desjardins, exempt, Lantier de la Vallée, Godin, Dumont, Quenerit dit Saint-Martin, Bordelais, de Trouvé, , Dantrement, etc..

Du côté de la chaire, neuf rangs de bancs dont le nombre de places varie de 7 à 24. Parmi les occupants on remarque Guillaume Penverne, de Deslauriers, les filles de M. Saint-Germain, Perin, Rigouard, Bonit dit Saint-Germain tailleur, Ferrand, boulanger, Desfraiches, Capeau, maître des vaisseaux du Roi, de La Forest marchand tailleur, les gens de M. de Beaufort, Monistrol, etc..

Les places dans les bancs étaient louées à l’année; le prix était de 2 francs, excepté vis-à-vis de l’autel et du côté de la chaire où elles ne coûtaient que 30 sous. Les comptes font encore mention de Mme le Sage dit Saint-Germain de la Herse. J’ai déjà relevé le nom de Bonit, dit Saint-Germain, tailleur. Parmi les troncs de l’église, l’un était dédié à Notre Dame de Bonsecours, un autre à Notre Dame de Bonne Nouvelle.

Contre le mur du cimetière, l’église possédait 11 cabanes de marchands, payant de 22 à 60 livres par an, et 19 étals de bouchers, pour chacun 7 livres; parmi les noms de bouchers j’ai relevé ceux de Herviaux, Rolland, Rio qui appartiennent à des familles de bouchers de Lorient.

La gestion de François Le Marié encaissait environ 300 livres pour les quêtes. La plus forte quête produisit 49 livres 7 sous 8 deniers le 28 mars 1722. Parmi les dons en nature, on relève ceux de plusieurs petits cochons.

Ce registre de compte de fabrique mentionne un don de 300 livres fait à l’église de Lorient par M. de Luzarnay, et des frais de transport de fleurs du Pou en Guidel à Lorient, pour l’église au temps de Pâques : la terre du Pou appartenait aux Carré de Luzançay. Le donataire de 300 livres, Luzançay, Seigneur du Pou était l’Ordonnateur intérimaire à Lorient.

1723 28 février « Ce jour 28e février 1723 nous Syndic de la Communauté de la paroisse de Saint-Louis, ayant fait donner la cloche après le service ( divin ) pour assembler les nobles, bourgeois et habitants de la ville, dans laquelle Assemblée a été lue la lettre de Monseigneur l’Intendant du 8e du dit mois, et ensuite l’Ordonnance de M. Bréart de Boisanger, Subdélégué  qui contient ce qui suit :  » et qui ordonne à tous les fabriques – membre de la fabrique d’une paroisse – et Marguilliers de la dite église de Saint-Louis de Lorient qui n’ont point rendu leurs comptes, de nous les représenter sous huitaine pour être par nous ordonnés ce qu’il devra appartenir…et sera la présente ordonnance notifiée aux dits nommés par le Sieur Roussart, Sindic. A Hennebont ce 25e février 1723. Signé Bréart de Boisanger. » Signé Roussart Sindic ».

1723 11 avril Le Sieur Filhouze est nommé Marguillier en remplacement de Maugueret. Roussart Syndic signe cette délibération.

1723 20 juin « En conséquence d’arrêt donné à Rennes le 28 mai 1723, publié à la grande messe paroissiale de Lorient le 13e et l’assemblée tenue le 20e dans laquelle ont été nommés les douze notables de la dite paroisse pour délibérer des affaires qui pourront arriver dans la suite, savoir sont les Sieurs Deigou, Kermoizan, Esnée, Jean Genino, Droneau, Caboureau, Georges Geninot, Villemezec, Beaugeloir, Maugueret, Verger, Saint-Martin, Colin, Pégé; les prénommés ci-dessus, choisis et acceptés par le général de la dite paroisse et suivant le dit arrêt, les défaillants qui ne se trouveraient point aux assemblées  qui auront été publiées au prône de la grand messe de la dite paroisse paieront une pistole d’amende à la fabrique à Lorient. Ce 20e juin 1723 signé Vergé, de Kermoizan, Deigou, Esnée, Genino, Droneau, Mauguret, J. Aubert , Fichoux, l’Abbé Cohalan, recteur, Roussart, Sindic. »

1723 21 juin « Ordonnance de De Canton, affoué de Lorient rendue sur les remontrances du Procureur fiscal, qui enjoint à tous propriétaires de maisons à Lorient, de faire paver les rues devant leurs maisons, sur une largeur de huit pieds dans le délai de trois mois : « Les rues sont impraticables, dit le Procureur fiscal, à peine qu’on peut y passer à pied. Il est impossible aux domiciliés de nettoyer au devant de chez eux rapport aux régimes d’eau , boues et ordures qui y sont par faute de pavé et d’écoulement : ce qui cause beaucoup de corruption et d’infections en cette ville . Il est absolument nécessaire d’y pourvoir principalement pour faciliter l’administration des sacrements aux malades et pour éviter aux maladies contagieuses qui pourraient se contracter. »

1723 4 juillet Nomination de Deigou en qualité de trésorier marguillier, en remplacement de Filhouse. Parmi les signatures apposées au bas de la délibération on remarque que le mot Syndic, écrit au-dessous de la signature Roussat, est barré. Deigou refusa d’accepter la charge de Marguillier ; son refus donna lieu à l’arrêt du Parlement de Bretagne du … Il paraît que ce qui provoqua la démission de Filhouze et le refus de Deigou, c’était la difficulté de rendre compte et de justifier des recettes et des dépenses de la fabrique dont les deniers étaient presque complètement à la disposition du recteur Cohalan.

Le 25 juillet suivant, nouvelle délibération sur le même objet à laquelle assiste le Procureur fiscal Bellondeau. Ce magistrat enjoignit à Deigou d’accepter et de remplir les fonctions de Marguillier. Les délibérants refusent de signer le procès-verbal de cette délibération ( un arrêt du Parlement avait fait mention des délibérants, voir la délibération du 20 juin 1724).

1723 5 juillet Audience des généraux plaids – Les Plaids généraux sont des réunions plénières de tous les officiers de justice royale d’une sénéchaussée – , les justices seigneuriales devant leur faire obéissance de la juridiction de Lorient, tenue dans l’auditoire de la Prévôté – le Prévôt est un officier de justice subalterne – dans l’enclos de la Compagnie des Indes.

M. Jacques Bue (?) procureur Substitut du Procureur fiscal expose que « les chemins des arrivées de Lorient étant impraticables l’hiver », il est nécessaire d’ordonner les mesures nécessaires pour y remédier.

Sur ces remontrances, l’Affoué de la juridiction de Lorient ordonne « que les charretiers qui viendront pour denrées et autres dans la ville de Lorient, iront après avoir vendu leurs dites denrées aux particuliers iront chacun prendre leur charretée de pierres en la Perrière de M.M. de la Compagnie des Indes, située en l’enclos de cette ville de Lorient, près les moulins à vent, ou autres lieux qui leur seront indiqués par le Sieur Gérard architecte de la Compagnie, pour être portées aux endroits , à peine de 20 sols d’amende…et ordonne pareillement que les charrettes de la ville charroyeront par jour une charretière »

Les sergents de la juridiction furent chargés de l’exécution  de cette ordonnance; mais il paraît qu’ils y mirent peu  d’activité, car à l’audience du 19 juillet suivant, sur de nouvelles remontrances du procureur fiscal, de nouvelles injonctions furent faites à ces officiers publics d’accomplir leur devoir : ce qui , on peut le penser, n’était pas sans difficulté.

1723 8 août Deigou persistant dans son refus des fonctions de Marguillier, est remplacé par Benoist Souzy, qui ne savait pas écrire

1723 30 août Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant réglement de l’administration de la Compagnie des Indes. Le 24 mars 1723, un premier Arrêt avait déjà réglé la même matière, mais les actionnaires ayant témoigné des inquiétudes de voir à la tête de la Compagnie des personnes prises en dehors de leur sein et auxquelles elles ne pourraient demander des comptes, l’Arrêt du 30 août vint tenir compte de ces légitimes inquiétudes par quelques modifications. Le duc d’Orléans demeura Gouverneur de la Compagnie et le duc de Bourbon vice-gouverneur ; 4 conseillers d’Etat ou maîtres des requêtes furent nommés Inspecteurs sous la haute direction du Contrôleur Général des Finances ; mais ces inspecteurs furent choisis parmi les actionnaires ayant au moins cinquante actions.

Les douze Directeurs étaient tous possesseurs de 50 actions qui devaient être immobilisées pendant la durée de leurs fonctions. 8 syndics, choisis parmi les notables bourgeois, bons négociants et gens expérimentés au fait du commerce, et des comptes et tous actionnaires, furent laissés à l’élection d’une assemblée générale de la Compagnie ; ils devaient également déposer en compte 50 actions pendant la durée de leur Syndicat, deux de ces syndics devaient être spécialement chargés de l’Inspection de la régie des tabacs, postes, contrôle des actes laïcs, etc. qui appartenaient à la Compagnie.

La ferme du tabac devait être administrée par huit régisseurs ayant rang de directeurs de la Compagnie et tenus également du dépôt de 50 actions. Ces régisseurs formaient un corps séparé, mais il s’assemblaient avec les autres directeurs et syndics de la Compagnie des Indes pour les opérations de la direction générale.

La nomination du Directeur , comme celle des syndics, appartenait à l’assemblée des actionnaires, mais pour cette fois seulement l’arrêt pourvut à ces charges, il porte nomination de Baillon de Blancpignon, Raudot, Castagnier, de Présmenil, Godeheu, Bardancourt, Le Cordier, Fromaget, Deshayes, Morin, La Franquerie, et Mouchard.

Les inspecteurs nommés furent de Fortia, conseiller d’Etat, Danycan de Landivisiau; Angran et Pereine de Moras, maîtres des requêtes. Le contrôleur général des finances se nommait Dodun. Un autre arrêt du même jour accorda à la Compagnie des Indes exclusif de la vente de café.

Le premier septembre suivant, un arrêt du Conseil rendu sur le rapport du Contrôleur général des Finances Dodun, aliéna au profit de la Compagnie des Indes , moyennant quatre-vingt six millions, le privilège exclusif de la vente de tabac à partir du premier octobre suivant. Le contrat en fut passé le neuf novembre 1723.

1723 1er septembre  « Devant nous notaires… ont comparu M. Jacques François de Chestobec, Directeur de la Compagnie des Indes à Lorient, demeurant en l’Hôtel de la Compagnie à Lorient , et M. de Talsy, caissier de ladite Compagnie…; et Pierre Verger maître boulanger de ladite Compagnie, entre lesquels a été reconnu que le dit Verger a fourni des biscottes, pains, farines et autres qu’il a fait dans les régies de M.M. de Rigby, Martin ci-devant Directeurs en ce port… »

1723 Escuyer Claude Despinosse, Sieur de Charbonnau, demeurant en la ville de Lorient

1724 23 janvier Délibération dans laquelle  on se résout à consulter M. Renaud , Intendant de la marine, sur la suite à donner aux réclamations des fermiers des impôts pour les droits d’amortissement des propriétés de l’église de Lorient dont le terrain et emplacement avaient été donnés par feu M. Dondel : ( M. de Brou, Intendant de la Province donne l’ordre de payer cet impôt de biens de main morte).

1724 27 mars Décès de Jacques Chandelier, Sieur de la Feronaye, de l’Académie royale des peintres, âgé de 70 ans ( paroisse de Lorient).

1724 23 avril Election de Pégé aux fonctions de Marguillier en remplacement de Souzy ( de même que son précédent, Pégé ne savait signer, mais il se servait d’une griffe dont il apposait l’empreinte au bas des actes où il intervenait : P. Pégé ).

1724 4 mai « Paul-Esprit Feydeau, Chevalier de Brou, Conseiller d’Etat et Commissaire départy pour l’exécution des ordres de sa Majesté en Bretagne.

Vu la requête cy-dessus, nous ordonnons que ceux qui voudront bâtir à Lorient seront tenus de se conformer aux alignements qui ont été donnés par le feu Sieur de Langsade, ingénieur du Roy, à peine de démolition contre les contrevenants à la présente ordonnance  qui sera lue, publiée et affichée où besoin sera à ce qu’on n’en ignore. Fait à Rennes ce 4e may 1724 Signé Feydeau Pour copie Roussart Syndic. » Je n’ai pas trouvé la requête mentionnée en cette ordonnance.

1724 29 octobre et 1er novembre. Rapport dressé au nom du Marguillier Pégé, et écrit de la main de Calmar Villemezec concernant l’exposé de nombreux griefs posés par le Marguillier contre le recteur Cohalan, au sujet de l’administration de la paroisse; en voici le résumé :

Les messes sont dites à des heures irrégulières ; La paroisse a cinq prêtres et il n’est dit que deux messes à l’église Saint-Louis, on célèbre les autres à l’église chapelle et à l’hôpital de la Compagnie qui étaient desservies au temps passé par d’autres célébrants et non par les prêtres  de la paroisse , les mêmes  célébrants ou aumôniers ont été renvoyés à la sollicitation du recteur Cohalan qui reçoit par an environ cent pistoles , ne donne ce qu’il veut à ses prêtres pour desservir les chapelles de la Compagnie. Diminution dans le produit des quêtes appartenant à la fabrique, par suite de l’établissement de deux nouvelles quêtes lors du Saint-Sacrement et des Trépassés, dont les produits sont encaissés séparément pour le compte du recteur. Les livres de la fabrique et l’administration des biens sont entre les mains du recteur, à l’exclusion du Sieur Pégé, fabrique en charge. Le produit des messes recommandées par les particuliers est retenu par le recteur  qui n’en donne aucun compte à la fabrique qui cependant défraie toutes les dépenses de l’église. (Le recteur de Lorient jouissait du revenu assez considérable de l’abbaye de Rissé, accordé par le Roi en 1709 au lieu et place du traitement primitif de 500 livres).

Tous ces reproches longuement développés sont consignés sur le registre de la paroisse, mais sans signature, P. Pégé n’y appose par l’empreinte de sa griffe, suivant son habitude, car il ne savait pas signer. Bientôt même ce rapport fut baillonné et les deux procureurs des confrairies des trépassés et du Saint Sacrement intervinrent pour le démentir. Le 12 janvier 1725, ils signèrent sur le même registre la déclaration suivante : « Nous soussignés procureurs des confrairies du Saint-Sacrement et des défunts érigées en cette église de Lorient par permission de Mgr l’Evêque de Vannes,  certifions n’avoir jamais conseillé au Sieur Calmar dit Vilmezec de Pender, ny d’écrire rien de ce qui est rapporté dans le libelle diffamatoire cy-devant baillonné ou rétracté par luy et reconnaissant qu’il ne contient que des faussetés et des calomnies et ne foy de quoy avons signé. Fait à Lorient, le douzième janvier 1725 , signé Caboureau, Callac procureur de la confrérie des défunts. » Le même jour une déclaration semblable fut signée par les Sieurs Deigou, Collin, Droneau, Verger, G. Genino, Jean Guino, Pégé, Mauguret, Esnée, Alain Morice, délibérants nommés par arrêt du Parlement.

Calmar lui-même consigne de sa main sur le registre des délibérations que les reproches insérés contre le recteur « étaient faux, calomnieux et diffamatoires ».

Le triomphe de l’abbé Cohalan était complet ; et cependant il paraîtrait que les faits qui lui étaient reprochés n’étaient pas sans quelque fondement , puisque peu d’années après le dissentiment entre le recteur et le général de la paroisse fut tel, qu’il fut porté devant le Parlement de Bretagne. Le seize février 1727, voulant régler entre eux leurs griefs, les parties convinrent de leur rapporter à la décision de deux arbitres qu’ils nommeraient. Ces arbitres furent deux avocats d’Hennebont, M. de Hiroir et Audoin père, enjoignirent un troisième arbitre, le Sieur…

1724 Le vaisseau La Victoire, armé à Nantes.

1724 8 juillet, Inhumation dans l’église de Notre-Dame du Tertre Hardouin, capitaine du vaisseau l’Annibal.

1724 9 avril Serment devant le sénéchal d’Hennebont du Sieur Charles Ruellan, perruquier barbier baigneur étuviste dans la ville de Lorient. Le 25 avril suivant serment devant le même magistrat du Sieur Louis Bedier, successeur de Hervé, Philippe Mauderet, autre perruquier barbier baigneur étuviste à Lorient.

1724 14 mai Contrat de vente par Guillaume Dacier  à M. Vincent le Costarrec, notaire, sergent royal de la juridiction de Pontscorff de la résidence d’Auray à présent à Lorient, d’un terrain d’héritage joignant au levant le terrain du Sieur Enée, et au nord à la rue du cimetière, au couchant du terrain de défunt Estienne Boullay dit Amelin et au midy du terrain Dacier, leur frère, nommé En-autre-rue ( an-aot-res ?) pour 120 livres.

1724 22 mai « Ce jour vingt deuxième may mille sept cent vingt et quatre, en exécution des ordres de Monseigneur le Prince de Guéméné à nous apparu par Monsieur Dauzon, doyen des conseillers du présidiable de Vannes en chef du conseil des affaires en Bretagne de mander seigneur le prince de Guéméné, et ordre prescrit donné au Sieur Bellondeau procureur fiscal de ladite seigneurie et juridiction de la part du prince Constantin de Rohan, fils de mondit seigneur le prince de Guéméné le quatre juin 1723 estant en la ville de Lorient, pour faire placer au milieu l’enclos de Lorient, appartenant à Messieurs de la Compagnie des Indes, un poteau, avec son carcan, et les armes de monseigneur le prince de Guéméné en bosse , dans les quatre costés du dit poteau , Monsieur Dauzon, estant en la ville de Pontscorff venu exprest pour faire mettre lesdits poteaux , tant dans le dedans de l’enclos de Lorient, que dans le dehors, nous Jean-Claude de Cantoire Sieur de la Villanger licencié aux loix, advocat à la cour, affoué de la juridiction de Lorient, et autres seigneuries appartenant à mondit seigneur le prince de Guéméné et M. Jacques Bellondeau procureur fiscal de la dite seigneurie et autres, appartenantes serait donner lieu à quantité de discussions qui ne sont que trop ordinaires aux personnes de cet état. Nous avons l’exemple de cette exclusion à Saint-Malo Cette ville a obtenu que les avocats n’auraient point entrée aux assemblées, à fortiori notaires et procureurs…Nous croyons qu’il serait à propos que Votre Grandeur fit rendre au Conseil un arrêt dans lequel Sa Majesté informée de l’état actuel de cette ville, en attendant qu’elle ait pourvu aux charges d’assesseurs et d’échevins, nommât douze habitants de ceux compris dans la liste que nous joignons ici, pour pendant deux ans dans le corps de la ville de Lorient..

Nous voyons avec plaisir que l’intention de Votre Grandeur est que nous communiquions à M. Desprémesnil comme à notre gouverneur, toutes les affaires de cette ville, nous l’avions prévenu et espérons qu’il voudra bien nous continuer ses bontés et nous aider de ses conseils…

1725 14 janvier « Au 14e janvier 1725, en la sacristie de l’église paroissiale de Lorient,  environ les 4 heures après midi, à l’issue des vêpres avait fait sonner la campane est entré M. le procureur fiscal de la juridiction de Lorient où étaient Messieurs le recteur, Messire Pierre-Elie Léger faisant fonction de maire audit Lorient, par élection de MM. les habitants, aux présences de M. de Richebourg, gouverneur de Portlouis se sont présentés les Sieurs Nicolas Léger, Michel Droneau, Jacques Quinerit, Pierre Verger, Benoist Souzy, François Calmar, Sieur de Vilmezec, Pierre Pégé, Gilles Collin, Julien Beaupré pour son père absent, Mathurin Esnée, malade et le Sieur Antoine Deigou , absents.

« Lesquels délibérant sur ce que le dit Sieur Procureur fiscal a remontré que l’on avait assigné la présente assemblée au prosne de la grande messe le dimanche dernier, 7e du présent mois pour premièrement nommer un greffier pour rapporter les délibérations sur le présent registre ; en second lieu pour nommer un receveur pour la levée du rôle de quatre capitations de la présente année et des égailleurs pour la confection du rôle de la dite capitation et enfin sur tout quoi ils ont unanimement délibéré et nommé le soussigné Me Jean Aubert, notaire de la dite juridiction pour transcrire et rapporter toutes les délibérations au temps à venir.

« Pour délibérations et agir pour le général de ladite paroisse, ont continué les Sieurs Léger père, Michel Droneau, Mathurin Esnée, Pierre Verger, le Sieur Antoine Deigou , Gilles Collin, et avec eux Claude Chastan, Pierre Morier, Allain Morice, René Callac, Joseph-Pierre Dubois et Michel Ferrant ; et pour et pour recevoir et faire la levée et cueillette  de ladite capitation, ils ont recueilli leurs voix et nommé le Sieur Joseph Aché, aussi habitant dudit Lorient, pour esgailleur dudit rôle le Sieur Claude Chastant et Saint-Germain, tailleur des habits.

Le dit Sieur Procureur fiscal a remontré que M. de Richebourg gouverneur du Portlouis voulut bien se donner la peine de se transporter en cette ville pour l’élection d’un syndic et maire audit Lorient ; de sorte que les bourgeois et habitants s’assemblèrent le 19 novembre 1724 et prièrent ledit Sieur Léger, chevalier des ordres royaux et auxiliaires de Notre-Dame de Mont Carmel et de Saint-Lazare, lieutenant garde-côte de la capitainerie de Lorient et y demeurant, de vouloir bien être leur maire et syndic, pour faire avec MM. les juges la police et toutes autres fonctions ordinaires pour les affaires de Sa Majesté , ce qu’il accepta pour faire plaisir aux dits habitants, ce que les délibérantss ici présents déclarent approuver. En conséquence, a été l’élection du Sieur Léger du dit jour dix neuf novembre dernier déposée aux archives de la dite paroisse. Signé de Richebourg, F. de Breun, Plantin et Bellondeau procureur-fiscal, Boistassy, P. Pégé, Roussart, Collin, G.Quinerit, Badezet prêtre en l’absence de M. l’abbé, Jean Genino.

 » Fait délibérer en la sacristie de Lorient, environ des quatre heures de l’après-midi , sous les seings du Sieur recteur. Léger de Kermélo fils, du dit Sieur Procureur fiscal et et des délibérants. SIgné Badezet curé, Léger de Kermélo, Esnée, Bellondeau, P.Fiscal, Roussar, Droneau, Collin, Deigou, Verger, Chastan, J. Souzy, P. Morice, P. Pégé, Aubert greffier. »

1725 . 5 février Inhumation dans le choeur de l’église, du côté de l’évangile, de Dame Marie Pépin, épouse d’écuyer Gilles le Brun de la Franquerie, Directeur général de la Compagnie des Indes.

1725 26 mai Adjudication du bail de quelques cabanes construites en appentis contre l’Eglise de Lorient et lui appartenant. Les cabanes du côté sud obtiennent des prix plus avantageux que celles du côté nord : 45 livres les premières et 30 livres seulement chacune des secondes ; cette adjudication produit un revenu annuel de 360 livres . Il y avait six cabanes au nord et trois au sud.

1725 22 avril Election du Marguillier Pierre Pégé et maintien à l’unanimité dans ses fonctions.

1725 2 avril Thomas Goubert , entrepreneur et architecte entretenu tant au service du roi qu’à celui de M.M. de la Compagnie des Indes au port de Lorient, passe un marché pour la commission de parties du château de Kerdreho en Plouay, appartenant au comte de Bosderu(?)

1725 mois de juin Edit de confirmation des privilèges, concessions et aliénations faites à la Compagnie des Indes. Voici les principales dispositions de cet édit disposé en 19 articles

 » Louis, en … Nous avons au mois d’ août 1717 créé et établi une compagnie de commerce maritime sous le nom de Compagnie d’Occident. Depuis cela, ayant reconnu que diverses autres compagnies de commerce établies sous le règne du feu roi…étaient tombées dans un tel anéantissement que nos sujets étaient obligés de tirer des étrangers des marchandises que ces compagnies avaient dû leur procurer, nous avons jugé qu’il convenait au bien de notre Estat de réunir les différents privilèges de commerce exclusif, cy-devant concédés à ces compagnies particulières  , à celle d’Occident que nous avons nommé Compagnie des Indes, afin que toutes ces parties réunies puissent respectivement se soutenir; et nous avons la satisfaction de voir l’utilité de cette réunion…Nous avons fait examiner en notre conseil les moyens d’affermir et soutenir de plus en plus la Compagnie des Indes en confirmant en la forme la plus authentique les privilèges exclusifs des différents commerces que nous luy avons concédés jusqu’à présent et quisont de nature à ne pouvoir être utiles s’ils étaient libres …Notre intention étant que la Compagnie serve à l’accroissement du commerce de notre royaume , sans affaiblir celui des négociants particuliers…Voulons et nous plaist :

Art. 1er  Que la Compagnie des Indes créée sous le nom de Compagnie d’Occident , par nos lettres patentes du moi d’août 1717 jouisse à perpétuité des privilèges et concessions que nous luy avons accordées..

Art. 2 La Compagnie des Indes jouira du privilège exclusif du commerce dans toutes les mers des Indes , au-delà de la ligne, les isles de Bourbon et de France et de toutes les colonies et comptoirs établis ou à établir dans les différents états d’Asie et de la côte orientale d’Afrique, depuis le Cap de Bonne-Espérance jusqu’à la mer rouge, ainsi qu’en ont joui ou dû jouir la Compagnie des Indes orientales établie par édit du mois d’août 1664 pour 50 années , dont les privilèges ont été augmentés ou confirmés par la déclaration du mois de février 1685, et prorogée pour dix autres années, à commencer du premier avril 1715, par déclaration du 29 septembre 1714….Ensemble les privilèges accordés à la Compagnie particulière de la Chine par arrêt de notre conseil des 28 septembre 1712 et lettres patentes du 19 février 1713…

Art. 3 Ladite Compagnie jouira du commerce exclusif de la traite des nègres , prendre l’or et autres marchandises à la Coste d’Afrique, depuis la rivière de Sierra-Leone, inclusivement jusqu’au Cap de Bonne-Espérance, ainsi qu’en a joui et dû jouir la Compagnie de Guinée qui avait été establie par lettres patentes le mois de janvier 1685…

Art. 4 Ladite Compagnie ayant acquis le quinze décembre 1718 le privilège et les effets de la Compagnie du Sénégal, establi par lettres patentes du mois de mars 1696, elle jouira seule du commerce de la traite des nègres, cuir, morphil, poudre d’or et autres marchandises depuis le Cap blanc jusqu’à la rivière de Sierra-Leone exclusivement…

Art. 19 en dernier  Tous procès qui pourraient naître en France pour raison des affaires de la Compagnie seront terminés et jugés par les juges conseils à Paris…et quant aux matières criminelles dans lesquelles la Compagnie serait partie soit en demandant, soit en défendant, elles seront jugées par les juges ordinaires.. » Dodun était alors Contrôleur général des finances.

1725 Le vaisseau Le Royal-Philippe, désarmé à Lorient, mention du vaisseau le Jupiter

1725 20 mars Acte de décès Ficho, faisant mention des Sieurs Morin, préfet de la Congrégation de Lorient; Mégard , Chastant et Callac officiers de cette congrégation

1725 Michel Ferrand, marchand à Lorient

1725 Ecuyer Balthazar Plantin, commandant des troupes entretenues pour la garde du port.

1726 11 mai Election du Marguillier, ou fabrique trésorier Pierre Blanchet est nommé malgré de vives oppositions. Les opposants refusent de signer la délibération, le prêtre Le Bot, qui représentait le recteur est du nombre. Le recteur, le procureur fiscal de la juridiction de Lorient, et le fabrique-trésorier avaient chacun une clé du trésor de l’église

1724 26 février Arrêt du Conseil du Roi qui ordonne l’exécution des règlements concernant le commerce maritime et la Compagnie des Indes ; avoir défendu à tous les sujets du roi d’envoyer leurs vaisseaux dans les pays de la concession, à peine d confiscation des vaisseaux et marchandises, dont les deux tiers au profit de la compagnie et l’autre tiers au profit des dénonciateurs, et en outre 3000 livres d’amende applicables à l’hôpital de Lorient.

1726 mention des vaisseaux L’Aventurier péri sur les Molènes, à l’entrée de Brest ; L’Apollon, Le Maure, Le Fier – brigantine venant du Sénégal -, La Mutine, La Junon

1726 Le minot de seigle vaut 9 livres 5 sols Le minot est une unité de mesure de capacité.

1727 19 janvier Election dans la sacristie de l’église paroissiale de Lorient, par les délibérants de la paroisse, en présence du recteur et du procureur fiscal, du Sieur Blanchet en qualité de syndic pour deux ans « pour vaquer aux affaires du général de la paroisse sous les ordres de M. de Richebourg, gouverneur des villes et citadelle du Portlouis en Blavet, pour les affaires de Sa Majesté, faire exécuter les polices qui seront ordonnées pour l’utilité du public et des habitants de Lorient; pour représenter pour le général de la paroisse pour leur intérêt, proposer et défendre suivant la manière ordinaire et jouir des exemptions, honneurs et privilèges à la manière accoutumée en la province. » Blanchet fut nommé parce qu’il était fabrique « attendu est-il dit au procès-verbal de cette élection, qu’il est d’usage général en toutes les paroisses que les fabriques font aussi la fonction de syndic et l’un et l’autre pour toutes les affaires du général des paroisses. » Le recteur Cohalan fait suivre sa signature de cette singulière restriction : l’abbé Cohalan recteur ( et au-dessous ) pour cette délibération seulement. Et en effet, on remarque l’abstention de ce recteur dans toutes les délibérations qui suivent et qui ne traitent que des affaires civiles de la paroisse.

1727 12 février Adjudication du Conseil de Carême aux deux bouchers Guillaume Guillas et Jacques Rebours, moyennant 105 livres, et à charge de vendre la viande de boeuf, mouton et veau 4 sols la livre.

1727 14 février Etienne Menar prend le marché de la reconfection de la couverture des halles de la boucherie pour le prix de 31 livres, un traité est passé à cet effet entre lui et les fabriques en charge et les délibérants agissant au nom du général de la paroisse

1727 16 février Assemblée de la paroisse  dans laquelle les délibérants représentent le corps politique de la Paroisse d’une part, et l’abbé Cohalan , recteur, d’une autre, conviennent de nommer des arbitres pour statuer sur les différents qui la divisaient. Diverses délibérations du même jour témoignent de la mésintelligence qui existait entre le recteur et le trésorier Blanchet. Le procureur fiscal Bellondeau paraît soutenir ce dernier. Le même jour, les Sieurs Léger, Deigou, Roussar, Verger, Droneau, Callac, Allain et Pierre Mauclerc, Ferrand, Collin, Chartan et Lasserre Duboys, délibérants en exercice dont les pouvoirs étaient expirés, procèdent à la nomination de leurs successeurs qui sont les Sieurs Jean Genino, Pierre Morin, Mathurin Enée, Joseph Aché, Beaupré fils, Pierre Pégé, Benoist Souzy, François Calmar, Joseph le Glet dit Des Freches, Jean Gournennec, Jacques Quinerit et Jean-Louis Bourges : leurs fonctions doivent durer une année.

1727 28 avril Election d’Enée aux fonctions de fabrique et par conséquent de syndic, en remplacement de Blanchet qui résigna ses fonctions

1727 2 juin « Le deux juin 1727, en la sacristie de l’église paroissiale de Lorient, environ les 3 à 4 heures de l’après-midi, après avoir fait sonner la campane à la manière accoutumée, où étaient M.M. Enée, Blanchet, Léger, Droneau, Genino frères, Dubois de la Serre, Caboureau, Souzy, Pégé, Saint-Martin; Jean-Louis Bourges, Gournennec, Roussar et autres notables, de la dite paroisse, lesquels sont convenus que la grande croix d’argent quand elle sortira sera payée vingt sols, quand elle ne sortira pas, dix sols, le drap mortuaire neuf sortant une livre cinq, restant dans l’église une livre, le devant d’autel neuf une livre la chasuble, la dalmatique, la tunique une livre, l’encens 4 sols, les messes de mort, un sol pièce, dont le tiers sera au sacristain, le vieux drap mortuaire dix sols, la petite croix d’argent à cinq sols, les cierges entamés deux sols pièce, les cierges aux enterrements deux sols six deniers… » Il est à remarquer que le recteur de Lorient n’est ni présent, ni représenté à cette réunion importante , qui l’intéresse cependant directement.

1727 10 août, délibération du conseil de fabrique portant que le terrain restant libre à la suite des cabanes construites en appui le long du mur extérieur du cimetière, « jusqu’au bout de la muraille qui joint la halle du nord, comme aussi le terrain au bout de la halle du midi »  sera vendu à domaine congéable suivant l’usement du pays, par le Sieur Enée, fabrique en charge. L’usement est un ancien terme de droit  appliqué aux usages locaux : dans la Coutume de Bretagne on note l’usement de Rohan, l’usement de Cournouaille, l’usement de Broerec, de Poher, de Trégor

1727 31 juillet Saisie d’une maison « ayant de long 58 pied et donnant du midy sur la rue de Kerveret, du couchant sur une petite rue qui va au manoir du Faouëdic, ayant des ouvertures sur les deux rues, savoir sur la rue de Kerverot une porte et cinq fenêtres…sur l’autre une porte et onze fenêtres aussi de taille…appartenant à Charles de Mauguerec demeurant à Lorient

1727 Maître Gabriel de Couillandre, notaire des juridictions de Pontscorff et de Lorient, demeurant en la ville de Lorient

1728 11 avril Election de Georges Genino aux fonctions de fabrique et et conséquemment de syndic de Lorient, en remplacement de Mathurin Enée, dont la fonction expirait, délibérants entrant en fonction le même jour : illisible

1728 9 décembre Commission de Major au Commandant au bourg de Lorient, accordée par le roi, à Marly, au Sieur Duvernay, capitaine du régiment de Lorraine, infanterie. Cette commission lui est délivrée pour trois ans, sous l’autorité du Commandant de Portlouis. L’autorité du Major s’étendait sur toute la population, civile ou militaire

1728 Mention du vaisseau Le Lys

1728 27 mars Dès 1719, la Compagnie des Indes eut un hôpital hors de son établissement du Parc et de l’Enclos. L’installation de cet hôpital se fit dans une maison appartenant au Directeur de Rigby. Située dans la rue actuelle du port,  à l’emplacement de la maison du Sieur Téson tenant le magasin de nouveautés de la ville de Lorient. Cette maison ayant été saisie par les créanciers et la succession du Directeur de Rigby,  fut adjugée au Sieur Bernard Marchand , commerçant du Portlouis, à l’audience de la juridiction de Lorient du 24 avril 1728. Voici un extrait du procès-verbal de saisie qui donne la description de cet hôpital,  ( Procès-verbal du 27 mars 1728 de Du Péresmo, huissier à Pontscorff ) :

« Une maison ayant son entrée du nord de la grande rue de Lorient, par une porte cochère sans paillasse, avec autre petite portee , dans la cour, le dit corps de logis ouvrant au levant ayant de long cent soixante huit pieds, de flanc quinze pieds, la façade de la dite cour et logis sur la rue ayant 66 pieds également que du midy qui donne sur le rivage de la mer. Dans le mur sur le devant de la cour trois portes et autant de cheminées à carrés de bois et jambage de maçonnerie… » Cette maison fut adjugée de nouveau le 18 septembre 1728 à M. Bossu, Procureur de M. Dondel, moyennat 3000 livres

1728 25 avril Marché passé entre la fabrique de la paroisse Saint-Louis et le général de la paroisse, d’une part, et les Sieurs Sébastien Goullié et François Lequit « pour fournir les pierres de taille pour corniches et vitraux et cordon en ce qu’il faudra de pierres pour un retrait du coin de la tour » Adjudication à Nicolas Vallié, de la maçonnerie au prix de vingt livres la toise, façon et fournitures. Après un commencement d’exécution, ce marché fur résilié le 15 août suivant.

1728 4 juillet Adjudication de la charpente de l’église paroissiale de Saint-Louis, au Sieur Beaupré, pour le prix de 545 livres. Voici le devis de ces travaux : « 9 fermes garnies comme ceux qui ont esté faites cy-devant qui serviront de modelles ; un dome ? de huit à neuf pieds au dessus du faite de la dite église et un autre puit dome suivant la proportion , le tout bien assemblé, , de l’assemblage nécessaire pour un pareil ouvrage qui sera fait à huit pen ? et mis en place sur les premiers et sur le pignon..Les deux fermes qui porteront le clocher seront plus fortes que les autres. »

1728 17 août François le Quitte et Sébastien Goudié prennent la suite des travaux de maçonnerie de l’église. On remarque ce qui suit dans les conditions du marché : « Je m’oblige ( à construire ) deux niches de pierres de taille de la grandeur de celles qui sont faites à côté de la porte, les dites niches seront placées à côté du bas du vitrau situé sur la grande porte… »

Le même jour adjudication de la couverture  du ressaut de l’église et du clocher, au rabais, au Sieur Dudard, couvreur, au prix de onze livres 5 sols la toise. Plus tard, Menard fut chargé du même travail moyennant dix livres la toise. Tous ces travaux endettèrent la ville qui fut obligée de contracter un emprunt de 3000 livres le 28 novembre 1728, et d’autoriser le syndic Genino à contracter un second emprunt à 1500 livres pour les mêmes dépenses.

1728 26 décembre  Pierre Morice en adjudication de la fourniture de 5 chassis des croisées de l’église pour le prix de 285 livres

1729 2 mars Adjudication du couteau de carême. Le prix de la viande est fixé à 4 sols 8 deniers la livre pour les habitants et à 3 sols pour les troupes

1729 10 avril Audience de la juridiction de Lorient, retrait féodal exercé au nom des héritiers sous bénéfice et inventaire du Prince de Guéméné, sur la Compagnie des Indes d’une maison indépendante de la succession d’Ecuyer Edouard de Rigby, en son vivant Directeur de la Compagnie des Indes, décédé . Cette maison, cour, jardin, dépendance avec terrain près le rivage de la mer, au bas de la rue du Faouëdic, ( occupant l’emplacement du tribunal civil actuel )

1729 9 janvier Assemblée des notables délibérants de la paroisse de Lorient,tenue en la sacristie de l’église paroissiale , en présence du major Duvernay, et du commandant du Portlouis, de Risquebourg. Il s’agit de la nomination d’un syndic; Antoine Deigou fut élu à cette charge, pour deux ans.

Georges Genino, syndic actuel, dont la durée des fonctions n’est pas expirée, ne reconnaît pas la validité de cette élection, car il persiste à signer à toutes les délibérations suivantes comme fabrique et syndic , jusqu’au 1er mai suivant. Ce jour-là nouvelle élection dans laquelle Jean Génino, frère de Georges fut élu malgré une très vive opposition. Cette élection fut immédiatement attaquée par Antoine Deigou, l’élu du neuf janvier , qui porta l’affaire au Parlement de Rennes. Deigou est soutenu dans cette résistance par un grand nombre d’habitants qui demandent « une injonction au recteur de Lorient de publier l’arrest à intervenir et de convoquer l’assemblée avec défense de troubler les délibérations. »

Le 2 juin suivant intervint l’arrêt du Parlement qui annula l’élection de Jean Génino, et ordonna la délibération de douze délibérants pour procéder immédiatement à l’élection d’un nouveau fabrique non suspect autre que le dit Genino. On exécute l’arrêt, et dans une nouvelle élection, Chartan est nommé fabrique.

Mais l’abbé Cohalan, l’instigateur de toute cette discorde ne se tint pas pour battu ; aussitôt Chartan nommé, il l’assigne devant le Présidial de Vannes « pour avoir un logement au presbytère ou des arrérages qu’il fixe à 2700 livres. » Cohalan semblait ignorer que la mense de l’Abbaye de Rillé dont le revenu était alors d’environ 4500 livres , n’avait été unie à la cure de la paroisse Saint-Louis de Lorient vers 1713, qu’en remplacement de la rente précédemment accordée par le Roi sur les fonds de la marine pour l’entretien d’un recteur et d’un vicaire.

Le Présidial de Vannes rendit le 20 juin 1731 une sentence favorable à l’abbé Cohalan ; cette sentence fut confirmée en appel par Arrêt du Parlement du 7 septembre suivant. Dans cette situation, le recteur et ses paroissiens vinrent à transiger. En vertu de délibération du sept octobre 1731, le général de la paroisse s’engagea à payer annuellement et à partir du 6 août 1729, une indemnité de logement de 200 livres au recteur Cohalan, et à payer 240 livres pour frais de procès. De son côté, l’abbé Cohalan renonça à tous droits dans les oblations et dons qui seraient faits à l’église paroissiale et aux chapelles. L’acte de cette transaction fut rapporté par les notaires d’Hennebont.

Cependant les difficultés n’avaient pas été tranchées et l’exécution même de cette transaction entraîna de nouveaux procès entre Cohalan et les paroissiens. Le Parlement de Rennes saisi de nouveau des intérêts des deux parties  rendit la 4 septembre 1732  un nouvel arrêt par lequel il ordonnait que les « arrêts relatifs aux délibérations et aux assemblées de paroisse, spécialement celui du 28 mai 1718 seraient exécutés…. avec défense aux curés, prêtres de paroisse d’assister aux délibérations, d’insulter les juges et le Procureur fiscal, ni causer aucun trouble… »

Le Parlement commit un de ses membres, Geffroy de la Villeblanche qui rapprocha les parties dans une assemblée du 12 octobre 1732, et par arrêt définitif du trois décembre suivant, le Parlement de Rennes ordonna l’exécution de la transaction du sept octobre 1731

1729 31 juillet Chartan est nommé fabrique en place de Genino

1729 27 février Quinerit est adjudicataire du vitrage des croisées de l’église pour le prix de 12 sols le pied de roi Le pied de roi est une mesure de longueur :  0, 32483 m, censé être la mesure du pied de Charlemagne. Il se subdivise en 12 pouces de 2,706 cm chacun.

1729 13 mars Julien Pennen est adjudicataire de la façon de la grande porte de l’église au prix de 60 livres. Le même jour marché passé avec Julien Huet, fondeur demeurant à Vannes pour la fourniture de deux cloches, l’une du poids de 400 livres, l’autre de 300 livres, au prix de 9 sols la livre à charge pour la paroisse de lui fournir métal, matériaux et journalier nécessaires

1729 6 mai Dame Marguerite Lemasson, épouse de noble homme Joseph Le Blanc, ancien consul de France à Salonique, et de lui fondée de procuration du 9 septembre 1727, délivrée par le chancelier du consulat de France de la ville d’Ancône, ladite Dame demeurant en son manoir du Faouëdic, paroisse de Ploemeur, signature Marguerite Le Masson Blanc de Faouëdic, Bellondeau notaire

1729 17 juillet Eléction de délibérants: furent élus Enée, Blanchet, Calmar, Pégé, Souzy, Filouze, Verger, Roussar, Colin, Morel père, Ferrand

1729 2 octobre Le fabrique Chastan est autorisé à faire faire un tambour en dedans de l’église, à la grande porte

1729 11 décembre Michel Droneau et Allain Morice sont élus délibérants en remplacement de Gilles Collin et de Joseph Aché, décédés

Vaisseaux de la Compagnie des Indes

1729 2 janvier Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes L’Argonaute, à destination de la Chine, commandé par le chevalier Duguay, enseigne de vaisseau

1729 4 février départ de La Vénus, appartenant à  la Compagnie des Indes, destination du Sénégal : capitaine Gautier de la Renaudaye, de Saint-Malo

1729 4 février départ de Lorient du vaisseau de la Compagnie des Indes L’Hannibal, à destination du Sénégal. Capitaine Charles de Kerguénel, du Portlouis. Lieutenant Ignace Bart, de Dunkerque

1729 15 mars Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes Le Duc de Chartes, capitaine Jacques de Marquayssac

1729 16 mars Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes La Durance, capitaine Louis-Laurent Duplessy-Aubin, du Hâvre

1729 16 avril Départ de navire de la Compagnie des Indes, capitaine Jean Capeau

1729 29 mai Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes Le Cigne, de trente tonneaux à destination du Sénégal, capitaine Charles Pigeon

1729 8 octobre Inhumation d’Ecuyer Balthazar Plantin, chevalier de Saint-Louis, âgé de soixante ans. Il commandait la compagnie d’infanterie  de la Compagnie des Indes. Il fut remplacé par M. Bessan

1729 13 octobre départ du vaisseau de la Compagnie des Indes La Baleine, de 390 tonneaux, armé de 12 canons, capitaine Nicolas Huot de Vauberey, de Paris; Jacques Touffreville, enseigne, et Ecrivain, de Moutinvillers

1729 14 octobre départ du vaisseau de la Compagnie des Indes Le Mars, capitaine Louis Drias, de Portlouis, destination la Chine

1729 25 octobre Départ du Duc d’Orléans, vaisseau de la Compagnie des Indes, commandé par François Pomet de Lorient; Charles Junnot des Fontaines de Lorient, enseigne et écrivain

1729 29 octobre départ du vaisseau de la Compagnie des Indes L’Atalante, capitaine M. de Beauregard

1730 9 janvier Jean Caboureau élu délibérant en place de François Roussar décédé

1730 26 mars Contrat de vente au rapport de Jean Poirier, notaire à Lorient, de la foncialité ? d’une maison bâtie sur un terrain appelé Douar-Kermadehoué, à Lorient, paroisse Saint-Louis

1730 25 juin Les fabriques Chastan et Michel Ferrand sont autorisés à passer les marchés nécessaires pour els travaux « tant en dehors qu’en dedans du clocher pour mettre la 3e cloche, refaire la plateforme et le beffroi pour mettre ladite cloche ».

1730 23 octobre La Compagnie des Indes afferme le château de Tréfaven appartenant au Prince de Guéméné moyennant 430 livres par an. La Compagnie était représentée à l’occasion de ce bail par M. de Fayte, et le Prince de Guéméné par M. de la Pierre de Ménéguen

1730 30 octobre A l’issue de la messe paroissiale, le procureur fiscal fait publier les droits du Prince de Guéméné résultant de l’arrêt rendu au Roi par Anne de Rohan, Prince de Guéméné ( 1683 ), « de percevoir des impôts sur les navires, barques et chaloupes qui débarquent des marchandises aux ports des rivières de Blavet, Hennebont et Pontscorff, et leurs dépendances. »

1730 7 novembre Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant défense aux habitants de Lorient de bâtir et couvrir leurs maisons pour le temps à venir qu’en couvertures d’ardoises, de couvrir aucune maison en paille sous peine de 500 livres d’amende, ni de la réparer

1730 12 novembre Le procureur fiscal agissant au nom du Prince de Guéméné fait publier à l’issue de la grand messe l’obligation pour le shabitants de Lorient de faire cuire leur pain aux fours banaux , et l’interdiction aux boulangers étrangers d’apporter et de vendre du pain à Lorient, à l’exception du samedi, pour le marché, sous peine d’amende

1730 Dufay était médecin au port de Lorient Il a prétendu qu’il avait sorti à un ouvrier du port âgé de 80 ans quatre dents, dont deux canines

1730 8 janvier Jean Caboureau élu délibérant en place de François Roussar décédé

1730 13 avril Chastan réélu fabrique, Michel Ferrand lui est adjoint. Le même jour règlement de compte de Pégé, serrurier qui renouvelle la promesse de donner une horloge à l’église, lorsqu’il aura touché ce qui lui est dû

1730 17 octobre Antoine Deigou, Mathurin Nicol, Julien Beaupré et Pierre Morice sont nommés délibérants « en place de ceux qui manquent. »

1730 François Dupillier,maître d’école.

1731 11 mars Délibération du corps politique de Lorient au sujet de la communauté d’une lettre par laquelle M. de la Tout, intendant de Bretagne informe son délégué à Hennebont, M. Bréart de Boisanger sénéchal, que le Prince de Guéméné a présenté une requête au conseil du roi pour être autorisé à imposer sur les habitants de Lorient une double rente seigneuriale, moyennant laquelle il se chargerait de paver le milieu des rues de Lorient et de l’entretien de ces pavés. L’assemblée décide qu’elle s’oppose à cette demande du Prince de Guéméné , « attendu – 1° qu’une pareille imposition surchargerait infiniment leurs maisons, chaque habitant ayant d’ailleurs pavé au devant de leurs maisons dans les rues principales, la largeur de 8, 10 et 12 pieds, de sorte que l’on peut passer facilement , – 2° que les deniers d’octroi ne seraient pas moins onéreux, attendu qu’ils attireraient  beaucoup de charges dans une paroisse où l’on ne vit que de la journée de chaque père de famille; et si la compagnie ne s’était pas établie en ce port et que l’on eut le malheur de la perdre, il faudrait tout abandonner, et le port du royaume le plus beau deviendrait un désert comme il a été ci-devant, que le roi serait supplié de favoriser le commerce de Lorient qui deviendrait ainsi une ville florissante, surtout si la compagnie y faisait des ventes. »

Le 26 mars suivant, autre délibération sur le même objet. Les délibérants persistèrent dans leur résolution de s’opposer aux desseins du prince de Guéméné, offrant plutôt de se charger eux-mêmes de l’achèvement de leurs pavés et de leur entretien, que de permettre de créer une nouvelle rente seigneuriale au profit du prince de Guéméné, seigneur du fief, qui retirait déjà le principal profit de l’accroissement de Lorient, par l’augmentation  de ses droits de lods en vente, greffes, charges, vacances et autres droits de fiefs.
Et pour enlever tous prétextes au Prince de Guéméné d’insister sur la demande du roi, le général de la paroisse décida le 8 avril 1731 que les pavés seraient confinés vis à vis de terrains non bâtis aux frais des propriétaires de ces terrains.

1731 8 avril Antoine Deigou donne sa démission du syndic, il est remplacé à l’élection par par le Sieur Pierre-Céleste Morice , qui n’accepta pas cette charge. Le premier du même mois, Jean Duparc est nommé fabrique; avec Michel Ferrand, en place de Charran.

1731 30 juin Ordonnance de l’intendant de Bretagne qui oblige le syndic élu à Lorient à accepter cette charge à peine de 100 livres d’amende. Le 15 juillet suivant Calmar de Villemezec fut élu syndic pour 2 ans.

1732 6 décembre Noble homme Nicolas Léger, écuyer, commissaire général garde-coste de la capitainerie de Lorient, y demeurant, baille à Joseph Couponay et Henriette Françoise Lequesne son épouse, demeurant à Lorient, à titre de domaine congéable, un terrain et emplacement à bâtir situé en la rue Légère, faisant face sur la rue du Puits et la nouvelle rue qui est percée pour aller à l’église Saint-Louis de Lorient, le dit terrain ayant 34 pieds de face sur 60 de profondeur…pour sur icelluy bâtir ou construire telles maisons et édifices qu’ils jugeront à propos sans qu’ils puissent occuper ni offusquer la rue aux cabanes bâties et construites par le nommé Le Gall qui sont vis à vis du terrain susmentionné…moyennant 25 livres, 10 sous de rente ; « Les preneurs laisseront la distance nécessaire pour écoulement des eaux par le canal actuellement existant »  Sorin notaire

Le terrain en question forme l’angle des rues actuelles, des Colonies et du Morbihan, et le canal dont il s’agit est celui qui sépare le tribunal civil des propriétés Vallier et autres et qui descend du cul de sac, rue du Morbihan, à la rue de l’hôpital. La maison Léger, qui donnait le nom à la rue Légère était située à l’angle des rues de l’hôpital  et des colonies, actuellement occupée par M. Vallier, rue des colonies, 1874, a été construite sur un terrain dépendant de la maison Léger. La maison qui fait l’angle vis à vis , nouvellement construite, a remplacé un édifice portant le millésime 1702.

1733 23 mai « A paris, 23 may 1733…à Monsieur Duvernay, commandant à Lorient, La Compagnie m’ayant informé, Monsieur, de l’incendie arrivé dans la ville de Lorient dans la nuit du 7 au 8 de ce mois, qui n’ a été causé que par la mauvaise construction de quantité de petites maisons ou chaumières couvertes en paille. Il est de l’intérêt public et d’une extrême conséquence pour la compagnie d’empêcher qu’on qu’on en rétablisse les maisons brûlées qu’avec des murs de moëllons, et des couvertures en ardoises. Vous devrez pour cet effet assembler la communauté et lui dire que vu le grand établissement que fait la compagnie actuellement au port de L’Orient, qui y attirera un nombre infini de négociants qui fera dans la suite leur richesse, l’intention du roi est qu’aux approches de la corderie et du parc, il ne soit construit aucune maison qu’en moëllons, couvertes d’ardoises, et qu’elle ait à prendre une délibération dont vous m’enverrez une expédition en forme. Que pour la plus grande sûreté du parc et enclos de L’Orient, de donne ordre à la compagnie d’acquérir de gré à gré plusieurs maisons et emplacements de jardins joignant la corderie, pour parer aux inconvénients, l’intention de Sa Majesté étant qu’il soit fait un mur de clôture en dedans de la ville, auquel il ne sera adossé aucun bâtiment. La compagnie en écrit à M. d’Espréménil et vous me ferez plaisir de concerter avec lui les différents ménagements à prendre. J’attends votre réponse que vous m’enverrez le plus tôt qu’il vous sera possible. Je suis, Monsieur, votre affectionné serviteur », signé Orry, Contrôleur général des finances.
Cette lettre fut lue par le Commaissaire Duvernay à l’assemblée du général de la paroisse le 31 mai 1733. Dans une délibération du même jour, cette assemblée prit la résolution de se conformer aux intentions du roi. Cette délibération porte les signatures suivants : Verney, Kerlero, Bellondeau, procureur fiscal ; Blanchet ; Deigou; Ferrand; Monistrol; Gougeard; Morin; Droneau; Esnée; Caboureau; Barbarin; Pierre Morice; Le Roux, La Terre du Bois; Chartan; Perault; La Fontaine-Gougerad; Lesné; Beaupré; M. Nicol; P.Pégé comme d’habiture a apposé l’empreinte de sa griffe, sachant signer.

1733 1er septembre. La première pierre des magasins neufs construits par la Compagnie des Indes pour la vente des marchandises à Lorient, fut placée avec une grande solennité le premier septembre 1733, ainsi que l’indiquent certaines dépenses que j’ai relevées sur un compte particulier intitulé » Compte-courant », spécial aux dépenses de ce vaste édifice:

« Pour rubans qu’elle a fourni ( La Compagnie ), pour les cocardes de la Compagnie de Rosné au sujet de la position de la première pierre : 32 Livres ; A quatre trompettes du régiment d’Anjou cavalerie venus de Carhaix pour trois jours y compris leur voyage : 102 L; six violons, deux basses un hautbois : 30 L; Au graveur qui a gravé l’inscription et l’avoir retouchée plusieurs fois : 24 L; A M. Guillois, pour être distribué aux Piqueurs, tailleurs de pierre et maçons, 240 L; Pour du satin cramoisy : 2 L 10 sols ; Le tout pour frais de la cérémonie observée à la position des médailles sous la première pierre des magasins neufs destinés pour les ventes : 404 L 10 s; La position de la rpemière pierre pour recevoir les médailles d’argent et de bronze ont été mises le 1er septembre 1733 ».

Voici d’autres articles de dépenses pour le même objet, extraits du même Compte courant : « Le 13 mai 1733 payé à M. Cosse Directeur des Médailles pour celle qu’il a fournies pour les bâtiments 4704 L 17 s; Le 30 dudit on a payé à M. Gabriel pour gratifications et frais de voyage qu’il a fait à L’Orient des dits magasins 6000 L ;  Le 24 janvier 1736,payé au dit Sieur Gabriel 6000 L; Le 22 octobre 1735 payé au Sieur Quéret pour frais de voyage et gratifications : 600 L ; Le 28 mai 1736 payé aux Sieurs Guillois et consorts, en exécution de la délibération de la Compagnie du 11 du dit mois, pour l’indemnité et autres causes et raisons détaillons dans la délibération qui annule l’adjudication des magasins des ventes 30 000 livres dont le port de Lorient et seulement chargé des bâtiments de 20 000 livres, partant restent les charges de 10 000 livres. »

A partir du mois de juillet 136 la Compagnie des Indes fit exécuter ces immenses travaux, en régie ; à ce moment les dépenses s’élevaient à 429 798 livres 11 sols 8 deniers, outre 19 388 livres de fournitures tirées des magasins de la compagnie, et celle-ci dessus de 17 304 livres 17 sols. M. Quéret était inspecteur des travaux, M. Gabriel architecte; et M. de Saint-Pierre , ingénieur des bâtiments du roi, avait été nommé par la Compagnie des Indes pour la conduite des magasins neufs, aux appointements de 2400 livres à compter du 3 février 1732, suivant lettre confirmative écrite par la Compagnie, à M. d’Espréménil, Directeur à Lorient, le 10 janvier 1733; le 2 mars 1736, les appointements de M. de Saint-Pierre furent réduits à 18000 livres, mais en 1739, ils figurent sur le compte courant au taux de 2800 livres et de 3000 livres en 1740. Au mois de mars 1746, le compte des travaux des magasins neufs s’élève à la somme énorme de 2.444.779 livres; cependant ce chiffre doit comprendre , pour ce que j’ai pu le vérifier exactement, des dépenses étrangères à ces bâtiments, puis que j’y ai relevé des articles de dépenses concernant les tuyaux des fontaines à moins qu’il ne s’agisse des travaux pour amener l’eau des fontaines à ces vastes magasins neufs.

1733 21 octobre. Quittance de 12 500 livres restant de celle de 15 500 , prix de vente constaté par M. Joseph le Blanc, ancien consul de France parmi les pays étrangers, pour lui et au nom de Dame Marguerite Le Maçon son épouse, à écuyer Jacques Duval, seigneur Despréménil, chevalier de Saint-Michel, Directeur général de la Compagnie des Indes au port de Lorient,  de la terre et lieu noble du Faouëdic et des dépendances près Lorient, vente faite le 14 mars 1733 par acte de Lafargue, notaire à Lorient, signature Le Blanc de Faoedic.

1734 5 avril Contrat de vente au rapport de Cadoux notaire à Lorient, d’un terrain et emplacement « fixé au midy du cimetière de l’église paroissiale de Lorient, paroisse Saint-Louis, jusqu’au rivage de la mer et qui est coupé par la moitié de la grande rue… »

1734 19 février Départ de Lorient du vaisseau de la Cie des Indes , Le Jason, commandé par M. de Boysriou

1734 31 juillet « Le 31 juillet 1734 a été inhumé dans l’église de Lorient le corps de noble homme Joseph Le Blanc, âgé de 59 ans, mort d’hier. Ont assisté Messieurs Touglar, de Liron, Busler et autres. En foy de quoi fut signé Cohalan recteur de Lorient. Ce Joseph Le Blanc a donné son nom à la partie orientale de la terre noble du Faouëdic.

1734 21 mars Délibération qui charge la fabrique de faire couvrir d’ardoises les colonnes du clocher de l’église aussi bien que le plafond

1734 16 mai Election d’Etienne Perrault, marchand-négociant à la charge de Fabrique, en remplacement de Jérôme Gougeard, Sieur de la Fontaine, fabrique sortant. Pérault, âgé d’environ 36 ans , époux de femme Peppin, était établi à Lorient depuis 7 ans.

1734 16 mai Délibération autorisant le Sieur Le Moenne, fondeur, à fondre le timbre de l’horloge « sans inscription ni armes que seulement la date de l’année. »

1734 3 février Inhumation dans le cimetière de Lorient d’une fille morte chez les Dames de la Miséricorde. J’ignore quand et comment ces religieuses venaient de se fixer à Lorient. Peut-être était-ce une congrégation laïque organisée auprès des habitants de Lorient, voyez page 210.

1734 2 février Arrêt du Conseil du Roi qui ordonne la démolition des couvertures des maisons établies en chaume depuis et malgré la défense faite le 7 novembre 1730, et leur reconstruction en ardoises, aux frais des propriétaires.

1735 20 avril Contrat de vente au rapport de Gouzronc, notaire à Lorient, d’un terrain faisant face sur la rue du Faouëdic, qui conduit à la petite porte à la rue des Invalides

1735 20 août Le sénéchal de Lorient prononce contre M. Pierre Kerdal , notaire et procureur à Lorient, l’interdiction de ses fonctions, par le motif qu’il tient cabaret. Cette interdiction fut levée le 3 septembre suivant.

1735 12 septembre Contrat de vente ( Bellondeau notaire à Lorient ), par Constantin de Rohan, faisant pour le Prince de Guéméné, au profit des Sieurs François Louis Cosse et Mathieu Fournier, officiers de vaisseau de la Compagnie des Indes, d’un terrain faisant partie du jardin de la maison du Prince de Guéméné, située rue du Faouëdic, par lui retirée féodalement sur la Compagnie des Indes qui l’avaient acquis des créanciers de Rigby, ancien directeur de la compagnie « ladite portion de terrain contenant soixante deux pieds 3 pouces de fossés donnant du couchant sur la rue de l’église paroissiale maintenant nommée la rue de Rohan allant à Kerantreich, et que mon dit Seigneur le Prince veut faire continuer en l’ouvrant au travers de son jardin, abouttant au midi et tout le long sur un terrain du dit jardin afféagé au Sieur Joseph Berger , sur 45 pieds de profondeur du côté du levant, et le dit jardin joignant du nord sur un terrain appartenant aux héritiers Le Cornec dit La Rivière; le dit terrain contenant une profondeur sur la même largeur quarante cinq pieds… »

1735 14 novembre. La plupart des maisons, ou pour parler plus précisément des baraques en bois et terrasses couvertes en paille ou toile goudronnée, élevées çà et là, dans l’intérieur de l’enclos de la Compagnie des Indes, à charge d’une rente annuelle de cinq sols par pied de façade; ces baraques qui ne comportaient guère qu’une ou deux pièces de rez-de-chaussée, sans chambre et même souvent sans grenier, étaient de prix minime valeur. Aussi lorsque la compagnie par fait d’agrandissement de ses magasins eut besoin d’expulser la population de l’enclos et de vider ces logements, n’eut pas de fortes indemnités à lui payer pour cette expropriation sommaire. Ce fut l’ingénieur de Saint-Pierre qui fut chargé d’estimer cette indemnité d’expropriation; sur un compte de ces indemnités payées en 1735 suivant les estimations de cet ingénieur, on remarque que la valeur de quelques baraques ne s’élève qu’à 12 livres, 30 livres, 40 livres, la plus importante n’obtient qu’une évaluation de 90 livres. Voisi textuellement la reproduction d’un de ces procès-verbaux d’estimation :

 » Je soussigné, inspecteur ordinaire des bâtiments du roy, ingénieur et inspecteur général des édifices de la Compagnie des Indes au port de Lorient, certifie que la baraque couverte de paille, numérotée 22, située dans l’enclos de la Compagnie, a été estimée conjointement avec M. Pacot contrôleur à la somme de trente livres, ladite baraque appartenait autrefois à Claude Burgon, à présent à Imbert. A Loriant le 14 septembre 1735, signé De Saint-Pierre. »

En 1738, remboursement  de 7 autres baraques, le plus bas prix est de 150 livres, le prix le plus élevé est de 322 livres. En 1739, neuf autres maisons furent remboursées par la Compagnie , depuis 60 livres jusqu’à 786 livres.

1735 30 décembre. Procès-verbal de Caron, notaire à Lorient, constatant l’état des closures établies par le Sieur Marcé sur un terrain situé au-devant de l’église paroissiale de Saint-Louis, servant de place publique « travaux qui paraissent  déroger à tous les plans que M. ls Ingénieurs du Roi ont tiré d cette ville… »

Les notaires formèrent au nom du Général de la paroisse, opposition à la continuation des travaux de Pierre Marcé qui ne tint aucun compte de cette opposition et fit continuer les travaux de clôture, prétendant que le terrain qui servait de place publique était sa propriété.

1735 15 octobre Acte de Cadoux notaire à Lorient, où il est mention d’une parcelle de terre chaude dite Le Conlio au levant du village de Kerverot

1735 17 juin Vente par le Prince de Guéméné à Joseph Berger d’une portion faisant partie du jardin  de la maison du Prince, située rue du Faouëdic et par lui retirée féodalement sur la Compagnie des Indes qui l’avait acquise des créanciers du Sieur de Rigby, ci-devant directeur de la dite compagnie; la dite portion de terrain ayant 31 pieds de face, donnant du couchant sur la rue de l’église, aboutant du midi tout du long sur un terrain du Sieur Léger sur 4( pieds de profondeur, du côté du Levant et du Nord sur le dit jardin, 35 pieds de large, Bettondeau notaire à Lorient.

1735 Acte de vente par Pierre Boullay, Sieur de la Rochepierre à Michel Droneau d’une maison sise à Lorient, rue Neuve Saint-Louis. Il s’agit, je crois, de la rue de l’Eglise, un imprimeur nommé Pierre Durand, demeurant alors en cette rue. Moné, dit Durand, originaire de Brest, serait venu établir à Lorient une imprimerie qu’il exploitait antérieurement à Hennebont. Je n’ai pu vérifier ce fait que je tiens de l’un de ses descendants

1735 24 avril Christophe Cordé est nommé fabrique, en remplacement de Mathurin Nicolle

1735 3 juillet Adjudication du lambrissage de léglise à Officier Cadic, au prix de 5 livres la toise

1735 12 septembre Caron notaire. Vente d’une cabane couverte de paille, située dans la lande de la Congrégation à Lorient

1735 20 juin Mariage de M. Louis de Saint-Pierre, inspecteur des bâtiments du roi, fils de M. Dominique de Saint-Pierre et de Mlle Charlotte Basseran

1735 8 novembre Mariage de messire Pierre Duvelair, seigneur de Kerveguen, fils de messire Joseph Duvelaër, et de Mlle Marie Elizabeth Duval Despremenil, fille d’écuyer Jacques Duval Despremenil, chevalier de l’ordre de Saint-Michel et commandant au parc de Lorient, et de Dame Catherine de Bouling. Le mariage est célébré en présence de messire Duval du Manerre, frère de l’épouse

1735 André Legrée, crieur et tambour ordinaire de la ville de Lorient

1735 28 juin Permission accordée par le Prince Louis Constantin Le Rohan, ? honoraire du Prince Mériadeck de Rohan Prince de Guéméné, présentement à Lorient suite illisible

1735 Le vaisseau Le Comte de Toulouse, Commandant Dries

1736 3 mai « Le Roy ayant été informé que la ville de L’Orient en Bretagne s’agrandissait par le nombre d’habitants qui y venaient établir leur domicile, Sa Majesté ordonna en 1707 au Sieur Robelin Directeur des fortifications  de lever un plan de cette ville et de faire l’alignement de toutes les rues; cet alignement n’a pas été suivi ni observé régulièrement à cause de l’éloignement de la résidence des juges  qui n’ont pu tenir la main à son exécution.

Les établissements considérables que la Compagnie des Indes a fait depuis quelques années à L’Orient pour l’utilité de son commerce, la connaissance et l’armement de ses vaisseaux, le débit et la vente de ses marchandises ayant ayant attiré plusieurs habitants dont la plupart ont acheté des emplacements sur lesquels ils ont dessein de construire des maisons, ils ont supplié Sa Majesté d’ordonner qu’il soit fait un nouvel alignement des rues, auquel chaque habitant serait tenu de se conformer.Et Sa Majesté voulant que les maisons qui sont actuellement basties et celles que l’on bastira soient construites dans une forme régulière  qui procure l’utilité et la commodité des habitants, elle a donné des ordres pour faire lever un plan des limites et enceintes et dresser l’alignement de toutes les rues et places, l’intention de Sa Majesté étant que ce plan soit exécuté. Ouï le rapport du Sieur Orry, conseiller d’Etat et ordinaire au Conseil Royal, Contrôleur général des finances, Le Roy étant en son Conseil a ordonné et ordonne que tous propriétaires et autres personnes qui voudront faire construire des maisons et autres bâtiments à L’Orient, seront tenus de se conformer à l’alignement des rues qui a été dressé par le Sieur Demaine directeur des fortifications le 22 avril 1735, que Sa Majesté a approuvé et approuve, ce dont copie est annexé à la minute du présent arrest

Fait défenses aux dites propriétaires et à tous architectes maçons, charpentiers et autres, de travailler aux dites maisons sans être préalablement munis d’un alignement de terrain, qui leur sera donné par le Sieur intendant de la province de Bretagne, que Sa Majesté a commis et commet à cet effet, ou pour celuy qu’il aura commis en son lieu et place, à peine de démolition des maisons aux frais et dépens des propriétaires et de cinq cents livres d’amendes contre les entrepreneurs, architectes, et ouvriers. Veut Sa Majesté que les dites maisons ne puissent être couvertes que d’ardoises conformément aux arrêts du conseil du sept novembre 1730 et 2 février 1734, ordonne que celles actuellement construites qui feront un coude ou avancée dans l’alignement des rues ne pourront être restablies qu’elles n’ayent été préalablement alignées, sous les même peines, lesquelles en cas de construction seront ordonnées par le dit Sieur Intendant, auquel Sa Majesté enjoint de tenir la main à l’exécution du présent arrest  qui sera exécuté nonobstant opposition ou autres emêchements , et publié et affiché partout où besoin sera, afin que personne n’en ignore. Fait au Conseil d’Etat du Roy, Sa Majesté y téant , tenu à Versailles le 3e jour de mai 1736. Signé Philippeaux

Plus bas est écrit : « Jean-Baptiste Elie Camus de Pontcarré, chevalier seigneur de Viarmes, Seugy, Belloy et autres lieux, conseiller du Roy en des Conseils, maistre des requestes ordinaire de son hostel, commissaire départy par Sa Majesté pour l’exécution de ses ordres en Bretagne, de l’arrest du conseil ci-dessus,

Nous ordonnons que le présent arrest sera exécuté selon sa forme et teneur; et à cet effet, avons commis le Sieur Bréart de Boisanger, sénéchal et nostre subdélégué à Hennebont, auquel nous enjoignons de tenir la main aux dispositions qu’il contient. Fait 0 Rennes le 20 may 1736 signe Pontcarré de Viormes »

1736 15 mai Commission de courtier et conducteur des maîtres de navires et autres bâtiments de mer qui arrivent au port de Lorient et de Portlouis, délivré à Paris par Alexandre Remazeilles, commerçants à Lorient.

Antoine Remazeilles était né à la Bastide le 28 septembre 1694. Lé 28 octobre 1758 il fut nommé par le roi conseiller assesseur alternatif mitriennal de la ville et communauté de Lorient sur la présentation des syndics et directeurs de la Compagnie des Indes qui se réservaient des gages attribués à cet office, conformément à l’arrêt du conseil du roi du 9 août 1735, comme propriétaires des offices municipaux de Lorient. Remazeilles remplaça Jean Defond qui avait été pourvu de cette charge municipale par lettres royales eu 3 mars 1734. Suivant autres lettres  du même jour, Defond, sur al proposition de la Compagnie des Indes, fut nommé échevin alternatif mitriennal de la communauté de Lorient.

1736 1er juillet Election d’Etienne Perrault aux fonctions de syndic de Lorient, en remplacement de Pierre Blanchet, en présence de M. de Rigby, gouverneur de Portlouis et de M. du Vernay, commandant de Lorient. L’assemblée charge Perrault de revoir les comptes des anciens syndics, pour els sommes perçues pour le casernement et les amendes; et il lui est fait défense d’employer aucune somme sans en donner avis aux anciens syndics et au général de la paroisse, et de faire aucunes adjudications sans leur consentement. Perrault fut le dernier syndic et le premier maire de Lorient, puisque la même année , lors de l’établissement d’un corps de communauté de ville, il fut nommé à la tête de cette administration nouvelle.

1736 12 septembre Commissions de maire de Lorient délivrées à Pérault, et de procureur du roi de la communauté de Lorient délivrée au Sieur Montigny par le  Roi sur la présentation de la Compagnie des Indes.Ces deux premiers officiers municipaux ne furent installés dans leurs fonctions que le 3 janvier 1737.

1736 13 novembre Commission de secrétaire greffier de la communauté de Lorient, délivrée par le Roi, sur la présentation de la Compagnie des Indes, au Sieur Droneau

1736 29 octobre Contrat de vente au rapport de M. Cadoux, maire à Lorient, par messire Jacques de Bahuno, chevalier seigneur de Kerollain, au Sieur Grenier et à Marie Renault, fille majeure, du fonds d’une parcelle de terre pour pâture située en la ville de Lorient, aux issues du village de Kerverot, dépendant d’une terre lui appartenant nommée er Leurian, pour la somme de 2000 livres de principal et 50 livres de rente censive et foncière

1736 8 avril Election de 12 nouveaux délibérants : furent élus les 11 anciens fabriques : Deigou, Esné, Calmar, Droneau père, Blanchet, Chastan, Ferrand, Duparc, Lafontaine Gougeard l’aîné, Nicolle, Perrault. Le 22 avril le Sieur Defont fut nommé fabrique, voir l’article du 1er juillet 1736.

1736 12 juin Adjudication des travaux d’agrandissement du jubé ou tribune de l’église paroissiale au Sieur Pierre Morice, le 13 juillet suivant, adjudication de la façon d’une corniche , sur modèle fourni par M. de Saint-Pierre au prix de 9 livres 19 sols la toise courante.

1736 12 août Marché pour le chiquetage intérieur et extérieur de l’église paroissiale, à faire au bouclier , sur le devis de M. de Saint-Pierre, au Sieur Fromentique, dit Lespérance, pour 7 sols la toise. Il y avait dans l’église des bancs sur lesquels les noms de leurs propriétaires étaient inscrits

1736 Etienne Morel , Noël Urbain, Jean de Blévec, adjudicataires des forges de radoub de la Compagnie; Joseph Nicol, adjudicataire de la clouterie

1736 Le vaisseau Le Phénix,commandant ( non écrit )  et le vaisseau la Valeur, commandant Bienvenu

1737 3 janvier Procès-verbal d’installation des officiers municipaux de Lorient « Le 3e janvier 1737, assemblée générale des habitants de Lorient où présidait M. Charles Bréart de Boisanger, sénéchal et subdélégué de M. l’intendant , présents M.M Perrault, de Montigny, Esnée, Floris, Delafond, Blanchet,Ferrand, Calmar, Monistrol, Droneau père et fils, Collin, De Beaulieu, Brosiière, Maisonneuve, Fermier, Barbarin, Villecadiou, Gougeard, Le Roux, Bigeaux, Cordé, Defonds, Lafontaine l’aisné, Isecq, Duparc, et absents M.M. Dangla, Chastan et plusieurs autres

En la dite assemblée, le Sieur Perrault syndic a remontré qu’il avait été pourvu par Sa Majesté de la commission de Conseiller Maire de la ville et communauté de Lorient, le Sieur de Montigny de celle de Conseiller Procureur du Roy, et le Sieur Droneau de celle de Conseiller Secrétaire et Greffier de la dite communauté; que les dites commissions ont été visées par Monseigneur l’Intendant et renvoyées à M. Bréart de Boisanger, Sénéchal et Subdélégué d’Hennebont auquel ayant présenté leur requête il a reçu leurs serments et donnés à faire les fonctions des dites charges avec assignation à ce jour pour leur installation, requérant la lecture et l’enregistrement des dites commissions et réceptions après laquelle lecture  les dits Sieurs Perrault, de Montigny et Droneau ont pris séance et place, et la communauté délibérant a esté d’avis que les dites commissions fussent enregistrées, ce qui a esté fait à l’endroit. Fait et arresté le dit jour, 3 janvier 1737 signé Charles Bréart ». Le greffier de la communauté se nommait Vincent Louis Penicaud.

1737 16 janvier Lettres des Maire, Lieutenant de maire, etc. à M. de Fulvy, à Paris. « Monseigneur, puisque vous voulez bien nous permettre de faire part de nos réflexions, sur l’état actuel de cette ville, nous avons l’honneur d’observer à votre Grandeur qu’il n’est pas possible de la séparer par différents quartiers , puisqu’elle n’est composée que de sept rues. L’état que nous vous avons adressé contient tout ce qu’il y a de plus notable dans ce lieu si on en excepte M. les officiers et  employés de la compagnie et les employés des fermes. Le surplus sont des notaires et procureurs de M. le Prince de Guéméné; des artisans et gens de journée comme cabaretiers, boulangers, bouchers, barbiers, tailleurs, menuisiers, maçons, couvreurs, vitriers, selliers et autres de cette espèce la seule raison qui ne doit dicter les délibérations et que, si on les y admettait, ce serait donner lieu à quantité de discussions, qui ne sont que trop ordinaires aux personnes de cet état. Nous avons un exemple de cette exclusion à Saint-Malo. Cette ville a obtenu que les avocats n’auraient point entrée aux assemblées, a fortiori des notaires et procureurs…Nous croyons qu’il serait à propos que Votre Grandeur   fit rendre au Conseil un arrêt par lequel S.M. informée de l’état actuel de cette ville et en attendant qu’elle ait pourvu aux charges d’assesseurs et d’échevins, nommât douze habitants de ceux compris dans la liste que nous joignons ici, pour, pendant deux ans composer le corps de ville de Lorient…Nous voyons avec plaisir que l’Intention de V.G. est que nous communiquions à M. Despréménil comme à notre Gouverneur, toutes les affaires de cette ville, nous l’avions prévenu et nous espérons qu’il voudra bien nous continuer des bontés et nous aider de ses conseils.

1737 17 février Contrat de vente au rapport de Caron, maire à Lorient, d’un terrain sans édifice situé derrière la Grande-Maison, à  et prendre du terrain acquis par les Sieurs François Borne dit Bonnet et Jean Deschiens, les Sieurs Féchant, jusques à la rue Condé qui doit passer à travers le jardin du Sieur Deigou ..par le dit Sieur Féchant aux dits Sieurs Borne et Deschiens..

Je présume que la Grand’maison ( illisible )

1737 10 juin M. de Montigny, Procureur du roi de la communauté de Lorient, expose à l’assemblée « Que la ville augmentant tous les jours en habitants il devient nécessaire de leur assurer une fonction qui puisse en tout temps fournir à leurs besoins ; qu’il n’y en a point de plus à portée que celle appelée la Belle-Fontaine dans la paroisse de Ploemeur, de laquelle cette ville est en possession puisque ce sont les syndics qui l’ont fait faire aux frais de la ville ; mais comme cette fontaine n’est point assez profonde, que même elle est tout à découvert de façon que tout le monde y va indifféremment, soit pour y puiser de l’eau ou pour s’y baigner, il croit qu’il serait à propos de faire creuser ladite Belle-Fontaine, y rassembler les sources qui sont à la proximité et y faire un regard et des robinets pour le service public… Que plus haut il y a une autre fontaine appelée la fontaine des allemands qu’il serait nécessaire de rétablir ( cette fontaine des allemands se trouve située dans l’enclos actuel des capucins)… qu’il y a aussi une fontaine au Faouëdic qu’on peut rendre facilement très utile… » Sur quoi délibérant, la communauté prie M. de Saint-Pierre, Ingénieur du Roi à Lorient de se charger de faire exécuter les travaux d’appropriation aux fontaines des allemands et de la Belle–Fontaine, et pour subvenir à ces dépenses, décide qu’il y sera pourvu au moyen d’une quête chez les habitants de la ville. »

1737 14 octobre Ferme du droit de poids et pesage des marchands de toute espèce dans les marchés, halles et étalages de la ville de Lorient, suivant et ainsi qu’il se pratique  et qu’en ont joui ou du jouir Jean-Charles et sa femme, actuellement fermiers pour César-Vincent Hardy, faisant pour le Prince de Guéméné ( il était fermier général des impôts et revenus de la principauté ), à Yves Millet et Isabelle Haude sa femme à Pontscorff, pour 200 livres par an, à charge de se munir de balances et poids convenables à raison de 16 onces la livre, ainsi qu’il est d’usage, ( Bessonnet et Aumon notaires à Pontscorff ).

1737 1er juillet Lettre des officiers de la communauté de Lorient à M. Despréménil , directeur de la compagnie des Indes à Lorient, se trouvant à Paris : « Monsieur, Nous ne pouvons vous dissimuler le bon accueil que nous a fait M. Le Prince Constantin de Rohan. Il arriva le jour Saint-Pierre chez M. Duvelaër pour y dîner. Nous fûmes informés qu’il devait repartir le soir. Nous nous sommes obligés de lui aller rendre nos devoirs, ce que nous fîmes réellement, accompagnés des Sieurs Cordé, Barbarin, Gougeard frères et Isecy. Nous eûmes l’honneur de l’assurer de nos respects. A quoi il nous répondit dans des termes que nous ne vous répéterons pas. Monsieur Duvelaër qui en est instruit  vous en aura sans doute rendu compte. Enfin, Monsieur, après une conversation d’une heure sur le même ton, et sans nous donner le temps de répliquer, il finit en nous disant qu’il en estait de nos commission ( d’officiers de la communauté ) comme de la queue de son chien : nous remarquâmes que dans ce moment elle branlait beaucoup…. »

1737 30 avril Contrat de vente au rapport de Moyseau notaire « d’un terrain en fonds et édifices jusqu’au hameau du Faouëdic, anciennement appelé Lez-ouaremou…, par Sieur Prigent et femme, au Sieur Richard Ristuel et Marie Prigent sa femme.. »

Je crois que ce hameau du Faouëdic, détruit par les fortifications, porte le nom de village de Tylier, ou du faubourg de Keroman sur d’anciennes cartes.

1737 Dans un contrat de Bellondeau notaire à Lorient, du 26 mai 1737, il est mention d’une rue du chapelier.

1737 26 août. Joseph Gautier, officier marinier demeurant dans le Prés-Paris, au haut de la rue du Faouëdic, achète un terrain place Dauphine

1737 27 mai M. Pontcarré de Viarmes, intendant de Bretagne est présent à Lorient

1737 28 avril M. Fermier de la Provostais élu fabrique en remplacement du Sieur Cordé

1737 21 juillet M. de Saint-Pierre est prié par l’assemblée de la paroisse de dresser un devis pour la construction d’un retable à l’église Saint-Louis

1737 5 mai Dans la nuit du samedi au dimanche cinq mai 1737, il fut commis un vol de café moka, d’une valeur importante, dans les magasins de la compagnie à Lorient. A cette occasion plusieurs individus furent arrêtés et écroués dans les prisons de la prévôté. L’affaire se compliquant par la qualité des prévenus dont un certain nombre n’appartenaient pas à la marine, l’instruction fut confiée au Sénéchal d’Hennebont appartenant à une juridiction supérieure, qui ne pouvait connaître du crime que sur appel. Pour procéder régulièrement il eut fallu en saisir la juridiction seigneuriale de Lorient. Sur le rapport du Contrôleur général des finances Orry, il intervint un arrêt du conseil d’Etat du Roi qui évoqua derrière le conseil royal la connaissance de ce vol de café, mesure qui coupait court aux conflits de juridiction sans cesse renaissant entre la barre royale d’ Hennebont et le juridictionnel de Lorient, pour les crimes commis dans l’arsenal de Lorient. Ledit arrêt du 18 juin 1737 renvoya , intendant de la province de Bretagne l’affaire devant Pontcarré de Viarmes avec autorisation à celui-ci de juger avec tel Présidial qu’il lui conviendrait. L’intendant nomma un tribunal composé des juges royaux d’Hennebont, par arrêt du 3 juillet suivant : M.M. Bréart de Boisanger, Sénéchal, Laigneau de Villeneuve, Procureur du Roi, et de Villiers, greffier. Je ne sais quelle suite eut cette affaire dans laquelle des agents de la compagnie des indes furent compromis.

1737 « rue qu’on va construire et faire derrière la corderie ».

1737 Le vaisseau La Reine, capitaine Berger

1738 10 février La communauté de Lorient à M. de Fulvy à Paris « Lorient 10 février 1738, Monseigneur, Votre Grandeur nous a paru s’intéresser pour ce lieu, nous croirons manquer à notre devoir et à ce que nous devons au public, si nous ne vous informions des maladies qui y règnent. Elles sont au point que nous en appréhendons les suites et qu’elles ne se tournent en maladies épidémiques. Nous en pouvons en attribuer la cause qu’au défaut de pavé qui rend ce lieu impraticable…Nous supplions Votre Grandeur  de nous accorder un arrêt à l’instar de celui du 22 avril 1721 rendu pour la ville de Nantes, qui en nommant un ingénieur pour en faire le toisé général de ce lieu et en régler le niveau, enjoigne aux habitants de paver en droit soy conformément au toisé qui en sera fait…. »

1738 29 juin Arrêt du Conseil d’Etat du Roi qui autorise une levée de droits d’octrois sur les boissons de la ville de Lorient « pour subvenir aux dépenses nécessaires, tant pour l’entretien du corps de ville que pour les réparations et établissements à faire tels qu’au quai sur le bord de la mer pour le débarquement de toutes les denrées et marchandises, les pavés qui sont à faire dans les places publiques et dans les rues qui se trouvent excéder à la charge des propriétaires.. »

Les habitants furent autorisés à à partir du 1er août 1738, dix sols par barrique de vin de toute provenance, cinq sous par barrique de cidre et bière entrant soit par terre soit par mer, que ces boissons y fussent consommées ou non « lesquels droits sont réputés deniers patrimoniaux », Et de plus, mais pendant quelques années seulement, les droits d’octroi de 5 livres par barrique de vin hors du pays nantais, et 4 livres par barrique de vin nantais, et 2 livres par barrique de cidre qui se débiteront ou vendront par les cabaretiers. Les boissons dans le port de Lorient pour la consommation du port et des armements sont exempts de ces droits.

1738 3 juillet Arrêt du Conseil d’Etat du Roi qui ordonne le pavage des rues et places de la ville de Lorient suivant les plans utilisés par M. de Saint-Pierre ingénieur des bâtiments du Roi, la mise en adjudication de ces travaux et leur paiement par les propriétaires riverains à raison de 9 pieds de largeur sur toute la longueur de leurs propriétés et le surplus sur le produit des deniers communaux et d’octroi.

1738 13 juillet Présence à Lorient de M. de Fulvy, frère du contrôleur général des finances Orry. Ce personnage revient à Lorient dans le courant de l’ année 1740.

1738 9 août M. Bréart de Boisanger, sénéchal d’Hennebont , délégué de l’intendant de Bretagne détermine les limites de la banlieue de Lorient ainsi qu’il suit  : « Les limites commenceront au bord de la mer au midy de la butte communément appelée la butte du blanc, et continueront par le village de Kernel, ensuite par la lande et sur le terrain du nommé Kerourin ; de là au village de Kergoniel où des fontaines appartenant au nommé Le Besque; ensuite remontant au nord au dessus d’une ancienne perrière et du jardin du Sieur Arnault, joindront le chemin du village de Kerlin lequel sera aussi compris dans la banlieue ainsi que celui de la Villeneuve  en suivant un bout des tranchées des fontaines de la Compagnie et delà aux villages de Caolin et de Bodremene, en finissant enfin au passage de Saint-Christophe ou de Kerantré, et la totalité dudit village de Kerantrec sera aussi comprise dans ladite banlieue; et pour éviter toutes dépenses, sont renfermés dans ledit circuit les villages de Kerverot, du Moustoir et du Faouëdic, et toutes les maisons qui y sont actuellement basties ou pourront estre basties à l’avenir… » Le procès-verbal porte les signatures de Bréart de Boisanger, Perault, de Montigny et Droneau fils

La butte le blanc dont il est question au procès-verbal  :Illisible…

1738 10 novembre  M. Bréart de Boisanger, sénéchal d’Hennebont, délégué de l’intendance de Bretagne procède , en la demeure de M. Perrault, à l’adjudication des travaux de construction d’un quai et de deux cales pour le port de commerce de Lorient et à ceux en pavés de la ville, suivant les devis dressés par M. de Saint-Pierre, approuvés par l’arrêt du Conseil du roi du 3 juillet précédent.

Gervais Guillois, entrepreneur de la Compagnie des Indes, demeure adjudicataire au prix de 400 livres pour la toise courante de six pieds ; 8 000 livres pour la cale située au bas de la place Prémesnil, et 5 600 livres pour la cale au bas de la rue Orry, et de 10 livres 15 sols pour la toise superficielle du pavé de la ville.

1738 Ecuyer Thomas de La Salle, enseigne de vaisseau de la Compagnie des indes, époux de Dame Marie-Adrienne Le Marée. Une rue de Lorient portait ce nom de La salle, où ce capitaine de vaisseau demeurait. Dans le même temps il y avait à Lorient un chirurgien nommé Alexis La Salle, dit Chaigneau

1738 14 novembre Nomination du Sieur Mathieu Joseph Gilard, écuyer, Sieur de Keranflec, en qualité de receveur des octrois et droits d’entrée de Lorient.

1738 30 novembre Décès de Dame Marie Duval de Premenel épouse d’écuyer Pierre Du Velaër, Seigneur de Kerveguen, Directeur de la Compagnie des Indes, à Lorient.

1738 7 février Délibération de laquelle résulte que les Sieurs Droneau père et fils reconnaissent avoir reçu de M. Defond, marguillier en charge 3 000 livres en constitut, provenant des deniers de la Farbrique

1738 27 avril Le Sieur Defond, marguillier est autorisé à reconstruire la sacristie sur des proportions convenables et à réparer le clocher

1738 Rue de Kerverot,autrement des Invalides

1738 Pierre Elie Léger de Kermélo, lieutenant colonel garde-coste de la capitainerie de Lorient, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Lazare

1739

30 avril Prestation de serment de tous les membres de la communauté de Lorient à l’audience publique de la Sénéchaussée d’Hennebont.

1739 12 Mai M. Bréart de Boisanger, sénéchal d’Hennebont, délégué de l’intendant de la province de Bretagne installe la Communauté de Lorient dans ses fonctions. Cette Communauté, complètement organisée se composait de : MM. Etienne Perault, maire ; André Monistrol, lieutenant de maire; Laurent-André de Montigny, Procureur du roi et syndic; Mathurin Esnée et Michel Droneau, échevins ; Hiérosme Gougeard et Jean Defonds, assesseurs ; Nicolas Droneau, secrétaire-greffier ; Chritophe Cordé, contrôleur du greffe ; Jean Aubert, avocat du roi ; Pierre Barbarin et Michel Ferrand, échevins électifs; François Richard de Ville Cadio, Pierre Brossière, Jean Le Febvre, Georges Quimpet, Charles Esnée neveu, François Collin, délibérants pour l’année 1739. La communauté de Lorient , au complet, était donc composée de dix-huit membres.

1739 13 mai Délibération de la Communauté de ville qui enjoint à tous les propriétaires de faire paver devant leurs maisons , sur une largeur de neuf pieds, conformément au plan de la ville approuvé par Arrêt du Conseil du Roi du 3 mai 1736

1739 8 juillet Lettre où il était écrit que les officiers de la communauté ne recevaient aucun gage

1739 16 juin Le Duc de Penthièvre écrit au Maire de Lorient pour lui annoncer la signature de la paix. Le 21 du même mois, à l’issue d’un Te Deum, le curé Cohalan, assisté de M.M. Duvelaër, Directeur et Commandant dans le port pour la Compagnie des Indes, et Perrault, maire, vont en procession allumer un feu de joie placé au haut de la rue de Rohan, vis-à-vis de l’hôpital de la Miséricorde. Toute la ville fut illuminée, chaque habitant était tenu de le faire, à peine de dix livres d’amende.

1739 23 juin La Communauté de ville nomme divers agents pour le service et la police de la Communauté et de la ville : 1 héraut, 2 archers, 2 valets de ville, 1 tambour

1739 4 juillet Sur les observations de l’entrepreneur Guillois et de l’ingénieur de Saint-Pierre, la Communauté de ville approuve la construction des quais sur pilotis, attendu la grande profondeur des vases. Elle décide en outre la construction d’une petite cale aux environs du moulin du Faouëdic, où les chaloupes et canots pourraient aborder à toute marée, la grande cale de Prémésnil demuerant éloignée d’environ 40 pieds du ruisseau à marée basse. Mais, effrayée des dépenses dans lesquelles elle se voyait entraînée par la construction d cette nouvelle cale, elle renonça à cette construction et résolut, par délibération du 10 novembre 1739, de prolonger jusqu’au bord du ruisseau, les deux cales, Orry et de Prémesnil.

1739 8 juillet Contrat de vente en rapport de La Fargue, notaire à Hennebont, d’un terrain de 25 pieds de face, sur cent pieds de profondeur sur la rue de Viarmes, à l’aboutissement de la rue de Bourgogne. Le nom de Viarmes venait de l’Intendant de Bretagne, Pontcarré de Viarmes (1733-1754). La Bretagne a eu un second intendant du même nom, de 1774 à 1778.

1739 9 septembre Lestres de la Communauté à M. de Fulvy pour obtenir d’éviter à la ville de Lorient la garnison de 9 compagnies du régiment de Chartres qui lui est destinée…Nous n’avons point de caserne et il n’y a point de maison propre à cet usage. Il y a peut-être dans toute la ville cinquante maisons qui pourraient loger ces troupes, mais elles appartiennent à des officiers de la Compagnie, ou sont occupées par des bourgeois qui par leurs charges dans la Communauté sont exempts de logements de gens de guerre. Les autres maisons ne sont point logeables : ce sont des maîtres, contre-maîtres, , matelots, artisans et autres gens de cette espèce qui se sont bâtis des maisons pour se loger.. ». Dans toutes les circonstances, la Communauté avait recours à M.de Fulvy, qui toujors se montrait le protecteur de Lorient et le soutien de ses intérêts : « Cette ville est votre ouvrage, lit-on dans une nouvelle lettre de la Communauté du 29 janvier 1742, c’est votre Grandeur qui l’a fromée, votre Gloire est de la soutenir… ». Hélas ! Cinqaunte ans plus tard, les Lorientais, oubliant le souvenir de ce bienfaiteur enlevèrent son nom à l’une des rues de leur ville pour y substituer ce lui de Finistère. Et depuis, on n’a pas jugé à propos de réhabiliter le nom de Fulvy à Lorient.

Le régiment de Chartres, infanterie, ne vint pas tenir garnison à Lorient; grâce à M. de Fulvy, ces troupes furent retenues à Portlouis jusqu’au 9 septembre 1740 où elles vinrent à Lorient

1739 14 novembre Mariage à Lorient de Julien-Jean Offray, , fils de Julien, Sieur de la Mettrie (1), et de Marie Gaudron, né à Saint-Malole 19 septembre 1709, et de Marie Louise Droneau. Il s’agit du médecin lecteur du roi de Prusse , mort à Berlin en 1751 ( in Biographie Bretonne ).  (1) était frère de Madame Esnoul Deschatelets, et par conséquent l’oncle de M. Deschatelets, maire de Lorient en 1789.

1739 17 novembre La Communauté de ville approuve divers mémoires présentés par M. de Montigny, Procureur du Roi, adressés à M. Orry, Contrôleur Général des Finances et à M. de Fulvy son frère, concernant une demande de concession de terrains conquis sur le rivage de la mer pour la construction du mur du quai ; la police de la ville; l’alignement de la rue Orry; les fontaines publiques  à établir en ville. ( voir cette délibération au verso). Le même jour, la Communauté, reconnaissante envers l’ingénieur de Saint-Pierre, lui alloue une gratification de 800 livres et fixe à 600 livres par an ses appointements, à compter du 1er juillet 1738.

1739 17 novembre Lettre e la Communauté au Contrôleur général des finances Orry, relative à une demande d’autorisation exproprier un Sieur Nicolas Job pour l’établissement de la rue Orry : « Les maire, trésorier et procureur du Roy de la ville et communauté de Lorient ont l’honneur de représenter à Votre Grandeur que le long de la corderie de la Compagnie  doit régner la ru Orry suivant le plan de cette ville arrêté au Conseil. Cette rue doit être pour la proximité de l’enclos de la Compagnie une des plus considérables puisqu’elle sépare l’enclos de la cille, et coupe toute la longueur et fait la communication de la grand-porte avec la petite-porte de l’enclos de la Compagnie. Aussy avons nous eu la satisfaction de voir cette rue se bastir en moins de trois mois dans la partie du midy, c’est-à-dire depuis la grande-porte jusqu’au canal qui va au Portlouis, et on peut dire que c’est aujourd’hui le plus beau quartier de la ville, qui est entièrement occupé par les négociants de la vente. Cette même rue Orry, dans la partie depuis la petite-porte jusqu’à la grande-porte est aussy bien avancée, mais il y a à craindre qu’elle ne le soit sans sa perfection de longtemps. Le Sieur Nicolas Job y a basti en 1733 une maison qui intercepte la communication de cette rue et se trouve au milieu et à 4 pieds de distance de la corderie de la Compagnie. »

1739 17 novembre « du dix-septième novembre, 1739, en l’assemblée de ville tenue en la maison de M. Perrault, Maire et Président de notre Assemblée, présents M.M. Monistrol, Lieutenant de maire, de Montigny Procureur du Roy, Droneau père et fils, Esnée, Lafontaine l’aisné, Cordé, Barbarin, Brossière, Ferrand, Le Febvre, Auberts, de la Villecadio, Quimper, Esnée neveu et Collin; absent M. Desfonds.

Le Sieur Procureur du Roy a mis sur le bureau plusieurs mémoires adressés à Monseigneur le Contrôleur général et à Monseigneur de Fulvy, le premier par lequel la Communauté supplie Sa Majesté de luy concéder le terrain que les quays procurent sur le rivage de la mer, le second au sujet de la police; le troisième concernant la démolition des bastiments qui empêchaient la perfection de la rue Orry; et enfin le quatrième concernant les fontaines à faire en cette ville : sur lesquels il requiert que la Communauté ait à délibérer.

Lecture faite des mémoires, les dits Sieurs après les avoir à nouveau examinés les ont approuvés; et vu l’avantage qui doit résulter pour la ville également que pour le public; ils ont chargé Messieurs les Maire et Procureur du Roy d’en suivre l’affect et ordonné qu’ils seront enregistrés sur le registre des Lettres pour y avoir recours, et ont signé. »

1739 6 décembre La Communauté approuve , sous réserve de la sanction de l’Intendant de Bretagne, un marché passé avec Aubert, fabrique et charge et le Sieur Le Marré, de Saint-Malo de l’Isle, pour fournir et fabriquer tous les ouvrages d’un retable et autel à la Romaine et autres ouvrages, énumérés ci-dessous dans l’église Saint-Louis :

« Labris, les deux portes et attiques de la sacristie, stalles, bancs d’accoudoirs, la chaire de M. l’abbé, marchepied de travers avec une contremarche autour du dit marchepied et un autel ou tombeau à la Romaine avec les gradins et tabernacles, un pupitre avec son aigle les psallettes des chantres avec une estrade et les quatre psallettes des enfants de choeur, tous des ouvrages en bon bois de chêne de Hollande.. »

Ce marché fut rejeté comme irrégulier par M. de la Bédoyère, Procureur Général au Portlouis de Bretagne, suivant lettre du 14 avril 1740 parce qu’il avait été traité de gré à gré au lieu d’être mis en adjudication publique.

1739 9 mai Bail judiciel où il est fait mention d’une rue qui détourne à l’hôpital. Il s’agit de l’hôpital de la Compagnie des Indes, situé dans la rue de Bretagne, actuellement rue du Port. La rue qui détournait fut nommée rue des Prophètes : j’ignore l’origine de ce nom. Il serait possible cependant que le nom de rue des Prophètes ait été donné par le peuple à cette rue, à cause de l’enseigne des Trois Rois, ou mages qui pendait située au coin de la rue de Bretagne et de cette rue, qui portait aussi le nom de Petite Rue. Vers 1740 cette maison, aussi nommée maison de Saint-Charles fut saisie sur les époux  Le Heusse ; elle fut adjugée judiciellement le 25 octobre 1743 au Sieur Toudy, marchand. Je crois que c’est la maison occupée actuellement par le pharmacien Joubaud, à l’angle de la rue du Parc et de la rue Française. L’hôpital de la Compagnie des Indes est remplacé actuellement par la maison de la Ville de Lorient, ru du Port.

1739 26 avril Décès à Lorient d’écuyer Georges Godeheu, chevalier de Saint-Michel, directeur général de la Compagnie des Indes. Assiste à l’enterrement écuyer Pierre Duvelaër, Seigneur de Kerveguen, Directeur et Commandant à Lorient.

1739 1er octobre François Le Porh, charpentier demeurant en la Ville de Lorient, rue de la Petite porte, embarqué sur le vaisseau de la Compagnie des Indes La Henriette, commandée par M. Malgraive, prêt à partir pour le Sénégal.

1739 Le Saint-Gérand, commandant Aubin Duplessis revient des Indes

1740

4 janvier Arrêté du Sénéchal de Lorient concernant la police des cafés, cabarets, lieux publics, et la taxe de la viande. Le prix de la viande est fixé à 4 sous 6 deniers la livre, celui des autres viandes à 4 sous. Cet arrêté concerne en outre la police des marchés, la police et la ballayage des rues, les poids et mesures

1740 11 janvier Lettre de la Communauté à M. de Fulvy, à Paris « Monseigneur, nous avons reçu la lettre dont Votre Grandeur nous a bien voulu nous honorer en date du douze décembre dernier. Elle voudra bien nous permettre de luy faire nos remontrances….

A l’égard des maîtrises dont Votre Grandeur est d’avis que nous demandions la création, permettez-nous, Monseigneur , de représenter à Votre Grandeur, que cette ville, ou du moins ses habitants ne sont point encore assez aisés pour faire cette dépense et que ce serait encore un motif d’augmenter les prix des denrées. Nous voyons que dans les autres villes où il y a des lieux privilégiés, comme Paris, ceux qui y travaillent donnent leur ouvrage à un illisible de meilleur marché que les maîtres, leur ouvrage n’en est cependant pas moins bon et quelquefois meilleurs. Nous éprouvons que ce n’est que la facilité qui procure dans ce lieu  des ouvriers de tous arts et métiers, lesquels n’ayant pas les moyens de se faire recevoir maîtres dans les villes de leur naissance viennent ici et s’y établissent et y font souche . S’il y avait des maîtrises, la plupart désespèreraient et ceux qui resteraient prétendraient avoir le droit exclusif de travailler et vendre, et voudraient empêcher ceux des villes voisines de nous rien apporter, ou du moins leur feraient tant de difficultés qu’ils les forceraient de renoncer et à y venir. Nous l’avons vu ici au sujet des boulangers. M. le Prince en ayant établi dix qui lui paient chacun deux cents livres par eux pour la seule faculté d’avoir chacun leur four chez eux, et n’être point assujettis à aller au four banal, ils ont voulu empêcher les boulangers de dehors d’apporter du pain; et, sans la fermeté de M. Duvernay, nous eussions vu la famine dans cette ville. D’où nous concluons, Monseigneur, qu’il serait plus avantageux de permettre l’établissement de toutes sortes d’arts et de métiers net quand cette ville serait peuplée d’une certaine quantité de gens de tous arts et métiers, ils seraient les premiers alors à demander la création des maîtrises.. »

Sur le cinquième article concernant les eaux : « Personne ne sait mieux que Votre Grandeur l’indigence où est laissée la ville et l’impossibilité actuelle dans laquelle elle est d’acquérir des eaux aux conditions que Votre Grandeur a la bonté de nous marquer. Lorsque nous en avons parlé à M.M. les Directeurs ( Lenoir, Cavallier, Godeheu) dans leur séjour ici, il n’a pas été question d’acquérir la propriété de deux sources d’eau sur les huit  que la Compagnie possède, mais seulement de profiter des eaux qui se perdent et qu’on laisse couler toutes les nuits quand le réservoir de l’enclos est plein. Nous avons cru qu’il était plus facile d’obtenir de Votre Grandeur cette grâce parce que vous aimeriez mieux que la ville profitât de ces eaux superflues que de les laisser perdre sans qu’on n’en tirât aucun fruit : c’est ce qui nous a déterminés à vous demander la liberté de faire un réservoir pour amasser de l’eau dans les temps d’abondance, et lorsque la Compagnie ne fera pas usage de la totalité. Ainsi, Monseigneur, nous espérons que vous voudrez bien entrer dans ces vues, puisqu’en nous obligeant à entretenir les tuyaux passant dans la ville, il en coûtera à la Communauté  dans certaines années beaucoup plus que l’intérêt des quatorze mille livres qu’elle serait obligée d’emprunter pour acquérir en toute propriété  les deux sources d’eaux en question.3

1740 1er février Arrêt du Conseil du Roi ordonnant aux habitants de Lorient de payer 9 pieds de pavés sur tout la façade de leurs maisons, suivant le prix accordé au Sieur Guillois, entrepreneur, et la toisée de l’Ingénieur de Saint-Pierre.

1740 18 mars Procès-verbal dressé par Charles Bréart, écuyer, Sieur de Boisanger, Sénéchal d’Hennebont, Subdélégué de l’Intendant de Bretagne, agissant en l’exécution de l’arrêt du Conseil du Roi du 22 décembre  1739, pour fixer le débornement des propriétés de la ville de Lorient aboutissant au rivage de la mer sont la Compagnie des Indes se prétendait concessionnaire, en vertu d’ordonnance royale du mois de juin 1666, c’est-à-dire le rivage compris depuis la rue Orry jusqu’au moulin du Fouëdic, au sud, et depuis la Petite-Porte du port jusqu’à l’hôpital de la ville, du côté du Faouëdic, au nord. Les archives de la marine au port de Lorient possèdent une copie de ce procès-verbal.

1740 6 juin M. de Montigny, Procureur du roi de la Communauté de Lorient, expose à l’assemblée de ladite Communauté que par ses précédentes délibérations elle a ordonné de couper la butte de Saint-Christophe afin de rendre le chemin de la ville au passage plus commode et de procurer aux voitures qui viennent aux ventes la facilité de venir jusqu’à Lorient, au lieu de rester comme autrefois à Hennebont, le chemin n’étant pas praticable; qu’on a commencé cette excavation et qu’on a lieu d’espérer que ce chemin sera dans perfection pour la vente prochaine. Sur sa proposition l’assemblée décide qu’il sera fait avec les matériaux provenant de la butte de Saint-Christophe restant après le remblai du pont de Kerentrech, un mur à pierres sèches et l’anse de vases étant au levant du village de Kerentrech, pour jeter les terres derrière ce mur; et qu’au cas d’insuffisance de pierres parmi ces matériaux pour achever le mur, lequel étant parachevé pour former une chaussée jusqu’au château de Tréfaven, il en sera tiré de la carrière de Kerentrech

C’est l’origine de la chaussée qui mène de Kerentrech à Trefaven. Le pont de Kerentrech à remblayer dont il est fait mention, devait être un pont en bois sur le ruisseau qui descend de la fontaine dite de la Vierge à Kerentrech, et rasant l’ancien jardin Hoguet-Boyer, en contrebas de la rue du pont.

1740 9 juin La Communauté de ville appelée à délibérer sur une lettre de M. de Fulvy, du 25 mai précédent, décide qu’elle se pourvoira devant le Conseil d’Etat du roi pour obtenir la permission de contracter un emprunt de 40 000 livres indispensables pour faire face aux besoins de la ville.

Comme la mutiplicité des affaires ne permet pas à la Communauté de s’en occuper suffisamment dans les assemblées réglementaires et fixées par l’édit de juin 1702, elle décide que chaque jeudi de la semaine, à deux heures de l’après-midi, il sera tenu un bureau de 4 commissaires pour prendre communication des diverses affaires, préparer leurs rapports et en faire l’exposé aux réunions générales de l’assemblée du mardi matin de chaque semaine

1740 13 août Sur la proposition de M. de Montigny, la Communauté demande à la Compagnie des Indes la concession de l’étendue de grèves qui existe entre le mur des quais et les terrains des particuliers de la ville, à charge d’une rente censive annuelle de cinquante livres.

Le même jour, lza Communauté décide qu’elle se pourvoira devant le Conseil d’Etat du roi pour être autorisée à emprunter 50 000 livres pour la construction des quais, l’achèvement du pavage, l’établissement d’un réservoir d’eau douce, la ville n’en n’ayant d’autre que celle que la Compagnie lui laisse prendre dans son parc; l’établissement d’un abreuvoir aux chevaux qui abondent dans le temps de la vente, des armements et des désarmements. Elle reconnaît que depuis le 1er septembre 1738, où elle a commencé la perception des droits d’entrée et d’octrois, elle n’a perçu que 40 0000 livres , somme insuffisante pour payer les travaux qui ont été exécutés. Jusqu’à ce moment, les seuls pavés terminés étaient ceux de la rue de Bretagne jusqu’à la place Despréméesnil; la rue du Faouëdic jusqu’à la rue d’Anjou ; et la rue de la petite porte en entier. Cet emprunt fut autorisé par Arrêt du Conseil du 21 septembre 1740

1740 13 août « Du 13e Aoust 1740, en l’assemblée de ville tenue en la maison de M. Perrault, Maire et Président de ladite assemblée, présents M.M. Monistrol, lieutenant de maire, de Montigny, Procureur du roi, Aubert, avocat du roi; Esnée et Droneau échevins, Lafontaine et Deffonds, assesseurs ; Cordé, contrôleur du greffe, Brossière etde la Villecadio échevins-électifs; Lefebvre, de la Fonds, Raimond de Varresne délibérants ; absents M.M. Quimper et bellin. Le dit Sieur Procureur du roi a remontré que la demoiselle Droneau s’étant depuis plusieurs années adonnée au service des pauvres de ce lieu , n’y ayant point de maison dans cette ville pour les retirer, elle les logeait dans des maisons qu’elle louait après et les assistait de son bien et de ses soins et conseils. Que les loyers ayant augmenté de deux tiers, ce qui lui occasionnait une dépense , qui quoique n’en était pas moins considérable, elle prit le parti d’acquérir de ses propres deniers un terrain d’une grandeur très vaste au haut de la rue du Faouëdic. Que, par les secours de plusieurs bonnes âmes de cette ville, et par les aumônes et quêtes elle est parvenue à à commencer une maison sur ce terrain où elle a actuellement trente pauvres malades, laquelle ou l’état qu’elle est revient à plus de 18 000 livres dont elle a emprunté  7 000 livres. Qu’elle souhaiterait que cet établissement put se perfectionner ; que pour cet effet elle est dans le dessein d’abandonner aux pauvres cette maison et terrain avec les meubles y étant. Que comme il lui faut une partie qui puisse recevoir et accepter ce don, elle croit qu’elle ne peut le remettre en meilleures mains qu’en celles de la Communauté de cette ville , intéressée au soulagement des pauvres , à laquelle elle offre d’abandonner ladite maison et terrain, parce qu’elle se chargera d’acquitter les 7 000 livres qu’elle a été obligée d’emprunter du Sieur Droneau son père pour subvenir à la bâtisse de cette maison dont la Communauté se chargear de l’acquitter, libérer et indemniser, de lui en payer la rente jusqu’au parfait remboursement ; que la Communauté se chargera de payer tous les droits d’amortissement et autres, auxquels la présente donation peut être sujette. Que la Communauté y recevra indistinctement les pauvres malades de l’un et l’autre sexe, soient qu’ils soyent de la ville ou d’autres paroisses, tant qu’il y en pourra consentir. Que ladite demoiselle sera directrice dudit hospital, pendant sa vie sans qu’elle puisse être destituée sous quelque prétexte que ce soit ; qu’elle y sera nourrye, logée, chauffée, et blanchie saine ou malade, en payant par elle 300 livres de pension chaque année ; qu’il lui sera libre d’avoir deux personnes à son choix, pour l’aider au service des pauvres, qui seront nourryes comme elle et qui auront 10 écus de gages chacune ; et qu’elle pourra prendre trois domestiques pour le service de la maison qui auront 24 livres de gages chacune pour chaque année, qu’elle choisira et changera comme elle jugera à propos.

Qu’il y aura dans la maison une chapelle et un chapelain qui sera nourry comme ladite Demoiselle Donatrice aux appointements de 100 livres, qui sera tenu de dire la messe tous les jours dans la chapelle du dit hospital. Qu’à sa mort, sa famille aura à perpétuité et tant que l’établissement subsistera soit qu »il demeure comme hospice, ou qu’il soit érigé en hospital, deux lits pour y mettre deux pauvres ou deux personnes de sa famille. Au moyen desquelles clauses sa famille n’aura rien à demander de ce qui lui appartiendra à sa mort dans ledit hospital, que ses livres seulement qu’elle leur réserve. Lesquelles conditions ledit Sieur Procureur du Roy ayant examiné, il les trouve avantageuses  et estime qu’en les acceptant c’est le moyen de perfectionner cet établissement ; que le soin des pauvres étant dans toutes les villes du royaume confié aux communautés, il est de votre devoir, Messieurs et de l’intérêt public de seconder les vues pieuses de Mlle Droneau en acceptant ses offres. Sur quoy les dits sieurs délibérants : considérant que rien ne peut être plus utile à cette ville que l’établissement d’un hôpital ; après avoir fait entrer la dite demoiselle Droneau, ils l’ont remercié et accepté, de son consentement sous le bon plaisir de Sa Majesté et de nos Seigneurs, les Evêques de Vannes et Intendant de Bretagne le don qu’elle veut faire à la Communauté du dit terrain, maison et meubles, aux points, charges, clauses et conditions cy-dessus référées auxquels ils s’obligent jointement et solidairement. Et pour faire approuver la présente délibération, passer contrat en conséquent avec la dite Demoiselle Droneau, le faire homologuer partout où besoin sera, et obtenir de Sa Majesté  Lettres et Erection de ladite maison en hospital général et toutes lettres patentes requises et nécessaires en pareil cas, ils ont nommé M.M. Perrault, maire, et de Montigny, Procureur du Roy et Mathurin Esnée premier échevin, auxquels ils donnent tous pouvoirs sur ce requis, mesme de substituer en leur lieu et place, approuvant et rectifiant dès à présent tout ce qui sera par eux fait.

Fait et passé en ladite Assemblée, les jours et an que dessus. Signé Claire Droneau; Perrault, De Montigny, Monistrol, Esnée, Lafontaine, Deffond, Cordé, de La Villecadio, Delafond, Brossien, Lefebvre, Raymond de Varesne »

L’acte devant notaire fut passé le 8 septembre 1740. Le 31 août précédent, l’Intendant de Bretagne avait autorisé la Communauté à accepter ce don; et le 7 octobre suivant pareille autorisation fut délivrée par l’Evêque de Vannes.

Le 29 novembre 1740, la Communauté autorisa M.M. Pérault et de Montigny à acheter des Sieurs Guillas, bouchers de la Compagnie des Indes, et de la Demoiselle Theto, des terrains joignant l’hôpital d ela Miséricorde ( c’était le nom donné par Mlle Droneau à son établissement).

1740 22 août Pour éviter les abus provenant de la différence de droits d’octrois existant entre les vins du cru nantais et les vins hors du cru nantais, et pour réparer l’omission faite dans l’arrêt du 29 juin 1738 qui ne fait pas mention des vins des évêchés de Saint-Malo, Rennes et Vannes qui se consomment à Lorient sous le nom de vins bretons, la Communauté adresse au roi la demande de fixer à cinq livres les droits d’octroi sur chaque barrique de vin, sans distinction de cru, et à 2 livres sur tous les droits de chaque barrique de cidre ou de bière. Cette demande ne fut pas ratifiée. Cependant elle donna lieu à un remaniement important, puisque par Arrêt du Conseil du 21 décembre 1740, l’octroi sur les boissons de Lorient fut fixé à 7 livres 10 sous par barrique de vin hors du cru ; 5 livres par barrique de vin hors du cru ; 5 livres par barrique de vin du cru nantais ; et 2 livres 10 sous par barrique de vin breton, cidre et bière. Ces droits de percevoir indépendamment de ceux dits droits patrimoniaux.

1740 29 août. D’après une déclaration de trois experts de Pontscorff, Lorient et Ploemeur, voici quelle était en 1740 la valeur des terres aux issues de la ville de Lorient. Depuis le lieu de Kerverot jusqu’au village de Calvin ? et leurs dépendances près Lorient, un journal ou arpent de terre chaude, propre à froment, de la meilleure nature, vaut 500 livres de principal et de revenu 25 livres ; la deuxième qualité 412 livres de capital et 20 livres 12 sols de revenu.

Le journal de jardin et courtil à chanvre 600 livres et 30 livres

Le journal de pâture close 320 livres et 15 livres

Le journal de terre froide sur lande 230 livres et 11 livres 10 sols

Le journal sous taillis 400 livres et 20 livres.

1740 20 septembre. Sur l’excuse présentée par M. Perault, maire, et Monistrol lieutenant de Maire de ne pouvoir assister aux Etats de Bretagne qui vont se réunir au même moment que les ventes de la Compagnie des Indes, la Communauté délègue M. de Montigny pour la représenter aux Etats de la province qui doivent se réunir à Rennes, le 1er octobre suivant. C’est la première fois que Lorient est représentée aux Etats. La Communauté alloue pour ses frais 400 livres à M. de Montigny.

1740 18 novembre Règlement d’administration de la Compagnie des Indes concernant les Ports-Permis, contenant défense à des officiers ou employés d’embarquer aucune marchandise ni pacotille sur les vaisseaux de la Compagnie. On appelait Ports-Permis la faculté accordée aux officiers et agents de la Compagnie embarqués sur les vaisseaux à destination de l’Inde, de transporter une certaine quantité de marchandises appelées pacotille, que chavun vendait à son profit dans le cours de la campagne,  et la faculté d’embarquer pour le retour en France, d’autres marchandises exotiques. Pour supprimer les abus e plusieurs natures qui naissaient de cette faculté, ou plutôt de cette tolérance, la Compagnie imposa à chaque officier ou agent, suivant son grade, une obligation de verser avant le départ, à Lorient, dans la caisse de la Compagnie, une certaine somme qui représentait la valeur d’une pacotille, et au retour de l’expédition, cette somme était remboursée à son propriétaire, augmentée de cent pour cent, pour tenir compte du bénéfice que ce propriétaire aurait tiré de la pacotille. Cet état de choses fut réglé par la Compagnie le 16 septembre 1733. Cependant, si la pacotille en nature fut supprimée, on toléra l’embarquement par chaque officier ou agent, d’une certaine quantité de linge, vêtements et autres objets à son usage personnel pendant la durée de la campagne : faculté qui prit le nom de Petit-Port-Permis alors qu’intervint un nouveau règlement de la Compagnie qui supprima complètement la faculté d’embarquer tout espèce d’approvisionnement de prébendes effets et objets du Petit-Port-Permis ; et pour tenir compte aux officiers et agents de cette suppression de bénéfice, elle augmenta le tarif du Port-Permis fixé par le règlement du 16 septembre 1733. Le règlement qui intervint à cette occasion le 18 septembre 1740 fixa ainsi qu’il suit le nouveau tarif de Port-Permis, c’est-à-dire la somme à verser avant le départ pour l’Inde, pour chaque officier et agent :

Capitaine, 16 000 livres

1er lieutenant 5 333 livres

2e lieutenant 3 200 livres

1er enseigne 1 600 livres

2e enseigne 1 066 livres

Surnuméraire 533 livres

A l’Ad honorès (?) 266 livres

A l’écrivain 1 066 livres

A l’aumônier 533 livres

Au chirurgien 800 livres

Au maître 800 livres

Au pilote 800 livres

Marchand principal 10 000 livres

Le marchand 3 000 livres

Les commis 1 500 livres

En résumé, la Compagnie disait à ses officiers et agents : vous employez moyennement tant d’argent et pacotilles qui vous rapportent en moyenne cent pour cent. Vous me créez ainsi une concurrence tout en diminuant sur chaque bâtiment l’emplacement de mes propres marchandises : cessez de vous occuper de vos propres affaires  et je vous tiendrai compte de tout le bénéfice que vous pourriez faire. Pendant la guerre, le régime de Port-Permis fut suspendu, mais il fut repris au rétablissement de la paix. Les bénéfices du Port-Permis augmentaient singulièrement les appointements des officiers et agents de la Compagnie.

1740 28 novembre. Lettre de la Communauté de Lorient à M. de Fulvy:  » Monseigneur, Plus nous réfléchissons  sur le titre que Monseigneur le Contrôleur général ( Orry ) se propose de donner à notre hôpital, plus nous sentons de quelle conséquence il est de l’ériger en hôpital général. En effet, Monseigneur, si ce n’est qu’un hôtel-dieu, cette maison sera bornée à n’y recevoir que des malades n’ayant aucune rente pour le présent qui fournira à leur subsistance ; cela n’empêchera que la ville ne soit tous les jours surchargée de  mendiants ; au lieu que si Votre Grandeur lui donne le titre d’hôpital-général, en y recevant les malades, on sera en droit d’y renfermer les fainéants et de les y faire travailler. Ce pourra être aussi une maison de force à renfermer les libertins et les faire travailler au lieu de les fustiger comme il arrive tous les jours…Combien d’enfants ne pourrait-on pas élever dans cette maison en leur apprenant à travailler ? Elle se fera un revenu considérable et les pauvres familles se trouveront d’autant soulagées. Combien d’ouvrages grossiers…pourront se faire dont la Compagnie des Indes a tous les jours besoin et qu’elle se fera un plaisir de donner préférablement à cette maison…Combien de vieillards de l’un et l’autre sexe préfèreront d’y  demeurer et de s’y rendre utiles par un travail doux et réglé ? Tout cela, Monseigneur, sont des objets, qui, bien ménagés ne peuvent que procurer un bien infini à ce lieu…Nous nous flattons, Monseigneur, que vous voudrez bien entrer dans nos vues, les faire goûter par Monseigneur le Contrôleur-Général, et en vous déclarant le protecteur de cet établissement, lui obtenir le titre d’hôpital-général. »

Les insistances de la Communauté furent vaines, l’hôpital de la Miséricorde ne fut érigé qu’en hôtel-dieu.

1740 6 décembre. Sur les remontrances de M. de Montigny, et les observations de M. de Saint-Pierre, la Communauté apporte divers changements dans la construction des quais de la ville et de la cale Orry. Ainsi, elle décide que le parapet de trois pieds de hauteur en pierres de taille qui devait être établi sur toute la longueur des quais d’après le devis, serait supprimé comme inutile et gênant pour le service des bâtiments. Le 16 décembre suivant, l’intendant de Bretagne approuva cette modification.
1740 6 décembre. Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant établissement d’une second marché, à Lorient, le mercredi de chaque semaine.

1740 9 décembre. Contrat de vente au rapport de la Fargue, notaire à Lorient, d’un terrain joignant le pignon du midi de l’hôtel-dieu, ayant 40 pieds et demi de face sur la rue du Faouëdic et 60 pieds de profondeur, pour la somme de 60 livres par Guillaume Guilloux, boucher, au Sieur Etienne Perault, maire de la ville et communauté de Lorient, et autres administrations de l’hôtel-dieu de Lorient…Du même jour et au même rapport, autre contrat de vente d’un terrain vide, non-bâti, joignant le précédent, ayant d face sur la rue traverasnt le pré

de Paris, jusqu’à celui des héritiers du Touze, soixante-six pieds, et de profondeur 40 pieds, pour la somme de 600 livres, par les Sieurs Teto et La Fond, à M. Pérault, agissant en la même qualité.

1740 21 décembre. Arrêt du Conseil du Roi autorisant la Communauté de Lorient à contracter un emprunt d’une somme de 50 000 livres pour les travaux de la ville. Le délégué de Montigny fut chargé de procurer cette somme à la ville ; il était en même temps l’intermédiaire de la ville et de la Compagnie des Indes pour la concession des terrains vases.
1740 décembre. Arrêt du Conseil du Roi portant érection de la maison de la Miséricorde de la ville de Lorient en hôpital, sous l’administration des officiers municipaux.

1740 Un M. Alba qui exploitait les forges des Salles de Rohan, près Pontivy, eut l’entreprise de la fourniture des tuyaux des fontaines de la Compagnie des Indes à Lorient. J’ai trouvé dans les archives de la marine au port de Lorient, que la Compagnie des Indes paya à M. Alba 37 178 livres 18 sols 6 deniers pour cet objet : 25 500 livres en 1738, 3 000 livres le 11 mars 1739, et le 24 août 1740, pour parfait paiement 3 678 livres 18 sols et 6 deniers.
1740 10 juillet Sur la demande du recteur Cohalan, le général de la paroisse décide de la création d’une charge de sacristain au profit d’un prêtre, pour le service de l’église et de la fabrique, outre une part au casuel comme les autres prêtres de la paroisse.M. Julien Souzay, prêtre originaire de la paroisse fut nommé le jour même à cette charge de sacristain.

1740 Il y avait un parc nommé La Motte à Madame, à Lorient ( audience du 30 janvier 1740, affaire Cornec Le Bourgo).

1740 Un sieur Bobot est maître de poste à Lorient, c’est-à-dire maître de poste aux chevaux.

1740 Election de Brossière et La Villecadio, échevins en remplacement de Ferrand et Barbarin. Délibérants : Lafond, Docteur en médecine et Vareunes, négociant, en remplacement de Brossière et Villecadio

1740 3 mai nomination de Jean Chunlaud de Boisdison, conseiller secrétaire greffier de la Communauté en remplacement de Nicolas Droneau décédé le 11 mars 1740. Outre ce greffier, la Communauté avait un commis-greffier depuis 1739.

1740 14 juin Délibération relative à un procès pendant depuis trois ans entre la Communauté et M. de Riquebourg.

1740 6 décembre Délibération de la Communauté relative aux démolitions de maisons dans le travail de percement et d’alignement des rues. Il est question de maisons appartenant aux sieurs Drouard et Quimper, Donneau sur la place Prémenil, pour l’ouverture de la rue Fulvy ; de maisons près de la grande porte qui interceptent la communication entre la rue Orry et la petite porte de l’enclos ; de maisons dans la place Dauphine appartenant à Gourvenec et à la veuve Souzy, et aux héritiers Langevin ; d’une baraque à Lavallé et d’une maison à un Sieur Daniel. Le 12 avril 1741, autre délibération sur le même objet

1740 29 septembre Délibération de la Communauté qui ordonne la démolition de cabanes construites par le général de la paroisse en dehors du mur du cimetière  » attendu qu’il n’appartient à l’église aucun terrain dans cette rue, que ce n’est que par tolérance qu’on a souffert la fabrique bâtir ces cabanes pour se procurer un revenu dans le temps qu’elle était pauvre ; qu’aujourd’hui, elle est en état de s’en passer. »

1740 24 avril Délibération du général de la paroisse relative à l’embellissment de l’église : autel à la romaine, lambrissage du choeur, ornement des stalles, grille en fer au devant du choeur. Ce projet fut approuvé par el procureur général du Parlement

1740 5 avril Départ de Lorient de Mahé de la Bourdonnaye avec une divisiond e cinq vaisseaux, pour la côte de Coromandel.

1740 4 août Nicola Bonamourdemeurant au lieu noble de Kernetreich en Ploemeur suroge Martin Le Douarin demeurant au même lieu, en la baillée obtenue de M. Anthoine Deijou, d’un terrain dépendant de la métairie noble de Kérantrech, le dit terrain proche le Grand Chemin à peu de distance du pont nouvellement construit qui conduit dudit lieu par le grand chemin du passage de Saint-Christophe en la ville de LOrient, ayant 27 pieds de face dudit Grand Chemin du côté du Levant…signé Deigou, Caron notaire, Le Becq notaire, contrôlé à Lorient le 16 août 1740, signé Dechaspeugiron. VCet acte relate une baillée du 4 mai 1738, contrôlée à Lorient le 17 du même mois par de Montigny. Celui-ci aurait eu pour successeur dans la fonction de contrôleur à Lorient M. Dechasteau giron.

1740 Alexis Chaigneau, Sieur de La Salle, marchand apothicaire, demeurant rue de la petite porte.

1740 janvier Le Neptune, vaisseau de la Compagnie, en partance pour la Chine , le vaisseau La Vestale, vaisseau de la Compagnie, commandé par M. de la Marru, prêt à faire campagne, en avril Le vaisseau l’Hercule, vaisseau de la Compagnie, commandant Aubin du Plessis, prêt à faire campagne

1741 6 juin La Communauté de ville invite l’entrepreneur Guillois à faire travailler sans retard au déblaiement des terres de la rue du Vernay, conformément au nivellement donné par l’Ingénieur de Saint-Pierre ; afin de paver cette rue, sans toutefois interrompre le pavage de la place Dauphine et de la rue de Rohan.

M. Thermier de la Provotais et autres, propriétaires de terrains faisant façade sur la rue projetée dite Duvernay, se proposant d’y bâtir des maisons, après avoir consulté les cotes de nivellement de cette rue fixées par M. de Saint-Pierre, remarquant que le rez de chaussée de leurs maisons allait se trouver enterré de 7 à 12 pieds au-dessous du niveau actuel de terrain de la dite rue. Ce fut sur leur requête que la Communauté prit la délibération du 6 juin.

1741 Vaisseau le Duc d’Orléans, vaisseau de la Compagnie,  commandé par Magon de la Mettie, capitaine de vaisseau

1741 28 juillet. La Communauté charge M. de Chateaugiron, son greffier, de tenir un registre exact de toutes les personnes qui arriveront en ville et enjoint aux propriétaires, locatairs, cabaretiers et gens qui logent ou tiennent des pensionnaires d’aller tous le smatins faire eu greffe de la Communauté la déclaration des personnes qui arriveront chez elles, à peine de six livres d’amende au profit des pauvres.

1741 Le vaisseau de la Compagnie des Indes La Vestale, commadé par Paul de Castillon, capitaine de vaisseau

1741 31 juillet. Lettre de la Communauté de Lorient à M. de Fulvy, à Paris  » Monseigneur, A l’égard des vases étant à côté de la chaussée de Tréfaven, la Communauté prend la liberté , Monsiegneur, de représentr à Votre Grandeur que si la Compagnie est absolument déterminéeà s’en réserver vint arpents pour y faire un jardin, il convient qu’elle les garde en entier, parce que ces sept arpents étant prélevés, le surplus ne peut jamais êtred’aucune utilité à la ville, qui n’a eu d’autre objet, dans la demande qu’elle en a faite, que de se procurer un endroit à pouvoir déposer ses cargaisons et vidanges et élever ce terrain pour dans la suite des temps y faire des des planteries de ces promenades et des dehors gracieux.. »

Dans une lettre émise le même jour par la Communauté au Révérend Père de Montigny, frère du Procureur du Roy de Lorient, on voit que l’intention de la Compagnie des Indes était de faire de ces sept arpents un jardin pour son hôpital. Je rappelle ici que l’hôpital de la Compagnie des Indes se trouvait alors dans la rue du port, à l’emplacement occupé aujourd’hui ( 1870 ) par la maison du Sieur Tison ( magasin de nouveautés à l’enseigne de la ville de Lorient ) que les dépendances de cet hôpital s’étendaient jusqu’au rivage de la mer et que par suite il y avait contiguïté entre ces dépendances et les terrains vases dont la villedemandai la concession ( voir plus bas l’article du 7 juillet 1741

1741 3 août Contrat de vente au rapport de Lafargue, notaire à Lorient, d’un terrain ayant face d’un côté sur la place Dauphine, et de l’autre sur la rue du Faouëdic.

1741 9 août Décision du Contrôleur Général des Finances de Fulvy concernant l’impôt de capitation due par les officiers et employés de la Compagnie des Indes .  » Tous les employés de la Compagnie des Indes  qui touchent leurs appointements à Lorient, doivent leur capitation audit lieu, et seront compris dans le rolle sur le pied du centième denier des dits appointements. Ceux qui ont du bien soit à Lorient, soit ailleurs seront imposés en égard audit bien, et cette partie sera susceptible d’augmentation au marc la livre. Les officiers de la ville ne feront néanmoins qu’une cotte pour chacun des dits officiers ou employés, et ils fourniront le rolle au caissier de la Compagnie des Indes  qui fera la retnue sur les appointements qu’il payera… » Cet impôt de capitation donna lieu de la part des officiers employés à la Compagnie des Indes  à de fréquentes difficultés qui furent portées devant différentes autorités supérieures ; mais les décisions furent constamment favorables  à la ville de Lorient.

En 1737, la commission intermédiaire des Etats de la province, dans son mandement général pour le paiement des impositions , ayant compris ces officiers et employés de  la Compagnie des Indes, non seulement pour la capitation, mais pour l’impôt du casernement   des troupes, ceux-ci se refusèrent à payer l’un et l’autre impôt et l’affaire fut portée devant le Conseil d’Etat du Roi. La solution se fit attendre ; ce ne fut qu’en 1761 que le Conseil donna sa déision : le droit de capitation fut maintenu, mais réduit à quatre deniers pour livre d’appointement, c’est-à-dire au quart du taux fixé en 1741 par M. de Fulvy ; quant à l’impôt de casernement, la ville fut déboutée de ses prétentions.

1741 23 septembre. La Communauté nomme une commission composée de M.M. Prérault, maire; Monistrol, lieutenant de maire ; de Montigny, Procureur du Roy, pour traiter avec la Compagnie des Indes de la concession de quelques pouces d’eaux et prélever sur les conduits qui traversent la ville, afin d’établir des fontaines publiques et une réservoir ou abreuvoir nécessaires à Lorient.
1741 12 octobre Sur la proposition et d’après les estimations de M.l’Ingénieur de Saint-Pierre, la Communauté fixe à la somme de 15 260 livres l’indemnité due par la ville aux divers propriétaires dont les immeubles ont été expropriés à l’occas sion de l’ouverture ou de l’alignement des rues du Faouëdic, Condé, Fulvy, Duvelaër et de Montigny.

1741 26 octobre Contrat de vente au rapport de Le Guével, notaire à Lorient, pour messire Pierre-Elie Léger de Kermélo, au sieur Stéphane Goluin, d’un terrain situé en la ville de Lorient, rue des prêtres, contenant vingt pieds de face au midy.

1741 9 novembre Ordonnance de l’intendant de Bretagne rendu sur la requête de M. Souzy, prêtre, qui enjoint à tous propriétaires des maisons qui forment la rue de la Salle d’enlever tous les décombres qui s’y trouvent , et suivant le nivellement donné par l’Ingénieur de Saint-Pierre.

1741 28 novembre Contrat de vente au rapport de Lafargue, notaire à Lorient, par Messire Pierre-Elie Léger de Kermélo, au Sieur Haugmon, d’un terrain ayant vingt-cinq pieds de face sur 30 de profondeur, ayant deux faces, l’une dans la rue de Rohan, l’autre dur la rue Angon à Lorient. La rue Angon ou Angou est écrit vraisemblablement pour rue d’Anjou.

1741 11 décembre La Communauté de ville donne pouvoirs à M. de Montigny son procureur du roy, pour obtenir que la ville de Lorient ait des armoiries ; et elle le charge de décorer d’un tableau la porte de l’hôtel de l mairie, comme c’est l’usage pour toutes les villes du royaume. Il est à remarquer que la maison du maire servait alors d’hôtel de ville.

1741 11  décembre. M. de Montigny, procureur du roi, donne lecture à la Communauté d’unelettre qu’il a reçue de son frère de Paris, le père de Montigny, procureur du collège Louis Le Grand et des missions étrangères. Il l’informe qu’il a porté au Contrôleur général la délibération des ditecteurs de la Compagnie des Indes  concernant le terrain que l’édification du quai procurera à la ville. Le Contrôleur général a approuvé la concession de ces terrains faite par la Compagnie des Indes  à la ville moyennant une rente annuelle et censive de trois deniers par toise. La Communauté charge des commisssaires nommés le trois septembre précédent  d’accepter la concession à ces conditions.

1741 29 décembre  Le Duc de Penthièvre accorde au sieur Constant un privilège pour établir à Lorient une maison de jeux, à l’exclusion de tout autre particulier. Il lui est permis de donner à jouer au billard, au tric-trac, à l’hombre, au quadrille, au piquet, à la bête et au triomphe ; tous autres jeux sont interdits . Constant était premier valet de chambre du duc de Penthièvre ; il céda son privilège à un sieur des Enclos.
1741 20 février Acte de Penicaud notaire à Lorient faisant mention d’un cul-de-sac, rue de l’église. C’est celui qui se trouve en face de la rue du puits (v. 1732).

1741 3 avril Le 12 novembre 1740, les officiers de l’amirauté de Vannes rendirent une ordonnance portant autorisation d’extraire de la pierre dure des carrières situées dans les rades et anses du Port-Louis et sur les rivières de Blavet et du Scorff. On comprend combien cette ordonnance dut éveiller l’attention de la Compagnie des Indes et de la Communauté de Lorient, dans un moment où la construction d’édifices, le pavage, etc. étaient en pleine activité. Dans un moment où le défaut de routes obligeait les entreprenuers à se pourvoir de matériaux pesants par la mer et les voies navigables ; aussi une opposition à cette ordonnance fur immédiatement signifiée à l’Amirauté de Vannes, au nom du syndic de la Compagnie des Indes  et de celui du maire et des habitants de Lorient. L’affaire ayant été portée devant le Conseil d’Etat du Roi, il intervint le 3 avril 1741 un arrêt qui commit l’ingénieur de Saint-Pierre  pour l’examen des carrières les plus utiles pour l’éxécutions des travux de la ville et de l’établissement de la Compagnie des Indes . M. de Saint-Pierre remplit sa mission , et le 31 octobre 1741, un nouvel arrêt du Conseil d’Etat du Roi fixa, conformément au rapport de M. de Saint-Pierre du 8 août précédent, les carrières où la Compagnie des Indes  et les habitants de Lorient pourraient désormais extraire de la pierre, et indiqua celle où il était interdit de continuer l’extraction. Les premières se trouvaient à la pointe de Kernel, en face de la rue Bréart ( la pointe de Fourche-Blaye ). Dans l’anse de Kergroix. A la pointe de Kergroix où il y avait plusieurs carrières en exploitation ( La Perrière à Collin ). A la pointe de Kerzo ; à Locmiquélic ; dans la rivière du Blavet, en face de Locqunolay et autres endroits etc…Dans la rivière du Scorff, à gauche du passage ;  cette carrière était déjà ouverte par la ville pour construire la chaussée de Tréfaven.

1741 19 septembre Adjudication du pavage de l’église en dalles de deux pieds de long sur un pied de large, au sieur Aubert, pour le prix de huit sols le pied carré.

1741 7 juillet Lettre de la Communauté

Zone de travail en cours

12 L’atelier de l’historien François Jégou : l’établissement des faits année par année