12 L’atelier de l’historien François Jégou : l’établissement des faits année par année

1722 

1er février L’assemblée des bourgeois et habitants de Lorient nomme le Sieur Cresseint receveur de la capitation – impôt par tête –

1722 23 février A la requête du Sieur Roussart, syndic de la ville de Lorient, et sur les remontrances du Procureur fiscal, les juges de la juridiction de Lorient fixent en audience publique le tarif du prix de la viande, du pain, du vin et du bois de chauffage comme suit :

Boeuf, veau et mouton , trois sols six deniers la livre – la livre est divisée en 20 sous et chaque sou ( sols au pluriel ) en douze deniers –

Lard à mettre au pot, six sols,

La livre de pain blanc, deux sols

Le pot de vin rouge de Bordeaux , vingt six sols

Le pot de vin blanc de Bordeaux, dix-huit sols

Le pot de vin de Nantes, quatorze sols

La corde de gros bois, neuf livres

Les fagots, six livres deux sols

« Le dérangement de la ville est devenu si grand, dit le Procureur fiscal, par les différentes nations qui s’y sont jetées, qu’il est à propos d’y remédier par un règlement général de police pour toutes les denrées qui s’y vendent beaucoup au-delà de leur valeur ; que les poids et autres sont fausses dans la plupart des boutiques ; que le pain n’est ni bon, ni bien conditionné, ni du poids dont il devrait être. »

A la suite des mêmes tarifs,  les juges prescrivent diverses actions pour en assurer l’exécution et pour la propreté et la police de la ville , notamment celles-ci :

« Ordonnons à chaque particulier qui n’ont pas de pavé devant chez eux , d’en faire faire ; faute de quoi avons permis au dit Roussart de les faire faire à leurs frais ; et à ceux qui en ont, de faire nettoyer devant chez eux tous les matins avant huit heures, sous peine de trois livres quatre sols d’amende, comme aussi de faire ramoner leurs cheminées tous les trois mois sous les mêmes peines. »

1722 12 avril Nomination de Margueret en qualité de trésorier Marguillier en remplacement de Le Marié. Il paraît que Roussat, autre fabrique en charge , qui avait les affaires civiles dans les attributions et prenait la qualité de syndic à Lorient fut maintenu sans qu’il en soit fait mention sur le registre des délibérations de  la paroisse.

1722 3 avril Troubles à l’audience de la juridiction de Lorient, les magistrats sont insultés ; ils dressent procès-verbal des faits qui viennent de se passer et décident que , jusqu’à ce qu’il leur soit donné un local plus convenable, les le audiences de la juridiction de Lorient se tiendront en la ville de Pontscorff.

L’audience suivante fut tenue le 18 août à Pontscorff ; mais aussitôt l’ouverture de l’audience, le Procureur fiscal déclara qu’il ferait opposition à la tenue de cette audience et à l’évocation des causes de la juridiction de Lorient dans l’audience de Pontscorff, et requit le Sénéchal d’aller tenir son audience à Lorient, au lieu ordinaire chez le Sieur Gougeart.

Le Sénéchal répondit que tant que le Prince de Guéméné ne le mettrait pas à l’abri des insultes des habitants comme il y avait été exposé ; tant qu’il ne fournirait pas un auditoire convenable et une prison pour l’exercice de la justice, il persisterait dans la résolution prise le trois du même mois, et il ordonna de passer outre et d’évoquer les causes, ajoutant qu’il était surprenant que le Procureur fiscal s’opposât aux résolutions qui avaient été prises en commun.

Peu de temps après les audiences se tinrent de nouveau à Lorient, mais cette fois-ci dans l’enclos. Cependant le désordre ayant persisté, le Sénéchal et l’Avoué prirent le parti de suspendre leurs audiences : ce que voyant, le Procureur et les avocats de la juridiction de Lorient prirent le parti de tenir les audiences et d’expédier les affaires.

Enfin, le 12 avril 1723, Jacques Bellondeau, Procureur fiscal, après avoir protesté à l’audience contre l’abstention du Sénéchal et de l’ affoué , qui n’avaient pas siégé depuis le mois de février , Bellondeau, sollicité par les Procureurs qui ne faisaient pas cause commune avec le Sénéchal, et à la prière des habitants de Lorient, il décida à tenir lui-même les audiences et il siégea jusqu’au 10 mai, jour où l’affoué reparut et le remplaça jusqu’au 5 février 1724 : ce jour-là seulement le Sénéchal Kerlero de Rosbo reprit son siège.

1722 18 octobre . Réclamation d’une somme de 800 livres faite aux habitants de Lorient par le Sieur Goubert, pour solde de travaux à l’église. Nouvelle délibération du corps politique de la paroisse décidant à ce qu’il fut fait des démarches près de l’Intendant de la Province pour obtenir l’autorisation de lever sur la paroisse une somme de 600 livres par an, pour aider à payer les dettes contractées et qui s’élevaient à environ douze mille livres.

1722 Ecuyer Henry Edme, pour Directeur de la Compagnie des Indes, Ecuyer Joseph de Lorme, Directeur à la Louisiane, Compagnie d’infanterie de Marion ; Compagnie franche de la Marine ; Messire Badezet, prêtre, Directeur de la Congrégation ; Pierre Pégé, maître serrurier ( relevé sur le registre de la paroisse de Lorient );  de Restabecq, Directeur de la Compagnie des Indes, à Lorient ; de Boistarcy, trésorier de la Compagnie des Indes, le Sieur Pion, receveur du contrôle à Lorient : il eut pour successeurs Monistrol en 1726, de Monsigny en 1733.

Les archives de la ville de Lorient possèdent un registre des Marguilliers – un marguillier a la charge du registre des personnes qui recevaient l’aumône et aussi de l’administration des biens de la paroisse François Marié et Maugueret, commencé le 1er janvier 1721…clos le 17 avril 1723 sur lequel j’ai relevé les renseignements suivants.

Les revenus de la fabrique provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers et fermages, legs mais aussi de la location des places de bancs dans l’église qui fournissaient un revenu régulier (bien souvent perçu annuellement à date fixe) pour la fabrique.

L’église contenait six rangs de bancs de 17 places chaque rang , du côté de l’épître. Parmi les noms des occupants, de ce côté de l’église, j’ai remarqué ceux de Mme de Mauclerc, Le Blanc, Dansen, Pion, Colin, Henry, Le Marié, Cordier, Le Villemazec, de Portarieux, de Langonnet, Jean le Rien, Sieur de la Fontaine, Aubert notaire, Dufay médecin, Léger capitaine général garde-côtes, de Joaunis, Gautier, Saint-Germain traiteur, Fournier, écrivain de la Compagnie, Duval officier de marine, Vallanciennes, Beauprez, Coulomb, Goubert, Niepce maître canonnier.

Le côté de l’évangile, ou de la sacristie contenait également 7 rangées de bancs de 17 places, dont les principaux occupants  se nommaient : Mlle Quintrec, Roussart, Nérel fils, Mme Cossé et ses filles, de Kermoizan, de la Fontaine-Gougeart, Mme Duhamel, Vautier, Edmé marchand, Caboureau, Blanchet, Baptiste traiteur ou boutonnier, ; Deigou, Buzot, Mme Delorme, Mmes Lamane et La Martinière, Beaumont, exempt de maréchaussée, Bretteville, chirurgien, etc..

Vis-à-vis de l’autel, autre rang de bancs, il y en avait huit de dix places chacun occupés par : Baron , écrivain, Desjardins, exempt, Lantier de la Vallée, Godin, Dumont, Quenerit dit Saint-Martin, Bordelais, de Trouvé, , Dantrement, etc..

Du côté de la chaire, neuf rangs de bancs dont le nombre de places varie de 7 à 24. Parmi les occupants on remarque Guillaume Penverne, de Deslauriers, les filles de M. Saint-Germain, Perin, Rigouard, Bonit dit Saint-Germain tailleur, Ferrand, boulanger, Desfraiches, Capeau, maître des vaisseaux du Roi, de La Forest marchand tailleur, les gens de M. de Beaufort, Monistrol, etc..

Les places dans les bancs étaient louées à l’année; le prix était de 2 francs, excepté vis-à-vis de l’autel et du côté de la chaire où elles ne coûtaient que 30 sous. Les comptes font encore mention de Mme le Sage dit Saint-Germain de la Herse. J’ai déjà relevé le nom de Bonit, dit Saint-Germain, tailleur. Parmi les troncs de l’église, l’un était dédié à Notre Dame de Bonsecours, un autre à Notre Dame de Bonne Nouvelle.

Contre le mur du cimetière, l’église possédait 11 cabanes de marchands, payant de 22 à 60 livres par an, et 19 étals de bouchers, pour chacun 7 livres; parmi les noms de bouchers j’ai relevé ceux de Herviaux, Rolland, Rio qui appartiennent à des familles de bouchers de Lorient.

La gestion de François Le Marié encaissait environ 300 livres pour les quêtes. La plus forte quête produisit 49 livres 7 sous 8 deniers le 28 mars 1722. Parmi les dons en nature, on relève ceux de plusieurs petits cochons.

Ce registre de compte de fabrique mentionne un don de 300 livres fait à l’église de Lorient par M. de Luzarnay, et des frais de transport de fleurs du Pou en Guidel à Lorient, pour l’église au temps de Pâques : la terre du Pou appartenait aux Carré de Luzançay. Le donataire de 300 livres, Luzançay, Seigneur du Pou était l’Ordonnateur intérimaire à Lorient.

1723

28 février « Ce jour 28e février 1723 nous Syndic de la Communauté de la paroisse de Saint-Louis, ayant fait donner la cloche après le service ( divin ) pour assembler les nobles, bourgeois et habitants de la ville, dans laquelle Assemblée a été lue la lettre de Monseigneur l’Intendant du 8e du dit mois, et ensuite l’Ordonnance de M. Bréart de Boisanger, Subdélégué  qui contient ce qui suit :  » et qui ordonne à tous les fabriques – membre de la fabrique d’une paroisse – et Marguilliers de la dite église de Saint-Louis de Lorient qui n’ont point rendu leurs comptes, de nous les représenter sous huitaine pour être par nous ordonnés ce qu’il devra appartenir…et sera la présente ordonnance notifiée aux dits nommés par le Sieur Roussart, Sindic. A Hennebont ce 25e février 1723. Signé Bréart de Boisanger. » Signé Roussart Sindic ».

1723 20 juin « En conséquence d’arrêt donné à Rennes le 28 mai 1723, publié à la grande messe paroissiale de Lorient le 13e et l’assemblée tenue le 20e dans laquelle ont été nommés les douze notables de la dite paroisse pour délibérer des affaires qui pourront arriver dans la suite, savoir sont les Sieurs Deigou, Kermoizan, Esnée, Jean Genino, Droneau, Caboureau, Georges Geninot, Villemezec, Beaugeloir, Maugueret, Verger, Saint-Martin, Colin, Pégé; les prénommés ci-dessus, choisis et acceptés par le général de la dite paroisse et suivant le dit arrêt, les défaillants qui ne se trouveraient point aux assemblées  qui auront été publiées au prône de la grand messe de la dite paroisse paieront une pistole d’amende à la fabrique à Lorient. Ce 20e juin 1723 signé Vergé, de Kermoizan, Deigou, Esnée, Genino, Droneau, Mauguret, J. Aubert , Fichoux, l’Abbé Cohalan, recteur, Roussart, Sindic. »

1723 21 juin « Ordonnance de De Canton, affoué de Lorient rendue sur les remontrances du Procureur fiscal, qui enjoint à tous propriétaires de maisons à Lorient, de faire paver les rues devant leurs maisons, sur une largeur de huit pieds dans le délai de trois mois : « Les rues sont impraticables, dit le Procureur fiscal, à peine qu’on peut y passer à pied. Il est impossible aux domiciliés de nettoyer au devant de chez eux rapport aux régimes d’eau , boues et ordures qui y sont par faute de pavé et d’écoulement : ce qui cause beaucoup de corruption et d’infections en cette ville . Il est absolument nécessaire d’y pourvoir principalement pour faciliter l’administration des sacrements aux malades et pour éviter aux maladies contagieuses qui pourraient se contracter. »

1723 4 juillet Nomination de Deigou en qualité de trésorier marguillier, en remplacement de Filhouse. Parmi les signatures apposées au bas de la délibération on remarque que le mot Syndic, écrit au-dessous de la signature Roussat, est barré. Deigou refusa d’accepter la charge de Marguillier ; son refus donna lieu à l’arrêt du Parlement de Bretagne du … Il paraît que ce qui provoqua la démission de Filhouze et le refus de Deigou, c’était la difficulté de rendre compte et de justifier des recettes et des dépenses de la fabrique dont les deniers étaient presque complètement à la disposition du recteur Cohalan.

Le 25 juillet suivant, nouvelle délibération sur le même objet à laquelle assiste le Procureur fiscal Bellondeau. Ce magistrat enjoignit à Deigou d’accepter et de remplir les fonctions de Marguillier. Les délibérants refusent de signer le procès-verbal de cette délibération ( un arrêt du Parlement avait fait mention des délibérants, voir la délibération du 20 juin 1724).

1723 5 juillet Audience des généraux plaids – Les Plaids généraux sont des réunions plénières de tous les officiers de justice royale d’une sénéchaussée – , les justices seigneuriales devant leur faire obéissance de la juridiction de Lorient, tenue dans l’auditoire de la Prévôté – le Prévôt est un officier de justice subalterne – dans l’enclos de la Compagnie des Indes.

M. Jacques Bue (?) procureur Substitut du Procureur fiscal expose que « les chemins des arrivées de Lorient étant impraticables l’hiver », il est nécessaire d’ordonner les mesures nécessaires pour y remédier.

Sur ces remontrances, l’Affoué de la juridiction de Lorient ordonne « que les charretiers qui viendront pour denrées et autres dans la ville de Lorient, iront après avoir vendu leurs dites denrées aux particuliers iront chacun prendre leur charretée de pierres en la Perrière de M.M. de la Compagnie des Indes, située en l’enclos de cette ville de Lorient, près les moulins à vent, ou autres lieux qui leur seront indiqués par le Sieur Gérard architecte de la Compagnie, pour être portées aux endroits , à peine de 20 sols d’amende…et ordonne pareillement que les charrettes de la ville charroyeront par jour une charretière »

Les sergents de la juridiction furent chargés de l’exécution  de cette ordonnance; mais il paraît qu’ils y mirent peu  d’activité, car à l’audience du 19 juillet suivant, sur de nouvelles remontrances du procureur fiscal, de nouvelles injonctions furent faites à ces officiers publics d’accomplir leur devoir : ce qui , on peut le penser, n’était pas sans difficulté.

1723 8 août Deigou persistant dans son refus des fonctions de Marguillier, est remplacé par Benoist Souzy, qui ne savait pas écrire

1723 30 août Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant réglement de l’administration de la Compagnie des Indes. Le 24 mars 1723, un premier Arrêt avait déjà réglé la même matière, mais les actionnaires ayant témoigné des inquiétudes de voir à la tête de la Compagnie des personnes prises en dehors de leur sein et auxquelles elles ne pourraient demander des comptes, l’Arrêt du 30 août vint tenir compte de ces légitimes inquiétudes par quelques modifications. Le duc d’Orléans demeura Gouverneur de la Compagnie et le duc de Bourbon vice-gouverneur ; 4 conseillers d’Etat ou maîtres des requêtes furent nommés Inspecteurs sous la haute direction du Contrôleur Général des Finances ; mais ces inspecteurs furent choisis parmi les actionnaires ayant au moins cinquante actions.

Les douze Directeurs étaient tous possesseurs de 50 actions qui devaient être immobilisées pendant la durée de leurs fonctions. 8 syndics, choisis parmi les notables bourgeois, bons négociants et gens expérimentés au fait du commerce, et des comptes et tous actionnaires, furent laissés à l’élection d’une assemblée générale de la Compagnie ; ils devaient également déposer en compte 50 actions pendant la durée de leur Syndicat, deux de ces syndics devaient être spécialement chargés de l’Inspection de la régie des tabacs, postes, contrôle des actes laïcs, etc. qui appartenaient à la Compagnie.

La ferme du tabac devait être administrée par huit régisseurs ayant rang de directeurs de la Compagnie et tenus également du dépôt de 50 actions. Ces régisseurs formaient un corps séparé, mais il s’assemblaient avec les autres directeurs et syndics de la Compagnie des Indes pour les opérations de la direction générale.

La nomination du Directeur , comme celle des syndics, appartenait à l’assemblée des actionnaires, mais pour cette fois seulement l’arrêt pourvut à ces charges, il porte nomination de Baillon de Blancpignon, Raudot, Castagnier, de Présmenil, Godeheu, Bardancourt, Le Cordier, Fromaget, Deshayes, Morin, La Franquerie, et Mouchard.

Les inspecteurs nommés furent de Fortia, conseiller d’Etat, Danycan de Landivisiau; Angran et Pereine de Moras, maîtres des requêtes. Le contrôleur général des finances se nommait Dodun. Un autre arrêt du même jour accorda à la Compagnie des Indes exclusif de la vente de café.

Le premier septembre suivant, un arrêt du Conseil rendu sur le rapport du Contrôleur général des Finances Dodun, aliéna au profit de la Compagnie des Indes , moyennant quatre-vingt six millions, le privilège exclusif de la vente de tabac à partir du premier octobre suivant. Le contrat en fut passé le neuf novembre 1723.

1723 1er septembre  « Devant nous notaires… ont comparu M. Jacques François de Chestobec, Directeur de la Compagnie des Indes à Lorient, demeurant en l’Hôtel de la Compagnie à Lorient , et M. de Talsy, caissier de ladite Compagnie…; et Pierre Verger maître boulanger de ladite Compagnie, entre lesquels a été reconnu que le dit Verger a fourni des biscottes, pains, farines et autres qu’il a fait dans les régies de M.M. de Rigby, Martin ci-devant Directeurs en ce port… »

1723 Escuyer Claude Despinosse, Sieur de Charbonnau, demeurant en la ville de Lorient

1724

23 janvier Délibération dans laquelle  on se résout à consulter M. Renaud , Intendant de la marine, sur la suite à donner aux réclamations des fermiers des impôts pour les droits d’amortissement des propriétés de l’église de Lorient dont le terrain et emplacement avaient été donnés par feu M. Dondel : ( M. de Brou, Intendant de la Province donne l’ordre de payer cet impôt de biens de main morte).

1724 27 mars Décès de Jacques Chandelier, Sieur de la Feronaye, de l’Académie royale des peintres, âgé de 70 ans ( paroisse de Lorient).

1724 23 avril Election de Pégé aux fonctions de Marguillier en remplacement de Souzy ( de même que son précédent, Pégé ne savait signer, mais il se servait d’une griffe dont il apposait l’empreinte au bas des actes où il intervenait : P. Pégé ).

1724 4 mai « Paul-Esprit Feydeau, Chevalier de Brou, Conseiller d’Etat et Commissaire départy pour l’exécution des ordres de sa Majesté en Bretagne.

Vu la requête cy-dessus, nous ordonnons que ceux qui voudront bâtir à Lorient seront tenus de se conformer aux alignements qui ont été donnés par le feu Sieur de Langsade, ingénieur du Roy, à peine de démolition contre les contrevenants à la présente ordonnance  qui sera lue, publiée et affichée où besoin sera à ce qu’on n’en ignore. Fait à Rennes ce 4e may 1724 Signé Feydeau Pour copie Roussart Syndic. » Je n’ai pas trouvé la requête mentionnée en cette ordonnance.

1724 29 octobre et 1er novembre. Rapport dressé au nom du Marguillier Pégé, et écrit de la main de Calmar Villemezec concernant l’exposé de nombreux griefs posés par le Marguillier contre le recteur Cohalan, au sujet de l’administration de la paroisse; en voici le résumé :

Les messes sont dites à des heures irrégulières ; La paroisse a cinq prêtres et il n’est dit que deux messes à l’église Saint-Louis, on célèbre les autres à l’église chapelle et à l’hôpital de la Compagnie qui étaient desservies au temps passé par d’autres célébrants et non par les prêtres  de la paroisse , les mêmes  célébrants ou aumôniers ont été renvoyés à la sollicitation du recteur Cohalan qui reçoit par an environ cent pistoles , ne donne ce qu’il veut à ses prêtres pour desservir les chapelles de la Compagnie. Diminution dans le produit des quêtes appartenant à la fabrique, par suite de l’établissement de deux nouvelles quêtes lors du Saint-Sacrement et des Trépassés, dont les produits sont encaissés séparément pour le compte du recteur. Les livres de la fabrique et l’administration des biens sont entre les mains du recteur, à l’exclusion du Sieur Pégé, fabrique en charge. Le produit des messes recommandées par les particuliers est retenu par le recteur  qui n’en donne aucun compte à la fabrique qui cependant défraie toutes les dépenses de l’église. (Le recteur de Lorient jouissait du revenu assez considérable de l’abbaye de Rillé, accordé par le Roi en 1709 au lieu et place du traitement primitif de 500 livres).

Tous ces reproches longuement développés sont consignés sur le registre de la paroisse, mais sans signature, P. Pégé n’y appose par l’empreinte de sa griffe, suivant son habitude, car il ne savait pas signer. Bientôt même ce rapport fut baillonné et les deux procureurs des confrairies des trépassés et du Saint Sacrement intervinrent pour le démentir. Le 12 janvier 1725, ils signèrent sur le même registre la déclaration suivante : « Nous soussignés procureurs des confrairies du Saint-Sacrement et des défunts érigées en cette église de Lorient par permission de Mgr l’Evêque de Vannes,  certifions n’avoir jamais conseillé au Sieur Calmar dit Vilmezec de Pender, ny d’écrire rien de ce qui est rapporté dans le libelle diffamatoire cy-devant baillonné ou rétracté par luy et reconnaissant qu’il ne contient que des faussetés et des calomnies et ne foy de quoy avons signé. Fait à Lorient, le douzième janvier 1725 , signé Caboureau, Callac procureur de la confrérie des défunts. » Le même jour une déclaration semblable fut signée par les Sieurs Deigou, Collin, Droneau, Verger, G. Genino, Jean Guino, Pégé, Mauguret, Esnée, Alain Morice, délibérants nommés par arrêt du Parlement.

Calmar lui-même consigne de sa main sur le registre des délibérations que les reproches insérés contre le recteur « étaient faux, calomnieux et diffamatoires ».

Le triomphe de l’abbé Cohalan était complet ; et cependant il paraîtrait que les faits qui lui étaient reprochés n’étaient pas sans quelque fondement , puisque peu d’années après le dissentiment entre le recteur et le général de la paroisse fut tel, qu’il fut porté devant le Parlement de Bretagne. Le seize février 1727, voulant régler entre eux leurs griefs, les parties convinrent de leur rapporter à la décision de deux arbitres qu’ils nommeraient. Ces arbitres furent deux avocats d’Hennebont, M. de Hiroir et Audoin père, enjoignirent un troisième arbitre, le Sieur…

1724 8 juillet, Inhumation dans l’église de Notre-Dame du Tertre Hardouin, capitaine du vaisseau l’Annibal.

1724 9 avril Serment devant le sénéchal d’Hennebont du Sieur Charles Ruellan, perruquier barbier baigneur étuviste dans la ville de Lorient. Le 25 avril suivant serment devant le même magistrat du Sieur Louis Bedier, successeur de Hervé, Philippe Mauderet, autre perruquier barbier baigneur étuviste à Lorient.

1724 14 mai Contrat de vente par Guillaume Dacier  à M. Vincent le Costarrec, notaire, sergent royal de la juridiction de Pontscorff de la résidence d’Auray à présent à Lorient, d’un terrain d’héritage joignant au levant le terrain du Sieur Enée, et au nord à la rue du cimetière, au couchant du terrain de défunt Estienne Boullay dit Amelin et au midy du terrain Dacier, leur frère, nommé En-autre-rue ( an-aot-res ?) pour 120 livres.

1724 22 mai « Ce jour vingt deuxième may mille sept cent vingt et quatre, en exécution des ordres de Monseigneur le Prince de Guéméné à nous apparu par Monsieur Dauzon, doyen des conseillers du présidiable de Vannes en chef du conseil des affaires en Bretagne de mander seigneur le prince de Guéméné, et ordre prescrit donné au Sieur Bellondeau procureur fiscal de ladite seigneurie et juridiction de la part du prince Constantin de Rohan, fils de mondit seigneur le prince de Guéméné le quatre juin 1723 estant en la ville de Lorient, pour faire placer au milieu l’enclos de Lorient, appartenant à Messieurs de la Compagnie des Indes, un poteau, avec son carcan, et les armes de monseigneur le prince de Guéméné en bosse , dans les quatre costés du dit poteau , Monsieur Dauzon, estant en la ville de Pontscorff venu exprest pour faire mettre lesdits poteaux , tant dans le dedans de l’enclos de Lorient, que dans le dehors, nous Jean-Claude de Cantoire Sieur de la Villanger licencié aux loix, advocat à la cour, affoué de la juridiction de Lorient, et autres seigneuries appartenant à mondit seigneur le prince de Guéméné et M. Jacques Bellondeau procureur fiscal de la dite seigneurie et autres, appartenantes serait donner lieu à quantité de discussions qui ne sont que trop ordinaires aux personnes de cet état. Nous avons l’exemple de cette exclusion à Saint-Malo. Cette ville a obtenu que les avocats n’auraient point entrée aux assemblées, à fortiori notaires et procureurs…Nous croyons qu’il serait à propos que Votre Grandeur fit rendre au Conseil un arrêt dans lequel Sa Majesté informée de l’état actuel de cette ville, en attendant qu’elle ait pourvu aux charges d’assesseurs et d’échevins, nommât douze habitants de ceux compris dans la liste que nous joignons ici, pour pendant deux ans dans le corps de la ville de Lorient..»

Nous voyons avec plaisir que l’intention de Votre Grandeur est que nous communiquions à M. Desprémesnil comme à notre gouverneur, toutes les affaires de cette ville, nous l’avions prévenu et espérons qu’il voudra bien nous continuer ses bontés et nous aider de ses conseils…

1725

14 janvier « Au 14e janvier 1725, en la sacristie de l’église paroissiale de Lorient,  environ les 4 heures après midi, à l’issue des vêpres avait fait sonner la campane est entré M. le procureur fiscal de la juridiction de Lorient où étaient Messieurs le recteur, Messire Pierre-Elie Léger faisant fonction de maire audit Lorient, par élection de MM. les habitants, aux présences de M. de Richebourg, gouverneur de Portlouis se sont présentés les Sieurs Nicolas Léger, Michel Droneau, Jacques Quinerit, Pierre Verger, Benoist Souzy, François Calmar, Sieur de Vilmezec, Pierre Pégé, Gilles Collin, Julien Beaupré pour son père absent, Mathurin Esnée, malade et le Sieur Antoine Deigou , absents.

« Lesquels délibérant sur ce que le dit Sieur Procureur fiscal a remontré que l’on avait assigné la présente assemblée au prosne de la grande messe le dimanche dernier, 7e du présent mois pour premièrement nommer un greffier pour rapporter les délibérations sur le présent registre ; en second lieu pour nommer un receveur pour la levée du rôle de quatre capitations de la présente année et des égailleurs pour la confection du rôle de la dite capitation et enfin sur tout quoi ils ont unanimement délibéré et nommé le soussigné Me Jean Aubert, notaire de la dite juridiction pour transcrire et rapporter toutes les délibérations au temps à venir.

« Pour délibérations et agir pour le général de ladite paroisse, ont continué les Sieurs Léger père, Michel Droneau, Mathurin Esnée, Pierre Verger, le Sieur Antoine Deigou , Gilles Collin, et avec eux Claude Chastan, Pierre Morier, Allain Morice, René Callac, Joseph-Pierre Dubois et Michel Ferrant ; et pour et pour recevoir et faire la levée et cueillette  de ladite capitation, ils ont recueilli leurs voix et nommé le Sieur Joseph Aché, aussi habitant dudit Lorient, pour esgailleur dudit rôle le Sieur Claude Chastant et Saint-Germain, tailleur des habits.

Le dit Sieur Procureur fiscal a remontré que M. de Richebourg gouverneur du Portlouis voulut bien se donner la peine de se transporter en cette ville pour l’élection d’un syndic et maire audit Lorient ; de sorte que les bourgeois et habitants s’assemblèrent le 19 novembre 1724 et prièrent ledit Sieur Léger, chevalier des ordres royaux et auxiliaires de Notre-Dame de Mont Carmel et de Saint-Lazare, lieutenant garde-côte de la capitainerie de Lorient et y demeurant, de vouloir bien être leur maire et syndic, pour faire avec MM. les juges la police et toutes autres fonctions ordinaires pour les affaires de Sa Majesté , ce qu’il accepta pour faire plaisir aux dits habitants, ce que les délibérantss ici présents déclarent approuver. En conséquence, a été l’élection du Sieur Léger du dit jour dix neuf novembre dernier déposée aux archives de la dite paroisse. Signé de Richebourg, F. de Breun, Plantin et Bellondeau procureur-fiscal, Boistassy, P. Pégé, Roussart, Collin, G.Quinerit, Badezet prêtre en l’absence de M. l’abbé, Jean Genino.

 » Fait délibérer en la sacristie de Lorient, environ des quatre heures de l’après-midi , sous les seings du Sieur recteur. Léger de Kermélo fils, du dit Sieur Procureur fiscal et et des délibérants. SIgné Badezet curé, Léger de Kermélo, Esnée, Bellondeau, P.Fiscal, Roussar, Droneau, Collin, Deigou, Verger, Chastan, J. Souzy, P. Morice, P. Pégé, Aubert greffier. »

1725 . 5 février Inhumation dans le choeur de l’église, du côté de l’évangile, de Dame Marie Pépin, épouse d’écuyer Gilles le Brun de la Franquerie, Directeur général de la Compagnie des Indes.

1725 26 mai Adjudication du bail de quelques cabanes construites en appentis contre l’Eglise de Lorient et lui appartenant. Les cabanes du côté sud obtiennent des prix plus avantageux que celles du côté nord : 45 livres les premières et 30 livres seulement chacune des secondes ; cette adjudication produit un revenu annuel de 360 livres . Il y avait six cabanes au nord et trois au sud.

1725 2 avril Thomas Goubert , entrepreneur et architecte entretenu tant au service du roi qu’à celui de M.M. de la Compagnie des Indes au port de Lorient, passe un marché pour la commission de parties du château de Kerdreho en Plouay, appartenant au comte de Bosderu(?)

1725 mois de juin Edit de confirmation des privilèges, concessions et aliénations faites à la Compagnie des Indes. Voici les principales dispositions de cet édit disposé en 19 articles

 » Louis, en … Nous avons au mois d’ août 1717 créé et établi une compagnie de commerce maritime sous le nom de Compagnie d’Occident. Depuis cela, ayant reconnu que diverses autres compagnies de commerce établies sous le règne du feu roi…étaient tombées dans un tel anéantissement que nos sujets étaient obligés de tirer des étrangers des marchandises que ces compagnies avaient dû leur procurer, nous avons jugé qu’il convenait au bien de notre Estat de réunir les différents privilèges de commerce exclusif, cy-devant concédés à ces compagnies particulières  , à celle d’Occident que nous avons nommé Compagnie des Indes, afin que toutes ces parties réunies puissent respectivement se soutenir; et nous avons la satisfaction de voir l’utilité de cette réunion…Nous avons fait examiner en notre conseil les moyens d’affermir et soutenir de plus en plus la Compagnie des Indes en confirmant en la forme la plus authentique les privilèges exclusifs des différents commerces que nous luy avons concédés jusqu’à présent et quisont de nature à ne pouvoir être utiles s’ils étaient libres …Notre intention étant que la Compagnie serve à l’accroissement du commerce de notre royaume , sans affaiblir celui des négociants particuliers…Voulons et nous plaist :

Art. 1er  Que la Compagnie des Indes créée sous le nom de Compagnie d’Occident , par nos lettres patentes du moi d’août 1717 jouisse à perpétuité des privilèges et concessions que nous luy avons accordées..

Art. 2 La Compagnie des Indes jouira du privilège exclusif du commerce dans toutes les mers des Indes , au-delà de la ligne, les isles de Bourbon et de France et de toutes les colonies et comptoirs établis ou à établir dans les différents états d’Asie et de la côte orientale d’Afrique, depuis le Cap de Bonne-Espérance jusqu’à la mer rouge, ainsi qu’en ont joui ou dû jouir la Compagnie des Indes orientales établie par édit du mois d’août 1664 pour 50 années , dont les privilèges ont été augmentés ou confirmés par la déclaration du mois de février 1685, et prorogée pour dix autres années, à commencer du premier avril 1715, par déclaration du 29 septembre 1714….Ensemble les privilèges accordés à la Compagnie particulière de la Chine par arrêt de notre conseil des 28 septembre 1712 et lettres patentes du 19 février 1713…

Art. 3 Ladite Compagnie jouira du commerce exclusif de la traite des nègres , prendre l’or et autres marchandises à la Coste d’Afrique, depuis la rivière de Sierra-Leone, inclusivement jusqu’au Cap de Bonne-Espérance, ainsi qu’en a joui et dû jouir la Compagnie de Guinée qui avait été establie par lettres patentes le mois de janvier 1685…

Art. 4 Ladite Compagnie ayant acquis le quinze décembre 1718 le privilège et les effets de la Compagnie du Sénégal, establi par lettres patentes du mois de mars 1696, elle jouira seule du commerce de la traite des nègres, cuir, morphil, poudre d’or et autres marchandises depuis le Cap blanc jusqu’à la rivière de Sierra-Leone exclusivement…

Art. 19 en dernier  Tous procès qui pourraient naître en France pour raison des affaires de la Compagnie seront terminés et jugés par les juges conseils à Paris…et quant aux matières criminelles dans lesquelles la Compagnie serait partie soit en demandant, soit en défendant, elles seront jugées par les juges ordinaires.. » Dodun était alors Contrôleur général des finances.

1725 Le vaisseau Le Royal-Philippe, désarmé à Lorient, mention du vaisseau le Jupiter

1725 20 mars Acte de décès Ficho, faisant mention des Sieurs Morin, préfet de la Congrégation de Lorient; Mégard , Chastant et Callac officiers de cette congrégation

1725 Michel Ferrand, marchand à Lorient

1725 Ecuyer Balthazar Plantin, commandant des troupes entretenues pour la garde du port.

1726

11 mai Election du Marguillier, ou fabrique trésorier Pierre Blanchet est nommé malgré de vives oppositions. Les opposants refusent de signer la délibération, le prêtre Le Bot, qui représentait le recteur est du nombre. Le recteur, le procureur fiscal de la juridiction de Lorient, et le fabrique-trésorier avaient chacun une clé du trésor de l’église

1724 26 février Arrêt du Conseil du Roi qui ordonne l’exécution des règlements concernant le commerce maritime et la Compagnie des Indes ; avoir défendu à tous les sujets du roi d’envoyer leurs vaisseaux dans les pays de la concession, à peine d confiscation des vaisseaux et marchandises, dont les deux tiers au profit de la compagnie et l’autre tiers au profit des dénonciateurs, et en outre 3000 livres d’amende applicables à l’hôpital de Lorient.

1726 Le minot de seigle vaut 9 livres 5 sols Le minot est une unité de mesure de capacité.

1727

19 janvier Election dans la sacristie de l’église paroissiale de Lorient, par les délibérants de la paroisse, en présence du recteur et du procureur fiscal, du Sieur Blanchet en qualité de syndic pour deux ans « pour vaquer aux affaires du général de la paroisse sous les ordres de M. de Richebourg, gouverneur des villes et citadelle du Portlouis en Blavet, pour les affaires de Sa Majesté, faire exécuter les polices qui seront ordonnées pour l’utilité du public et des habitants de Lorient; pour représenter pour le général de la paroisse pour leur intérêt, proposer et défendre suivant la manière ordinaire et jouir des exemptions, honneurs et privilèges à la manière accoutumée en la province. » Blanchet fut nommé parce qu’il était fabrique « attendu est-il dit au procès-verbal de cette élection, qu’il est d’usage général en toutes les paroisses que les fabriques font aussi la fonction de syndic et l’un et l’autre pour toutes les affaires du général des paroisses. » Le recteur Cohalan fait suivre sa signature de cette singulière restriction : l’abbé Cohalan recteur ( et au-dessous ) pour cette délibération seulement. Et en effet, on remarque l’abstention de ce recteur dans toutes les délibérations qui suivent et qui ne traitent que des affaires civiles de la paroisse.

1727 12 février Adjudication du Conseil de Carême aux deux bouchers Guillaume Guillas et Jacques Rebours, moyennant 105 livres, et à charge de vendre la viande de boeuf, mouton et veau 4 sols la livre.

1727 14 février Etienne Menar prend le marché de la reconfection de la couverture des halles de la boucherie pour le prix de 31 livres, un traité est passé à cet effet entre lui et les fabriques en charge et les délibérants agissant au nom du général de la paroisse

1727 16 février Assemblée de la paroisse  dans laquelle les délibérants représentent le corps politique de la Paroisse d’une part, et l’abbé Cohalan , recteur, d’une autre, conviennent de nommer des arbitres pour statuer sur les différents qui la divisaient. Diverses délibérations du même jour témoignent de la mésintelligence qui existait entre le recteur et le trésorier Blanchet. Le procureur fiscal Bellondeau paraît soutenir ce dernier. Le même jour, les Sieurs Léger, Deigou, Roussar, Verger, Droneau, Callac, Allain et Pierre Mauclerc, Ferrand, Collin, Chartan et Lasserre Duboys, délibérants en exercice dont les pouvoirs étaient expirés, procèdent à la nomination de leurs successeurs qui sont les Sieurs Jean Genino, Pierre Morin, Mathurin Enée, Joseph Aché, Beaupré fils, Pierre Pégé, Benoist Souzy, François Calmar, Joseph le Glet dit Des Freches, Jean Gournennec, Jacques Quinerit et Jean-Louis Bourges : leurs fonctions doivent durer une année.

1727 28 avril Election d’Enée aux fonctions de fabrique et par conséquent de syndic, en remplacement de Blanchet qui résigna ses fonctions

1727 2 juin « Le deux juin 1727, en la sacristie de l’église paroissiale de Lorient, environ les 3 à 4 heures de l’après-midi, après avoir fait sonner la campane à la manière accoutumée, où étaient M.M. Enée, Blanchet, Léger, Droneau, Genino frères, Dubois de la Serre, Caboureau, Souzy, Pégé, Saint-Martin; Jean-Louis Bourges, Gournennec, Roussar et autres notables, de la dite paroisse, lesquels sont convenus que la grande croix d’argent quand elle sortira sera payée vingt sols, quand elle ne sortira pas, dix sols, le drap mortuaire neuf sortant une livre cinq, restant dans l’église une livre, le devant d’autel neuf une livre la chasuble, la dalmatique, la tunique une livre, l’encens 4 sols, les messes de mort, un sol pièce, dont le tiers sera au sacristain, le vieux drap mortuaire dix sols, la petite croix d’argent à cinq sols, les cierges entamés deux sols pièce, les cierges aux enterrements deux sols six deniers… » Il est à remarquer que le recteur de Lorient n’est ni présent, ni représenté à cette réunion importante , qui l’intéresse cependant directement.

1727 10 août, délibération du conseil de fabrique portant que le terrain restant libre à la suite des cabanes construites en appui le long du mur extérieur du cimetière, « jusqu’au bout de la muraille qui joint la halle du nord, comme aussi le terrain au bout de la halle du midi »  sera vendu à domaine congéable suivant l’usement du pays, par le Sieur Enée, fabrique en charge. L’usement est un ancien terme de droit  appliqué aux usages locaux : dans la Coutume de Bretagne on note l’usement de Rohan, l’usement de Cournouaille, l’usement de Broerec, de Poher, de Trégor

1727 31 juillet Saisie d’une maison « ayant de long 58 pied et donnant du midy sur la rue de Kerveret, du couchant sur une petite rue qui va au manoir du Faouëdic, ayant des ouvertures sur les deux rues, savoir sur la rue de Kerverot une porte et cinq fenêtres…sur l’autre une porte et onze fenêtres aussi de taille…appartenant à Charles de Mauguerec demeurant à Lorient

1728

11 avril Election de Georges Genino aux fonctions de fabrique et et conséquemment de syndic de Lorient, en remplacement de Mathurin Enée, dont la fonction expirait, délibérants entrant en fonction le même jour : illisible

1728 9 décembre Commission de Major au Commandant au bourg de Lorient, accordée par le roi, à Marly, au Sieur Duvernay, capitaine du régiment de Lorraine, infanterie. Cette commission lui est délivrée pour trois ans, sous l’autorité du Commandant de Portlouis. L’autorité du Major s’étendait sur toute la population, civile ou militaire

1728 Mention du vaisseau Le Lys

1728 27 mars Dès 1719, la Compagnie des Indes eut un hôpital hors de son établissement du Parc et de l’Enclos. L’installation de cet hôpital se fit dans une maison appartenant au Directeur de Rigby. Située dans la rue actuelle du port,  à l’emplacement de la maison du Sieur Téson tenant le magasin de nouveautés de la ville de Lorient. Cette maison ayant été saisie par les créanciers et la succession du Directeur de Rigby,  fut adjugée au Sieur Bernard Marchand , commerçant du Portlouis, à l’audience de la juridiction de Lorient du 24 avril 1728. Voici un extrait du procès-verbal de saisie qui donne la description de cet hôpital,  ( Procès-verbal du 27 mars 1728 de Du Péresmo, huissier à Pontscorff ) :

« Une maison ayant son entrée du nord de la grande rue de Lorient, par une porte cochère sans paillasse, avec autre petite portee , dans la cour, le dit corps de logis ouvrant au levant ayant de long cent soixante huit pieds, de flanc quinze pieds, la façade de la dite cour et logis sur la rue ayant 66 pieds également que du midy qui donne sur le rivage de la mer. Dans le mur sur le devant de la cour trois portes et autant de cheminées à carrés de bois et jambage de maçonnerie… » Cette maison fut adjugée de nouveau le 18 septembre 1728 à M. Bossu, Procureur de M. Dondel, moyennat 3000 livres

1728 4 juillet Adjudication de la charpente de l’église paroissiale de Saint-Louis, au Sieur Beaupré, pour le prix de 545 livres. Voici le devis de ces travaux : « 9 fermes garnies comme ceux qui ont esté faites cy-devant qui serviront de modelles ; un dome ? de huit à neuf pieds au dessus du faite de la dite église et un autre puit dome suivant la proportion , le tout bien assemblé, , de l’assemblage nécessaire pour un pareil ouvrage qui sera fait à huit pen ? et mis en place sur les premiers et sur le pignon..Les deux fermes qui porteront le clocher seront plus fortes que les autres. »

1728 17 août François le Quitte et Sébastien Goudié prennent la suite des travaux de maçonnerie de l’église. On remarque ce qui suit dans les conditions du marché : « Je m’oblige ( à construire ) deux niches de pierres de taille de la grandeur de celles qui sont faites à côté de la porte, les dites niches seront placées à côté du bas du vitrau situé sur la grande porte… »

Le même jour adjudication de la couverture  du ressaut de l’église et du clocher, au rabais, au Sieur Dudard, couvreur, au prix de onze livres 5 sols la toise. Plus tard, Menard fut chargé du même travail moyennant dix livres la toise. Tous ces travaux endettèrent la ville qui fut obligée de contracter un emprunt de 3000 livres le 28 novembre 1728, et d’autoriser le syndic Genino à contracter un second emprunt à 1500 livres pour les mêmes dépenses.

1728 26 décembre  Pierre Morice en adjudication de la fourniture de 5 chassis des croisées de l’église pour le prix de 285 livres

1729 2 mars Adjudication du couteau de carême. Le prix de la viande est fixé à 4 sols 8 deniers la livre pour les habitants et à 3 sols pour les troupes

1729 10 avril Audience de la juridiction de Lorient, retrait féodal exercé au nom des héritiers sous bénéfice et inventaire du Prince de Guéméné, sur la Compagnie des Indes d’une maison indépendante de la succession d’Ecuyer Edouard de Rigby, en son vivant Directeur de la Compagnie des Indes, décédé . Cette maison, cour, jardin, dépendance avec terrain près le rivage de la mer, au bas de la rue du Faouëdic, ( occupant l’emplacement du tribunal civil actuel )

1729

9 janvier Assemblée des notables délibérants de la paroisse de Lorient,tenue en la sacristie de l’église paroissiale , en présence du major Duvernay, et du commandant du Portlouis, de Risquebourg. Il s’agit de la nomination d’un syndic; Antoine Deigou fut élu à cette charge, pour deux ans.

Georges Genino, syndic actuel, dont la durée des fonctions n’est pas expirée, ne reconnaît pas la validité de cette élection, car il persiste à signer à toutes les délibérations suivantes comme fabrique et syndic , jusqu’au 1er mai suivant. Ce jour-là nouvelle élection dans laquelle Jean Génino, frère de Georges fut élu malgré une très vive opposition. Cette élection fut immédiatement attaquée par Antoine Deigou, l’élu du neuf janvier , qui porta l’affaire au Parlement de Rennes. Deigou est soutenu dans cette résistance par un grand nombre d’habitants qui demandent « une injonction au recteur de Lorient de publier l’arrest à intervenir et de convoquer l’assemblée avec défense de troubler les délibérations. »

Le 2 juin suivant intervint l’arrêt du Parlement qui annula l’élection de Jean Génino, et ordonna la délibération de douze délibérants pour procéder immédiatement à l’élection d’un nouveau fabrique non suspect autre que le dit Genino. On exécute l’arrêt, et dans une nouvelle élection, Chartan est nommé fabrique.

Mais l’abbé Cohalan, l’instigateur de toute cette discorde ne se tint pas pour battu ; aussitôt Chartan nommé, il l’assigne devant le Présidial de Vannes « pour avoir un logement au presbytère ou des arrérages qu’il fixe à 2700 livres. »

Le Présidial de Vannes rendit le 20 juin 1731 une sentence favorable à l’abbé Cohalan ; cette sentence fut confirmée en appel par Arrêt du Parlement du 7 septembre suivant. Dans cette situation, le recteur et ses paroissiens vinrent à transiger. En vertu de délibération du sept octobre 1731, le général de la paroisse s’engagea à payer annuellement et à partir du 6 août 1729, une indemnité de logement de 200 livres au recteur Cohalan, et à payer 240 livres pour frais de procès. De son côté, l’abbé Cohalan renonça à tous droits dans les oblations et dons qui seraient faits à l’église paroissiale et aux chapelles. L’acte de cette transaction fut rapporté par les notaires d’Hennebont.

Cependant les difficultés n’avaient pas été tranchées et l’exécution même de cette transaction entraîna de nouveaux procès entre Cohalan et les paroissiens. Le Parlement de Rennes saisi de nouveau des intérêts des deux parties  rendit la 4 septembre 1732  un nouvel arrêt par lequel il ordonnait que les « arrêts relatifs aux délibérations et aux assemblées de paroisse, spécialement celui du 28 mai 1718 seraient exécutés…. avec défense aux curés, prêtres de paroisse d’assister aux délibérations, d’insulter les juges et le Procureur fiscal, ni causer aucun trouble… »

Le Parlement commit un de ses membres, Geffroy de la Villeblanche qui rapprocha les parties dans une assemblée du 12 octobre 1732, et par arrêt définitif du trois décembre suivant, le Parlement de Rennes ordonna l’exécution de la transaction du sept octobre 1731

1729 31 juillet Chartan est nommé fabrique en place de Genino

1729 27 février Quinerit est adjudicataire du vitrage des croisées de l’église pour le prix de 12 sols le pied de roi Le pied de roi est une mesure de longueur :  0, 32483 m, censé être la mesure du pied de Charlemagne. Il se subdivise en 12 pouces de 2,706 cm chacun.

1729 13 mars Julien Pennen est adjudicataire de la façon de la grande porte de l’église au prix de 60 livres. Le même jour marché passé avec Julien Huet, fondeur demeurant à Vannes pour la fourniture de deux cloches, l’une du poids de 400 livres, l’autre de 300 livres, au prix de 9 sols la livre à charge pour la paroisse de lui fournir métal, matériaux et journalier nécessaires

1729 6 mai Dame Marguerite Lemasson, épouse de noble homme Joseph Le Blanc, ancien consul de France à Salonique, et de lui fondée de procuration du 9 septembre 1727, délivrée par le chancelier du consulat de France de la ville d’Ancône, ladite Dame demeurant en son manoir du Faouëdic, paroisse de Ploemeur, signature Marguerite Le Masson Blanc de Faouëdic, Bellondeau notaire

1729 17 juillet Eléction de délibérants: furent élus Enée, Blanchet, Calmar, Pégé, Souzy, Filouze, Verger, Roussar, Colin, Morel père, Ferrand

1729 2 octobre Le fabrique Chastan est autorisé à faire faire un tambour en dedans de l’église, à la grande porte

1729 11 décembre Michel Droneau et Allain Morice sont élus délibérants en remplacement de Gilles Collin et de Joseph Aché, décédés

Vaisseaux de la Compagnie des Indes

1729 2 janvier Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes L’Argonaute, à destination de la Chine, commandé par le chevalier Duguay, enseigne de vaisseau

1729 4 février départ de La Vénus, appartenant à  la Compagnie des Indes, destination du Sénégal : capitaine Gautier de la Renaudaye, de Saint-Malo

1729 4 février départ de Lorient du vaisseau de la Compagnie des Indes L’Hannibal, à destination du Sénégal. Capitaine Charles de Kerguénel, du Portlouis. Lieutenant Ignace Bart, de Dunkerque

1729 15 mars Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes Le Duc de Chartes, capitaine Jacques de Marquayssac

1729 16 mars Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes La Durance, capitaine Louis-Laurent Duplessy-Aubin, du Hâvre

1729 16 avril Départ de navire de la Compagnie des Indes, capitaine Jean Capeau

1729 29 mai Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes Le Cigne, de trente tonneaux à destination du Sénégal, capitaine Charles Pigeon

1729 8 octobre Inhumation d’Ecuyer Balthazar Plantin, chevalier de Saint-Louis, âgé de soixante ans. Il commandait la compagnie d’infanterie  de la Compagnie des Indes. Il fut remplacé par M. Bessan

1729 13 octobre départ du vaisseau de la Compagnie des Indes La Baleine, de 390 tonneaux, armé de 12 canons, capitaine Nicolas Huot de Vauberey, de Paris; Jacques Touffreville, enseigne, et Ecrivain, de Moutinvillers

1729 14 octobre départ du vaisseau de la Compagnie des Indes Le Mars, capitaine Louis Drias, de Portlouis, destination la Chine

1729 25 octobre Départ du Duc d’Orléans, vaisseau de la Compagnie des Indes, commandé par François Pomet de Lorient; Charles Junnot des Fontaines de Lorient, enseigne et écrivain

1729 29 octobre départ du vaisseau de la Compagnie des Indes L’Atalante, capitaine M. de Beauregard

1730

9 janvier Jean Caboureau élu délibérant en place de François Roussar décédé

1730 26 mars Contrat de vente au rapport de Jean Poirier, notaire à Lorient, de la foncialité ? d’une maison bâtie sur un terrain appelé Douar-Kermadehoué, à Lorient, paroisse Saint-Louis

1730 25 juin Les fabriques Chastan et Michel Ferrand sont autorisés à passer les marchés nécessaires pour els travaux « tant en dehors qu’en dedans du clocher pour mettre la 3e cloche, refaire la plateforme et le beffroi pour mettre ladite cloche ».

1730 23 octobre La Compagnie des Indes afferme le château de Tréfaven appartenant au Prince de Guéméné moyennant 430 livres par an. La Compagnie était représentée à l’occasion de ce bail par M. de Fayte, et le Prince de Guéméné par M. de la Pierre de Ménéguen

1730 30 octobre A l’issue de la messe paroissiale, le procureur fiscal fait publier les droits du Prince de Guéméné résultant de l’arrêt rendu au Roi par Anne de Rohan, Prince de Guéméné ( 1683 ), « de percevoir des impôts sur les navires, barques et chaloupes qui débarquent des marchandises aux ports des rivières de Blavet, Hennebont et Pontscorff, et leurs dépendances. »

1730 7 novembre Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant défense aux habitants de Lorient de bâtir et couvrir leurs maisons pour le temps à venir qu’en couvertures d’ardoises, de couvrir aucune maison en paille sous peine de 500 livres d’amende, ni de la réparer

1730 12 novembre Le procureur fiscal agissant au nom du Prince de Guéméné fait publier à l’issue de la grand messe l’obligation pour le shabitants de Lorient de faire cuire leur pain aux fours banaux , et l’interdiction aux boulangers étrangers d’apporter et de vendre du pain à Lorient, à l’exception du samedi, pour le marché, sous peine d’amende

1730 8 janvier Jean Caboureau élu délibérant en place de François Roussar décédé

1730 13 avril Chastan réélu fabrique, Michel Ferrand lui est adjoint. Le même jour règlement de compte de Pégé, serrurier qui renouvelle la promesse de donner une horloge à l’église, lorsqu’il aura touché ce qui lui est dû

1730 17 octobre Antoine Deigou, Mathurin Nicol, Julien Beaupré et Pierre Morice sont nommés délibérants « en place de ceux qui manquent. »

1730 François Dupillier,maître d’école.

1731

11 mars Délibération du corps politique de Lorient au sujet de la communauté d’une lettre par laquelle M. de la Tout, intendant de Bretagne informe son délégué à Hennebont, M. Bréart de Boisanger sénéchal, que le Prince de Guéméné a présenté une requête au conseil du roi pour être autorisé à imposer sur les habitants de Lorient une double rente seigneuriale, moyennant laquelle il se chargerait de paver le milieu des rues de Lorient et de l’entretien de ces pavés. L’assemblée décide qu’elle s’oppose à cette demande du Prince de Guéméné , « attendu

– 1° qu’une pareille imposition surchargerait infiniment leurs maisons, chaque habitant ayant d’ailleurs pavé au devant de leurs maisons dans les rues principales, la largeur de 8, 10 et 12 pieds, de sorte que l’on peut passer facilement ,

– 2° que les deniers d’octroi ne seraient pas moins onéreux, attendu qu’ils attireraient  beaucoup de charges dans une paroisse où l’on ne vit que de la journée de chaque père de famille; et si la compagnie ne s’était pas établie en ce port et que l’on eut le malheur de la perdre, il faudrait tout abandonner, et le port du royaume le plus beau deviendrait un désert comme il a été ci-devant, que le roi serait supplié de favoriser le commerce de Lorient qui deviendrait ainsi une ville florissante, surtout si la compagnie y faisait des ventes. »

Le 26 mars suivant, autre délibération sur le même objet. Les délibérants persistèrent dans leur résolution de s’opposer aux desseins du prince de Guéméné, offrant plutôt de se charger eux-mêmes de l’achèvement de leurs pavés et de leur entretien, que de permettre de créer une nouvelle rente seigneuriale au profit du prince de Guéméné, seigneur du fief, qui retirait déjà le principal profit de l’accroissement de Lorient, par l’augmentation  de ses droits de lods en vente, greffes, charges, vacances et autres droits de fiefs.

Et pour enlever tous prétextes au Prince de Guéméné d’insister sur la demande du roi, le général de la paroisse décida le 8 avril 1731 que les pavés seraient confinés vis à vis de terrains non bâtis aux frais des propriétaires de ces terrains.

1731 30 juin Ordonnance de l’intendant de Bretagne qui oblige le syndic élu à Lorient à accepter cette charge à peine de 100 livres d’amende. Le 15 juillet suivant Calmar de Villemezec fut élu syndic pour 2 ans.

1732

6 décembre Noble homme Nicolas Léger, écuyer, commissaire général garde-coste de la capitainerie de Lorient, y demeurant, baille à Joseph Couponay et Henriette Françoise Lequesne son épouse, demeurant à Lorient, à titre de domaine congéable, un terrain et emplacement à bâtir situé en la rue Légère, faisant face sur la rue du Puits et la nouvelle rue qui est percée pour aller à l’église Saint-Louis de Lorient, le dit terrain ayant 34 pieds de face sur 60 de profondeur…pour sur icelluy bâtir ou construire telles maisons et édifices qu’ils jugeront à propos sans qu’ils puissent occuper ni offusquer la rue aux cabanes bâties et construites par le nommé Le Gall qui sont vis à vis du terrain susmentionné…moyennant 25 livres, 10 sous de rente ; « Les preneurs laisseront la distance nécessaire pour écoulement des eaux par le canal actuellement existant »  Sorin notaire

Le terrain en question forme l’angle des rues actuelles, des Colonies et du Morbihan, et le canal dont il s’agit est celui qui sépare le tribunal civil des propriétés Vallier et autres et qui descend du cul de sac, rue du Morbihan, à la rue de l’hôpital. La maison Léger, qui donnait le nom à la rue Légère était située à l’angle des rues de l’hôpital  et des colonies, actuellement occupée par M. Vallier, rue des colonies, 1874, a été construite sur un terrain dépendant de la maison Léger. La maison qui fait l’angle vis à vis , nouvellement construite, a remplacé un édifice portant le millésime 1702.

1733 23 mai « A paris, 23 may 1733…à Monsieur Duvernay, commandant à Lorient, La Compagnie m’ayant informé, Monsieur, de l’incendie arrivé dans la ville de Lorient dans la nuit du 7 au 8 de ce mois, qui n’ a été causé que par la mauvaise construction de quantité de petites maisons ou chaumières couvertes en paille. Il est de l’intérêt public et d’une extrême conséquence pour la compagnie d’empêcher qu’on qu’on en rétablisse les maisons brûlées qu’avec des murs de moëllons, et des couvertures en ardoises. Vous devrez pour cet effet assembler la communauté et lui dire que vu le grand établissement que fait la compagnie actuellement au port de L’Orient, qui y attirera un nombre infini de négociants qui fera dans la suite leur richesse, l’intention du roi est qu’aux approches de la corderie et du parc, il ne soit construit aucune maison qu’en moëllons, couvertes d’ardoises, et qu’elle ait à prendre une délibération dont vous m’enverrez une expédition en forme. Que pour la plus grande sûreté du parc et enclos de L’Orient, de donne ordre à la compagnie d’acquérir de gré à gré plusieurs maisons et emplacements de jardins joignant la corderie, pour parer aux inconvénients, l’intention de Sa Majesté étant qu’il soit fait un mur de clôture en dedans de la ville, auquel il ne sera adossé aucun bâtiment. La compagnie en écrit à M. d’Espréménil et vous me ferez plaisir de concerter avec lui les différents ménagements à prendre. J’attends votre réponse que vous m’enverrez le plus tôt qu’il vous sera possible. Je suis, Monsieur, votre affectionné serviteur », signé Orry, Contrôleur général des finances.

Cette lettre fut lue par le Commaissaire Duvernay à l’assemblée du général de la paroisse le 31 mai 1733. Dans une délibération du même jour, cette assemblée prit la résolution de se conformer aux intentions du roi. Cette délibération porte les signatures suivants : Verney, Kerlero, Bellondeau, procureur fiscal ; Blanchet ; Deigou; Ferrand; Monistrol; Gougeard; Morin; Droneau; Esnée; Caboureau; Barbarin; Pierre Morice; Le Roux, La Terre du Bois; Chartan; Perault; La Fontaine-Gougerad; Lesné; Beaupré; M. Nicol; P.Pégé comme d’habiture a apposé l’empreinte de sa griffe, sachant signer.

1733 1er septembre. La première pierre des magasins neufs construits par la Compagnie des Indes pour la vente des marchandises à Lorient, fut placée avec une grande solennité le premier septembre 1733, ainsi que l’indiquent certaines dépenses que j’ai relevées sur un compte particulier intitulé » Compte-courant », spécial aux dépenses de ce vaste édifice:

« Pour rubans qu’elle a fourni ( La Compagnie ), pour les cocardes de la Compagnie de Rosné au sujet de la position de la première pierre : 32 Livres ; Le tout pour frais de la cérémonie observée à la position des médailles sous la première pierre des magasins neufs destinés pour les ventes : 404 L 10 s; La position de la rpemière pierre pour recevoir les médailles d’argent et de bronze ont été mises le 1er septembre 1733 ».

Voici d’autres articles de dépenses pour le même objet, extraits du même Compte courant : « Le 13 mai 1733 payé à M. Cosse Directeur des Médailles pour celle qu’il a fournies pour les bâtiments 4704 L 17 s; Le 30 dudit on a payé à M. Gabriel pour gratifications et frais de voyage qu’il a fait à L’Orient des dits magasins 6000 L ;  Le 24 janvier 1736,payé au dit Sieur Gabriel 6000 L; Le 22 octobre 1735 payé au Sieur Quéret pour frais de voyage et gratifications : 600 L ; Le 28 mai 1736 payé aux Sieurs Guillois et consorts, en exécution de la délibération de la Compagnie du 11 du dit mois, pour l’indemnité et autres causes et raisons détaillons dans la délibération qui annule l’adjudication des magasins des ventes 30 000 livres dont le port de Lorient et seulement chargé des bâtiments de 20 000 livres, partant restent les charges de 10 000 livres. »

A partir du mois de juillet 136 la Compagnie des Indes fit exécuter ces immenses travaux, en régie ; à ce moment les dépenses s’élevaient à 429 798 livres 11 sols 8 deniers, outre 19 388 livres de fournitures tirées des magasins de la compagnie, et celle-ci dessus de 17 304 livres 17 sols. M. Quéret était inspecteur des travaux, M. Gabriel architecte; et M. de Saint-Pierre , ingénieur des bâtiments du roi, avait été nommé par la Compagnie des Indes pour la conduite des magasins neufs, aux appointements de 2400 livres à compter du 3 février 1732, suivant lettre confirmative écrite par la Compagnie, à M. d’Espréménil, Directeur à Lorient, le 10 janvier 1733; le 2 mars 1736, les appointements de M. de Saint-Pierre furent réduits à 18000 livres, mais en 1739, ils figurent sur le compte courant au taux de 2800 livres et de 3000 livres en 1740. Au mois de mars 1746, le compte des travaux des magasins neufs s’élève à la somme énorme de 2.444.779 livres; cependant ce chiffre doit comprendre , pour ce que j’ai pu le vérifier exactement, des dépenses étrangères à ces bâtiments, puis que j’y ai relevé des articles de dépenses concernant les tuyaux des fontaines à moins qu’il ne s’agisse des travaux pour amener l’eau des fontaines à ces vastes magasins neufs.

1733 21 octobre. Quittance de 12 500 livres restant de celle de 15 500 , prix de vente constaté par M. Joseph le Blanc, ancien consul de France parmi les pays étrangers, pour lui et au nom de Dame Marguerite Le Maçon son épouse, à écuyer Jacques Duval, seigneur Despréménil, chevalier de Saint-Michel, Directeur général de la Compagnie des Indes au port de Lorient,  de la terre et lieu noble du Faouëdic et des dépendances près Lorient, vente faite le 14 mars 1733 par acte de Lafargue, notaire à Lorient, signature Le Blanc de Faoedic.

1734

5 avril Contrat de vente au rapport de Cadoux notaire à Lorient, d’un terrain et emplacement « fixé au midy du cimetière de l’église paroissiale de Lorient, paroisse Saint-Louis, jusqu’au rivage de la mer et qui est coupé par la moitié de la grande rue… »

1734 31 juillet « Le 31 juillet 1734 a été inhumé dans l’église de Lorient le corps de noble homme Joseph Le Blanc, âgé de 59 ans, mort d’hier. Ont assisté Messieurs Touglar, de Liron, Busler et autres. En foy de quoi fut signé Cohalan recteur de Lorient. Ce Joseph Le Blanc a donné son nom à la partie orientale de la terre noble du Faouëdic.

1734 21 mars Délibération qui charge la fabrique de faire couvrir d’ardoises les colonnes du clocher de l’église aussi bien que le plafond

1734 16 mai Election d’Etienne Perrault, marchand-négociant à la charge de Fabrique, en remplacement de Jérôme Gougeard, Sieur de la Fontaine, fabrique sortant. Pérault, âgé d’environ 36 ans , époux de femme Peppin, était établi à Lorient depuis 7 ans.

1734 16 mai Délibération autorisant le Sieur Le Moenne, fondeur, à fondre le timbre de l’horloge « sans inscription ni armes que seulement la date de l’année. »

1734 3 février Inhumation dans le cimetière de Lorient d’une fille morte chez les Dames de la Miséricorde. J’ignore quand et comment ces religieuses venaient de se fixer à Lorient. Peut-être était-ce une congrégation laïque organisée auprès des habitants de Lorient, voyez page 210.

1734 2 février Arrêt du Conseil du Roi qui ordonne la démolition des couvertures des maisons établies en chaume depuis et malgré la défense faite le 7 novembre 1730, et leur reconstruction en ardoises, aux frais des propriétaires.

1735

20 avril Contrat de vente au rapport de Gouzronc, notaire à Lorient, d’un terrain faisant face sur la rue du Faouëdic, qui conduit à la petite porte à la rue des Invalides

1735 20 août Le sénéchal de Lorient prononce contre M. Pierre Kerdal , notaire et procureur à Lorient, l’interdiction de ses fonctions, par le motif qu’il tient cabaret. Cette interdiction fut levée le 3 septembre suivant.

1735 12 septembre Contrat de vente ( Bellondeau notaire à Lorient ), par Constantin de Rohan, faisant pour le Prince de Guéméné, au profit des Sieurs François Louis Cosse et Mathieu Fournier, officiers de vaisseau de la Compagnie des Indes, d’un terrain faisant partie du jardin de la maison du Prince de Guéméné, située rue du Faouëdic, par lui retirée féodalement sur la Compagnie des Indes qui l’avaient acquis des créanciers de Rigby, ancien directeur de la compagnie « ladite portion de terrain contenant soixante deux pieds 3 pouces de fossés donnant du couchant sur la rue de l’église paroissiale maintenant nommée la rue de Rohan allant à Kerantreich, et que mon dit Seigneur le Prince veut faire continuer en l’ouvrant au travers de son jardin, abouttant au midi et tout le long sur un terrain du dit jardin afféagé au Sieur Joseph Berger , sur 45 pieds de profondeur du côté du levant, et le dit jardin joignant du nord sur un terrain appartenant aux héritiers Le Cornec dit La Rivière; le dit terrain contenant une profondeur sur la même largeur quarante cinq pieds… »

1735 14 novembre. La plupart des maisons, ou pour parler plus précisément des baraques en bois et terrasses couvertes en paille ou toile goudronnée, élevées çà et là, dans l’intérieur de l’enclos de la Compagnie des Indes, à charge d’une rente annuelle de cinq sols par pied de façade; ces baraques qui ne comportaient guère qu’une ou deux pièces de rez-de-chaussée, sans chambre et même souvent sans grenier, étaient de prix minime valeur.Ce fut l’ingénieur de Saint-Pierre qui fut chargé d’estimer cette indemnité d’expropriation; sur un compte de ces indemnités payées en 1735 suivant les estimations de cet ingénieur, on remarque que la valeur de quelques baraques ne s’élève qu’à 12 livres, 30 livres, 40 livres, la plus importante n’obtient qu’une évaluation de 90 livres. Voisi textuellement la reproduction d’un de ces procès-verbaux d’estimation :

 » Je soussigné, inspecteur ordinaire des bâtiments du roy, ingénieur et inspecteur général des édifices de la Compagnie des Indes au port de Lorient, certifie que la baraque couverte de paille, numérotée 22, située dans l’enclos de la Compagnie, a été estimée conjointement avec M. Pacot contrôleur à la somme de trente livres, ladite baraque appartenait autrefois à Claude Burgon, à présent à Imbert. A Loriant le 14 septembre 1735, signé De Saint-Pierre. »

En 1738, remboursement  de 7 autres baraques, le plus bas prix est de 150 livres, le prix le plus élevé est de 322 livres. En 1739, neuf autres maisons furent remboursées par la Compagnie , depuis 60 livres jusqu’à 786 livres.

1735 30 décembre. Procès-verbal de Caron, notaire à Lorient, constatant l’état des closures établies par le Sieur Marcé sur un terrain situé au-devant de l’église paroissiale de Saint-Louis, servant de place publique « travaux qui paraissent  déroger à tous les plans que M. ls Ingénieurs du Roi ont tiré d cette ville… »

Les notaires formèrent au nom du Général de la paroisse, opposition à la continuation des travaux de Pierre Marcé qui ne tint aucun compte de cette opposition et fit continuer les travaux de clôture, prétendant que le terrain qui servait de place publique était sa propriété.

1735 15 octobre Acte de Cadoux notaire à Lorient, où il est mention d’une parcelle de terre chaude dite Le Conlio au levant du village de Kerverot

1735 17 juin Vente par le Prince de Guéméné à Joseph Berger d’une portion faisant partie du jardin  de la maison du Prince, située rue du Faouëdic et par lui retirée féodalement sur la Compagnie des Indes qui l’avait acquise des créanciers du Sieur de Rigby, ci-devant directeur de la dite compagnie; la dite portion de terrain ayant 31 pieds de face, donnant du couchant sur la rue de l’église, aboutant du midi tout du long sur un terrain du Sieur Léger sur 4( pieds de profondeur, du côté du Levant et du Nord sur le dit jardin, 35 pieds de large, Bettondeau notaire à Lorient.

1735 Acte de vente par Pierre Boullay, Sieur de la Rochepierre à Michel Droneau d’une maison sise à Lorient, rue Neuve Saint-Louis. Il s’agit, je crois, de la rue de l’Eglise, un imprimeur nommé Pierre Durand, demeurant alors en cette rue. Moné, dit Durand, originaire de Brest, serait venu établir à Lorient une imprimerie qu’il exploitait antérieurement à Hennebont. Je n’ai pu vérifier ce fait que je tiens de l’un de ses descendants

1735 24 avril Christophe Cordé est nommé fabrique, en remplacement de Mathurin Nicolle

1735 3 juillet Adjudication du lambrissage de léglise à Officier Cadic, au prix de 5 livres la toise

1735 12 septembre Caron notaire. Vente d’une cabane couverte de paille, située dans la lande de la Congrégation à Lorient

1735 20 juin Mariage de M. Louis de Saint-Pierre, inspecteur des bâtiments du roi, fils de M. Dominique de Saint-Pierre et de Mlle Charlotte Basseran

1735 8 novembre Mariage de messire Pierre Duvelair, seigneur de Kerveguen, fils de messire Joseph Duvelaër, et de Mlle Marie Elizabeth Duval Despremenil, fille d’écuyer Jacques Duval Despremenil, chevalier de l’ordre de Saint-Michel et commandant au parc de Lorient, et de Dame Catherine de Bouling. Le mariage est célébré en présence de messire Duval du Manerre, frère de l’épouse

1735 André Legrée, crieur et tambour ordinaire de la ville de Lorient

1735 28 juin Permission accordée par le Prince Louis Constantin Le Rohan, ? honoraire du Prince Mériadeck de Rohan Prince de Guéméné, présentement à Lorient suite illisible

1735 Le vaisseau Le Comte de Toulouse, Commandant Dries

1736

3 mai « Le Roy ayant été informé que la ville de L’Orient en Bretagne s’agrandissait par le nombre d’habitants qui y venaient établir leur domicile, Sa Majesté ordonna en 1707 au Sieur Robelin Directeur des fortifications  de lever un plan de cette ville et de faire l’alignement de toutes les rues; cet alignement n’a pas été suivi ni observé régulièrement à cause de l’éloignement de la résidence des juges  qui n’ont pu tenir la main à son exécution.

Les établissements considérables que la Compagnie des Indes a fait depuis quelques années à L’Orient pour l’utilité de son commerce, la connaissance et l’armement de ses vaisseaux, le débit et la vente de ses marchandises ayant ayant attiré plusieurs habitants dont la plupart ont acheté des emplacements sur lesquels ils ont dessein de construire des maisons, ils ont supplié Sa Majesté d’ordonner qu’il soit fait un nouvel alignement des rues, auquel chaque habitant serait tenu de se conformer. Ouï le rapport du Sieur Orry, conseiller d’Etat et ordinaire au Conseil Royal, Contrôleur général des finances, Le Roy étant en son Conseil a ordonné et ordonne que tous propriétaires et autres personnes qui voudront faire construire des maisons et autres bâtiments à L’Orient, seront tenus de se conformer à l’alignement des rues qui a été dressé par le Sieur Demaine directeur des fortifications le 22 avril 1735, que Sa Majesté a approuvé et approuve, ce dont copie est annexé à la minute du présent arrest

Fait défenses aux dites propriétaires et à tous architectes maçons, charpentiers et autres, de travailler aux dites maisons sans être préalablement munis d’un alignement de terrain, qui leur sera donné par le Sieur intendant de la province de Bretagne, que Sa Majesté a commis et commet à cet effet, ou pour celuy qu’il aura commis en son lieu et place, à peine de démolition des maisons aux frais et dépens des propriétaires et de cinq cents livres d’amendes contre les entrepreneurs, architectes, et ouvriers. Veut Sa Majesté que les dites maisons ne puissent être couvertes que d’ardoises conformément aux arrêts du conseil du sept novembre 1730 et 2 février 1734, ordonne que celles actuellement construites qui feront un coude ou avancée dans l’alignement des rues ne pourront être restablies qu’elles n’ayent été préalablement alignées, sous les même peines, lesquelles en cas de construction seront ordonnées par le dit Sieur Intendant, auquel Sa Majesté enjoint de tenir la main à l’exécution du présent arrest  qui sera exécuté nonobstant opposition ou autres emêchements , et publié et affiché partout où besoin sera, afin que personne n’en ignore. Fait au Conseil d’Etat du Roy, Sa Majesté y téant , tenu à Versailles le 3e jour de mai 1736. Signé Philippeaux

Plus bas est écrit : « Jean-Baptiste Elie Camus de Pontcarré, chevalier seigneur de Viarmes, Seugy, Belloy et autres lieux, conseiller du Roy en des Conseils, maistre des requestes ordinaire de son hostel, commissaire départy par Sa Majesté pour l’exécution de ses ordres en Bretagne, de l’arrest du conseil ci-dessus,

Nous ordonnons que le présent arrest sera exécuté selon sa forme et teneur; et à cet effet, avons commis le Sieur Bréart de Boisanger, sénéchal et nostre subdélégué à Hennebont, auquel nous enjoignons de tenir la main aux dispositions qu’il contient. Fait 0 Rennes le 20 may 1736 signe Pontcarré de Viormes »

1736 15 mai Commission de courtier et conducteur des maîtres de navires et autres bâtiments de mer qui arrivent au port de Lorient et de Portlouis, délivré à Paris par Alexandre Remazeilles, commerçants à Lorient.

Antoine Remazeilles était né à la Bastide le 28 septembre 1694. Lé 28 octobre 1758 il fut nommé par le roi conseiller assesseur alternatif mitriennal de la ville et communauté de Lorient sur la présentation des syndics et directeurs de la Compagnie des Indes qui se réservaient des gages attribués à cet office, conformément à l’arrêt du conseil du roi du 9 août 1735, comme propriétaires des offices municipaux de Lorient. Remazeilles remplaça Jean Defond qui avait été pourvu de cette charge municipale par lettres royales eu 3 mars 1734. Suivant autres lettres  du même jour, Defond, sur al proposition de la Compagnie des Indes, fut nommé échevin alternatif mitriennal de la communauté de Lorient.

1736 1er juillet Election d’Etienne Perrault aux fonctions de syndic de Lorient, en remplacement de Pierre Blanchet, en présence de M. de Rigby, gouverneur de Portlouis et de M. du Vernay, commandant de Lorient. L’assemblée charge Perrault de revoir les comptes des anciens syndics, pour els sommes perçues pour le casernement et les amendes; et il lui est fait défense d’employer aucune somme sans en donner avis aux anciens syndics et au général de la paroisse, et de faire aucunes adjudications sans leur consentement. Perrault fut le dernier syndic et le premier maire de Lorient, puisque la même année , lors de l’établissement d’un corps de communauté de ville, il fut nommé à la tête de cette administration nouvelle.

1736 12 septembre Commissions de maire de Lorient délivrées à Pérault, et de procureur du roi de la communauté de Lorient délivrée au Sieur Montigny par le  Roi sur la présentation de la Compagnie des Indes.Ces deux premiers officiers municipaux ne furent installés dans leurs fonctions que le 3 janvier 1737.

1736 13 novembre Commission de secrétaire greffier de la communauté de Lorient, délivrée par le Roi, sur la présentation de la Compagnie des Indes, au Sieur Droneau

1736 29 octobre Contrat de vente au rapport de M. Cadoux, maire à Lorient, par messire Jacques de Bahuno, chevalier seigneur de Kerollain, au Sieur Grenier et à Marie Renault, fille majeure, du fonds d’une parcelle de terre pour pâture située en la ville de Lorient, aux issues du village de Kerverot, dépendant d’une terre lui appartenant nommée er Leurian, pour la somme de 2000 livres de principal et 50 livres de rente censive et foncière

1736 8 avril Election de 12 nouveaux délibérants : furent élus les 11 anciens fabriques : Deigou, Esné, Calmar, Droneau père, Blanchet, Chastan, Ferrand, Duparc, Lafontaine Gougeard l’aîné, Nicolle, Perrault. Le 22 avril le Sieur Defont fut nommé fabrique, voir l’article du 1er juillet 1736.

1736 12 juin Adjudication des travaux d’agrandissement du jubé ou tribune de l’église paroissiale au Sieur Pierre Morice, le 13 juillet suivant, adjudication de la façon d’une corniche , sur modèle fourni par M. de Saint-Pierre au prix de 9 livres 19 sols la toise courante.

1736 12 août Marché pour le chiquetage intérieur et extérieur de l’église paroissiale, à faire au bouclier , sur le devis de M. de Saint-Pierre, au Sieur Fromentique, dit Lespérance, pour 7 sols la toise. Il y avait dans l’église des bancs sur lesquels les noms de leurs propriétaires étaient inscrits

1736 Etienne Morel , Noël Urbain, Jean de Blévec, adjudicataires des forges de radoub de la Compagnie; Joseph Nicol, adjudicataire de la clouterie

1736 Le vaisseau Le Phénix,commandant ( non écrit )  et le vaisseau la Valeur, commandant Bienvenu

1737 3 janvier Procès-verbal d’installation des officiers municipaux de Lorient « Le 3e janvier 1737, assemblée générale des habitants de Lorient où présidait M. Charles Bréart de Boisanger, sénéchal et subdélégué de M. l’intendant , présents M.M Perrault, de Montigny, Esnée, Floris, Delafond, Blanchet,Ferrand, Calmar, Monistrol, Droneau père et fils, Collin, De Beaulieu, Brosiière, Maisonneuve, Fermier, Barbarin, Villecadiou, Gougeard, Le Roux, Bigeaux, Cordé, Defonds, Lafontaine l’aisné, Isecq, Duparc, et absents M.M. Dangla, Chastan et plusieurs autres

En la dite assemblée, le Sieur Perrault syndic a remontré qu’il avait été pourvu par Sa Majesté de la commission de Conseiller Maire de la ville et communauté de Lorient, le Sieur de Montigny de celle de Conseiller Procureur du Roy, et le Sieur Droneau de celle de Conseiller Secrétaire et Greffier de la dite communauté; que les dites commissions ont été visées par Monseigneur l’Intendant et renvoyées à M. Bréart de Boisanger, Sénéchal et Subdélégué d’Hennebont auquel ayant présenté leur requête il a reçu leurs serments et donnés à faire les fonctions des dites charges avec assignation à ce jour pour leur installation, requérant la lecture et l’enregistrement des dites commissions et réceptions après laquelle lecture  les dits Sieurs Perrault, de Montigny et Droneau ont pris séance et place, et la communauté délibérant a esté d’avis que les dites commissions fussent enregistrées, ce qui a esté fait à l’endroit. Fait et arresté le dit jour, 3 janvier 1737 signé Charles Bréart ». Le greffier de la communauté se nommait Vincent Louis Penicaud.

1737 16 janvier Lettres des Maire, Lieutenant de maire, etc. à M. de Fulvy, à Paris. « Monseigneur, puisque vous voulez bien nous permettre de faire part de nos réflexions, sur l’état actuel de cette ville, nous avons l’honneur d’observer à votre Grandeur qu’il n’est pas possible de la séparer par différents quartiers , puisqu’elle n’est composée que de sept rues. L’état que nous vous avons adressé contient tout ce qu’il y a de plus notable dans ce lieu si on en excepte M. les officiers et  employés de la compagnie et les employés des fermes.

Le surplus sont des notaires et procureurs de M. le Prince de Guéméné; des artisans et gens de journée comme cabaretiers, boulangers, bouchers, barbiers, tailleurs, menuisiers, maçons, couvreurs, vitriers, selliers et autres de cette espèce la seule raison qui ne doit dicter les délibérations et que, si on les y admettait, ce serait donner lieu à quantité de discussions, qui ne sont que trop ordinaires aux personnes de cet état. Nous avons un exemple de cette exclusion à Saint-Malo. Cette ville a obtenu que les avocats n’auraient point entrée aux assemblées, a fortiori des notaires et procureurs…Nous croyons qu’il serait à propos que Votre Grandeur   fit rendre au Conseil un arrêt par lequel S.M. informée de l’état actuel de cette ville et en attendant qu’elle ait pourvu aux charges d’assesseurs et d’échevins, nommât douze habitants de ceux compris dans la liste que nous joignons ici, pour, pendant deux ans composer le corps de ville de Lorient…Nous voyons avec plaisir que l’Intention de V.G. est que nous communiquions à M. Despréménil comme à notre Gouverneur, toutes les affaires de cette ville, nous l’avions prévenu et nous espérons qu’il voudra bien nous continuer des bontés et nous aider de ses conseils.

1737 17 février Contrat de vente au rapport de Caron, maire à Lorient, d’un terrain sans édifice situé derrière la Grande-Maison, à  et prendre du terrain acquis par les Sieurs François Borne dit Bonnet et Jean Deschiens

1737 10 juin M. de Montigny, Procureur du roi de la communauté de Lorient, expose à l’assemblée « Que la ville augmentant tous les jours en habitants il devient nécessaire de leur assurer une fonction qui puisse en tout temps fournir à leurs besoins ; qu’il n’y en a point de plus à portée que celle appelée la Belle-Fontaine dans la paroisse de Ploemeur, de laquelle cette ville est en possession puisque ce sont les syndics qui l’ont fait faire aux frais de la ville ; mais comme cette fontaine n’est point assez profonde, que même elle est tout à découvert de façon que tout le monde y va indifféremment, soit pour y puiser de l’eau ou pour s’y baigner, il croit qu’il serait à propos de faire creuser ladite Belle-Fontaine, y rassembler les sources qui sont à la proximité et y faire un regard et des robinets pour le service public… Que plus haut il y a une autre fontaine appelée la fontaine des allemands qu’il serait nécessaire de rétablir ( cette fontaine des allemands se trouve située dans l’enclos actuel des capucins)… qu’il y a aussi une fontaine au Faouëdic qu’on peut rendre facilement très utile… » Sur quoi délibérant, la communauté prie M. de Saint-Pierre, Ingénieur du Roi à Lorient de se charger de faire exécuter les travaux d’appropriation aux fontaines des allemands et de la Belle–Fontaine, et pour subvenir à ces dépenses, décide qu’il y sera pourvu au moyen d’une quête chez les habitants de la ville. »

1737 14 octobre Ferme du droit de poids et pesage des marchands de toute espèce dans les marchés, halles et étalages de la ville de Lorient, suivant et ainsi qu’il se pratique  et qu’en ont joui ou du jouir Jean-Charles et sa femme, actuellement fermiers pour César-Vincent Hardy, faisant pour le Prince de Guéméné ( il était fermier général des impôts et revenus de la principauté ), à Yves Millet et Isabelle Haude sa femme à Pontscorff, pour 200 livres par an, à charge de se munir de balances et poids convenables à raison de 16 onces la livre, ainsi qu’il est d’usage, ( Bessonnet et Aumon notaires à Pontscorff ).

1737 1er juillet Lettre des officiers de la communauté de Lorient à M. Despréménil , directeur de la compagnie des Indes à Lorient, se trouvant à Paris : « Monsieur, Nous ne pouvons vous dissimuler le bon accueil que nous a fait M. Le Prince Constantin de Rohan. Il arriva le jour Saint-Pierre chez M. Duvelaër pour y dîner. Nous fûmes informés qu’il devait repartir le soir. Nous nous sommes obligés de lui aller rendre nos devoirs, ce que nous fîmes réellement, accompagnés des Sieurs Cordé, Barbarin, Gougeard frères et Isecy. Nous eûmes l’honneur de l’assurer de nos respects. A quoi il nous répondit dans des termes que nous ne vous répéterons pas. Monsieur Duvelaër qui en est instruit  vous en aura sans doute rendu compte. Enfin, Monsieur, après une conversation d’une heure sur le même ton, et sans nous donner le temps de répliquer, il finit en nous disant qu’il en estait de nos commission ( d’officiers de la communauté ) comme de la queue de son chien : nous remarquâmes que dans ce moment elle branlait beaucoup…. »

1737 30 avril Contrat de vente au rapport de Moyseau notaire « d’un terrain en fonds et édifices jusqu’au hameau du Faouëdic, anciennement appelé Lez-ouaremou…, par Sieur Prigent et femme, au Sieur Richard Ristuel et Marie Prigent sa femme.. »

Je crois que ce hameau du Faouëdic, détruit par les fortifications, porte le nom de village de Tylier, ou du faubourg de Keroman sur d’anciennes cartes.

1737 Dans un contrat de Bellondeau notaire à Lorient, du 26 mai 1737, il est mention d’une rue du chapelier.

1737 26 août. Joseph Gautier, officier marinier demeurant dans le Prés-Paris, au haut de la rue du Faouëdic, achète un terrain place Dauphine

1737 27 mai M. Pontcarré de Viarmes, intendant de Bretagne est présent à Lorient

1737 28 avril M. Fermier de la Provostais élu fabrique en remplacement du Sieur Cordé

1737 21 juillet M. de Saint-Pierre est prié par l’assemblée de la paroisse de dresser un devis pour la construction d’un retable à l’église Saint-Louis

1737 5 mai Dans la nuit du samedi au dimanche cinq mai 1737, il fut commis un vol de café moka, d’une valeur importante, dans les magasins de la compagnie à Lorient. A cette occasion plusieurs individus furent arrêtés et écroués dans les prisons de la prévôté. L’affaire se compliquant par la qualité des prévenus dont un certain nombre n’appartenaient pas à la marine, l’instruction fut confiée au Sénéchal d’Hennebont appartenant à une juridiction supérieure, qui ne pouvait connaître du crime que sur appel. Pour procéder régulièrement il eut fallu en saisir la juridiction seigneuriale de Lorient.

Sur le rapport du Contrôleur général des finances Orry, il intervint un arrêt du conseil d’Etat du Roi qui évoqua derrière le conseil royal la connaissance de ce vol de café, mesure qui coupait court aux conflits de juridiction sans cesse renaissant entre la barre royale d’ Hennebont et le juridictionnel de Lorient, pour les crimes commis dans l’arsenal de Lorient. Ledit arrêt du 18 juin 1737 renvoya , intendant de la province de Bretagne l’affaire devant Pontcarré de Viarmes avec autorisation à celui-ci de juger avec tel Présidial qu’il lui conviendrait. L’intendant nomma un tribunal composé des juges royaux d’Hennebont, par arrêt du 3 juillet suivant : M.M. Bréart de Boisanger, Sénéchal, Laigneau de Villeneuve, Procureur du Roi, et de Villiers, greffier. Je ne sais quelle suite eut cette affaire dans laquelle des agents de la compagnie des indes furent compromis.

1737 « rue qu’on va construire et faire derrière la corderie ».

1737 Le vaisseau La Reine, capitaine Berger

1738

10 février La communauté de Lorient à M. de Fulvy à Paris « Lorient 10 février 1738, Monseigneur, Votre Grandeur nous a paru s’intéresser pour ce lieu, nous croirons manquer à notre devoir et à ce que nous devons au public, si nous ne vous informions des maladies qui y règnent. Elles sont au point que nous en appréhendons les suites et qu’elles ne se tournent en maladies épidémiques. Nous en pouvons en attribuer la cause qu’au défaut de pavé qui rend ce lieu impraticable…Nous supplions Votre Grandeur  de nous accorder un arrêt à l’instar de celui du 22 avril 1721 rendu pour la ville de Nantes, qui en nommant un ingénieur pour en faire le toisé général de ce lieu et en régler le niveau, enjoigne aux habitants de paver en droit soy conformément au toisé qui en sera fait…. »

1738 29 juin Arrêt du Conseil d’Etat du Roi qui autorise une levée de droits d’octrois sur les boissons de la ville de Lorient « pour subvenir aux dépenses nécessaires, tant pour l’entretien du corps de ville que pour les réparations et établissements à faire tels qu’au quai sur le bord de la mer pour le débarquement de toutes les denrées et marchandises, les pavés qui sont à faire dans les places publiques et dans les rues qui se trouvent excéder à la charge des propriétaires.. »

Les habitants furent autorisés à à partir du 1er août 1738, dix sols par barrique de vin de toute provenance, cinq sous par barrique de cidre et bière entrant soit par terre soit par mer, que ces boissons y fussent consommées ou non « lesquels droits sont réputés deniers patrimoniaux », Et de plus, mais pendant quelques années seulement, les droits d’octroi de 5 livres par barrique de vin hors du pays nantais, et 4 livres par barrique de vin nantais, et 2 livres par barrique de cidre qui se débiteront ou vendront par les cabaretiers. Les boissons dans le port de Lorient pour la consommation du port et des armements sont exempts de ces droits.

1738 3 juillet Arrêt du Conseil d’Etat du Roi qui ordonne le pavage des rues et places de la ville de Lorient suivant les plans utilisés par M. de Saint-Pierre ingénieur des bâtiments du Roi, la mise en adjudication de ces travaux et leur paiement par les propriétaires riverains à raison de 9 pieds de largeur sur toute la longueur de leurs propriétés et le surplus sur le produit des deniers communaux et d’octroi.

1738 9 août M. Bréart de Boisanger, sénéchal d’Hennebont , délégué de l’intendant de Bretagne détermine les limites de la banlieue de Lorient ainsi qu’il suit  : « Les limites commenceront au bord de la mer au midy de la butte communément appelée la butte du blanc, et continueront par le village de Kernel, ensuite par la lande et sur le terrain du nommé Kerourin ; de là au village de Kergoniel où des fontaines appartenant au nommé Le Besque; ensuite remontant au nord au dessus d’une ancienne perrière et du jardin du Sieur Arnault, joindront le chemin du village de Kerlin lequel sera aussi compris dans la banlieue ainsi que celui de la Villeneuve  en suivant un bout des tranchées des fontaines de la Compagnie et delà aux villages de Caolin et de Bodremene, en finissant enfin au passage de Saint-Christophe ou de Kerantré, et la totalité dudit village de Kerantrec sera aussi comprise dans ladite banlieue; et pour éviter toutes dépenses, sont renfermés dans ledit circuit les villages de Kerverot, du Moustoir et du Faouëdic, et toutes les maisons qui y sont actuellement basties ou pourront estre basties à l’avenir… » Le procès-verbal porte les signatures de Bréart de Boisanger, Perault, de Montigny et Droneau fils

La butte le blanc dont il est question au procès-verbal  :Illisible…

1738 10 novembre  M. Bréart de Boisanger, sénéchal d’Hennebont, délégué de l’intendance de Bretagne procède , en la demeure de M. Perrault, à l’adjudication des travaux de construction d’un quai et de deux cales pour le port de commerce de Lorient et à ceux en pavés de la ville, suivant les devis dressés par M. de Saint-Pierre, approuvés par l’arrêt du Conseil du roi du 3 juillet précédent.

Gervais Guillois, entrepreneur de la Compagnie des Indes, demeure adjudicataire au prix de 400 livres pour la toise courante de six pieds ; 8 000 livres pour la cale située au bas de la place Prémesnil, et 5 600 livres pour la cale au bas de la rue Orry, et de 10 livres 15 sols pour la toise superficielle du pavé de la ville.

1738 Ecuyer Thomas de La Salle, enseigne de vaisseau de la Compagnie des indes, époux de Dame Marie-Adrienne Le Marée. Une rue de Lorient portait ce nom de La salle, où ce capitaine de vaisseau demeurait. Dans le même temps il y avait à Lorient un chirurgien nommé Alexis La Salle, dit Chaigneau

1738 14 novembre Nomination du Sieur Mathieu Joseph Gilard, écuyer, Sieur de Keranflec, en qualité de receveur des octrois et droits d’entrée de Lorient.

1738 30 novembre Décès de Dame Marie Duval de Premenel épouse d’écuyer Pierre Du Velaër, Seigneur de Kerveguen, Directeur de la Compagnie des Indes, à Lorient.

1738 7 février Délibération de laquelle résulte que les Sieurs Droneau père et fils reconnaissent avoir reçu de M. Defond, marguillier en charge 3 000 livres en constitut, provenant des deniers de la Farbrique

1738 27 avril Le Sieur Defond, marguillier est autorisé à reconstruire la sacristie sur des proportions convenables et à réparer le clocher

1738 Rue de Kerverot,autrement des Invalides

1738 Pierre Elie Léger de Kermélo, lieutenant colonel garde-coste de la capitainerie de Lorient, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Lazare

1739

30 avril Prestation de serment de tous les membres de la communauté de Lorient à l’audience publique de la Sénéchaussée d’Hennebont.

1739 12 Mai M. Bréart de Boisanger, sénéchal d’Hennebont, délégué de l’intendant de la province de Bretagne installe la Communauté de Lorient dans ses fonctions. Cette Communauté, complètement organisée se composait de : Nicolas Droneau, secrétaire-greffier ; Chritophe Cordé, contrôleur du greffe ; Jean Aubert, avocat du roi ; Pierre Barbarin et Michel Ferrand, échevins électifs; François Richard de Ville Cadio, Pierre Brossière, Jean Le Febvre, Georges Quimpet, Charles Esnée neveu, François Collin, délibérants pour l’année 1739. La communauté de Lorient , au complet, était donc composée de dix-huit membres.

1739 13 mai Délibération de la Communauté de ville qui enjoint à tous les propriétaires de faire paver devant leurs maisons , sur une largeur de neuf pieds, conformément au plan de la ville approuvé par Arrêt du Conseil du Roi du 3 mai 1736

1739 8 juillet Lettre où il était écrit que les officiers de la communauté ne recevaient aucun gage

1739 16 juin Le Duc de Penthièvre écrit au Maire de Lorient pour lui annoncer la signature de la paix. Le 21 du même mois, à l’issue d’un Te Deum, le curé Cohalan, assisté de M.M. Duvelaër, Directeur et Commandant dans le port pour la Compagnie des Indes, et Perrault, maire, vont en procession allumer un feu de joie placé au haut de la rue de Rohan, vis-à-vis de l’hôpital de la Miséricorde. Toute la ville fut illuminée, chaque habitant était tenu de le faire, à peine de dix livres d’amende.

1739 23 juin La Communauté de ville nomme divers agents pour le service et la police de la Communauté et de la ville : 1 héraut, 2 archers, 2 valets de ville, 1 tambour

1739 4 juillet Sur les observations de l’entrepreneur Guillois et de l’ingénieur de Saint-Pierre, la Communauté de ville approuve la construction des quais sur pilotis, attendu la grande profondeur des vases. Elle décide en outre la construction d’une petite cale aux environs du moulin du Faouëdic, où les chaloupes et canots pourraient aborder à toute marée, la grande cale de Prémésnil demuerant éloignée d’environ 40 pieds du ruisseau à marée basse. Mais, effrayée des dépenses dans lesquelles elle se voyait entraînée par la construction d cette nouvelle cale, elle renonça à cette construction et résolut, par délibération du 10 novembre 1739, de prolonger jusqu’au bord du ruisseau, les deux cales, Orry et de Prémesnil.

1739 8 juillet Contrat de vente en rapport de La Fargue, notaire à Hennebont, d’un terrain de 25 pieds de face, sur cent pieds de profondeur sur la rue de Viarmes, à l’aboutissement de la rue de Bourgogne. Le nom de Viarmes venait de l’Intendant de Bretagne, Pontcarré de Viarmes (1733-1754). La Bretagne a eu un second intendant du même nom, de 1774 à 1778.

1739 9 septembre Lestres de la Communauté à M. de Fulvy pour obtenir d’éviter à la ville de Lorient la garnison de 9 compagnies du régiment de Chartres qui lui est destinée…Nous n’avons point de caserne et il n’y a point de maison propre à cet usage. Il y a peut-être dans toute la ville cinquante maisons qui pourraient loger ces troupes, mais elles appartiennent à des officiers de la Compagnie, ou sont occupées par des bourgeois qui par leurs charges dans la Communauté sont exempts de logements de gens de guerre. Les autres maisons ne sont point logeables : ce sont des maîtres, contre-maîtres, , matelots, artisans et autres gens de cette espèce qui se sont bâtis des maisons pour se loger.. ».

Dans toutes les circonstances, la Communauté avait recours à M.de Fulvy, qui toujors se montrait le protecteur de Lorient et le soutien de ses intérêts : « Cette ville est votre ouvrage, lit-on dans une nouvelle lettre de la Communauté du 29 janvier 1742, c’est votre Grandeur qui l’a fromée, votre Gloire est de la soutenir… ». Hélas ! Cinqaunte ans plus tard, les Lorientais, oubliant le souvenir de ce bienfaiteur enlevèrent son nom à l’une des rues de leur ville pour y substituer ce lui de Finistère. Et depuis, on n’a pas jugé à propos de réhabiliter le nom de Fulvy à Lorient.

Le régiment de Chartres, infanterie, ne vint pas tenir garnison à Lorient; grâce à M. de Fulvy, ces troupes furent retenues à Portlouis jusqu’au 9 septembre 1740 où elles vinrent à Lorient

1739 14 novembre Mariage à Lorient de Julien-Jean Offray, , fils de Julien, Sieur de la Mettrie (1), et de Marie Gaudron, né à Saint-Malole 19 septembre 1709, et de Marie Louise Droneau. Il s’agit du médecin lecteur du roi de Prusse , mort à Berlin en 1751 ( in Biographie Bretonne ).  (1) était frère de Madame Esnoul Deschatelets, et par conséquent l’oncle de M. Deschatelets, maire de Lorient en 1789.

1739 17 novembre La Communauté de ville approuve divers mémoires présentés par M. de Montigny, Procureur du Roi, adressés à M. Orry, Contrôleur Général des Finances et à M. de Fulvy son frère, concernant une demande de concession de terrains conquis sur le rivage de la mer pour la construction du mur du quai ; la police de la ville; l’alignement de la rue Orry; les fontaines publiques  à établir en ville. ( voir cette délibération au verso). Le même jour, la Communauté, reconnaissante envers l’ingénieur de Saint-Pierre, lui alloue une gratification de 800 livres et fixe à 600 livres par an ses appointements, à compter du 1er juillet 1738.

1739 17 novembre Lettre e la Communauté au Contrôleur général des finances Orry, relative à une demande d’autorisation exproprier un Sieur Nicolas Job pour l’établissement de la rue Orry : « Les maire, trésorier et procureur du Roy de la ville et communauté de Lorient ont l’honneur de représenter à Votre Grandeur que le long de la corderie de la Compagnie  doit régner la ru Orry suivant le plan de cette ville arrêté au Conseil. Cette rue doit être pour la proximité de l’enclos de la Compagnie une des plus considérables puisqu’elle sépare l’enclos de la cille, et coupe toute la longueur et fait la communication de la grand-porte avec la petite-porte de l’enclos de la Compagnie. Aussy avons nous eu la satisfaction de voir cette rue se bastir en moins de trois mois dans la partie du midy, c’est-à-dire depuis la grande-porte jusqu’au canal qui va au Portlouis, et on peut dire que c’est aujourd’hui le plus beau quartier de la ville, qui est entièrement occupé par les négociants de la vente.

Cette même rue Orry, dans la partie depuis la petite-porte jusqu’à la grande-porte est aussy bien avancée, mais il y a à craindre qu’elle ne le soit sans sa perfection de longtemps. Le Sieur Nicolas Job y a basti en 1733 une maison qui intercepte la communication de cette rue et se trouve au milieu et à 4 pieds de distance de la corderie de la Compagnie. »

1739 17 novembre « du dix-septième novembre, 1739, en l’assemblée de ville tenue en la maison de M. Perrault, Maire et Président de notre Assemblée, présents M.M. Monistrol, Lieutenant de maire, de Montigny Procureur du Roy, Droneau père et fils, Esnée, Lafontaine l’aisné, Cordé, Barbarin, Brossière, Ferrand, Le Febvre, Auberts, de la Villecadio, Quimper, Esnée neveu et Collin; absent M. Desfonds.

Le Sieur Procureur du Roy a mis sur le bureau plusieurs mémoires adressés à Monseigneur le Contrôleur général et à Monseigneur de Fulvy, le premier par lequel la Communauté supplie Sa Majesté de luy concéder le terrain que les quays procurent sur le rivage de la mer, le second au sujet de la police; le troisième concernant la démolition des bastiments qui empêchaient la perfection de la rue Orry; et enfin le quatrième concernant les fontaines à faire en cette ville : sur lesquels il requiert que la Communauté ait à délibérer.

Lecture faite des mémoires, les dits Sieurs après les avoir à nouveau examinés les ont approuvés; et vu l’avantage qui doit résulter pour la ville également que pour le public; ils ont chargé Messieurs les Maire et Procureur du Roy d’en suivre l’affect et ordonné qu’ils seront enregistrés sur le registre des Lettres pour y avoir recours, et ont signé. »

1739 6 décembre La Communauté approuve , sous réserve de la sanction de l’Intendant de Bretagne, un marché passé avec Aubert, fabrique et charge et le Sieur Le Marré, de Saint-Malo de l’Isle, pour fournir et fabriquer tous les ouvrages d’un retable et autel à la Romaine et autres ouvrages, énumérés ci-dessous dans l’église Saint-Louis :

« Labris, les deux portes et attiques de la sacristie, stalles, bancs d’accoudoirs, la chaire de M. l’abbé, marchepied de travers avec une contremarche autour du dit marchepied et un autel ou tombeau à la Romaine avec les gradins et tabernacles, un pupitre avec son aigle les psallettes des chantres avec une estrade et les quatre psallettes des enfants de choeur, tous des ouvrages en bon bois de chêne de Hollande.. »

Ce marché fut rejeté comme irrégulier par M. de la Bédoyère, Procureur Général au Portlouis de Bretagne, suivant lettre du 14 avril 1740 parce qu’il avait été traité de gré à gré au lieu d’être mis en adjudication publique.

1739 9 mai Bail judiciel où il est fait mention d’une rue qui détourne à l’hôpital. Il s’agit de l’hôpital de la Compagnie des Indes, situé dans la rue de Bretagne, actuellement rue du Port. La rue qui détournait fut nommée rue des Prophètes : j’ignore l’origine de ce nom. Il serait possible cependant que le nom de rue des Prophètes ait été donné par le peuple à cette rue, à cause de l’enseigne des Trois Rois, ou mages qui pendait située au coin de la rue de Bretagne et de cette rue, qui portait aussi le nom de Petite Rue. Vers 1740 cette maison, aussi nommée maison de Saint-Charles fut saisie sur les époux  Le Heusse ; elle fut adjugée judiciellement le 25 octobre 1743 au Sieur Toudy, marchand. Je crois que c’est la maison occupée actuellement par le pharmacien Joubaud, à l’angle de la rue du Parc et de la rue Française. L’hôpital de la Compagnie des Indes est remplacé actuellement par la maison de la Ville de Lorient, ru du Port.

1739 26 avril Décès à Lorient d’écuyer Georges Godeheu, chevalier de Saint-Michel, directeur général de la Compagnie des Indes. Assiste à l’enterrement écuyer Pierre Duvelaër, Seigneur de Kerveguen, Directeur et Commandant à Lorient.

1739 1er octobre François Le Porh, charpentier demeurant en la Ville de Lorient, rue de la Petite porte, embarqué sur le vaisseau de la Compagnie des Indes La Henriette, commandée par M. Malgraive, prêt à partir pour le Sénégal.

1739 Le Saint-Gérand, commandant Aubin Duplessis revient des Indes

1740 4 janvier Arrêté du Sénéchal de Lorient concernant la police des cafés, cabarets, lieux publics, et la taxe de la viande. Le prix de la viande est fixé à 4 sous 6 deniers la livre, celui des autres viandes à 4 sous. Cet arrêté concerne en outre la police des marchés, la police et la ballayage des rues, les poids et mesures

1740 11 janvier Lettre de la Communauté à M. de Fulvy, à Paris « Monseigneur, nous avons reçu la lettre dont Votre Grandeur nous a bien voulu nous honorer en date du douze décembre dernier. Elle voudra bien nous permettre de luy faire nos remontrances….

A l’égard des maîtrises dont Votre Grandeur est d’avis que nous demandions la création, permettez-nous, Monseigneur , de représenter à Votre Grandeur, que cette ville, ou du moins ses habitants ne sont point encore assez aisés pour faire cette dépense et que ce serait encore un motif d’augmenter les prix des denrées. Nous voyons que dans les autres villes où il y a des lieux privilégiés, comme Paris, ceux qui y travaillent donnent leur ouvrage à un illisible de meilleur marché que les maîtres, leur ouvrage n’en est cependant pas moins bon et quelquefois meilleurs. Nous éprouvons que ce n’est que la facilité qui procure dans ce lieu  des ouvriers de tous arts et métiers, lesquels n’ayant pas les moyens de se faire recevoir maîtres dans les villes de leur naissance viennent ici et s’y établissent et y font souche .

S’il y avait des maîtrises, la plupart désespèreraient et ceux qui resteraient prétendraient avoir le droit exclusif de travailler et vendre, et voudraient empêcher ceux des villes voisines de nous rien apporter, ou du moins leur feraient tant de difficultés qu’ils les forceraient de renoncer et à y venir. Nous l’avons vu ici au sujet des boulangers. M. le Prince en ayant établi dix qui lui paient chacun deux cents livres par eux pour la seule faculté d’avoir chacun leur four chez eux, et n’être point assujettis à aller au four banal, ils ont voulu empêcher les boulangers de dehors d’apporter du pain; et, sans la fermeté de M. Duvernay, nous eussions vu la famine dans cette ville. D’où nous concluons, Monseigneur, qu’il serait plus avantageux de permettre l’établissement de toutes sortes d’arts et de métiers net quand cette ville serait peuplée d’une certaine quantité de gens de tous arts et métiers, ils seraient les premiers alors à demander la création des maîtrises.. »

Sur le cinquième article concernant les eaux : « Personne ne sait mieux que Votre Grandeur l’indigence où est laissée la ville et l’impossibilité actuelle dans laquelle elle est d’acquérir des eaux aux conditions que Votre Grandeur a la bonté de nous marquer. Lorsque nous en avons parlé à M.M. les Directeurs ( Lenoir, Cavallier, Godeheu) dans leur séjour ici, il n’a pas été question d’acquérir la propriété de deux sources d’eau sur les huit  que la Compagnie possède, mais seulement de profiter des eaux qui se perdent et qu’on laisse couler toutes les nuits quand le réservoir de l’enclos est plein. Nous avons cru qu’il était plus facile d’obtenir de Votre Grandeur cette grâce parce que vous aimeriez mieux que la ville profitât de ces eaux superflues que de les laisser perdre sans qu’on n’en tirât aucun fruit : c’est ce qui nous a déterminés à vous demander la liberté de faire un réservoir pour amasser de l’eau dans les temps d’abondance, et lorsque la Compagnie ne fera pas usage de la totalité.

Ainsi, Monseigneur, nous espérons que vous voudrez bien entrer dans ces vues, puisqu’en nous obligeant à entretenir les tuyaux passant dans la ville, il en coûtera à la Communauté  dans certaines années beaucoup plus que l’intérêt des quatorze mille livres qu’elle serait obligée d’emprunter pour acquérir en toute propriété  les deux sources d’eaux en question.3

1740 18 mars Procès-verbal dressé par Charles Bréart, écuyer, Sieur de Boisanger, Sénéchal d’Hennebont, Subdélégué de l’Intendant de Bretagne, agissant en l’exécution de l’arrêt du Conseil du Roi du 22 décembre  1739, pour fixer le débornement des propriétés de la ville de Lorient aboutissant au rivage de la mer sont la Compagnie des Indes se prétendait concessionnaire, en vertu d’ordonnance royale du mois de juin 1666, c’est-à-dire le rivage compris depuis la rue Orry jusqu’au moulin du Fouëdic, au sud, et depuis la Petite-Porte du port jusqu’à l’hôpital de la ville, du côté du Faouëdic, au nord. Les archives de la marine au port de Lorient possèdent une copie de ce procès-verbal.

1740 6 juin M. de Montigny, Procureur du roi de la Communauté de Lorient, expose à l’assemblée de ladite Communauté que par ses précédentes délibérations elle a ordonné de couper la butte de Saint-Christophe afin de rendre le chemin de la ville au passage plus commode et de procurer aux voitures qui viennent aux ventes la facilité de venir jusqu’à Lorient, au lieu de rester comme autrefois à Hennebont, le chemin n’étant pas praticable; qu’on a commencé cette excavation et qu’on a lieu d’espérer que ce chemin sera dans perfection pour la vente prochaine.

Sur sa proposition l’assemblée décide qu’il sera fait avec les matériaux provenant de la butte de Saint-Christophe restant après le remblai du pont de Kerentrech, un mur à pierres sèches et l’anse de vases étant au levant du village de Kerentrech, pour jeter les terres derrière ce mur; et qu’au cas d’insuffisance de pierres parmi ces matériaux pour achever le mur, lequel étant parachevé pour former une chaussée jusqu’au château de Tréfaven, il en sera tiré de la carrière de Kerentrech

C’est l’origine de la chaussée qui mène de Kerentrech à Trefaven. Le pont de Kerentrech à remblayer dont il est fait mention, devait être un pont en bois sur le ruisseau qui descend de la fontaine dite de la Vierge à Kerentrech, et rasant l’ancien jardin Hoguet-Boyer, en contrebas de la rue du pont.

1740 9 juin La Communauté de ville appelée à délibérer sur une lettre de M. de Fulvy, du 25 mai précédent, décide qu’elle se pourvoira devant le Conseil d’Etat du roi pour obtenir la permission de contracter un emprunt de 40 000 livres indispensables pour faire face aux besoins de la ville.

Comme la mutiplicité des affaires ne permet pas à la Communauté de s’en occuper suffisamment dans les assemblées réglementaires et fixées par l’édit de juin 1702, elle décide que chaque jeudi de la semaine, à deux heures de l’après-midi, il sera tenu un bureau de 4 commissaires pour prendre communication des diverses affaires, préparer leurs rapports et en faire l’exposé aux réunions générales de l’assemblée du mardi matin de chaque semaine

1740 13 août Sur la proposition de M. de Montigny, la Communauté demande à la Compagnie des Indes la concession de l’étendue de grèves qui existe entre le mur des quais et les terrains des particuliers de la ville, à charge d’une rente censive annuelle de cinquante livres.

Le même jour, lza Communauté décide qu’elle se pourvoira devant le Conseil d’Etat du roi pour être autorisée à emprunter 50 000 livres pour la construction des quais, l’achèvement du pavage, l’établissement d’un réservoir d’eau douce, la ville n’en n’ayant d’autre que celle que la Compagnie lui laisse prendre dans son parc; l’établissement d’un abreuvoir aux chevaux qui abondent dans le temps de la vente, des armements et des désarmements. Elle reconnaît que depuis le 1er septembre 1738, où elle a commencé la perception des droits d’entrée et d’octrois, elle n’a perçu que 40 0000 livres , somme insuffisante pour payer les travaux qui ont été exécutés. Jusqu’à ce moment, les seuls pavés terminés étaient ceux de la rue de Bretagne jusqu’à la place Despréméesnil; la rue du Faouëdic jusqu’à la rue d’Anjou ; et la rue de la petite porte en entier. Cet emprunt fut autorisé par Arrêt du Conseil du 21 septembre 1740

1740 13 août « Du 13e Aoust 1740, en l’assemblée de ville tenue en la maison de M. Perrault, Maire et Président de ladite assemblée, présents M.M. Monistrol, lieutenant de maire, de Montigny, Procureur du roi, Aubert, avocat du roi; Esnée et Droneau échevins, Lafontaine et Deffonds, assesseurs ; Cordé, contrôleur du greffe, Brossière etde la Villecadio échevins-électifs; Lefebvre, de la Fonds, Raimond de Varresne délibérants ; absents M.M. Quimper et bellin. Le dit Sieur Procureur du roi a remontré que la demoiselle Droneau s’étant depuis plusieurs années adonnée au service des pauvres de ce lieu , n’y ayant point de maison dans cette ville pour les retirer, elle les logeait dans des maisons qu’elle louait après et les assistait de son bien et de ses soins et conseils. Que les loyers ayant augmenté de deux tiers, ce qui lui occasionnait une dépense , qui quoique n’en était pas moins considérable, elle prit le parti d’acquérir de ses propres deniers un terrain d’une grandeur très vaste au haut de la rue du Faouëdic.

Que, par les secours de plusieurs bonnes âmes de cette ville, et par les aumônes et quêtes elle est parvenue à à commencer une maison sur ce terrain où elle a actuellement trente pauvres malades, laquelle ou l’état qu’elle est revient à plus de 18 000 livres dont elle a emprunté  7 000 livres. Qu’elle souhaiterait que cet établissement put se perfectionner ; que pour cet effet elle est dans le dessein d’abandonner aux pauvres cette maison et terrain avec les meubles y étant. Que comme il lui faut une partie qui puisse recevoir et accepter ce don, elle croit qu’elle ne peut le remettre en meilleures mains qu’en celles de la Communauté de cette ville , intéressée au soulagement des pauvres , à laquelle elle offre d’abandonner ladite maison et terrain, parce qu’elle se chargera d’acquitter les 7 000 livres qu’elle a été obligée d’emprunter du Sieur Droneau son père pour subvenir à la bâtisse de cette maison dont la Communauté se chargear de l’acquitter, libérer et indemniser, de lui en payer la rente jusqu’au parfait remboursement ; que la Communauté se chargera de payer tous les droits d’amortissement et autres, auxquels la présente donation peut être sujette.

Que la Communauté y recevra indistinctement les pauvres malades de l’un et l’autre sexe, soient qu’ils soyent de la ville ou d’autres paroisses, tant qu’il y en pourra consentir. Que ladite demoiselle sera directrice dudit hospital, pendant sa vie sans qu’elle puisse être destituée sous quelque prétexte que ce soit ; qu’elle y sera nourrye, logée, chauffée, et blanchie saine ou malade, en payant par elle 300 livres de pension chaque année ; qu’il lui sera libre d’avoir deux personnes à son choix, pour l’aider au service des pauvres, qui seront nourryes comme elle et qui auront 10 écus de gages chacune ; et qu’elle pourra prendre trois domestiques pour le service de la maison qui auront 24 livres de gages chacune pour chaque année, qu’elle choisira et changera comme elle jugera à propos.

Qu’il y aura dans la maison une chapelle et un chapelain qui sera nourry comme ladite Demoiselle Donatrice aux appointements de 100 livres, qui sera tenu de dire la messe tous les jours dans la chapelle du dit hospital. Qu’à sa mort, sa famille aura à perpétuité et tant que l’établissement subsistera soit qu »il demeure comme hospice, ou qu’il soit érigé en hospital, deux lits pour y mettre deux pauvres ou deux personnes de sa famille.

Au moyen desquelles clauses sa famille n’aura rien à demander de ce qui lui appartiendra à sa mort dans ledit hospital, que ses livres seulement qu’elle leur réserve. Lesquelles conditions ledit Sieur Procureur du Roy ayant examiné, il les trouve avantageuses  et estime qu’en les acceptant c’est le moyen de perfectionner cet établissement ; que le soin des pauvres étant dans toutes les villes du royaume confié aux communautés, il est de votre devoir, Messieurs et de l’intérêt public de seconder les vues pieuses de Mlle Droneau en acceptant ses offres. Sur quoy les dits sieurs délibérants : considérant que rien ne peut être plus utile à cette ville que l’établissement d’un hôpital ; après avoir fait entrer la dite demoiselle Droneau, ils l’ont remercié et accepté, de son consentement sous le bon plaisir de Sa Majesté et de nos Seigneurs, les Evêques de Vannes et Intendant de Bretagne le don qu’elle veut faire à la Communauté du dit terrain, maison et meubles, aux points, charges, clauses et conditions cy-dessus référées auxquels ils s’obligent jointement et solidairement. Et pour faire approuver la présente délibération, passer contrat en conséquent avec la dite Demoiselle Droneau, le faire homologuer partout où besoin sera, et obtenir de Sa Majesté  Lettres et Erection de ladite maison en hospital général et toutes lettres patentes requises et nécessaires en pareil cas, ils ont nommé M.M. Perrault, maire, et de Montigny, Procureur du Roy et Mathurin Esnée premier échevin, auxquels ils donnent tous pouvoirs sur ce requis, mesme de substituer en leur lieu et place, approuvant et rectifiant dès à présent tout ce qui sera par eux fait.

Fait et passé en ladite Assemblée, les jours et an que dessus. Signé Claire Droneau; Perrault, De Montigny, Monistrol, Esnée, Lafontaine, Deffond, Cordé, de La Villecadio, Delafond, Brossien, Lefebvre, Raymond de Varesne »

L’acte devant notaire fut passé le 8 septembre 1740. Le 31 août précédent, l’Intendant de Bretagne avait autorisé la Communauté à accepter ce don; et le 7 octobre suivant pareille autorisation fut délivrée par l’Evêque de Vannes.

Le 29 novembre 1740, la Communauté autorisa M.M. Pérault et de Montigny à acheter des Sieurs Guillas, bouchers de la Compagnie des Indes, et de la Demoiselle Theto, des terrains joignant l’hôpital d ela Miséricorde ( c’était le nom donné par Mlle Droneau à son établissement).

1740 22 août Pour éviter les abus provenant de la différence de droits d’octrois existant entre les vins du cru nantais et les vins hors du cru nantais, et pour réparer l’omission faite dans l’arrêt du 29 juin 1738 qui ne fait pas mention des vins des évêchés de Saint-Malo, Rennes et Vannes qui se consomment à Lorient sous le nom de vins bretons, la Communauté adresse au roi la demande de fixer à cinq livres les droits d’octroi sur chaque barrique de vin, sans distinction de cru, et à 2 livres sur tous les droits de chaque barrique de cidre ou de bière. Cette demande ne fut pas ratifiée. Cependant elle donna lieu à un remaniement important, puisque par Arrêt du Conseil du 21 décembre 1740, l’octroi sur les boissons de Lorient fut fixé à 7 livres 10 sous par barrique de vin hors du cru ; 5 livres par barrique de vin hors du cru ; 5 livres par barrique de vin du cru nantais ; et 2 livres 10 sous par barrique de vin breton, cidre et bière. Ces droits de percevoir indépendamment de ceux dits droits patrimoniaux.

1740 29 août. D’après une déclaration de trois experts de Pontscorff, Lorient et Ploemeur, voici quelle était en 1740 la valeur des terres aux issues de la ville de Lorient. Depuis le lieu de Kerverot jusqu’au village de Calvin ? et leurs dépendances près Lorient, un journal ou arpent de terre chaude, propre à froment, de la meilleure nature, vaut 500 livres de principal et de revenu 25 livres ; la deuxième qualité 412 livres de capital et 20 livres 12 sols de revenu.

Le journal de jardin et courtil à chanvre 600 livres et 30 livres

Le journal de pâture close 320 livres et 15 livres

Le journal de terre froide sur lande 230 livres et 11 livres 10 sols

Le journal sous taillis 400 livres et 20 livres.

1740 20 septembre. Sur l’excuse présentée par M. Perault, maire, et Monistrol lieutenant de Maire de ne pouvoir assister aux Etats de Bretagne qui vont se réunir au même moment que les ventes de la Compagnie des Indes, la Communauté délègue M. de Montigny pour la représenter aux Etats de la province qui doivent se réunir à Rennes, le 1er octobre suivant. C’est la première fois que Lorient est représentée aux Etats. La Communauté alloue pour ses frais 400 livres à M. de Montigny.

1740 18 novembre Règlement d’administration de la Compagnie des Indes concernant les Ports-Permis, contenant défense à des officiers ou employés d’embarquer aucune marchandise ni pacotille sur les vaisseaux de la Compagnie. On appelait Ports-Permis la faculté accordée aux officiers et agents de la Compagnie embarqués sur les vaisseaux à destination de l’Inde, de transporter une certaine quantité de marchandises appelées pacotille, que chavun vendait à son profit dans le cours de la campagne,  et la faculté d’embarquer pour le retour en France, d’autres marchandises exotiques.

Pour supprimer les abus de plusieurs natures qui naissaient de cette faculté, ou plutôt de cette tolérance, la Compagnie imposa à chaque officier ou agent, suivant son grade, une obligation de verser avant le départ, à Lorient, dans la caisse de la Compagnie, une certaine somme qui représentait la valeur d’une pacotille, et au retour de l’expédition, cette somme était remboursée à son propriétaire, augmentée de cent pour cent, pour tenir compte du bénéfice que ce propriétaire aurait tiré de la pacotille.

Cet état de choses fut réglé par la Compagnie le 16 septembre 1733. Cependant, si la pacotille en nature fut supprimée, on toléra l’embarquement par chaque officier ou agent, d’une certaine quantité de linge, vêtements et autres objets à son usage personnel pendant la durée de la campagne : faculté qui prit le nom de Petit-Port-Permis alors qu’intervint un nouveau règlement de la Compagnie qui supprima complètement la faculté d’embarquer tout espèce d’approvisionnement de prébendes effets et objets du Petit-Port-Permis ; et pour tenir compte aux officiers et agents de cette suppression de bénéfice, elle augmenta le tarif du Port-Permis fixé par le règlement du 16 septembre 1733. Le règlement qui intervint à cette occasion le 18 septembre 1740 fixa ainsi qu’il suit le nouveau tarif de Port-Permis, c’est-à-dire la somme à verser avant le départ pour l’Inde, pour chaque officier et agent :

Capitaine, 16 000 livres

1er lieutenant 5 333 livres

2e lieutenant 3 200 livres

1er enseigne 1 600 livres

2e enseigne 1 066 livres

Surnuméraire 533 livres

A l’Ad honorès (?) 266 livres

A l’écrivain 1 066 livres

A l’aumônier 533 livres

Au chirurgien 800 livres

Au maître 800 livres

Au pilote 800 livres

Marchand principal 10 000 livres

Le marchand 3 000 livres

Les commis 1 500 livres

En résumé, la Compagnie disait à ses officiers et agents : vous employez moyennement tant d’argent et pacotilles qui vous rapportent en moyenne cent pour cent. Vous me créez ainsi une concurrence tout en diminuant sur chaque bâtiment l’emplacement de mes propres marchandises : cessez de vous occuper de vos propres affaires  et je vous tiendrai compte de tout le bénéfice que vous pourriez faire. Pendant la guerre, le régime de Port-Permis fut suspendu, mais il fut repris au rétablissement de la paix. Les bénéfices du Port-Permis augmentaient singulièrement les appointements des officiers et agents de la Compagnie.

1740 28 novembre. Lettre de la Communauté de Lorient à M. de Fulvy:  » Monseigneur, Plus nous réfléchissons  sur le titre que Monseigneur le Contrôleur général ( Orry ) se propose de donner à notre hôpital, plus nous sentons de quelle conséquence il est de l’ériger en hôpital général. En effet, Monseigneur, si ce n’est qu’un hôtel-dieu, cette maison sera bornée à n’y recevoir que des malades n’ayant aucune rente pour le présent qui fournira à leur subsistance ; cela n’empêchera que la ville ne soit tous les jours surchargée de  mendiants ; au lieu que si Votre Grandeur lui donne le titre d’hôpital-général, en y recevant les malades, on sera en droit d’y renfermer les fainéants et de les y faire travailler.

Ce pourra être aussi une maison de force à renfermer les libertins et les faire travailler au lieu de les fustiger comme il arrive tous les jours…Combien d’enfants ne pourrait-on pas élever dans cette maison en leur apprenant à travailler ? Elle se fera un revenu considérable et les pauvres familles se trouveront d’autant soulagées.Tout cela, Monseigneur, sont des objets, qui, bien ménagés ne peuvent que procurer un bien infini à ce lieu…Nous nous flattons, Monseigneur, que vous voudrez bien entrer dans nos vues, les faire goûter par Monseigneur le Contrôleur-Général, et en vous déclarant le protecteur de cet établissement, lui obtenir le titre d’hôpital-général. »

Les insistances de la Communauté furent vaines, l’hôpital de la Miséricorde ne fut érigé qu’en hôtel-dieu.

1740 6 décembre. Sur les remontrances de M. de Montigny, et les observations de M. de Saint-Pierre, la Communauté apporte divers changements dans la construction des quais de la ville et de la cale Orry. Ainsi, elle décide que le parapet de trois pieds de hauteur en pierres de taille qui devait être établi sur toute la longueur des quais d’après le devis, serait supprimé comme inutile et gênant pour le service des bâtiments. Le 16 décembre suivant, l’intendant de Bretagne approuva cette modification.
1740 6 décembre. Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant établissement d’une second marché, à Lorient, le mercredi de chaque semaine.

1740 9 décembre. Contrat de vente au rapport de la Fargue, notaire à Lorient, d’un terrain joignant le pignon du midi de l’hôtel-dieu, ayant 40 pieds et demi de face sur la rue du Faouëdic et 60 pieds de profondeur, pour la somme de 60 livres par Guillaume Guilloux, boucher, au Sieur Etienne Perault, maire de la ville et communauté de Lorient, et autres administrations de l’hôtel-dieu de Lorient…Du même jour et au même rapport, autre contrat de vente d’un terrain vide, non-bâti, joignant le précédent, ayant d face sur la rue traverasnt le pré

de Paris, jusqu’à celui des héritiers du Touze, soixante-six pieds, et de profondeur 40 pieds, pour la somme de 600 livres, par les Sieurs Teto et La Fond, à M. Pérault, agissant en la même qualité.

1740 21 décembre. Arrêt du Conseil du Roi autorisant la Communauté de Lorient à contracter un emprunt d’une somme de 50 000 livres pour les travaux de la ville. Le délégué de Montigny fut chargé de procurer cette somme à la ville ; il était en même temps l’intermédiaire de la ville et de la Compagnie des Indes pour la concession des terrains vases.
1740 décembre. Arrêt du Conseil du Roi portant érection de la maison de la Miséricorde de la ville de Lorient en hôpital, sous l’administration des officiers municipaux.

1740 Un M. Alba qui exploitait les forges des Salles de Rohan, près Pontivy, eut l’entreprise de la fourniture des tuyaux des fontaines de la Compagnie des Indes à Lorient. J’ai trouvé dans les archives de la marine au port de Lorient, que la Compagnie des Indes paya à M. Alba 37 178 livres 18 sols 6 deniers pour cet objet : 25 500 livres en 1738, 3 000 livres le 11 mars 1739, et le 24 août 1740, pour parfait paiement 3 678 livres 18 sols et 6 deniers.
1740 10 juillet Sur la demande du recteur Cohalan, le général de la paroisse décide de la création d’une charge de sacristain au profit d’un prêtre, pour le service de l’église et de la fabrique, outre une part au casuel comme les autres prêtres de la paroisse.M. Julien Souzay, prêtre originaire de la paroisse fut nommé le jour même à cette charge de sacristain.

1740 Il y avait un parc nommé La Motte à Madame, à Lorient ( audience du 30 janvier 1740, affaire Cornec Le Bourgo).

1740 Un sieur Bobot est maître de poste à Lorient, c’est-à-dire maître de poste aux chevaux.

1740 Election de Brossière et La Villecadio, échevins en remplacement de Ferrand et Barbarin. Délibérants : Lafond, Docteur en médecine et Vareunes, négociant, en remplacement de Brossière et Villecadio

1740 3 mai nomination de Jean Chunlaud de Boisdison, conseiller secrétaire greffier de la Communauté en remplacement de Nicolas Droneau décédé le 11 mars 1740. Outre ce greffier, la Communauté avait un commis-greffier depuis 1739.

1740 14 juin Délibération relative à un procès pendant depuis trois ans entre la Communauté et M. de Riquebourg.

1740 6 décembre Délibération de la Communauté relative aux démolitions de maisons dans le travail de percement et d’alignement des rues. Il est question de maisons appartenant aux sieurs Drouard et Quimper, Donneau sur la place Prémenil, pour l’ouverture de la rue Fulvy ; de maisons près de la grande porte qui interceptent la communication entre la rue Orry et la petite porte de l’enclos ; de maisons dans la place Dauphine appartenant à Gourvenec et à la veuve Souzy, et aux héritiers Langevin ; d’une baraque à Lavallé et d’une maison à un Sieur Daniel. Le 12 avril 1741, autre délibération sur le même objet

1740 29 septembre Délibération de la Communauté qui ordonne la démolition de cabanes construites par le général de la paroisse en dehors du mur du cimetière  » attendu qu’il n’appartient à l’église aucun terrain dans cette rue, que ce n’est que par tolérance qu’on a souffert la fabrique bâtir ces cabanes pour se procurer un revenu dans le temps qu’elle était pauvre ; qu’aujourd’hui, elle est en état de s’en passer. »

1740 24 avril Délibération du général de la paroisse relative à l’embellissment de l’église : autel à la romaine, lambrissage du choeur, ornement des stalles, grille en fer au devant du choeur. Ce projet fut approuvé par el procureur général du Parlement

1740 5 avril Départ de Lorient de Mahé de la Bourdonnaye avec une divisiond e cinq vaisseaux, pour la côte de Coromandel.

1740 4 août Nicola Bonamourdemeurant au lieu noble de Kernetreich en Ploemeur suroge Martin Le Douarin demeurant au même lieu, en la baillée obtenue de M. Anthoine Deijou, d’un terrain dépendant de la métairie noble de Kérantrech, le dit terrain proche le Grand Chemin à peu de distance du pont nouvellement construit qui conduit dudit lieu par le grand chemin du passage de Saint-Christophe en la ville de LOrient, ayant 27 pieds de face dudit Grand Chemin du côté du Levant…signé Deigou, Caron notaire, Le Becq notaire, contrôlé à Lorient le 16 août 1740, signé Dechaspeugiron. VCet acte relate une baillée du 4 mai 1738, contrôlée à Lorient le 17 du même mois par de Montigny. Celui-ci aurait eu pour successeur dans la fonction de contrôleur à Lorient M. Dechasteau giron.

1740 Alexis Chaigneau, Sieur de La Salle, marchand apothicaire, demeurant rue de la petite porte.

1740 janvier Le Neptune, vaisseau de la Compagnie, en partance pour la Chine , le vaisseau La Vestale, vaisseau de la Compagnie, commandé par M. de la Marru, prêt à faire campagne, en avril Le vaisseau l’Hercule, vaisseau de la Compagnie, commandant Aubin du Plessis, prêt à faire campagne

1741

6 juin La Communauté de ville invite l’entrepreneur Guillois à faire travailler sans retard au déblaiement des terres de la rue du Vernay, conformément au nivellement donné par l’Ingénieur de Saint-Pierre ; afin de paver cette rue, sans toutefois interrompre le pavage de la place Dauphine et de la rue de Rohan.

M. Thermier de la Provotais et autres, propriétaires de terrains faisant façade sur la rue projetée dite Duvernay, se proposant d’y bâtir des maisons, après avoir consulté les cotes de nivellement de cette rue fixées par M. de Saint-Pierre, remarquant que le rez de chaussée de leurs maisons allait se trouver enterré de 7 à 12 pieds au-dessous du niveau actuel de terrain de la dite rue. Ce fut sur leur requête que la Communauté prit la délibération du 6 juin.

1741 Vaisseau le Duc d’Orléans, vaisseau de la Compagnie,  commandé par Magon de la Mettie, capitaine de vaisseau

1741 28 juillet. La Communauté charge M. de Chateaugiron, son greffier, de tenir un registre exact de toutes les personnes qui arriveront en ville et enjoint aux propriétaires, locatairs, cabaretiers et gens qui logent ou tiennent des pensionnaires d’aller tous le smatins faire eu greffe de la Communauté la déclaration des personnes qui arriveront chez elles, à peine de six livres d’amende au profit des pauvres.

1741 31 juillet. Lettre de la Communauté de Lorient à M. de Fulvy, à Paris  » Monseigneur, A l’égard des vases étant à côté de la chaussée de Tréfaven, la Communauté prend la liberté , Monsiegneur, de représentr à Votre Grandeur que si la Compagnie est absolument déterminéeà s’en réserver vint arpents pour y faire un jardin, il convient qu’elle les garde en entier, parce que ces sept arpents étant prélevés, le surplus ne peut jamais êtred’aucune utilité à la ville, qui n’a eu d’autre objet, dans la demande qu’elle en a faite, que de se procurer un endroit à pouvoir déposer ses cargaisons et vidanges et élever ce terrain pour dans la suite des temps y faire des des planteries de ces promenades et des dehors gracieux.. »

Dans une lettre émise le même jour par la Communauté au Révérend Père de Montigny, frère du Procureur du Roy de Lorient, on voit que l’intention de la Compagnie des Indes était de faire de ces sept arpents un jardin pour son hôpital. Je rappelle ici que l’hôpital de la Compagnie des Indes se trouvait alors dans la rue du port, à l’emplacement occupé aujourd’hui ( 1870 ) par la maison du Sieur Tison ( magasin de nouveautés à l’enseigne de la ville de Lorient ) que les dépendances de cet hôpital s’étendaient jusqu’au rivage de la mer et que par suite il y avait contiguïté entre ces dépendances et les terrains vases dont la villedemandai la concession ( voir plus bas l’article du 7 juillet 1741

1741 3 août Contrat de vente au rapport de Lafargue, notaire à Lorient, d’un terrain ayant face d’un côté sur la place Dauphine, et de l’autre sur la rue du Faouëdic.

1741 9 août Décision du Contrôleur Général des Finances de Fulvy concernant l’impôt de capitation due par les officiers et employés de la Compagnie des Indes .  » Tous les employés de la Compagnie des Indes  qui touchent leurs appointements à Lorient, doivent leur capitation audit lieu, et seront compris dans le rolle sur le pied du centième denier des dits appointements. Ceux qui ont du bien soit à Lorient, soit ailleurs seront imposés en égard audit bien, et cette partie sera susceptible d’augmentation au marc la livre.

Les officiers de la ville ne feront néanmoins qu’une cotte pour chacun des dits officiers ou employés, et ils fourniront le rolle au caissier de la Compagnie des Indes  qui fera la retnue sur les appointements qu’il payera… » Cet impôt de capitation donna lieu de la part des officiers employés à la Compagnie des Indes  à de fréquentes difficultés qui furent portées devant différentes autorités supérieures ; mais les décisions furent constamment favorables  à la ville de Lorient.

En 1737, la commission intermédiaire des Etats de la province, dans son mandement général pour le paiement des impositions , ayant compris ces officiers et employés de  la Compagnie des Indes, non seulement pour la capitation, mais pour l’impôt du casernement   des troupes, ceux-ci se refusèrent à payer l’un et l’autre impôt et l’affaire fut portée devant le Conseil d’Etat du Roi. La solution se fit attendre ; ce ne fut qu’en 1761 que le Conseil donna sa déision : le droit de capitation fut maintenu, mais réduit à quatre deniers pour livre d’appointement, c’est-à-dire au quart du taux fixé en 1741 par M. de Fulvy ; quant à l’impôt de casernement, la ville fut déboutée de ses prétentions.

1741 23 septembre. La Communauté nomme une commission composée de M.M. Prérault, maire; Monistrol, lieutenant de maire ; de Montigny, Procureur du Roy, pour traiter avec la Compagnie des Indes de la concession de quelques pouces d’eaux et prélever sur les conduits qui traversent la ville, afin d’établir des fontaines publiques et une réservoir ou abreuvoir nécessaires à Lorient.
1741 12 octobre Sur la proposition et d’après les estimations de M.l’Ingénieur de Saint-Pierre, la Communauté fixe à la somme de 15 260 livres l’indemnité due par la ville aux divers propriétaires dont les immeubles ont été expropriés à l’occas sion de l’ouverture ou de l’alignement des rues du Faouëdic, Condé, Fulvy, Duvelaër et de Montigny.

1741 26 octobre Contrat de vente au rapport de Le Guével, notaire à Lorient, pour messire Pierre-Elie Léger de Kermélo, au sieur Stéphane Goluin, d’un terrain situé en la ville de Lorient, rue des prêtres, contenant vingt pieds de face au midy.

1741 9 novembre Ordonnance de l’intendant de Bretagne rendu sur la requête de M. Souzy, prêtre, qui enjoint à tous propriétaires des maisons qui forment la rue de la Salle d’enlever tous les décombres qui s’y trouvent , et suivant le nivellement donné par l’Ingénieur de Saint-Pierre.

1741 28 novembre Contrat de vente au rapport de Lafargue, notaire à Lorient, par Messire Pierre-Elie Léger de Kermélo, au Sieur Haugmon, d’un terrain ayant vingt-cinq pieds de face sur 30 de profondeur, ayant deux faces, l’une dans la rue de Rohan, l’autre dur la rue Angon à Lorient. La rue Angon ou Angou est écrit vraisemblablement pour rue d’Anjou.

1741 11 décembre La Communauté de ville donne pouvoirs à M. de Montigny son procureur du roy, pour obtenir que la ville de Lorient ait des armoiries ; et elle le charge de décorer d’un tableau la porte de l’hôtel de l mairie, comme c’est l’usage pour toutes les villes du royaume. Il est à remarquer que la maison du maire servait alors d’hôtel de ville.

1741 11  décembre. M. de Montigny, procureur du roi, donne lecture à la Communauté d’unelettre qu’il a reçue de son frère de Paris, le père de Montigny, procureur du collège Louis Le Grand et des missions étrangères. Il l’informe qu’il a porté au Contrôleur général la délibération des ditecteurs de la Compagnie des Indes  concernant le terrain que l’édification du quai procurera à la ville. Le Contrôleur général a approuvé la concession de ces terrains faite par la Compagnie des Indes  à la ville moyennant une rente annuelle et censive de trois deniers par toise. La Communauté charge des commisssaires nommés le trois septembre précédent  d’accepter la concession à ces conditions.

1741 29 décembre  Le Duc de Penthièvre accorde au sieur Constant un privilège pour établir à Lorient une maison de jeux, à l’exclusion de tout autre particulier. Il lui est permis de donner à jouer au billard, au tric-trac, à l’hombre, au quadrille, au piquet, à la bête et au triomphe ; tous autres jeux sont interdits . Constant était premier valet de chambre du duc de Penthièvre ; il céda son privilège à un sieur des Enclos.

1741 20 février Acte de Penicaud notaire à Lorient faisant mention d’un cul-de-sac, rue de l’église. C’est celui qui se trouve en face de la rue du puits (v. 1732).

1741 3 avril Le 12 novembre 1740, les officiers de l’amirauté de Vannes rendirent une ordonnance portant autorisation d’extraire de la pierre dure des carrières situées dans les rades et anses du Port-Louis et sur les rivières de Blavet et du Scorff. On comprend combien cette ordonnance dut éveiller l’attention de la Compagnie des Indes et de la Communauté de Lorient, dans un moment où la construction d’édifices, le pavage, etc. étaient en pleine activité.

Dans un moment où le défaut de routes obligeait les entrepreneurs à se pourvoir de matériaux pesants par la mer et les voies navigables ; aussi une opposition à cette ordonnance fur immédiatement signifiée à l’Amirauté de Vannes, au nom du syndic de la Compagnie des Indes  et de celui du maire et des habitants de Lorient. L’affaire ayant été portée devant le Conseil d’Etat du Roi, il intervint le 3 avril 1741 un arrêt qui commit l’ingénieur de Saint-Pierre  pour l’examen des carrières les plus utiles pour l’éxécution des travaux de la ville et de l’établissement de la Compagnie des Indes . M. de Saint-Pierre remplit sa mission , et le 31 octobre 1741, un nouvel arrêt du Conseil d’Etat du Roi fixa, conformément au rapport de M. de Saint-Pierre du 8 août précédent, les carrières où la Compagnie des Indes  et les habitants de Lorient pourraient désormais extraire de la pierre, et indiqua celle où il était interdit de continuer l’extraction.

Les premières se trouvaient à la pointe de Kernel, en face de la rue Bréart ( la pointe de Fourche-Blaye ). Dans l’anse de Kergroix. A la pointe de Kergroix où il y avait plusieurs carrières en exploitation ( La Perrière à Collin ). A la pointe de Kerzo ; à Locmiquélic ; dans la rivière du Blavet, en face de Locqunolay et autres endroits etc…Dans la rivière du Scorff, à gauche du passage ;  cette carrière était déjà ouverte par la ville pour construire la chaussée de Tréfaven.

1741 19 septembre Adjudication du pavage de l’église en dalles de deux pieds de long sur un pied de large, au sieur Aubert, pour le prix de huit sols le pied carré.

7 juillet 1741 Lettre de la Communauté de Fulvy pour lui annoncer que l’on a commencé une chaussée de communication entre le château de Tréfaven et le passage de saint-Christophe.

Le même jour, lettre aux Directeurs de la Compagnie des Indes pour lui demander la concession des vases au dedans de cette chaussée «  laquelle formera à l’avenir le grand chemin de Pontscorff, Quimperlé, Carhaix et autres villes circonvoisines… »

Le même jour encore, la ville adresse une requête au roi pour obtenir la concession de ces mêmes terrains-vases, ainsi que celle des vases en dedans des quais en construction ( voir l’article du 7 juillet inscrit plus haut).

1741 1er novembre. Lettre de la Communauté dans laquelle elle se plaint de la lenteur des travaux des quais et des pavés de la ville adjugés au Sieur Guillois, et dont le marché vient d’être résilié.

1741 12 octobre Remboursement de 570 livres à M. Pérault, maire, pour dépenses faites pour le compte de la Communauté, à l’occasion du séjour à Lorient de l’Intendant de Bretagne et de sa femme.

1741 2 décembre. M. de Montigny est nommé député aux Etats de Bretagne qui doivent se tenir extraordinairement à Rennes le 30 décembre.

1741 5 Décembre Guillois refuse de continuer les travaux des quais et de pavage des rues ; il demande la résiliation de son marché, à moins d’élever le prix. Gêne des propriétaires , dont quelques-uns proposent d’exécuter le pavage devant leurs maisons.

1741 15 décembre La Communauté autorise le paiement à Jean de Guével d’une indemnité de 500 livres pour construction d’une cale au passage de Saint-Christophe, du côté d’Hennebont, exécutée sous les yeux de M. de Saint-Pierre.

1741 Messire Jacques de Bahuno, Chef de nom et d’armes, chevalier Seigneur de Kerolain, Kermadehoye, La Demie-ville, Kergouriaux, Bressean, Kermant, etc. demeurant en son château de Kerolain, paroisse de Lanvaudan, Capitaine-Général de la Capitainerie Garde costes de Lorient.

1741 12 juin Fixation des limites de la banlieue de Lorient. On lui donna une étendue plus considérable que celle qui avait été fixée le 9 août 1738.

Lorient paya en 1741 de droits e capitation 8641 Livres, 4 deniers 4 sols

1742 22 janvier Arrêt du Parlement de Bretagne qui attribue à La Communauté de ville de Lorient la police de la ville.

Cet arrêt était très important pour Lorient, où la police était nulle. Le mal venait, d’après l’Arrêt du Parlement, «  de ce que les Juges de la juridiction de Tréfaven dont relevait Lorient, n’y résidaient pas ; qu’ils ne viennent de Pont-Scorff dont ils sont domiciliés que de huit jours en huit jours en été, et de quinze jours en quinze jours et souvent de mois en mois en hiver, pour y tenir avec précipitation une audience après laquelle ils s’en retournaient le même jour, sans s’embarrasser de faire la police, de recevoir les plaintes du public… »

Les boulangers, bouchers, marchands vendaient à prix arbitraires et à tous poids le pain, la viande et toutes les denrées nécessaires à la vie ; les poissonniers, regrattiers accaparaient le poisson, le gibier, les volailles et autres menues provisions pour les vendre aux prix qu’ils voulaient.

L’Arrêt du 22 janvier accorda à la ville le droit de réglementer l’exercice de ces commerces et de ces industries, et de taxer le prix du pain et de la viande.

1742 Juillet Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant confirmation de l’établissement de l’hôtel-dieu de Lorient.

1742 20 octobre A l’audience publique de la juridiction de Lorient, M. Jean-François Morin, avocat au Parlement, Procureur fiscal de la juridiction de Pontscorff, Lorient et dépendances, expose «  que chaque jour les choses nécessaires à la vie augmentent de prix, que les marchands de toutes denrées les vendent le prix qu’il leur plaît, sans que jusqu’ici on ait pu mettre un frein à leur avidité ; que pour remédier aux abus qui se commettent journellement et contraindre les boulangers, bouchers, poissonniers.. il est nécessaire d’y pourvoir par un règlement général… »

En conséquence de ces remontrances, le sénéchal arrête un règlement de police de la boulangerie et de la boucherie et fixe comme suit le prix du pain et de la viande :

Pain de froment mollet 3 sous 6 deniers la livre

Pain rond léger 2 sous 10 deniers la livre

Pain bon et mal 2 sous 6 deniers la livre

Pain gris 2 sous la livre

Pain de seigle 1 sou 4 deniers la livre

Gros pain de seigle 1 sou 3 deniers la livre

Viande de bœuf 4 sous 3 deniers la livre

Bœuf noir et mouton ensemble, quatre sous la livre

Génisse 3 sous 6 deniers la livre

Vache, 3 sous la livre

1742 19 mars Nouvelles instances des habitants de la rue de Rohan près de la Communauté ; pour contraindre l’entrepreneur Guillois à paver cette rue.

1742 1er mai Election de Pierre Raymond de Varennes et Bernard de la Freté aux fonctions d’échevins ; et des sieurs François fermier de la Provotais, Adrien Deigou et Jean Chunlaud de Boisdison, délibérants, en place des échevins et de Delafond, domicilié de Pontivy

1742 2 mai On place dans l’église Saint-Louis une lampe d’argent donnée par M.Louis Aubin Duplessix, capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes et dame Marie-Anne Copeaux son épouse. Le vaisseau de la Compagnie des Indes le Saint-Gérand, rentré des Indes à Lorient en 1734 était commandé par le capitaine Duplessix.

1742 18 septembre Nomination du Sieur Monistrol lieutenant de Maire en qualité de Député aux Etats de Bretagne à tenir à Rennes le 1er octobre 1742.

1742 13 octobre Délibération du Général de la Paroisse qui fixe le tarif des inhumations dans l’église à 50 livres pour les grandes personnes, et à 25 livres pour les enfants au-dessous de 13 ans, dans l’espace compris entre le premier vitreau au-dessous de la chaire jusqu’à la table de communion, et à 30 livres et 15 livres depuis la chaire jusque dans le bas de l’église.

1743

4 juillet La Communauté autorise M. de saint-Pierre à faire exécuter divers travaux dont le devis s’élève à 2019 livres,à la Belle-Fontaine ; et à disposer les fontaines du Moustoir et du Faouëdic de manière à fournir la quantité d’eau nécessaire aux habitants de Lorient. M. M. Perrault, de Montigny et de Saint-Pierre déclarèrent à l’assemblée, que, s’étant transportés à la Belle Fontaine, ils avaient constaté que cette fontaine était trsè mal située et construite, n’ayant que 3 pieds en quarré et 3 pieds de profondeur ; que l’on pouvait y amener trois autres sources voisines qui n’avaient jamais été découvertes…

1743 21 décembre La Communauté de ville de Lorient demande à la Compagnie des Indes «  la concession des terrains vagues et vases, tout le long du canal régnant au midi de la ville ; et l’anse de vase régnant depuis le passage Saint-Christophe jusqu’à l’entrée de l’avenue du château de Tréfaven, à revenir le long des fossés des terres adjacentes, offrant de tenir les dits terrains de la Compagnie des Indes à Foi et hommage et de lui payer telle redevance qu’elle jugera à propos.. »

C’est aussi la première fois qu’il s’agit de l’étendue de vases déportées du Scorff par la digue qui mène à Tréfaven, vases converties depuis longtemps en prairies.

1743 27 janvier A l’occasion de la fonte d’une cloche, le Général de la paroisse décide que cette cloche portera le nom et les armes du Prince de Guéméné, et les noms du parrain et de la marraine. Madame Duvelaër est choisie pour Marraine.

1743 1er mai Jean Reynaud et Pierre Droneau nommés échevins électifs. Pierre Droneauétait fils de Michel et frère de Mademoiselle Claire Droneau, fondatrice de l’hôtel-dieu.

1744

 15 avril Arrêt du Conseil d’Etat du roi prescrivant de clore de murailles la ville de Lorient

Cet arrêt rendu à la requête de la Communauté fut l’occasion pour elle de demander de nouveaux octrois, tant pour subvenir aux frais de construction du mur d’enceinte que pour rembourser les maisons et les terrains à exproprier pour l’établissement de cette muraille et l’exécution du plan d’alignement de la ville

1744 20 mai ( voir au verso l’article du 29 août ).

1744 10 juin Messire Pierre Duvelaër, écuyer Seigneur de Kerveguen, Valmé et autres lieux, Directeur de la Compagnie des Indes et Commissaire pour le roi au port de Lorient, y demeurant dans l’enclos et hôtel de la Compagnie requiert Laurent-André de Montigny, Subdélégué de l’Intendant de Bretagne, demeurant en son hôtel à Lorient, rue Dauphine, de procéder au débarassement et à l’évaluation de la duperficie du terrain compris entre le canal du Faouëdic et le terrain des particuliers, à prendre depuis le mur de clôture de la Compagnie des Indes jusqau tracé du mur d’enceinte de la ville commençant au-dessous et près le dit moulin du Faouedic, et que la mer couvrait.
Cette opération fut faite par M. de Saint-Pierre, Inspecteur des bâtiments du roi et Ingénieur de la ville. Cet homme de l’art trouva que l’étendue gagnée sur la mer pour le mur des quais procurait à la Compagnie une surface de 11 726 toises faisant à la mesure de Bretagne 9 journaux et un 6e ; et avait une longueur de 312 toises sur 37 toises, 3 pieds 6 pouces de profondeur par réduction.

«  Duquel terrain ledit Sieur de Saint-Pierre nous a fait voir que le quay, l’emplacement de l’hôtel de ville et les rues formées en iceluy, ainsi qu’il est projeté par le plan arrêté au conseil, occupant 6614 toises de superficie du dit terrain, ce qui fait 5 journaux et 1/6e, de manière qu’il en reste dudit terrain sur lequel on pourra par la suite construire des magasins et maisons que 5112 toises superficielles qui font environ 4 journaux… » ( la copie du procès-verbal du dix juin est aux archives de la marine à Lorient ).

1744 29 août Délibération de la Communauté qui autorise de payer à M. Dhozier une somme de 240 livres pour ses honoraires ; et le coût de l’Arrêt du Conseil du Roi qui accorde des armoiries à la ville de Lorient.

«  Un écu de gueules à un vaisseau d’argent, voguant sur une mer de Sinople, et un Soleil d’or se levant derrière des montagnes d’argent posées au flanc droit de l’écu, et un franc canton d’argent semé de mouchetures d’hermines de sable ; l’écu ayant un chef d’azur semé de besants d’or et surmonté d’un triton au naturel, ayant le bas du corps en forme de poissons tenant de la main droite une corne d’abondance et de la gauche une coquille en forme de cornet qu’il porte à sa bouche pour lui servir de trompe.. »
Ollivault, graveur de rennes fut chargé de graver deuxcachets aur armes de Lorient, pour la Communauté : son travail coûta 120 livres.

1744 29 septembre M. de Saint-Pierre présente à la Communauté de ville le devis estimatif des ouvrages de maçonneries, pierres de taille, fouilles et remblais de terre pour la construction du mur d’enceinte de la ville de Lorient. Il s’élève à la somme de 54 883 livres 12 sols, et porte la date du 6 septembre 1744. La Communauté adopta le travail de l’ingénieur, sauf quelques modifications relativement à l’architecture des portes de ville. Elle demanda que la porte établie sur le grand chemin de Saint-Christophe fut construite de manière à répondre à la dépense du mur et à la beauté du chemin et à pouvoir décorer la ville. »

«  Le mur d’enceinte au pourtour de ladite ville, porte le devis, compte deux pieds six pouces d’épaisseur sur quatorze pieds de hauteur, sur une longueur de 512 toises.. »

1744 17 octobre Arrêt du Conseil du roi rendu à Strasbourg, sur le rapport du Conseiller Orry, qui permet aux négociants de Lorient d’expédier et d’embarquer pour l’étranger par le port de cette ville, les toiles dites de Bretagne, et ordonne l’établissement d’un bureau spécial pour la visite et la marque de ces toiles.

Ce bureau ne fut établi qu’en 1751. La Compagnie des Indes entrava peut-être l’exécution de cet arrêt favorable au commerce local.

1744 Arrêt du Conseil du roi accordant de nouveaux droits d’octrois à la ville de Lorient.
Ces octrois sont établis sur les boissons consommées par les particuliers et non sur celle des hôteliers et cabaretiers, indépendamment des anciens droits, dits patrimoniaux.

Ainsi à partir de ce moment, les boissons consommées à Lorient furent sujettes à 3 natures d’impôts

1 Les droits patrimoniaux perçus à l’entrée sur toutes les boissons. 2 Les nouveaux octrois, perçus sur les boissons des particuliers. 3 Les anciens octrois perçus sur les boissons des hôteliers et cabaretiers.

Il est à remarquer que l’octroi sur les eaux de vie à raison de 4 sols par pot, demandé par la ville ne lui fut pas accordé. La raison en était probablement que le commerce des alcools appartenait à la Compagnie des Indes, cette compagnie craignant de voir diminuer la consommation des liquides spiritueux aura fait opposition à cette demande de la ville de Lorient.

1744 13 mai François Fernier ? de la Provotais et Adrien Deigou sont nommés échevins électifs

1744 6 octobre M. Laurent André de Montigny, Sieur du Tymeur est nommé député de la Communauté aux Etats de Bretagne

1744 8 février Publication à l’audience de la juridiction de Lorient d’une délibération du Conseil du Prince de Guéméné datée du 2 octobre 1743 prise en conséquence de celle du 18 décembre 1741, relative à l’afféagement d’environ 8000 journaux de landes et terres vaines et vagues qui se trouvent dans l’étendue de la Principauté de Guéméné. M. de la Vrillière du Bois, Procureur au Parlement de Bretagne est chargé de recevoir les enchères, faire les adjudications et passer les contrats d’afféagement.

1744 2 juin On pose solennellement la première pierre des murs de closure de la ville, à l’endroit appelé La Motte à madame. Une plaque de cuivre encastrée dans cette pierre contient cette inscription

Anno MDCCLIV

Die secunda junii mudecima hora matusina

Regnante Ludovico XV

Alta minoris que Britanniae, Gubernatore S

A.S.D. Ludovico Alexandro

de Bourbon, Duce de Penthièvre.

Un arrêt du Conseil du roi du 15 avril 1744 avait autorisé cette clôture.

1745

6 avril Délibération de la Communauté de Lorient qui fixe à 4 le nombre des orfèvres de la ville, en conséquence de l’arrêt de la Cours des monnaies de Paris du 20 janvier précédent, rendu sur les contestations survenues entre les orfèvres de Lorient et un Sieur Le Roux, aspirant orfèvre

1745 2 décembre Délibération de la ville de Lorient ordonnant aux maîtres de barque de se servir d’un minot à la mesure royale d’ Hennebont qui sera déposé à l’hôtel-dieu, pour mesurer et vendre leurs denrées, et fixant à 5 sols par tonneau la rétribution à payer pour l’usage de cette mesure, au profit de l’hôtel-dieu, à peine de dix livres d’amende par contravention à ce règlement.

1745 2 décembre Droneau, Procureur du roi de la Communauté expose à l’assemblée qu’il y a plusieurs terrains vides dans le milieu de la ville sur lesquels le public dépose les immondices de leurs maisons, ce qui fait un amas de vilenies dont les vapeurs et mauvaises exhalaisons pourraient occasionner des maladies.

Sur quoi la Communauté délibérant, décide que «  les propriétaires des terrains vides seront tous tenus d’enclore ces propriétés par des murs de six pieds de hauteur ; … fait défense aux habitants de jeter aucune ordure par les fenêtres ; leur enjoint de balayer tous les mardis et vendredis, d’emmalonner leurs balayures pour être enlevées les mercredis et samedis, à peine de 5 livres d’amende au profit de l’hôpital. »

1745 29 mai La Communauté approuve le plan d’exhaussement de la cale d’Espréménil dressé par M. de Saint-Pierre

1745 22 juillet Réception de M. Laurent-André de Montigny dans la charge de Lieutenant de Maire, et de Pierre-Michel Droneau en celle de Procureur du Roi de la Communauté de Lorient

1745 31 juillet Délibération de la Communauté de Lorient autorisant le paiement de 150 livres à la Dame Beaulieu, pour location d’appartements garnis et d’ustensiles à M. le Comte de Volvire et à Sa Suite durant un séjour de cinq semaines à Lorient

1746

20 octobre Lettre de M. de Maurepas à M. de Montigny

«  A Fontainebleau le 20 octobre 1746

J’ai reçu, Monsieur, Votre lettre du dix de ce mois par laquelle vous demandez qu’il soit fait don à la ville de Lorient des 4 canons et mortier que les anglais ont laissés dans leur camp et que vous avez fait entrer dans la ville.

Le Roy à qui j’ay rendu compte de ce que vous me marquez à ce sujet a bien voulu consentir à faire ce don à la ville de Lorient. Je vous en informe avec plaisir et je suis Monsieur, très parfaitement à vous signé Maurepas »

1746 15 novembre «  Du 15e jour de novembre 1746, en l’assemblée de ville tenue en la maison de M. Perault maire et président de la dite assemblée, présents M. de Montigny lieutenant de Maire, Droneau fils procureur du Roy, Droneau père, échevin, La Fontaine et Deffand assesseurs, La Freté avocat du Roy, Cordé Contrôleur de greffe, Brossière et Dussault échevins électifs, Bourgogne, Le febvre, Duplessix-Jores et Rahier, délibérants

«  Le dit Sieur Procureur du Roy a représenté que l’évènement qui vient d’arriver à cette ville par la levée du siège que les anglais ont été obligés de faire le vendredy septième octobre dernier est l’effet de la protection singulière de Dieu et de la Sainte Vierge ; évènements dont il convient de perpétuer au public la mémoire en consacrant à l’avenir le même jour de chaque année à en rendre au Seigneur des actions de grâces. Sur quoy il requiert qu’il soit délibéré et a signé : Droneau.

Les Dits Sieurs ont, sous le bon plaisir de Monseigneur l’Intendant délibéré qu’à l’avenir il sera chanté le sept octobre de chaque année une grande messe solennelle dans l’église paroissiale de Saint-Louis de cette ville devant l’autel de la Sainte Vierge et ensuite faire procession générale dans l’intérieur et autour de l’enceinte de cette ville où sera porté la statue de Notre-Dame de la Victoire qui sera faite en argent aux dépens de la Communauté et qu’il sera aussi fait un tableau qui sera porté à l’autel de la Sainte-Vierge, et ont signé : Perault, de Montigny, Droneau, , Deffond, Cordé, Lafontaine, Brossière, Dussault, Lefebvre, Rahier, Plesix Jorres «

Le 2 décembre 1744 l’Intendant de Bretagne certifie cette délibération du corps municipal qui fut également approuvée par l’évêque de Vannes le 23 février 1747.

1746 19 novembre Reprise des audiences de la juridiction de Lorient, interrompues depuis le 24 septembre par la descente des anglais. Sur les remontrances du Procureur-fiscal, les généraux-plaids de cette juridiction qui n’avaient point été tenus comme de coutume au mois d’octobre sont fixés au 3 décembre.

1746 26 novembre Nouvelles plaintes portées à l’audience de la juridiction de Lorient, par le Procureur fiscal, contre l’avidité des bouchers et des boulangers ; il demande l’établissement d’un nouveau règlement général de police pour veiller à son exécution. Le sénéchal arrête un règlement comprenant une nouvelle taxe du pain et de la viande, les obligations des bouchers et boulangers, la police des cabarets, cafés et lieux publics ; les poids et mesures, le ramonage des cheminées, le balayage des rues, les dimensions de bois de chauffage. Il nomme deux Commissaires chargés de l’exécution de ce règlement de police.

D’après la taxe, le prix du pain est à vil prix :

Pain de froment de première qualité, un sou 9 deniers la livre

Viande de bœuf, première qualité, 4 sous six deniers la livre

Viande de vache, 2 sous 6 deniers la livre

la lait est également taxé à 6 sous 6 deniers la livre, et la chandelle à 8 sous 6 deniers la livre

1746 3 décembre Naufrage du vaisseau de la Compagnie des indes, le Prince de Conty, sur les côtes de Belle-Ile

1746 17 décembre La Communauté de Ville appuie une demande adressée à l’Intendant de Bretagne par le Sieur François Bobot, pour avoir seul le privilège de courtier des rouliers et des voituriers à Lorient, à la condition de tenir un registre des chargements qui seront faits sur chaque voiture et de payer au profit de l’Hôtel-Dieu la somme de deux cents livres à chaque vente de la Compagnie des Indes.

1746 D’un compte de dépenses du siège de Lorient, qui existe aux archives de la marine au Port de Lorient, j’ai extrait les notes suivantes :

En munitions de guerre on dépensa 120 boîtes à mitraille pour canons de 24 ; 65 boîtes pour canons de 12 ; et 28 boîtes à mitraille pour canons de 8

3866 boulets ronds ; 134 boulets à 2 têtes ; 60 bombes de 7 pouces 7 lignes, et 17872 livres de poudre

Toiles pour tentes aux milices bourgeoises et gardes-côtes, 10 197 livres , 8 deniers

Toiles pour sacs à terre ( 748 sacs à terre), 1121 livres 6 sols

5 canons en fer furent crevés

On dépensa en outre 45 milliers 800 livres de foin à 16 livres le millier, 732 livres 16 sols

19 000 bottes de paille de seigle, tant pour la subsistance des chevaux de cavalerie et dragons que pour coucher les cavaliers et dragons et aussi les grades-côtes, du premier octobre au 14 du même mois, à 2 livres 10 sols le cent de bottes ou 25 livres le millier, quatre cent soixante quize livres ;

60 minots d’avoine, cent cinq livres

Il ne s’agit que des fournitures faites par la Compagnie des Indes ; la ville dut nécessairement faire de son côté des dépenses de foin, paille et avoine.

La Compagnie fournit encore 60 milliers de fagots, tant pour chauffer les troupes que pour confectionner des fascines, retranchements et autres ouvrages de défense.

Prêt, ou solde, des gardes-côtes payés par la Compagnie des Indes pendant le mois d’octobre 1746, sur les billets de M. de Morlat, Commissaire Provincial des Guerres en Bretagne

A la Compagnie de Portlouis 282 livres 4 sols

A celle d’Audierne 184 livres 1 sol

A celle de Concarneau 142 livres 8 sols

idem 96 sols

A celle de Lorient 129 livres 12 sols

idem 314 livres 16 sols

idem 84 livres 14 sols

A M. de Pinguelain 24 livres

Total 2034 livres 10 sols

1746 10 mai Nomination de 2069 brossières et Duassault échevins électifs ; délibérants les Sieurs Le Febvre, Fermier de la Prévotais, Joret et Rayer

La Communauté de Lorient se trouva ainsi composée pour l’année 1746

Maire : M. Pérault

Lieutenant de Maire : M. de Montigny

Echevins : M.M. Esnée et Droneau père

Assesseurs : M.M. La Fontaine et Deffond

Procureur du Roi : M. Droneau fils

Avocat du Roi : M. La Feté

Contrôleur du Greffe : M. Cordé

Echevins électifs : M.M. Brossière et Dussault

Délibérants : M.M. Reynault, Bourgogne, Le Fèvre, fermier de la Prevotais, Du Plessis Jores et Rayer.

1746 14 août Le Général de la Paroisse charge M. de Saint-Pierre de dresser un plan d’un auvent à établir contre le mur du cimetière, faisant face à la place Dauphine, coupé de six pieds en six pieds, pour servir de boutiques aux marchands, merciers, forains.

1746 15 novembre Sur le départ du maire, la Communauté nomme M. de Montigny député aux Etats de Bretagne qui se tiendront à Rennes le 28 novembre 1746

Le même jour, à la demande de M. de Montigny, la Communauté décide qu’elle nommera et tiendra sur les fonts de baptême l’enfant dont Madame de Montigny est grosse.

1746 17 décembre La Communauté autorise une dépense de 483 livres 10 sols faits par le Maire à l’occasion de la réception de M. le Marquis de Rothelin, gouverneur des citadelles et villes du Portlouis, Hennebont et Lorient.

Elle autorise également le paiement à la Dame Beaulieu d’une somme de cent livres pour avoir logé pendant 33 jours M. le Comte de Volvire et Sa Suite.

1746 17 novembre Naissance de Jacques Jérôme Antoine Crublet, fils de Michel Crublet, capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes, et de Marguerite Antoinette de Montigny. Marin distingué, auteur d’une histoire de la Compagnie de l’ Inde par l’escadre du bailli de Suffren etc. nommé Contre-Amiral honoraire en 1818, mort à Rennes en 1829 à l’âge de 83 ans

1746 recettes d’ Antoine Permazeilhes, fabrique de la paroisse Saint-Louis de Lorient, du 20 mai 1745 au 9 mai 1746.

«  Recettes (…) Total 5623 Livres

1746 Dans les sorties exécutées les 6 et 7 octobre par les troupes et milices de Lorient contre les anglais, il y eut cinq hommes tués, dont pas un militaire. Les cinq appartenaient aux milices des paroisses. Le 5, le nommé J.B. Bergue et un inconnu furent tués. Le 6 les individus qui furent tués se nomment Alexis Goujon, Jean Padan et André Maguet, ces deux derniers étaient de Plouay. Pierre Elie Léger, Sieur de Kermélo, mourut vers 1745 ou 1746 dans sa maison située à l’angle des rues des colonies et de l’hôpital, maison qui fut bâtie par Nicolas Léger, afféagiste de pierre Dondel suivant contrat de 1700.

Cette maison fut occupée après la mort de Pierre Elie Léger par le Commandant de Lorient, Fléchier. La succession du Sieur de Kermélo, décédé sans enfants, tomba à des collatéraux, entre autres Dame Marie-Anne de Joannis, épouse de noble homme Théophile de Jong, Sieur de Boisquesnay, capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes. Le partage de cette succession est du 22 mars 1749. Presque tout l’ilôt compris entre les rues de l’hôpital, des colonies, de l’église et de saint-Pierre fit partie de l’afféagement consenti par Dondel à Nicolas Léger en 1700, ce dernier morcela sa concession en faveur de plusieurs particuliers qui payaient aux héritiers Léger des rentes financières ou convenancières. La rue des Colonies porta le nom de ru Léger avant celui de Duc d’Anjou. La maison Léger a appartenu récemment à la famille Lestrohan ; la maison Valliée et jardin, en dépendances.

La terre de Kermélo, ancien membre du prieuré de saint-Michel des Montagnes dont elle fut détachée sous Henri III appartenait à Pierre Elie Léger qui en portait le nom, selon l’usage de l’époque. Il possédait encore à Portlouis la maison faisant face à la porte principale de l’église paroissiale, actuellement occupée par un café. Le manoir noble de Kermorzeven appartenait aussi à léger dont le revenu dépassait 4500 livres ( voir l’année 1732).

1746 3 juillet «  Entre Jean-Vincent Le Strugeon et Louis Mello, demeurant au Bas-Pontscorff…. a été reconnu que ledit Le Strugeon aurait fait assigner ledit Mello en la juridiction du Consulat de Rennes pour luy faire raison de toutes les sommes qu’il aurait pu toucher du marché verbal qu’il y aurait entre eux pour la fourniture de la Compagnie des indes à Lorient ( Jorin notaire ). Jusqu’à la création d’une juridiction consulaire à Lorient, toutes les affaires commerciales de Lorient furent portées devant la juridiction consulaire de Vannes.

1747

19 février Droneau communique à l’Assemblée de Ville les prétentions de M. le Marquis de Rothelin gouverneur de Portlouis qui exige «  que la ville de Lorient lui fournisse, à lui, à sa femme et à leur Suite un hôtel avec écuries et remises, 19 lits dont 12 de maîtres, et les meubles à l’avenant, pendant tout le temps qu’il résidera à lorient pour donner les ordres nécessaires aux travaux des fortifications de la ville. »

Le Procureur du Roy conclut au rejet de cette demande excessive pour s’en tenir aux fournitures d’usage ; il ajoute que, dans tous les cas, il n’était pas possible de se procurer en ville un hôtel qui répondit à la demande de M. de Rothelin ; «  que la maison de la Dame veuve Beaulieu quoique très décente n’est pas assez spacieuse ni commode pour une si grande Suite ; qu’elle n’a ni remise, ni écurie, qu’il n’y en a même pas dans la ville… »

La Communauté, sur les conclusions du Procureur du Roy, se décide à recourir à l’Intendant de Bretagne et au Contrôleur général des Finances. Voici la lettre qu’elle reçut à ce sujet de l’Intendant Pontcarré de Viarmes

«  A Rennes 21 mars 1747 M. le Contrôleur Général m’a fait part, Messieurs des représentations que vous lui avez faites sur les demandes de M. de Rothelin vous a fait faire pour logement et fournitures de meubles et ustensiles pendant le temps qu’il compte passer à Lorient. Comme ces dépenses lui ont paru excessives tant par rapport à ce qui s’est toujours pratiqué à cet égard que par rapport aux facultés de votre ville qui n’est pas à beaucoup près en état de disposer la moindre dépense extraordinaire, surtout de cette espèce, il me charge de vous ordonner de vous conformer à l’usage qui a été suivi jusqu’à présent, et de vous défendre très expressément de les excéder. Ainsi M. de Rothelin ne peut prétendre d’autre logement ni fournitures que ceux qui ont été donnés à M.M. De Volvire et De Coetlogon ; et s’il en veut davantage, c’est pour son compte particulier. Au surplus, vous me marquerez ce que vous avez fait en conformité de ma lettre afin que je puisse en rendre compte à M. le Contrôleur Général. Je suis, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur signé : Pontcarré de Viarmes. »

La ville était accablée de réclamations et de prétentions semblables à celles de M. de Rothelin. Ce n’était pas seulement les grands personnages qui prétendaient exploiter les bourgeois et habitants de Lorient. Des officiers d’une condition moins élevée prétendaient avoir part à la curée. Le 6 juin 1747, la Communauté fut encore appelée à délibérer sur une demande de même nature que celle qui précède : l’ingénieur du roi, Chevalier de Lescouet, chargé des ouvrages extérieurs des fortifications de Lorient, exigea que la ville lui fournit le logement. Cette demande était appuyée d’une singulière recommandation de l’Intendant de Bretagne.

Ce haut-fonctionnaire autorisait la ville de Lorient à faire droit à la demande du Chevalier de Lescouet, mais à la condition qu’elle retirerait à M. de Saint-Pierre la pension de 600 livres qu’elle faisait à cet ingénieur depuis 1739. C’était une manière polie de se défaire des sollicitations de M. de Lescouet. En effet, la ville de Lorient, bien loin de retirer à M. de Saint-Pierre la modique pension, ou plutôt le traitement de 600 livres qu’elle lui faisait, déclara hautement qu’elle regrettait de ne pouvoir faire davantage pour lui, en reconnaissance de tous ses services , surtout ceux qu’il avait rendus récemment lors de la descente des anglais en se donnant tous les mouvements nécessaires pour établir des batteries qui seules firent le salut de la ville…

La demande du Chevalier de Lescouet fut donc rejetée. D’ailleurs, une indemnité quelconque ne pouvait lui être due que par le roi ou par la province et non par la ville, qui n’était pas chargée des dépenses des fortifications extérieures

1747 4 mars Nouvel arrêté de police du Sénéchal de Lorient concernant la vente des denrées, les boulangers, les bouchers, la police des rues, la vente des grains, les jurements. Il est ordonnée aux prévôts des bouchers et des boulangers de déposer au greffe le nom de tous le boulangers et bouchers de la ville… ; et «  aux bouchers qui tueront ou feront tuer chez eux des bestiaux, de les bien tuer et saigner ; d’avoir des soufflets pour souffler leur viande dans huitaine, à peine de 10 livres d’amende, et leur fait défense de souffler avec la bouche, ni d’assommer les veaux.. »

1747 22 juin Adjudication préparatoire des boues et ordures des rues et places de la ville, à l’audience de la juridiction de Lorient.

Deux concurrents se présentèrent. L’un offrit de se charger de ce service moyennant paiement par la ville d’une indemnité de 500 livres pour la première année et de 400 livres pour la seconde. L’autre demanda 300 livres pour la première année et 200 livres pour la seconde. Je n’ai pas trouvé trace d’adjudication définitive ( voir l’article du 9 octobre 1747).

1747 27 août Délibération du Général de la Paroisse de Lorient. «  Le Sieur Dussault fabrique en charge a déposé une copie signée de Chateaugiron greffier de la Communauté de ville, de l’ordonnance de Monseigneur de Bertin évêque de Vannes, le 23 février dernier, au pied de la requête des maire et échevins de cette ville, qui approuve le vœu de la dite Communauté en action de grâces de la levée du siège de cette ville, qui ordonne qu’il soit chanté à perpétuité le 7 octobre de chaque année en la présente église de Saint-Louis à l’autel de la Vierge et que le même jour il sera fait une procession autour et dans l’intérieur de la ville, à laquelle sera portée la statue de la Vierge, au retour de laquelle sera donnée la bénédiction… ». L’Assemblée charge M.M. Dussault, Perrault et La Frète de conférer avec M. l’Abbé et M. les prêtres sur les arrangements à prendre pour l’exécution de la dite ordonnance.. »

Le huit septembre suivant , les commissaires firent connaître à l’assemblée de la paroisse qu’ils étaient convenus avec le clergé de lui payer chaque année 30 livres pour honoraires de grand messe, vêpres, procession et salut qui seront célébrés et chantés le 7 octobre de chaque année en action de grâces de la retraite des anglais.

1747 30 septembre La Communauté de Lorient décide que la procession commémorative de la retraite des anglais aura lieu à perpétuité le premier dimanche d’octobre et que la statue de la Vierge sera portée par quatre officiers de la Communauté.

La première procession eut lieu le dimanche 8 octobre 1747.

Par une délibération du 15 novembre 1746 reproduite plus haut, la ville versa le don à l’église paroissiale d’une statue en argent de la Vierge. Cette statue fut fournie et livrée par le Sieur Cordé pour le prix de 1262 livres deux sols. La Freté fournit le brassard et les divers ornements de la statue pour le prix de 376 livres 18 sols 11 deniers. La Communauté approuva ces dépenses le 17 octobre 1747.

1747 9 décembre. La Communauté de ville craignant que par suite d’une adjudication le monopole des boues de la ville entre les mains d’un seul particulier ne causât le surenchérissement de ces matières et par suite le renchérissement des produits de la culture maraîchère aux environs de la ville, se réservaient à mettre le service des vidanges en régie au profit de l’hôtel-Dieu, elle fixe à six sols le prix d’une charretée attelée de trois chevaux.

Le 5 décembre précédent, une adjudication provisoire de ce service avait été faite au Sieur Bobot qui avait offert 400 livres une fois payées pour une durée de trois ans, à charge pour lui de livrer le tombereau de matières à 10 sols.

1747 Sur un compte de dépenses faites à Lorient par la Compagnie des Indes pour le compte du roi, arrêté le 12 juin 1747, on remarque cet article :

«  Pour l’hôpital établi à la maison du Bois du Blanc, pour les malades de l’escadre du roi, délivré 300 bottes de paille à 1 sol 6 deniers, 22 livres 10 sols »

une autre pièce qui se trouve comme la suivante aux archives de la marine à Lorient, nous apprend qu’à cette époque, le roi avait une boulangerie particulière.

«  Etat général des dépenses et frais faits par la Compagnie des Indes au port de Lorient, par ordre du Ministre pour l’établissement de la boulangerie de la marine du Roi audit port de Lorient, à commencer du mois de novembre 1745 au 12 juin 1747 «

Les bâtiments coûtèrent 16 806 livres 3 sols dis deniers

Les soutes à farine 5 891 livres 13 deniers 3 sols.

D’après une note écrite en marge de cet état, il résultait que cet établissement ne devait être que provisoire, voici cette note :

«  Nota . Lors * fabrication des biscuits et de la fourniture des vivres pour le munitionnaire du roi, il faudra indispensablement démolir les fours et autres établissements comme soutes, magasins de dépôts et autres faits tous dans la même enceinte qu’ailleurs et rendre la place nette pour donner à la Compagnie des Indes la faculté de construire des magasins de désarmement, cette opération qui coûtera beaucoup pour être évaluée à environ 1600 livres. »

* pour comprendre le sens de cette phrase textuellement reproduite, il faut admettre que son auteur a passé ces mots : de la cessation.

1747 17 octobre. La Communauté , autorisée par l’Intendant de Bretagne, paie à M. de Rothelin une indemnité de 800 livres, sans s’engager à faire de pareilles dépenses pour l’avenir.

1747 17 octobre La Communauté crée un emploi de chirurgien major de l’hôtel-Dieu en faveur du Sieur Brossière chirurgien à Lorient.

1748

23 janvier Louis Le Strat, bouchardier de la Compagnie des Indes et François Brunon, armurier, sont assassinés à coups de fusil à neuf heures du soir, le premier à la porte de la caserne des invalides, et le second à l’entrée de la rue des Prophètes, à 50 ou 60 pas de cette caserne.

Plusieurs des officiers invalides furent poursuivis comme auteurs de ces deux assassinats, mais les poursuites n’eurent aucun résultat.

1748 16 mars. Don fait à l’hôtel-Dieu de Lorient par le Sieur Antoine Deigou, d’une maison située à Kerverot, par contrat au rapport de Savigny, notaire à Lorient.

1748 26 mars. Contrat de vente au rapport de Causet, notaire à Lorient, d’une maison sise place des halles, par le Sieur Yves Drollet à Jacques Rivallain.

1748 24 avril Don fait à l’hôtel-Dieu de Lorient par Antoine Deigou, d’un terrain situé à Lorient rue du Faouëdic, avec les maisons, cour, puits et jardin y étant, ayant 46 pieds de face sur la rue du Faouëdic et 120 pieds de profondeur.

1748 1er mai Contrat de vente au rapport de Lafargue, notaire à Lorient, d’un terrain et d’une maison situés à Lorient, ayant face au levant sur la rue Rohan, et au midi sur la rue d’Anjou, par le Sieur Conrad Steingkeman au Sieur Mathurin de la Place, marchand.

1748 4 mai Le haut prix des grains sur les marchés voisins de Lorient oblige à élever la taxe du pain.

La livre de pain de seigle dernière qualité un sol 8 deniers

La pairée de froment coûtait alors 36 livres et la pairée de seigle seize livres

Le mois suivant, la bonne apparence de la récolte fit tomber le prix du froment à 28 livres la pairée, et celui du seigle à 14 livres , par suite le prix du pain fut abaissé à 3 sous 2 deniers la livre de 1ère qualité de pain de froment, et le pain de seigle de basse qualité à un sol.

1748 14 mai Contrat de vente au rapport de Savigny, notaire à Lorient, par Louis Duijau, au Sieur Estienne Perault, maire de Lorient et autres administrateurs de l’hôtel-Dieu de Lorient, d’un terrain sous jardin situé au lieu de Kerverot, pour la somme de 269 livres.

1748 2 juin Contrat de vente au rapport de Savigny, notaire à Lorient, d’un terrain adjacent en sa partie du couchant à celui acquis des Sieurs Thelo et Blanchard, ayant de face au midi sur la rue de Paris 192 pieds jusqu’au rivage de la mer avec sa profondeur, borné au nord par le terrain de l’hôtel-Dieu, pour la somme de 2400 livres, par le Sieur Louis Roussel au Maire et aux administrateurs de l’hôtel-Dieu.

1748 17 août L’hôtel-Dieu est réduit à la plus grande détresse. Cet établissement doit plus de 12 000 livres aux bouchers, boulangers, marchands de vin et de bois, et ses ressources ne suffisent plus à l’entretien de plus de 500 malades et de son personnel.

Mlle Claire Droneau, Directrice, fait à l’assemblée de Communauté de la ville de Lorient le tableau de cette situation attribue principalement au siège de Lorient et aux travaux des fortifications. Elle expose que par ordre supérieur elle fut obligée de recevoir à l’hôtel-Dieu les soldats de l’escadre de M. le Duc d’Anville, ainsi que les soldats gardes-côtes et les pionniers malades et blessés.

1748 28 septembre sentence de la juridiction de Lorient qui nomme des experts pour estimer les dommages causés au Sieur Jean Guiller, cabaretier, par les travaux de fortification de la ville.

1748 14 décembre L’Assemblée de Communauté adopte les motifs du rapport de Droneau, son procureur, relativement à la demande de diverses indemnités pour expropriation, formée par Gérard Perronel, et rejette cette demande.

«  A l’égard du terrain, dit Droneau, il n’est pas d’usage ni de règle d’indemniser les propriétaires des terrains qui sont pris pour former les chemins, places ou rues des villes. Quant à l’autre baraque couverte en paille qui fut brûlée par ordre de M. de Volvire, pendant le siège de Lorient, on n epeut en prendre connaissance, attendu que cette baraque était située hors de la ville ainsi que bien d’autres, qui ont subi le même sort et dont les emplacements sont actuellement occupés par les ouvrages de fortifications détachés de la ville que M.M. Du Génie y ont pratiqué par ordre du Roy : c’est vers eux que les dits Perronel et femme doivent se pourvoir… »

1748 17 décembre Inhumation d’Olive Dubois, veuve Carouer, centenaire.

1748 31 décembre Arrêt du Conseil d’Etat du Roi qui décharge la ville de Lorient des frais de loyers des corps de garde et des fournitures de bois lumières aux troupes concernées en ville.

1748 25 décembre Décès de Mathurin Esnée, premier échevin, âgé de 90 ans.

1748 9 septembre Divers actes au rapport de la Fargue, maire à Lorient, par lesquels plusieurs propriétaires d’immeubles dans la rue du Faouëdic reconnaissent avoir empiété sur les vases de la dite baie, qu’ils reconnaissent appartenir à la Compagnie des Indes, et consentent à rentrer dans leurs limites primitives. Le Directeur Godeheu leur accorde une indemnité pour la reconstruction de leurs murs de clôture.

Au nombre de ces propriétaires riverains nous remarquons Ecuyer Jacques Robert de Cacheleux, Chevaleir de la Tourelle, officier invalide, époux d Dame Thomase Le vasseur de Merville, dont l’habitation est actuellement occupée par la sous-préfecture ; Jeanne-marie Pichon, veuve du Sieur Charles Desfontaines ; Claude Thomas Goubert ; Jean Defond, négociant, époux de Jeanne-Marie Pichon ; Pierre Pégé, dont l’immeuble est encore connu sous le nom de Cour Pégé.

( Cette note a été écrite en 1860. Depuis cette époque les immeubles qu’elle indique ont été rasés et leur emplacement est aujourd’hui occupé par les bâtiments neufs du lycée ).

1748 4 septembre Monseigneur Jean de Bertin, évêque de vannes, pendant le cours de sa visite pastorale à Lorient, arrête le compte de gestion d’Antoine Remazeilhes, fabrique de la paroisse saint-Louis de Lorient, du 20 mai 1745 au 9 mai 1746. Les recettes montent à 5623 livres 12 sols et les dépenses à 3040 livres 6 sols 11 deniers. Le reliquat de caisse est de 2583 livres.

Le compte de gestion de jean-Jacques M. d’Egmont fabrique en charge du 25 mars 1755 au 23 avril 1756 fut arrêté à 7459 livres pour les recettes et à 3658 livres , et le restant en caisse à la somme de 23 909 livres

1748 16 avril Création d’une Commission pour l’administration de l’hôtel-Dieu, composée d’un Contrôleur, d’un administrateur, un trésorier et cinq commissaires qui s’assembleront tous les jeudis.

1748 16 mai Duplessis-Jores et Rayer sont nommés échevins électifs

1748 8 octobre M. de Montigny est nommé député aux Etats de Bretagne, sur le départ du maire

Les recettes de la ville du 1er septembre 1740 au 1er septembre 1744 s’élevaient à 105 267 livres et les dépenses effectuées à 86 910 livres

Du 1er septembre 1744 au 1er juillet 1748, recettes : 127 349 livres ; dépenses effectuées 88 668 livres.

1749

10 janvier La Compagnie des Indes ne trouvant pas assez d’espace dans l’enceinte des bâtiments servant d’ hôpital qu’elle tenait à loyer de M.M. Dondel du Faouëdic et de la Pierre de Mélinville, ce dernier en qualité de mari de Dame Louise Léziard, Dame de Saint-Déron, héritière de feuM. Deigou son aïeul maternel, se décida à s’étendre du côté du ruisseau du faouêdic, sur les vases qu’elle prétendait lui appartenir, et d’y faire construire des murs de clôtures pour former une cour et des hangars intérieurs ; et pour éviter dans l’avenir toute contestation avec les propriétaires de cet hôpital, la Comapgnie chargea-t-elle M. de Saint-Pierre de faire le débornement des deux propriétés, c’est-à-dire celle de M.M. Dondel et de la Pierre, et celle que la Compagnie se proposait d’annexer. Voici les résultats de l’opération de M. de saint-Pierre, tels qu’ils furent consignés en un acte de Guével et Lafargue notaires à Lorient :

«  Le terrain et édifices de l’hôpital a de longueur à prendre de l’angle sur la grande rue de Bretagne en suivant le long de la rue des prophètes, jusqu’à l’angle et extrémité au bas de la dite rue donnent sur les vases, la quantité de 27 toises deux pieds, compris les épaisseurs de murs, sur huit toises deux pouces de largeur hors œuvres, aussi dans la partie d’en bas ; et que le nouveau terrain où la mer montait, que la Compagnie fait clore, à la suite de celui-ci dessus, en descendant la dite rue des Prophètes en allant joindre la cale ou chantier actuellement occupé par le Sieur Bonnet, a de longueur douze toises cinq pieds six pouces, sur six toises trois pieds neuf pouces de largeur… »

La Compagnie afferma en 170 un terrain contigu à celui de Dondel et de la Pierre, sur lequel elle construisit une annexe à son hôpital. Ce terrain appartenait aux Demoiselles Prado et se trouvait dans l’alignement de la rue de Bretagne.

1749 23 septembre M. Pérault maire est député de la Communauté aux Etats de Bretagne.

1749 22 janvier Contrat de vente au rapport de Le Guédel, notaire à Lorient d’une maison située rue Dauphine, venelle du Sieur Toubert, par Julien Jaffré à Alain Guisques, pour 1700 livres

1749 8 février Contrat de vente au rapport de Penicaud notaire à Lorient d’une maison faisant face sur la rue Fulvy et sur la rue des Prophètes par Jean Bugeau à Jacques Senay, pour 1000 livres

1749 20 juillet Contrat de vente au rapport de Savigny notaire à Lorient d’un terrain dont verger, à Lorient, ayant de face au levant sur la rue Duvelaër 38 pieds, borné au sud par terrain et maison possédés par Pierre Allain, et du nord par l’alignement tracé de la rue de Saint-Pierre…, pour la somme de 1200 livres, par la veuve Allain au Sieur Julien Le Gogué.

1749 13 décembre Taxe du pain et de la viande, la pancarte officielle de cette taxe comprend en outre le tarif de la nuitée de cheval, fixée à 18 sols, et de la dînée de cheval, fixée à sept sols.

1749 29 juillet Délibération de la Communauté de Lorient relative à l’ouverture de la rue des Vases et à la démolition de murs et de maisons qui en est la conséquence. La clôture de l’Enclos de la Compagnie de ce côté rétrécit le passage et l’écoulement des eux pluviales.

1749 23 octobre M. de Saint-Pierre présente à l’Assemblée de Communauté le devis estimatif des maisons restant à démoli et à rembourser pour l’ouverture de la rue des Vases : le chiffre de sa dépense s’élève à 7 100 livres. Les murs de la cour des fours du Prince, les fours banaux, y sont mentionnés : cet établissement avait donc son entrée sur la rue du Faouëdic. Je crois qu’il existait sur l’emplacement actuel des maisons Monistrol, vis-à-vis du tribunal actuel.

1749 19 décembre Sur la présentation des Directeurs de la Compagnie des Indes, le roi nomme M. Joseph Alexis Traboulet Lieutenant de Maire de Lorient ; Pierre Brossière, échevin ; Bernard la Freté avoué du roi ; Jean Raymond, assesseur et Marc Deyras, secrétaire-greffier. Tous ces officiers de la Communauté de ville de Lorient furent installés dans leurs charges le 7 janvier 1750.

1749 25 mai Mandement du prince de Guéméné qui nomme M. Pierre Kerléro, Sieur de Kersily, avocat à la cour du Parlement, Sénéchal de Lorient, avec obligation de résider en cette ville. Ce sénéchal fut installé dans ses fonctions le 18 octobre 1749.

1750

15 juin Délibération de la Communauté de Lorient «  Le Procureur du roi a remontré que la Compagnie des Indes ayant fait faire un mur qui encercle les vases du côté du Faouëdic, et par cette clôture le canal que l’on devait faire depuis la pointe du rocher du bois du Blanc en traversant les dites vases, jusque près le four du prince pour l’abord des bateaux qui viennent de la rivière de Pontscorff se trouvant supprimé, la rue qui y devait aboutir depuis ledit abord coupant en triangle le terrain entre ledit four et la rue du Port devient inutile et qu’il conviendrait de le supprimer, tant à cause de la porte tant à cause de la perte qu’en souffriraient les possesseurs des terrains que de l’embellissement des rues du Port et du Faouëdic. Il priait l’assemblée de délibérer pour demander la suppression de la dite rue.

Sur laquelle remontrant la Communauté a été d’avis qu’il serait envoyé à Monseigneur l’Intendant et que Sa Grandeur serait suppliée d’ordonner la suppression de la dite rue… »

Pour l’intelligence de cette délibération , il est bon de dire que la rue du Port dont il s’agit est celle dite actuellement du Lycée, ou de la Petite-Porte. Consulter au surplus le devis fait à une délibération de la Communauté du 23 octobre 1749, qui donne quelques indications sur la position de la rue du Port projetée et sur l’emplacement des fours banaux. Il paraît qu’il existait dès cette époque une rue ou amorce de rue en cet endroit puisqu’on y lit : afin d’ouvrier la rue de Madame de Fontaine aboutissant à la rue des vases.

1750 Le Sieur Fléchier, Commandant pour le Roi à Lorient, dans un acte de 1752, il est ainsi qualifié : «  Messire Alexis-Nicolas Fléchier, Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, lieutenant de roi au gouvernement de Port-Louis « .

1750 15 octobre Nomination de M. de Traboulet par l’Assemblée de Communauté, en qualité de député aux Etats de Bretagne qui doivent se tenir à Rennes le 30 octobre trois cents livres d’indemnité sont alloués à M. Traboulet pour cet objet.

1750 11 octobre Le Général de la Paroisse décide qu’il sera fourni un habillement d’uniforme au Sieur Pierre Thorel, choisi pour la garde de la porte d’entrée du choeur, avec obligation d’assister aux processions et autres fonctions de l’église : l’habit sera à la livrée du roi ; une veste, une culotte de fondres écarlate et une paire de bas de laine rouge, un chapeau à bord d’or fin et une cape bleue et rouge, une épée et une hallebarde.

1750 20 janvier D’après le plan de la ville arrêté en 1736, la rue de la Salle devait se prolonger directement jusque sur la rue Orry. Mais la Communauté, effrayée par les dépenses qu’entraînaient l’adoption de ce projet à travers un terrain bâti, suit le vœu de faire descendre la rue de 24 pieds pour passer dans un terrain presque vide. Cette modification fut approuvée : de là l’origine de la rue Littéraire actuelle , jadis rue Guillois.

1750 2 février M. de Saint-Pierre fixe à 8505 livres 16 sols deux deniers l’indemnité due à divers particuliers, par la ville, pour des maisons et cabanes abattues pour établir le mur d’enceinte de la ville.

1750 5 juin et 13 avril Délibération de la Communauté où l’on voit dans quelle mésintelligence elle vivait avec les magistrats de la juridiction seigneuriale. Ceux-ci ayant porté leurs griefs devant le Parlement de Bretagne, la Communauté fit intervenir au procès la Compagnie des Indes, propriétaire des charges municipales de Lorient qui fit évoquer l’affaire eu Conseil d’Etat du Roi. La solution, favorable à la Communauté de Lorient ( voir infra ).

1751

14 janvier Sur la proposition de Droneau fils, Procureur du Roi, la Communauté de la ville de Lorient charge M. Traboulet, lieutenant de Maire, de se procurer le plus de plans de mûriers qu’il pourra, des semis de Rennes et Nantes, et décide que sur l’avis de M. de Saint-Pierre on désignera les terrains propres à la plantation de ces arbres.

1751 26 janvier Contrat de vente au rapport de Causet, notaire, par le prince de Guéméné, au Sieur Jean Villate, bas-officier invalide, «  d’un terrain situé à Lorient, ayant 30 pieds de face sur la rue de l’Eglise, à prendre sur le terrain qui est au derrière des vieux fours-banaux, au joignant le mur du cimetière et la rue de l’Eglise en question se nomme aujourd’hui rue traversière, et le terrain dont il s’agit doit être à l’emplacement de la maison Clairet, pâtissier.

1751 31 mai Bail judiciel d’une cabane située en la ville de Lorient, quartier du bourg neuf, dépendant de la succession vacante de Jeanne Mebon, femme Malecoste à domaine congéable pour Richard Rustuel

1751 5 juin Mademoiselle Droneau, Directrice de l’hôtel-Dieu expose à l’assemblée de Communauté le dénuement où se trouve cet établissement et l’impossibilité où il est de satisfaire ses créanciers pour des avances de fournitures lors du siège de Lorient, le désarmement de l’escadre de M. le Duc d’Anville, etc..

Une commission nommée par la Communauté constata la sincérité des allégations de Mademoiselle Droneau, qu’il y avait alors 31 grandes personnes hommes et femmes, infirmes et malades, 28 enfants orphelins et 15 enfants abandonnés à la nourrice, que les enfants étaient logés dans un grenier extrêmement malsain et que l’hôtel-Dieu était très peu fourni de linge et d’ustensiles…

Sur ce rapport, le 9 juin suivant, la Communauté ordonne la livraison immédiate d’un tonneau de froment et d’un tonneau de seigle à l’hôtel-Dieu, et la fourniture à cet établissement pendant un mois de 1600 livres de viande fraîche, soit 400 livres par semaine.

1751 15 juin L’assemblée de Communauté de Lorient examine les comptes des avances faites par la Compagnie des Indes pour la construction des murs d’enceinte de la ville exécutée conformément à l’Arrêt du Conseil du Roi du 25 septembre 1744. Elle arrête le compte de ces avances à 148 455 livres 19 sous, 11 deniers, somme dont elle se reconnaît débitrice envers la Compagnie des Indes.

1751 25 septembre . La Communauté de Lorient, en réjouissance de la naissance du Duc de Bourgogne, vote une somme de 1800 livres pour doter 12 filles pauvres, et 150 livres pour les régaler le jour de leur mariage.

1751 12 octobre Contrat de vente au rapport de Savigny, notaire à Lorient d’un terrain rue Dauphine, autrement dite rue de la Petite-Porte

1751 22 juillet La Communauté de ville de Lorient accorde à M. de la Sauvagère, ingénieur en chef du Roi au Portlouis, chargé de veiller à l’exécution des travaux des fortifications de Lorient, une indemnité de 150 livres pour son logement à Lorient pendant le cours de l’année 1751 ( voir plus bas, article de la Sauvagère ).

1751 24 janvier Délibération du général de la Paroisse «  A été représenté que sur la prière faite à M. de Saint-Pierre , Ingénieur, de faire un plan d’augmentation à l’église de cette ville, attendre qu’elle n’est point suffisante pour contenir le nombre de personnes qui assistent au service divin, il aurait présenté les dits plans en l’assemblée de ce jour, lesquels avaient été examinés et approuvés par le général de la Paroisse pour être exécutés sous le bon plaisir de M. Le Procureur Général du Roy

1751 3 novembre Vol des deux coffres de la sacrisitie où étaient déposés le produit des quêtes. Le vol a été commis en fracturant les coffres.

1751 Messire Félix-François Le Royer de la Sauvagère, chevalier , Seigneur d’Artezé, Seigneur des Places, des Huillières et le Puyvignault, capitaine au régiment de Champagne, Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, Ingénieur en chef pour le roi, des villes, citadelle du Portlouis, Lorient, Concarneau et de la Côte Sud de Bretagne.

Auteur de quelques ouvrages, et de communications historiques et archéologiques au Journal des savants, M . de la Sauvagère, chargé de l’exécution de travaux de fortifications à Portlouis et à Lorient, a habité ces deux villes de 1748 à 1759 ou environ. Il était marié à une demoiselle Anne-Catherine-Charlotte Audiger. L’un des enfants issus de ce mariage à Portlouis en 1754 fut baptisé en cette ville le 19 janvier 1755 en grande solennité. Il eut pour parrain Antoine-René Le Voyer d’Argenson, marquis de Paulmy, Ministre de la Guerre, représenté par Ecuyer Pierre d’Entrechaux commandant à Portlouis, et pour marraine Mademoiselle Anne le Royer de la Sauvagère, sœur du père.

1752

15 mars Contrat de vente au rapport de Le Coz et son collègue, notaires à Lorient, d’une maison située en la rue du Moulin, près la Congrégation.

1752 15 mai Contrat passé devant Perres, notaire à Paris, portant vente d’une maison rue de Luzançay à Lorient, par le Sieur Pierre Cabot, bourgeois de Paris, et Dame Anne-Madeleine Dalichoux de la Pierrière, son épouse, demeurant à Paris, hôtel de ville de la Compagnie des Indes, au Sieur Joseph-Allain Traboulet, conseiller du roi, lieutenant de maire de la ville et Communauté de Lorient..agissant au nom de ladite Communauté, au titre de la délibération du onze avril 1752, pour le prix de 18 000 livres.

La ville acheta cette maison pour en faire un hôtel de ville, jusqu’à ce moment les assemblées de la Communauté s’étaient toujours faites en la demeure du Maire. Cette réquisition fut approuvée par Lettres patentes du roi du mois de Juillet 1752, enregistrées au Parlement le 2 octobre suivant.

Le 19 mars 1752 l’Ingénieur de Saint-Pierre présenta à l’approbation de la Communauté de ville un plan des travaux d’augmentation et réparations à exécuter à cette maison pour l’approprier au service de l’hôtel de ville. L’édifice fut par suite prolongé de 14 pieds dans la partie nord et un pavillon élevé en dedans de la cour. Un autre bâtiment formant aile dans la cour, joignant l’ancien fut ajouté : dimensions 5 toises de longueur, 4 toises 3 pieds de largeur. Dans la cour, on construisit des écuries et des remises en appentis, on creusa un puits et on construisit une porte cochère sur la rue, du côté du nord. Ces travaux furent adjugés le 31 mars 1753 pour 11 400 livres au Sieur La Roche père.

1752 13 août Arrêt du Conseil d’Etat du Roi statuant sur les contestations élevées entre les officiers de la justice seigneuriale et les officiers de la Communauté de Lorient, relativement à diverses questions de préséances.

«  Sa Majesté étant en son Conseil a ordonné :

Article 1 Que conformément à l’article 16 de la déclaration du 19 Août 1702 et à l’édit de 1706, le maire, Lieutenant de Maire et autres officiers municipaux de la ville de Lorient auront leur banc en la place la plus honorable de l’Eglise, après les seigneurs, sans que les officiers de la justice seigneuriale se puissent placer dans les bancs desdits seigneurs pour précéder lesdits officiers municipaux, sauf auxdits officiers de la justice seigneuriale d’avoir un banc comme les autres habitants.

Article 2 Que conformément à l’article 42 dudit Edit de 1705, le pain béni sera présenté aux Maires, Lieutenant de Maire, et autres officiers municipaux de la dite ville, avant tous les officiers de ladite justice seigneuriale.

Article 3 Que les dits officiers municipaux, conformément à ladite déclaration du 19 août 1702, art . 13 et 14, précéderont les dits officiers de justice aux Te Deum, processions générales et particulières, sans que les dits juges puissent prétendre aucun rang aux dites cérémonies, pas même à celui de la gauche.

Article 4 Pourront les dits officiers municipaux, conformément à la déclaration du 12 mars 1697, porter, savoir : les maires la robe de satin violet, et les échevins, celle de satin et toge de velours noirs avec rabats.

Article 5 Nul ne pourra entrer, avoir séance et voix délibérative aux assemblées de l’hôtel de ville, que les officiers municipaux, tant les pourvus par le roi, que les délibérants choisis par la Communauté, et ce en vertu de l’Edit du mois de juin 1738 qui érige L’orient en corps de ville.

Article 6 Ordonne, Sa Majesté, que la convocation des assemblées et présidence de l’hôtel-Dieu de la dite ville de L’Orient, l’élection des administrateurs, l’Economie des revenus , l’Audition des Comptes d’iceux, et l’administration appartiendront au Maire, et échevins, et ce conformément à l’article 29 de la déclaration du 12 mars 1697 et à l’édit du mois de septembre 1706

Article 7 A l’égard de l’adjudication du privilège de tuer ou vendre de la viande pendant le carême, comme ce privilège appartient à l’hôtel-Dieu, dont la Communauté a l’administration, ordonne, Sa Majesté, que l’adjudication en sera faite à la maison de ville, souverainement avec le juge, le maire y présidant

Article 8 La police sur les rues, pavés, quais, cales et lanternes appartiendra à la Communauté, d’autant que c’est la Communauté qui fournit à ces dépenses du produit de ses octrois

Article 9 La police sur les entrepreneurs des maisons de ladite ville, maçons, charpentiers, couvreurs, et autres artisans appartiendra également à ladite Communauté

Article 10 Quant au droit que les juges ont établi pour le nettoyement des places publiques, attendu qu’ils n’y sont point autorisés, ordonne Sa Majesté, qu’il sera supprimé, et que la Communauté y pourvoira sur les octrois.

Article 11 A l’égard du droit de pesée que le Seigneur fait lever dans la ville, renvoie, Sa Majesté, sur ce chef, la Communauté à se pourvoir par devant qui il appartiendra

Article 12 Ordonne au surplus, Sa Majesté, qu’il y aura à la maison de ville des poids et mesures, et que la vérification chez les marchands sera faite par la Communauté, laquelle nommera des Commissaires qui veilleront à ce que les habitants ne soient trompés, pour les procès-verbaux de contraventions desdits commissaires être déposés au greffe de la police, et être par le juge, statué et prononcé les amendes portées par les règlements…. Fait au Conseil d’Etat du Roi, Sa Majesté y étant, tenu à Versailles, le 13e jour d’août 1752. »

( Copié sur l’imprimé de la Veuve Durand et fils, imprimeur du Roi, de la Compagnie des Indes et de la ville. L’Orient 1752, imprimé qui appartient aux archives de la marine à Lorient )

1752 16 septembre La Communauté de ville de Lorient accorde une gratification de 2400 livres à M. Traboulet , Lieutenant de Maire, en récompense des services qu’il a rendus à la ville pendant sa mission à Paris

M.Traboulet, chargé par la Communauté de diverses missions à Paris, parvint à faire statuer une commission pendante depuis plusieurs années entre les officiers municipaux et les juges de la juridiction seigneuriale de Lorient, par Arrêt du Conseil du Roi du 13 août 1752, favorable aux officiers municipaux, arrêt qui débarrassa l’action de ces derniers des entraves qu’y apportaient les juges.

Le jour même, la Communauté voulut user de ses droits reconnus par l’arrêt du 13 août. Elle décida «  que conformément à la teneur dudit arrêt contradictoire en faveur de la Communauté contre les officiers de la justice seigneuriale de la ville, M. de Saint-Pierre, Ingénieur de la marine du Roi, de la Compagnie des Indes en cette ville sera prié de se charger de l’examen et vérification des bâtisses, des maisons, des marchés, des ouvriers d’icelles, et déblaiement et transport des terres dans l’endroit qui sera indiqué, et qu’à cet effet, M. Godeheu, Directeur de la Compagnie des Indes, commandant au port en cette ville sera aussi prié de prêter , en payant, les tombereaux et chevaux nécessaires pour les dites exploitations, en attendant que la Communauté soit pourvue de tout ce qu’il faut cet effet, et pour que le public n’en prenne pas cause d’ignorance… »

Le 19 septembre suivant, la Communauté prit un arrêté de police et d’administration en conséquence de l’arrêt du Conseil du 13 août. Elle nomme des commissaires pour le balayage des rues, la vérification des poids et mesures, la construction des maisons. Elle créa deux emplois d’archers chasse gueux pour la police des mendiants et des vagabonds.Traboulet avait en outre obtenu des Lettres patentes du mois de juillet 1752 relatives à l’acquisition de l’hôtel de ville et un arrêt du Conseil pour la perception de nouveaux droits patrimoniaux et d’octrois applicables à l’hôtel-Dieu.

1752 16 octobre Contrat de ville au rapport de Savigny notaire à Lorient, d’une maison du levant sur la rue Rohan, en face au midi sur la rue du Puits, par les héritiers Léger de Kermélo au Sieur Toujan, apothicaire.

1753

16 mars M. Le Berre, prêtre, est adjoint à Mademoiselle Droneau Directrice de l’hôtel-Dieu pour l’administration de cet établissement. M. Le Berre était à la fois économe et aumônier aux appointements de 200 livres par an, outre le logement, la nourriture, chauffage, élevage, blanchissage.

1753 5 mai Décès de Pierre Vincent Conard du Suzot, capitaine de compagnie détachée d’infanterie garde-côte, âgé de 46 ans. La veuve s’associe à M. de Saint-Pierre pour des actes de bienfaisance, notamment la chaudière des pauvres.

1753 28 mai Contrat de vente au rapport de Gaulthier, notaire à Brest, d’un terrain rue Condé à Lorient, faisant face aux rues Blanche et Noire

1753 16 octobre La Communauté de la ville de Lorient, sur les représentations de Droneau fils, Procureur du Roi, décide que les étrangers et les juifs qui sont venus s’établir à Lorient depuis le premier septembre 1750, seront tenus de se présenter dans le mois à l’hôtel de ville pour justifier de leur origine, religion, mœurs, professions, sous peine d’être chassés comme vagabonds et gens sans aveu. Les propriétaires sont obligés de donner les noms de ceux qu’ils ont en chambres garnies ou autrement… »

1753 29 octobre Contrat d’afféagement par le Prince de Guéméné à Julien esnoul, Sieur des Châtelets, capitaine de navires, et Dame Angélique Offray son épouse, pour la somme de sept mille livres, «  d’un terrain roturier situé à Lorient rue du Faouëdic, sur lequel étaient construits les anciens fours banaux. Ce terrain fait l’angle des rues traversière et de l’hôpital côté de l’église.

1753 15 décembre. Contrat de vente au rapport de Le Guéret notaire de deux terrains rue de la Salle à Lorient, par la veuve Cachifourq à Dame Marie-Adrienne Le Marié, Veuve d’Ecuyer Thomas de la Salle, en son vivant Capitaine des vaisseaux de la Compagnie des Indes.

1753 29 décembre Contrat de vente au rapport de Le Guével notaire à Lorient, par le Sieur Gervais Guillois, régisseur des travaux des édifices de la Compagnie des Indes, au profit de messire Georges-Nicolas Godeheu, Directeur de la Compagnie des Indes, commandant au port de Lorient, agissant pour la dite Compagnie «  d’un terrain situé en la ville de Lorient, et la maison bâtie sur icelui, ayant trois faces, dont une sur la rue Ory, l’autre sur la rue du Faouëdic, et le pan coupé sur le carrefour près la grande porte de l’enclos, pour la somme de 50 691 livres 15 sols, 2 deniers ». Cette maison appartenait au Sieur Carbonnet lorsque Guillois et fils en firent l’acquisition le 9 mai 1744 judiciellement pour 5000 la reconstruisit pour le compte de la Compagnie des Indes qui régla tous les frais sous forme d’un contrat de vente. Le terrain, ou plutôt la maison Job dont il est question au sujet de l’ouverture de la rue Ory joignait le terrain Carbonnet au levant. La Compagnie avait remboursé à Jean-Baptiste Job le prix de son terrain et de sa maison qui joignaient le mur de la Corderie le 12 mars 1740.

1753 2 novembre Procès-verbal de saisie sur les malles, hardes, effets et parures des Demoiselles Pesron et Gaussard, comédiennes, à requête de Joseph Moizonet, capitaine du navire La Vierge de la Garde de Marseille, pour le paiement d’une somme de 150 livres, prix du passage sur son navire e ces comédiennes, de Dunkerque à Lorient

1753 8 juillet Jean Nayel, marchand, fait don à l’église d’une cloche en argent portant cette inscription : Paroisse de Saint-Louis de Lorient, 1753. Dans l’instruction du donateur, cette cloche est destinée à servir lors de la visite du Saint-sacrement aux malades.

1754

7 janvier Contrat de vente de Savigny, notaire, d’un terrain rue de Bréart, par Jean Bouchart, au profit de Vivant Vassoul, pour 2700 livres

1754 27 juin levée d’un cadavre trouvé dans un chantier près le rivage de la mer, sur un chemin qui conduit de la cale que l’on forme au bas de la rue Verney, vers la cale Ory… L’entrepreneur Guillois était chargé de la construction de cette cale.

1754 7 juillet Contrat de vente passé devant les notaires de Nantes, d’une maison affermée à la Compagnie des Indes, faisant partie de l’hôpital qu’elle entretient à Lorient près la rue de Bretagne, et une partie de jardin, consentie par le Sieur Neyre au Sieur Raymond de Varennes, chargé de la

1754 6 janvier Approbation par le Général de la paroisse d’une dépense de 36 livres faite par la marguillier Estienne, pour frais e voyage de Charles Guéguen, de la paroisse de Pleyben, le 27 novembre 1753, dans le but de construire une horloge pour l’église de Lorient.

1754 1er septembre Le Général de la paroisse fixe à 200 livres par an les gages de jean-Baptiste Savart, à charge d’assister et donner dans le serpent à tous les offices de l’église paroissiale dimanches et fêtes, outre 15 sols chaque fois qu’il assistera aux cérémonies, à la demande des particuliers ( messes, enterrements ).

20 avril 1754 M. de Rouillé, ministre de la marine à M. de Clairambault, Commissaire général de Lorient ordonnateur au Portlouis.

«  Après avoir fait examiner, Monsieur, les motifs qui ont donné lieu aux discussions qui sont survenues entre M. Dupuis Commandant la Marine au Portlouis et M. Godeheu d’Igeville, Directeur de la Compagnie des Indes à Lorient pour raison de leurs commandements respectifs. Je suis convenu avec M. la Garde des Sceaux des moyens qu’il y avait à prendre pour prévenir de pareilles discussions et je vous envoye copie de la lettre que j’écris en conséquence à M. Dupuis, pour que vous la fassiez enregistrer au contrôle de la Marine et que l’on puisse y avoir recours au besoin.

De tous les articles qui occasionnent ces discussions, celuy du mouillage des vaisseaux au Portlouis a paru mériter le plus d’attention.

La Compagnie des Indes, informée du peu de place qu’il y a en ce port, tant pour le mouillage de ses vaisseaux que pour ceux du Roy a proposé des arrangements auxquels elle entrera pour la plus grande partie de la dépense et comme ayant le plus contribué au dépérissement du port, non seulement par les immondices de toute espèce qu’on y jette de ses navires , mais encore par les carrières que l’on a ouvertes pour les bâtiments de Lorient le long des rivières d’Hennebont et de Pontscorff qui ont occasionné des atterrissements considérables dans la rade du Portlouis et dans celle de Pennemaneck.

Ce sont ces considérations qui ont fait penser qu’il était indispensable de pourvoir au nettoyement du Portlouis et d’établir pour cet effet une machine à curer avec les bateaux nécessaires à enlever les vases qui seront construits aux frais et dépens de la Compagnie, mais que les autres frais et dépenses de l’exploitation seront supportés par portions égales entre le Roy et la Compagnie, après que le Portlouis sera nettoyé, emploiera à ses frais les machines et bateaux à faire la même opération dans les lieux qui sont dans l’étendue de son commandement.

La multiplicité des places propres à mouiller dans le Portlouis qui résulteront de cette opération lèvera toutes les difficultés par rapport au mouillage et mettra le Commandant de ce port en état de réserver deux des meilleures places pour les vaisseaux du Roy.

La Compagnie des Indes placera de corps morts dans d’autres endroits où ses navires auront toute préférence sauf le cas de l’arrivée d’une escadre de vaisseaux de guerre, ce qui extrêmement rare, à s’arranger de manière que ces vaisseaux et ceux de la Compagnie puissent également être en sûreté.

Je vous fais part de ces arrangements pour que vous puissiez en conférer avec M. Godeheu d’Igoville, etc..signé Rouillé ( Archives du Commissaire général de la Marine à Lorient, Registres d’ouvrages des Commissions, brevets , règlements, etc. de 1745 à 1758, f. 89 )

1755

19 avril sentence de la juridiction seigneuriale de lorient portant condamnation contre Louis-Michel Quintin et Louis Douzy dit Va-de-Bon-Coeur, contumaces, à être rompus vifs, et la femme Tabio, la fille Jolicoeur et la femme Michon, également contumaces à être pendues et étranglées, comme coupables d’assassinat et de complicité d’assassinat commis dans la nuit du 28 au 29 juillet 1752, sur la personne de François Castaigne, dit la Moutarde, soldat d’infanterie de la Compagnie des Indes, dans la rue des Puits, au milieu d’une rixe. Appel de cette sentence de haute justice fut interjeté devant le Parlement de Bretagne par le Procureur fiscal.

1755 27 juillet Le général de la paroisse assemblée, attendu la nécessité d’agrandir l’église paroissiale et conséquemment d’y avoir un autre cimetière, est d’avis de députer vers M. du Faouëdic, M.M. Souzy, trésorier en charge et Ferrand ancien trésorier de la paroisse pour le prier de céder un terrain pour l’établissement d’un cimetière et traiter avec lui de cette cession. M. du Faouëdic ayant eu des prétentions excessives relativement à cette cession de terrain, le général de la paroisse eut recours vers la Compagnie des Indes qui, par délibération du 31 décembre 1755, fit gratuitement la concession à la Communauté de Lorient «  d’un terrain situé entre la porte de Ploemeur et le bastion qui est sur le bord du ruisseau du moulin du Faouëdic et ce qui est couvert par la mer. »

Au mois de février 1757, sous la direction de M.M. De Saint-Pierre et Guillois commençaient les travaux d’appropriation de ce nouveau terrain à l’établissement d’un cimetière. Mais ce terrain, jusqu’alors recouvert par la mer ayant été reconnu impropre à l’usage auquel on le destinait , une nouvelle délibération du Général de la paroisse nomma M.M. Cordé et Souzy commissaires chargés de traiter avec M. du Faouëdic de l’acquisition d’un terrain que la Compagnie des Indes avait destiné pour un réservoir dans la ville de Lorient. M. du Faouëdic ayant eu encore dans cette circonstance des positions exagérées, le Général autorisa ses commissaires à accepter les offres faites par M. de Kerorguen ( délibération du 7 novembre 1762) d’un terrain moyennant le prix de 2400 livres et 300 livres d’épingles. Le traité ayant été conclu, l’adjudication des premiers travaux eut lieu dans une assemblée du Général de la paroisse le 30 janvier 1763.

A l’occasion des travaux du cimetière, dans un terrain longeant extérieurement les remparts de la ville , compris entre la caserne actuelle d’infanterie et la place de Ploemeur, la Paroisse voulut obtenir la suppression du prolongement de la rue Fulvy qui coupait ce terrain en deux sections , par délibération du 10 juillet 1763, elle chargea les marguilliers de se pourvoir devant le Conseil d’Etat du Roi pour obtenir en ce qui concernait la suppression de ce bout de rue une modification du plan de la ville. Cette demande fut accordée par arrêt du 29 mai 1764.

Le 25 septembre 1763, le Général de la paroisse chargea les marguilliers de demander à la Communauté de faire paver la rue Fulvy conduisant au nouveau cimetière, et elle pria M. de Saint-Pierre de faire le devis d’une petite chapelle à construire dans le cimetière.

Le 29 avril 1764 , les marguilliers furent chargés d’assister deux des prêtres de la paroisse pour aller près de M. l’Evêque de Vannes arrêter les dispositions relatives aux inhumations prochaines et pressantes dans le nouveau cimetière. ( Au 27 mai 1764 on n’y enterrait pas encore.) L’Evêque régla le service du nouveau cimetière par une lettre adressée au Général de la paroisse, datée de Vannes le 14 juin 1764. On voit par cette lettre qu’il y avait alors douze prêtres attachés à la paroisse Saint-Louis en participant au casuel, et que les familles des prêtres qui n’étaient pas de la ville étaient tenus par l’évêque de leur donner un supplément annuel de 150 livres pour leur entretien. Sur la demande de l’évêque, dont lecture de cette lettre fut donnée le 17 juin 1764 en assemblée du Général de la Paroisse, on vota une indemnité de 300 livres à ajouter au traitement des douze prêtres, soit 25 livres à chacun, à cause du surcroît de travail que leur imposait les enterrements dans le nouveau cimetière. Les travaux declôture étaient terminés, ceux de la chapelle étaient très avancés, lorsque le Duc d’Aiguillon, gouverneur de la Province, intervint. Il reprocha d’avoir exécuté ces travaux sur son domaine, et menaça d’en ordonner la démolition, le 16 octobre 1764 ( page 272 – 2086), il écrivit au Sénéchal de Lorient qu’il était indispensable que toutes les issues donnant sur les remparts demeurassent entièrement libres et lui annonça qu’il donnait ordre à l’Ingénieur en chef de démolir la chapelle située dans le nouveau cimetière, dans l’axe de la rue de Fulvy. Après différents pourparlers, il fallut au Général de la paroisse en passer par les exigences du duc d’Aiguillon, et par délibération du 25 août 1765, il chargea le marguillier de faire travailler incessamment à la démolition de la chapelle, ce qui fut exécuté.

1755 1er mars Il y avait en ce moment à Lorient un Sieur Joseph Bouvet, propriétaire d’une maison ayant appartenu à la Dame de la Motte. Ce Bouvet était officier des vaisseaux de la Compagnie des Indes.

A la même époque M. Deschatelets faisait construire la maison qui existe à l’angle des rues Traversière et de l’Hôpital, occupés par un cafetier, sur l’emplacement des anciens fours banaux.

1755 24 octobre Lettres patentes du Roi, autorisant l’échange entre la ville de Lorient et la Compagnie des Indes de leurs hôpitaux respectifs.

La ville de Lorient cédait à La Compagnie des Indes «  la maison et dépendances de son hôtel-Dieu «étant près de l’enclos de la Compagnie, le tout tenant du levant, à la rue des Vases, du couchant à la rue du Faouëdic, du midi à la Petite-Rue ; du nord à des terrains à la campagne, estimés 40 698 livres. »

La ompagnie cédait à la ville différents terrains dans le lieu de Kerverot «  d’une valeur de 25 662 livres , contigus à des terrains que la ville avait achetés récemment pour la construction d’un nouvel hôte-Dieu, tenant ensemble du levant à la rue du Bastion, du couchant à la rue des Fontaines, du midi à la rue de Traverse , et du nord à la rue des remparts payés 20 280 livres.

Les dispositions particulières de cet échange entre la ville et la Compagnie ne furent arrêtées que le 24 mai 1758

1755 Louis le Père de la Butte, Directeur de l’hôpital de la Compagnie des Indes à Lorient.

1755 novembre Au mois de novembre 1755, la Compagnie des Indes commença les travaux d’appropriation d’un terrain sur la rive gauche du Scorff, pour un chantier de construction navale ; il s’agit du chantier dit de Caudan , parce qu’il se trouve sur le territoire de la paroisse de Caudan.

Le terrain acheté pour la Compagnie coûta 6000 livres. Ces travaux terminés dans l’automne 1757 coûtèrent 220 868 livres.

Les cales, au nombre de trois furent établies pour y construire les plus gros vaisseaux ; elles ne tardèrent pas à être occupées par des contrevenants, ainsi que le constate ce passage d’un mémoire dressé par M. Botho en 1762 : «  Le terrain nécessaire pour former les chantiers et ateliers propres aux constructions appartient à la Compagnie des Indes, qui, depuis 1750, a fait construire à Caudan plusieurs vaisseaux de guerre pour le service du Roi, et quelques autres pour le sien en particulier.

Ce chantier, en 1762, n’était pas entouré de murailles, lorsqu’un constructeur particulier nommé La Freté bernard fut chargé par le Duc de Choiseul d’y construire pour le compte du Roi, deux vaisseaux de 74.

A cette occasion La Freté Bernard demanda que le chantier fut protégé soit par un fossé, soit par une palissade avec des barrières, fermées, de manière à empêcher’ les vols de bois, métaux et outils. La Compagnie ne fut pas disposée à satisfaire à cette demande à ses propres frais ; elle prétendit d’ailleurs que ces travaux de protection n’empêcheraient pas les voleurs et qu’ils constitueraient au contraire une grande difficulté pour la surveillance des abords du chantier. Ce ne serait donc que postérieurement à 1762 que le chantier de Caudan a été séparé des propriétés voisines par des murs de clôtures.

Les vaisseaux du Roi le Robuste et le Solitaire furent construits à Caudan pour la Compagnie des Indes, sous l’administration du Directeur Rothe, par l’Ingénieur Grognard et Le Freté-Bernard, entrepreneur.( voir l’article page suivante). Voir au sujet du chantier de Caudan l’article du 9 février 1740.

1755 31 décembre Délibération de la Compagnie des Indes qui accorde à la ville de Lorient «  un terrain situé entre la porte de Ploemeur et le bastion qui est sur le bord du moulin du Faouëdic et qui est couvert de la mer à toutes les marées pour y établir un cimetière.

Le cimetière de Lorient était alors placé au centre de la ville et autour de l’église ; il n’était plus assez spacieux en raison de l’accroissement de la population : de là l’inconvénient de creuser les fosses avant complète consommation des corps, et par suite de funestes exhalaisons. Tous les habitants des maisons voisines se plaignaient souvent.

1755 31 décembre Contrat de vente par écuyer Antoine Mauduit, seigneur du Plessis, demeurant à Hennebont, faisant tant pour lui que pour Mademoiselle du Vergier, Dame du Poulx, et à Georges Godeheu d’Igoville, écuyer, Directeur de la Compagnie des Indes, commandant au port de Lorient, faisant pour la Compagnie d’une partie de terrain dépendant de la seigneurie du Plessis, et du Ménéguen, relevant prochement et roturièrement des Fiefs de Léon , pour la construction des vaisseaux, le tout contenant 9 journaux et demi ; pour le prix de 5 000 livre.

1755 9 mars Enregistrement sur le registre du général de la paroisse Saint-Louis de Lorient des arrêts du Conseil du 19 septembre 1707, 19 décembre 1750, eet 23 juillet 1751 relatifs aux honneurs dus aux Dondel du Faouëdic, seigneurs fondateurs de l’église paroissiale.

1756

12 février Par sentence de la juridiction seigneuriale de Lorient, le nommé André Rebours, dit Provençal , «  convaincu d’avoir hommicidé Barthelemy Le Gall, la nuit du 12 février 1756 à coups de couteau, est condamné par contumace à avoir le poing droit coupé, ensuite d’avoir les bras, les jambes, cuisses et reins rompus vif pour l’exécution de haute justice, sur un échafaud qui sera dressé sur la place de Prémesnil de Lorient, ensuite exposé sur une roue posée à un coin du dit échafaud, la face tournée vers le ciel jusqu’à expiration de vie. » Le 10 du même mois, appel de cette sentence de haute justice seigneuriale ayant été interjeté par le Procureur fiscal, l’affaire fut portée devant le Parlement de Rennes.

1756 6 mars Sentence du Sénéchal de Lorient qui accorde à Mathurin Pillier , tuteur de son fils mineur, l’autorisation de vendre au Sieur Etienne Pérault, maire de la ville et communauté de Lorient, faisant pour la dite communauté , un terrain de 24 pieds de face sur la rue Luzançay, et 112 pieds de profondeur allant au couchant pour être employé à l’augmentation de l’hôtel de ville, pour le prix de 3 665 livres.

1756 Mars On arme à Lorient 5 vaisseaux sous le commandement de M. de Guébriant, chef d’escadre

1756 22 avril M. le Duc d’Aiguillon, à son passage à Lorient, enjoint la Communauté de Lorient d’établir des Portiers-Consignes à chacune des portes de la ville, à ses frais. Cet ordre fut exécuté immédiatement.

1756 22 juillet Lettre de la Communauté de Lorient à l’Intendant de Bretagne

«  Monseigneur, Nous avons reçu la lettre que votre Grandeur nous a fait l’honneur de nous écrire le 14 de ce mois ; pour nous conformer aux ordres, nous avons pris des dispositions à l’hôtel-Dieu de cette ville pour y placer le plus de lits qu’il sera possible et pour rendre notre plan d’être plus à portée sous les yeux de Votre Grandeur, nous allons décrire la maison avec les salles qui la composent.

Le rez-de-chaussée consiste en une cuisine, un petit retranchement contenant deux lits pour les domestiques, une chambre basse à côté avec 8 lits.

Le premier étage est une chambre d’entrée avec deux lits pour l’économe et domestiques de confiance à côté. Une petite chambre pour Mademoiselle Droneau fondatrice de l’hôtel-Dieu et sa domestique. La salle au-dessus, séparée en deux contient vingt lits pour les hommes et les femmes malades de la ville dont deux lités privilégiés par droit de la fondatrice.

La salle au-dessus vient d’être destinée seulement à recevoir les invalides. Nous travaillons à y faire établir seize lits de quatre pieds qui pourront contenir trente deux malades. Pour cette disposition nous transportons les enfants et les infirmes et les malades convalescents dans une petite maison voisine appartenant à l’hôtel-Dieu que nous avons fait réparer pou les recevoir.

La boulangerie dans la cour contient un lit pour le boulanger. Pour la récapitulation de tous les lits ci-dessus, la totalité consiste en 61 lits dont 16 destinés pour recevoir les bas-officiers invalides … »

Il est à remarquer que le total des lits énumérés en cette lettre est de 51 et non 61 ; il faut supposer que la petite maison contenait 10 lits, ce que la lettre ne marque pas.

1756 6 août Arrêt du Conseil du Roi qui règle les contestations pendantes entre les Ingénieurs du département du PortLouis chargés des fortifications, et la Communauté de Lorient.

Et la police entre les constructeurs et les particuliers : cette police est attribuée à la juridiction seigneuriale. ( Voir à ce sujet une lettre du 13 août 1756 adressée par la Communauté à M. Traboulet R. de correspondances ).

1756 29 septembre M. LA Freté, avocat du Roi de la Communauté de Lorient, expose à l’assemblée de Communauté «  que la circonstance du temps présent par rapport à la guerre avec les anglais et qui peut être dans la suite avec d’autres puissances, exigeait pour le bien général de la ville et des commerçants, d’être informés de tout ce qui peut se passer dans le royaume et dans les pays étrangers, pour que chacun put se déterminer sur le parti qu’il pourrait prendre. Que la seul voie, vu la situation de Lorient, était de faire venir les gazettes étrangères, mais qu’il fallait à cet effet avoir les fonds, etc… »

La Communauté décide qu’on fera venir la gazette de Hollande, celle d’Utrecht, celle d’Avignon, celle de France, l’Affiche pour la Province, et le Mercure. Voici quel était alors le prix d’abonnement d’un an, de chacun de ces journaux :

La Gazette de Hollande coûtait cent vingt livres

La Gazette d’Utrecht, même prix

La Gazette d’Avignon dix huit livres

La Gazette de France, sept livres, dix sols

L’Affiche pour la Province, même prix

Le Mercure, trente six livres

1756 31 octobre Rixe au carrefour des rues de Rohan et d’Anjou , à neuf heures du soir, entre des matelots et des soldats de la Compagnie des Indes. Des officiers étant intervenus pour séparer les combattants, ceux-ci se réunirent contre eux et les attaquèrent. Les officiers ayant mis l’épée à la main pour se défendre, chargèrent à leur tour les assaillants, et l’un d’eux, le matelot Jean Corseul reçut un coup d’épée mortel ; il tomba mort sous le coup dans la rue du Port.

&756 Extraits des registres de correspondances de la Communauté de Lorient.

23 février. A M. Traboulet à Paris «  Nous avons toujours les Sœurs Grises en tête parce que nous sentons le pressant besoin. Tout espoir d’y réussir est-il perdre ? Car si vous ne pouvez pas réussir à en obtenir, il faudra nécessairement se jeter du côté des Filles de Saint-Thomas. Nous sommes très mal servis du côté de l’économie intérieure.. »

«  n’avez-vous aucune nouvelle à nous donner de chez le Comte de saint-Florentin au sujet des plaintes que nous lui avons portées sur les vexations que notre Sénéchal exerce ici impunément. Il ne nous a pas fait l’honneur de nous répondre… »

Traboulet était à Paris depuis près de deux ans ; il y avait été député par la ville pour différentes affaires : procès avec le Prince de Guéméné et Dondel du Faouëdic, échange d’hôpital avec a Compagnie, cimetière neuf, etc.. affaires qui traînaient en longueur par suite de fréquents changements de ministres. On voit dans cette même lettre que la ville ne trouvait plus dans la Compagnie des Indes un appui aussi sûr que du temps de M. de Fulvy. De là une sorte de découragement que l’on remarque parmi les administrateurs de Lorient qui luttaient inégalement contre le prince de Guéméné et ses agents, et n’obtenaient plus qu’avec mille difficultés les demandes qui leur étaient accordées si facilement dix ans auparavant. Dans cette même lettre à M. Traboulet, la Communauté se plaint de M.M. Godeheu et Moras, ses anciens protecteurs : «  Nous comptions solidement sur M. Godeheu qui a toujours pris notre cause avec chaleur , se peut-il que depuis qu’il habite Paris , il nous abandonne à notre impuissance ?

Nous avions également compté sur les promesses de M. de Moras ( il était contrôleur général des finances en 1756).

8 mars Au même «  Nous avons découvert que M. d’Entrechaux qui n’est pas trop de nos amis sollicite auprès de M. d’Aiguillon de faire passer ici un des deux bataillons qui sont au Portlouis. Nous nous trouverions d’autant plus à plaindre qu’il nous arrive journellement des ouvriers en grand nombre pour la construction des vaisseaux sur les chantiers et de ceux qu’on projette d’y mettre incessamment . L’incompatibilité des troupes du Roi avec ces ouvriers qui occasionnent des disputes continuelles, l’impossibilité où nous sommes de les loger chez l’habitant… demandent qu’au nom de la Communauté vous vous donniez des mouvements auprès de la Compagnie pour que le projet de M. d’Entrechaux ne réussisse pas. Vous savez que de tout temps on a voulu éviter de mettre des troupes ici en garnison et la circonstance est plus défavorable que jamais pour commencer à surcharger ainsi l’habitant. Nous avons actuellement plus de quatre mille ouvriers logés en ville qui demandent toute notre attention et activité.. »

1756 12 avril Au même «  Bien des personnes ici sont plus occupées de leur intérêt qu’au bien de la Communauté ont tenté sous main d’obtenir la ferme de nos octrois. Si ce malheur arrivait, cette administrations serait un hydre et une source intarissable de procès. Vous devez savoir à qui on peut s’adresser pour obtenir la charge de miseur. Nous sommes d’avis que vous engagiez la Compagnie à en faire l’acquisition, elle tirerait très utilement la mise de ses deniers, mais comme les circonstances ne sont pas favorables, si elle y renonce après les propositions que vous lui en avez faites, nous souhaiterions que la Communauté fut en possession de cette charge. Nous pourrions trouver un moment heureux pour avoir l’agrément de l’intendant. »

1756 28 mai A l’Intendant «  La Communauté s’étant fait un devoir d’obéir aux ordres de Votre grandeur, elle va prendre les mesures les plus précises pour se mettre en état de recevoir les soldats malades qui lui seront envoyés. Nous avons l’honneur de prévenir Votre Grandeur que l’hôpital actuel est continuellement rempli de malades, gens infirmes et d’enfants et qu’on est obligé de faire coucher ces derniers à quatre dans chaque lit.. »

1756 12 août Au même . Envoi d devis de divers travaux publics pour réparation des chemins d’Hennebont, Quimperlé, chaussée du moulin du Faouëdic et l’ouverture d’un chemin de Lorient au passage de Sainte-catherine et au Portlouis. ( Il s’agit de la route dite de la Perrière par les villages de Kernel et de Kergroix.).

1756 13 septembre A M. Traboulet à rennes «  Pour nous mettre en règle, nous vous prions d’obtenir étant à Rennes, l’agrément de Monseigneur l’Intendant pour nous autoriser à faire venir pour la maison de ville les Gazettes d’Utrecht, de France, affiches et le Mercure qui seront déposées et d’attache à la maison de Ville.

1756 25 avril Arrêté de compte de gestion de jean-Jacques d’Egmont, fabrique en charge de la paroisse Saint-Louis de Lorient, le 25 mars 1755 au 23 avril 1756

recette 7459 livres

dépenses 3638 livres

reliquat en caisse y compris le reliquat antérieur 23 909 livres

Voici le détail des recettes d’Egmont durant ces treize mois :

Bancs, suivant registres 2559 Livres

Etaux 180 L

Boutiques contre le cimetière 335 L

Foire de Pâques 116 L

Marchands de lard 73 L

Fondation de Madame Auzanne 33 L

Ferme d’une maison rue Noire 72 L

Fondation de Catherine L 33 L

rente pour la veuve Allain 9 L

idem sur la maison de lestic 1 L

Reçu de Monsieur Souzy, le Sacriste, suivant mon registre 3534 L

Offrandes et troncs 574 L

Total 7459 L

1756 20 décembre A l’occasion de l’armement de trois divisions navales, dont l’expédition dans les mers de l’Inde fut projetée au mois d’octobre 1756, le roi nomme Capitaine de frégate l’ancien capitaine de vaisseau de la Compagnie des indes de la Chaise, destiné à commander la première des deux divisions navales qui devait être armée à Lorient, composée du Comte de Provence, la Siphilde, le saint-Louis, le Duc de Bourgogne, la Reine, appartenant à la Compagnie des Indes, et d’un navire frété à Nantes. Cette division devait embarquer le 2e bataillon de Lorraine, et 50 hommes d’artillerie.

La deuxième division de Lorient devait se composer des vaisseaux la Bien-Aimé, le Vengeur, le Centaure, le Dauphin, le Duc de Parme, la Diane, et d’un vaisseau frété à Nantes. Elle devait embarquer le 2 e bataillon du régiment de Berry, et les surplus du détachement d’artillerie. Lars, capitaine du Bien-Aimé commande cette division.

La troisième division devait être armée à Brest sous les ordres du comte d’Aché nommé au commandement de l’expédition.

Le même jour 20 décembre, plusieurs autres officiers de la Compagnie des Indes reçurent le même brevet de Capitaine de frégate que de la Chaise , mais avec cette restriction qu’ils ne devaient conserver ce grade que durant la campagne, c’est-à-dire pendant le temps qu’ils monteraient leur vaisseau dans l’Inde. Voici leirs noms : Gouyon de Saint-Loyal, capitaine du Comte de Provence, 58 canons ; Joannis, Capitaine du Saint-Louis, 54 canons ; D’après de Mannevillette, capitaine du Duc de Bourgogne, 54 canons ; Lars, capitaine du Bien-Aimé, 5 canons ; Bouvet, capitaine en second du Bien-Aimé, 58 canons ; Pallière-Christy, capitaine du Vengeur, 5′ canons ; Beaulieu-Tréhouart, capitaine du Neptune ; May, capitaine de la Gloire ; Surville l’aîné, capitaine du Centaure ; Surville le cadet, capitaine du Duc d’Orléans, 54 canons, ; Caignou, capitaine du vaisseau le Séchelles. Tous ces vaisseaux appartenaient à la Compagnie des Indes.

Le même jour, 20 décembre 1756, le grade de capitaine de brûlot, seulement pendant cette même campagne de l’Inde passa aux premiers lieutenants de la Compagnie des Indes pourvu du Commandement d’un navire, ou embarqués sur les navires de l’expédition : Mahy, capitaine de la Siphilde, 30 canons ; Chaigneure, capitaine de la Reine, 20 canons de 6 ; Maugueret, capitaine de la Compagnie des Indes, 20 canons de 6 ; de Gennes du Volambert, 1er lieutenant sur le Comte de Provence, 58 canons : Neuville, 1er lieutenant du Saint-Louis, 54 canons ; Meysne, 1er lieutenant du Montaran, 44 canons ; Rattier, 1er lieutenant du même ; Kerlero de Rosbo, capitaine du Condé, 44 canons ; Prevost de la Croix, 1er lieutenant du Condé ; Bec-de-Lièvre, capitaine du Moras, 44 canons ; Dufresne-Marion, capitaine de la Diligente, 25 canons ; De Vaubérey, 1er lieutenant du Bien-Aimé ; Trémolières, 1er lieutenant du Vengeur ; Jouenne, 1er lieutenant du même ; La Fontaine, capitaine du Dauphin , 42 canons ; Gouverneur, 1er lieutenant du même vaisseau ; Chautard, capitaine du Duc de parme, 20 canons de 6 ; Geslin cadet, capitaine de la Diane , 20 canons de 6 ; Saint-Martin, capitaine du Duc de Berry ; Mantères, capitaine du Bristol ; de Belleme.

Dans les mêmes conditions et à la même date, le brevet de capitaine de flûte fut accordé à Gaillard de la Mothe, capitaine du Prince de Conti, ainsi qu’aux capitaines des navires frétés à Nantes, la Thérèse, la Pacifique, le Saint-Luc, et l’Emeraude.

Et les brevets de lieutenant de frégate , pendant la campagne, furent accordés aux lieutenants de la Compagnie des Indees, de Vaux , Courchamps, La Salle l’aîné, Michelot, Belandière, Bolleret, Porée, Le Clerc de Becourt, les Bretonnières, Ville-Collet, Henrio, Robert Fleury, de L’Hostis.

1756 30 décembre Départ de Lorient de la première division de l’expédition de l’Inde commandée par de la chaise sont il est question en l’article précédent. Les troupes sont commandées par M. de Soupire, maréchal de camp, chevalier de Saint-Louis.

Les deux autres divisions, c’est-à-dire celle de Brest et la 2e de Lorient furent fondues en une seule, sous le commandement du Comte d’Aché. Réunie dans les eaux de Groix, elle partit pour l’Inde le 3 mai 1757 ( voir infra 1757).

1756 24 octobre Départ de Lorient de la frégate de la Compagnie des Indes le bristol, capitaine Marnières, avec des dépêches pour Magon, Directeur Commandant général des Isles de France et de Bourbon.

1757

11 août Arrêté de la Communauté de ville de Lorient relatif aux dépôts de décombres, boues et immondices de la ville :

Article 1er Les décombres des édifices de la partie de la ville du côté de la grande porte seront portés le long de la levée du grand chemin de Saint-Christophe à la sortie de la ville, depuis le pont après la barrière jusqu’au chemin de traverse qui conduit au Faouëdic, afin d’élargir les deux banquettes du grand chemin qui se trouvent trop étroites par rapport à la hauteur de la levée

Article 2 Les boues et vidanges de cette même partie de la ville seront portées sur le terrain appartenant au Sieur Allain situé à la gauche du grand chemin en allant à Saint-Christophe joignant le chemin qui conduit aux fontaines.

Article 3 Les décombres des terres de la partie de la ville du côté du port de Ploemeur seront transportées pour former la chaussée depuis les fortifications jusqu’au moulin du Faouëdic, et les autres parties qui seront à remplir dans le même endroit et aux environs

Article 4 Le dépôt des boues de cette même partie de la ville sera fait dans une lande et terrain vague entouré de fossés, situé au-delà de l’ouvrage extérieur des fortifications de Kerlin, à gauche de la Belle-Fontaine.

La Communauté désigne des commissaires de quartier pour veiller à l’exécution de son arrêté, ce sont :

De la Freté, depuis la grande porte de la Compagnie des Indes jusqu’à l’hôpital, toute la rue du Faouëdic, et toute la partie adhérente à l’Enclos de la Compagnie.

Etienne Gourvennec, rue Dauphine jusqu’à la grande porte, les rues de traverses dans celles du Faouëdic et de la Croix de la Mission.

Foucault, la grande rue, depuis la Porte de la Compagnie jusqu’à la Porte de Ploemeur, et les rues de traverse qui y aboutissent

Remazeilles, rue de Condé et traverses qui y aboutissent vers le quai, la Direction sur les quais et cales et la police sur les bâtiments.

1757 12 juillet naissance de Jean-Baptiste François Bompard, s’est illustré comme marin ( voir Biographie Bretonne ).

1757 26 décembre Charles Mocaër, charpentier, est assassiné par les soldats de la Compagnie des Indes sur la place Dauphine ou de l’Eglise, contre le mur du cimetière, vers sept heures du soir. Mocaër passai avec deux autres individus, lorsqu’ils furent attaqués sans provocation de leur part, par une quinzaine de soldats armés qui les poursuivirent à coups de bayonnettes

1757 13 octobre décès de messire Le Bert, prêtre, aumônier de l’hôtel-Dieu, originaire du Diocèse de Quimper.

1757 Du 2à août au 8 octobre 1757, on employa 452 journées d’ouvriers pour transporter des canons du port de la Compagnie aux batteries des remparts. On exécuta des travaux à ces fortifications sous la direction de M. du Main, ingénieur du Roi. On boucha les vannes du moulin du Faouëdic pour retenir l’eau dans l’étang.

1757 1er décembre Marché passé entre le Général de la Paroisse et le Sieur Lacroix, doreur et sculpteur, pour faire une exposition pour le Saint-Sacrement dans l’église paroissiale , moyennat 1500 livres. Sur les réclamations de Lacroix, le Général augmenta de 500 livres le prix de son travail, le 21 mai 1758.

1757 30 mai Le Duc d’Aquitaine, vaisseau de la Compagnie des Indes, commandé par M. de Lesquelen. Sorti du Tage le 10 mai pour rentrer à Lorient, fut pris par les anglais le 30 mai suivant après un combat de 55 minutes.

1757 Noble maître Olivier Bouguen, Sieur du Kerdanet, avocat au Parlement, demeurant à Lorient, époux de Dame Renée Salbert de Forge. En 1755 cet avocat demeurait à Rennes , paroisse de saint-Germain, a donné son nom à la rue Kerdanet. Messire Jean-Charles Salbert, seigneur de Forge, demeurant à Lorient rue dauphine, faisant pour messire Etienne Salbert seigneur de Beaugey, son frère puîné absent.

1757 3 mai Départ de la rade de Groix d’une division navale sous les ordres du Comte d’Aché, armée à Lorient à destination de l’Inde. Elle se compose du vaisseau du roi le Zodiaque, 74 canons, et des vaisseaux de la Compagnie des Indes, armés en guerre, Le Bien-Aimé, capitaine Lars ; le Vengeur, capitaine Christy de la Pallière ; et de 4 vaisseaux de la Compagnie chargés de marchandises : le Centaure capitaine Surville l’aîné, Le Dauphin, capitaine La Fontaine , le Condé, capitaine de Rosbo, Le Moras capitaine Bec-de-Lièvre, de la frégate la Diligente, la corvette La Pénélope, et de 4 navires frétés à Nantes, La Thérèse, le Pacifique, le Saint-Luc et l’Emeraude. Deux frégates du roi restèrent dans cette division jusqu’en dehors des caps : l’Escarboucle et l’Aquilon. Cette dernière, commandée par de Gouvello, eut à soutenir au retour un combat contre un vaisseau anglais de 74, et fut obligée de s’échouer.

1758

10 janvier La Communauté adopte des mesures pour prévenir la ville de l’épidémie qui ravage Brest.

Elle décide que les matelots et les étrangers venant du côté de Brest seront écartés de Lorient, et que tout malade atteint de l’épidémie sera logé et soigné dans une maison appartenant à la Veuve Argan, dite Provot, située à la Fontaine de Merville, louée pour cet usage.

Malgré ces précautions le fléau s’abattit sur Lorient, près de 400 personnes moururent en cette ville durant le premier semestre de l’année 1758. Le chiffre de la mortalité qui avait été de 41 au mois de décembre 1757, s’éleva à 56 au mois de janvier 1758, de 63 au mois de février ; 69 en mars, 71 en avril. Le chiffre des décès s’abaissa à 63 au mois de mai, à 52 en juin, et enfin au mois de juillet, il revint à un taux normal, 44. Les marins de l’équipage du vaisseau du Roi le Raisonnable furent particulièrement atteints par l’épidémie ; au mois d’Avril, une trentaine d’hommes de cet équipage moururent à l’hôpital de la Compagnie des Indes.

L’épidémie dont il s’agit avait été importée par l’escadre du lieutenant-général Dubois de la Motte rentré d’Amérique à Brest le 23 novembre 1737. On sait que les ravages de cette épidémie furent tels, que la population de Brest fut réduite d’un tiers en quatre mois.

1758 11 mai Arrêt du Parlement de Bretagne, à requête de Vincent Taillard ci-devant débitant de vin et assistant les huissiers de la ville de Lorient , par lequel il est fait «  exhibitions et défenses à tous commandants militaires, Directeur de la Compagnie, Maire et officiers de milice bourgeoise d’entreprendre aucune juridiction sur les habitants de la ville de Lorient, d’en faire emprisonner, en mander aucun, sous quelque prétexte que ce soit, si ce n’est par ordre du Roi ou dans le cas de désobéissance aux choses concernant le service dudit Seigneur Roi, la garde, sûreté et défense de la ville, de transmettre d’aucun fait de justice et police, ni de tout ce qui concerne les les spectacles ou le droit d’en permettre l’établissement, etc… »

1758 2 juin Lettre de la Communauté de Lorient à l’Intendant de Bretagne

«  Monseigneur, Nous avons eu l’honneur dans le temps de rendre compte à Votre grandeur du nombre de lits que l’hôtel-Dieu de cette ville pouvait contenir et pour nous mettre en état d’y recevoir les bas-officiers malades. Suivant votre ordre nous leur destinâmes une chambre particulière.

Les circonstances présentes ayant considérablement fait accroître notre garnison, quoi qu’on ait fait passer au Portlouis les invalides que nous avions , nous nous sommes bientôt trouvés à court , et pour y suppléer , nous nous déterminâmes à prendre une petite maison voisine appartenant à l’hôpital quoique ce parti nous ait privé d’un revenu pour les pauvres. Ce supplément nous a été d’un grand secours jusqu’à présent. La visite de nos hôpitaux a souvent été faite par M. Bourcier Commissaire des pauvres ; et s’il a été satisfait des secours que les soldats malades y reçoivent, il a reconnu par le recensement l’impossibilité où nous étions d’en recevoir davantage, tout étant rempli. Il a voulu exiger de nous que nous prissions une troisième maison, ce que nous n’avons pas cru devoir faire , sans en avoir reçu l’agrément de Votre Grandeur, d’autant que notre hôpital déjà épuisé se trouvera bientôt sans ressources ni crédit, le supplément de solde des soldats n’étant même pas payé depuis janvier.

Notre refus, Monseigneur, a donné lieu à l’ordre que M. Bourcier nous donna le 31 du mois passé, dont nous avons l’honneur de remettre copie à Votre Grandeur. On a fait valider la maison du nommé Hénau, et voyant notre impuissance de pourvoir aux 25 fournitures nous avons eu recours à la Compagnie qui nous les a fait donner, et , par nous faisant soumission de les payer.

Nous avons l’honneur d’informer Votre Grandeur des premières dispositions que nous avons prises pour le soulagement des malades de la garnison et des circonstances où nous venons de nous trouver, pour établir une 3eme maison , persuadés que Votre Grandeur voudra bien nous approuver. »

Il y avait en ce moment en garnison à Lorient des bataillons de volontaires étrangers : deux bataillons du régiment de Penthièvre étaient logés dans les paroisses de Guidel et de Ploemeur. Tous les malades de ces bataillons de troupes étaient admis et traités à l’hôtel-Dieu.

La solde de ces militaires, de 14 sols par jour, était comptée à l’hôtel-Dieu ; un supplément d’entretien des malades militaires , de 9 sols par jour, était en outre accordé par le règlement à l’hôtel-Dieu, mais ce supplément était payé très irrégulièrement.

L’Arrêt du Conseil du 19 septembre 1752 fixait à 400 livres de prélèvement à faire sur le produit des petits octrois, pour le soulagement des pauvres de l’hôtel-Dieu, mais cette somme était très insuffisante.

Par ordre du Duc d’Aiguillon, le deuxième bataillon des volontaires étrangers partit de Lorient le 5 septembre à 2 heures après-midi, précipitamment, à destination de Lamballe, sans doute pour combattre les anglais descendus à Saint-Cast, près Dinan. Ce bataillon laissa à Lorient plus de 60 malades, et des dettes chez les habitants évaluées à 12 938 livres.

1758 12 avril Décès de Pierre Brossière, échevin.

1758 23 septembre La Communauté de ville de Lorient décide à l’unanimité qu’il serait accordé à M. de Saint-Pierre, ingénieur de la ville, une indemnité de 1200 livres pour lui tenir lieu de ses sommes déboursées, et en reconnaissance de ses services passés. Et qu’à commencer du premier janvier de la même année, ses appointements et honoraires seront fixés à la somme de quinze cents livres par an «  attendu que la Communauté est instruite des peines et soins que le Sieur de saint-Pierre s’est donné sans aucune interruption depuis l’érection de la ville, tant pour veiller aux alignements conformément aux plans arrêtés au Conseil, qu’à ceux pour l’établissement des pavés, les travaux des murs d’enceinte de cette ville, les chemins qu’il a pratiqués et ouverts, pour procurer une communication facile à la ville qui n’avait aucune issue pour charrois ; et constatant son assiduité, activité et intelligence qu’il vient de montrer dans les travaux importants et précipités qu’il

vient de faire et exécuter pour l’établissement des batteries qui concourent à la sûreté de la ville et qui ont mérité les témoignages les plus flatteurs de la part de M. le Duc d’Aiguillon. La Communauté a encore présents les soins infatigables qu’il se donna, lorsque en 1746 les anglais se présentèrent devant la ville. Tous ces motifs et les autres services qu’il a rendus et qu’il rend journellement à la Communauté avec un désintéressement qui ne peut que lui avoir été onéreux. »

1758 19 décembre. Naissance de Pierre-Maurice Julien Querangal de Kerarseois, fils de François Julien et de Guyonne Gillard de Kerenflec, dernier Contre-Amiral , ce Lorientais s’est illustré dans sa carrière.

1758 La Compagnie des Indes eut à exproprier un grand nombre de particuliers pour créer à saint-Christophe un passage du Scorff praticable pour les plus lourds fardeaux. Elle dépensa 7614 livres pour la construction d’une maison pouvant loger les fermiers du passage, leurs commis et les passagers attendant le départ du bac ; 2640 livres pour l’élargissement et escarpement du roc, avec les remblais, pour rendre de chaque côté de la rivière les abords libres et accessibles jusqu’à la ligne de la plus basse mer et éviter les accidents arrivés par le passé ; 13 000 livres pour la construction d’un deuxième bac et bateau de passage proportionné aux lourds fardeaux des voitures chargées des marchandises des ventes.

L’acquisition générale de toutes les les loties réunissant la totalité du droit de bac et passage de Saint-Christophe monta, y compris tous les frais à 43 967 livres. Il ne fallut pas moins de 19 contrats à la Compagnie pour acquérir ce droit de passage, du mois de décembre 1758 à 1762. Cette multiplicité de vendeurs permet de penser qu’anciennement le Prince de Guéméné avait afféagé le passage de Saint-Christophe à un batelier, qui était alors en 1758 représenté par une infinité d’héritiers.

Un Arrêt du Conseil d’Etat du Roi du….1758 autorisa la Compagnie à s’approprier ce droit de passage sur les particuliers qui le détenaient.

1758 Le Comte d’Arché, commandant d’escadre dans l’Inde en 1758, avait sous ses ordres le vaisseau du roi le Zodiaque, les vaisseaux de la Compagnie des Indes Le Comte d Provence, le Vengeur, le Centaure, le Duc d’Orléans, le Saint-Louis, le Duc de Bourgogne, le Condé, le Moras et les frégates la Sylphide, et la Diligente.

1758 Il est adressé à plusieurs propriétaires du quartier du Nourgneuf de démolir leurs maisons pour l’établissement de nouvelles fortifications. Ces travaux de fortifications sont exécutés à l’entreprise et furent désignés sous le nom de Lunette de Kerlin.

1758 23 septembre Sentence de la juridiction de Lorient où il est fait mention de l’établissement de verrerie au Kernevel, en Ploemeur, par le Sieur Droneau, Pierre-Michel, caissier de la Compagnie des Indes.

On ordonna un nouveau toisé des couvertures d’ardoise et de tuiles. Le commencement de cet établissement date de 1756.

1758 Ecuyer Daniel-Marie Dufay, Sieur de la branchère, capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes, époux de Marie-Thérèse Dauphine Ferrière ( V. Dufay 1730 ) commandant du vaisseau le Dromadaire.

Extraits du registre de correspondance de la Communauté.

1758 30 juin Lettre à l’Intendant de Bretagne «  Feu M. Traboulet ayant été chargé par la Communauté de l’examen des comptes du produit des octrois et des dépenses de la ville, n’a jamais satisfait à cet objet intéressant que la Communauté lui avait confié, et est mort sans nous donner des éclaircissements que nous devions attendre de lui dans plusieurs articles dont il avait la direction.

«Dans une lettre du 19 mars 1758 à M. d’Igoville relative à cette reddition de comptes qui souffrait de grandes difficultés, on lit : «  Nous ne vous avons pas laissé ignorer que M. Droneau avait bien voulu se charger à la prière de la Communauté, de mettre en règle l’objet de la reddition des comptes : cette partie malgré l’assiduité de son travail, n’a pu l’être encore dans la forme requise, attendu la défectuosité des pièces et la suppression de quelques-unes de la part de celui qui s’était chargé de cette partie.. » En rapportant les termes de cette lettre de ceux de la lettre du 30 juin, faut-il attribuer à M. Traboulet les graves reproches qui y sont formulés ? Michel Droneau, échevin, mourut cette même année, le 3 octobre, âgé de 81 ans.

1758 31 juillet lettre au même, dans laquelle il est d’agir d’après les ordres de M. le Duc d’Aiguillon ; la ville avait procuré à ses frais un logement à M. d’Entrechaux lieutenant du roi au Portlouis, qui par son service dans les circonstances présentes était souvent appelé à Lorient.

18 septembre 1758 Lettre du Roy à M. de Clairambault à l’occasion des avantages emportés par les troupes de Sa Majesté sur les anglais, tant auprès du lac Champlain ( Canada) qu’à Saint-Cast en Bretagne.

Les braves soldats que j’ay envoyés au Canada sous les ordres du Marquis de Montcalm ont si bien secondé par leur valeur les bonnes dispositions de leur chef, qu’ils viennent de sauver les colonies françaises en emportant malgré l’énorme disproportion du nombre une victoire générale sur les anglais auprès du lac Champlain ; action mémorable où quatre mille français ont combattu et vaincu 22 000 hommes dont plus de 6000 ont été tués dans ce combat si glorieux aux vainqueurs.

Dans le même temps des irruptions soudaines, dont jusques à présent l’ennemi avait eu soin de mesurer la durée sur le temps dont nos troupes avaient besoin pour se joindre, infestaient les côtes de ce royaume et exposaient nos sujets à des maux auxquels je suis infiniment plus sensible qu’à tout ce qui peut m’intéresser que ma propre gloire. La précipitation avec laquelle les ennemis se sont rembarqués dans ces différentes occasions n’a pas permis alors de leur faire éprouver la juste vengeance que méritaient des entreprises aussi injustes.

Il n’a pas tenu à eux qu’en usant de la même précaution ils n’ayent impunément commis de nouveaux excès dans la dernière descente te auprès de Saint-Malo. Mais l’activité de mon cousin le Duc d’Aiguillon à rassembler une partie des troupes qui sont sous son commandement n’a pas laissé le temps à mes ennemis d’éviter pour la suite du combat qu’il leur a livré le 11e de ce mois lorsqu’ils commençaient à regagner leurs vaisseaux rangés en ligne à l’anse de Saint-Cast. Mes troupes oubliant la fatigue d’une marche forcée et quoy que fort inférieures en nombre, malgré le feu prodigieux et continuel de la flotte anglaise, se sont postées avec la plus grande ardeur aux retranchements des ennemis qui ont été forcés après une heure et demie de combat le plus vif, où leurs troupes ont été totalement défaites. Leur perte est au moins de trois ou quatre mille hommes qui ont péri ou dans l’action ou dans la mer. Trois bâtiments chargés de leurs soldats ayant été coulés à fond par mon artillerie, on leur a fait plus de 800 prisonniers, parmi lesquels il y a plusieurs officiers de la première distinction. Mon cousin le Duc d’Aiguillon a donné dans cette journée les preuves les plus éclatantes de son intelligence et de sa valeur ; il a été parfaitement secondé, non seulement par les officiers et les troupes qu’il commandait, mais aussi par la noblesse et les autres citoyens bretons qui se sont empressés de combattre sous leurs drapeaux…

C’est donc pour rendre grâce à Dieu de ces faveurs si marquées que j’écris au Sieur de Guidy de faire chanter le Te Deum dans la chapelle de mon arsenal du Portlouis ou sur mon vaisseau portant pavillon amiral, et de faire tirer le canon à l’ordinaire. Mon instruction est que vous fassiez délivrer la poudre et les autres munitions nécessaires. Et la présente n’étant à autre fin , je prie Dieu qu’il vous ait, M. de Clairambault en Sa Sainte Garde. Ecrit à Versailles le 18 septembre 1758 signé Louis et plus bas Massiac. Archives Communauté Lorient.

1759

5 mai Mademoiselle Droneau cède l’appartement qui lui appartenait à l’hôtel-Dieu, à titre de fondatrice, pour loger les Sœurs de la Sagesse que l’Evêque de Vannes venait de procurer à cet établissement.

Le 13 juillet suivant, la Communauté de Lorient écrivait en ces termes à l’évêque de Vannes. «  Nous avons l’honneur de vous remettre une copie des conditions que nous avons passées avec M. Besnard, Supérieur des filles de la Sagesse. La lettre que Votre Grandeur a écrite à M. Ferrand nous décide à accepter les conditions de Valogne , nous n’y avons changé quelques articles qu’en faveur de ces sœurs … Recevez, Monseigneur, nos plus sincères remerciements de la bonté que vous avez eue de nous procurer un secours si essentiel… »

1759 17 mai. Le Sieur Dussault, trésorier de l’hôtel-Dieu, expose à l’Assemblée de la Communauté le dénuement où se trouve cet établissement chargé de jour en jour d’un nombre infini de personnes dont la misère est causée par le renvoi que la Compagnie a fait de ses ouvriers, par les femmes et les enfants dont les maris et les pères sont retenus dans l’Inde et un grand nombre dans les prisons d’Angleterre, par le nombre des militaires tant en garnison à Lorient que cantonnés dans les paroisses voisines… Pour faire face aux besoins les plus urgents de l’hôtel-Dieu, la Communauté accorde une subvention de 6000 livres à cet établissement, à prélever sur le produit des petits octrois.

1759 1er août Contrat de vente devant les notaires au Châtelet de Paris, d’une maison sise à Lorient paroisse Saint-Louis, ayant face sur les rues Pontcarré, Duvelaër et d’Anjou appelée l’ancienne caserne, par les Sieur et Dame de la Portée, au Sieur Jean Deschiens, capitaine d’infanterie garde-côtes de la capitainerie de Portlouis.

1759 12 septembre Les nommés René Guiffaud et Aignan Girard, dit la Lancette, grenadiers au régiment de Chartres, pénètrent dans l’église Saint-Louis vers huit heures du soir, forcent la porte de la chapelle Saint-Pierre, brisent et volent les deux troncs de la chapelle Saint-Pierre et ceux du Saint-Sacrement et de Notre Dame de Bonsecours.

Pendant que ce vol se commettait, l’attention du bedeau qui demeurait dans le voisinage fut éveillée par une grande clarté qu’il remarqua dans l’église. La garde prévenue par ce bedeau arriva sur les lieux et put s’emparer de l’un des voleurs, Guiffaud au moment où il escaladait le mur du cimetière pour s’échapper. Girard se sauva. Quelque temps après Guiffaud s’évada également de prison où il était détenu. L’argent volé fut retrouvé en grande partie, au pied du calvaire du cimetière.

Par sentence du 31 janvier 1761, de la juridiction seigneuriale de Lorient, Guiffaud, jugé par contumace, fut condamné à être pendu.

1759 19 septembre Délibération de l’assemblée de Communauté de Lorient qui nomme M. Frolo de Kerlivio, conseiller honoraire au présidial de Quimper, subdélégué et ancien maire de Quimper, aux fonctions de Conseil de la dite Communauté aux appointements de 1200 livres par an «  attendu que le secours d’un avocat au conseil éclairé est d’autant plus nécessaire, que la Communauté est toute composée de négociants qui, quoique très versés dans les affaires du commerce, peuvent ignorer les formes et les partis les plus avantageux à prendre dans les discussions qui interviennent ». cette nomination fut approuvée par l’Intendant de Bretagne, lors du voyage qu’il fit à Lorient au mois de janvier 1760.

1759 11 mars La Compagnie des Indes achète de M. de Maupeou 5 journaux de 80 cordes , chaque corde de 24 pieds quarré, de terrain sous lande, faisant partie du fonds de divers convenants au village de Saint-Cédrelin en la paroisse de Kervignac, pour 1500 livres. Le 23 mars suivant, autre acquisition au même lieu, de M. de Govelle de 103 cordes de 24 pieds carrés de terrain sous lande.

La Compagnie acheta ces terrains pour en extraire des terres à briques.

1759 9 octobre. Au même. La Communauté expose que le compte de dépenses de construction du mur d’enceinte de la ville arrêté le premier juin 1751 s’élève à 148 455 livres et que cette dépense a été payée par la ville.

On signale à l’intendant la misère des habitants, et les épidémies de fièvre et dysenterie qui déciment cette population depuis deux mois. La construction et les armements sont suspendus dans le port. Cherté des grains et défaut d’une bonne police sur la boulangerie.

1760

13 janvier Délibération du général de la paroisse de Lorient « ..En laquelle assemblée lecture faite de la lettre de Monseigneur l’Evêque de cet évêché de Vannes adressée à M. Bonnet, marguillier sortant de charge concernant ce qui pouvait y avoir d’argenterie dans cette église à envoyer à la monnaye, – a été dit et délibéré que cette église n’ayant pas son nécessaire en argenterie, il n’y avait rien à envoyer à la monnoye, ladite argenterie ne consistant qu’en une moyenne lampe, un bénitier et son goupillon, deux encensoirs et leurs navettes, quatre petits orceaux avec un plat, deux tasses pour la quête et une clochette pour le transport du Saint-Sacrement… »

En ce moment les églises de France venaient patriotiquement en aide au trésor de l’Etat épuisé par une guerre désastreuse .

1760 9 janvier Lettre de la Communauté de Lorient aux syndics de la Compagnie des Indes à Paris

«  La vente que la Compagnie a indiqué à Paris le quinze de ce mois devient une occasion intéressante à la Communauté pour se rappeler à votre souvenir et pour vous prier, Messieurs, de vouloir la comprendre dans la distribution de l’un pour mille pour les pauvres, droit auquel les adjudications sont assujettis, quoique cette vente ne soit pas faite ici… »

1760 7 mars Lettre de Venerosi-Pesciolini, commandant de l’Isle de Groix, à M. Godeheu d’Igoville, Directeur de la Compagnie des Indes à Lorient «  depuis que les beautemps ont paru nos voisins ordinaires se font apercevoir, il en paraît tous les jours deux tantôt trois mais fort au loin. Hier pourtant vous avez pu apercevoir à la pointe de l’ouest une frégate de 20 canons qui est venue observer ce qui se passait au Portlouis. Cette frégate qui rôde dans ces parages depuis quatre à cinq jours a pris une de nos chaloupes et une de la grand terre, elle a renvoyé la chaloupe de cette isle , et a gardé six de nos matelots avec l’autre. Le capitaine de cette frégate m’a écrit une belle lettre pour que je lui envoye des provisions dont il m’envoye la liste dans sa lettre et qu’il relâchera nos gens et la chaloupe dès qu’il les aura reçues. Vous jugez, très bien, Monsieur, combien nous avons eu égard

à sa missive, cependant ce vilain goinfre nous tient ici fort alertes parce qu’un des gens qu’il a pris a eu la bêtise de lui dire qu’il n’y avait ici que cinquante hommes et des pauvres pêcheurs, ce qui luy pourrait bien lui donner fantaisie de venir chercher quelques-uns de nos moutons, voyant que nous sommes assez impolis pour ne luy en pas envoyer… »

1760 1er mai Lettre du même au même

«  Monsieur, vous voulez bien me permettre de vous témoigner le plaisir que me cause votre heureux retour, on nous avait menacé qu’il ne serait pas sitôt, et je vous avoue que je n’avais pas un médiocre chagrin en mon particulier, car personne, Monsieur, ne vous est plus véritablement et plus sincèrement attaché que je le suis.

Les trois vaisseaux anglais qui croisent sur ces parages depuis quelque temps, mirent hier à la mer trois chaloupes armées qui s’avancèrent jusqu’à l’entrée du port Saint-Nicolas, où nos garde-côtes les ont très bien reçus. On a fusillé de part et d’autre trois quarts d’heure, mais quatre coups de canon de ce poste les ont déterminés à gagner le large avec beaucoup de précipitation nous n’avons eu qu’un canonnier de blessé à la main, mais nos gens prétendent en avoir cru tomber plusieurs des leurs, ce que j’en pense est que le sang répandu n’a pas été considérable de part et d’autre. Notre détachement s’est comporté avec tout plein de bonne volonté ainsi que nos garde-côtes..

Groix le 1er May 1760 Signé Venerosi Pesciolini ;

P.S. On me mande Monsieur que M. le Comte de Balleroi est à Lorient.. »

1760 18 mai Lettre du même au même.

«  Tous les marins de cette isle ont été si enchantés de la manœuvre de la Frégate de la Compagnie qui a été chassée par deux frégates anglaises jusque dans nos couraux, que je ne peux me refuser, Monsieur, la satisfaction de vous en parler. Nous avons été dans la plus grande inquiétude, craignant qu’elle ne put doubler la pointe de l’ouest sans être coupée et de ne pouvoir pas la secourir de notre batterie du Grogno, mais c »est avec la plus grande joye que nous l’avons vu ranger nostre coste, ce qui a fait cesser nos inquiétudes et fort enrager à ce que je pense nos insolents ennemis.

Je ne me connais pas, Monsieur, en manœuvres de mer, mais les Sieurs Guillou et Janot, pilotes de la Compagnie, assurent que celuy qui commande la Frégate française doit être un habile homme.

Je vous aurai, Monsieur, bien de l’obligation si vous vouliez nous dire quelque chose de l’autre petite frégate qui sortit hier avec celle qui est entrée aujourd’hui, qui vous aura appris le convoi qui a esté porté vraisemblablement des vivres aux vaisseaux du Morbian.

Nous vous aurions aussi, Monsieur, beaucoup d’obligation si vous saviez quelque chose de la canonnade du 16, et nous en faire part Signé Venerosi Pesciolini. »

La frégate dont on loue la manoeuvre se nommait la Subtile : elle était commandée par le capitaine Geslin.

1760 1er août Lettre du même au même.

«  Je ne vous diray rien de la manœuvre que Lord Hervey a faite sur ces parages, vous avez été à même de la voir,mais quelque chose qui ne vous est peut-être pas parvenue, c’est la sommation qu’il m’a fait de lui remettre l’Isle et tout ce qui en dépend. Je vous envoye ci-joint la copie et la réponse que je lui ay faite. Ce qu’il y a de certain, c’est que nous étions dans l’intention de le bien recevoir…

Le Lord Hervey est un fort galant homme. Je luy ai demandé un passeport pour une belle sœur qui est ici, il me l’a accordé le plus galamment et de la meilleure grâce du monde. Notre détachement et les garde-côtes ont un peu fatigué pendant les cinq jours que ces vaisseaux ont été mouillés, sans pourtant que cela aye diminué la bonne volonté, surtout ces pauvres garde-côtes dont la plupart n’avait pas de pain…Signé Venerosi-Pesciolini

«  Sommation du Commandant de l’Escadre anglaise au Commandant de l’Isle de Groix :

Afin d’épargner le sang des troupes françaises et des pauvres habitants de l’Isle de Groa et de leur conserver leurs biens et leur liberté, le Commandant de l’escadre anglaise demande :

Que l’Isle de Groa avec toutes ses forteresses soient immédiatement mise en possession des troupes de Sa majesté le Roy de la Grande-Bretagne ;

Que la forteresse de Sainte-Croix soit délivrée immédiatement ; que toutes les compagnies de troupes régulières et celles de la milice immédiatement mettent bas les armes ;

Autrement le commandant de l’escadre anglaise réduira l’Isle avec le feu et l’épée, et dans ce cas les habitants non plus que les troupes ne peuvent espérer aucune grâce.

Le Commandant attend la réponse avant quatre heures après midi, l’armée étant déjà en vue.

Par ordre de Son excellence, le Commandant de l’escadre anglaise. Signé V. Perrot.

Pour Son Excellence le Commandant de l’Isle de Groa.

Réponse

«  Le Commandant des troupes du Roy dans l’Isle de Groa répond au chef de l’Escadre Anglaise qu’avec les troupes qui sont à ses ordres, il est en état de repousser les entreprises que les ennemis du Roy pourraient faire sur cette isle, et nullement dans le cas d’entendre à nulle capitaulation.

Par ordre de Monsieur le Comte de Venerosi-Pesciolini, Commandant de l’Isle de Groix. Signé Duplessix, capitaine au régiment de Pen,thièvre. »

Je n’ai pas trouvé de détails d’une attaque de Groix à la suite de la sommation de Lord Hervey. Mais cette attaque eut lieu sans doute et elle fut sanglante ; car dans une lettre de du Bourcier, Commissaire des guerres au Portlouis, adressée le 3 septembre 1760 au Directeur de la Compagnie des Indes, Godeheu d’Igoville, j’ai lu ce passage significatif

«  J’ai adressé, Monsieur , une gratification de trois louis pour les deux chirurgiens, que vous aviez eu la bonté d’engager lors de l’aventure de Groix… »

Dans le courant de ce mois d’août 1760, le ponton le Philibert fut mouillé devant le Portlouis. A cette époque, les vaisseaux anglais étaient constamment dans les eaux de Groix.

Voisi les notes que j’ai recueillies sur le brave Venerosi-Pesciolini :

Ecuyer Jen-Jacques Venerosi-Pesciolini, de la famille des Comtes d’Estrido, est-il dit sur un acte de la paroisse de Portlouis, était capitaine au régiment d’Eu, infanterie, et Chevalier de Saint-Louis. Il naquit sur la paroisse Saint-Martin de la ville de Marseille, du mariage de Louis et de Marie Le Roy. Les Venerosi-Pesciolini sont italiens d’origine. Etant en garnison au Portlouis, il épousa le 2 juin 1749 Marie-Françoise Catherine des Blottières, fille d’écuyer François-Gilles des Blottières et de Dame Marie Panon, née à l’Isle Bourbon. De ce mariage naquirent un grand nombre d’enfants, garçons et filles. Une de ces dernières, Emmanuelle Marie Germaine Rosalie Venerosi-Pesciolini, le 30 novembre 1791, épousa à Portlouis Augustin Marie-Fidèle Bédel du Tertre qui devint capitaine de vaisseau et mourut à Portlouis en 1837. Madame Lestrohan, de Lorient, était fille de ces époux Bédel du Tertre.

Venerosi Pesciolini mourut à Portlouis. J’ignore ce qu’est devenu sa descendance masculine.

Le nom patrimonial Panon est celui de la famille des Bassyns de Richemont demeurant actuellement au château Talhouet en la commune de Guidel, famille originaire des colonies françaises de l’Inde, dont un membre a fait partie du Sénat de Napoléon Trois.

Note de l’auteur du site Yves Berthelot

J’ai retrouvé mention de cet affrontement du 18 juillet août 1760 dans la Gazette du 19 août 1760

«  Une escadre anglaise composée de deux vaisseaux de ligne et de trois frégates parut le 18 du mois dernier devant l’Isle de Grouais et elle vint mouiller à dix heures du matin dans la rade. Le Lord Hervey, Commandant de cette escadre, envoya aussitôt un officier sommer le Château de Sainte-Croix de se rendre. Cette sommations était accompagnée de la menace de mettre l’isle au pillage et de ne faire aucun quartier aux habitants et à la garnison. Le Comte de Venerosi Pesciolini, commandant pour le Roi dans l’isle et dans le château, répondit qu’il était résolu de se défendre. Sur cette réponse, le Lord Hervey fit avancer dix-huit bâtiments de transport escortés de quelques frégates, qui entrèrent dans la rade le lendemain matin. On fit les dispositions nécessaires pour se bien défendre. Cette contenance en imposa aux anglais, et leur flotte se retira peu de temps après sans tenter aucune attaque. Les cinq vaisseaux de guerre restèrent seulement pendant plusieurs jours devant le fort. Ils tirèrent quelques bordées de canons, auxquelles l’artillerie du fort répondit. On leur a tué quelques hommes dans une de ces chaloupes «  in La gazette, à Paris, du bureau d’adresse aux Galeries du Louvre, vis-à-vis la rue saint-Thomas, le 16 août 1760, avec Privilège du Roi.

Nous avons donc trois approches du même événement, l’une, par échanges de lettres d’un acteur de l’évènement, au ton badin qui sied entre membres de cour, même s’il s’agit d’une affaire où des hommes perdent la vie ; une autre, historique, qui cherche à vérifier le degré d’affrontement entre les deux parties ; et enfin une troisième, journalistique qui tend à exagérer les forces de l’adversaire, tout en ayant une distanciation cynique envers les anglais tués.

1760 Durant la guerre contre les anglais, la Compagnie des Indes à Lorient fit face à toutes les nécessités de la défense de nos costes depuis Belle-Isle jusqu’à Concarneau au moyen de ses propres ressources à défaut de ceux de l’Etat. Les archives de la marine au port de Lorient conservent à ce sujet des pièces intéressantes dont j’ai eu communication en 1866, en voici des extraits.

1760 29 janvier Lettre du Duc d’Aiguillon à M.M. Le Directeur Godeheu d’Igoville à Lorient.

«  J’ay encore recours à vous, Monsieur, pour des affuts et ustensiles d’artillerie qu’il est nécessaire de faire passer promptement à Belle-Isle, et que je ne puis me procurer que dans votre arsenal..

1760 23 février L’Ordonnateur au Portlouis Clairambault adresse au même Directeur , en communication, une lettre de M. de Revert Commandant du Génie, qui pressait l’envoi de matériaux pour l’Isle Hoedic, matériaux demandés à M. Godeheu, ainsi que les moyens de transport : «  J’ai rendu compte à M. le maréchal de Belle-Isle de ces arrangements pour le tranquilliser et calmer l’impatience où il est de voir commencer les ouvrages d’Hoedic, vous jugerez, Monsieur, si je puis faire différer à un autre temps le départ des matériaux, signé du Revert ».

1760 23 mai Le Chevalier de Savaron, Commandant au Portlouis à M. Godeheu «  On ne peut rien de plus complaisant que la façon dont vous vous prêtez à l’indigence de l’artillerie de terre, quand il est question de tirer d’elle des effets qu’elle n’a pas.

1760 1er juin M. Guido, au Portlouis, à M. Godeheu.

«  Nous sommes si dépourvus de tout, que nous n’avons pas un seul pavillon, nous les avons tous distribués aux postes de nos côtés. Je vous serai bien obligé si vous pouvez m’en faire donner une demi douzaine pour tendre Jeudi, jour de la Fête-Dieu.

Guido ajoute : «  Nous n’avons que des malheurs à apprendre, on dit Montréal pris et par conséquent tout le Canada perdu : ce sera plus tant pis pour ceux qui profitaient de vingt millions qui passaient dans les colonies, que pour l’Estat qui est estoit obligé de les fournir : tant que nous nous entendrons si mal à l’administration des colonies, je ne sais s’il ne serait pas plus avantageux pour l’estat de n’en avoir pas du tout… »

1760 9 juin Le chevalier de Savaron à M. Godeheu

«  J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien me prêter un chalan armé dans lequel je puisse embarquer au Portlouis les huit affuts de 36 que la Compagnie a livrés au Roy et les conduire à la batterie du fort de Gâvres. J’espère que vous ne me refuserez pas ce secours, ; il assure la ressource que l’on peut tirer de la position de la batterie de Gâvres que vous savez heureusement placée ».

1760 9 juillet M. le Directeur Godeheu aux Directeurs Généraux à Paris :

«  J’ai l’honneur de vous informer que M. le Duc d’Aiguillon à son dernier passage à L’Orient, il y a environ un mois, ordonna à l’officier d’artillerie qui venait d’y être attaché, de faire les réparations les plus nécessaires aux batteries des remparts de la ville, et qu’il me pria de lui procurer les secours dont il aurait besoin à cet effet, comme saucissons et piquets… »

Durant cette malheureuse guerre, l’entrée et la sortie de Lorient était presque constamment bloqués, les munitions de guerre, canons, bois de construction et pouvaient parvenir en ce port par les voies maritimes.

De la Loire et de la Vilaine, des navires nommés Praines ? Construits ad hoc, et des chasse-marées, parvenaient jusqu’à Vannes, ou à Auray et y déposaient leurs chargements qui étaient ensuite transportés par terre à Lorient ou à Portlouis au moyen des charrois faits par corvées. Les anglais étant presque constamment mouillés dans les eaux de Quiberon, où ils étaient comme chez eux, selon une expression de la correspondance de Godeheu. Leurs vaisseaux naviguant sans cesse dans les eaux de Groix et de Belle-Isle rendaient très périlleuse, sinon complètement impraticable la navigation de nos navires qui avaient à doubler la pointe de Quiberon. Cette époque fut extrêmement désastreuse pour notre pays et Lorient tout particulièrement en ressentait les effets par une extrême misère.

La correspondance d’un négociant de cette ville, M. Delaye contient aussi des détails intéressants, en voici quelques extraits concernant cette période calamiteuse.

1760 28 juillet M. Delaye, négociant à Lorient à M. Seryckman à Nantes :

« …Nous sommes à la veille de voir tomber l’île de Groix au pouvoir des Anglais, puisqu’au moment où je vous écris, cinq vaisseaux de guerre qui y sont mouillés semblent y en attendre de sept autres qui paraissent déjà. Vingt quatre heures décideront du sort de cette île. On est tranquille ici, étant entourés de bonnes troupes, mais qui ne pouvaient servir à défendre l’île en question, notre port étant bloqué. Et si les anglais s’emparent de Groix, rien ne pourra entrer ni sortir d’ici.. »

On sait, par la correspondance de Venerosi-Pescioloni, que les anglais attaquèrent Groix, mais qu’ils furent repoussés par ce brave officier.

Les cinq vaisseaux étaient mouillés à la pointe ouest de Groix et d’après M. Delaye, ils auraient sommé deux fois inutilement cette île de se rendre durant les huit jours qu’ils restèrent à ce mouillage : nous ne connaissons que la sommation dela fin de juillet. Dans cet intervalle toute communication entre Nantes et Lorient par mer fut interrompu. Cependant la navigation au cabotage et au bornage ne fit pas de grandes pertes durant cette guerre : «  Quant aux Anglais, écrivait Delaye le 6 octobre 1760, nous les avons toujours sur les bras, mais malgré cela, je ne sache pas qu’ils aient intercepté aucun de nos chasse-marées.. »

Plus tard , les anglais ayant fait le blocus de Belle-Isle, le port de Lorient fut moins surveillé. Dès le mois de décembre, ils interdirent aux neutres toute communication avec le Morbihan et belle-Isle, entre la Vilaine et Quiberon. Lorient fut moins surveillé par les vaisseaux corsaires dont la présence sur nos côtes suspendait les relations maritimes : et même les communications par terre entre les villes du littoral qui se voyaient exposées aux entreprises de l’ennemi ainsi que le témoigne ce passage d’une lettre écrite par le même, Delaye, qui le 13 avril 1761 écrit à un correspondant de Nantes, M. Dominique Deubroucq : «  Cette marchandise est en route et hors d’ insulte des anglais, desquels nous sommes aussi tranquilles que s’il n’y en avait pas dans nos parages, le pays étant muni de troupes.. »

A la fin de mars 1761, c’est-à-dire au moment de l’équinoxe, les anglais avaient quitté le blocus de Belle-Ile, mais ils reprirent ce blocus dès la première quinzaine d’Avril, d’après une lettre de Delaye à son correspondant de Vannes, le Sieur de Croizier, le 13 avril 1761 : «  Vous avez donc de nouveau les anglais dans les parages. Par lettre qu’on a reçue ce jour, il paraît qu’ils ont déjà reçu un échec devant Belle-Ile. Je vous serai obligé de me donner des nouvelles sur leur territoire.. »

On sait que ce ne fut que le 7 Juin suivant que cette Ile tomba au pouvoir des anglais.

Le commerce étatnt suspendu, les négociants armèrent pour la course. Les négociants de Lorient se firent armateurs de corsaires ; diverses lettres de Delaye en contiennent la preuve.

Le 17 octobre 1760, il annonce à M. Pierre Beauregard à Saint-Malo que son corsaire La Sainte-Thérèse , armé à Lorient, capitaine Fromy, est équipé en rade de Penmané, prêt à prendre la mer.

Ce corsaire prit le large le 29 octobre 1760 et quelques jours après il eut à soutenir contre l’ennemi un combat dans lequel le capitaine Fromy fut tué

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Le Sieur Pelletier, second capitaine, succède à Fromy ; il fut pris par les anglais au mois de février 1761.

Le 3 novembre 1760, Delaye écrit au même : «  Le corsaire de M. Foucault est toujours ici et son capitaine espère de même faire grande fortune.. » Ce corsaire se nommait le D’Igoville, capitaine de la Rondinière : il fut pris trois jours après sa sortie dans le courant du mois de décembre 1760. Ce navire, construit à Lorient, percé à 18 canons, portait en armement 16 canons de 6, dont quatorze de fonte anglaise.

D’autres lettres du négociant Delaye nous apprennent les évènements de Lorient :

1760 19 décembre M. Delaye à M. Ravenel, capitaine au long cours à Bordeaux :

« ..On travaille à force à nos armements pour l’Inde. Ils seront plus considérables que l’on ne croyait. Il ne s’agit pour leur bien-être qu’ils passent, mais il y a tout à craindre puisque nos côtes sont infestées d’ennemis, qui même au moment que je vous écris menacent notre pauvre Belle-Isle. Dieu veuille qu’ils échoient… »

Le même jour, à M. Guillaume Grou, à Nantes :

«  L’escadre anglaise dont vous me faites l’honneur de me parler fait beaucoup de bruit ici et donne des mouvements en conséquence. Ainsi, tout ce qui arrive de chasse-marée, n’importe d’où, on les arrête de suite, pour transporter vivres, ustensiles de guerre et troupes à Belle-Isle. Ce qui prouve que cette forteresse n’est pas munie de tout le nécessaire, confiance par continuation trop grande de notre nation… »

En ce moment M. Rotho était Directeur à Lorient.

1760 22 décembre Le même à M. Le Croizier, à Vannes :

«  Ce commerce ( celui de la morue ) , ainsi que tous autres , ne fait que languir ici. A la vérité, il semble que tout y est contraire. Par surcroît, voilà de nouveaux ordres pour l’embarcation des pacotilles, ce qui met tout le monde au désespoir, bien des gens ayant fait des provisions dont ils ne pourront se défaire.. » Il s’agissait de marchandises particulières embarquées par les officiers et agents embarqués sur l’escadre de la Compagnie des Indes en armement en ce moment à Lorient pour l’Inde.

1760 28 octobre Décès de M. l’abbé Cohalan, recteur de Lorient, âgé de 84 ans.

1760 22 novembre Vente judicielle à l’audience des criées de la Sénéchaussée de Lorient, des études de notaire et procureur dépendant de la faillite de M. René-Maurice Le Coc, pour 33 livres, au Sieur Claude Duchin, sergent de la juridiction.

1760 23 novembre Voir une délibération du Général de la paroisse au sujet d’un Coustitut ? De 1500 livres et du Corps politique de la Congrégation.

1761

5 janvier 5 jenvier M. Delaye, négociant à Lorient, à M. Strugenses ?? frères à Nantes :

«  La seule prise qui nous est venue ici depuis deux mois est un petit bâtiment de 25 à 30 tonneaux venant de C ? dont la capture a été faite par le vaisseau le Vaillant. Je vous conseille de vous adresser à Morlaix et à Saint-Malo où il a été conduit beaucoup de prises. »

1761 9 janvier Lettre du même au Sieur Bartelier à Nantes :

«  J’ai bien reçu ce jour la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le six courant, sur laquelle pour réponse. J’aurai celui de vous dire que le capitaine Lucas de Garay est en cette ville depuis deux jours seulement en personne, son navire étant dans la rivière de la Vilaine, où les anglais l’ont forcé d’entrer, ne voulant pas lui permettre d’entrer à Morbihan ni sous Belle-Isle, pour raisons, à ce qu’il m’a dit, à eux connues. Sur quoi le dit capitaine s’est transporté ici, pour en faire rapport à notre Directeur, comme étant le plus fort intéressé dans les effets qu’il a à bord.

Lequel ( Le Directeur de la Compagnie des Indes probablement ) lui a conseillé, après avoir fait dresser une bonne requête, à s’en retourner, lui alléguant qu’au moyen de cette requête, il pourrait sans crainte aller à bord de l’amiral Hanck ( Hoock ) et lui faire connaître par ailleurs, que son refus pour entrer dans le port qui lui était le plus de convenance lui était des plus préjudiciables et que le procédé à cette occasion était matière à en informer la Cour d’Espagne, d’autant qu’il ignorait si celle d’Angleterre était en guerre avec son monarque.. »

Lucas de Garay était espagnol, en commandant un navire espagnol, en naviguant sous pavillon espagnol.

1761 23 janvier Lettre du même aux Sieurs Lamatasié ?, Latuilière et Compagnie, à Bordeaux.

«  On arme actuellement ici une frégate du Roi nommé l’Améthiste, dont la concession a été faite à Nantes. M. Bertrand de la Closerie du dit lieu, lié avec M.M. Bruneau frères, y est fort intéressé ? Si vous vouliez participer dans cet armement qui se fait par actions, je suis à bien de vous en procurer, et si vous m’en témoignez la moindre envie , je vous développerai pour lors le mystère que je ne puis annoncer que jusque là… »

Bourgeois était l’armateur en nom ; M. Exaudy était chargé de l’armement de ce vaisseau. Le 19 janvier, dans une lettre du même au même, il est question d’un navire, le d’Argenson qui aurait été, comme l’Améthiste, armé en coourse par des actionnaires.

La même société arme la goëlette la Bonite, sous le commandement de M. Labadie.

1761 23 février Le même, à M. Struyckman, à Nantes

«  Il est décidé que la frégate l’Améthiste n’ira pas à Saint-Domingue, à moins que dans la croisière sur la côte de Guinée il n’y fut contraint. C’est M. Bouvet qui le commande, le Bertin, le précédent a pour capitaine M. de Rosbo.. »

1761 30 mars Le même au même

«  Les anglais ont disparu de nos côtes « 

1761 13 avril Le même à Bruneau, à Bordeaux

«  La présente servira pou vous dire que la frégate l’Améthiste qui avait appareillé vendredi dernier pour faire route, a été obligée de rentrer, d’une part à cause du calme et d’autre au voisinage des anglais qu’on suppute être au nombre de 160 voiles, qui forment le blocus de Belle-Isle où ils ont essuyé un échec le huit de ce mois. On prétend qu’ayant débarqué 800 hommes, il n’en a échappé que cinq. Dieu veuille que leur autre entreprise n’ait pas plus de succès, pour faciliter le départ de votre frégate, laquelle à ce que je crains si les anglais ne s’en vont pas, pourra rester ici longtemps.. »

1761 24 avril Le même à Bertrand de la Closerie, à Nantes

«  Vous apprendrez, par ce courrier, de la part de M. Bourgeois, le départ de votre frégate, l’Améthiste, le mardi à quatre heures après midi, avec un vent favorable, et comme il a continué, je me flatte qu’il aura dépassé tout risque de la part de nos ennemis. Et j’ai d’autant lieu de le croire qu’ils n’y auront point fait attention, vu que l’on se dispose dans ces temps aux opérations qui se préparent sur Belle-Isle. Ce que en effet ils ont exécuté, et dont jusqu’à présent nous ignorons les effets de part ni d’autre . Dieu veuille qu’il ait tourné à notre avantage.. »

L’Améthiste sortit de Lorient le 21 avril, l’attaque de Belle-Isle eut lieu le lendemain.

Su dit jour Lettre du même à le Croizier, à Vannes.

«  L’annonce que vous m’avez faite de la paix prochaine paraît dénuée de fondement, puisque vous aurez su comme moi que les anglais qui sont devant Belle-Isle, au lieu de désarmer, ont envoyé du renfort qui paraît avoir influé sur cette Isle, puisque du 22 , jour de la canonnade, quels sont leurs progrès, ou les nôtres, sur quoi les esprits sont bien inquiets.. »

1761 27 avril Lettre du même à François Jaugue, de Nantes

«  Quant à Belle-Isle, nous ne sommes pas plus instruits depuis ce qui s’est passé depuis le 22 que s’il n’y avait pas eu d’action, mais, comme rien ne vient de cette Isle, on craint fort qu’il ne se soit passé des choses à notre désavantage, ce qui met tout le monde en larmes. Nous espérons que dans la journée de demain nous saurons à quoi nous en tenir, une chaloupe devant partir ce soir pour cet endroit. Ce que le patron apportera, je vous en ferai part par ma prochaine « 

«  par le courrier d’hier, nous avons eu la triste nouvelle de la prise du vaisseau le Bertin, ce qui donne une double affliction dans le pays. Si Dieu n’y met pas la main, il faudra renoner au commerce.. »

Dans une lettre précédente, on a vu que le Bertin était commandé par M. de Rosbo.

1761 8 mai Delaye frères négociants à Lorient à Le Croizier, à vannes :

«  Quant à Belle-Isle, la canonnade ne cesse point , elle était bien vive mercredi mais on ignore encore de quel côté aura été l’avantage.. »

1761 11 mai Les mêmes à Dominique Deurbroug, à Nantes

«  Notre port depuis le séjour des anglais à Belle-Isle n’a pas été bloqué, et d’ailleurs il nous est arrivé un hollandais et des espagnols malgré leur séjour… »

1761 5 juin Les mêmes à Bertrand de la Closerie, à Nantes

«  Quant au cabotage, il s’en faut qu’il soit nombreux pour le présent, vu que tout chasse -marée est arrêté pour porter des troupes à Belle-Isle, et depuis un mois, sans aucun fruit. Il reste à savoir quand ces meîtres de Chasse-marées auront leur liberté pour la navigation, ce qu’il y a de certain, M. le Duc d’Aiguillon ne perdra pas un moment pour son affaire… »

Cette affaire était sans doute le ravitaillement de Belle-Isle.

1761 12 juin Les mêmes à M. Struyckman, à Nantes

«  je vous dirai que Belle-Isle n’est plus à nous, la garnison est arrivée hier au soir qui a eu les honneurs de la guerre.. »

La capitulation de Belle-Isle eut lieu le 7 juin 1761.

1761 12 juin Delaye frères à Lorient, à Bertrand de la Closerie à nantes

«  Je n’ai fait encore aucune opération

en assurance pour vous, toute navigation ayant été interrompue par l’embargo qu’on amis tant sur les navires que chasse-marées par rapport à Belle-Isle. Mais comme aujourd’hui cette place importante est au pouvoir de nos ennemis, j’ai lieu de croire que votre projet aura une influence considérable par le concours des assurances. La proximité de nos ennemis ne pouvant que donner de la terreur à ceux qui voudront faire venir des marchandises et dont je pourrai profiter pour l’augmentation de la prime… »

En tous temps on rencontre des gens disposés à tirer profit des malheurs publics.

1761 15 juin Lettre du même au même.

«  je pense cependant que cette affaire ( assurances maritimes ) pourrait avoir lieu sur des navires qui ne sont pas dans le cas d’être molestés, et dorénavant ce seront les Tudi ? qui porteront les marchandises d’ici à Bordeaux et qui en rapporteront d’autres, ainsi que du continent.. »

1761 19 juin Le même à M. Pinard

«  Les évènements que nous voyons nous mettent dans le cas de bien craindre quoique les environs de cette ville ainsi que notre continent soient forcés de troupes. Cette perspective est belle, mais tout ce qu’il y aurait à appréhender serait une fausse attaque, en ce cas je crois que nous pourrions être à plaindre, malgré la bonne résistance » que nous serions dans le cas de faire.. ».

Le souvenir des mauvais commandements et de la déplorable attitude des troupes lors de l’attaque de Lorient par les anglais en 1746, n’était pas fait pour rassurer les lorientais sur les conséquences d’une nouvelle démonstration de l’ennemi contre leur ville.

1761 22 juin Le même, à M. de Kerollain au Croisic

«  La pêche de la sardine va assez bien ici, et par l’abondance qui règne en ce poisson, il paraît que la pêche n’est point interrompue.. »

1761 13 octobre Le même à Teissier fils à ..

«  Nous comptons ici et aux environs dix mille hommes de troupes «

1761 30 octobre Le même à Struyckman à Nantes

«  Jusqu’ici on ignore la destination des vaisseaux que l’on arme.. »

1761 20 janvier Lettre de l’Evêque de Vannes à la Communauté de ville de Lorient au sujet du remplacement de l’aumônier de l’hôpital qui ne vivait pas en bonne intelligence avec les religieuses. On y remarque ce passage : «  J’aurais désiré d’attendre que vous eussiez un recteur afin d’arranger le tout de concert avec lui, mais voyant que M. l’Evêque d’Orléans diffère de nommer sans que l’on puisse deviner la raison… »

Il paraîtrait que l’Evêque d’Orléans, Monseigneur de Jaronte tenait alors la feuille des bénéfices et que des sollicitations et recommandations des prétendants à la cure de Lorient, qui était à la nomination du Roi, rendaient une décision de la part de l’Evêque d’Orléans, très délicate à prendre. On n’a pas oublié , en effet, que le titre d’Abbé commendataire de Rillé était attaché à la Cure de Lorient, et que cette abbaye procurait au titulaire un revenu important. On verra bientôt le successeur de l’abbé Cohalan résigner ses fonctions curiales pour conserver l’abbaye de Rillé, peut-être par un accord tacite entre lui et l’Evêque d’Orléans qui trouva ainsi moyen de faire deux heureux en détachant l’abbaye de la cure de Lorient.

( L’abbé de Jarento, Evêque d’Orléans, était effectivement chargé de la feuille des bénéfices, office équivalent sous certains rapports au Ministère des cultes actuels ).

1761 16 juillet Délibération en vertu de laquelle M.M. De saint-Pierre et Guillois sont chargés de s’entendre avec les officiers du Duc d’Aiguillon sur les mesures à prendre pour recevoir et loger à l’hôtel de ville le Duc d’Aiguillon à son prochain voyage à Lorient. Le maire est prié de meubler convenablement l’hôtel de ville.

Le même jour l’Assemblée de Communauté désapprouve deux plans présentés par M. de Saint-Pierre relatifs à la construction d’un portail et d’une tour à l’église Saint-Louis. L’un de ces plans mettait ces constructions parallèle, ou dans l’alignement du mur du cimetière, en face de la place Dauphine , et l’autre formait corps avancé de quinze pieds sur cette même place. Ces projets furent rejetés «  attendu qu’ils seraient préjudiciables au public, masqueraient les rues des halles et de Bourgogne qui aboutissaient à la place Dauphine et diminueraient cette place déjà trop étroite pour la multitude des marchands qui y étalent.. »

Le 8 mais 1762 M. de Saint-Pierre présente de nouveaux plans d’agrandissement et d’embellissement de l’église : ils sont encore rejetés par le motif qu’il était préférable pour agrandir l’église de créer des bas-côtés que de construire un portail et une tour.

1761 9 septembre Lettre de M. Berryer Ministre secrétaire d’ Etat de la Marine à M. Rotho Directeur de la Compagnie des Indes à Lorient :

«  M. Hocquart ( Intendant de la Marine à Brest ) m’a mandé, Monsieur, qu’il cous avait dépêché un exprès pour vous prier de faire transporter par terre du Portlouis à Portlaunay, les seize canons du calibre de dix-huit que l’on doit débarquer du vaisseau le Sage pour les destiner à la seconde batterie du vaisseau le Diadème, l’un des principaux vaisseaux de l’escadre que l’on arme actuellement à Brest.. »

Le blocus très étroit de nos côtes par les escadres anglaises obligeait d’approvisionner par terre les arsenaux maritimes de Lorient et de Brest. La Compagnie des Indes et la Marine royale avaient des agents spéciaux à Nantes et à Redon qui y chargeaient des chasse-marées et des barques du matériel à destination de ces deux arsenaux ; mais ces navires qui pouvaient descendre la Loire et la Vilaine et suivre les côtes qui leur offraient de nombreux abris, ne pouvaient doubler la pointe de Quiberon où les anglais mouillaient leurs vaisseaux et qui occupaient cette presqu’île où ils se tenaient comme chez eux depuis que Belle-Isle était tombée en leur pouvoir.

Ainsi les bois de construction, chanvre canons, munitions chargés à Redon ou à Nantes , débarqués à Vannes ou à Auray étaient de là transportés sur des charettes à Lorient. Ces difficultés de communication entre Nantes, Redon, Lorient et Brest en temps de guerre maritime a dû faire naître la première idée d’une canalisation de la presqu’île bretonne.

Voici une nouvelle lettre qui traite de cette question du transport par terre.

Le Duc de Choiseul à M. Rothe ( Ecuyer François de Rothe, Directeur et Commandant au port de Lorient, et Dame Jeanne-Anne Bay son épouse) :

«  A Versailles le 13 avril 1762. Vous êtes sans doute informé, Monsieur, des mesures qui ont été prises pour faire passer de Nantes à Brest les bois dont on a besoin en ce port pour les constructions, refontes et radoubs que l’on doit y entreprendre. Tous ces ouvrages ne pouvant être continués qu’autant qu’on aura les bois que l’on doit y employer , j’ay ordonné qu’on destinât au transport de ces bois tant les gabarres du Roy que celles de Ruis et les chasse-marées dont on pourra disposer ; mais sur ce que j’ay reconnu depuis qu’un pareil transport ne pouvait être entrepris dans cette saison qu’avec beaucoup de risques j’ay pris le parti de ne faire transporter les bois par mer que depuis d’Auray jusqu’à Chateaulin où on les enverra prendre par des gabarres du Roy pour les faire passer à Brest ..signé Le Duc de Choiseul ».

Dans ces circonstances les ministres correspondaient directement avec le Directeur de la Compagnie des Indes à Lorient. Pendant son administration, le Directeur, M. Rothe, déploya une activité et montra une capacité qui lui méritèrent les éloges de tout le monde et particulièrement ceux du Duc d’Aiguillon et du Ministre de Choiseul. Une lettre de ce dernier en fournit la preuve «  Marly 7 juin 1761. M.le Duc d’Aiguillon ne m’a pas laissé ignorer, Monsieur, de l’utilité dont vous lui avez été depuis que les ennemis ont formé le projet de s’emparer de Belle-Isle. Je sais que vous avez été au devant de tout ce qui pouvait concourir de votre part au succès des différents projets qu’on a formés pour faire passer des secours dans cette isle ; j’en ai rendu compte au Roy , et Sa Majesté m’a paru très satisfaite de votre zèle, ainsi que de la conduite qu’ont tenue dans cette occasion les officiers de la Compagnie.. »

1761 24 septembre «  Nous soussignés M.M. Arnous frères négociants à Lorient, promettons et nous nous obligeons de livrer à M. Rothe , Directeur de la Compagnie des Indes, Commandant le port, pour le 25 octobre prochain douze chaloupes canonnières, sur le plan et devis de M. Grognard, constructeur en ce port, de 7 pieds de longueur sur 16 pieds de largeur, portant deux canons de 24 livres de balle en avant, et mit de même calibre en arrière , pour qu’il nous sera payé six mille cinq cents livres pour chaque chaloupe… Plus nous nous obligeons aussi de fournir 24 bateaux plats, tels que ceux bâtis à Auray, de sept cents livres chacun.

A Lorient le 24 septembre 1762, signé R. Arnous frères et Rothe

Ces bateaux plats construits pour le compte du Roi étaient destinés à transporter le long des côtes le matériel naval, et les canonnières étaient destinées à protéger les bateaux plats contre les entreprises des anglais. Les frères Arnous construisirent 22 chaloupes canonnières, leur chantier étant situé au Blanc depuis quelques années. Un précédent marché de ces chaloupes avait été passé en vue de secourir Belle-Isle. Cette Isle était tombée au pouvoir des anglais le 7 juin 1761, Arnous frères furent invités à suspendre leurs travaux, mais cette interruption fut de courte durée, et dès le mois de juillet suivant, ils commencèrent leurs livraisons de chaloupes qui furent terminées le courant de novembre suivant. A cette époque le gouvernement forma le projet de diriger sur Rochefort un convoi de chasse-marées et bateaux plats chargés de munitions. Ce fait est constaté par cet extrait d’une dépêche confidentielle adressée par les Directeurs de la Compagnie des Indes à Paris au Directeur Rothe à Lorient, le 16 décembre 1761 :

«  L’autre lettre a pour objet de pourvoir par les magasins de Lorient aux grééments et à l’armement des chaloupes canonnières qui doivent escorter un convoi de chasse-marées et autres bâtiments de transport que le Roi veut faire passer du Portlouis à Rochefort… »

Alors comme sous Louis XIV Lorient secourut puissamment les arsenaux de Brest, de Rochefort. C’est un fait que ne doivent pas perdre de vue les personnes irréfléchies qui parlent de supprimer l’arsenal de Lorient.

1762

15 janvier M. Delaye négociant à Lorient à Zweighauser négociant à ..

Je crois bien qu’on s’en ressent chez vous comme ici de la tempête qu’il y a eu dans la nuit du lundi au mardi. Je souhaite que vos côtes aient été plus épargnées que les nôtres. Suivant les rapports qui ont été faits, trois navires hollandais y ont subi le naufrage et un bâtiment anglais étant vis-à-vis de Groix y a échoué et le capitaine et l’équipage s’est rendu prisonnier de guerre.. »

1762 24 janvier Le même à de la Closerie à Nantes

«  Nos vaisseaux pour l’Inde, malgré le vent favorable n’ont point été mis en mer, rapport à plusieurs vaisseaux anglais qui sont aux environs de Groix. S’ils continnuent à faire cette maneouvre, je ne sais que penser de cette expédition… »

Ces vaisseaux ne purent sortir que le 1er et 2 février 1762.

1762 20 janvier Délibération de l’assemblée de la Communauté de Lorient relative à l’établissement de fontaines publliques.

«  M. l’Avocat du Roi ( Ferrand ) a remontré que Monseigneur le Duc d’Aiguillon voulant faire ressentir à la ville des effets du séjour dont il l’honore, a eu la bonté de s’informer de ce qui pouvait être proposé de plus avantageux. Et sur le compte qui lui a été rendu, il a jugé que votre premier soin M.M. Devait être de vous procurer des eaux et fontaines publiques.

La nécessité d’avoir des fontaines dans l’intérieur de la ville se fait sentir tous les jours de plus en plus. Il n’est permis qu’à peu de personnes d’en aller prendre au port à des heures régléess. Les inconvénients d’y laisser entrer librement le peuple n’ont pas permis aux directeurs d’accorder cette permission indistinctement. Les fontaines de la ville sont éloignées, ne suffisent point en été. La garnison passe jusqu’à trois bataillons et qui l’a été l’automne dernier jusqu’à quatre, ne savait où prendre de l’eau. Ce n’était qu’au moyen de corvées qu’elle s’en est procurée.

Les fontaines établies dans l’intérieur de la ville lèveraient ces difficultés. La fermeture des portes n’ôterait plus à l’habitant la seule ressource qu’il ait lorsqu’il ne s’est point approvisionné d’eau pendant le jour.

Monseigneur le Duc en a fait rechercher les moyens et la possibilité par le Sieur Mangin , ingénieur de sa province, lequel a donné le mémoire que le remontrant remet sur le bureau et sur lequel il vous prie de délibérer. Il ne doit pas vous dissimuler que Monseigneur le Duc d’Aiguillon a laissé entrevoir son désir que vous renonciez aux anciens projets d’obtenir un passage à des eaux qui passent sous la ville pour se rendre dans l’enceinte de la Compagnie, vu les inconvénients qui s’y rencontrent et que vous préfériez de faire une dépenses un peu plus forte pour vous assurer des eaux privatives et sur la jouissance desquelles vous ne seriez ni troublés ni interrompus.

La Communauté pénétrée des bontés de Monseigneur le Duc d’Aiguillon, ne pouvant marquer sa reconnaissance que par son empressement à saisir les vues utiles qu’il veut bien lui inspirer et délibéré que le mémoire du Sieur Mangin sera envoyé incessamment avec la présente à M. Védier, Subdélégué général en l’absence de Monsieur l’Intendant, en le priant d’autoriser la Communauté à commencer les ouvrages proposés dès l’été prochain, sur les plans et devis donnés par le dit Sieur Mangin, par économie ou autrement, ainsi que Monsieur Védier le prescrira. »

L’ingénieur Mangin présenta à la même époque un mémoire sur l’état du port de commerce et les travaux à y exécuter. Entre autres travaux, il demandait le rétablissement du moulin et de la Chaussée du Faouëdic qui avaient été détruits et coupés par les ingénieurs du Roi pour la défense de la place et dont il croyait le rétablissement nécessaire pour obvier à l’encombrement du port de commerce par les vases.

Les projets de l’ingénieur Mangin n’eurent d’autre résultat que de suspendre pour longtemps l’exécution des plans dressés par M. de Saint-Pierre pour les mêmes travaux et qui avaient antérieurement reçu l’approbation de l’Intendant de Bretagne.

1762 23 janvier Délibération de l’assemblée de la Communauté de ville de Lorient concernant les terrains vases du sud de la ville.

La propriété de ces terrains était revendiquée à la fois par la Compagnie des Indes et par le Prince de Guéméné. Cette situation indécise depuis longtemps rendait impossible toute solution au point e vue de nombreuses demandes de concession formées par la ville de Lorient depuis 1740. Le besoin de ces terrains pour la ville était devenu plus urgent depuis l’interdiction récente par la Compagnie des Indes de l’entrée de son arsenal aux vaisseaux de commerce des particuliers qui étaient obligés de charger et décharger leurs navires en pleine rade.

1762 27 janvier Lettre de M. Rothe , Directeur à Lorient, aux syndics et directeurs de la Compagnie des Indes à Paris. :

«  M. le Duc d’Aiguillon s’occupe depuis quelque temps ici Messieurs d’objets pour l’utilité et la décoration de la ville de Lorient. Il a fait venir pour cet effet un ingénieur entendu, et on a commencé par examiner les moyens de faire venir l’eau à la ville, qu’elle avait négligé de se procurer jusqu’à présent, se servant de celle du port et d’une fontaine en dehors des fortifications de la ville . On s’est fixé à une source autre que celles d’où la Compagnie tire son eau, mais ce sera un ouvrage de longue haleine et dispendieux.

L’autre objet qui paraît occuper instamment Monseigneur le Duc et la Communauté, c’est la construction des quais de la ville, mais comme le terrain destiné pour leur emplacement appartient à la Compagnie, cette communauté, M.le Duc en fait dresser un plan pour l’établissement des dits quais ; lesquels sont tracés depuis l’extrémité de la cale Ory jusques à celle des remparts, qui donnent sur les vases, à peu près de la même manière que la Compagnie les a fait tracer avant qu’on eut construit les deux cales qui y on été faites pour la Communauté de la ville. M. le Duc dans son plan propose de faire planter entre les maisons faites et les quais à faire des allées d’arbres pour servir d’ornement et de promenade.

La Communauté de la ville est tenue en conséquence de ce projet, de me remettre la délibération qu’elle a prise à son sujet, et celles qu’elle avait cy-devant formées sur la mesme matière, en priant de les adresser à la Compagnie et d’y employer mes bons offices pour l’engager à céder des vases pour l’établissement de leurs quais. Monseigneur le Duc d’Aiguillon qui m’en a parlé hier m’en pria également. Comme je n’estais pas instruit de ce qui s’était passé entre la Compagnie et la Communauté au sujet de cette matière, j’ai prié M.M. de Saint-Pierre et Guillois de me donner par écrit leur pensée à et égard ; j’ai l’honneur de vous la remettre cy-jointe

La Compagnie peut se rappeler qu’elle n’a pas fait de concession de terrain pour les quais et cales qui leur sont faits ; elle a toléré seulement ; et la Communauté se serait sans doute prévalu avec cela de de l’Arrêt du Conseil qui permet à la ville l’édification de quays, lesquels doivent avoir douze toises de largeur. J’ai demandé à cette Communauté avec quoi elle prétendait faire cette nouvelle dépense , puisqu’elle n’est pas pour le présent en état de rembourser la Compagnie ni en principal, ni en intérêt, la somme qu’elle lui doit. J’ai fait la même objection à Monseigneur le Duc d’Aiguillon à quoi il m’a répondu, ainsi que ladite Communauté, qu’il allait lui procurer la permission de faire un emprunt d’environ cinquante mille écus, et qu’elle trouverait des arrangements pour en payer les intérêts ainsi que ceux qu’elle doit à la Compagnie.

«  Lorsque la Compagnie aura fait des réflexions sur le contenu de cette lettre, et les pièces qui y sont joints, je la prie de me faire répondre de manière à la faire voir à Monseigneur le Duc d’Aiguillon qui me paraît avoir pour le présent l’exécution de ces objets fort à cœur. »

La Compagnie paraît avoir demandé au Directeur Rothe un mémoire plus étendusur ces diverses questions ; du moins un extrait de mémoire y relatif adressé à Paris dans le même temps se réfère à la lettre qui précède.

D’après une note jointe à la lettre du 29 janvier 1762, il paraîtrait que dans les intentions de la Compagnie des Indes, les terrains conquis sur la mer pour l’établissement des quais du port de commerce devaient être concédés aux officiers de vaisseau de la Compagnie obligés de résider à Lorient, ou destinés à la construction de nouveaux magasins.

Voici le mémoire adressé aux syndics et Directeurs de la Compagnie par M. Rothe, dans lequel ce Directeur entre dans des développements qui manquaient à sa lettre du 27 janvier 172 :

«  Mémoire des demandes faites à la Compagnie des Indes par la Communauté de Lorient sous les auspices de Monseigneur le Duc D’aiguillon.

Monseigneur le Duc d’Aiguillon , particulièrement instruit par les officiers municipaux de Lorient de leurs résolutions sur différents objets, les a honorés des promesses réitérées de sa protection, et leur a enjoint de dresser des mémoires sur les diverses choses qu’ils désiraient obtenir, consistant en substance :

1 Dans la liberté du commerce et transport des toiles de Bretagne

2 Dans le privilège du commerce de l’Amérique à l’instar des autres ports qui en jouissaient

3 De procurer dans la ville plusieurs fontaines d’eau bonne à boire

4 De faire autoriser la Communauté à continuer les constructions des quais, cales et pavés le long des ruisseaux de la ville

5 De faire ordonner l’augmentation d’un à deux bacs au passage Saint-Christophe, afin qu’il y ait toujours deux allant et venant, et de faire faire par la Compagnie les ouvrages nécessaires aux deux cales et abords du même passage.

Le premier mémoire aux égards cy-dessous dont on ait eu connaissance fut présenté à Monseigneur le Duc d’Aiguillon et communiqué le six octobre 1761 à M.M. De Beaumont et Villevault, commissaires du Roi, alors à Lorient pour avoir leur avis.

Il fut répondu sur le premier et 2e article qu’il était à désirer que Monseigneur le Duc d’Aiguillon fit accorder à la Communauté les privilèges de commerce qu’elle demandait. Sur le 3e article, que la Compagnie des Indes n’a pas cessé de donner dans tous les temps des témoignages de son affection pour le bien de la ville et notamment dans les négociations faites sous ses ordres auprès de M. du Faouëdic afin d’obtenir de lui la vente d’un terrain propre à former un réservoir dans la ville, pour ensuite lui céder une certaine quantité d’eau, mais que les circonstances ne lui permettaient pas de s’en occuper dans ce moment.

Sur l’article quatre que la continuation des quais et pavés ne paraissaient pas praticables dans l’état actuel, attendu l’épuisement total de la caisse de la ville et les sommes considérables qu’elle restait devoir à la Compagnie des Indes.

Sur l’article cinq, que l’intention de la Compagnie en faisant rassembler et acquérir à grands frais les portions subdivisées de la propriété des droits de passage Saint-Christophe, a toujours eu pour principe de procurer à l’avenir des facilités et sûretés plus grandes au public, et que dans cette même vue elle s’occupait encore des moyens d’y parvenir, en attendant que sa possession soit confirmée par un arrêt du Conseil ..

Observations particulières sur l’article des vases dont on vient de parler :

Indépendamment des raisons qui justifient l’impossibilité où se trouve la Compagnie de rétrocéder les vases à la Communauté en supposant qu’il fut possible à la Compagnie de s’en dessaisir en faveur de la Communauté, elle ne pourrait le faire sans qu’aussitôt la maison de Guéméné intervint à titre de réclamation fondé sur son droit incontestable de suzeraineté et inféodation envers le Roi…La Communauté ne s’occupant que des moyens de parvenir à ses fins, n’est nullement instruite de ses vrais intérêts, ainsi qu’on le voit démontrer à la Compagnie.

Feu M. de Revet, Ingénieur du Roy ayant en ordre de la Cour de former un projet de fortifications pour Lorient, le rédigea avant de partir pour l’armée. Il détermina entre autres choses que «  dès que le quai de la ville serait à sa perfection, il servirait de base pour y élever au-dessus un autre mur de 50 à 60 pieds de hauteur, lequel serait revêtu en dedans d’un rempart terrassé avec des banquettes et talus, afin de mettre la ville, entièrement ouverte dans cette partie, à couvert de l’artillerie que l’ennemi pouvait avantageusement placer sur les hauteurs de Kernel.

Or, soit que ce projet ait lieu, ou que laissant en dedans du quai un espace de dix à douze toises de largeur, pour ensuite y ériger un mur de rempart indispensable dont on vient de parler, il est indubitable que l’un ou l’autre projet absorbera presque tout le terrain du dedans , de sorte que quand il serait praticable que la Compagnie cédât actuellement ces terrains à la ville, il ne resterait à la Communauté que le regret de s’être chimériquement abusée, et d’avoir consumé dans les travaux du quai des sommes qu’elle aurait pu employer plus efficacement ailleurs. Il est fâcheux que la Compagnie se trouve dans le cas de ne pas paraître instruite de ce qu’on vient de lui exposer, puis qu’on ne l’a appris que comme tenu secret, puisque dans cette circonstance la Compagnie en aurait peut-être fait usage dans le compte qu’elle doit rendre à M. le Contrôleur Général, concernant la lettre que lui a écrite Monseigneur le Duc d’Aiguillon. »

Ce mémoire secret n’est pas signé.

Ainsi, la raison pour laquelle la Compagnie ne voulait prendre aucune décision définitive dans la question de concession des terrains vases à la ville de Lorient, c’était la connaissance secrète qu’elle avait des projets de l’Ingénieur du Revert.

On verra dans la suite les difficultés surgir, lorsque la ville aura enfin obtenu la concession tant sollicitée, et qu’elle voudra vendre à des particuliers une partie de ces terrains à charge d’y construire des maisons. Sera-ce encore le projet secret de M. de Revert qui sera cause de ces difficultés multipliées ? On serait tenté de répondre affirmativement.

1762 10 février Délibération des Directeurs du Conseil Supérieur de la Compagnie des Indes, portant établissement à Lorient d’un dépôt de tous les journaux , cartes et plans relatifs à la navigation des vaisseaux de la Compagnie et nomination du Sieur d’Après de Manevillette aux fonctions de Directeur de ce dépôt, sous les ordres du Directeur de la Compagnie.

C’est l’origine du dépôt des cartes et plans de la marine qui existe à Paris, où il fut transféré de Lorient vers 1785.

D’Après de Manevillette , originaire du Havre était un ancien commandant de vaisseau de la Compagnie des Indes. Il avait publié des ouvrages de navigation, notamment le Neptune oriental, très estimé en ce temps.

Il demeura Directeur du dépôt des cartes et plans jusqu’à la suppression de la Compagnie des Indes en 1770. Licencié avec une pension de 600 livres outre celle de 500 livres en qualité de capitaine de vaisseau, ce savant vécut à Lorient jusqu’en 1780 où il mourut le premier mars. D’Après de Manevillette fut inhumé dans l’église Saint-Louis de Lorient.

La bibliothèque de la Marine de Lorient ne possède aucun des nombreux ouvrages de d’Après de Manevillette. Des travaux d’hydrographie plus récents ont constaté de nombreuses erreurs dans les ouvrages de cet auteur, notamment dans son fameux Neptune Oriental ( voir l’article Rochon, Biographie Bretonne de M. Levot).

1762 21 février Sur les réclamations de M. l’Olivier de Tronjoly , recteur de Lorient, le Général de la Paroisse accordre une subvention annuelle de 800 livres au recteur à défaut de presbytère. L’Olivier de Tronjoly n’avait pas succédé immédiatement à M. Cohalan ; celui-ci avait eu comme successeur Du Laurent.

1762 11 mai M. Etienne Perault, maire et président de l’assemblée de la Communauté de Lorient expose que sa santé ne lui permettait plus de faire les fonctions de maire qu’il exerce depuis près de vingt ans, sans discontinuation, et pour l’assemblée, de nommer l’un de ses membres pour faire le service de maire jusqu’à ce que la Compagnie des Indes y ait pourvu.

Le cinq juin suivant, de la Freté, lieutenant de maire dépose également sa démission entre les mains de M. Rothe, Directeur de la Compagnie des Indes.

Pérault fut remplacé par M. Jean-Michel Ferrand qui fut nommé à ces fonctions par lettres patentes du Roi du 23 juin 1762. Le même jour, Michel Carbonnier fut nommé Lieutenant de Maire et Yves Foucaud avocat du Roi. La tête de l’administration de la ville fut donc entièrement renouvelée au mois de juin 1762.

1762 23 juin Lettres patentes accordées par le Roi à Jean-Michel Ferrand nommé aux offices de Conseiller Maire, ancien mitriennal et Alternatif mitriennal de la ville et Communauté de Lorient, sur la présentation et la procuration des syndics et des Directeurs de la Compagnie des Indes, propriétaires de ces charges suivant arrêt du Conseil du Roi du 9 août 1735.

1762 8 juillet M.M. Pérault, ancien maire, et Ferrand, maire, furent chargés par la Communauté de ville d’inviter le Duc d’Aiguillon à un dîner à l’hôtel de ville.

Ce banquet officiel eut lieu le 12 juillet suivant, jours de l’installation du nouveau maire, M. Ferrand. Les frais de ce festin s’élevèrent à 1404 livre.

C’était dans un temps où la ville était écrasée de dettes dont elle ne payait même pas les intérêts, et où les dépenses extraordinaires qu’elle était tenue de supporter furent des plus considérables. Ainsi, le séjour à Lorient du Duc d’Aiguillon, qui était logé à l’hôtel de ville, coûta à la ville de Lorient 7272 livres, outre 534 livres qui furent payées à divers fripiers pour location de meubles et ustensiles nécessaires pour garnir l’hôtel de ville.

Le Duc d’Aiguillon quitta Lorient le 14 juillet après un séjour de près de onze mois. Dès le 12 juillet 1761 l’Intendant de Bretagne avait invité la Communauté à prendre des mesures pour traiter convenablement le Gouverneur Général de la Province :

«  Vous ferez très bien, Messieurs, de préparer votre hôtel de ville de manière que M. le Duc d’Aiguillon y soit logé convenablement et commodément. J’approuverai sans difficulté toute la dépense que vous ferez à cette occasion.. »

Le Marquis de Broc qui avait la qualité de Commandant militaire de Lorient logeait également à l’hôtel de ville. Le Duc d’Aiguillon vint établir à Lorient son quartier général le 23 août 1761, ainsi que lui, ses officiers furent logés aux frais de la ville.

Pendant le séjour du Duc, il paraît qu’on fit à Lorient certains préparatifs pour une expédition maritime dont fut chargé un officier de vaisseau du nom de Gautier. C’est du moins ce qui résulterait d’une lettre de la Communauté à l’Intendant de Bretagne du 15 décembre 1762 :

«  La veuve Violette, hôtesse de M. Gautier, officier des vaisseaux et chargé par M. le Duc d’Aiguillon de l’expédition projetée à Lorient, m’a remis le billet de logement de cet officier. Il y a demeuré du 29 septembre 1761 jusqu’au 2 décembre 1762. Ce fait 14 mois 4 jours à 24 livres, soit 336 livres… »

Dans une lettre au même, du 3 février 1764, il est encore fait mention de cet armement projeté :

«  J’ai l’honneur de vous remettre délibération prise par la Communauté de Lorient pour faire payer au Sieur Keranflec la somme de 270 livres qu’il a avancées pour le bois à l’usage de la Communauté dans les années 1762 à 1763. Le roi faisant vendre le bois destiné pour l’armement projeté , la Communauté crut qu’il fallait profiter de ce moment pour avoir à 11 livres 5 sols ce qui lui coûtait 13 livres.. »

Il s’agissait peut-être d’une expédition préparée pour le Canada. On sait que ce fut à cette époque que cette colonie tomba aux mains des anglais ( Paix 1762-1763 Paris ).

1762 27 juillet Sur la proposition de M. Foucaud, avocat du Roi, l’assemblée de Communauté, reconnaissante des longs services de M. Perrault, son ancien maire, députe vers lui M.M Carbonet, Foucauld et Barbarin pour le prier de consentir à se laisser portraire, et lui faire les plus vives instances pour qu’il continue d’assister à ses cérémonies et assemblées.

Ce portrait du premier maire de Lorient fut fait par un peintre de passage en cette ville et coûta 538 livres.

Plus tard la Communauté s’adressa au Conseil du Roi pour être autorisée à faire faire à l’avenir, à ses frais, les portraits de tous ses maires : «  Elle pensait que ces portraits placés dans la grande salle lui épargnerait la dépense de tapisseries ou diverses boiseries et l’orneraient beaucoup mieux ( lettre à l’intendant de Bretagne 11 avril 1764). Mais le Conseil rejeta cette demande et la ville ne put faire approuver la dépense du portrait d’Etienne Perrault fait sans autorisation préalable.

1762 8 août Par suite de la création de deux places de chantres ecclésiastiques à la paroisse de Lorient par délibération du général de cette paroisse du 18 avril précédent, approuvée par l’Evêque de Vannes, le général de la paroisse approuve la nomination faire par le recteur de M.M. D’Albois et Viayas, prêtres, aux dites fonctions. Ces nouveaux venus avaient les mêmes prérogatives et remplissaient les mêmes fonctions que les autres prêtres de la paroisse. Par une nouvelle délibération du général de la paroisse du 5 avril 1767, le nombre des chantres ecclésiastiques fur élevé à quatre.

Le même jour 8 août 1762 , le général de la paroisse autorisa le Sieur Cordé , marguillier à creuser un charnier dans le cimetière pour y enterrer.

1762 16 août La Communauté accorde au Maire, M. Ferrand, l’autorisation d’habiter l’hôtel de ville. EN ce moment, M. de Kerlivio, Conseil de la Communauté habitait l’hôtel de ville; mais pour faire place au maire, il consentit à quitter l’hôtel de ville moyennant une indemnité annuelle de logement de 600 livres que la Communauté consentit à lui payer le 19 octobre 1762.

1762 20 septembre Lettre du gouverneur de l’Isle Maurice au Directeur de la Compagnie des Indes à Lorient.

«  J’ai prévenu, Monsieur, la demande que vous me faites par votre lettre secrète du 17 mars, en renvoyant en France l’année dernière l’abbé Fitzgerald, l’abbé Botterel, l’abbé Malony et et le Père Cansazan passés par le vaisseau de cette expédition. Ces aumôniers ont mené ici une vie trop peu édifiante pour qu’il convienne de les employer sur les vaisseaux de la Compagnie des Indes. Si à l’avenir je découvre de mauvais sujets, je ne manquerai pas de vous les renvoyer avec une note afin que vous puissiez les exclure du service ( sur un extrait signé Fornier ).

Ces ecclésiastiques ne furent pas les seuls qui furent l’objet de mesures sévères par suite de leur conduite scandaleuse, en voici une nouvelle preuve tirée d’une note adressée au nom du Directeur de Lorient au capitaine de vaisseau Dufäy de la Branchère qui armait au commencement de 1765 le vaisseau de la Compagnie la Paix à destination de Moka.

«  M. d ela Vigne Buisson me charge, Monsieur, de vous prier de vouloir bien me dire si vous acceptez pour aumônier le Révérend Père Sellarony qui m’a dit vous avoir vu Signé Fornier »

réponse écrite au pied de la note :

«  Je n’accepte pas le paire ( sic) Sellarony à moins qu’il fut seul dans le monde. Je crois qu’il est aussi connu de vous que du public signé Dufay de la Branchère. »

Une correspondance dort suivie entre le Directeur de la Compagnie à Lorient et l’Evêque de Vannes, au sujet des aumôniers prouve la difficulté où l’on était de procurer de bons ecclésiastiques. Des plaintes fréquentes parvenaient tant à cet évêque qu’à l’Archevêché de Paris dans la juridiction duquel était placé le service religieux dans les colonies. Dans une lettre du treize mars 1762, l’Evêque de Vannes s’exprime ainsi : «  Je connais trop le Sieur Le Roch, Monsieur, pour lui donner des pouvoirs et vous conseiller de l’employer…( Archives de la Marine à Lorient )

Le clergé de cette époque était loin de ressembler à celui de nos jours.

1762 18 décembre M. Foucault avocat du Toi expose à l’assemblée de Communauté que Demoiselle Lorient de Montigny, filleule de la ville et de M. Pontcarré de Viarmes , ci-devant Intendant de Bretagne vient de mourir.

La Communauté décide qu’elle fera les frais d’un service solennel en l’église paroissiale Saint-Louis le jeudi 23 décembre. La dépense de cette cérémonie funèbre s’éleva à 247 livres. Jeanne-Louise L’Orient de Montigny mourut à Lorient le 17 décembre 1762.

1762 23 décembre L’Assemblée de Communauté de Lorient décide qu’à partir du lundi 27 décembre 1762 une des grandes salles de l’hôtel de ville sera ouverte journellement depuis dix heures du matin jusqu’à midi et mise à la disposition de tous les négociants, marchands, gens d’affaires et autres pour y traiter de leurs affaires.

Qu’à l’égard des voituriers, matelots, banliers, portefaix et autres gens de peine, comme la salle aurait peine à contenir tant de monde, et qu’ils ne serviraient qu’à y interrompre, ils ne pourront s’assembler que dans la cour ou dans le vestibule de l’hôtel de ville.

De 1750 à 1762 17 militaires de la garnison de Lorient furent passés par les armes, c’est-à-dire fusillés pour divers crimes contre les lois militaires : 1 en 1750, 1 en 1751, 3 en 1753 ; 2 en 1754 ; 2 en 1755 ; 1 en 1756 ; 2 en 1758 ; 3 en 1759 ; et deux en 1762

1762 23 décembre Le Guével, notaire à Lorient. Contrat de vente par M. et Mme du Bouëtiez, au général de la paroisse de Lorient, d’un terrain situé près des remparts dans l’enceinte de la ville de Lorient, pour y établir un cimetière.

1763

22 février Décision de l’Assemblée de la Communauté de Lorient portant qu’il sera placé dans toutes les rues de la ville des écriteaux pour en indiquer les noms. Cette décision fur approuvée par l’Intendant de Bretagne le 13 mars 1763.

1763 14 mai. La Communauté de ville de Lorient décide que le grand corps de logis de l’hôtel-Dieu du côté du nord sera continué et qu’il y sera incessamment travaillé.

1763 13 juin Le Général de la Paroisse Saint-Louis présente à la Communauté de la Ville de Lorient une requête tendant à obtenir la suppression de l’extrémité de la rue de Fulvy projetée jusqu’au rempart, pour joindre deux portions de terrains destinés pour un cimetière dont une des parties est déjà édifiée, et à faire combler des cavités remplies d’eau de pluie qui sont dans la direction de cette rue au cimetière.

L’Assemblée décide que cette requête et l’avis de l’Ingénieur de Saint-Pierre seront joints au plan de cette partie de la ville et transmis par le Maire à l’Intendant de Bretagne à qui on demandera la suppression de ce petit bout de rue de Fulvy, cette suppression étant jugée indispensable pour l’établissement dans cette partie de la ville du nouveau cimetière. La Communauté ajoute que les exhalaisons du cimetière actuel rendaient urgente l’occupation du cimetière projeté. Voir l’article du 27 juillet 1755.

1763 16 juin Délibération de la Communauté de Ville de Lorient assignant des noms aux rues et aux places de la ville, et qui prescrit que ces noms seront écrits sur une feuille de tôle peinte en blanc, suivant la délibération du 22 février précédent approuvée par l’Intendant de Bretagne le 13 mars suivant, savoir :

Rue de Penthièvre. Celle qui prend à la porte de l’enclos de la Compagnie, vulgairement appelée la Grande Porte et qui va jusqu’à la place circulaire qui est devant une des portes de la Ville, dite la Porte-Royale, ou la Porte de Ploemeur, ladite rue traversant les rues d’Aiguillon, la place des Préménils, la rue de Scilouet ( sic ) Godeheu, et Le Bret ayant été connue jusqu’ici tant sous le nom de la Grande Rue que sous le nom de rue de Bretagne.

Rue de Bertin Celle qui prend à la maison des Fermes jusqu’au mur d’enceinte de la Compagnie près la Boucherie, et à laquelle les rues du Fay, de la Proutière, Perreine de Moras, et la naissance de la rue de l’Egout aboutissent. La dite rue ayant été nommée jusqu’à ce jour rue Orry comme la précédente et dont elle est une suite ayant comme elle pour vis-à-vis dans toute la longueur du mur d’enceinte de la Compagnie des Indes.

Rue de Condé. Celle qui prend naissance à la rue Orry entre les numéros 1 et 2, qui va actuellement jusqu’à la place Prémesnil, qui est traversée par els rues de Bréart et d’Aiguillon et qui doit être continuée jusqu’aux remparts en conséquences traversée par les rues de Scilouet, Godeheu et Le Bret.

Ruelle des quais. La petite ruelle à main gauche en entrant dans la rue de Condé par la rue Orry, laquelle ruelle donne sur le quai qui touche à la cale Orry.

Cul De Sac des Jouës ( sic ) Celui qui suit la ruelle des quais dans la rue de Condé.

Rue Ferrand. La petite rue qui communique de la rue Condé à la rue de Bretagne vis-à-vis les maisons de M. Ferrand. Laquelle rue a été indifféremment nommée sur les anciens roles Communication de la rue de Bretagne ou Grande Rue à la rue de Condé ou ruelle des Jouës

Rue de Bréart. La seconde qui communique de la rue de Bretagne à la rue de Condé, à main gauche en entrant par la rue de Condé, laquelle rue est coupée par la rue de Condé.

Rue Blanche. La petite ruelle qui fait la troisième communication de la Rue de Bretagne à la rue de Condé, comptant toujours la rue Ferrand pour la première communication

Rue Noire La petite ruelle qui fait la quatrième communication de la rue de Bretagne à la rue de Condé.

Rue d’Aiguillon. Celle qui prend naissance à la rue du Vernay, et à laquelle aboutit la rue Fulvy numéros un et deux et qui est coupée par les rues de Bretagne et Condé pour se rendre à la cale aussi nommée d’Aiguillon, les dites rue et cale ayant été nommées jusqu’à ce jour rue Vernay et autres noms incertains.

Rue de Fulvy. Celle qui prend naissance à la rue d’Aiguillon, numéros un et deux jusqu’au mur du nouveau cimetière, en traversant la place d’Eprémesnil et les rues Scilouet, de Godeheu et le Bret. On n’a jamais connu d’autre nom à cette rue.

Rue Duvernay. Celle qui prend naissance à la rue Dufay près la maison de Madame Mancel et la rue projetée pour faire une communication à la rue de Bretagne en suivant la direction de la rue Dufay et va jusqu’à la place d’Eprémesnil. Les rues de la Salle et d’Aiguillon aboutissent à la dite rue Duvernay , qui faisait jusqu’à ce jour une portion de la rue de Pontcarré.

Rue de Pontcarré. Celle qui étant dans la même direction que la rue actuelle Duvernay prend naissance à gauche

en sortant de la place d’Eprémesnil, et à droite place de Saint-Louis maison de la veuve Drolet et prend sa direction jusqu’à la rue Le Bret où elle aboutit. La rue Scilouet y aboutit à gauche, en entrant par la place Saint-Louis, et les rues Duvelaër et de Godeheu y aboutissent aussi, la première à droite, la seconde à gauche en allant à la rue Le Bret.

Ruelle Fechau. Celle qui communique de la rue du Vernay à la rue de Bretagne vis-à-vis la rue Noire ou Blanche

Place Prémesnil Celle qui prend naissance vis-à-vis le cimetière et qui va jusqu’à la mer. Cette place est traversée par les rues de Fulvy et de Bretagne et doit lêtre par la rue de Condé suivant le plan arrêté au Conseil. Depuis que cette place est formée on lui a assez généralement donné ce nom. Le peuple l’a quelquefois surnommé La place d’Armes, parce que c’est le lieu où la troupe s’assemble pour la parade. On l’a aussi nommée place de la Potence, parce qu’il y avait une potence vers le milieu de la dite place.

Rue de Silhouette. La rue qui prend sa naissance à la rue de Pontcarré et qui va jusqu’à la mer. Cette rue est coupée par celles de Fulvy, de Bretagne , et doit l’être par celle de Condé, lorsque cette dernière sera achevée. On a nommé ci-devant cette rue des Prophètes

Rue Duveaër. Celle qui prend sa naissance à la rue de Saint-Pierre numéro quatre et à celle de Rohan et qui va jusqu’à la rue de Pontcarré où elle se termine. La rue Védier y aboutit à la droite en y entrant par la ru Saint-Pierre, et les rues du Puits et Rostr y aboutissent à gauche. Cette rue a été indifféremment nommée par le peuple rue des Invalides, rue du jeu de Boules et est assez généralement connu aujourd’hui sous le nom de la rue Duvelaêr.

Rue Godeheu.La rue qui suit la rue Duvelaër qui prend conséquemment naissance à la rue Pontcarré, est coupée par les rues de Fulvy, de Bretagne, doit l’être par la rue de Condé, laquelle sera achevée va se rendre sur les quais projetés.

Rue de Rohan. La rue qui prend depuis la place Dauphine devant le portail de la paroisse , jusqu’à la place circulaire qui est devant la Grande Porte de la ville qui conduit à Kerentrech où aboutissent la rue du Puits à gauche et à droite le Cul De Sac. Elle est traversée par les rues de Saint-Pierre , et plus près de la place circulaire, la rue de Beaumont y aboutit à la droite ainsi que la place Vilvault à gauche.

Place Saint-Louis. Cette place est triangulaire depuis la rue Pontcarré à la place Prémesnil et a été nommée alternativement place de la Boucherie, place des Halles, Suite de la rue de Bourgogne et la Communauté a fixé le nom de la place Saint-Louis .

Rue de Rothe Celle qui prend naissance à la rue du Faouëdic, qui coupe la rue de Rohan et se termine à la rue Duvelaër. Cette rue a eu différents noms par le public, entre autres ceux d’Anjou et du Bruly et a été nommé ci-devant rue de la Congrégation , à cause de la chapelle de ce nom qui est située au coin de cette rue à la rue de Bretagne.

Rue Védier Celle qui communique du milieu de la rue Duvelaër à la place royale.

Rue du Puits Qui communique de la rue Rohan à la rue Duvelaër à gauche en entrant dans la rue de Rohan, par la place Dauphine. On n’a aucune connaissance que cette rue ait eu un autre nom.

Rue du Faouëdic La rue qui prend de la rue de Bretagne à sa jonction à la porte de l’Enclos de la Compagnie , et à la maison des fermes à droite en entrant par la rue de Bretagne. Elle va jusqu’aux remparts. Elle est traversée par les rues Dufay, Bourgogne, Saint-Pierre et de Beaumont. Les rues Guillois, de la Salle, Perreine de Moras, Rothe, et de Cavenac y aboutissent.

Place Dauphine. Vis-à-vis la Paroisse , à l’entrée de la rue de Rohan.

Rue de la Salle. La rue qui communique de la rue du Faouëdic à celle Duvernay, près M. d’Aguillon.

Rue de Bourgogne. Celle qui touche à la rue Perrault, traverse la rue du Faouëdic et va à la place Dauphine.

Rue Dufay. Celle qui prend à la naissance de la rue de Luzançay, coupe la rue du Faouëdic pour aller à la naissance de la rue Duvernay. Cette rue doit être continuée jusqu’à la rue de Bretagne, en suivant la direction qu’elle a actuellement.

Rue Saint-Pierre. Celle qui prend à la rue de l’Egout près le mur d’enceinte de la Compagnie, qui coupe les rues Faouëdic et de Rohan.

Rue de Beaumont. Celle qui prend du mur d’enceinte de la Compagnie, qui traverse les rues Faouëdic et de Rohan et qui fait vis-à-vis à la rue Vilvault

Rue Vilvault. Elle prend à la rue du Faouëdic, vis-à-vis la rue de Beaumont et finit aux remparts. Elle traverse les rues de Penthièvre et de Choiseul.

Rue de Cavenac. Celle qui communique de la rue du Faouëdic à la place circulaire qui est commencée devant la Grande Porte de la ville, dite porte d’Hennebont.

Rue de Luzançay. Celle qui prend à la rue Bertin et à la rue Dufay pour venir auprès de l’hôtel de ville d’un côté, et de la rue de la Frontière de l’autre. La rue Guillois y aboutit.

Rue Perrault. Celle qui commence à l’hôtel de ville, à la rue de la Frontière de l’autre, et se termine à la rue Perreine de Moras. La rue de Bourgogne y aboutit.

Rue de la Proutière. Celle qui prend de la rue Bertin à l’hôtel de ville.

Rue Guillois. Celle qui communique de la rue de Luzançay à la rue du Faouëdic.

Rue Perreine de Moras. La rue qui prend de la petite porte du port pour aller joindre la rue du Faouëdic. Les rues Perrault à gauche , de Montigny et de Fléchier à droite y aboutissent.

Rue de Montigny. La première communication de la rue Perreine de Moras à la rue de l’Egout, en prenant toujours par la porte du port.

Rue de Fléchier. La deuxième communication de la rue Perreine de Moraas à la rue de l’Egout.

Rue de Saint-Florentin. Celle qui prend à la place royale et qui vient à la place circulaire de la porte d’Hennebont.

Rue de Rothelin, la rue qui prend de la place circulaire de la porte Royale ou de Ploemeur, à la place circulaire qui est devant la Grande poste en Porte d’Hennebont.

Rue Comte d’Artois. Celle qui prend de la place royale pour aller à la place circulaire de la porte royale.

Rue Comte de Provence Celle qui communique de la place royale au premier bastion près la porte royale.

Rue Duc de Berry. La rue qui communique de la dite place royale entre els deux bastions.

Rue ….Celle qui communique de la dite place royale au deuxième bastion en commençant toujours par la porte royale ou de Ploemeur.

Rue de l’Egout. Celle qui suit le mur d’enceinte de la Compagnie depuis l’hôpital actuele de la ville jusqu’à la boucherie de la dite Compagnie.

La Communauté termine ainsi son procès-verbal : «  Et à l’égard des rues restantes et ruelles qui ne sont point nommées, elles resteront sans noms, afin que la Communauté en puisse disposer à l’avenir, soit envers ses protecteurs ou autres personnes qualifiées… »

La dépense de numérotage et d’inscriptions des noms des rues s’éleva à 500 livres1 sou.

1763 11 juin Il résulte d’un arrêt du Conseil du Roi du 11 juin 1763, qu’en Bretagne les Maires des villes et Communautés étaient de droit députés des dites villes et Communautés aux Assemblées des Etats de la Province.

1763 13 juin L’ Assemblée de la Communauté donne mission à M. Ferrand, maire, pour se rendre à Rennes et Paris dans l’intérêt des affaires de la ville.

Elle le charge, premièrement pour ranimer le commerce de demander au Conseil la permission de la sortie des toiles par Lorient, et la liberté du commerce de l’Amérique et de l’Afrique. Deuxièmement, de traiter, soit avec la Compagnie des Indes, soit avec le Prince de Guéméné de la cession des terrains-vases nécessaires pour l’établissement des quais.

Troisièmement, de terminer définitivement , soit par voie de conciliation, soit en obtenant un nouvel arrêt du Conseil, en interprétation de ceux de 1752 et 1756, les disucssions toujours renaissantes entre elle, le Seigneur de Lorient et les Juges au sujet de la police.

La Communauté accorde pour cette mission à M. Ferrand une indemnité de 600 livres pour frais de voyage, et mille livres par mois pendant son séjour à Paris.

1763 3 juillet. La nouvelle de la Paix entre la France et l’Angleterre, toute désastreuse que fut cette paix, est accueuillie avec la plus grande satisfaction à Lorient. Les publlications de cet événement furent faites en ville avec une certaine solennité.

Carbonnet, Lieutenant de Maire, Cordé assesseur, Desbled, Barbarin, Schmaltz, délibérants, et Souzy, échevin électif, montent à cheval à dix heures du matin ; et, précédés des hérauts d’armes, des tambours et trompettes de la ville, de quatre archers de ville et accompagnés d’un détachement de la garnison, ces membres de la Communauté parcourent les rues de la ville et donnent à tous les carrefours lecture de l’ordonnance du 3 juin relative à la paix.

A l’issue des vêpres, un Te Deum d’actions de grâces fut chanté dans l’église Paroissiale et ensuite la Communauté et toutes les autorités de la ville et du port se transportèrent processionnellement à la Croix de la Mission où fut allumé un feu de joie.

Le soir, toutes les fenêtres de toutes les maisons furent illuminées. Les dépenses faites par la Communauté en réjouissances à cette occasion s’élevèrent à 552 livres 15 sous 9 deniers.

1763 10 août 29 bouchers et 28 marchands de lard font au greffe de police de Lorient leur déclaration de profession et de domicile tant à Lorient qu’à Kerentrech ; et s’engagent à tenir leurs étals garnis et à ne vendre que des viandes saines et de bonne qualités.

1764

11 janvier Le Duc d’Aiguillon, de passage à Lorient, après s’être fait rendre compte de la situation des affaires de la ville et de ses besoins, laisse à son départ une note divisée en neuf articles dans laquelle il trace à la Communauté ses principaux devoirs. Voici les articles les plus intéressants de cette note.

Article 1er Faire suivre auprès des officiers de M. le Prince de Rohan la demande de la concession des vases.

Article 3. Prendre une délibération sur la requête à présenter au Conseil pour la concession des vases de la part du Roi, et présenter ladite requête.

Article 8. Continuer les parties les plus passantes des pavés et faire relever celui de la rue de Rohan.

Article 9. Faire venir de Hollande des tilleuls en s’informant néanmoins auparavant du prix.

Toute la correspondance de la Communauté, à partir de 1762 témoigne de l’intérêt que portait le Duc d’Aiguillon à la prospérité de Lorient.

1764 Janvier On pave en blocage le chemin qui conduit de la rue de Bretagne à la porte du nouveau cimetière. La Communauté rejette les prétentions de l’avocat du Roi Foucaud à avoir un logment à l’hôtel de ville.

1764 17 février. Lettre du maire de Lorient à l’Intendant de Bretagne :

«  Monseigneur, J’ai l’honneur de vous remettre l’état des personnes qui composent l’hôpital de Lorient pour que vous jugiez combien il est impossible qu’il subsiste sans secours.

«  Les petits octrois attribués à cette maison montent année commune à 4000 livres ou environ. Les mois de nourrice des enfants et leur entretien emportent un tiers en sus de cette somme. Les charités sur lesquelles on a toujours compté sont refroidies nécessairement par les malheurs des temps qui se font ressentir plus vivement à Lorient qu’ailleurs, et, si cela continue, cette maison qui était et qui est encore de la plus grande ressource, tombera promptement.

Le Trésorier ( Souzy ) en me remettent son état des personnes qui composent l’hôpital m’a prié de solliciter auprès de Votre Grandeur le paiement de ce qui lui est dû par le Roi pour les six derniers mois de 1763. C’est un secours passager dont nous avons le plus grand besoin. Je suis, etc…signé Ferrand. ».

Etat de l’hôtel-Dieu

Sœurs de la Sagesse 7

Aumônier 1

Cirurgiens 2

Hommes malades 17

Femmes malades 14

Enfants à la maison 86

Enfants en nourrice 75

Total 202

non compris les soldats de la garnison.

1764 20 septembre Nomination de la Vigne-Buisson aux fonctions de Directeur commandant en chef du port de Lorient pour la Compagnie des Indes. Cet officier était capitaine de port à Lorient depuis le mois d’octobre 1760, et fut remplacé en cette qualité par M. Thévenard.

De la Vigne-Buisson, capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes succédait à Georges-Nicolas Godeheu d’Igoville qui avait exercé ces fonctions de Directeur commandant en chef à Lorient durant plus de vingt années.

Pendant une mission dans l’Inde de 1757 à 1759, M. Rothe, Directeur de la Compagnie des Indes avait remplacé à Lorient Godeheu d’Igoville.

1764 24 septembre La Communauté nomme M. de Kerlivio agrégé au Maire de Lorient, comme député aux Etats de Bretagne.

1764 Lettre de M. Carbonnet, Lieutenant de maire à M. Guérin de Frémicourt, major et commandant de place à Loreint :

«  Monsieur, J’ai fait part à ma Communauté de la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire hier. Voici ce qu’elle a délibéré.

Qu’elle ne vous doit rien pour raison de votre logement ; que si vous en avez un à prétendre, c’est à la Commission intermédiaire ( Etats de Bretagne ) que vous pouvez vous adresser. Quant aux 500 livres de gratification que vous réclamez et que la Communauté accordait à M. de la Proutière votre prédécesseur, c’était en faveur des frais que la guerre occasionnait. Puisque les mêmes circonstances n’existent plus, elle ne peut se prêter à cette dépense. »

1764 14 mai Lettre de l’Intendant de Bretagne au Maire de Lorient, relative à des constructions faites à l’hôtel-Dieu. Ces dépenses faites au moyen de dons particuliers n’entraient pas, à ce qu’il paraît, dans les comptes de cette maison rendus à l’Intendant.

1764 13 mars Naissance de Alain- Joseph Dordelin qui s’illustra dans le combat naval des 10 et 13 Prairial où il commandait le vaisseau le Tyrannicide. Contre Amiral en l’an VII ( voir Biographie Bretonne ).

1764 30 octobre Décès au village de Penhoat Quinio en Ploemeur de Jean Uhel, âgé de cent ans et six mois.

1764 25 décembre Décès au village de Keroch, en Ploemeur, de Louis Roperh âgé de cent cinq ans ( R. par Ploemeur ).

1764 Création d’une école gratuite de dessin.

1765

23 janvier Lettre des syndics et Directeurs de la Compagnie des Indes à M. de la Vigne-Buisson, Directeur des armements, commandant pour la Compagnie des Indes à Lorient.

«  Paris le 23 janvier 1765. Nous avons reçu, Monsieur, la lettre particulière que vous avez écrite le 18 de ce mois, avec le mémoire qu’elle renfermait contenant vos observations touchant l’établissement de la chaudière des pauvres. Nous les communiquerons à l’administration pour vous marquer ensuite le sentiment de la Compagnie à cet égard. Au surplus vous avez vu par la lettre de la Comapgnie à M. Saint-Pierre du neuf de ce mois, que nous vous avons adressé à cachet volant, qu’elle veut bien continuer de faire payer cinquante livres par semaine cy-devant accordées sur l’un pour mille pour contribution à l’entretien de la Chaudière ci-dessus, comme aussi de rembourser à M. de Saint-Pierre les 727 livres dont il est en avance pour le même objet. Vous voudrez bien vous conformer à cette disposition. Nous sommes… »

Les syndics et Directeurs de la Comapgnie des Indes ( signé ) Sancé, Risseau, Deraloc, Le Moyne. »

Demoiselle Jeanne-Marie Blain, veuve du Sieur Vincent Conard Suzor était associée avec l’architecte de Saint-Pierre pour l’oeuvre de la Chaudière des pauvres qui continuait à distribuer gratuitement des aliments cuits aux malheureux. Cette distribution se faisait dans une maison appartenant à la veuve Suzor.

La Compagnie des Indes subventionnait généreusement cette œuvre philanthropique de la Chaudière des pauvres, en lui versant cinquante livres par semaine ainsi que le constate cette pièce dont je possède l’original :

«  Pensions sur l’un pour mil des centes. A M. de Saint-Pierre et à la Dame Suzor pour treize semaines de l’aumône accordée par la Compagnie aux pauvres de l’Orient à compter du premier novembre 1761 au 30 janvier 1762 compris de la pension que la Compagnie lui a accordée sur l’un pour mil à raison de cinquante livres par semaine la somme de six cents cinquante livres.

A L’orient, au bureau du Controlle le premier février 1762

Signé Cardonne

Pour acquis de Saint-Pierre. »

1765 19 mars Emeute en la rue Moras, à la suite d’une saisie pratiquée par les commis aux Devoirs, chez Louis Le gal charpentier, d’une barrique de vin de Nantes qui lui avait été vendue et livrée sans déclaration par le Sieur Bardon, marchand. Un attroupement séditieux se forma à la porte du bureau des Déclarations situé rue Moras, la porte et les fenêtres furent brisées à coups de pierres et le employés maltraités.

1765 11 mai M. Ferrand, maire, communique à l’assemblée de la communauté de ville, le plan de Lorient dessiné par M. Passermot de Nantes, auquel il a payé 96 livres.

1765 17 août Délibération de la Communauté de ville portant suppression de la charge d’Ingénieur de la ville, devenue vacante par le décès de M. de Saint-Pierre, et créant une pension de 300 livres au profit de la veuve.

Le 16 août suivant cette délibération fut transmise à l’Intendant de Bretagne avec cette lettre :

«  Monseigneur, nous venons de prendre une délibération pour la veuve de M. de Saint-Pierre, qui ne peut décemment porter tous les motifs qui nous contraignent de vous supplier d’accorder à Madame de Saint-Pierre la moitié des appointements de feu son mari.

Cet ingénieur chevalier de l’ordre de Saint-Louis, l’était de la Compagnie des Indes de la Marine du Roi, des Ponts et Chaussées et de la Ville de Lorient.

Il n’a pas laissé à sa veuve de quoi subvenir honnêtement, il s’en faut de beaucoup, et elle est obligée de se retirer dans un couvent et sans domestiques. Les dépenses de M. de Saint-Pierre n’ont point été de nature à être ignorées de la ville entière. Il employait les moments qu’il ne donnait pas à son état à la nourriture de 1500 familles que le manque d’ouvrage réduisait à la dernière extrémité. Il avait monté une maison dans laquelle il faisait distribuer tous les jours les aliments nécessaires à la nourriture des ouvriers sans ouvrages, leurs veuves, celles qui ne pouvaient être reçues à l’hôpital manquaient des secours les plus puissants. Voilà ses dépenses, aidées de quelques provisions de de retour des vaisseaux de la Compagnie.

Il a fait des projets immenses pour cette ville, ils sont entre les mains de M. Guillois

, régisseur de nos ouvrages qui entrant dans nos vues, Monseigneur, suffira de les faire exécuter à mesure que la ville sera en état d’en entreprendre, sans exiger d’autres appointements. Nous croyons, d’après cet exposé, qu’il serait justice d’accorder à Madame de Saint-Pierre 300 livres pendant sa vie. Nous vous supplions, Monseigneur, de vouloir bien nous y autoriser. »

Le nom de Monsieur de Saint-Pierre est mêlé à tous les événements importants et à tous les actes utiles de la ville de Lorient de 1732 à 1765. Ce recueil en contient de très nombreuses preuves. L’un des premiers il a fait de sérieuses tentatives pour introduire la pomme de terre dans l’alimentation publique. En 1760 il fit planter ce tubercule dans un terrain d’un journal et demi de superficie appartenant à l’hôpital de Lorient, le long du canal des fontaines de la Compagnie.

Je n’ai pas trouvé l’acte de décès de M. de Saint-Pierre : peut-être est-il mort dans les environs et non à Lorient. J’ignore également où il naquit. Comme il était parent de Louis-Dominique de Saint-Pierre, officier des vaisseaux de la Compagnie des Indes, dont le père, M. Noël de Saint-Pierre, était avocat au Parlement de Toulouse en 1762, il est possible que notre ingénieur de Saint-Pierre fut originaire de la même ville.

A mon avis, le nom de M. de Saint-Pierre mérite d’être éternisé dans la mémoire des Lorientais, au double titre de fondateur et organisateur , et de bienfaiteur de la ville de Lorient.

Le 22 juin 1765, la Communauté acheta le coffre-fort de M. de Saint-Pierre moyennant 180 livres , à titre de souvenir peut-être.

1765 24 août Acte au rapport de M. L’Héritier notaire à Paris, portant donation par Jules-Hercule de Rohan, Prince de Rohan-Guéméné, au profit de la ville de Lorient «  de terrains vases situés des deux côtés du port marchand , depuis et y compris la cale Ory jusqu’au moulin du Faouëdic en suivant les maisons nouvellement bâties ; et depuis ledit moulin en suivant la côte jusqu’à la pointe qui s’avance vis-à-vis la cale Ory. »

A charge par la ville de Lorient de faire frapper et faire remettre tous les dix ans au Prince de Rohan et à ses successeurs une médaille en argent du poids de deux onces où seront gravées d’un côté les armes de Rohan, et de l’autre une figure de femme tenant dans la main un plan sur lequel sera l’inscription ex dono principis.

Cette donation importante , sollicitée par la ville depuis si longtemps, fut autorisée par lettres patentes du Roi données à Versailles au mois de mai 1766. Le plan des lieux annexé à la donation du 24 août 1763 subit une modification par un second arrêt du 9 septembre 1775 ; modification qui consiste dans le tracé de la sinuosité du rivage, à la limite des propriétés particulières.

1765 17 mai Cession du vaisseau le Vengeur percé de 64 canons, tout gréé, pour le prix de 93 000 livres, par la Compagnie des Indes, au Duc de Choiseul, ministre de la Marine. Ce vaissseau fut armé à Lorient

Dans le même temps, l’Ingénieur Magin s’occupe des travaux des plans et devis des quais et cales, après le décès de M. de Saint-Pierre.

1765 La Calypso, , commandé par M. Caro

L’Eléphant, vaisseau de la Compagnie des Indes, Delamotte.

1766

A partir de cette année, la Compagnie des Indes fait traiter ses malades à l’hôpital de la ville de Lorient ; elle ferme son hôpital particulier de la rue de Bretagne. Un règlement particulier fut arrêté entre M. de la Vigne Buisson pour la Compagnie des Indes et la Communauté de Lorient, pour l’admission et le traitement des malades de la Compagnie et les indemnités à allouer à l’hôpital.

1766 24 avril. L’assemblée de Communauté de Lorient prescrit d’adresser à l’Intendant de Bretagne sept plans et devis dressés par feu M. de Saint-Pierre et M. Magin, relatifs aux constructions et aux travaux d’une nouvelle ville au midi du port de commerce, des quais et cales. Il s’agissait d’obtenir l’autorisation de procéder à l’exécution de ces plans.

Du 1er avril 1766 au 1er mars 1767, la ville dépensa en travaux aux quais et aux cales, la somme énorme de 45 440 livres.

1766 14 août La Communauté se résout à se concerter avec les juges de la juridiction de Lorient pour exercer et ordonner la police de la ville concurremment avec eux.

1766 20 septembre Arrêté de compte, par l’assemblée de communauté, des dépenses faites à l’occasion de la réception solennelle de Madame l’Intendant de Flesselles et de M. le Duc de Praslin, à qui l’on présenta le vin de ville, selon l’usage. Ces dépenses s’élevèrent à la somme excessive de 2679 livres.

1766 16 octobre. La Communauté nomme M. de Montigny et de Kerlivio agrégés au Maire, Député de la ville aux Etats de Bretagne tenus à Rennes.

1767

4 février Adjudication en assemblée de Communauté du droit de vendre de la viande de boucherie pendant le carême, droit appelé couteau de carême au Sieur Herviant, boucher, mais le Sénéchal de Lorient ayant dans le même temps taxé le prix de la viande, à un taux inférieur à celui fixé par son marché avec la ville, Herviant voulut fermer sa boutique pendant le carême. Le sénéchal le contraignit à débiter de la viande et cette contrainte fut l’occasion d’un procès entre Herviant et la ville : le boucher prétendant que la taxe du Sénéchal lui faisait éprouver un préjudice considérable.

C’est un des nombreux exemples de conflits nés entre les officiers de justice seigneuriale et les officiers municipaux à l’occasion de la police municipale.

1767 29 mai Il résulte d’un projet de rapport du maire de Lorient à l’Intendant de Bretagne, qu’à cette époque Lorient ne possédait pas de milices bourgeoises. Antérieurement cette villes avait eu quatre compagnies de milices garde-côtes, mais le Duc de Penthièvre, lors de son passage à Lorient,

en 1746, s’apercevant que ces compagnies étaient formées en grande partie d’ouvriers du port qui étaient détournés de leur travail au préjudice de la Compagnie, prescrivit la suppression des quatre compagnies.

1767 16 juillet Lettres patentes du Roi qui nomma le Sieur Jean-François de Méry Darcy ci-devant Commissaire des Guerres et l’un des Directeurs actuels de la Compagnie des Indes aux fonctions de Gouverneur de la Ville de Lorient. Cette charge, comme celle de Maire, était à la présentation de la Compagnie des Indes, en vertu de l’édit de novembre 1733 : la finance était de 12 000 livres, et les gages de 2379 livres.

Jusqu’à ce moment, la Compagnie des Indes n’avait jamais présenté de titulaire cette fonction dont elle touchait les revenus.

1767 25 juillet Le Maire communique à l’assemblée de Communauté une lettre de M. Robert avocat au Conseil à Paris qui l’informe que le coin de la médaille à présenter à Son Altesse le Prince de Guéméné est en état, et que le graveur Duvivier demande le paiement de ses honoraires. La Communauté décide que les 1500 livres d’honoraires seront payés au graveur, ainsi qu’il en avait été convenu, et qu’il sera invité à ne pas faire frapper cette médaille en argent.

1767 26 août Incendie du navire le D’Hérouville, chargé de 200 barriques de chaux et 20 barriques de ciment en rade de Penmané. Ce navire, dont le chargement était destiné à la construction des quais, appartenait à M. Foucaud qui reçut de la ville 12 400 livres d’indemnités.

1767 30 août La Communauté charge l’entrepreneur Guillois de faire un plan pour la construction d’une nouvelle église

1767 12 septembre Le compte des dépenses faites par la ville à l’occasion du passage de l’Intendant de Bretagne Flesselles est fixé à 1981 livres.

Le chevalier de Balleroy, major général d’infanterie séjourna à Lorient, aux frais de la ville, du 6 septembre au 30 novembre 1767

1767 26 septembre M. de Montalan docteur médecin résidant à Redon est nommé par la Communauté de Lorient médecin de la ville et de l’hôtel-Dieu, sans autres honoraires que ceux qu’il recevra des personnes de la ville qui l’appelleront.

1767 21 octobre La Communauté de Lorient apprenant que M. l’abbé de Tronjoly, recteur de Lorient est appelé à une autre fonction, invite le maire à faire près de l’Evêque de Vannes toutes les démarches nécessaires pour obtenir la nomination de l’abbé Ferrand, chanoine de Tours, à la cure de Lorient. L’Abbé Ferrand, né à Lorient, était frère du maire.

1767 29 novembre Délibération du général de la paroisse

« L ‘Assemblée apprenant que M. l’Abbé de Tronjoly dernier recteur de cette paroisse et qui s’en est démis se disait pourvu à son profit de l’Abbaye de Rillé au Diocèse de Rennes. Quoique cette abbaye fut attachée à cette cure pour tenir lieu à la pension de 600 livres qu’il avait plus à Sa Majesté d’y accorder et attacher en 1708 et qu’il était intéressant de conserver ce droit à la paroisse….nomme des commissaires pour l’examen de cette question. »

Malgré les démarches, réclamations et protestations des Lorientais, le bénéfice de l’Abbaye de Rillé fut définitivement perdu pour la cure de Lorient. Il est vrai que les conditions des curés de Lorient en 1708 et en 1767 étaient bien différentes. Quoi qu’il en soit, c’était pour la cure de Lorient une perte annuelle d’environ 4000 livres.

Le même jour le général autorisa les commissaires à retirer du trésor de l’église une somme de 14 454 livres pour les travaux de reconstruction de l’église.

1767 Durant cette année les travaux de construction des quais furent poussés avec une grande activité sous la direction de M. Détaille, ingénieur et sous la conduite du Sieur Lelièvre. Le premier touchait une indemnité de 9 livres par jour ; Lelièvre avait des appointements de 1500 livres par an.

Durant les sept mois de juin à décembre 1767, les dépenses pour ces travaux s’élevèrent à 62 112 livres.

1767 30 novembre Lettres qui témoignent de la bonne harmonie qui existe entre la Communauté de Lorient et le Prince de Guéméné, depuis un voyage à lorient de M.Marchand, intendant du Prince de Guéméné. Aussi , à la liste des principaux personnages auxquels la Communauté était dans l’usage d’écrire et de présenter des hommages le premier janvier, elle ajouta le Prince de Guéméné le 1er janvier 1768. La donation du 24 août 1765 valait bien cette politesse.

1767 A cette époque les recettes des grands et petits octrois montaient annuellement à environ 43 000 livres

1767 Note écrite au dos d’un portrait au pastel appartenant à Mademoiselle Deschatelets ( Eugénie ), rentière, domiciliée à Lorient, rue du Port, n°85.

« Mac-Mahon M. Laurent Mac Mahon, écuyer, capitaine des vaisseaux de la Compagnie des Indes, né à Saint-Malo, le … mort à Lorient le … 1767.Cousin issu de Germain des enfants de deu Julien jean Offray de la Mettrie et de Dame Marie Gaudron son épouse, demeurant à Lorient chez les parents Esnoul Deschatelets avec les quels il était lié comme M. La Freté de la plus intime amitié. » ( communiqué par M. Audren de Kerdrel, député, le 23 août 1873.)

Il s’agit d’un ancêtre du Président de la République actuel, le maréchal de Mac Mahon. Ce n’est pas en 1767 qu’il mourut, mais le 18 décembre 1770. Il fut inhumé dans le cimetière, c’est-à-dire le cimetière situé près de la Porte de Ploemeur, et non celui qui était contigu à l’église, dans lequel on n’inhume plus depuis quinze ans.

Juelien-Jean Offray de la Mettrie et Dame Marie Gaudron étaient père et mère du célèbre Julien-Jean de la Mettrie, médecin et lecteur du roi de Prusse, et de Dame Angélique Offray de la Mettrie, épouse de M. Julien Esnoul Deschatelets, capitaine de navires et négociant, chez lequel mourut le capitaine de vaisseau de Mac Mahon. Celui-ci était donc cousin issu de germain de Madame Esnoul Deschatelets, mère de M. Jean-Marie Esnoul Deschatelets, qui fut maire de Lorient de 1774à 1790, et bisaïeule maternelle de deux notabilités considérables lorientaises, M.M. Vincent Audren de Kerdrel, député actuel de Lorient, membre de l’Institut.

La maison Esnoul Deschatelets où mourut Laurent-François de Mac Mahon, est située à l’angle des rues Traversière et de l’hôpital, côté de l’église. Elle fut construite par M. Julien Esnoul Dechatelets, cousin de Mac Mahon, en 1755, sur l’emplacement des anciens fours banaux afféagés du Prince de Guéméné en 1753.

1768

Janvier A cette époque il se commettait à Lorient, tant de nuit que de jour, beaucoup de vols

1768 1er février Lettre de maire où il est dit que de la Porte Royale à la Porte du cimetière on mesurait une longueur de 264 pieds.

1768 4 février Installation du Sieur Barbarin en qualité de Lieutenant de Maire, et de Jean Gérard, échevin alternatif de Lorient, charges qui leur furent accordées par Lettres Patentes du Roi du 4 novembre 1767

Le même jour la Communauté nomme une Commission composée de Barbarin, Gérard, Desbled et Deschiens pour examiner de nouveaux plans dressés par l’Ingénieur Magin, pour la façade des maisons des quais en construction.

1768 14 février La paroisse adopte un plan de reconstruction de l’église présenté et dressé par M. Guillois.

1768 12 mars Le Duc de Choiseul donne l’ordre de détruire la jetée qui venait d’être construite sur les vases du Faouëdic, avec l’approbation du Duc d’Aiguillon, pour faciliter les t(ravaux des quais. La Communauté informa immédiatement le Duc D’Aiguillon de cette affaire qui demeura sans suite.

1768 18 mai Lettres de M. le Duc d’Aiguillon et de M. de Saint-Florentin à M.M. Les curés et marguilliers de la paroisse annonçant que Sa Majesté le Roi a bien voulu leur accorder la faveur que la pose de la première pierre du fronton de la nouvelle église fut faite en son nom par M. le Vicomte de Barrin Commandant de Lorient. Par suite de cet auguste patronage l’église Saint-Louis de Lorient fut qualifiée de Royale

1768 25 mai Le Maire de Lorient à M. Dagay, Intendant de Bretagne :

«  Vous verrez sûrement avec plaisir, Monseigneur, qu’un établissement qui n’a que quatre à cinq mille livres de rente accueille un très grand nombre d’enfants trouvés, beaucoup de malades, et que pour le travail et l’économie de cette maison elle nourrit et médicamente environ deux cent cinquante personnes tous les jours. »

1768 19 juin Sur les remontranes de M. Le Guével qui expose que le nom de M.le Prince de Guéméné, Seigneur haut justicier et celui de M. Dondel du Faouëdic fondateur de l’église ne se trouvaient plus gravés sur la plaque destinée à être placée sous la première pierre de la nouvelle église, le général de la paroisse décide que si le jour de la cérémonie de la première pierre fixé au 30 juin suivant laissait un délai suffisant on tiendrait compte de l’observation de M. Le Guével. L’omission de ces deux noms était un singulier oubli des droits et des usages féodaux .

1768 30 juin Cérémonie de la pose de la première pierre de l’église de Lorient. ( Mon recueil de preuves de l’histoire de Lorient contient la copie du procès-verbal de cette cérémonie.)

1768 23 juin Délibération de la Communauté de Lorient où l’on constate que dans le plan de la ville déposé à la mairie par M. de Saint-Pierre, la ruelle des quais appelée autrefois Venelle Féchant, a été portée pour avoir une largeur de 24 pieds.

1768 28 juin Lettres patentes du Roi portant règlement d’administration de la Compagnie des Indes, en 45 articles. La Compagnie est administrée par dix Syndics et dix Directeurs. Les Syndics sont nommés pour six années, et les Directeurs à vie.

Les affaires sont réparties entre deux départements généraux et trois départements particuliers. L’un des départements généraux comprend tous les armements et tout le commerce de la Compagnie, l’autre, la comptabilité, les traités et les achats.

Le premier département particulier est chargé des ventes, le second de l’administration de port et des magasins de Lorient, le troisième département particulier est chargé de la tenue des différents registres des délibérations, archives, affaires contentieuses et détail de l’hôtel de Paris.

Telles sont les principales dispositions de ce règlement qui ne devait pas être d’une longue application puisque l’année suivante vit la fin de cette célèbre Compagnie des Indes.

1768 28 juin «  Aujourd’hui 18 juin 1768, en l’assemblée tenue en l’hôtel-Dieu par M.M. Les administrateurs, présent M. Ferrand, Maire et Président.

Barbarin a mis sur le bureau une lettre de M. de la Vigne Buisson Commandant en ce port du 26 juin 1768, adressée à M.M. Les administrateurs de l’hôtel-Dieu par laquelle il marque qu’il n’est autorisé par la Compagnie à nous offrir qu’une somme de cinq sols par livre de verroterie, tant pour le bénéficiement et renfilage de toutes celles qu’elle se trouve avoir en magasin que pour le fournisseur du fil, et autres ustensiles nécessaires pour cette opération.

L’Administration de l’hôtel-Dieu, toujours flattée de donner à la Compagnie des preuves de son attachement et du désir qu’elle aura toujours de faire ce qui peut lui être agréable, a accepté et accepte le bénéficiement et renfilage de toutes verroteries quelconques que la Compagnie a en ses magasins au prix et conditions d la lettre de M. de la Vine-Buisson..signé Ferrand, Barbarin, Drneau, Bonnet, Gérard, Lapotaire Greffier »

1768 14 août La paroisse décide qu’elle contractera un emprunt de soixante mille livres pour reconstruire l’église, et charge le marguillier Deschiens de présenter requête au Conseil du Roi pour autoriser cet emprunt.

1769 ( article interposé à reporter à l’année 1769). 20 août. M. Gérard marguillier expose an l’assembloée du général de la paroisse qu’ayant fait des recherches relativement à l’union de l’Abbaye de Rillé à la paroisse de Lorient, il a découvert que le Roi, par son Brevet du 3 juin 1703 avait uni cette abbaye à la cure, et que le pape avait accordé et signé des bulles en conséquence. Sur cette communication, la paroisse décide que toutes les démarches utiles seront faites pour le maintien de ce bénéfice à la cure de Lorient.

Le premier octobre suivant, communication de plusieurs lettres annonçant qu’il n’y a plus lieu de compter sur l’abbaye de Rillé, la première datée du 12 septembre est du Duc de Duras ; la deuxième du 7 septembre, émane de l’Evêque de Saint-Brieuc, la troisième, du 18 septembre est adressée par le curé même de Lorient, l’abbé Giraud. Dans cette situation, le général de la paroisse décide qu’il sera présenté un placet au ministre pour obtenir une autre abbaye, ou le rétablissement de la rente de six cents livres accordée par le Roi à la cure de Lorient en 1708, en échange d laquelle toute l’Abbaye de Rillé avait été unie à cette cure en 1713.

J’ignre la suite des démarches ordonnées en cette séance du premier octobre, toujours est-il que les choses demeurèrent en l’état : la cure de Lorient n’obtint aucune nouvelle abbaye ni bénéfice quelconque, et la rente de 600 livres de 1708 ne fut pas rétablie.

1768 16 septembre Lettre du Maire de Lorient à M..Directeur d’une troupe de comédiens à Nantes.

«  J’étais à Paris, Monsieur, lorsque vous m’avez adressé votre lettre de Nantes. Rien ne peut vous empêcher de venir et d’y donner votre spectacle comme porteur du privilège de Son Altesse Sérénissime, il faudra que vous l’ayez ici en original.

Voici actuellement mes conjectures sur votre séjour dans cette ville. Vous en serez entièrement pour vos frais si vous y venez dans tout autre temps que la vente et les armements. On annonce la vente pour l’automne

, et s’il se fait des armements dans le même temps, il y aura un peu de monde à Lorient, mais pas suffisamment pour entretenir la comédie. Si indispensablement de ce que je vous marque, vous étiez résolu à venir ici, faites moi savoir votre arrivée et je vous donnerai toutes les facilités qui dépendent de moi.

Il y a ici une salle de spectacle qui n’est pas, je crois, de la plus grande solidité, que vous serez obligé d’affermer au Sieur Kerdanet à qui elle appartient. Il l’afferma douze livres aux comédiens qui étaient ici pendant le quartier général. Si les armements étaient très considérables, ce qu’on ne peut croire, je serais le premier à vous engager à venir ici. Je reverrai avec plaisir vos enfants. Je n’ai manqué aucune fois de me procurer cette satisfaction pendant les Etats, et je les ai revus à mon passage à Nantes avec le plus grand plaisir. J’ai laissé mon ami Garonne en très bonne santé . Je suis etc…signé Ferrand maire »

1768 26 novembre L’Assemblée de Communauté autorise divers payements au profit de la fabrique de l’église paroissiale

«  3876 livres 9 sous 9 deniers pour remboursement du prix de 4307 pieds 2 pouces 5 lignes cubes de pierre de taille à raison de 18 sous le pied cube rendu à quai, pour l’agrandissement de l’église

1921 livres 18 sous 9 deniers pour 23 années de fouages et tailles payées par la fabrique au receveur des tailles de Ploemeur, à la décharge de la Communauté, à raison de 83 livres 11 sols 3 deniers par an

1100 livres pour salaires payés aussi à la décharge de la Communauté pendant 22 ans, à la personne chargé de sonner chaque jour la cloche de retraite

Connaissant, dit la délibération, la justice des trois chefs de demande de la fabrique et voulant contribuer à l’accomplissement du nouvel édifice qui s’élève pour l’agrandissement de l’église… »

La Communauté avait effectivement autorisé un agrandissement si souvent sollicité par les marguilliers de la paroisse, par délibération du 17 octobre 1767, «  Reconnaissant dit la délibération la nécessité indispensable d’agrandir l’église et voyant avec grande satisfaction que le portail projeté sera un ornement pour la place Dauphine et pour l’entrée de la ville. »

Ce même jour la Communauté approuve une dépense de 39 livres faite par le maire «  pour aumône à la personne de Joseph Abaisse, noble de Palestine, Prince de Gaza, sur ce qu’il a été reconnu que ledit Abaisse avait été aumôné par diverses autres villes ce cette province. »

Dans cette même séance, M. Galabert fut nommé député aux Etats de la Province à Saint-Brieuc, sur l’excuse du Maire Ferrand.

Ouverte le 12 décembre 1768 dans la chapelle du séminaire de Saint-Brieuc, la clôture des Etats n’eut lieu que le 6 mars 1769.

Galabert fut nommé membre du bureau chargé durant le cours de cette session d’Etats, «  de régler le cérémonial et les dépenses des pompes funèbres, les dépenses du greffe et celle du héraut des Etats. Les autres membres de ce bureau furent l’abbé de Saint-Jean des Prés et le chevalier du Quenzo, pour le clergé et la noblesse.

Le terme des Etats de 1768 offre peu d’intérêts pour l’histoire de Lorient. Cependant il y a lieu de reproduire ici les passages suivants extraits des procès-verbaux

Séance du 20 février 1769 : «  Consentant les Etats que sur le fonds des grands chemins, il soit pris la somme de sept mille livres pour faire faire incessamment et par économie la route de Lorient à Saint-Malo par Moncontour qui se trouve interceptée par l’état actuel de la traversée de Moncontour. »

Séance du 27 février 1769 «  Les Etats ont ordonné et ordonnent qu’il sera fait fonds dans la présente tenue…. de la somme de quatre mille livres, à raison de mille livres chacun, des Sieurs Cauzier, Volaire, Roust, Deduit, pour tenir des écoles publiques et gratuites de dessin dans les villes de Rennes, Nantes, Saint-Malo et L’Orient sur le pied de 506 livres par an pour chacun d’eux. » ( Il existe une contradiction évidente dans cette relation du procès-verbal quant au chiffre d’indemnité attribué à chaque maître de dessin : est-ce 1000 livres ou est-ce 500 livres?)

Séance du 2 mars 1769 «  Sur la requête du Sieur Droneau qui a établi une manufacture de verre blanc à Lorient, les Etats ont chargé et chargent leur député et procureur général syndic de solliciter la faveur et l’exemption des droits d’entrée dans le port de L’Orient de deux mille cinq cents barriques de charbon de terre d’Angleterre par an, afin de donner à ces verres la supériorité dont ils sont susceptibles. » ( sur une copie manuscrite appartenant à Madame Galzain, de Pontivy.)

Il s’agissait d’une manufacture de verre établie au Kernevel, en Ploemeur.

1769

21 janvier La ville arrête les conditions de concessions de terrains-vases, rive gauche des quais, à des particuliers, qui acceptent ces conditions.

Les premiers concessionnaires furent :

M. Foucaud qui obtient 15 toises de façade sur les quais, à prendre du coin de la Rue d’Aiguillon, pour aller à celle de Bréard, avec une profondeur égale.

M.Borne Bonnet, 13 toises, du coin de la rue des Prophètes à la place Prémesnil, avec une profondeur égale

Desbled, dix toises de façade, du coin de la rue de Bréard à la rue Ferrand, avec une profondeur égale

Ferrand, 20 toises environ, entre la place Préménil et la rue d’Aiguillon

Cordé ,15 toises à la suite de la concession Foucaud

Remazeilhes, celui qui borne son terrain au coin de la ruelle des Quais

«  Article 5 des conditions : Les acquéreurs seont obligés de se conformer pour la construction et l’élevation des façades du côté du quai, aux plans qui seront arrêtés et approuvés au Conseil.

Article 6 Ils seront tenus de perfectionner les dites façades dans quatre ans, du jour de leur contrat. »

Les plans n’ayant été approuvés qu’en 1771, les concessions ne seront rendues définitives quz par cet acte du 27 mai de la même année. Cependant M. Foucaud seulement peut disposer immédiatement de la concession.

On verra ultérieurement que cette affaire de concession de terrain fut remaniée complètement et que les contrats de 1769 et 1771 furent d’un commun accord considérés comme non avenus. Cependant, pour donner une complète connaissance de cette interminable affaire de concession des vases, je crois devoir citer tous les documents qui y sont relatifs.

1769 24 février Nouvelles soumissions pour obtenir des concessions de terrain vases , d’après les conditions provisoires du 21 janvier précédent.

Les soumissionnaires furent

Julien de Monistrol, fils d’André, en son vivant Lieutenant de Maire, ayant 12 toises de façade à prendre du coin de la place Préménil pour aller vers la rue es Prophètes, avec une profondeur égale.

Madame Veuve Coujan, 20 toises à partir du coin de la maison de M. de la Pierre Ménéguen qui fait l’encoignement de la rue Godeheu vers la fortification , avec une profondeur égale.

Lapotaire sécrétaire greffier de la Communauté, la partie qui se trouve entre la rue Orry et la ruelle des Quais, avec la profondeur de la façade telle qu’elle sera réduite lors de l’arrêté de distribution générale.

Pathelin, officier de vaisseau de la Compagnie des Indes, cinq toises ou environ, faisant face à leurs terrains borné par les quais, avec la profondeur de la dite façade.

Henry de la Blanchetais, quinze toises , à la suite de la concession de M. Cordé jusqu’au coin de la rue de Bréard, avec une profondeur égale

Ces concession comme celles du 21 janvier précédent, ne devinrent définitives que le 27 mai 1771

1769 30 mars Autres demandes de concessions :

David Collet demande 48 pieds de façade dans le prolongement de la maison qu’il possède sur la rue de Condé, bornée par les terrains-vases

Jacques Le Jeune , marchand libraire, 27 pieds en face de la maison qu’il occupe rue Condé

1769 1 er avril autres demandes de concessions

Jean Bouchant, 39 pieds de façade, vis-à-vis le terrain qu’il occupe, rue Condé

Le Sieur Laporte, également 39 pieds de façade

Yves Gérard, 20 pieds de façade

Parère 20 pieds de façade, vis-à-vis de leurs terrains rue Condé

1769 4 avril Soumission par la Veuve Jean Goua pour 5 toises de terrain vases en face de la propriété rue Condé.

1769 5 mai Edit portant création de charges de receveurs et de contrôleurs des octrois à Lorient et au Portlouis.

Le prix de la charge de Receveur de Lorient est fixée à 24 000 livres, et à 4000 livres pour le Portlouis.

La charge de Contrôleur est fixée à 12 000 livres pour Lorient et à 2000 livres pour le Portlouis.

Leurs émoluments furent fixés à la somme énorme de 2 sous pour livres de leurs recettes

Le produit des octrois de Lorient étant à cette époque d’environ 45 000 livres, c’était par conséquent 9000 livres d’émoluments que se partagèrent le receveur et le contrôleur des octrois de cette ville.

1769 6 mai L’Assemblée de Communauté décide l’envoi à M. Ferrand, Maire, en ce moment à Paris, d’un plan de la façade des maisons à construire sur les quais, et d’une copie des conditions imposées aux concessionnaires des terrains vases, afin d’être présentés à l’approbation du Contrôleur Général des Finances.

Ce plan, dressé par M. Guillois, fut approuvé et adopté par la Communauté en Assemblée, le 11 mai «  comme le plan convenable pour la situation, égard à différentes difficultés des fondations sur le terrain qui est marécageux, et égard aussi à l’imposition aux vents du Sud-Ouest qui ne permet pas de faire des édifices trop élevés… »

1769 7 juillet Lettre de M. Ferrand, Maire de Lorient, à la Communauté de cette ville-Colle » Paris, 7 juillet 1769, Messieurs, Je vous dois compte de mes démarches que j’ai faites jusqu’à ce jour pour les affaires de notre ville. Je comptais vous l’aller rendre moi-même, mais j’ai cru qu’il serait utile d’en parler à l’assemblée générale qui doit se tenir demain. Si malheureusement la Compagnie est obligée de suspendre son commerce, j’aurai des secours à demander au ministre pour nos pauvres habitants, et cela me retiendra encore quelques jours.

J’ai cru Messieurs devoir suspendre toutes démarches qui supposeraient Lorient dans un état d’aisance, et qui pourraient persuader au Ministre que cette ville pourrait se soutenir sans les secours de la Compagnie des Indes. En conséquence, je n’ai point sollicité l’arrêt du Conseil qui approuve les bâtiments projetés sur les quais. J’ai suspendu mes démarches pour l’obtention du Consulat, toutes mes vues se sont tournées du côté de la Compagnie, et j’ai taché de prouver que son sort était tellement lié à celui de notre ville, ou plutôt celui de Lorient à la Compagnie, que cette ville périrait à l’instant où la Compagnie cesserait son commerce.

J’ai présenté, Messieurs, un mémoire à M. le Contrôleur Général, que j’ai fait appuyer par M.M. Les Députés et Procureurs Généraux Syndics de la Province de Bretagne par lequel je prouve que Lorient ne peut se soutenir sans les constructions et les armements . J’entre dans les plus grands détails sur les malheurs inévitables qui suivront la cessation du Commerce de la Compagnie. Je crois avoir rempli tout ce que je dois à ma Communauté, aux habitants de Lorient et à moi-même.

J’ai trouvé les moyens de faire présenter un double de ce mémoire à M. le Duc de Choiseul, par une princesse dont la recommandation est du plus grand poids. J’ai intéressé M. le Prince de Soubise, par les Fermiers de M. le Prince de Guéméné . Je leur ai démontrés que leur ferme tomberait de plus de moitié si le commerce était livré aux particuliers.

Est-ce donc Messieurs dans le moment où je néglige toutes mes affaires, pour ne m’occuper que de celles de la ville que je dois avoir le désagrément de trouver des ingrats. J’apprends pourtant que le peuple croit à Lorient que je sollicite des armements particuliers. Non, Messieurs, il n’en est rien et je vous en dirais davantage s’il m’était possible d’entrer dans des détails qui ne peuvent jamais être faits par moi. Le peuple ne prend point de lui-même de pareils soupçons et les gens qui les fomentent ne le font qu’à la faveur de l’obscurité dont ils se couvrent.

C’est à vous Messieurs et Chers Confrères, que je dois m’adresser pour les découvrir et faire connaître la vérité au peuple. J’irai moi-même leur dire ce que j’ai fait pour lui. Mais quelque chagrin que je ressente de son ingratitude, mon premier devoir est de le servir, et je le fais. Je suis.. signé Ferrand »

La Communauté après avoir entendu la lecture de cette lettre dans l’assemblée du 12 juillet 1769, approuve la conduite du Maire, lui vota des remerciements, et pour démontrer publiquement la fausseté des accusations dont il était l’objet, elle chargea M.M. Barbarin, Desbled, Souzy, Deschiens et Duplessix-Jores, d’aller porter à Madame Ferrand les félicitations de l’assemblée et l’assurer de sa reconnaissance pour tous les bons offices de M. Ferrand. Et à son retour à Lorient le 28 septembre la même députation alla le recevoir à la porte de la Ville.

En ce moment, les Lorientais ne prévoyaient pas les conséquences fâcheuses de la conduite tenue à Paris par le Maire, M. Ferrand.

Celui-ci ne put empêcher ni retarder la fin de la Compagnie des Indes, tandis qu’en négligeant et en refusant même par calcul de solliciter l’approbation des plans et des conditions de concessions de terrain sur les quais ; en refusant de solliciter l’établissement d’une bourse de commerce, d’un siège d’Amirauté et d’un Consulat, toutes choses qu’il eut facilement obtenues en un moment où l’on cherchait à atténuer le plus possible le fâcheux effet que devait immanquablement produire la suppression de la Compagnie des Indes, M. Ferrand retarda de près de quinze ans l’embellissement et les améliorations de la ville, et en laissa an quelque sorte le soin et l’honneur à son successeur, M. Esnoul Deschatelets.

Ferrand ne croyait peut-être pas que Lorient pût vivre une fois abandonnée à l’initiative de l’industrie privée, et pour lui, une marine autre que celle du commerce, la marine militaire par exemple, qui allait remplacer à Lorient celle de la Compagnie des Indes, n’offrait qu’un avantage équivoque, problématique, douteux. De là l’inquiétude qui s’empara de son esprit à l’approche de l’Arrêt du Conseil qui allait suspendre les privilèges de la Compagnie des Indes ; cette inquiétude était naturelle, mais ne justifie à mes yeux l’excès dans lequel il tomba en refusant de demander les avantages qu’il eut facilement obtenus et en persistant dans cette funeste ligne de conduite, ainsi qu’on le verra plus tard..

Ferrand déclara et écrivit tellement qu’une fois la Compagnie des Indes morte, Lorient devait mourir, que ne voulant pas avoir le démenti, il dissimula avec soin tout ce qui pouvait donner à cette cité une apparence de vie.

1769 14 juillet A la nouvelle de la rentrée du Parlement de Bretagne, M. Barbarin lieutenant de maire assemble la Communauté de Lorient. Celle-ci, par une délibération, charge M.M. Galabert et Deschiens fils, deux de ses membres «  de se rendre en toute diligence possible à Rennes, pour porter au Duc de Duras une adresse de félicitations du rétablissement de l’ancien Parlement dont elle se reconnaît l’auteur ; et porter également aux membres du Parlement les mêmes félicitations. »

A cette occasion, la Communauté ordonna des réjouissances publiques.

1769 13 août Arrêt du Conseil d’Etat du Roi qui suspend le privilège de la Compagnie des Indes et rend aux particuliers la liberté de commerce et de la navigation au-delà du Cap de Bonne Espérance.

Certains avantages fisc&aux furent cependant réservés à Lorient par cet arrêt qui ne pouvait manquer d’apporter une profonde perturbation dans son existence. Ainsi, les armateurs particuliers qui étaient tenus de se munir de passeports gratuits de la Compagnie des Indes furent obligés d’effectuer à Lorient le retour de leurs vaisseaux.

La Compagnie des Indes au lieu de songer à conserver le commerce de l’Inde et de la Chine en concurrence avec les particuliers, préféra une liquidation de la société. Elle fit offrir au Roi de lui céder des établissements de l’Inde et d’Europe et ses vaisseaux, moyennant trente millions outre le remboursement d’une somme de quinze millions et demi, mais par diverses raisons d’Etat ou autres

l’indemnité accordée aux actionnaires fut réduite à 1200 mille livres de rente au Capital de trente millions par Edit du mois de janvier 1770.

179 18 août Lettre des administrateurs de l’hôtel-Dieu à M. Ferrand, maire de Lorient, à paris, qui expose les besoins pressants d’argent nécessités par «  les dépenses de constructions à l’hôtel-Dieu, en place des vieilles masures dans lesquelles la vie des pauvres n’était pas en sûreté, et se procurer plus d’étendue à donner retraite aux indigents dont le nombre s’accroissait de jour en jour »

1769 8 septembre Lettre de la Communauté de Lorient à l’Intendant de Bretagne, relative à l’Arrêt du Conseil obtenu par la Dame de Guédeville qui lui accorde sur la Communauté une indemnité de six mille livres pour expropriation de terrains pris à l’occasion de l’établissement de la place d’Esprémesnil.

«  Si Madame de Guédeville obtient la confirmation de cet arrêt, il est fort à craindre que les particuliers qui ont perdu leurs terrains pour former les rues et places de cette ville en formant à l’appui de cet arrêt des demandes qui seraient aussi légitimes que celles de cette Dame ; et nous avons ici une place fort considérable par sa grandeur, on la nomme la place Royale, pour la formation de laquelle un grand nombre de particuliers ont perdu des terrains.. »

En effet, dans le principe, c’est-à-dire antérieurement à la création d’une Communauté de ville, on perçait les rues, on les redressait, on établissait des places, en un mot on envahissait le terrain des particuliers et on abattait leurs maisons, ou plutôt leurs masures, sans payer d’indemnité, on laissait seulement aux propriétaires la faculté d’enlever les matériaux de ces maisons. La réclamation de la Dame de Guédeville portait, semble-t-il, sur un fait d’expropriation antérieur à la Communauté et c’est pour ce motif que cette Communauté prétendait être dispensée de payer une indemnité quelconque.

1769 20 septembre Lettre de la Communauté en laquelle il est question d’une rente viagère de 350 livres payées à Mademoiselle Droneau, vraisemblablement à l’occasion de sa démission des fonctions de Directrice de l’hôtel-Dieu.

1769 25 octobre Lettre de la Communauté à l’Intendant relative à la chaussée du moulin du Faouëdic qui était rompue. La ville prétend que la réparation de cette chaussée incombait au génie militaires, puisque cette chaussée se trouve dans la zone des fortifications. Le Maire voudrait acquérir l’étang du Daouëdic, reconstruire le moulin qui est en ruines et qui serait très utile à la ville, et établir au moyen d’une vanne un courant d’eau qui permettrait de nettoyer sans dépenses le canal du port marchand.

Le Génie militaire s’était opposé à la reconstruction du moulin du Faouëdic par les héritiers Dondel, propriétaires.

1769 16 novembre Réunion des juridictions de la Rochemoisan et de la Sauldraye à celle de Lorient.

«  Judiciellement à l’audience ordinaire de la Sénéchaussée au Siège roayl d’Hennebont, tenue le jeudi seizième novembre 1769, par Messieurs les Sénéchal, l’Alloué et Lieutenant, le Substitut de M. le Procureur Général du Roi présent, M.M. Toussaint-Bonaventure Le Gouzronc, Procureur de Juels-Hercule de Rohan, Prince de Rohan-Guéméné, Duc de Monbazon, Pair de France, Lieutenant-Général des armées du Roi, a remontré que par Lettres Patentes du Roi données à Versailles au mois de juin l’an de grâce 1769, signé Louis, et plus bas : Par Le Roy Phelippeaux, au visa de Maupeou, insinuées à Hennebont le 30 août dernier observées par le dit Seigneur de Rohan, lequel aurait fait présenter à Sa Majesté que par Lettres Patentes du lois de novembre 1710, enregistrées au Parlement de cette province le seize janvier 1711,

Le Lieu, port et paroisse de Lorient auraient été distraits de la Justice de Pontscorff, l’une des Juridictions de la Principauté de Guéméné, il aurait été permis au Seigneur Prince de Guéméné son père d’établir au dit Lieu de Lorient une juridiction, dont l’étendue serait la même que celle de la paroisse, qui serait composée d’un Juge, d’un Procureur fiscal et d’un Greffier, comme aussi d’y établir les tabellions, notaires et sergents qu’il pourrait avoir besoin d’y instituer ; que depuis la Paroisse de Lorient aurait été érigée en ville et se serait accrue considérablement, à cause du commerce des Indes et des armements qui s’y faisaient, lesquels y attiraient un grand nombre d’habitants et même un grand nombre d’étrangers ; que les affaires civiles, criminelles et de police y avaient éprouvé le même accroissement et, n’y ayant qu’un seul Juge, elles n’étaient pas expédiées avec toute la célérité que demandait le bien de la Justice. D’ailleurs les affaires criminelles exigeaient qu’on appelât trois graduées, et comme on était obligé de les faire venir de loin, il en résultait des retards et des frais considérables. Pour remédier à ces inconvénients, ledit Seigneur Prince de Rohan avait fait proposer à Sa majesté de réunir à la Justice de Lorient, celles de Pontscorff et de la Sauldraye composées chacune d’un Sénéchal, d’un Alloué, et d’en fixer le siège à Lorient, où la justice serait alors rendue avec beaucoup plus de célérité…pour ne former à l’avenir qu’une seule et même justice qui serait exercée en la ville de Lorient, et qui serait composée d’un Sénéchal, d’un Alloué, d’un Lieutenant, d’un Procureur-fiscal, d’un Greffier et d’un nombre suffisant de commissaires de police, tous lesquels officiers résideraient en ladite ville de Lorient. »

Le procès-verbal relate que la réunion de juridiction demandée a été accordée , et il continue ainsi :

« Que par arrêt du 26 juillet 1769 , le Parlement de rennes aurait, avant faire droit ( à la demande d’enregistrement des Lettres Patentes ) ordonné que les dites Lettres Patentes seraient lues et publiées par trois dimanches consécutifs à l’issue des grand-messes des paroisses où s’étendent les fiefs dépendant des juridictions unies et incorporées.. »

( Le procès-verbal constate les publications dans les paroisses de Saint-Caradec, Hennebont, Portlouis, caudan, Plouay, Lanvaudans, Inzinzac, Riantec, Lesbin, Arzanno, Meslan, Guidel, Groix, Ploemeur, Quéven).

Ces lettres patentes furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 12 janvier 1770.

1769 6 décembre La Communauté fait des démarches pour acquérir les charges fructueuses de miseur et de contrôleur des octrois, réunies entre les mains du Sieur Bourgeois et qui rapportaient 7 à 8000 livres par an. Elle se proposait de les réunir sous le nom de M. de Kerlivio, son Secrétaire-Greffier, sans augmenter les émoluments de ce dernier.

1770

19 février Arrêt du Parlement de Bretagne rendu à requête des Directeurs de l’hôtel-Dieu de Lorient qui déclare applicable à la ville de Lorient et aux paroisse de Ploemeur, Guidel, Caudan et Riantec l’arrêt rendu le 4 août 1725 sur la requête des Directeurs de l’hôtel-Dieu de Nantes.

Cet arrêt accorde auc Directeurs de l’hôtel-Dieu de Lorient certains droits de surveillance sur les filles grosses, et les femmes grosses étrangères à la ville et aux paroisses voisines, pour diminuer le nombre d’expositions d’enfants dont l’entretien était devenu une très lourde charge pour cet établissement.

«  Et à l’égard des filles grosses, et femmes étrangères ( dit l’arrêt du Parlement ) qui viendront dans ladite ville de Lorient, pour cacher leur grossesse, y accoucher, faire recevoir leurs enfants par surprise au dit hôtel-Dieu, ou à toutes les filles grosses et femmes étrangères de venir en ladite ville de Lorient pour les exposer, pour éviter de pareils désordres et à la ruine de l’hôtel-Dieu, fait défense et très expresses inhibitions à toutes filles grosses et femmes étrangères, devenir dans la dite ville de Lorient pour y accoucher sur peine du fouet après qu’elles auront accouché, et à tous habitants chirurgiens et matrones de les recevoir chez eux ou en magasins interposés, sur peine de répondre personnellement et par corps, de la nourriture et entretien des dits enfants.. » C’était là un moyen de police barbare et inhumain.

1770 7 avril Délibération de l’Assemblée des actionnaires de la Compagnie des Indes, prises sur les propositions du Ministère, en vertu de laquelle cette Compagnie fait cession au Roi de ce qu’elle possédait de valeurs et de propriétés, à l’exception du capital de trente millions réservé par l’édit du mois de janvier 1776.

Les objets compris dans cette cession consistaient principalement dans le port de Lorient des vaisseaux dans le parc et l’enclos, de l’hôtel de la Compagnie à Paris ( actuellement occupé par la Bibliothèque Richelieu ) ; en marchandises attendues des Indes en 1770 et 1771 ; en créances sur leurs débiteurs aux colonies.

De son côté le ministère s’engageait à payer toutes les rentes perpétuelles et viagères, pensions demi-soldes dues par la Compagnie , le tout estimé environ 45 millions. Cette délibération homologuée par arrêt du Conseil du Roi du 8 avril 1770, fut sanctionnée par Lettres Patentes du Roi le 22 du même mois.

1770 6 mai Le Recteur de Lorient, dans une assemblée de paroisse appelée à délibérer sur les moyens de secourir les indigents, dont les souffrances causées par une disette extrême, étaient encore augmentées par la cessation des travaux de l’arsenal qui allait devenir propriété royale, fait connaître «  qu’au moyen d’une charité particulière et sur laquelle on lui avait demandé le secret ( Foucaud ), il avait fait distribuer depuis le mois précédent du pain aux pauvres et de préférence aux ouvriers renvoyés du port, outre le biscuit d retour et les haricots que la Compagnie des Indes lui avait fait délivrer. Qu’il était autorisé par les mêmes personnes charitables à continuer cette distribution pendant le mois de mai seulement, mais qu’elle n’était plus que de cent livres par semaine. »

1770 12 mai M. Ferrand, Maire de Lorient, annonce à l’Assemblée de Communauté qu’ayant appris la défense faite par M. de Clugny d’entrer dans le port, et cette défense emprtant celle d’y aller prendre de l’eau, celui-ci a bien voulu sur ses représentations, lever cette interdiction. Que de plus M. de Clugny a ajouté qu’on pourrait bien accorder à la ville un pouce des eaux qui passent sous la ville pour aller au port, à deux conditions : la première que la Communauté fera faire à ses frais la pompe ou fontaine pour recevoir cette quantité d’eau ; la seconde qu’on arrêterait la pompe si l’eau

était nécessaire aux armements et pendant le temps qu’on remplira les futailles des vaisseaux.

Par un arrêté du 22 du même mois, M. de Clugny, Intendant de la Marine, accorda à titre provisoire à la ville de Lorient l’autorisation d’extraire par un tuyau partant du canal de conduite situé vis-à-vis la Grande Porte du cimetière donnant sur la place de Préménil.

1770 26 mai La misère est extrême à Lorient parmi la population ouvrière, par suite de la cessation des travaux du port, et de la grande disette des grains. L’Assemblée de Communauté par délibération de ce jour, charge le Maire de solliciter de l’Intendant de Bretagne d’exécuter de grands travaux publics pour apporter quelques secours au peuple.

Ferrand expose à l’Assemblée que M. l’Ingénieur Désailles arrivé en ville, lui a suggéré comme moyen d’employer utilement 200 ouvriers par jour pendant trois mois, de revêtir la partie du chenal du port marchand où il n’y a point de quais avec des fascines et à la remblayer.

La Communauté adopte ce projet. Suivant avis du 4 juin suivant cette proposition fut approuvée par l’Intendant de Bretagne M. d’Agay, à condition que les travaux seraient exécutés d’après les plans et sous la direction de l’Ingénieur Détailles.

1770 28 mai Lettre de M. Ferrand maire de Lorient à l’Intendant de Bretagne.

« ..La Compagnie après avoir renvoyé ses ouvriers au mois de mars remit un état de ceux qu’elle conservait et cet état montait encore à 3400 hommes et plus. Le nombre de ceux employés actuellement n’est tout au plus que de 700 ..Jugez que de gens inoccupés !

Pour atténuer cette misère publique on organisa des ateliers de travaux pavés, remblai de quais . Le prix de la journée de l’ouvrier fut réduit à 10 sous pour répartir ces sommes entre un plus grand nombre. La Province accorda des secours. La ville fit acheter du froment et des blés noirs pour les vendre au rabais aux classes nécessiteuses.

1770 11 juin Cordé et Deschiens sont députés par la Communauté de Lorient pour se rendre à Hennebont au devant de M. d’Agay, Intendant de Bretagne qui arrive à Lorient. La ville fait à ce personnage une brillante réception. On lui présente le vin d’usage : il est logé à l’hôtel de ville et l’on donne en son honneur un banquet de 25 couverts.

1770 13 juin L’Intendant de Bretagne autorise les travaux à exécuter pour établir une prise d’eau sur les tuyaux de conduite du port. La ville accepte les propositions de M.M. Guillois, oncle et neveu, de diriger gratuitement ces travaux, ainsi que la construction d’une pompe ou fontaine à établir place Prémenil.

La Communauté voulant récompenser M. Ferrand, maire, des services rendus à la ville, décide que M. l’Intendant d’Agay sera prié d’autoriser une concession gratuite à ce maire de la portion de la partie de terrains vases qu’il a sollicitée à prendre du coin de la place Prémenil au coin de la rue d’Aiguillon ( voir au 21 janvier 1769 ).

1770 17 juin Les boulangers de Lorient appelés dans le sein de l’Assemblée de Communauté, déclarent que la consommation mensuelle de la ville est d’environ quatre-vingt quinze tonneaux de grains, et que leur approvisionnement n’est que d’environ soixante tonneaux. Séance tenante la Communauté charge M. Lazé, l’un de ses membres de se transporter à Nantes et d’y faire charger sans délai 60 tonneaux de grains pour Lorient ; et décide que cette quantité sera répartie entre les boulangers en proportion de leur vente habituelle.

Lazé accomplit sa mission à la grande satisfaction de la ville qui , en témoignage de reconnaissance, lui offrit une des médailles d’argent que la ville avait fait frapper pour perpétuer l’hommage qu’elle devait rendre tous les dix ans au Prince de Guéméné. La Communauté décida également qu’une semblable médaille serait offerte à M. des Ridelières Le Roulx de Nantes, qui avait aidé gratuitement M. Lazé dans ses achats de grains. Mais en réfléchissant que cette médaille avait été frappée pour un motif qui n’avait rien de commun avec les faits qu’il s’agissait de récompenser, la Communauté revint sur sa première détermination par une délibération du 10 septembre suivant, et ces médailles ne furent délivrées ni à Lazé, ni à des Ridelières Le Roulx.

1770 13 novembre Ordonnance royale concernant les officiers de marine de la Compagnie des Indes ; elle leur accorde la faculté de prendre le commandement des navires de commerce sans être assujettis à aucune réception ni examen devant les sièges d’Amirauté. Les privilèges et exemptions dont ils jouissaient sous la Compagnie des Indes leur sont conservés. Les bâtiments qu’ils commanderont pourront arborer la flamme, etc.

1770 9 avril Lettre du maire de Lorient, M. Ferrand à l’Intendant de Bretagne, relative à la misère qui régnait à Lorient parmi les ouvriers demeurés sans ouvrage après leur licenciement du port.

«  M. de Bruny a eu soin de faire distribuer environ deux milliers de pain par semaine. Les vols sont nombreux. On a volé beaucoup de marchandises déposées par les particuliers dans les magasins de la Compagnie, les voleurs étaient des ouvriers de la Compagnie. Quatre à cinq cents de ces ouvriers sortent tous les jours de la ville et se dispersent par bandes dans la campagne, armés de haches, coupent indistinctement tous les bois des fossés et les vendent pour vivre.. »

C’est à cette époque que la brigade de Maréchaussée transféra sa résidence de Hennebont à Lorient.

1770 26 avril. M. de Clugny Intendant de la Marine à Brest, assisté de M.M. Chiquet, Commissaire Général de la Marine, Vidal, Lieutenant des vaisseaux du Roi et du port de Brest, Groignard Ingénieur constructeur en chef des vaisseaux du Roi, et Blondeau, Ingénieur ordinaire du Roi, et de Casamayor, Commissaire de la Marine, faisant office de Contrôleur, prend possession du port de Lorient et de ses dépendances, vaisseaux, etc., dont la remise lui est faite par le Délégué de la Compagnie des Indes, de la Vigne-Buisson,, Chevalier de Saint-Louis, Directeur des armements et Commandant pour la Compagnie des Indes, assisté de M.M. Cardonne, Contrôleur du port de Lorient ; Thévenard, Capitaine dudit port ; Guillois Ingénieur des bâtiments civils et Cambry, chef des constructions.

1771 17 janvier La Communauté de Lorient sollicite le Duc de Penthièvre, Gouverneur de Bretagne la création d’une chaire d’hydrographie à Lorient et pour titulaire la nomination de M. Boyer, professeur de mathématiques en cette ville.

Cette demande fut agréée ; et le 21 février suivant M. Boyer fut nommé Professeur d’hydrographie à Lorient. Le 12 mars suivant, la Communauté fixe à neuf cents livres par an les appointements de ce professeur.

1771 22 mars Lettre du maire de Lorient, M. Ferrand à l’Intendant de Bretagne, relative à la misère de la classe ouvrière : «  J’ai eu l’honneur de vous prévenir qu’il se faisait continuellement des vols avec effraction. Je vous ai parlé des maisons de M. Chaigneau rue Pérault dont les grilles de fer des caves ont été enlevées et retrouvées ensuite au passage Saint-Christophe. De pareilles effractions faites la veillede mon départ dans la rue Vernay chez Madame Veuve Mancel et chez Madame Dordelin. Depuis mon retour ces voleurs ont attaqué et démoli l’encavage du Sieur de la Pierre et cette nuit ils ont attaqué celle du Sieur Querquelin qui ne s’est garanti qu’en criant au feu. Les voleurs se sont évadés. Ils ont cru le Sieur Querquelin à bord du vaisseau sur lequel il part aujourd’hui, car j’ai remarqué qu’à l’exception de M. Chaigneau, ils ne se sont adressés qu’aux maisons dont les maris sont absents. Ces vols sont l’effet de la misère affreuse qui afflige cette ville.

Si pendant votre séjour à Paris vous pouviez obtenir un second bataillon et du travail utile pour le peuple…Sur le salaire duquel il puisse compter tous les mois, je crois qu’on verrait cesser tous ces vols.. »

A cette époque, il n’y avait en garnison à Lorient qu’un bataillon du régiment d’Artois, fort insuffisant pour contenir tous les malheureux.

Voici la réponse de l’Intendant à la lettre de M. Ferrand :

«  Besançon, le 10 avril 1771 . J’ai reçu, Monsieur,votre lettre du 22 du mois dernier au sujet de la misère affreuse qui règne à Lorient parmi les ouvriers du port, faute de paiement des salaires qui leur sont dus par le Roi et des vols et violences qu’ils commettaient journellement.

J’en ai été informé par M. le Contrôleur Général et j’espère qu’il aura incessamment égard à tout ce que je lui ai marqué à ce sujet.. »

1771 22 mai Le Maire de Lorient à l’Intendant de Bretagne : «  Monseigneur, Le feu a pris ce matin

à minuit trois quarts dans la partie de la corderie où l’on fait chauffer le goudron pour els cordages. M. Delavigne Commandant du Port a fait donner du secours avec tant d’ordre et d’activité qu’il n’y a eu que le lieu même où le feu a pris qui ait été entièrement brûlé. Le reste de ces vastes bâtiments remplis de matières combustibles a été conservé. J’ai fait placer les pompes de la ville dans la rue Bertin vis-à-vis pour empêcher la communication aux maisons de cette rue. Heureusement il ne ventait pas. A quatre heures ce matin le feu était éteint.

J’ignore comment le feu a pris et je ne puis croire que ces événements aient aucun rapport aux billets trouvés ci-devant dans le port, mais beaucoup de gens parmi le peuple le croient et cela ne peut faire qu’un mauvais effet , cependant tout est tranquille.

Je dois aussi vous présenter, Monseigneur, que dans la précipitation du premier moment, dans celui où on a ouvert les portes de l’hôtel de ville, des gens ont conduit une de nos pompes dans le port sans y porter toutes les parties nécessaires pour la faire jouer, ce qui l’a rendue inutile. Je crois qu’il sera nécessaire de former des escouades de gens connus pour chaque pompe, qui, ayant de modiques salaires lorsqu’ils seront employés pour les incendies ; c’est l’unique moyen que les pompes ne manquent jamais. Les trois autres pompes étaient dans le meilleur ordre. »

1771 8 juin «  Ordre du Roy portant exemption de droits sur quinze balles de café moka destinées pour Sa Majesté

«  Sa Majesté voulant exempter des droits qui peuvent être dus quinze balles de caffé Moka n° mille un à mille treize pesant ensemble brut 4549 livres, venus à Lorient sur un vaisseau et destinés pour l’usage de Sa personne, elle a chargé le Sieur Le Chesne fils de la faire transporter dudit port à Versailles, et fait deffense aux Receveurs de ses fermes unies, Domaines et autres, à ceux des Seigneurs particuliers, Villes, Communautés et à tous autres d’en exiger aucuns sur les dites balles de Caffé , attendu leur destination.

Fait à Marly, le 8 juin 1771 Signé Louis et plus bas , par le Roy, Bourgeois de Boynes. Vu au Conseil, signé Terray » ( Registre des Ordonnateurs et réglements , archives du Commissaire Général de la Marine à Lorient ).

1771 26 juin M. Cordé communique à l’Assemblée de Communauté l’Arrêt du Conseil et les Lettres-Patentes rendues en faveur de M. Ferrand, Maire, pour le don que lui a fait la Communauté d’un terran sur les quais.

La Communauté nomme M.M. Gérard et Cordé avec mandant de passer contrat de cession de ce terrain à M. Ferrand. Les Lettres patentes sont du 19 février 1771

1771 28 juin Mort de Monseigneur Auguste-François Annibal de Farcy de Cuillé, évêque de Quimper. Ce prélat était venu à Lorient consulter des médecins. Il fut inhumé dans la cathédrale de Quimper.

1771 1er septembre «  Sa majesté ayant fait armer au port de l’Orient la Corvette le Sage pour porter en toute diligence à l’Isle de France des paquets concernant son service, elle ordonne au Sieur de Boisquenay capitaine de Brulot à qui elle a confié le commandement de ladite corvette d’appareiller aussitôt que les autres paquets lui auront été remis à sa destination sans relâcher en aucun endroit à moins d’une nécessité absolue. A son arrivée à l’Isle de France, il remettra au Gouverneur général et à l’Intendant de ladite colonie les paquets dont il sera chargé et il se conformera aux ordres qu’ils auront à lui donner, tant pour le désarmement de la dite corvette que sur le service qu’il aura à y remplir dans ses fonctions de Capitaine du port. Fait à Versailles le 1er septembre 1771 Signé Louis et plus bas Bourgeois de Boynes..( même registre ).

1771 15 septembre Lettre où il est dit que l’Intendant de Bretagne, M. d’Agay, lors de son passage à Lorient en 1770 a amené la Communauté de Lorient à accorder à M. Guérin de Frémicourt l’indemnité annuelle de 500 livres qu’il réclamait en vain depuis plusieurs années. M. de Frémicourt abandonne aux pauvres la première année de cette indemnité.

1771 21 novembre Nomination de différents magistrats de la Juridiction de Lorient par le Prince de Guéméné. Pierre Kerléro de Kersilt fut nommé Alloué ; M. Jacques Cabary avocat, Lieutenant ; M. Jeaan-François Morin père, avocat, Procureur-fiscal ; M. Jean-François Morin,avocat, Substitut du Procureur fiscal

1771 26 novembre En reconnaissance du bien que fait journellement M. Guérin de Frémicourt, Commandant de la ville de Lorient, la Communauté donne le nom de Frémicourt à la rue qui joint les maisons de M. Deffond qui traverse de la rue Perreine de Moras à

la rue de l’Egout.

1771 22 décembre Le Général de la Paroisse fixe à 150 livres par an le prix des caveaux établis dans les tours et sous le portail de la nouvelle église et autorise la marguillie à se pourvoir en cour pour parvenir à l’homologation de ce droit.

1771 23 décembre Lettre où il est dit que les Maires étaient exempts de l’impôt de l’octroi dans les boissons.

1772

6 janvier Lettre de M. Ferrand maire de Lorient à l’Intendant de Bretagne

«  Monseigneur, Je réponds à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 3 de ce mois. Il serait sans doute très utile d’éclairer cette ville, particulièrement dans les endroits que j’ai indiqués à M.Minard, mais avant d’en parler à la Communauté, je dois vous prévenir des objections qui m’ont été faites et qui se renouvelleront sans doute à l’Assemblée.

1 La largeur des rues, la beauté du pavé, la hauteur des maisons ; les rues tirées au cordeau sont presque toutes de 36 pieds ; il y en a de plus larges ; le pavé quoique détérioré dans quelques rues est encore le plus beau de la province ; les maisons n’ont qu’un étage sur le rez-de-chaussée, ainsi la nuit même les maisons sont moins obscures qu’ailleurs.

2 Qu’il y a deux dépenses essentielles à faire avant tout autre objet : relever le pavé de la rue Moras et de la rue Faouëdic, et procurer des eaux à la ville qui n’a d’autre ressource que celle d’aller en prendre dans le port ; cette grâce dépend du Commissaire ordonnateur, qui aurait peut-être de bonnes raisons pour ne le pas permettre indiféremment à tout le monde et en tout temps.

3 Je ne sais , Monseigneur, comment je puis bazarder cette troisième objection : ce ne serait pourtant pas celle qui influerait le moins sur l’indifférence que la ville témoignerait pour être éclairée ; c’est que son commerce particulièrement celui de la mer, ne se fait pas volontiers en grand jour. Je dois encore vous ajouter qu’une très grande partie des habitants vivent de ce commerce. Si d’après ce que j’ai l’honneur de vous écrire, vous jugez que je doive communiquer votre lettre à la Communauté, je le ferai.. »

1772 11 janvier Nouvelle lettre relative aux réparations de la chaussée du moulin du Faouëdic.

La Maréchaussée est pour la seconde fois depuis deux ans transférée à Hennebont, au grand mécontentement de la Communauté de Lorient.

1772 6 février Sentence de la sénéchaussée royale de Hennebont, portant que le Prieuré des Montagnes relève du Domaine du Roi, et non de la Principauté de Guéméné, opposition en appel du Prince de Guéméné devant le Conseil d’Etat du Roi. L’affaire était encore pendante à la Révolution.

Le sergent féodé de la Prévôté de Groix payait autrefois une rente par froment aux Oratoriens au titre même Prieuré des Montagnes, sans savoir pourquoi elle était servie. So refus de payer cette rente, les Oratoriens se pourvurent devant les Juges d’Hennebont vers la même époque ( Papiers de Guéméné ).

1772 1er mars Déclaration du Roi portant tarifs des droits à percevoir sur les papiers et les cartons. Les villes d’Hennebont et de Lorient sont comprises au nombre de celles où des Lorientais devaient être établis pour la perception de ces impôts. L’article sept de cette déclaration fixe un délai de 6 mois pour l’entrepôt à Lorient des papiers et cartons destinés à l’exportation.

1772 12 août Naissance de Jean Raymond Charles Bourke qui s’illustra durant les guerres d ela République et de l’Empire, notamment à la bataille de Toulouse en 1814.

Il mourut à sa terre de Kervégan, en Ploemeur, le 29août 1847 . Il était Pair de France, Lieutenant général, Grand Croix de la Légion d’honneur, Commandant de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis ; Grand-Croix de l’ordre d’Alexandre de Russie, Grand-Croix de l’ordre de Ferdinand d’Espagne, Commandeur de l’Ordre du service militaire de Henry de Saxe.

1772 2 septembre ordonnance de l’intendant de Bretagne Dupleix qui rejette une supplique de quarante charpentiers des constructions navales, demeurant dans la banlieue de Lorient, demandant l’exemption comme les habitants de Lorient des corvées d’entretien de grand chemin.

1772 22 septembre En séance de l’Assemblée de la Communauté de Lorient, M. Ferrand, maire, se plaint de ce que pendant son absence M. Kerléro de Kersily, Alloué de la Juridiction de Lorient se soit emparé de la loge qui lui a toujours été privative dans la salle de spectacle, faisant face à celle de M. le Commandant.

Le 9 septembre 1773 probablement après de nouvelles difficultés, M. Ferrand fut chargé par la Communauté de Lorient d’écrire à l’Intendant de la Province au sujet de son privilège de loge à la Comédie, puis au Conseil du Roi pour la confirmation de ses prétentions à cet égard.

1772 10 octobre L’Assemblée de la Communauté de Lorient nomme en remplacement de M. Brossière, aumônier de la Communauté, M. de Montalan, prêtre, lequel dira une messe chaque dimanche , dans l’église Saint-Louis, à l’issue de la messe paroissiale. C’est l’origine de la messe de midi.

1772 14 novembre M. Cordé communique à l’Assemblée de la Communauté de Lorient un mémoire dans lequel il expose le fâcheux état où se trouve réduit le commerce de Lorient et présente comme unique moyen de le relever et de sauver Lorient de l’anéantissement qui le menace, la liberté du commerce avec les Isles d’Amérique et la Coste de Guinée.

La Communauté de Lorient qui sollicite depuis longtemps l’entrepôt de marchandises pour les Isles d’Amérique et la Côte de Guinée, persuadée que les circonstances actuelles sont favorables, ordonne l’envoi de ce mémoire «  qui est le fruit des réflexions de citoyens zélés et intelligents «  à M. Ferrand, Maire, député aux Etats de Bretagne à Morlaix pour solliciter l’appui de l’Intendant de Bretagne, et le charger de toutes les démarches utiles au point de vue de l’intérêt de son commerce maritime.

1773

16 février Contrat passé au rapport de M. Fourcaut notaire au Châtelet de Paris, par lequel les administrateurs de la liquidation de la Compagnie des Indes autorisés par Arrêt du Conseil d’Etat du Roi du vingt trois septembre 1772, vendirent à M. Ferrand, Maire de Lorient, moyennant 24 000 livres , l’office de cette charge de Maire.

Les offices municipaux de Lorient appartenaient à la Compagnie des Indes en vertu des Edits de 1733 et 1738 portant création du Corps de la Communauté de la ville de Lorient. Outre l’office de Maire qui venait d’être vendu à Ferrand, il y avait encore à vendre les offices de

Lieutenant de Maire dont la finance était taxée à 12 500 livres

deux échevins taxés à 4920 livres

deux assesseurs à 4200 livres

deux contrôleurs du Greffe à 3075 Livres

Avocat du Roi à 2050 livres

Procureur du Roi à 4200 livres

soit un total de 30 545 livres

La Communauté de Lorient fit les démarches nécessaires pour obtenir l’acquisition de ces offices, afin de posséder la faculté de choisir ses membres et d’éviter le désagrément de voir ces places remplies par des étrangers.

1773 23 mars Sur l’avis que M. l’Intendant de Bretagne insiste pour que la ville soit éclairée la nuit, la Communauté de Lorient décide qu’un réverbère à trois becs sera placé incessamment sur la principale porte de l’hôtel de ville , en attendant que l’on puisse pourvoir à l’éclairage de toute la ville.

1773 2 octobre. Le recteur de Lorient communique à M. Ferrand , Maire, son intention de ne plus permettre de porter à la procession de la Victoire, la statue de la Vierge au milieu des ecclésiastiques, si l’on dérogeait cette année comme l’année précédente aux anciennes habitudes en faisant porter la Vierge par d’autres personnes que des officiers de la Communauté de Lorient.

Jusqu’en 1772 en effet, les membres de la Communauté de Lorient avaient porté la statue d’argent de la Vierge à la procession, ; cette année ils jugèrent à propos de se faire remplacer par des gens du peuple pour tenir seulement les cordons de la statue. Ce fut contre cette innovation que le prêtre protesta : il eut gain de cause et à la procession de 1773 la statue de la Vierge fut portée comme par le passé par des membres de la Communauté de Lorient.

1723 28 octobre. La Communauté de Lorient arrête les dispositions générales et les nouvelles bases d’un plan de construction des maisons sur les quais :

1 La largeur et profondeur de l’esplanade du quai demeure fixée à cent vingt pieds, en mesurant du bord du mur de revêtement

2 Il sera adressé un nouveau plan pour les façades ; on s’attachera à l’uniformité de hauteur dans les étages pour les cordons et combes, laissant d’ailleurs toute liberté à chacun.

3 Lorsque ledit plan aura été approuvé, on représentera à M. l’Intendant un état certifié des soumissions faites et on prendra des ordres pour passer l’adjudication. »

Par fait de cette nouvelle délibération un nouveau plan fut dressé par l’Ingénieur Détaille et approuvé le 19 février 1774 par l’Intendant de Bretagne Dupleix. Celui-ci invita la Communauté de Lorient à se pourvoir au Conseil du Roi pour obtenir approbation de ce plan et à vendre après cette formalité les terrains qui resteraient disponibles après l’établissement du quai.

1773 18 décembre Au moment de partir pour Paris, M. Ferrand, Maire, est invité par la Communauté de Lorient à s’occuper des principaux intérêts de Lorient :

1 Achat des offices de la Communauté de Lorient

2 Permission de construire des cales indispensables au commerce depuis que l’Enclos de la Compagnie des Indes appartient au Roi.

3 Approbation du plan de la façade des quais dressé par l’Ingénieur Détailles et adopté par la Communauté de Lorient le 28 octobre précédent

4 Concession d’un pouce et demi des eaux de la Marine, en attendant que la ville puisse faire la dépense d’établissement de fontaines publiques «

1773 21 mai De mande de concession par Ferrière de douze toises à prendre du coin de la place Préménil à aller du côté de la rue des Prophètes

31 juillet Concession par la Communauté de Lorient à titre gratuit, et comme récompenses à M. Cordé de 15 toises de terrains, entre les deux rues d’Aiguillon et de Bréard

23 septembre Demande de concession par Borne-Bonnet de 13 toises. La Communauté de Lorient lui accorde la préférence lorsque le temps lui permettra

11 octobre 1773 Demande de concession par M. Foucault de quinze toises de terrains au coin de la rue d’Aiguillon à la rue de Bréart

1774

1er mars M. Ferrand, Maire de Lorient, mourut à Paris le premier ou le deux mars, chez M. Monnier, chef de bureau des affaires contentieuses de la Compagnie des Indes, chez lequel il logeait. Pour honorer publiquement la mémoire de M. Ferrand, la Communauté de Lorient décida le sept mars 1774 qu’il serait fait un service solennel dans l’église paroissiale. Mais cette cérémonie ne put avoir lieu par suite des refus d’en autoriser la dépense opposé par l’Intendant de Bretagne. Dans la suite, la Communauté de Lorient trouva le moyen d’honorer la mémoire de M. Ferrand en accordant à sa veuve une pension viagère de trois cents livres.

Au moment de sa mort, M. Ferrand s’occupait des intérêts de la ville. Il était entré en arrangement avec les liquidateurs de la Compagnie des Indes pour l’acquisition de tous les offices de la Communauté de Lorient ; et il venait d’obtenir que les sommes que la ville devait encore à la Compagnie ne produisent pas d’intérêts à l’avenir.

1774 6 avril Lettre de M . Barbarin, Lieutenant de Maire de Lorient au Contrôleur Général des Finances :

«  La Communauté de Lorient me charge de vous adresser copie de la délibération d’hier et celle des lettres qu’elle a reçues de M. le Duc de Fitz-James et M. l’Intendant qui approuvent le vœu unanime de la Communauté en faveur de M. Foucaud l’un de ses membres et l’Avocat du Roi depuis 1762.

Ses expériences, ses connaissances sur les intérêts de la ville , le bien qu’il a toujours fait, celui qu’il continue de faire depuis la suspension de la Compagnie des Indes en entretenant la majeure partie des ouvriers et plus particulièrement aujourd’hui que les travaux du Roi sont totalement suspendus, sa probité qui le fait respecter dans le commerce, toutes ces vertus qui caractérisent un citoyen utile et précieux lui ont mérité l’estime , la considération , la confiance publique, les suffrages et ceux particulièrement de la Communauté de Lorient ..

Mais si malgré ses voeux, vous aviez des raisons pour ne pas lui donner votre agrément, la Communauté de Lorient me charge expressément de vous supplier de lui permettre d’acquérir pour elle-même l’office de Maire pour le réunir aux autres charges de la ville, parce qu’elle ne faisait le bénéfice de la propriété de celle-ci qu’en faveur de M. Foucaud qui a un fils dont l’éducation et les moeurs promettent un sujet digne de lui succéder. »

La délibération de la Communauté de Lorient au duc de Fitz-James, Commandant en chef en Bretagne ; et à M. Dupleix Intendant, est datée du 23 mars 1774

1774 5 mai Départ de Lorient du vaisseau de commerce la Digue commandé par M. Robinot Desmolières

Ce navire armé par la Société Morice et Compagnie se perdit corps et biens sur les basses du bengale : un seul matelot de l’quipage, nommé Guillaume Le Borgne, survécut au naufrage.

1774 1er juin M. Détailles, Ingénieur , dépose en assemblée de la Communauté de Lorient trois nouveaux plans de façades des maisons à construire sur les quais, conformément à l’ordonnance de l’Intendant de Bretagne du dix-neuf février précédent et à une délibération de la Communauté de Lorient du trois mars suivant : ces plans portent la date du 18 mai 1774. La Communauté de Lorient approuve ce travail et décide qu’un exemplaire en sera adressé à l’Intendant de Bretagne, un autre sera joint à la requête à présenter au Conseil du Roi, pour en obtenir l’homologation, et qu’un autre exemplaire serait déposé aux archives de la Communauté de Lorient

1774 Lettres Patentes du Roi Louis XVI qui confère l’office et charge de Maire de Lorient à M. Jean-Marie Esnoul Deschatelets, n é à Saint-Malo le vingt quatre novembre 1743. Cette nomination eut lieu sur la présentation des Directeurs chargés de la liquidation de la Compagnie des Indes, moyennant vingt quatre mille six cents livres, que M. Deschatelets compta à Madame Ferrand, veuve de son prédécesseur et outre cette somme de vingt quatre mille six cents livres, le nouveau titulaire eut à payer le droit de marc d’or 405 livres, et le droit de huit sols par livre, faisant 162 livres. M. esmoul Deschatelets fut installé le 18 août 1774 par M. Barbarin, Lieutenant de maire.

1774 29 septembre La Communauté de Lorient autorise M. le Maire à présenter à M. le Duc de la Vrillière un nouveau mémoire relatif à ses droits de préséance sur les Juges de Lorient, tant à la Comédie que partout ailleurs.

M.de Fitz-James précédemment saisi de cette question avait donné au Maire le conseil de s’adresser à M. de la Vrillière en lui promettant de défendre près de ce Ministre les intérêts et les droits de la Communauté de Lorient

1774 13 octobre M. Esnoul Deschatelets communique à la Communauté de Lorient un mémoire relatif au privilège du commerce de l’Inde et au retour à Lorient des vaisseaux arrivant des mers de l’Inde. La Communauté de Lorient approuvant ce mémoire ordonne qu’il soit présenté à M. de Sartines, Ministre de la Marine et au Contrôleur Général des Finances, M. de Turgot, qui seront instamment suppliés de protéger le commerce d eLorient et d’empêcher l’anéantissement d’une ville naissante.

1775

15 février «  le 15 février 1775 a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps d’écuyer Laurent André de Montigny, Sieur du Timeur, Avocat au Parlement et Subdélégué de Monseigneur l’Intendant, mort d’hier âgé de 79 ans après avoir reçu les sacrements. Ont assisté à l’enterrement M.M. Louis-Josephe Le Guével et Jean-Marie Kerléau, avocats au Parlement signé Former Kerlero du Crano, Le Guével, Lavigne, Gautier prêtres. »

M. de Montigny fut l’un des premiers officiers de la Communauté de Lorient. Il en fut l’âme et la Lumière tant qu’il en fit partie, puis son soutien lorsqu’il devint Subdélégué de l’Intendant de Bretagne au département de Lorient du Portlouis ( 1750 ). M.M. Pérault ,de Montigny et de Saint-Pierre doivent être placés en tête de liste des fondateurs et des organisateurs de la cité lorientaise à partir de 1733. Voici quelques détails intéressants concernant M. de Montigny extraits d’une note dont j’ai eu communication et qui a été rédigée par M.Boninot Pouphily, alors juge d’instruction à Saint-Malo ( 1864 ), descendant direct au quatrième degré de ce magistrat lorientais :

Laurent André de Montigny est né à Vannes, paroisse Saint-Patern, vis-à-vis la promenade du Port, le 5 juin 1696.

Aux charges publiques qu’il a eues en maniement il faut ajouter celle de Commissaire des Guerres au département de Lorient et du Portlouis, qui lui fut confiée pendant le siège de la ville par les anglais, par M. de Volvire Commandant pour le Roi dans la Province de Bretagne. Il eut aussi l’administration supérieure des octrois de la ville de Lorient, lors de leur premier établissement qui eut lieu à la demande , conformément au vœu de la Communauté..

En 1746, il fut délégué par les Etats de Bretagne à la Chambre des Comptes de la Province à Nantes, pour y rendre les comptes du Tiers-Etat.

En récompense de ses service, il fut anobli par Lettres-Patentes de novembre 1754. Ses armoiries étaient d’argent au chevron de sable chargé de 5 coquilles d’or, accompagné en chef de deux étoiles d’azur, et en pointe d’une montagne de sable flambant de gueules ( mons ignens armes parlantes ) pour supporter deux lyons de gueules chaperonnés de couronnes baroniales, et chargés chacun sur l’épaule celui à dextre d’une étoile d’or, celui à senestre d’une coquille d’or ; pour cimier une montagne ardente ; pour devise Causa Latet.

Les autres branches de Montigny établies à paris et en Normandie virent avec déplaisir cet anoblissement. Elles soutenaient que la famille était noble d’ancienne extraction prétendant faire remonter son origine à un Montigny qui portait l’oriflamme de Saint-Louis à la bataille de Bouvines ; à un autre Jean de Montigny, prévôt de Paris en 1290, et à un autre Jean de Montigny, dit le Boulanger, premier Président de Parlement à Paris. Elles auraient voulu que Laurent-André de Montigny eut seulement accepté des lettres de relief de noblesse.

Quoi qu’il en soit, il est constant que les Montigny étaient originaires de paris. Celui auquel se rattache avec certitude la filiation de Laurent-André de Montigny était échevin de Paris en 1595. Un de ses fils, Guillaume, obtint la direction des fermes au Croisic où il vint se fixer. C’est de lui que date l’établissement de la famille en Bretagne. Il eut de Dame Hamelin , sa femme, entre autres enfants Antoine de Montigny, sieur de Marçay, père de Laurent-André.

Le père Antoine de Montigny, de la Compagnie de Jésus, frère aîné de Laurent-André, est né à Vannes le 9 décembre 1694. Après la suppression de l’ordre en 1762, il se retira chez Madame Carré de Luzançay, née Anne-Elisabeth de Montigny, sa nièce, au manoir du Paon, paroisse de Guidel, où il mourut le 24 juillet 1783 . Entre autres ouvrages composés par lui, il a produit de volumineux mémoires de défense dans les affaires des jésuites Lavalette et Girard.

Un autre frère jumeau de Laurent-André fut curé des paroisses de Quistinic, et de Meslan au Diocèse de Vannes. Il se nommait Charles-Anne, Laurent de Montigny, se maria trois fois.

Les enfants du premier mariage Anne-Françoise Jeanne Cauchereau de Kernabat furent :

1 François-Remi, né à Pontscorff le 16 juin 1726, mort au cap de Bonne-Espérance le 27 juin 1781, Consul Général de France, après avoir été premier Subdélégué de la Compagnie des Indes et Directeur de son commerce à canton.

2 Anne-Marguerite Antoinette, née à Pontscorff le 19 juillet 1723, mariée à Michel Trublet Sieur de Villejean, Capitaine des vaisseaux de la Compagnie des Indes, Secrétaire à la Chancellerie de Bretagne, morte à Saint-Malo en 1813. ( De ce mariage naquit à Lorient le 17 novembre 1745, Jacques Jérôme Trublet qui devint Contre-Amiral voir biographie bretonne ).

«  De son second mariage avec Demoiselle de Collinays, de Montigny n’eut pas d’enfants.

Du troisième mariage avec Charlotte- orentine Robin de Kernombre, naquirent

1 Pierre-André de Montigny du Thymeur, né à Lorient le 26 mars 1737, d’abord Subrécargue dans la Compagnie des Indes, géra d’assez hauts emplois dans cette Compagnie, décédé le..

2 Pierre-Victor Constant de Montigny de Montplaisir, né à Lorient le..1742, officier de la Compagnie, premier Juge consul à Lorient en 1782, Membre du Conseil des Prises à Paris, décédé à Yffendic près Montfort le 18 septembre 1810, veuf de Jeanne Augustine de Bersolles

3 Charlotte Marguerite de Montigny, née à Lorient le …décembre 1733, femme d’Augustin Michel Noblet Chevalier seigneur de Penhoat, décéda à Lorient le.. mars 1776.

4 Anne-Elizabeth de Montigny, née à Lorient le 15 janvier 1736, mariée à Charles-Auguste Carré, Chevalier Seigneur de Luzançay, décédée à Nantes le .. 1818.

5 Jeanne-Louise de Montigny, dite Mademoiselle de Lorient, tenue sur les fonts baptismaux par la ville de Lorient et par l’Intendant de Bretagne, décédée à Lorient le 16 décembre 1762 , âgée de quinze ans. J’ai entendu dire dans ma famille que cette jeune fille mourut le jour même de sa nomination dont la cérémonie n’avait eu lieu que treize ans après son baptême , par suffocation causée par l’ingestion d’un pain chaud… »

A cette note j’y joignais les renseignements suivants

Laurent-André de Montigny, Sieur du Timeur, avocat au Portlouis, Procureur du Roi de la Communauté de Lorient en 1737, puis Lieutenant de Maire en 1743, et enfin Subdélégué de l’Intendant, était fils d’Antoine de Montigny. La terre du Timeur, en français Grandmaison est située en Guilligomarc’h, canton d’Arzanno, près de Pontscorff.

Laurent-André de Montigny fut délégué plusieurs fois , en 1740, 1742, 1744, 1746, 1748 et 1766 pour représenter la Communauté de Lorient aux Etats de Bretagne.

D’après L’Ami de la religion, tome 52, p.97, Antoine de Montigny, frère du précédent

entra pendant huit ans dans la Société de Jésus, fut Préfet du Collège de Tours, puis employé dans les Missions. Lors de la suppression de la Compagnie en France, il était Procureur général de la province de France et fut cité devant les Commissaires su Parlement pour rendre compte des biens des Jésuites. Retiré chez sa nièce au Pou, paroisse de Guidel, il s’y consacra à la composition de quelques ouvrages qui forment six volumes in quarto, mais qui sont demeurés inédits. Le Père de Montigny fut dans différentes circonstances le correspondant de la Communauté de Lorient à Paris, notamment à l’occasion des armoiries accordées à la ville en 1741. Il fut inhumé dans le cimetière de Guidel, le 25 juillet 1783.

1775 27 juin Réjouissances publiques à l’occasion du Sacre du Roi Louis Seize. Les dépenses de la ville à cette occasion montèrent à 876 livres.

1775 3 février demande de concession par Jean-Simon Fréché fils d’un terrain qui se trouve sous l’eau aux marées de l’équinoxe, à partir de l’alignement de la rue de Beaumont jusqu’à la façade des maisons projetées sur le quai, à bâtir, en retour trouver le flanc du bastion, avec les profondeurs dont il est susceptible allant vers le rempart.

1775 18 juin L’Assemblée du Général de la Paroisse de Lorient autorise M. Moniet, Marguillier, à faire venir mille deux cents pieds cubes de pierres pour la construction du clocher de l’église.

1775 4 juillet Examen des mémoires secrets de Bachaumont :

«  La liberté du commerce de l’Inde a été l’objet d’un mémoire des Directeurs du commerce de la province de Guyenne, et sur lequel est intervenu un avis des députés du commerce, comme aussi un mémoire de la Communauté de Lorient contre cette liberté. Le Maire de Lorient vient d’y faire une réplique qui démontre que le commerce de l’Inde ne doit point s’assimiler aux autres ; que les principes en sont différents ; qu’on ne peut pas mettre en parallèle les opérations suivies et combinées d’une Compagnie qui avait le privilège exclusif pour ledit commerce à celui de divers armateurs, ne pouvant avoir entre eux aucun accord sur leurs expéditions ; que l’expérience confirme tous les jours l’erreur où l’on est tombé en détruisant la Compagnie, que ce commerce enfin ne peut réussir que par un ensemble d’opérations. Malgré la force des raisonnements et des faits allégués par l’auteur, le génie du ministère est constamment opposé à cette liberté, qu’il réclame inutilement. »

1775 6 juillet Ordonnances de l’Intendant de Bretagne Caze de la Bôve, qui autorisent la Communauté de Lorient à faire une dépense de 8612 livres pour travaux d’agrandissement de l’hôtel de ville, suivant les plans et devis du Sieur Détailles, ingénieur , et de 3388 livres pour ameublement.

1775 15 juillet Délibération de la Communauté de ville de Lorient relative à un emprunt de 200 000 livres pour construire des quais, établir de nouvelles cales, des réservoirs d’eau, abreuvoirs, fontaines et pour l’éclairage de la ville ; toutes ces dépenses sont évaluées 700 000 livres.

1775 9 septembre Acte au rapport de M. Lebrun, notaire à Paris, portant ratification par le Prince de Rohan et de Guéméné de sa donation du 24 août 1765 faite en son nom à la ville de Lorient, de terrains vases au midi de la ville, avec quelques modifications au plan annexé à cette donation.

Les modifications concernent uniquement les limites des terrains vases en contiguité avec les propriétés particulières sur la rive gauche du quai ; c’est-à-dire la ligne de séparation des propriétés particulières et des terrains vases appartenant à la ville.

1775 29 novembre La Communauté de Lorient ordonne la transcription sur les registres des Lettres Patentes conférant la noblesse à M. de Montigny ( voir d’après l’article du 15 février ).

1775 13 décembre L’Intendant de Bretagne approuve une dépense de cent vingt quatre livres faite par la Communauté de Lorient pour achat de vin de ville à présenter au Ministre M. de Sartine

1775 Requête de René-Yves Foucault, négociant à Lorient, pour l’enregistrement des lettres de son anoblissement ( jugements des archives de la cour des comptes de Nantes, série B, Liasse 1880 ).

1776

Publication du premier Almanach de Lorient, intitulé Almanach Oriental, imprimé à Lorient chez Baudoin. Cet opuscule dont nous n’avons encore vu que le manuscrit comprenait, outre le calendrier, une notice historique relative à Lorient et les noms et domiciles des principaux fonctionnaires qui étaient M.M.

Guérin de Frémicourt, major de place

Pallis, ingénieur en chef

Roussel, Conseiller de l’extraordinaire des guerres

Guévle Subdélégué, place Royale

Esnoul Deschatelets, Maire, rue de Bretagne

Barbarin, Lieutenant de Maire

Kerléro de Rosbo Sénéchal, audiences les mercredi et samedi de chaque semaine

Carabi, Lieutenant

Morin père, Procureur fiscal

Morin, Avocat, Substitut

Dodune, Directeur général des fermes du Roi

Huerne, Directeur des Fermes de la Province

MonistrolDirecteur des Postes

De la Vigne-Buisson Commandant du Port et Directeur pour la Compagnie des Indes

Prevost de la Croix, Commissaire Général de la marine, Ordonnateur.

( Le manuscrit de cet almanach est la propriété actuelle de M . Baudoin,petit-fils de l’imprimeur de 1775 ) .

1776 7 février

Délibération de la Communauté de Lorient qui décide la création d’une promenade plantée dans le prolongement de la place Prémenil, à l’instigation de l’Intendant de Bretagne, Caze de la Bôve qui avait eu l’idée de cette promenade durant son séjour à Lorient pendant l’été de l’année précédente, séjour qui avait occasionné à la ville une dépense de 386 livres.

Par une seconde délibération du 18 avril 1776, la ville arrête les plans de cette promenade et des réservoirs d’eau à y établir à l’extrémité sur l’alignement de la façade des quais, et donne à cette promenade le nom du Cours de la Bôve. Ces plans et devis furent approuvés le 3 mai 1776 par l’Intendant de Bretagne.

1776 17 février Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant concession à l’hôtel-Dieu établi en la ville de Lorient d’un terrain vague ayant dix-huit toises de face sur la rue du Faouëdic, 50 toises et 5 pieds sur celle des remparts et 15 toises upied sur celle des vases : ledit terrain situé dans la ville de Lorient et appartenant à Sa Majesté comme étant dans les droits de la Compagnie des Indes ; pour par ledit hôtel-Dieu en jouir à perpétuité on a titre de propriété incommodable ; à la charge par les Directeurs dudit hôtel-Dieu de faire construire sur le dit terrain dans l’espace de 3 ans les bâtiments ou autres commodités qui seront jugées nécessaires au soulagement des malades suivant le plan qui en sera incessamment dressé en présence du Commissaire général de la Marine Ordonnateur et des principaux officiers municipaux de la ville… »

1776 18 avril La Communauté de Lorient invite M. le Maire à écrire à Paris au graveur Duvivier pour lui demander une médaille au millésime de 1775, à présenter au Prince de Guéméné en exécution de la donation du 24 août 1765 des terrains vases des quais de la ville.

1776 30 avril Arrêt du Conseil d’Etat du Roi permettant aux officiers municipaux de la ville de Lorient de continuer «  à lever et percevoir pendant dix années à compter du premier juin 1776, l’augmentation accordée par différents arrêts et dont le dernier est du 30 mai 1769, consistant en quatre sols par barrique de vin et deux sols par barrique de cidre et bierre qui seront chargées et consommées dans la ville de Lorient et sa banlieue ; une livre cinq sols pour chaque barrique de vin hors ( du cru ) ; 12 sols par chaque barrique du cru des Evêchés de rennes, Saint-Malo et Vannes, appelés vins Bretons, et pareille somme de six sols par barrique de cidre et bierre qui seront vendus au détail par les cabaretiers et hôteliers de la ville et banlieue de Lorient… pour, sur les produits être prise annuellement 4000 livres pour être employées aux dépenses nécessaires pour la subsistance de l’hôtel-Dieu , et l’excédent de la dite somme de quatre mille livres, s’il y en a être employée au paiement des dettes

1776 13 juin La Communauté de Lorient décide qu’il sera offert à M. le Marquis d’Aubeterre , à son arrivée à l’hôtel de ville, où il était logé, vingt-quatre bouteilles de vin de Constance du meilleur qu’il pourra trouver ; et que Communauté de Lorient se rendra à la Porte de Ville pour le recevoir.

Elle arrête qu’il sera payé à M. Esnoul Deschatelets, Maire, sur le produite des grands octrois, jusqu’au premier juillet 1776 une somme de 2281 livres pour 22 mois 22 jours de gages de son office de maire à compter du 8 août 1774, à raison de mille deux cents livres par an, et qu’à l’avenir, les dits gages seront acquittés de six mois en six mois

1776 26 septembre décision de la Communauté de Lorient qui prescrit le pavage de la ruelle qui descend de la rue de Bretagne à la mer, et du bas de la rue de Beaumont.

1776 21 octobre Compte général des dépenses pour travaux publics présenté à la Communauté de Lorient par M. Cordé, son commissaire ; l’arrêté de compte pour les années 1767 à 1774 inclusivement s’élève à quarante mille quatre cent seize livres .

1776 14 novembre Délibération de la Communauté de Lorient portant que les démarches seront faites pour obtenir un Arrêt du Conseil du Roi qui autorise la recette des octrois en régie, et un règlement de police des octrois.

En exécution des Lettres Patentes et arrêts des conseils des 12 juillet 1768, premier mars 1769, 31 juillet 1770, et 12 septembre 1770, les recettes de l’octroi de Lorient qui produisaient annuellement plus de cinquante mille livres, ne furent affermées en première adjudication que trente six mille trois cents livres par an, au Sieur Halard, pour trois années ; et trente sept mille cinq cents livres au Sieur Touboulic.

1776 Requête de Pierre-Guillaume Buisson, Sieur de la Vigne, pour l’enregistrement des Lettres Patentes de son anoblissement ( Inventaire d ela Chambre des Comptes de Nantes, série B, Liasse n° 1883).

1777

3 janvier Arrêt du Conseil d’Etat du Roi qui autorise la Communauté de Lorient à vendre en tout ou en partie les terrains vases qui lui ont été concédés par le Prince de Guéméné.

1777 13 février Séance de l’Assemblée de Communauté de ville de Lorient. M Esnoul Deschatelets, Maire, présente à la Communauté de Lorient un arrêt du Conseil d’Etat du Roi du 3 janvier 1777 qui ordonne que l’acte de concession accordée la vingt quatre août 1765 par l Prince de Rohan, et les Lettres Patentes du mois de mai suivant portant confirmation de cette donation seront exécutées selon leur forme et teneur, permet en conséquence de vendre des terrains par devant M. l’Intendant de la Province et son délégué ; et approuve les plans dressés le 18 mai 1774 pour les façades des maisons à élever sur ces terrains, avec obligation pour les acquéreurs de se conformer aux dits plans

et de faire bâtir dans un délai de quatre ans à compter du jour de leur acquisition…

Laz Communauté de Lorient ordonne l’impression de cet arrêt du Conseil et nomme en qualité de Commissaires chargés d’assister aux adjudications , M.M. Desbled, Gérard et Cordé.

Le 25 février suivant, la Communauté de Lorient donne mission aux Commissaires Desbled, Gérard et Cordé d’arrêter les clauses et conditions de la vente des dits terrains.

Voici les conditions arrêté par les dits Commissaires, lues et adoptées en séance de l’assemblée de la Communauté de Lorient du 6 mars 1777

«  Conditions sous lesquelles la Communauté de Lorient rétrocédera les terrains qui lui ont été concédés par Son Altesse Monseigneur le Prince de Guéméné et restant après ceux retenus pour l’établissement des quais.

Article 1 La Communauté de Lorient garantit aux termes de ses actes de concessions Lettres Patentes et Arrêt d’enregistrement obtenu en conséquence , et non autrement.

Article second Les acquéreurs tiendront les terrains qui leur seront adjugés roturièrement de la directe Seigneurie de Monseigneur le Prince de Rohan, envers laquelle ils acquitteront, en décharge de la Communauté de Lorient, le cens seigneurial d’un denier pour chaque toise carrée de terrain réservé par les dits actes de concession et à charge de lods en vente, saisie en amendes, le cas échéant, suivant la coutume, tout ainsi et de même que les maisons de ville y sont assujettis. Lequel cens commencera à être dû du jour des ventes, et sera payé à la fin de l’année en suivant et sera continué d’an en an

Article trois Jouiront les acquéreurs de la remise de la moitié des drooits seigneuriaux accordés en faveur de la Communauté de Lorient sur les premières ventes ; en considération de quoi, et pour conserver à la Communauté de Lorient le droit de retrait censuel dans le cas de mutation subséquente ; les acquéreurs seront obligés de lui payer en nature de rente foncière et censive trois deniers par chaque toise carrée de terrain en sus de l’acquittement du denier ci-devant mentionné pour le cens seigneurial, à commencer le paiement comme il est dit ci-dessus pour le cens seigneurial

Article quatre Seront obligés, les acquéreurs , de se conformer pour la construction et élevation des façades du côté des quais, aux plans qui ont été arrêtés et approuvés au Conseil, et de bâtir dans le temps fixé par l’arrêté du 3 janvier 1777, à compter du jour de leur contrat ; et à défaut de satisfaire à la dite obligation, la Communauté de Lorient se réserve de faire adjuger les terrains aux déchets, périls et fortune des acquéreurs.

Seront au surplus les dits acquéreurs entièrement libres pour la disposition des édifices intérieurs

Article cinq Tous frais de contrats et adjudications seront supportés par les acquéreurs qui en feront délivrer des copies en due forme, tant pour les archives du Seigneur que de la Communauté de Lorient

Article six Seront au surplus les dits terrains adjugés aux plus offrants et derniers enchérisseurs

Fait et arrêté en l’hôtel de ville à Lorient, le 27 février 1777 Signé Cordé, Desbled »

Le 17 avril 1777, la Communauté de Lorient décida que toutes personnes seraient admises à l’adjudication, et que les acquéreurs des parcelles comprises entre la place Prémenil et les remparts ( c’est-à-dire actuellement entre le Belvédère du théâtre et les remparts ), en seraient tenus de payer le montant de leur adjudication que 15 jours après la construction du quai vis-à-vis de leur terrain.

( Il y a longtemps que ce terrain a été construit, j’ignore si les adjudications des terrains vases dans cette partie ont payé leur prix : ce qu’il y a de certain, c’est que la ville n’a pas tenu la main aux conditions de l’adjudication en obligeant de construire conformément aux plans de 1774 ; et qu’il existe encore en ce moment ( 1873 ) des parties de ces terrains qui n’ont pas été bâtis. Je ne sais si les anciennes constructions faites contrairement aux plans ont acquis contre la ville la prescription ; mais en ce qui concerne les terrains récemment bâtis et ceux à bâtir, il ne peut y avoir de prescription acquise ; dans l’intérêt de la ville, il serait désirable que l’on mit à exécution les clauses et conditions arrêtées en 1777.)

1777 1er avril Séance de l’Assemblée de la Communauté de Lorient dans laquelle M. Esnoul Deschatelets, Maire, communique un projet de construction de salle de spectacle.

«  Je suis tombé d’accord avec votre ingénieur, Messieurs, qu’il n’ y a point de lieu plus propice à placer de salle de spectacle que sur le cours de la Bôve attenant à la fontaine que l’on bâtit actuellement…Comme il y a trop de profondeur pour la salle, à prendre de l’alignement de la rue de Condé jusqu’au bas du cours, il ( l’ingénieur ) conseille de la terminer vers le haut du cours par une maison qui servira de café, ce qui sera un grand agrément soit avant, soit pendant le spectacle. L’Ingénieur comprend dans les 50 000 livres la dépense de cette maison…

Je reviens M.M. aux moyens de vous prêter ces 50 000 livres…On demandera à prêter vingt-cinq têtes seulement, ni plus ni moins. Chaque tête prêtera 2000 livres de rente. La rente d’une des têtes mortes sera réversible sur les autres, de têtes en têtes, de manière que le dernier des prêteurs se trouvera avoir deux fois deux mille cinq cents livres de rente qui sera éteinte à sa mort au profit de la Communauté.

Il ne vous coûtera jusqu’au dernier vivant des prêteurs que deux mille cinq cents livres de rentes. Estimant que le loyer de votre salle de spectacle ne monte qu’à deux mille quatre cents livres, pour 100 représentants seulement par an, sur le pied de vingt-quatre livres et que le loyer de la maison du café projetée ne produise que six cents livres, cela fait deux mille livres de rente que vous aurez pour payer deux mille cinq cents livres. Vous profiterez de cinq cents livres de rente jusqu’à la mort du dernier vivant des prêteurs , après laquelle vous jouirez en entier des 3000 livres… »

La Communauté approuve ce projet à l’unanimité, exprime ses remerciements à M. Esnoul Deschatelets, et le charge de remplir les formalités nécessaires pour obtenir l’autorisation d’exécuter ce projet.

Le huit avril suivant, autre délibération sur le même objet. M. Deschatelets fut chargé d’obtenir par l’arrêt d’autorisation, que le Maire de Lorient, aurait, dans la salle de spectacle projetée, une loge privative vis-à-vis de celle du Commandant de Lorient, et que la police de cette salle appartiendrait à la Communauté.

Le 19 juillet 1777 un devis de la salle de spectacle dressé par l’Ingénieur Détaille est présenté à la Communauté par le Maire ; ce devis montant à cinquante cinq mille neuf cents trente sept livres est adopté par la Communauté qui porte à la somme de soixante mille livres primitivement arrêtée, l’emprunt à réaliser pour cet édifice. Elle modifie en ce sens les conditions de l’emprunt et fixe à vingt le nombre des prêteurs pour un capital de trois mille livres chacun, produisant cent cinquante livres d’intérêts réversible successivement sur la tête des survivants.

Le 21 août 1777 l’Intendant de Bretagne, M. Caze de la Bôve, examina sur les lieux les plans relatifs à la construction de la salle de spectacle et indiqua certaines modification qui furent adoptées le lendemain par l’Assemblée de Communauté, et à laisser libre le prolongement de la rue de Condé, à ménager un terrain suffisant pour la salle et par conséquent à borner le cours de la Bôve à la rue de Condé.

1777 1er avril Communication de deux lettres du Sieur Duvivier, graveur du Roi, à l’Assemblée de Communauté. Cet artiste annonce que le coin de la médaille destinée à Son Altesse le Prince de Guéméné a été retrouvé chez la Dame Veuve Robert, avec trois médailles, qu’elle offre de remettre moyennant cent vingt livres qui lui sont dues. La Communauté décide le retrait du coin et des médailles des mains de la Veuve Robert, et la présentation au Prince de Guéméné d’une de ces médailles portant la date de 1775.

1777 2 mai Le Maire, Esnoul Deschatelets annonce à la Communauté la visite du Comte d’Artois et son séjour à Lorient. La Communauté décide que ce Prince sera sollicité de vouloir bien accepter son logement à l’hôtel de ville.

Le 17 mai suivant, autre délibération prise sur la nouvelle que le Comte d’Artois arrivera à Lorient le 20 mai. La Communauté arrête qu’elle se transportera à la première barrière extérieure des fortifications pour recevoir Son Altesse et la complimenter ; qu’on lui offrira le dais qui sera porté par M.M. Cordé, Barbarin, Gourvenec et Desbled, et que les clefs de la ville lui seront présentées par les plus anciens officiers de la Communauté ; que l’hôtel e ville sera illuminé pendant les deux soirs de séjour de ce Prince ; qu’il sera prié d’accepter du meilleur vin du Cap qu’on pourrait trouver ; que la Communauté s’assemblera également pour se présenter au départ du Prince et recevoir ses ordres.

Minard, Commandant au Portlouis et Lorient fut chargé par le Comte d’Artois de tenir en en son nom sur les fonts de baptême l’enfant dont Madame Deschatelets se trouvait enceinte. Madame la Comtesse d’Artois donna procuration à la Communauté de Lorient le 19 septembre 1777 pour la représenter en qualité de marraine du même enfant, avec injonction de lui donner le prénom de Marie-Thérèse.

1774 14 mai Ordonnance du Sénéchal de Lorient prescrivant à tous les habitants de la ville d’illuminer leurs maisons le samedi suivant dix-sept mai, dès 10 heures du soir, et le lendemain 18, dès 8 heures du soir, sous peine de 10 livres d’amende. ( Il s’agissait des réjouissances publiques à l’occasion de la visite du Comte d’Artois ; on sait , par l’article qui précède, que cette visite fut retardée de quelques jours ).

1777 27, 30 et 31 mai. A l’adjudication en présence du Subdélégué de l’Intendant de Bretagne, des terrains vases compris entre la Cale Ory et les remparts, près du moulin du Faouëdic.

1777 7 décembre Don d’un service d’autel à l’église Saint-Louis de Lorient, par le Prince de Guéméné. Ce don fut présenté à l’Assemblée du Général de Paroisse par Louis-Edme Nicolas Michel , inspecteur de la Principauté de Guéméné.

1777 11 septembre La Communauté de ville de Lorient arrête qu’elle se transportera à la Porte de la ville, en dedans des barrières, pour recevoir le Prince de Rohan et le Prince de Guéméné son fils dont la visite est annoncée, et qu’elle leur présentera le vin de ville.

1777 23 décembre Commission de Sénéchal de la juridiction de Lorient donnée au château de Guéméné par Son Altesse le Prince Jules Hercule de Rohan à Monsieur Toussaint Maüjouan du Gasset. ( La nomination de notaire et Procureur de la Principauté de Guéméné délivrée à maon aïeul paternel par le Prince de Guéméné, date de la même époque, 21 décembre 1777 ).

1777 19 décembre «  Le 19 décembre 1777, a été faite la cérémonie de la bénédiction de la plus forte cloche de L’Orient dont Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince de Rohan Guéméné et Madame la Princesse ont accepté la nomination. Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince de Rohan, accompagné de Monseigneur le Prince de Guéméné, et de M. le Duc de Monbazon présents, Madame la Princesse a été représentée par Madame Julie Fortin, épouse de M. Esnoul Deschatelest, maire de cette ville, signé Brossière, recteur de L’Orient . »

1778

5 février Délibération de la Communauté de Lorient «  Il sera fait une élévation avec de vieux bois de construction et piquets, sur la vieille digue vis-à-vis de la rue des Peupliers, au bout de laquelle élévation, les vendangeurs seront tenus de porter toutes cuvaisons… »

Le même jour, la Communauté approuve la construction d’une antichambre aux salles de l’hôtel de ville, du côté de la cour, dont le devis s’élève à la somme de sept mille deux cent-quinze livres.

1778 11 mars Commission d’exempt de la Connétablie et Maréchaussée de France, pour servir à la suite et sous les ordres du Duc de Duras, Maréchal de France, sonnée à Charles Villemain, bourgeois de Lorient, né sur la paroisse de Portieux, Diocèse de Saint-Diez, Juridiction de Chatel sur Moselle en Lorraine, le 30 décembre 1741, pour le Roi, le 11 mars 1778.

1778 24 mars La Communauté de Lorient accepte les soumissions faites par les actionnaires pour la construction d’une salle de spectacle dans les termes ci-après :

«  Nous soussignés, connaissant la nécessité qu’il y a de faire construire à Lorient une salle de spectacle, tant parce que celle où on jour actuellement n’est pas praticable, que parce qu’il est indispensable de procurer toujours un spectacle en cette ville, et désirant faire quelque chose qui lui soit utile et agréable, nous nous engageons envers la Communauté de la dite ville à faire la dépense de la construction d’une salle, montant y compris ce qui y aura rapport à 70 000 livres, aux clauses et conditions présentes :

1 de la part de la Communauté, qu’elle nous procure la jouissance à vie, comme il sera expliqué ci-après, d’un terrain au bas de la place de Préménil attenant à la Fontaine et venant en alignement à la rue de Condé.

2 Que nous formerons un fond de 70 000 livres, pour subvenir à cette dépense, à la condition que le produit de l’édifice de la salle de spectacle nous appartiendra durant la vie des têtes, sur lesquelles nous mettrons la participation du dit produit, lequel produit sera partageable entre toutes les têtes vivantes et réversible de tête en tête jusqu’à la dernière qui vivra ; laquelle jouira par conséquent seule de tout le produit jusqu’à sa mort, après laquelle la salle de spectacle et tout ce qui y aura rapport appartiendra à la Communauté de la ville de Lorient.

Et pour l’exécution du projet que nous proposons, nous sommes convenus entre nous que la somme de 60 000 livres à laquelle montera la dépense pour faire la dite salle que nous offrons de faire construire, sera formée de vingt actions de trois mille livres chacune ; lesquelles 20 actions seront mises sur 20 têtes différentes qui seront dénommées ci-après. Pour, par les dites 20 têtes, jouir pa portions égales ou faire jouir ceux que nous voudrons chacun en droit soi, du produit de la dite salle de spectacle, partageable entre les têtes vivantes ou les personnes qui la représenteront de manière que la dernière des 20 têtes

vivantes jouira jusqu’à sa mort, ou fera jouir ses représentants de la totalité du produit de la dite salle.

Nous sommes convenus aussi entre nous que M. Deschatelets Esnoul, Maire de la dite ville, l’un de nous soussignants, sera prié de recevoir le montant des dites 20 actions pour en faire l’emploi proposé, et quant à la recette et la répartition annuelle du produit de la dite salle, de même que l’entretien, réparations, et augmentations s’il y a lieu, nous choisirons quelqu’un d’entre nous, ou tout autre, pour être chargé de ces manutentions sous telle régie que nous jugerons à propos d’éétablir, à la pluralité des voix, une voix valant autant qu’elle représentera d’actions.

Souscriptions

A Lorient, 20 mars 1778. Je souscris pour une action sur la tête de mon fils Jean-Louis Michel Guérin de Frémicourt, né le 12 janvier 1763, signé, Guérin de Frémicourt.

Je souscris au présent projet pour deux actions de chacune trois mille livres que je mettray sur deux têtes que je désignerai en temps nécessaire A Lorient, le 20 mars 1778 signé Bouffé.

Je souscris au présent projet pour deux actions de chacune trois mille livres que je mettrai sur deux têtes que je désignerai en temps nécessaire. Lorient le 20 mars 1778, signé Dodun.

Je souscris très volontiers pour une action que je mettrai sur une bonne tête. Lorient le 21 mars 1778 signé Berard.

Je souscris pour une action que je mettrai sur une tête que je désignerai en temps. Lorient 21 mars 1778 signé La Vaysse.

Je souscris pour une action que je mettray sur une tête que je désignerai en temps. Lorient le 22 mars 1778 signé Henry de la Blanchetage

Je souscris pour une action que je mettrai sur la tête que je désignerai Signé Grand Clos Meslé.

Je souscris au présent projet pour une action que je mettrai sur un tête que je designerai en temps nécessaire. A Lorient la 24 mars 1778 signé Monistrol

Je souscris au présent projet pour une action que je mettrai sur une tête que je désignerai en temps nécessaire. Lorient le 24 mars 1778. Faisant pour M. Boulé l’aîné d’Auray signé Bonet du Rohu.

Je souscris pour une action que je mettrai sur une tête que je désignerai Signé La Ferté Bernard

Je souscris pour une action que je mettrai sur une tête que je désignerai Signé Lapotaire pour M. Bourgeois en conséquence de sa lettre.

Je souscris pour une action au présent projet que je mettrai sur une tête que je désignerai en temps Signé Lapotaire

Je souscris pour une action au présent projet pour deux actions que je mettrai sur deux têtes que je désignerai en temps nécessaire Paris 15 avril 1778 signé La Freté

Je souscris pour une action au présent projet pour une action que je mettrai sur une tête que je désignerai en temps nécessaire. Pour Laurent esnoul Deschatelets mon frère pour son compte Signé Deschatelets Esnoul Maire ».

La délibération de la Communauté de Lorient fut approuvée par arrêt du Conseil du Roi du 8 mai 1778.

cédé : 45 pieds 4 pouces de face sur la rue e Condé ; 106 pieds 6 pouces de profondeur du côté de l’est ; 99 pieds 9 pouces du côté de l’ouest.

Le 25 juin suivant, la Communauté de Lorient donna pour mission à M.M. Cordé, Gérard et Barbarin de passer le contrat devant notaire, au nom de la ville, avec les actionnaires , et leur recommanda de réserver pour la ville la faculté de placer une horloge à la salle de spectacle quand elle le jugerait convenable. Le contrat fut passé le 26 juillet 1778 devant M. Ollivier, notaire.

1778 28 mars Arrêté de police concernant les filles publiques, pris par le Sénéchal de Lorient, sur la réquisition du Procureur-Fiscal, lequel «  s’empresse d’informer la justice des plaintes qui lui sont journellement adressées sur la liberté effrénée des filles et femmes de mauvaise vie, portée dans cette ville à un point que les débauches scandaleuses de ces misérables objets de la plus infâme prostitution, excitent l’indignation et le cri public des citoyens et des étrangers.. »

1778 20 mai Arrêt du Conseil d’Etat du Roi qui déboute les oppositions à l’exécution de l’arrêt du 3 janvier 1777 relatif aux concessions des terrains vases. Je crois que ces oppositions furent élevées par les propriétaires de la rue Condé, riverains des terrains concédés.

1778 2 juin M. Esnoul Deschatelets, Maire, annonce à la Communauté qu’il a obtenu de M. de Sartines, la concession de deux pouces d’eaux sur celles qui passent en haut de la place de Préménil pour l’approvisionnement du port, à charge de supporter le tiers des réparations aux conduites des fontaines, et d’avancer 10 000 écus pour les travaux de réparations en 1779.

Il communique , en outre, une supplique adressée au Roi «  pour obtention et cession en faveur de l’hôtel-Dieu des terrains situés au quartier de Kervérot, acquis en vue d’y transporter l’h^tel-Dieu. Ce mémoire a été remis à M. Necker qui a donné les plus flatteuses espérances de la réussite de cette demande.

1778 1rrêté de la Communauté de Lorient portant nomination de M. Guillois, Ingénieur des bâtiments civils de la Marine , aux fonctions d’Ingénieur de la Ville de Lorient aux appointements de six cents livres par an. M. de Sartines Ministre de la Marine avait approuvé cette nomination par dépêhce du 20 juin précédent.

Le même jour, la Communauté de Lorient «  pour témoigner à M. le Maire la reconnaissance dont elle était pénétrée pour l’activité et le zèle avec lesquels il s’emploie à procurer le bien et l’embellissement de la ville, le prie d’agréer, qu’on donne son nom à la rue qu’on a désignée jusqu’à ce jour sous celui des Prophètes. »

Les trois maires de Lorient, de l’époque antérieure à la Révolution , M.M. Perrault, Ferrand et Esnoul Deschatelets eurent l’honneur de donner leurs noms à des rues de Lorient, de leur vivant. Depuis ce temps, Lorient a eu de nombreux maires, et parmi eux des magistrats qui donnèrent de nombreuses preuves de capacité et de dévouement à l’intérêt public. Cependant aucun d’eux n’a été l’objet d’un témoignage public de reconnaissance de la part des Lorientais. M. de Rodrel, gendre de M. Esnoul Deschatelets et maire de Lorient lui-même de 1817 à 1830, a donné son nom à une petite rue de Lorient, mais cette faveur ne lui a été accordée que quinze ans après sa mort.

Quant aux noms de Perault, Ferrand, et Esnoul, les révolutionnaires lorientais s’empressèrent de leur substituer ceux-ci : rue de la Commune, des Bons-enfants, Française, se croyant dispensés de tout sentiment de reconnaissance envers des bienfaiteurs de leur cité, en, leur qualité de révolutionnaires.

1778 1er août Ordonnance de police du Sénéchal de Lorient, « enjoignant à toute personne, et particulièrement aux marchands bouchers de tenir renfermés et attachés leurs chiens, sous peine de dix livres d’amende. »

1778 20 août «  En conséquence des ordonnances rendues le 8 juillet 1778 par M. l’Intendant de Bretagne, portant approbation des adjudications faites par M. Le Guével, Subdélégué de l’Intendant les 27, 30 et 31 mai 1777, des terrains situés sur les quais, la Communauté de Lorient nomme M.M. Barbarin, Gérard, Cordé et Desbled pour passer les contrats avec les adjudicataires en se conformant aux conditions et soumissions portées dans la dite adjudication, assister aux adjudications qui restent à faire et assister au procès-verbal de toisé de chaque terrain.. »

Le Guével avait succédé à M. de Montigny dans les fonctions de Subdélégué de l’Intendant à Lorient.

Je crois que lesGuével étaient parents ou alliés des Montigny. En 1715 il y avait une Demoiselle Marie Desmarets , Veuve du Sieur Yves Le Guével Pierre de la Combre, demeurant au manoir de Rosgrand , en Rédéné, tutrice de ses enfants mineurs.

Le même jour, à la demande des habitants du bas de la rue Godeheu, la Communauté de Lorient décide que cette partie de la rue sera remblayée en pavés, entre lesrues de Bretagne et Condé, conformément au devis dressé par l’Ingénieur Guillois.

( Les débalis de la rue de Flesselles servirent à remblayer la rue Godeheu ).

Dépôt par M. le Maire, aux archives de la commune, «  de la matrice de la médaille gravée par Duvivier, graveur du Roi, pour être présentée au Prince de Rohan, à l’occasion de la donation des terrains-vases de 1764. Il dépose également deux médialles en argent et trois (sic) qui ont été présentées aux Princes de Rohan lors de leur passage à Lorient. »

1778 22 septembre «  la Communauté de Lorient, reconnaissant qu’il a été commis plusieurs erreurs à l’égard des terrains dont le plan dressé par l’Ingénieur Détaille pour les constructions sur les quais, requiert qu’il plaise à M . le Subdélégué de l’Intendant de Bretagne descendre incessamment sur les quais, pour vérifier ces erreurs avec les commissaires nommés pour passer les contrats.. »

( Ces erreurs provenaient de l’ancienne délibération des terrains non submergés, arrêtée sur le plan du mois de mars 1740, dressé en l’exécution de l’arrêt du Conseil du 2 décembre 1739. Il s’agissait par conséquent d’établir définitivement la largeur de la concession du Prince de Guéméné sur la rive gauche du ruisseau du Faouëdic, contradictoirement avec les propriétaires riverains.)

1778 25 décembre Procès-verbal de M. Guillois, Ingénieur de la Marine et de la Ville de Lorient, rectificatif du plan dressé le 18 mai 1774 par l’Ingénieur Détaille, en ce qui concerne «  l’étendue , grandeur, dimensions des terrains sur la quai d’Aiguillon, jadis couverts par la mer, vendus à divers particuliers ».

1778 23 novembre Delaye, négociant à Lorient, à Lauvaignere à Nantes :

«  Je suis venu ici pour faire l’armement du corsaire le Comte d’Artois dont ce Prince ainsi que d’autres Seigneurs arment ici. Ce corsaire est de vingt deux canons, de 12 et 8 livres de balles. M. le Comte de Clonard qui est aussi intéressé m’a procuré cet armement.. »

le même à M. de Clonard à Paris, du même jour :

«  Le défaut des chevaux aux postes et les mauvais chemins que j’ai trouvés m’ont retardé au point que je n’ai pu arriver ici que samedi matin. Aussitôt j’ai été voir M.M. Le Grain et de la Grandville. Je leur ai remis la lettre du Ministre qui m’autorise à prendre possession du Corsaire le Saint Peter…En outre il s’est trouvé parmi le charbon douze à quatorze canons de huit en sus de l’artillerie. Vous me ferez plaisir de me dire si cela doit être compris dans la cession du navire, ayant déclaré à ces Messieurs que Monseigneur le Comte d’Artois avait formé la demande de ce navire et de ses dépendances quelconques, et que c’était ainsi qu’il était accordé.. »

Le même au même 21 novembre 1778

«  Depuis ma dernière du vingt-neuf courant, je me suis occupé à prendre livraison du Corsaire le Saint-Peter, actuellement le Comte d’Artois, ce navire m’a été remis hier.. »

Le même à M. de la Motte à Paris Du 30 septembre 1778

«  On fait présentement la vente de plusieurs prises anglaises «

Le même à Lamaignère à Nantes du 11 décembre 1778

«  Il nous est entré hier le vaisseau l’Artésien qui a fait des avaries en s’abordant avec un corsaire anglais qu’il a pris, de trente deux canons… »

Le même à M. Fijon à l’Isle de France du 18 décembre 1778 «  Les navires venant des Indes se trouvent en grande partie pris par les anglais. Jusqu’à ce moment, il y en a quatre : la ferme, le Modeste, le Gaston, le Carnatique..Le vaisseau de Fitz-james est arrivé hier..M.Mancel qui commande le vaisseau le Turgot actuellement les Bons Amis vous portera la procuration.. »

1778 21 décembre Le même à M. de Clonard à Paris

«  Ci-joint, Monsieur, vous trouverez le devis concernant la construction d’une frégate de trente canons de vingt quatre et de 16 de 8..Si vous voulez, M. Arnoux qui a ici un chantier ( chantier Le Blanc ) considérable l’entreprendrait à marché, sous la domination de M. Caro ( constructeur ).. »

5 mars 1779

Le même au même

«  je vous annonce avec plaisir que ce bâtiment ( le Comte d’Artois ) est parti hier avec beau temps malgré que l’équipage ne soit pas bon..Le vaisseau l’Artésien et les Bons-Amis sont aussi partis hier. Le Sévère partira aujourd’hui…Il y a présentement à bord ( du Comte d’Artois ) , tout compris, mousses etc..cent soixante quatorze personnes. Il est heureux que M. d’ Eguillon les ait trouvés et je crois à présent le Corsaire en état de défense, quoique la majeure partie de son équipage n’ait jamais navigué.. »

( Il y avait sur ce Corsaire une Compagnie de volontaires commandée par M. de Pelvé. Elle était de soixante et onze hommes. Son équipage était singulièrement composé. Il comprenait vingt-six irlandais pris sur divers navires anglais, et trente paysans n’ayant jamais vu la mer. Les volontaires arrivés à Lorient dans le courant du mois de décembre 1778, avaient, en attendant leur départ, donné bien du fil à retordre aux autorités de Lorient et de Port-Louis. Sur les trente et un volontaires, une dizaine au moins prétenaient au grade d’officier et ils en portaient l’uniforme.)

1778 26 décembre Commission du Procureur fiscal de la juridiction de Lorient, donnée à M. le Gallic de Kerizouet avocat au Parlement, par Jules Hercule de Rohan, Prince de Guéméné, en date à Rennes du 26 décembre 1778

1778 20 octobre Sur proposition de M. Esnoul Deschatelets, Maire, M. Barbarin est nommé aux Etats de la Province. En 1780 même nomination.

1778 7 novembre Arrêt de la Cour du Parlement de Bretagne qui homologue une délibération du Général de la Paroisse du six septembre 1777 relative à l’élevation du tarif des bancs d’église comme suit « Depuis le sanctuaire jusqu’à la porte neuve latérale, quatre livres la place ; et trois livres dans la tribune. »

Les bas-côtés de l’église paroissiale menaçant ruine, on décida la reconstruction du côté ouest, partie la plus mauvaise ; et le 28 juillet 1789, dans une assemblée du Général de la Paroisse, les travaux de reconstruction de ce bas-côté furent adjugés au prix de cinquante quatre mille livres à Paul Le Corre, architecte à Lorient, rue Rothe.

Le Corre étant tombé en déconfiture ne put remplir les conditions de son adjudication et passa son marché au Sieur Ulliac, ce qui fut accepté par les délibérants du 20 juin 1784.

1779

13 janvier Naissance d’Anne-Thomase-jeanne Laisné, fille de Michel-François Louis Laisné et de Anne Loher ( Laisné Lépine). MademoiselleLaisné épousa le Général Hervo qui fut tué à l’armée d’Allemagne en 1809 ( v. Biographie bretonne ) . Ce mariage dont il n’ eut pas d’enfant eut lieu à Lorient le 30 Thermidor an IX.

Anne Loher, mère de Mademoiselle Laisné, épousa en secondes noces un Sieur Jean Fruchard. Un enfant de ce mariage né en 1786 et mort à Lorient en 1872, a été membre de la Chambre des députés de 1831 à 1833. Il fut élu par le collège électoral d’ Hennebont. Président du tribunal civil de Lorient en 1834, il a conservé ces fonctions jusqu’à l’année 1850 où il donna sa démission.

Un frère de M. Fruchard père commanda l’artillerie de la garde Nationale de Lorient pendant la Révolution. Ayant pris des services dans l’armée active, Fruchard parvint au grade de colonel d’artillerie. Il commandait la place de Toul en en 1814 lorsque les Autrichiens se présentèrent devant cette place et sommèrent de se rendre. Le colonel Fruchard répondit que ses canons allaient envoyer sa réponse si l’ennemi tardait à se retirer. Cette attitude énergique sauva Toul. En reconnaissance de cet éminent service, la habitants de Toul offrirent au colonel Fruchard une épée d’honneur. J’ai recueilli ces faits honorables de la bouche du Président Fruchard, neveu du colonel.

1779 12 mars Lettre de Delaye, négociant à Lorient au Comte de Clonard à Paris

«  Le Lieutenant du Capitaine Jonnes est parti pour aller faire du monde dans les prisons pour l’armement du Duras.. »

11 avril 1779 Le même au même «  Il est entré hier en rade de Penmané un bâtiment de deux cent cinquante tonneaux, prise faite le 31 mars par les frégates Corsaires Monsieur et le Comte d’Artois. Ce bâtiment partait de Cork armé en guerre et marchandises, ayant seize canons montés en batterie de six livres de balles, six pierriers, deux obusiers et soixante deux homme d’équipage, nommé Endeavour, destiné pour la Jamaïque. »

14 avril Le même au même

«  avant hier est arrivé sous Groix la frégate Corsaire Monsieur, avec un Corsaire de quatorze canons ( le Héros ) , qu’elle a pris en venant mettre des prisonniers à terre. »

19 avril Le même au même

«  Il est arrivé ce matin l’Officieuse dans lequel est passé M. de Lauzun venant du Sénégal. Rien n’a encore transpiré et M. de Lauzun est parti de suite à franc étrier pour Paris. Il est arrivé aussi ce matin la frégate l’Etourdie venant de la Martinique et qui convoyait conjointement avec deux autres frégates trente quatre navires marchands pour l’Europe et dix-huit pour la Nouvelle-Angleterre. Mais au débarquement ils ont rencontré deux vaisseaux anglais qui ont dispersé le convoi et qui ont pris plusieurs navires. Le reste s’est sauvé comme il a pu.. »

23 avril 1779 Le même au même :

«  J’apprends la prise du Comte d’Artois par le vaisseau le Scheaksbury..En général je ne vois pas de jolis Corsaires en Angleterre, car le Crachefeu que la frégate la Surveillante nous a amené hier est fait comme un sabot. Cependant il a seize meurtrières et dix-huit de balle car je ne puis pas nommer son artillerie autrement. Ses canons de dix-huit n’ont que vingt-six pouces de long, quoique montés sur affuts à pivot et à coulisses. Ce Corsaire a livré combat à la Surveillante qui a duré une heure..La Surveillante a aussi pris l’Intrépide de vingt canons et a coulé deux autres corsaires, le Lord Cardiff et le Bristol, et brûlé un Corsaire de Bordeaux qui avait été pris par les anglais et repris par la Surveillante.. »

Le Comte d’Artois fut pris le 5 avril. Après avoir capturé un bâtiment marchand, de concert avec la frégate Corsaire Monsieur, ces deux navires aperçurent un gros bâtiment qu’ils prirent pour un navire marchand, tandis que c’était le Vaisseau de Guerre anglais le Scheaksbury, de soixante quatorze canons. L’erreur fut fatale au Comte d’Artois ; mais son compagnon, Monsieur, qui était meilleur voilier, put se sauver et entrer à Lorient. La prise que ces deux corsaires avaient faite fut conduite à Morlaix.

La Surveillante était commandée par l’illustre du Couëdic.

3 mai 1779 Du même au même «  M.M. Arnoux ont sur le chantier un Corsaire de vingt canons de six qu’ils font pour vendre.  »

12 mai 1779 Du même au même «  Le Corsaire Monsieur partira demain en compagnie du Grandville, Corsaire en ce port montant quatre canons de dix-huit et huit et six. »

16 juin 1779 Du même au même : «  Je vous annoncerai qu’il n’y a pas moyen de charger ces marchandises sur la frégate la Sensible qui porte M. Le Chevalier de la Luzerne en Amérique. Je pense qu’il partira demain matin. »

18 juin 1779 Du même au même : « Tous les navires américains sont partis hier avec la Sensible..La frégate ( Corsaire ) le Monsieur vient d’entrer avec quatre prises anglaises.. »

19 mars 1779 Du même au même « Lorsque vous m’avez manqué de stipuler la Course pour quatre mois, vous m’avez dit si le Corsaire sortait avec cent hommes. Malgré qu’elle soit stipulée pour trois mois, il sera aisé de recommencer de nouveau. D’ailleurs, c’est la règle que la Course doit être de trois mois de mer, non compris les relâches. Si on prolonge la Course, il faudra donner de nouvelles avances aux équipages. Un corsaire du Havre a été dans le même cas et encore n’avait-il fait que six semaines de course. Les Commissaires aux classes soutiennent fortement les équipages sur ce point là. »

5 juillet 1779 Du même au même «  La prise que l’Alliance, frégate américaine a amenée ici est un navire hollandais qui sortait de Bordeaux. Il est entré avant hier la Corvette l’Epervier venant de la Côte d’Afrique, conjointement avec une prise qu’elle avait faite au Sénégal. Cette corvette a été détruire tous les forts et comptoirs anglais jusqu’à Sierra-Leone. Le Capitaine est parti hier matin pour Paris.

27 août 1779 Du même au même : «  Nous avons appris la prise du vaisseau anglais l’Ardent de soixante quatre canons, par les frégates, la Junon, la gentille et la Gloire.. »

27 septembre 1779 Du même au même : «  On prépare à force les deux vaisseaux qui sont ici de relâche pour les faire partir pour Brest.. »

Il s’agissait des vaisseaux le Palmier et l’Intrépide qui étaient venus débarquer sept cents malades. On constate dans le port de Lorient l’existence, à la date du premier octobre 1779, d’un hôpital des convalescents dans lequel des marins faisaient le service d’infirmiers. Il est à présumer que cet hôpital provisoire fut organisé pour le traitement des malades débarqués par les vaisseaux Le Palmier et l’Intrépide.

21 octobre 1779 Du même au même : «  La frégate l’Artois sera lancée demain.. »

8 novembre 1779 Du même au même : «  Si vous pouviez obtenir la permission du ministre pour faire faire notre cordage à la Corderie du Roi, je vous serais obligé, car depuis que les gros armateurs comme M. Desaudray et Granclos Merle ont pris le parti d’établir une corderie , on ne peut plus permettre que les particuliers fassent travailler à la Corderie du Roi.. »

6 décembre 1779 Du même au même : «  On nous a enlevé 5 charpentiers de notre atelier, de sorte que nous n’avons plus que 4. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas, puisqu’on a pris tous ceux des vaisseaux particuliers. »

Le Commandant en chef pour le Roi, au port de Lorient se nommait M. Secondat.

8 décembre 1779 Du même au même «  l est arrivé cette nuit un courrier extraordinaire pour annoncer l’arrivée de M. le Comte d’Estaing et pour prévenir M. Thévenard que deux vaisseaux et une frégate ont ordre de venir ici pour se faire radouber. »

Ces deux vaisseaux l’Hector et le Vaillant arrivèrent à Lorient le lendemain, il fut question de les refondre.

24 décembre 1779 Du même au même «  On a lancé hier la frégate la Capricieuse. »

1779 8 juin La Communauté de Lorient «  sentant l’impossibilité de faire exécuter par des adjudications des terrains sur les quais le plan de façade dressé par le Sieur Détaille, et arrêté au Conseil, charge M. Guillois, Ingénieur de la ville, de dresser un nouveau plan »

Le plan de M. Guillois, figuratif des terrains fut dressé le

1779 5 juin. La vente des terrains vases par la ville, conformément au plan, eut lieu en présence du Subdélégué de l’Intendant de Bretagne à la date des 27, 30, 31 mai 1777, 11 août et 20 novembre 1779, en 25 lots, conformément au tableau suivant.

N° de parcelle Date des ventes Acquéreurs Superficie des lots Prix d’ajudication Observations
1 27/05/77 Lapotaire 104t 3pi 4po 9000 Livres
2 Sachs 46.5 2000
3 La Rongère
4 11/08/79 La Rongère 210.4 2000
5 La Rongère
6 27/05/77 Gérard 357.2 10000
7 31/05/77 Gérard
8 30/05/77 Henry 357.2 17500
9 30/05/77 Henry
10 20/09/79 Foucaud 589.2 21547
11 20/09/79 Foucaud
12 Cession gratuite Ferrand 431.3
13 Ferrand
14 31/05/77 Monistrol 549.6 21000
15 Monistrol
16 Monistrol
17 31/05/77 Deschatelets
18 Deschatelets
19 Deschatelets 735.2 14400
20 Bérard
21 Bérard
22 Bérard

Dans l’acte de cession du sol de la salle de spectacle consenti par la ville aux actionnaires par acte de M. Ollivier notaire à Lorient du 26 juillet 1778, la valeur de ce terrain est fixée à deux mille cinq cents livres. A l ‘exception de ce dernier article, les acquéreurs de ce terrain furent tenus de payer une rente foncière de trois deniers par toise carrée au profit du Prince de Guéméné, outre leur prix d’adjudication.

Ils ne furent pas tenus de payer en capital, mais ils en devaient payer annuellement les intérêts au dernier vingt : c’était pour la ville un revenu de six mille trois cent quatre-vingt dix-neuf livres dix-sept sols, non compris celui qui devait lui échoir un jour de la location de la salle de spectacle ( du moins on en avait alors l’espérance ) à l’extinction de la société tontinière.

Les terrains vases de la rive droite du ruisseau du Faouëdic ne furent l’objet d’aucun projet de cession. Dans l’intention de la Communauté il devait être procédé à des travaux de dessèchement et de remblais avant de disposer de ces terrains , d’une manière utile.

1779 8 juin. Plantation d’arbres sur le chemin de Lorient à Saint-Christophe dont la dépense monte à quatre-vingt sept livres. La Communauté décide que cette plantation sera continuée jusqu’à l’embranchement de la route de Quimperlé «  cette ville ( Lorient ) n’ayant aucune promenade «  et que cette partie du chemin sera élargie de six pieds de chaque côté pour pouvoir mettre un second rang d’arbres.

Les dépenses du cours de la Bôve et de la fontaine en 1778 et 1779 sont arrêtées à ciinq mille quatre-vingt quinze livres.

1779 23 août Lettre de M. de Sartines, Ministre de la marine à M . de Granville Commissaire de la Marine à Lorient.

«  Versailles 23 août 1779. J’ai trouvé, Monsieur, joint à votre lettre du neuf de ce mois, le mémoire de la Communauté de Lorient concernant la contribution à laquelle elle s’est soumise dans le rétablissement des fontaines.

Sur ce que vous et M. Caze de la Bove m’avez marqué de la situation des finances de cette Communauté et des différents engagements qui lui restent à remplir pour l’exécution des travaux dont elle est chargée, j’ai bien voulu consentir que le montant de sa contribution dans les réparations

des fontaines de la ville et du port de Lorient soit et demeure fixé à la somme de 30 000 livres et qu’elle soit acquittée aux différentes époques énoncées dans le mémoire ; c’est-à-dire que le premier paiement de 10 000 livres sera fait dès que la ville y sera autorisée par un arrêt du Conseil, et que les quatre autres de 5000 livres chacun auront lieu les 1er octobre, et 31 décembre de cette année et les 1er avril et 1er juillet de l’année prochaine.

Vous voudrez bien veiller à ces recouvrements.

Puisque l’Ingénieur de la marine pense et assure qu’il est possible d’accorder à la ville une plus grande quantité d’ eau sans nuire aux besoins du service, je veux bien également y consentir, mais sous la condition expresse qu’une partie et même la totalité sera supprimée lorsque le service l’exigera. Je suis…de Sartine. »

L’Arrêt du Conseil qui accorde deux pouces d’eau à la ville moyennant 30 000 livres une fois payées est du 12 octobre 1779.

1779 7 juillet Arrêté du Sénéchal de Lorient concernant la police et la propreté des rues et places publiques de Lorient.

Cet arrêté, en quatorze articles est un résumé des règlements antérieurs concernant le même objet.

1779 12 décembre Délibération du général de la paroisse de Lorient, établissant un droit sur la sonnerie des cloches

«  Pour chaque sonnerie avec les 5 cloches, 10 livres. Si on exige qu’on tire des glas chaque sonnerie, il sera payé pour chaque glas qui sera d’une demi-heure, deux livres. Pour chaque sonnerie avec quatre cloches, la grosse non comprise, six livres.

Nota Il y a trois sonneries à chaque enterrement. »

La même délibération révise et augmente le tarif des différents ornements et objets d’église, sur la proposition du Sieur Macé, marguillier qui expose en ces termes les motifs de cette révision :

«  M.M., La confiance que vous m’avez témoignée en me chargeant de l’administration du temporel de cette paroisse ne me permet pas de vous dissimuler que les moyens me manquent pour seconder vos vues. A peine puis-je fournir aux dépenses les plus indispensables. Je vois même avec chagrin qu’on est forcé de suspendre les travaux commencés pour accroître la nef de léglise. Vous en aviez conçu le projet, Messieurs, avec sagesse : il a été formé sous d’heureux auspices. La Compagnie des Indes existait alors et nous jouissions d’une paix profonde : il a été ensuite dirigé avec autant d’ordre que d’économies. Mais que les choses ont changé ! La chute de la Compagnie a tari son plus grand secours et la guerre survenue a détruit l’opulence des citoyens : par là les ressources qu’on pouvait attendre de leur piété et de leur charité sont perdues. On parvient même difficilement aujourd’hui à faire rentrer les droits attribués à la fabrique. Le beffroi qu’on vient de construire pour y placer provisoirement les cloches, jusqu’à ce que les jours de l’église soient achevés, vous a fait contracter un emprunt. Il est donc intéressant d’en tirer parti pour faire face à cette dette. J’estime, Messieurs, qu’il convient d’établir sur la sonnerie des droits proportionnels à l’usage qui s’y pratique dans les autres paroisses.. »

Ce tarif présenté à l’homologation du Parlement de Bretagne donna lieu à quelques observations. Le parlement demanda la communication des taris en vigueur et la justification des dépenses.

Dans une nouvelle délibération du 18 mai 1780, le Général de la paroisse exposa au Parlement : «  que la population de Lorient où il n’y a qu’une paroisse s’étant considérablement accrue, on s’est vu forcé d’augmenter les contours de l’église pour pouvoir contenir les fidèles ; que cette entreprise doit passer 500 000 livres ; que les fondements du portail et des tours qui l’accompagnent quittent à peine le niveau de la terre ; qu’il suffit pour donner une idée d’une telle entreprise d’observer à la Cour qu’on demande simplement 18 000 livres pour le transport des pierres qu’on a achetées dans le pays d’Aunis, lesquelles à peine pourraient achever la tour qui doit contenir les cloches ; qu’on a été obligé d’emprunter tout nouvellement une somme de 4000 livres pour acquitter les prix de ces mêmes cloches, et pour construire un beffroi provisoire en bois pour les y placer provisionnellement , et qu’enfin la paroisse soit en contrats de constitution 54 726 livres. »

Ce beffroi fut établi sur la tour du côté de la croix de mission.

1779 30 décembre La Communauté invite M.M. Cordé et Desbled, Commissaires nommés le 2 avril 1778 pour recevoir le don de 30 000 livres accordé à la ville par le Duc de Rohan pour les travaux des quais et la construction d’une cale qui porterait son nom, au bout de la place de Préménil, de rendre compte de l’emploi de ladite somme.

M.M.Cordé et Desbled donnèrent le 15 mars 1781 leur démission de Commissaires aux constructions et travaux des quais. Ils furent remplacés par M.M. Henry de la Blanchetage et Borne-Bonnet. Desbled, en rendant ses comptes fut trouvé débiteur envers la ville de 11 754 livres ; pour en assurer le paiement, il consentit conjointement avec sa femme une obligation de pareille somme à la ville. Desbled mourut peu de temps après.

1780

8 mars Lettre de Delaye , négociant à Lorient, au comte de Clonard, à Paris «  Je ramasse autant de matelots que je puis trouver. L’arrivée des frégates et des gens qui viennent de prison nous fournit un peu de monde.. »

10 mars Le même au même : «  La vaisseau Le Comte d’Artois ( autrefois le Bordelais ) , de soixante quatre canons est enfin mâté..Je reçois votre lettre du 6 du courant. Je vois que le Ministre de la Guerre a donné des ordres pour faire conduire ici les quatre cents galériens qui doivent composer la légion d’Artois. M. de Frémicourt a reçu aujourd’hui lettre de M. de Montbaré pour le prévenir de cet envoi de forçats. Je dois vous prévenir qu’on n’est pas fort content de cela ici et qu’on est embarrassé pour les loger. Aucun habitant ne voudra recevoir de ces sortes de gens chez lui et le port n’a pas ordre de les recevoir aux casernes. Ces hommes doivent arriver ici avec leur chaînes, conduits par la maréchaussée.

Cela ne fait pas un bon effet. Il y a déjà beaucoup de murmures là- dessus..Je viens de commander les 400 sarots et culottes, afin qu’à mesure qu’ils arriveront on puisse les habiller et leur ôter l’habillement de galérien..La ville est alarmée par la prise du convoi parti d’ici le seize février. La frégate la Charmante partie avec lui a gardé le silence jusqu’avant hier au soir. Mais la bombe a éclaté et aujourd’hui il n’y a plus de doute. C’est bien malheureux. L’Amiral Rodney a eu une campagne bien heureuse.. »

31 mars Le même au même : «  La vaisseau le Breton vient d’arriver de l’Isle de France. »

21 avril Le même au même : «  Les vaisseaux du Roi l’Hector et le Vaillant ne vont pas vite dans leurs armements, faute de monde.. »

9 juin Le même au même : «  Le Comte d’Artois a appareillé du mouillage de Groix à deux heures cet après-midy.. »

12 juin Le même au même : «  La frégate de Vénus est venue mouiller hier soir sous Groix et a amené avec elle un Corsaire anglais de quatorze canons.

19 juin Le même au même : «  Il est entré hier deux prises faites par trois frégates , un Corsaire de vingt-six canons et un de quatorze.. »

5 juillet Le même au même : «  Le vaisseau le Comte d’Artois est toujours en rade de Groix. Les quatre prises sont bien amarrées sur les pontons dans le port, les scellés y sont partout, nous avons des magasins tout prêts pour commencer la décharge.. »

10 juillet Le même au même : «  Ils ont appareillé hier à midy.. » ( Il s’agit du Corsaire Le Comte d’Artois qui était mouillé sous Groix. )

21 juillet Le même au même : «  Dans ce moment entre la friponne avec un corsaire qu’elle a pris cet après-midi devant le port.. »

8 septembre Le même au même : «    Nous recevons l’honneur de votre lettre du 4 qui ne donnait plus grand espoir sur le sort du Comte d’Artois, dont la prise nous a été confirmée une demi-heure après la réception de votre susdit par celle que M. Ledoux écrit à son épouse, de Plimouth où le vaisseau a été conduit le vingt-deux. Il dit seulement qu’ils ont combattu pendant deux heures et demie contre eux vaisseaux , que tous les officiers se portent bien..On mande de Cork en date du seize à M. Moëlan, que le convoi étant sorti le douze sous l’escorte du Charton et de la frégate le Houssard au nombre de cent trois voiles, M. de Clonard les avait fait amener tous et qu’étant occupés à amariner quelques unes des prises où il avait déjà envoyé du monde à bord, c’est dans ce temps-là que le Bienfaisant ayant été instruit qu’il y avait un vaisseau français dans ces parages qui faisait ravage, a pour lors filé ses câbles et s’est rendu au milieu du convoi où il a resté quelque temps sans faire connaître sa force ; que le Comte d’Artois étant venu auprès de lui pour le faire amener, c’est alors que la Bienfaisant s’est fait connaître en lui tirant de volée au moyen de quoi il a surpris le Comte d’Artois.. Mais commevous dites, il faut céder à la force, pauisque le Charron et les frégates la Licorne et le Boussard se sont mis tous contre lui.. » ( Le Comte d’Artois était commandé par le Chevalier de Clonard ).

8 décembre Le même au même : «  Nous avons vu M. Arnoux qui ne veut pas s’engager à faire les goëlettes à moins de 15 000 livres chacune…Il n’est persone autre qui soit dans le cas de faire ces petits bâtiments ici que lui. M. Henry la ferait bien, mais c’est un juif du premier ordre et M. Trichet fils n’a pas assez de bois et d’ouvriers pour entreprendre cette besogne : il n’a fait jusqu’à présent que des chasse-marées et autres barques pareille.. »

( Arnoux construisit pour le Comte de Clonard la Goélette Le Roitelet ( Le comte de Clonard était l’agent du Comte d’Artois ; en 1782 cette goélette fut expédiée sur la Côte d’Or pour faire la traite négrière. )

2è décembre Le même au même : «  A l’égard des deux goélettes, il faut vous observer que M. Arnoux va débarrasser cesjours-ci les deux petits chantiers qu’il a, où il finit des Cutters ( un bateau de type cotre ) pour le Roi.. »

25 décembre Le même au même : «  Hier, nous avons reçu lettre de M. d’ Albarade qui nous prévient que vous lui avez confié le Commandement de la frégate l’Aigle et nous prie de lui envoyer d’ici deux bons maîtres canonniers et six aides.. »

( M. Le Comte de Clonard, agent du Comte d’Artois, faisait armer à Saint-Malo par la maison Bertrand la frégate corsaire l’Aigle sur laquelle il fit embarquer la légion d’Artois, composée de forçats, qui provenait du vaisseau Corsaire le Comte d’Artois capturé par les anglais le seize août précédent. Entrée en armement sous nle commandement de d’Albarade à la fin de 1780, la frégate l’Aigle appareilla de la baie de Cancale dans les premiers jours de mars 1781 pour aller en croisière sur els Côtes d’Espagne et du Portugal. Elle était montée par six cent hommes y compris la Légion d’Artois.

Le 10 avril elle vint en relâche à Bayonne, amenant trois prises anglaises sur les 5 qu’elle avait faites, les deux autres étant retombées aux mains des anglais. Après une relâche de 3 semaines, l’Aigle reprend sa croisière au large de Belle-Isle et le 7 mai cette frégate s’empare d’un Cordaire anglais de seize canons, la revanche, qui fut envoyé à Lorient. Le 20 mai, après avoir expédié à Lorient trois autres prises, l’Aigle vint mouiller sous Groix. Le trois juin, nouvel appareillage et le 7 elle sauve trois chasse-marées français tombés aux mains d’un Corsaire anglais.

Le dix-neuf juin le commandant d’Albarade entre à Lorient pour refaire son doublage, et le 4 juillet il y est arrêté sous l’inculpation d’avoir enlevé des marins à Bayonne. Le 9 du même mois, d’Albarade fut mis en liberté après avoir prouvé la fausseté de l’accusation dont il avait été l’objet et le 25 juillet il reprit la mer, en laissant à terre une dizaine d’officiers et un grand nombre de soldats de la Légion d’Artois, dont l’insubordination à bord n’avait plus de frein et qui étaient toujours disposés à méconnaître son autorité et de se révolter. Le jour même de son départ, il donna la chasse à deux corsaires anglais et parvint à capturer l’un d’eux le lougre le Grey hound, capitaine James Neelson de dix caronades de six ( une caronade est une pièce d’artillerie courte développée par la fonderie écossaise à partir de 1779 ) de Bristol.

Après avoir capturé en outre deux autres petits bâtiments qu’il expédia l’un à Lorient et l’autre à Brest, le commandant d’Albarade alla en croisière dans la Manche et le vingt neuf septembre il mouilla devant Dunkerque avec une prise marchande et après en avoir expédié une seconde à Flessingue. Trois autres navires marchands capturés étaient retomés aux mains des anlais, dans le trajet d’attérissage. Deux frégates anglaises sorties des Dunes vinrent attaquer l’Aigle au mouillage de Dunkerque ; mais d’Albarade après un combat d’une heure et demie force l’une des frégates à rentrer aux Dunes et échappe à la seconde. Craignant d’être traqué dans la Manche par de gros navires de guerre, d’Albarande rentra dans l’Océan par les Orcades et vint mouiller sous l’île de Ré après trente-neuf jours de mer, le neuf novembre 1781. En route, il avait capturé un navire marchand. Ayant repris la mer, d’Albaranche après une courte croisière mouilla en rade de l’Ile d’Aix à la fin du même mois de nombre, par un gros temps. Au mouillage, l’Aigle ayant chassé sur ses ancres, alla s’échouer sur les vases de l’Aiguillon, mais cette frégate fut relevée le 2 décembre suivant.

A u mois de mars 1782, le Comte de Clonard vendit au Roi la frégate Corsaire l’Aigle moyennant quatre cent cinquante mille livres.Montée par le Comte de la Touche et armée de quarante canons, la frégate l’Aigle fut prise par les anglais le quinze septembre 1782

Le négociant Delaye était le consignataire à Lorient de la frégate Corsaire l’Aigle. C’est dans la correspondance de ce négociant que j’ai recueilli les éléments de cette note. Cette correspondance déposée aux archives du tribunal de Lorient lorsque j’en ai pris communication a été transférée à la Préfecture de vannes avec toutes les archives de ce tribunal en 1863.

D’Albarade commanda en 1782 le vaisseau Le Fier arlé pour la course à Rochefort, par le même M. de Clonard.

1780 7 avril La Communauté de Lorient «  en témoignage de sa reconnaissance des bienfaits de Son Altesse Les Princes de Rohan et de Guéméné, en considérant que c’est pour les actionnaires de la salle de spectacle une occasion de témoigner ce même sentiment à l’égard du don que ces Princes leur on tait, arrête à l’unanimité que la loge de Leurs Altesses serait en face de celle du Roi et qu’il serait inscrit sur la porte Loge de Nos Seigneurs Les Princes de Rohan et de Guéméné, et que la loge d’à côté serait celle des Juges de leur Juridiction. »

Elle décide également que la Loge du Commandant et du Commissaire de la Marine serait placée à côté de celle du Roi et que celle de la Ville serait placée au bas de la salle, au milieu des premières.

1780 24 juin La Communauté de ville «  sentant la nécessité de procurer à la ville une horloge qu qu’elle en est absolument dépourvue, achète celle qui luis est proposée par le Sieur Hoguet pour la somme de 2000 livres.

Et comme il n’y a pas de lieu plus propice que l’église paroissiale pour poser une horloge qui doit être entendue de tous les quartiers de la ville, la Communauté arrête d’en faire présent à l’église, à condition qu’elle fera tous les frais pour le placement et ceux du timbre ou clocher qu’il sera nécessaire qu’elle se procure.. »

( Il paraîtrait que l’intention de placer l’horloge à la salle de spectacle avait été abandonnée.)

1780 20 août. Délibération du Général de la paroisse de Lorient relative au transférement hors ville, de son cimetière : «  Sur ce qu’il a été représenté que la ville s’augmentant journellement, il est absolument nécessaire,pour empêcher les exhalaisons du cimetière, qui est placé dans l’enceinte de la ville, de causer des maladies épidémiques de pourvoir à l’établissement d’un nouveau cimetière, conformément à l’article sept de la déclaration du Roi du quatorze mars 1776, le Général délibérant, désirant se conformer à l’esprit de cette déclaration , et de dférer aux vœux des citoyens, a arrêté que le cimetière actuel sera remplacé par un autre situé hors ville ; à cet effet a nommé M.M. Bormet père et Bardon Commissaires pour concourir avec Messieurs les Offciers municipaux soit pour trouver un terrain propre pour le nouvel établisssement, soit pour obtenir l’approbation de Monseigneur l’Evêque de Vannes pour la dite translation, d’autant qu’on ne peut la faire sur une paroisse étrangère… »

Le dix-neuf aoüt 1781, après de nouvelles instances du Procureur fiscal, la paroisse charge les marguilliers de solliciter de l’Evêque de Vannes une solution à la question de translation du cimetière sur la paroisse de Ploemeur. Cette autorisation fut obtenue le vingt septembre 1781 et par Arrêt du Parlement de rennes du 16 octobre suivant l’exécution d ela décision épiscopale fut approuvée, sous la condition que le cimetière serait clos de murs.

Enfin, le vingt-quatre février 1782, sur le rapport des marguilliers en charge, M.M.Schmaltz et Bonnet du Rohu, le Général de la paroisse décida : « que le nouveau cimetière sera placé dans le bas d’une pièce de terre située sur le bord du grand chemin qui conduit de cette ville au Portlouis, appelée Perch-er-vern, qui veut dire en français Pièce de la Grève, à cause de sa situation sur le bord de la mer, distante d’environ sept cents toises de l’église paroissiale ; et qu’il comprendra la portion de la dite pièce de terre la plus voisine de la mer, contenant en superficie 2 journaux 64 cordes 10 toises, y compris le chemin propre au cimetière, borné du levant par la mer ou grève, du couchant à terre possédée à domaine congéable par Marie Féau veuve Quellec, Marie Le Ricoux, Charles Benglan, les mineurs Calvar, et à terre non à convenant appartenant comme le fond de toute la dite pièce de terre au Sieur Eudo de Keroman…

Que le dit cimetière sera enceint de murs conformément à l’Arrêt du Parlement du 16 octobre dernier ; qu’il sera pris sur le dit terrain un chemin de vingt quatre pieds de large entre le mur septentrional et le prateau ( vieux français praetel, pradell

en breton le petit pré? ) profité par la dite veuve Le Quellec, et terre du Sieur de Keroman, à conduire au grand chemin, et qu’il sera laissé dans la partie orientale les portions qui avancent sur la grève pour la sépulture des protestants et des enfants morts-nés, lesquelles seront séparées du grand du dit cimetière, levé par M. Guillois, Ingénieur du Roy et de la ville restera joint à la déllibération… »

( Le cimetière devait être éloigné des fotifications de la ville de deux cent cinquante toises ( environ cinq cents mètres ) d’après les observations de M. Poalissot, Ingénieur général en chef au Portlouis. On sait que la lunette de Kerlin faisait partie de l’ensemble des fortifications de la place de Lorient.C’est donc à partir de la limite extérieure de cette lunettte que l’on eut à mesurer les deux cent cinquante toises pour déterminer l’assiette du nouveau cimetière : c’est ce qui explique son éloignement de la ville.)

1780 2 Septembre Arrêté de police du Sénéchal ( Juge ici seigneurial qui prononce la sentence ) de Lorient «  qui défend de jeter par les rues de jour ni de nuit des fusées et pétards et d’y tirer aucun coup de pistolet ou de fusil…de faire conduire par des enfants leurs chevaux sur le pavé et la banlieue… et à toutes personnes de faire aller leurs chevaux plus fort que le pas, à peine d’amende de dix livres, de prison s’il est vu appartenir, etc.. »

1780 16 novembre Décision de l’Assemblée de Communauté de ville de Lorient qui impose le nom de Necker à la rue nouvellement ouvere pour joindre les rues de Rohanet de Toulouse.

Le 11 août précédent, la Communauté avait demandé au Ministre l’autorisation de lui rendre cet hommage ; le 31 du même mois, réponse affirmative du Ministre,ou plus exactement du Directeur Général des Finances Necker.

Voici la reproduction de cette correspondance : «  Monseigneur, Notre Ville ne peut s’accroître et s’embellir qu’à l’appui d’une protection bienfaisante, elle a déjà ressenti les heureux effets de la Vôtre. Occupés de vous témoigner, Monseigneur, notre reconnaissance d’une manière qui la perpétue, nous vous prions d’agréer que nous donnions votre nom à une nouvelle rue que nous venons d’ouvrir. Si nos facultés étaient moins brnées et si les travaux continuels que nous entreprenons pour l’utilité publique et surtout pour ceux du Commerce ne les épuisaient pas, les sentiments dont nous sommes pénétrés, Monseigneur, avec le reste du Royaume, pour votre administration aussi sage qu’éclairée, nous aurait indiqué de vous offrir un hommage plus convenable et plus satisfaisant pour nos cœurs. Nous sommmes, etc… »

Réponse du Ministre : «  J’ai reçu, Messieurs, la lettre que vous avez pris la peine de m’é »crire le 11 de ce mois. Je ne puis refuser la proposition que vous me faites puisqu’elle est dictée par un sentiment auquel je tiens beaucoup de prix. J’ai l’honeur d’être bien sincèrement , Messieurs, etc..signé Necker. »

( Il est à remarquer qu’à l’époque où la ville témoignait ainsi des hommages flatteurs à Necker, ainsi qu’elle l’avait toujours fait à l’égard des personnages divers qui avaient tenu jusqu’alors le portefeuille des finances, Lorient se trouvait engagé dans le fameux pocès des francs-fiefs ( un franc-fief est un fief possédé par un roturier contre la règle qui ne permet pas à un roturier de détenir un fief ) contre le Prince de Guéméné. Ce même jour, 1- novembre 1780, la Communauté déutait à Paris M. Bonet du Rohu, l’un de ses membres, chargé de s’occuper de cette affaire, et particulièrement d’obtenir de M. de Necker la suspension d’une décision qui paraissait imminente et dont elle paraissait craindre le résultat ? Dans le même moment, Barbarin alos député de Lorient aux Etats de Bretagne, obtint l’appui des Etats, dans cette même affaire, ainsi qu’il résulte d’une décision du cinq décembre 1780.

En voyages et démarches effectuées par le Maire Esnoul Deschatelets et Bonnet, la ville de Lorient dépensa une somme de deux mille huit cents livres à l’occasion du procès des francs-fiefs.

1780 6 décembre A la suite d’un incendie considérable qui avait débuté par un feu de cheminée, Arrêté du Sénéchal de Lorient qui enjoint aux propriétaires de faire élever leurs cheminées au moins deux pieds au-dessus du faîte de leurs maisons ou des maisons joignantes, etc. »

Cet Arrêté contient treize articles.

L’article onze oblige les maçons, charpentiers et couvreurs à se rendre munis de leurs haches, coignées, marteaux et autres outils, au premier coup de tocsin, sur le site de l’incendie, pour travailler à l’éteindre.

1780 13 décembre. M. le Maire présente à la Communauté une requête accompagnée de plans et devis, adressée par le Sieur Triché, entrepreneur à Lorient, pour obtenir la concession d’un terrain à l’effte d’y construire un corps de caserne.

La Communauté, «  considérant surtout que le projet du Sieur Triché dans l’espoir de délivrer les habitants des inconvénients trop éprouvés du logement des troupes qui passent et qui ne viennent à Lorient que par entrepôt, approuve et agrée le projet et charge M. Barbarin son député aux Etats de le soumettre à l’agrément de l’Intendant de Bretagne. »

Monsieur Caze de la Bôve, Intendant de la Province, approuva cette délibération le vingt-neuf décembre 1780. ( On voit qu’il ne s’agissait que de loger les troupes de passage, en attendant leur embarquement pour les colonies ). La garnison était casernée en différentes maisons de la ville et ne logeait pas chez l’habitant. Les projets de Triché acceptés par la ville et approuvés par l’Intendant de Bretagne n’ont jamais reçu d’exécution ; et actuellement ( 1873 ), les habitants de Lorient ont encore à fournir le logement des troupes de passage et qui arrivent tenir garnison.

1780 24 juin La Communauté de Lorient autorise l’acquisition d’une maison sise rue Vilvault, appartenant à la Veuve Savigny et aux Sieurs Michel et Elliot, qui obstrue entièrement cette rue Vilvault. Elle en ordonne la démolition pour le 1er septembre 1780.

1780 2 mars «  Le 2 mars 1780 a été déposé dans le caveau de cette paroisse le corps de Messire Jean-Baptiste Nicolas Denis d’Après de Mannevillette, écuyer, Chevalier de l’Ordre du Roi, ancien Cnapitaine des vaisseaux de la Compagie des Indes, Correspondant de l’Académie des Sciences et associé à celle de la Marine, Inspecteur et garde du Dépôt des plans, cartes et journaux de la Marine au Port de Lorient. Epoux de Dame Marie-Madeleine Benard, mort d’hier, âgé de soixante treize ans, après avoir reçu les sacrements. Ont assisté à l’enterrement Messieurs les Soussignants avec nous. Le dit Messire d’Après, originaire de la paroisse de Saint-François du Havre, signé A. Thevenard, Grognard du Jussin, P Laporte prêtre ( Registre paroissial de Lorient).

D’Après de Mannevillette fonda à Lorient le dépôt des Cartes et plans de la Marine, qui depuis , a été transféré à Paris, voir Biographie Universelle ).

1780 15 avril «  A Versailles le quinze avril 1780. J’ai reçu, Messieurs, votre lettre du 3 de ce mois par laquelle vous me rendez compte de la délibération prise par une société de vingt habitants confirmée par le Corps municipal de Lorient pour assurerr gratuitement et à perpétuité au Commandant et au Commissaire de la Marine des places dans la salle de spectacle que cette Société a fait bâtir. Je n’ai pu voir qu’avec beaucoup de plaisir de la part du Corps de ville, et dde sa Société, une marque volontaire d’attention et d’égard pour el corps de la Marine et je vous prie de leur en ntémoigner toute ma satisfaction. Vous pouvez et même je pense que vous devez même accepter l’offre qui vous a été faite, la position des places qui vous sont destinées ma paraissent convenables à tous égards. J’ai l’honneur, etc.., signé De Sartines. ( à M.M. Thevenard et d ela Grandville ).

1780 septembre Le Ministre de la Marine à M. de Najac, Commissaire en chef au port de Lorient ( comme intérimaire ? ) :

«  Versailles le 7 septembre 1780 Je suis informé que la prise le Prince Guillaume Henry faite par M. Macnemara n’est point entrée dans le port, attendu la cessation que les Officiers de l’Amirauté ont fait de leurs fonctions à cet égard. Comme il en résulte une dépense onéreuse au Service du Roy, vous aurez soin de vous concerter avec M. Thevenard pour faire entrer cette prise dans le port et la faire mettre en lieu de sûreté aussitôt que ma lettre vous sera parvenue.

Vous la ferez aussi dégréer pour éviter le dépérissement et vous ferez présenter requête à l’Amirauté pour le Sieur Genay, dans la forme ordinaire pour qu’lle commence les opérations qu’une contestation particulière n’aurait pas dû suspendre, j’en préviens également ces officiers. Signé de Sartines, pour copie Najac. »

1781

9 février Lettre de M. Delaye négociant à Lorient, à M. Le Mesle, négociant à Nantes : «  La navire particulier Le Comte d’Estaing, capitaine Laporte, de vingt quatre canons…est sur la rade de Portlouis prêt à partir pour Saint-Domingue… »

9 férvier Le même, à M. Métois, banquier à Paris : «  Dans ce moment-ci notre commerce consiste en arments de course contre l’ennemi.. »

10 avril Le même au même : « Jamais nous n’avons vu cette place au point où elle est aujourd’hui. Ceux qui font ordinairement le commerce ne le font plus pour lemoment, en ce qu’ils ont donné beucoup d’argent à la grosse pour les navires en partance pour l’Inde. Ils aiment meiux cela parce que la prime leur est avantageuse, cinquante pour cent pour vingt mois, avec caution solvable. Voilà, Monsieur, le commerce de Lorient. Tous ceux qui ont des navires en expédition sont aux emprunts d’argent pour donner des avances aux équipages. Monsieur Bourgeois qui passe ici pour le plus grand richard de la ville, a été lui-même obligé d’emprunter avant-hier. »

1er juin Le même à M . Bertrand de Saint-Malo «  Nous vous prions d’avoir la complaisance de nous envoyer l’instruction de M. Sané, relativement au doublage de sa frégate, en cuivre. »

(Il s’agissait de doubler le Coraire l’Aigle, capitaine d’Albarade, armé à Saint-Malo.)

1781 25 juin Le même au même : « Les deux frégates du Roi, la friponne et la Gloire recenant de Cadix viennent d’entrer. Elles ont avec elles une frégate hollandaise de trente six canons ; une autre anglaise de vingt six canons de neuf, et un brigantin Corsaire de quatorze canons qu’elles ont pris.. »

27 juillet Le même au même : « L’Aigle a efffectivement chassé le jour qu’elle a quitté Groix ( 25 juillet ) deux corsaires qui faisaient ravage dans notre baie, et le soir, lle prit le lougre le Greyhound, corsaire de Bristol de dix caronades de 6, trente cinq hommes d’équipage, capitaine,James Neelson. »

25 avril 1781 Le même à Monsieur le Comte de Clonard à Paris : « M.M. Cordé nous chargent de vous demander si vous vouliez leur rendre un service. Voici de quoi il est question : M. Cordé leur frère, offcier de la Comapgnie des Indes est parti de Lorient en 1769, Commandant la Corvette le Nécessaire. En 1770 à la rétrocession des vaisseaux d ela Comapgnie des Indes au Roi, on lui en a continué le commandement, et depuis cette époque, il commande dans l’Inde où il a été employé à plusieurs missions importantes, qu’il a tooutes remplies à la satisfaction de tous ses chefs, telles que le voyage des Moluques pour les épiceries, des découvertes, etc. M.M. De Ternay et Maillard avaient apostillé un méoire très honorable de ses services et lui avaient proposé de l’envoyer au Ministre. Il a proposé de l’adresser pour le présenter à M. Poivre qui était son ami et qui n’en a jamais parlé. Il est actuellement sur le vaisseau le Lorient avec M. d’Orves,en qualité d’aide-major de l’escadre. M.M. De Souillac et d’Orves ont écrit à M. de Castries en sa faveur et demandent pour lui le brevet de Capitaine de brûlot.

*Poivre Intendant de l’Ile de France sous l’administration duquel des tentatives furent faites pour enlever aux hollandais des graines et des plantes de mauscadiers et girofliers des Moluques et en introduire dans nos colonies de l’Inde et aux Iles Bourbon et de France. L’Alréen Provot se distingué dans ces tentatives.

*Le Comte d’Orves mourut en vue de Madras le 9 février 1782 et fut remplacé par le Bailli de Suffren qui commandan les deux escadres de l’Inde. L’Orient fut alors monté par M. de la Pallière. Ce vaisseau se perdit le trois septembre 1782 dans la baie de Trinquenale. On sait qu’un siècle auparavant un vaisseau du même nom, de la Compagnie des Indes se perdit corps et biens dans les mers de l’Inde.

Comme M.M. Cordé ses frères craignant que les paquets ne soient perdus, ils vous prient très instamment de vouloir bien vous intéresser pour leur frère auprès du Ministre , pour lui faire obtenir cette grâce qu’il a méritée pour 30 ans de service en qualité d’officier de Marine. »

8 août Du même au même «  La frégate la Vénus a eu le malheur de se perdre d’un très beau temps sur les Glénans, lunid à six heures du matin…On a pris tous les chasse-marées quiétaient vides ici ou dans le port et on les a envoyés au secours.. »

16 octobre Le même à M. le Secrétaire de l’ambassadeur du Portugal :

«  Quoique d’origine française et établi en France depuis 10 ans, ayant une maison de commerce depuis ce laps de temps au Havre et une ici epuis trois ans, nus sommes nés natifs de lisbonne, de la paroisse de Saint-Julien, de père et de mlère aussi nés à Lisbonne… Notre mère étant la fille de Madame Romalme qui tenait avant le tremblement de terre un grand magasin de pelleteries devant le Saint-Esprit. »

21 novembre Le même à M. de Clonard «  Hier le pauvre M. Desjardin, capitaine de la prise l’Unicorne entra à la maison le neuvième de son équipage et 3 prisonniers anglais, leur navire ayant coulé à la mer par cinquante degrés de latitude et quinze degrés de longitude de Paris, le jour même de la disparition de sa frégate, ( corsaire l’Aigle ) , la mer étant très grosse. Ils se sont sauvés sur la chaloupe où ils sont restés 4 jours sans boire. Deux de ses matelots sont morts en arrivant à terre au port de Locmaria ( Belle-Isle ) où ils ont abordés excédés de misère et de fatigue.. ».

1781 24 décembre Le même à M. Simon à Rouen : Nous attendons ici M. Gardane fils pour commander un navire pour nous. »

1781 5 Avril Descente de police chez Jeanne Marchand femme Castel, tenant maison de jeu. Le Commissaire de police opère la saisie des cartes et des enjeux et dresse procès-verbal contre la femme Castel et contre les joueurs nommés du Cléguer, Le Guillou, de grassy, le Chevalier de Bruix, Pierre Cassart dit Saint-Pierre, de Loste, de Bruix, Arnold de Mornay, Poncet et Jacques Dufay. Par sentence de police du Sénéchal de Lorient du deux mai suivant, la femme Castel fut condamée à trois cents livres et chacun des joueurs à cent livres d’amende.

1781 15 mai Arrêt du Conseil d’Etat concernant la perception des impôts sur les boissons introduites dans l’enclos du port de Lorient.

1781 21 juillet Plaintes des entrepreneurs de constructions relatives à la désertion de leurs chantiers par les ouvriers, et aux manœuvres employées pour exciter cette désertion. Cet état de choses qui a pour but une augmentation de salaires occasionne des troubles et des attroupements séditieux.

Maujouan du Gasset, Sénéchal, fait publier un arrêté par lequel il fait «  très expresses défenses et inhibitions à tous ouvriers et compagnons maçons et autres manœuvres de s’assembler et cabaler netre eux pour faire déserter les ateliers et chantiers, etc. »

Malgré cet arrêté de police, les troubles continuant, des poursuites furent exercées. Le dix-huit août

suivant, neuf ouvriers cloutiers furent condamnés chacun à 3 livres d’amende pour manœuvres tendant à forcer les maîtres cloutiers à augmenter leurs salaires. ( La coalition des ouvriers contre les maîtres et entrepreneurs embrassait tous les corps de métiers.)

1781 21 août Les négociants de Lorient adressent à la Communautéun mémoire pour obtenir un siège consulaire dans leur ville.

La Communauté «  qui dans tous les temps s’est occupée des moyens nécessaires pour parvenir à l’obtention d’un Siège Consulaire charge le Maire de faire toutes les démarches nécessaires à ce sujet près du Ministre et de l’Intendant de Bretagne.

Le commerce de Lorient députa à Paris M. de Montigny de Montplaisir pour solliciter les Lettres Patentes de création d’un siège consulaire. Elle chargea e député de présenter requête pour cet objet et pour la création d’une Chambre de Commerce.

1781 4 novembre Te Deum et réjouissances publiques à l’occasion de la naissance d’un Dauphin. Les dépenses de la ville s’élevèrent à mille quatre cent treten llivres. Le 7 novembre le Sénéchal prit un arrêté prescrivant aux habitants de Lorient 3 jours d’illuminations, le mercredi sept et les Dimanches onze et dix-huit novembre, sous peine d’amende.

1781 8 décembre M. Bigot de Préameneu, avocat au Parlement de Paris et Conseil des Etats de la Province de Bretagne, est choisi par la Communauté de Lorient pour son conseil et son correspondant : «  Il peut plus que tout autre être utile à la Communauté par l’accès que la place lui procure dans tous les bureaux du Conseil et même près des ministres. »

( On sait que Bigot de Préameneu est l’un des rédacteurs des Codes français et qu’il devint Ministre des Cultes, et comte de l’Empire.)

1781 31 décembre Approbation par la Communauté d’une dépense de quatre cent cinquante livres pour dommages causés au mur de M. Le Guével , Subdélégué, lors de l’excavation des terres pour former la rue Flesselles.

1781 Parmi les dépenses de la ville pour travaux publics, on relève une sommede neuf mille six cent soixante seize livres pour les travaux des quais, suite de la cale de Rohan, arrêtée au vingt neuf décembre 1781.

A la date du sept juillet, même année, la Communauté approuva une dépense de quatre mille cinq cents livres pour remboursement fait à Niceron, de Cognac et autres, de leurs droits dans les édifices acquis en 1752 par la ville pour son hôtel de ville.

1782

2 janvier Lettre de M. Delaye négociant à Lorient à M. de Clonard à Paris. «  Par notre dernière nous vous avons annoncé l’arrivée de la corvette du roi l’Aigle. On avait dit d’ébord que c’était l’envoi de M. de Grasse et après que c’était un navire séparé du convoi de M. de Guichen. Mais vous aurez appris tout comme nus que cette corvette venait pour apporter les drapeaux du 15 ème régiment anglais qui était en garnison à Saint-Eustache, M. de Bouillé, conjointement avec votre ami M. Dillon ayant enlevé cette Isle/ »

( La corvette l’Aigle arriva à Lorient le 31 octobre 1781 ).

13 mars Le même au même : « On a lancé aujpourd’hui la vaisseau le Puissant. »

22 mars Le même au même : « Nous compterons toujours que vous nous aiderez pour l’armement en course de notre cutter l’Hirondelle. »

2 avril Le même au même : « Nous recevons l’honneur dde votre lettre du 30 du passé. Nous voyons avec un vrai plaisir que vous aviez obtenu le vaisseau Le Fier. Nous voyons que vous destinez ce vaisseau pour le Cap de Bonnne-Espérance. » ( Le vaisseau Le Fier était à Rochefort. Le commandement en fut donné à d’Albarad, ancien commandant de la Frégate-Corsaire l’Aigle.)

17 janvier Le même au même : « M.M Le vicomte de Noailles et de la Fayette sont arrivés hier ici sur la Frégate l’Alliance. »

1782 30 janvier Lettre Patentes du Roi concernant la perception des droits d’octroi au profit de la ville de Lorient dans l’enceinte du Port de Lorient.

1782 Février Edit du Roi portant création d’une juridiction consulaire dans la ville de L’Orient, donnée à Versailles au mois de février 1782. Registré au Parlement le 8 mai 1782.

Cette juridiction se compose de trois juges consuls qui seront nommés dans une Assemblée convoquée par les Officiers du Corps municipal, un mois au plus tard après la publication de l’Edit, à laquelle seront appelés 12 des principaux nnégociants-marchands de la ville.

1782 9 mars La Communauté, après lecture des Lettres de M. de Montigny, chargé d’obtenir un siège consulaire de M. de Montharan et des négociants de la ville relatives au même objet, invite le maire à établir une bourse de commerce et à prendre les mesures nécessaires pour iinstaller l’Auditoire et le Greffe de la Juridiction Consulaire dans les appartements de la Salle de Spectacle, occupés par le Sieur Loré, cafetier, tenant le café des Quatre Nations.

Loré consentit au résiliement de son bail moyennant une indemnité de mille six cents cinquante livres.

Mais l’Intendant de Bretagne, n’ayant pas approuvé les mesures prises par la Communauté, ce fut dans la grande salle de l’hôtel de ville que les Juges-Consuls tinrent leurs audiences.

L’Amirauté, créée à Lorient à la même époque tint également des audiences et des ventes publiques dans le même local. Et comme ces deux juridictions se servaient de la Chambre des Délibérations pour leur Chambre de Conseil,la Communauté chargea M. Guillois, Ingénieur de la Ville et de la Marine, de dresser un plan d’agrandissement des édifices de l’hôtel de ville. M. Guillois exécuta ce plan dontle devis s’élevait à six mille deux cent quinze livres.

1782 13 Mars. Ordonnance de police du Sénéchal de Lorient, interdisant aux paysans d’amener leurs chiens en ville

1782 12 avril Lettres Patentes du Roi ordonnant la translation à Lorient d’une partie su siège d’Amirauté de Vannes. Ces Lettres-Patentes furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 19 juillet 1782.

1782 23 avril Arrêt cu Conseil d’Etat du Roi statuant entre la Communauté de Lorient d’une part , les marchands de vin et les fermiers des devoirs d’autre part, relativement à l’application de l’arrêt du Conseil du 28 janvier 1777 concernant les droits d’octroi.

Sur la prétentionélevée par la Communauté de percevoir des droits d’octroi indistinctement sur toutes boissons introduites en ville, les marchands de vin répondaient que les boissons destinées au ravitaillement des navires et à l’exportation devaient être exemptes de ces droits.

L’arrêt du Conseil décida que les droits seraient perçus sur toutes boissons introduites en ville, mais qu’une remise des droits serait faite pour les boissons embarquées pour l’Inde, les Iles de France, Bourbon, etc. Ou le ravitaillement des vaisseaux, à la condition de justifier de cet embarquement.

Le principe du paiement des droits à l’entrée était donc maintenu, ce qui était une lourde charge pour les marchands en gros. Mais ceux-ci, Gongeard et Villemain en tête, résistèrent à cette solution. Le Receveur des octrois exerça des poursuites contre eux pour les contraindre à payer les droits conformément à l’arrêt du Conseil.

Opposition de la part de Villemain et Gongeard portée devant la juridiction royale d’Hennebont qui donna gain de cause aux opposants. Mais le Parlement de Bretagne, par Arrêt du 2 février 1783, maintint les prétentions de la Communauté de Lorient.

1782 24 mai M.le Maire appelle l’attention de la Communauté sur la cherté des grains. Elle décide que des cargaisons de froment et de seigle seront achetées à Nantes, et que les fonds nécessaires pour cette opération seont fournies par les membres de la Communauté qui renoncent à en faire une spéculation.

L’achat de grains eut lieu : la ville en éprouva une perte de nuf mille sept cent quatre-vingt six livres , par suite de la vente de ces grains au-dessous du prix d’achat, aux personnes nécessiteuses.

1782 1er juin En excéution de l’Edit du mois de février 1782 relatif à l’établissement d’une juridiction consulaire, l’assemblée de la Communauté forme la liste des douze principaux négociants-marchands qui devront concourir avec elle le 6 juin à l’élection des juges-Consuls. Voici la composition de cette liste : M.M de Montigny de Montplaisir ; Monistril ; Le Lubois aîné ; Trentinian ; Galabert aîné ; Lacroix Herpin ; Dussault ; Duhamel ; Vallée ; Macé ; Bondeville ; Delaye aîné. Et en cas d’excuse ou d’absence, cette liste fut augmentée de 3 négociants : M.M. Moylans, Lanchon, Métrie.

Le 6 juin 1782, l’assemblée de la Communauté et des notables commerçants nomme pour Juedes Consuls M.M. Montigny de Montplaisir, Borne Bonnet et Schmaltz.

1782 22 juin Procuration donnée par la Communauté de Lorient à M. Esnoul Deschatelets, Maire, pour présenter requête au Roi, pendantle voyage qu’il se propose de faire à Paris, afin d’obtenir la continuation des droits d’octroi et la gestion des intérêts de la Communauté.

22 juin M. Schmaltz, avocat du Roi en la Communauté de Lorient expose à l’assemblée que les travaux entrepris dans toute la longueur de la place de Préménil pour la conduite des eaux au réservoir du quai, serait une occasion de prolonger la promenade du cours de la Bove sur la longueur de cette place.

La Communauté de Lorient adoptant cette proposition, en ordonna l’exécution d’après les plans de M. Guillois sont le devis s’élevait à deux mille sept cent cinquante huit livres. Ces travaux et dépenses furant approuvées par l’Intendant de Bretagne.

La dépense ne s’éleva qu’à la somme de deux mille quatre cent quarante neuf livres. ( La place Préménil s’étendait depuis la place Bisson actuelle jusqu’à la rue de Bretagne, ou du Port. A partir de cette rue jusqu’à la rue Condé ( Comédie ) , cette voie prenait le nom de Cours de la Bôve.

1782 29 juin M. Schmaltz communique à l’assemblée une proposition faite à la ville de Lorient de la part du Prince de Guéméné, de construire à ses frais des halles au milieu de la place royale.

La Communauté de Lorient «  flattée de trouver l’occasion de marquer à Son Altesse la vive reconnaissance dont elle est pénétrée pour les dons et faveurs dont elle l’a honorée, décide à l’unanimité de lui céder l’emplacement qui sera jugé nécessaire sur la place Royale pour faire bâtir la halle qu’il veut procurer pour rassemebler les boucheries, poissonneries et le marché de toutes autres denrées, même d’y établir un marché de grains.. »

Le même jour adjudication de six cents pilots pour la construction des quais à Henry de la Blanchetaie, au prix de vingt et un sols neuf deniers le pied cube.

1782 11 décembre Arrêté de police du Sénéchal de Lorient concernant les rues, cabarets et lieux publics.

L’article premier de cet arrêté enjoint aux habitants de se munir de lumières, quand ils sortiront, après 9 heures du soir en hiver et après 10 heures en été.

1782 9 mars Décision concernant le prolongement de la ru de Condé, allant sur les remparts. Cette partie sera déblayée et pavée.

1782 5 octobre M. Barbarin est nommé député aux Etats de Bretagne.

1782 2 novembre La ville nomme M. Bigeon pour son défenseur dans le procès des francs-fiefs.

1782 16 novembre M. Kerlero du Crano, avocat à Lorient, fils de l’ancien Sénéchal, est nommé Avocat-Conseil de la Communautéaux appointements de mille deux cents livres par an, en remplacement de M. Frollo de Kerlivio, décédé. L’indemnité de six cents livres de logement, dont jouissait ce dernier, n’est pas continuée à M. du Crano.

1783

11 janvier Lettres-Patentes du Roi, portant création d’offices de l’Amirauté de Lorient.

1783 17 mars Pour prendre part à la répartition de 200 000 livres votées le vingt neuf janvier précédent par les Etats de Bretagne pour subvention à partager entre les Communautés de villes pour réparer et construire des pavés sur les routes, à la condition que ces villes contribueraient aussi de leurs propres fonds. La Communauté de Lorient sur le rapport du Maire, décide qu’elle contribuera pour une moitié dans la dépense de construction d’un pavé à partir de la porte de la ville jusqu’à l’embranchement de la route de Quimperlé.

«  J’ose dire, Messieurs, qu’il n’est point de ville qui plus que celle-ciait droit de participer à ce nouveau bienfait des Etats. Continuellement fréquentée par une affluence prodigieuse de voyageurs et d’étrangers, devenue le dépôt des effets destinés par le roi et par le commerce pour les colonies, cette ville compte l’entretien de sa banlieue au nombre de ses charges les plus onéreuses. En vain veillez-vous, Messieurs, à ce que cette banlieue soit promptement et soigneusement réparée, le passage perpétuel de toutes sortes de voitures et surtout des rouliers qui portent des poids énormes, et qui, chargés d’effets pour les colonies sont exempts d’octrois a bien vite brisé et réduit en poussière l’empierrement le plus solide… »

Le devis dresé pour ce pavage s’éleva à onze mille six cent soixante six livres dont la moitié fut demandée aux Commissaires des Etats de la Province, mais ceux-ci n’ayant voulu accorder que mille cing cents livres, la Communauté de Lorient renonça pour le moment à ce travail dispendieux.

1783 8 avril Arrêt du Conseil du Roi qui proroge la perception des octrois de la ville et de l’hôtel-Dieu de Lorient. Les frais acquittés par la ville pour onbtention de cet arrêt , des Lettres-Patentes du 2 juillet, enregistrement au Parlement de Bretagne, ceux de l’aarrêt de la Chambre des Comptes de Nantes du vingt-huit juillet et des trésorie

1783 8 mai M.M. Godin et Triché fils présentent à l’assemblée de la Communauté de Lorient un travail relatif à un projet d’éclairage de la ville, et ils lui communiquent une proposition par laquelle les Sieurs Renard et Perodeau, ferblantiers, s’engageaient à installer soixante-douze réverbères fournissant deux cents becs de lumière, moyennat vingt-cinq livres pour chaque bec durant quinze années, s’obligeant au bout de ce laps de temps, à abandonner à la ville leur matériel d’éclairage moyennant le remboursement du ¼ de sa valeur.

Les propositions de Perodeau et Renard durent acceptées par la ville, mais l’Intendant de Bretagne refusa son approbation à un marché dont les conditions lui parurent excessives ; et il recommanda un Sieur Langrain, entrepreneur de l’éclairage de la ville de Paris, comme l’individu qui pourrait organiser ce service à Lorient aux conditions les plus avantageuses.

La Communauté de Lorient s’adressa donc à cet industriel. Celui-ci fit des propositions qui furent acceptées le 6 août 1783, et approuvées par l’Intendant de Bretagne.
Les réverbères furent allumés pour la 1ère fois le 17 décembre 1783. Il y avait quatre-vingt quinze réverbères fournissant deux cent soixante-sept becs de lumière.

D’après le traité passé avec le Sieur Tourtille-Saugrain, la ville payait vingt-six livres par bec et par an, du quinze octobre au quinze avril, soit six mille neuf cent quaranate-deux livres par an. Les frais d’installation de l’éclairage coûtèrent à la ville deux mille huit cent trente-cinq livres. Dès l’année suivante, des augmentations et des améliorations furent apportées à ce dernier. ( L’éclairage de la ville au moyen de lampes à réverbères dura jusqu’en 1846, année où l’éclairage au gaz fut établi.)

1783 22 juin Le Général de la Paroisse nomme une commision pour l’examen de la proposition de M. de Montigny de Montplaisir tendant à une cession d’une partie de l’ancien cimetière faisant face à la place Préménil pour la construction d’un édifice où serait le siège de la juridiction consulaire et la Bourse de commerce. L’avis de cette commission ayant été favorable à la proposition de M. de Montigny,dans une nouvelle assemblée du 6 juillet suivant, le Général de la Paroisse chargea les mêmes Commissaires de faire estimer le terrain en question, et de recevoir les offres des commerçants relatives à cette cession.

1783 9 juillet. Arrêté de police du Sénéchal de Lorient concernant la vente des drogues empoisonnées.

1783 13 juillet Délibération de la Communauté de Lorient approuvant la proposition du Maire et des administrateurs de l’hôtel-Dieu de founir à ce dernier un secours de huit mille livres qui lui permettra de se charger de la fourniture des lits et ustensiles des casernes, au lieu et place du Sieur Kerarmel, entrepreneur de cette fourniture pour les Etats de Bretagne, dont le marché avec la Province va être résilié.

1783 12 juillet. Jugement de police de la juridiction de Lorient condamnant M. Dondel du Faouëdic à faire faire les réparation nécessaires au pont du moulin du Faouëdic.

Dondel n’ayant pas exécuté de jugement, les travaux de réparation furent mis en adjudication le vingt-trois juillet suivant. Aucun adjudicataire ne se présenta. Comme il y avait urgence, le Sieur Ulliac, architecte de la ville fut chargé de faire faire les travaux aux frais de Dondel.

1783 27 juillet. «  L’accident dont on vous a parlé comme arrivé ici n’est que trop vrai. Il est du vingt-sept mai dernier. Il n’a pas causé le bruit qu’il aurait dû produire parce qu’on a empêché par politique qu’il ne fut inséré dans les papiers publics. On a craint la contagion et il y a à parier que cete exemple ne contribuera pas peu à faire tomber en désuétude un genre de punition auquel les soldats français ne se peuvent habituer .

Monsieur le Beron de la Porte d’Anglefort lieutenant-colonel d’artillerie au département des colonies exerçait sa troupe aux manœuvres d’infanterie sur laplace du port de cette ville et en plein midi. Il donna un coup de plat d’épée à un soldat qui n’obéissait pas. Ce soldat se retourna et il traversa de part en part cet officier d’un coupe de bayonnette qui était alors au bout de son fusil. Celui-ci est mort depuis peu. Il avait eu la générosité de demander la grâce de son assassin et ne put l’obtenir.

Monsieur D’Anglefort n’avait que 30 ans : il était déjà connu pour ses talents militaires, par son sang-froid et sa bravoure. Le dix-neuf mai 1779, lors de l’affaire de Cancale, il se proposa pour aller sur le bâtiment du roi l’Eclusse, éteindre le feu que les anglais y avaient mis en l’abandonnant. Il fut assez heureux pour réussir. Il obtint la Croix de Saint-Louis à cette époque à la recommandation du Prince de Nassau qui lui avait confié le commandement de l’artillerie de la Légion ( Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des Lettres tome vingt-troisième ).

1783 6 août M.M.Henry de la Blanchetaye et Borne Bonnet, Commissaires chargés de la surveillance des travaux des quais, exposent à l’Assemblée de la Communauté de Lorient que l’état des travaux lui permet de mettre dès à présent à exécution son projet de planter deux rangs d’arbres pour former une promenade sur le terrain réservé des quais. La Communauté de Lorient décide que cette plantation de promenade sera exécutée incessamment. Cette plantation coûta mille neux cent cinquante-neuf livres.

1783 6 septembre Ordonnance de police du Sénéchal de Loient proscrivant les jeux de hasards, y compris le jeu de loto, dans les cafés et cabarets.

1783 8 octobre Arrété du Sénéchal qui enjoint aux juifs de sortir de la ville de Lorient dans les vingt-quatre heures

1783 23 octobre A la suite d’un rapport fait à l’Assemblée de la Communauté de Lorient au sujet des divers établissements d’utilité publique, par M. Esnoul Deschatelets, Maire, ce magistrat est envoyé en mission à Paris.

Voici les principaux passages de ce rapport intéressant : «  Qu’il me soit permis, Messieurs, de remettre ici sous vos yeux le tableau des heureux effets de votre vigilance et de votre zèle. Qui plus que vous a droit de jouir d’un spectacle aussi intéressant, il est votre ouvrage !

De nouvelles rues ont été percées, des promenades ont été établies, des quais, des fontaines, des édifices publics on été élevés. Les désagréments et les dangers des longues nuits de l’hiver ont été dissipés par l’établissement des réverbères. Dans des temps malheureux, vous êtes venus au secours de vos concitoyens indigents et un sacrifice généreux de votre part a écarté le fléau de l’affreuse disette qui la menaçait.

Mais il ne faut pas nous le dissimuler, le moment du repos n’est pas encore arrivé…Les bénedictions de la Paix vont faire refleurir le commerce de cette ville, il commence déjà à acquérir un degré de consistance…Mais pour l’y attirer, l’y fixer irrévocablement, nous devons nous emparer des moyesn de lui procurer toutes les facilités possibles.

Le passage de la rivière du Scorff qui intercepte la grande route de Paris à l’extrêmité de nos faubourgs et dont le trajet se fait par un bac incommode et dangereux, rend l’accès de notre propre ville difficile en cette partie. L’établissement d’un pont sur cette rivière semble être d’une nécessité indispensable. Il obvierait à une multitude d’accidents funestes et fâcheux dont les exemples se répètent trop fréquemment.

La mouvance immédiate de cette ville devant passer heureusement dans les mains de Sa Majesté, et les obstacles qui s’opposaient à ce que la police générale vous fut attribuée ne subsistant plus, n’est-ce pas l’instant que vous deviez choisir, Messieurs, pour réclamer auprès du Souverain cette portion importante de la justice distributive attachée dans plusieurs villes de cette province aux offices municipaux ?.. »

Aux nombres des demandes que M.Esnoul Deschatelets était chargé de présenter de la part de la ville de Lorient, on remarque l’établissement d’une Bourse dans laquelle la juridiction consulaire tiendrait des audiences.

La mission de M. Deschatelets coûta seize mille deux cent cinquante livres à la ville. Ce chiffre considérable comprend évidemment d’autres dépenses que les frais de voyage, mais je n’en ai pas troouvé le détail.

Monsieur Deschatelets obtint la conversion de Lorient en port-franc par Arrêt du Conseil du Roi du quatorze mai 1784, arrêt dit de Franchise . A cette occasion, il reçut de M. le Ministre de Calonne la lettre flatteuse ainsi conçue :

« Paris, le 25 mai 1784 Vous verrez, Monsieur, par la lettre que j’écris au corps municipal de Lorient qu’il contribue de ses observations aux établiseements que M. d’Arlincourt doit proposer. Vous en conluerez qu’il me paraît utile que vous soyez à Lorient en même temps que M. d’Arlincourt. Le zèle, l’intelligence, la grande connaissance des intérêts de votre ville que vous avez montrés ici, dans le cours de votre députation, le font penser que dans les arrangements que l’on devra prendre, vous seriez encore plus utile comme homme instruit et conciliant que nécessaire comme Maire de la ville. Je suis très parfaitement , Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. Signé De Calonne. »

1783 6 décembre Arrêté de police du Sénécahl de Lorient concernant les vidanges et curaisons de la ville.

1783 13 décembre Arrêté de police du Sénéchal concernant l’établissement récent des révebères et les promenandes publiques, notamment celle que l’on fait actuellement sur les quais.

1783 20 décembre Arrêté de police du Sénéchal concernat les cabaretiers, logeurs et garnis ou autrment, qui les oblige à tenir un registre d’inscription de tous les individus qu’ils logent.
A la suite de cet arrêté, trois cent quatre-vingt une personnes firent la déclaration qu’elles logeaient des passants et des étrangers. Ce chiffre surprenant prouve à quel point Lorient était fréquenté par les étrangers.

1783 27 mars La ville refuse à M. Monistrol l’autorisation de construire deux perrons, un sur le cours de la Bôve, en face de sa maison, un à la maison même, attendu que la maison n’est qu’à cinquante pieds du perron commun à tout le monde, lequel a été fait où il est à la demande du public, précisément pour atteindre au bureau de la poste qui n’est qu’à trente pieds dudit perron ; qu’il n’est pas gênant pour Monistrol lorsqu’il veut venir sur la promenade, d’ y entrer par le perron qui est à six pas de sa maison. »

( Le plan de la promenade de la Bôve, dans la partie comprise entre les rues Bretagne et Condé ( rues du Port et de la Comédie ) étant moins incliné qu’actuellement ( 1873 ), on avait établi un perron pour descendre de cette promenade sur la rue de Condé. C’est d ece perron composé de trois ou quatre marches qu’il est question ici. )

1783 1er juillet Paiement à l’entrepreneur Anger d’une somme de neuf mille cinq cente soixante seize livres pour travaux aux conduites des fontaines.

1783 26 août Adjudication du pavage des rues de Toulouse et Place Royale.

1783 27 septembre règlement de diverses dépenses :

Pilotis pour la continuation des quais 9 018 livres

Dépenses finales de la place Préménil 469 livres.

Dépenses finales de la cale de Rohan 16 514 livres

Pavage de la rue Vilvault dont l’ouverture vient d’être définitivement terminée 2 566 livres

1783 18 octobre Les pavés de la rue Bréart proviennent de la place Préménil récemment dépavée pour être plantée d’arbres.

1783 12 octobre Naissance de François Mazois, l’un des architectes les plus érudits et les plus remarquables de l’école moderne ; mourut à Paris le 31 octobre 1826. Ses travaux les plus remarquables ont été exécutés à Naples où le roi Murat l’avait appelé. A Paris, Mazois construisit les passages Choiseul, Bourg-l’Abbée et Saucède ?; et quatre maisons remarquables aux Champs Elisées, dans le quartier François 1er.

La ville de Bordeaux possède son buste en marbre, exécuté par l’illustre David ( Biograophie Bretonne )/

1783 5 avril Lettre du Cardinal de Rohan à M. Le Breton de Ranzégat

«  Paris, ce 5 avril 1783. On m’a prévenu, Monsieur, que le Domaine de Lorient a adressé au Controlleur général un mémoire qui tend à prouver que la mouvance de L’Orient appartient au Domaine ; c’est une contestation futile ; cependant dans le malheur où nous sommes et où l’on croirait peut-être nous attaquer, il est nécessaire de préparer une défense. Je désireais donc que vous m’envoyassiez une copie des pièces qui justifient les droits de mouvance de L’Orient en faveur de la Principauté de Guéméné ; vous sentez, Monsieur, toute la nécessité de la prompte exécution de ce que je vous marque. Signé Le Cardinal de Rohan. » ( Sur une copie appartenant aux archives des Domaines à Lorient ).

Cette contestation intéressait au plus haut point le Prince de Guéméné ; puisque, entre autres droits résultant de son droit de fief sur Lorient, il y avait l’impôt de lods et ventes prélevé sur les mutations d’immeubles. Ces droits, dans la ville de Lorient seulement, produisirent au Prince de Guéméné pendant les neuf années du premier janvier 1776 au 31 décembre 1781 207.127 livres pour un capital d’immeubles de 1.657.029 livres. Le montant des droits de lods et ventes était du huitième du capital.

1784

2 mai Le général de la Paroisse , pour prévenir les mauvais effets au point de vue de la salubrité, de l’ouverture des caveaux de l’église paroissiale, décide que ces carreaux ne seront plus ouverts pour recevoir le dépôt des personnes mortes, quelle que soit leur qualité ; et que dorénavant on cesserait d’inhumer les enfants dans le cimetière qui environne l’église.

1784 14 mai Arrêt du Conseil du Roi qui déclare port-franc le port de Lorient.

Le 26 juin suivant un nouvel arrêt du Conseil limita à l’enceinte du port les effets de la fanchise ; mais les fermiers généraux s’étant plaints que des tabacs étaient introduits dans la ville frauduleusement, sur leurs réclamations intervint un arrêt du trois octobre suivant qui étendit sur la ville les effets de la franchise.

Ces arrêts du conseil commencèrent à être appliqués en ville le 30 octobre 1784.

Lorient était obligée de subvenir à tous les besoins au moyen du produit de ses octrois, et ceux-ci étant insuffisants, des droits furent établis sur les concessibles. Mais des difficultés sans nombre surgirent lorsqu’il fallut appliquer ces nouveaux impôts. La Communauté de Lorient s’émut des plaintes de la population et elle rédigea un mémoire à présenter au Conseil du Roi tendant à emander la suppression des droits d’entrée sur les comestibles, ou la suppression de la déclaration de franchise, pour le cas où il ne conviendrait pas à Sa Majesté d’accorder le retrait de l’impôt.

En ce moment, M. Esnoul Deschatelets assistait aux Etats de la Province.

Cependant, bien qu’absent, il se préoccupait de cette nouvelle situation faite à la ville qu’il administrait, et il entretenait à ce sujet une correspondance active avec la Communauté de Lorient : le douze novembre 1784, il demande à la Communauté quelles sont les résolutions définitives sur la question des droits établis par l’arrêt du 3 octobre précédent. Après une délibération la Communauté répond , le seize novembre «  qu’elle ne peut ni ne doit solliciter aucun abonnement pour la suppression de ces droits :

1 Parce que la charge résultant de cet abonnement quel qu’en puisse être le prix, serait infiniment au-dessus des facultés de la Communauté dont les revenus ne suffisent pas à beaucoup près à ses besoins indispensables ;

2 Parce que la Communauté ne pouvant se charger personnellement du prix de cet abonnement, il faudrait suppléer par une surcharge d’imposition sur les habitants en général, ce qui quadruplerait les charges auxquelles ils sont déjà assujettis.

3 Parce que cette surcharge ne leur produirait aucun avantage, l’impôt des devoirs n’étant supporté que par l’étranger.

4 Enfin parce que rien n’est plus incertain que la permanence de la franchise de cette ville, la plus saine partie des citoyens, la plus saine partie espérant qu’en conformité du vœu presque général, Sa Majesté voudra bien retirer cette franchise, qui, loin de contribuer à la prospérité de Lorient, ne peut qu’en causer la ruine et la dépopulation.. »

La Communauté nomme des Commissaires pour dresser un travail de modification des droits d’octrois. Ce travail étant achevé et approuvé le dix-huit novembre, elle s’occupa d’en obtenir l’approbation. Par délibération des 6 et 11 janvier 1785, les Etats de Bretagne appuyèrent le projet de la ville de Lorient.

La réclamation des habitants de Lorient et leurs protestations contre les conséquences de la Franchise devenant de plus en plus vives, la Communauté convoqua une assemblée générale des différents corps d’habitants, au samedi cinq mars 1785 pour délibérer sur ce sujet.

Je ne sais quelles furent les résolutions adoptées en cette assemblée du cinq mars : toujours est-il que malgré les plaintes et les réclamations des Lorientais, la Franchise de la ville fut maintenue jusqu’en 1790.

1784 27 mai Création d’un bureau de recettes des consignations pour la ville et juridiction de Lorient et dépendances. Le Sieur Joseph marie Geffroy Sieur de Lestenno fut nommé receveur de ce bureau, par délégation d’Antoine-Joseph de la Cour, receveur général des Consignations du Parlement de Bretagne.

1784 Arrêt du Conseil du Roi accordant à la Communauté de Lorient l’autorisation de céder aux actionnaires désignés une portion du terrain des quais pour y construire un édifice destiné à servir de Bourse de négociants et d’auditoire du siège consulaire.

La délibération de la Communauté de Lorient est du 3 novembre 1733 et la soumission des actionnaires, datée du 25 octobre 1739 y est annexée. Le terrain à céder avait soixante cinq pieds de face et quarante-trois pieds de profondeur.

1784 12 juin délibération de la Communauté de Lorient relative aux besoins de l’hôtel-Dieu. On décide que chacun des membres de la Communauté de Lorient fera chaque dimanche et fête une quête à la messe paroissiale pour les pauvres de l’hôtel-Dieu, à tour et rang du tableau qui sera dressé ; et que tout membre qui manquera à cette obligation paiera une amende de six livres au profit de l’hôtel-Dieu.

1784 6 juillet Michel Chalambert, préfet ; Louis Rouxel et Yves Loher, assistants, et autres, se disant composer le Conseil de la chapelle de la Congrégation établie à Lorient, demandent à la Communauté l’autorisation d’ établir des contreforts à la longère de la chapelle , en prenant 2 pieds et demi sur l’alignement de la rue de Beaumont pour l’assiette de ces contreforts.

L’autorisation est accordée, mais pour 2 pieds seulement, et sous la condition qu’au cas de réédification de la longère. Cette permission demeura sans effet.

1784 3 octobre Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant réglement sur la franchise accordée au port et à la ville de Lorient. Par arrêt du 14 mai 1784, le roi ordonna que la franchise de L’Orient serait établie selon le système existant à Dunkerque, avec une partie du territoire en franchise, et l’autre non franche à cause du commerce de l’Inde.

Le 26 juin 1784 un second arrêt traçant les limites de ces deux zones, déclara que l’enclos du port seulement était soumis au privilège de port-franc. Mais les directeurs de la ferme générale des impôts se plaignirent que la fraude sur les tabacs s’exerçait sur une large échelle, et qu’une quantité considérable de cette denrée sujette à impôts pénétrait frauduleusement du port dans la ville, ce qui leur causait un grand préjudice. D’autre part, les gros commerçants qui jouissaient particulièrement de la franchise se plaignirent de la gêne qu’ils éprouvaient par suite du défaut de maisons, magasins et hôtelleries dans le port de Lorient.

Ces considérations , bien que d’importance secondaire eurent cependant pour effet de provoquer des modifications dont l’effet fut el, qu’une mesure ardemment sollicitée et dont les avantages pour Lorient auraient été réels, devint immédiatement vexatoire, intolérable, impopulaire, on peut même dire odieuse : par un troisième arrêt du 28 juillet 1784, le roi étendit sur toute la ville l’effet du privilège de franchise créé la quatorze mai précédent, mais en même temps fut excepté de franchise dans l’intérêt du commerce de l’Inde le territoire s’étendant depuis la limite septentrionale du port jusqu’au passage de Saint-Christophe. Il fut ordonné de dresser immédiatement dans cette partie un plan de rues à ouvrir. Il s’agissait du terrain baigné par le Scorff situé à droite du Cours Chazelles, autrefois occupé par le manoir et le bois du Faouëdic-Lisivy.

Voici les principales clauses du règlement du 3 octobre 1784 :

«  Article 1 . A compter du trente octobre prochain, le port et la ville de l’Orient jouiront de la franchise qui leur est accordée par l’arrêt du Conseil du quatorze mai dernier, et cette franchise aura lieu dans toute l’étendue de la ville, telle qu’elle est circonscrite par ses remparts, comme aussi dans le port, sauf excepté la partie dudit port réservée au commerce national de l’Inde, et ladite franchise s’étendra sur la rade de Penmané jusqu’à l’Isle Saint-Michel, sans qu’il soit permis de rien débarquer sur l’une et sur l’autre côte en face du port, depuis la pointe du osquer jusqu’à la batterie de Caudan, a ferme Générale demeurant autorisée à continuer de garder les dites côtes avec des pataches et des canots, ainsi que toutes les parties de la rivière de Blavet, non comprises dans les limites ci-dessus fixées de ladite franchise.

Article 2 N’entend Sa Majesté que, sous prétexte de la dite franchise du port et de la ville, il soit porté aucune atteinte aux droits de la ferme des devoirs de Bretagne, sauf à la ville de l’Orient à se pourvoir, ainsi qu’elle avisera aux Etats prochains, soit pour obtenir l’abonnement des dits droits, soit pour proposer des moyens qui, en simplifiant leur perception, puissent conciler les intérêts de la province avec ceux de la commune.

Article 3 Le commerce des colonies au lieu sur la rivière de Scorff depuis la douve revêtue d epierres faisant la dernière limite au nord de la franchise, jusqu’au passage de Saint-Christophe, et s’y fera conformément aux dispositions des Lettres-Patentes, du mois d’avril 1717, et autre réglements subséquents, applicables à la province de Bretagne, et il jouira de toutes les faveurs et privilèges d’entrepôt accordés par les dits réglements aussitôt que l’on y aura construit des magasins propres à l’exercice de la police des dits entrepôts ; à l’effet de quoi il sera dressé incessamment, à la diligence des offciers municipaaux de la ville de l’Orient, un plan d’alignement des rues qu’il sera nécessaire d’ouvrir dans cette partie, pour le dit plan être autorisé par Sa Majesté.

Articles 4,5,6 ces articles sont relatifs aux formalités de l’entrée et sortie des navires et à la police des employés des fermes.

Article 7 Il sera permis aux habitants de la ville de l’Orient, de tirer de l’intérieur du royaume des bois de charpente et de chauffage, du charbon, des grains, farines et autres comestibles même quand l’exportation hors du royaume en serait défendue, sauf qu’en ce dernier cas, ils ne le pourront qu’à concurrence seulement des besoins de leur consommation ; à l’effet de quoi il sera dressé par les officiers municipaux, un état estimatif de la dite consommation, sur lequel, après qu’il aura été vu et arrêté par le Sieur Intendant et Commissaire départi les peermissions nécessaires pour la sortie des dites denrées et marchandises , à la charge dans tous les cas d’acquitter les droits s’il en est dû.

Article 8 Les articles 6, 7 et 10 de l’arrêt du Conseil du vingt-six juin dernier et de l’arrêt du Conseil du vingt-huit juilletseront exécutés selon leur forme et teneur. Fait, etc.. »

Toutes les difficultés et les déceptions éprouvées par les lorientais résultèrent principalement de l’application de l’article sept de l’arrêt du trois octobre.Bref, le système du port-franc devint tout à fait impopulaire, même avant une application complète et régulière et la partie du territoire qui devait être affectée au commerce des colonies et sur laquelle on devait ouvrir des rues et bâtir des magasins et des maisons fut complètement délaissée par la Communauté de Lorient .

Ce fut un malheur, c’était en effet une occasion pour Lorient de posséder un port accessible aux naviresde commerce de gros tonnage. Cette occasion a été perdue sans retour ; car désormais la ville sera dans l’obligation si elle sent la nécessité , de céder des bassins à grands frais ( 1873 ). J’omettrais de dire la raison qui empêche de reprendre le projet de quartier de commerce arrêté à l’occasion du régime de Port-franc ; c’est que le terrain dont il s’agissait est depuis longtemps frappé d’interdiction de construire par le système des fortifications de Lorient, et que depuis 1862, ce même terrain est coupé par le milieu par un chemin de fer. Autre difficulté, le terrain en quesrtion ne faisait pas partie de Lorient en 1784, il dépendait de Ploemeur, quoique compris dans la banlieue de Lorient depuis 1741.

1784 18 novembre Assemblée de la Communauté de Lorient , en laquelle M. Godin, avocat du roi expose qu’en sa qualité de marguillier en chef de la paroisse, il réclame de la ville un secours nécessaire pour acquérir la maison actuellement occupée par le Recteur de Lorient ( maison dite Le Beau de Tréssot, consigne aux halles à la viande ; cette maison, occupée par le curé de Saint-Louis Brossière appartenait alors à M. Boucher des Forges ), à titre de presbytère ; que ce secours doit être proportionné au préjudice que la fabrique vient d’éprouver par l’affectation à l’établissement de la place Saint-Louis du terrain destiné à la construction d’un presbytère, concédé par la famille Dondel.

La Communauté de Lorient vota une somme de 16 000 livres pour venir en aide à la fabrique à l’achat du presbytère en question ; mais l’Intendant de Bretagne n’aynt pas approuvé cette délibération, elle demeura sans effet.

Alors il y eut une assemblée du Général de la Paroisse. Cette assemblée, par délibération du quatre avril 1785 réclama de la Communauté de Lorient la libre possession du terrain de la Place saint-Louis. Appelée à délibérer sur cette réclamation, la Communauté de Lorient répondit, le seize avril, que M. Guillois, ingénieur de la ville, allait être chargé de faire le plan du terrain litigieux, et qu’elle mettrait à la disposition du Général de la paroisse tout le terrain qui ne serait pas absorbé par les voies publiques.

1784 28 février Dépense pour pavage le long des quais : huit mille neuf cent huit livres.

1784 20 avril. Décision de la Communauté de Lorient concernant la démolition de masures et cabanes qui obstruent le bout de la rue de Condé.

1784 15 juillet Délibération de la Communauté de Lorient portant que les Sieurs Bérard et Arnoux seront tenus de payer dès à présent leurs prix d’ajudication de terrains vases situés entre les rues Deschatelets et Beaumont, sur lesquels ils ont formé des établissements et élevé des clôtures. Monsieur du Crano a l’ordre d’actionner les héritiers Foucault pour les obliger à bâtir sur la façade des quais d’Aiguillon.

1784 2 octobre M.Deschatelets est député aux Etats de Bretagne. En 1784 M. Deschatelets obtint des lettres de noblesse, enregistrées à la hambre des Comptes de Nantes, voir inventaire, série B, liasse 1905.

1784 3 août Contrat de vente au rapport de Le Lidec notaire à Lorient, par Jean-Antoine Eudo, Sieur de Keroman, ancien gendarme de la garde du Roi, à Claude Denis Dodun, chevalier Seigneur de Neuvry, de la terre de Keroman et dépendances en Ploemeur.

1785

14 avril Arrêt du Conseil d’Etat du Roi portant établissement d’une nouvelle Compagnie des Indes dont l’administration générale doit être fixée à Paris, et le siège du Commerce fixé à L’Orient où se feront les armements, expéditions, désarmements et la vente de marchandises.

( On serait dans l’errreur si on supposait que cet arrêt fut accueilli avec une très grande faveur à Lorient. Cette ville possédait alors un commerce maritime particulier qui mettait des entraves à la liberté du commerce local. Mais comme à cette époque une opposition était dangereuse, elle ne la manifesta que par des chansons. Voici à ce sujet 2 couplets d’un pot-pourri mis en circulation à cette époque

On rétablit la Compagnie en France,

Bérard, Dodun et d’autres tout contents.

Nous la devons au chef de la finance

Homme intègre, juste et pelins de talents

Pour obtenit ce fameux privilège,

Il a fallu bien plus d’un argument.

Voici, Messieurs, voici tout le manège :

A de Calonne il fallait de l’argent.

L’on trompe le gouvernement

Avec autant d’audace !

Messieurs, il faut absolument

Députer de la place

Car, enfin pour qui nous prend-t-on ?

La faridondaine des faridondons,

Nous laissearons-nous traiter ainsi, Biribi,

A la façon de Barbarie, mes amis !

1785 21 juillet La Communauté de Lorient charge M. Guillois, ingénieur de la ville, de faire un devis pour l’empierrement du chemin du cimetière, à prendre depuis la barrière en dehors des fortifications extérieures jusqu’au cimetière ; et pour la partie en dedans des fortifications, charge M. le Maire d’en écrire à M.M. Les Ingénieurs de la place. »

1785 5 août A l’occasion d’une grande sécheresse, le Sénéchal de Lorient, sur les remontrances du Procureur fiscal, prend un arrêté de police pour réglementer l’usage des eaux des fontaines publiques, et réprimer les baus que commettaient les fermiers d’une buanderie voisine de la Belle fontaine.

Les fontaines considérées comme publiques d’après cet arrêté étaient

1 Les deux fontaines dites les Belles fontaines situées près des fortifications

2 La fontaine dite de l’Eau-courante ou du Moustoir Saint-Phelan, située près les glacis

3 La fontaine dite de la Vierge, près l, ou en bretona chapelle Saint-Christophe, à Kérantré

4 La fontaine dite de la Malouine, située derrière le jardin du Sieur Maillet à Kerantré

5 La fontaine dite la fontaine vertes Fantan-Glaz, au bord du chemin qui conduit de Kerantré à la maison de campagne du Sieur Deschatelets.

Ces fontaines, s’exprime le Procureur Fiscal, sont tautant de sources fécondes voisines de cette ville, qui fournissement de très pure et très bonne eau ; mais par un abus intolérable, et surtout en des circonstances aussi critiques, les fermiers des buanderies situées près de la Bellefontaine, la plus voisine de cette ville, et qui seule pourrait peut-être encore aujourd’hui comme ci-devant fournir à la consommation de la ville par l’abondance des sources qui y forment deux fontaines, n’en retiraient l’eau à mesure qu’elles se comblent pour remplir leurs douets..

1785 7 juin L’Intendant de Bretagne fait connaître à la Communauté qu’il n’approuve pas une dépense de cinq cents livres qu’elle fait figurer dans ses comptes à titre de gratification annuelle accordée sans motif à M. Guérin de Frémicourt, commandant la ville de Lorient. La Communauté insista sans succès pour faire maintenir cette dépense.

1785 21 juillet Dépense de huit cents vingt et une livres pour pilotis plantés pour former le chenal du port marchand. Ce travail avait été exécuté en 1784.

1785 15 octobre Approbation d’une dépense de cent cinquante deux livres pour sondes payées au Sieur Michon Charpentier pour reconnaître la possibilité de construire un pont sur le Scorff.

1785 24 décembre M. de Comore est chargé de la recette des octrois et de la gestion du miseur vacante par le décès de M. Bourgeois son beau-père.

Les comptes de miserie de Lorient déposés à la Cour des Comptes de Nantes, pour les années 1770-1785, font partie des archives de Nantes, Chambre des Comptes, série B, liasse n°2000. Une autre liasse de comptes fait partie du même inventaire, même liasse n° 2211 à 2213 pour les années 1770 à 1787.

1785 24 avril En attendant la construction d’un presbytère, l’indemnité allouée par la Communauté de ville de Lorient au recteur de la paroisse Saint-Louis est élevée à 1000 livres.

1785 17 juillet « Pour payer l’entretien d’un corbillard et du cheval et aux gages d’un conducteur, que les marguilliers juegent nécessaire de créer pour le service du nouveau cimetière dans lequel on inhumera incessamment , le Génral de la paroisse décide qu’il sera perçu par chaque corps 30 sols. »

1785 15 octobre La Communauté charge M. Guillois de faire l’etimation des cabanes en paille qui existent encore sur la Place Royale et qui avancent sur cette place, cabanes dont elle décide la démolition. L’estimation de M. Guillois s’éleva à trois mille quarante et une livres.

1785 15 octobre. Confirmation d’une subvention de deux cents livres à M. l’abbé germain pour les leçons de latin qu’il donne à la jeunesse de Lorient.

( Le 13 décembre 1784, l’abbé Germain ayant adressé à la Communauté de Lorient une requête afin d’obtenir une gratification qui lui permit de procurer à ses élèves un local plus commode et plus vaste ; La Communauté « connaissante le zèle et la sagesse de l’Abbé Germain pour les soins qu’il donne depuis plusieurs années à l’éducation de la jeunesse » lui accorda une gratification de trois cents livres qui fut réduit à deux cents livres par l’Intendance de Bretagne).

1785 4 janvier A M. Le Breton de Ranzégat

« Paris, le 4 janvier 1785. Monseigneur le Cardinal de Rohan, Monsieur, a appris avec plaisir votre arrivée à Paris ; Son Altesse consent que votre mémoire soit examiné comme vous le désiriez par M.M. Target et Collet. L’Assemblée se tiendra en présence de M. Le Maréchal Prince de Soubise. Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien me faire savoir si votre travail est entièrement achevé, afin qu’on puisse prendre les ordres du Prince pour le jour auquel cette assemblée aura lieu. Son Altesse me charge de vous prier de joindre à votre mémoire les nouveaux titres, ainsi que tous les renseignements particuliers que vous pouvez avoir pour facilite l’examen de ces messieurs et arrêter définitivement ce qui conviendra de faire imprimer. J’ai l’honneur d’être, très sincèrement, Monsieur,

votre très humble et très obéissant serviteur, signé Mouchelet ».

( Il s’agit de l’affaire dite du Franc fief de la ville de Lorient, intentée par le Domaine du Roi contre le Prince de Guéméné. Des mémoires furent imprimés de part et d’autre. Ceux du Prince de Guéméné furent préparés par M. le Breton de Ranzégat et arrêtés par les avocats Targot, Collet et Bigot de Préauvant ? Ainsi que l’indique cette note de Mouchelet à Ranzégat, du 2 mai 1785 : »Je mande aussi à M.Raclet ? De m’envoyer ce soir s’il est possible copie de l’inventaire des pièces produites, et une copie du mémoire manuscrit de M. Bigot. » Des plans furent dressés à l’appui du mémoire, d’après cette note : « Ce samedi matin 7 mai 1785 Monsieur Mouchelet enverra demain matin à Monsieur Bigot les deux épreuves corrigées du plan de Lorient et des environs ». Il serait

intéressant de découvrir ces plans et ces mémoires. Il paraît que le rapporteur de cette imposante affaire devant le Conseil d’Etat du Roi se nommait M. D’Albert, qui demeurait à Paris rue des Minimes, M. de ranzégat aut avec lui des conférences.

1786

14 mars Lecture à l’Assemblée de Communauté de Lorient d’une lettre de M. Guérin de Frémicourt, commandant de place, demandant le renouvellement du numérotage des rues et le pavage de la rue qui conduit de la place royale à la porte de Ploemeur.

1786 9 avril Départ du vaisseau de la Compagnie des Indes le Castries, capitaine Lanoë-Bidard, pojur la côte de Coromandel. Ce vaisseau faisant son retour en france fit naufrage le 17 mai 1788, en sortant de Sierra-leone où il avait relâché pour faire des réparations, une mince partie de la cargaison fut sauvée.

1786 7 mai Assemblée du Général de la paroisse Saint-Louis de Lorient, en laquelle les marguilliers Rozé et Rivallain exposent que, suivant le rapport du Sieur Ulliac, adjudicataire de la reconstruction d’un des bas côtés de l’église, l’état de la charpente maintenant découverte en partie et et maintenaue en l’air, attendu la démolition de partie des murs de l’église, paraît si vicieux, qu’il est important de la faire examiner. Sur quoi, le Général de la Paroisse nomme M. Guillois, Ingénieur ordinaire des ouvrages du port et de la amrine du Roi , et l’un des commissaires pour la construction de la nouvelle église, pour faire son rapport sur l’état de cette charpente.

Le 11 mai suivant , Guillois communique son rapport à la réunion du Génral de la Paroisse. Il en résulte la nécessité de reconstruire totalement , non seulement la charpente, mais encore la nef entière de l’église. Le Général arrête que les habitants et propriétaires de la paroisse seront convoqués en assemblée générale pour le lundi de la Pentecôte pour délibérer sur la situation nouvelle résultant du rapport de l’ingénieur Guillois ; et en attendant, attendu que l’église n’offrait plus de sécurité, cette assemblée décida qu’elle serait interdite et que les habitants seraient prévenus que le service divin se ferait durant tout le temps de la nouvelle construction de l’église dans la chapelle de la Congrégation de l’hôpital.

1786 17 mai Le renchérissement des animaux de boucherie, conséquence de la grande sécheresse de l’année précédente, les plaintes des bouchers et les expériences faites par une commission nommée à cet effet, amènent une augmentation extraordinaire dans la taxe de la viande, fixée par arrêté de police comme il suit.

La livre de bœuf seul, 8 sous 6 deniers

La livre de veau seul, 7 sous 3 deniers

La livre de bœuf et veau, 8 sous

La livre de mouton seul, 6 sous

Le prix des viandes à pareille époque de l’année précédente était ainsi fixé

La livre de bœuf seul, 5 sous 6 deniers

La livre de veau, 5 sous

La livre de bouef, veau et mouton mêlés, 5 sous

La livre de mouton seul, 3 sous 6 deniers

La livre de génisse, 3 sous 6 deniers

La livre de vache, 3 sous

D’après les expériences faites par la Commission chargée d’examiner les doléances des bouchers, il résultait les faits suivants :

4 boeufs ayant coûté ensemble sept cent dix-sept livres produisirent en viande un poids net de mille quatre cent vingt-deux livres.

4 veaux ayant coûté ensemble soixante quatre livres produisirent en viande un poids net de 156 livres.

( A l’adjudication du couteau de Carême qui eut lieu le 20 février 1786, aucun boucher ne se présenta par suite du tarif trop réduit de la viande, eu égard au haut prix des bestiaux. En 1785 ce privilège avait été adjugé deux mille cinq cents livres.)

1786 27 juin. Arrêt du Parlement de Bretagne qui rapporte les précédents arrêts du 22 août 1775 et 16 mai 1786, et ordonne qu’à l’avenir les juges de police de la ville de Lorient régleront la pancarte du prix du pain sur le prix des grains et farine dans le commerce ; lequel sera constaté par les déclarations des négociants déposées chaque semaine au greffe de police, et les certificats des officiers municipaux, déposés également chauqe semaine au même lieu.

1786 24 août Arrêt du Conseil d’Etat du Roi rendu à la requête du Prince de Guéméné, par lequel le Roi cède à ce Prince, les terres, justices, seigneuries et domaines composant l’ancienne principauté de Dombes, en échange de la Seigneurie, fief et justice de la ville de Lorient.

1786 30 septembre Ordonnance de police du Sénéchal de Lorient, rendue sur les remontrances du Procureur fiscal « pour la plus grande facilité et régularité de l’administration de la police de la ville » qui divise Lorient en 5 quartiers, pour être régis et surveillés chacun par un commissaire particulier.

1er quartier M. Le Guével, Procureur, Commissaire. Ce quartier comprend la place Royale, la plaine en vis-à-vis jusqu’aux glacis ; Kervérot, les rues de Plessins, de Toulouse, de Kerher, Saint-Pierre, Duvelaër, du Puits, de Vilvault, de Rohan jusqu’à la rue Rothe exclusivement ; du Fouëdic jusqu’à la rue Moras exclusivement ; et celle des vases jusqu’à la rue Frémicourt exclusivement.

2e quartier M. Guiomar, Procureur, Commissaire Les places Dauphine et Saint-Louis, avec les rues Rothe, Moras, Fremicourt, Bourgogne, Pérault, Dufay, Luzançay, Bertin, Guillois, plus les rues de Rohan et du Faouëdic

3e quartier M. Le Lidec, Procureur, Commissaire Le cours de la Bôve et place Préménil, avec les rues de la Salle, le bout de la rue Fulvy jusqu’au dit cours de la Bôve et celle d’Aiguillon jusqu’à la rue de Bretagne exclusivement

4 e quartier M. Ollivier, Procureur, Commissaire « La rue de Bretagne depuis le cours de la Bôve jusqu’à la grande porte du Port, les rues Ory, Bréard, Ferrand, Condé, fin de la rue d’Aiguillon ; avec les petites rues et ruelles adjacentes depuis la dite rue de Bretagne jusques et compris les rue et promenade des quais jusqu’à la fontaine de la Comédie

5e quartier M. Hoguet, Procureur, Commissaire « comprend les rues de Bretagne et de Fulvy exclusivement jusqu’à leur aboutissement, l’emplacement de la rue de Condé et des rue et promenade des quais depuis la fontaine de la Comédie jusqu’aux glacis d ela Porte Royale avec les rues de Pontcarré, Godeheu, Esnoul Deschatelets, beaumont et Dannet et le bout de la Plaine faisant face à l’ancien cimetière jusqu’à la Pace Royale exclusivement

1786 11 octobre Arrêté de police du sénéchal de Lorient, pris sur les remontrances du Procureur fiscal, concernant la circulation des voitures sur la place Royale.

« Pour remédier à un abus qui tendrait à rendre impraticable la place royale de cette ville, traversée de deux rayons de pavés dans toute sa longueur et largeur, et en outre environnée de pavées à l’entour, il est essentiel d’empêcher que les charrettes et voitures passant sur les endroits de cette place non pavés, destinés à l’étalage de différentes denrées qui s’y débitent journellement et particulièrement les jours de marché »

1786 30 octobre Privilège délivré par le Duc de Penthièvre, Amiral de France, Gouverneur et Lieutenant Général du Roi en Bretagne, au Sieur Surbled, de donner à jouer chez lui dans la ville de Lorient, à l’exclusion de tous autres, à des jeux permis par les réglements

1786 20 décembre Ordonnance de police du Sénéchal qui défend de courir les rues les veilles de Noël, fêtes Dieu, Saint-Jean et Saint-Pierre, avec des cordes en bois enduits de goudron, résines, Brai, enflammés.

1786 7 août Le pont de Pontscorff ayant besoin de grandes réparations, les Etats de Bretagne voulurent en charger le Prince de Guéméné qu’ils disaient être en droit d’y prélever un droit de péage. Le Prince répondit que depuis 15 ou 20 ans il ne percevait plus ce droit, en conséquence d’un arrêt du Conseil d’Etat du Roi. Les Etats firent dresser procès-verbal de l’étatd du pont, l’affaire était encore en litige au moment de la révolution

1786 3 octobre Acte au rapport de Gibert et Margautin, notaires au Châtelet de Paris, contenant échange entre Sa Majesté et les Princes de Rohan et de Guéméné, de la Ville et Seigneurie de Lorient, consistant en haute, moyenne et basse justice exercée par des officiers, droits de censive, lods et ventes et rachats, rentes foncières et convenancières, droits de greffe, droits de poids et mesures et tous autres droits utiles et honorifiques, ainsi que les dits fief, seigneurie, justice se poursuivent et comportent dans l’enceinte des murs de ladite ville, suivant le plan arrêté au Conseil de Sa Majesté et autres droits et annexé à la minute du dit acte, duquel plan il résulte que le terrain renfermé dans l’enceinte de ladite ville, y compris l’emplacement ( l’arsenal ) cy-devant acquis par S.M. De la Compagnie des Indes contient 226 journaux, 55 cordes un huitième, mesure de Bretagne, et que déduction faite de la contenance de l’emplacement acquis de ladite Compagnie des Indes, l’objet du dit échange se trouve réduit à cent vingt cinq journaux quarante et une cordes trois quarts. Cet échange est fait contre l Seigneurie de trévous et autres domaines composant l’ancienne Principauté de Dombes.

Le même acte contient vente par le Prince de Guéméné au Roi, de la Baronnie du Châtel et fief de Recouvrance en dépendant et du marquisat de Carmau ?

Relativement à Lorient, l’acte contient les détails suivants : «Il appartient dans l’enceinte de la ville de Lorient, aux dits seigneurs, princes de Rohan et de Guéméné, et se trouvant compris dans le pàrésent échange un hôtel et ses dépendances sis dans la dite ville rue du Faouëdic, où sont l’auditoire et les prisons ( emplacement occupé par le tribunal civil ).

de médecins commissaires, la Communautédemande à l’Intendant de la Province l’autorisation de construire une prison en un autre quartier de la ville.

1787

17 mai M. Esnoul Deschatelets, Maire, expose à l’Assemblée de Communauté que les administrateurs du domaine du Roi s’occupent de la concession du droit de halles dans la ville de Lorient, dont la mouvance est actuellement la propriétét du Roi ; que ces administrateurs lui ont offert cette concessiion du droit des halles, mais qu’il l’a refusée parce qu’elle convient plus particulièrement à la ville.

La Communauté remercie M. Esnoul Deschatelets de son zèle et de son désintéressement, reconnaît que la cocnession du droit des halles à la Communauté serait essentiellement avantageux, et prie M. le Maire de faire les démarches nécessaires pour l’obtenir.

1787 20 juillet Arrêt du Parlement de Rennes qui homologue une ordonnance des jueges d’Hennebont du 6 juillet 1786 relative au cours des gros sous : « La Cour ordonne que la monnaie appelée pièce d’un sous aura cours à l’avenir dans tout le ressort de la sénéchaussée, et ne pourra être refusée pour sa valeur réelle qui est d’un sous ».

Dans la Commerce, à Lorient on ne voulait accpeter cette monnaie que pour une valeur de 2 liards.

1787 12 Août On adjuge moyennant trois cent cinq livres à Gabriel-Marie Ulliac, architecte de Lorient les matériaux de démolition de la charpente et des combles de la nef de l’église paroissiale.

1787 17 mai La Communauté accorde à M.M. Mancel et Lazé l’autorisation de bâtir sur les quais en apportant au plan obligatoire des façades certaines obligations.

1787 22 juillet La Communauté adopte le mémoire dressé par M. Kerlero du Crano, en réponse aux prétentions des administrateurs des domaines relativement aux franc-fiefs.

1787 30 mars Approbation par la Communauté de ville de Lorient d’une dépense de trois mille quatre cent soixante et une livres pour former le chanl du port de commerce, enlèvement de vases, curage du port.

Le même jour on approuve une dépense de cent soixante et onze livres pour études du lit du Scorff au point de vue de la construction d’un pont.

1787 1er mai Etat des frais de geôle et subsistances des prisonniers ( des prisons de Lorient ) au compte de la seigneurie de Lorient, à compter du 1er mai 1786 inclusivement au 1er mars 1787 exclusivement à raison de 6 sols par jour pour chaque prisonnier, arrêté à Lorient, par Boursac, geôlier.

On relève sur cet état le nombre de cinquante trois prisonniers produisant deux mille huit cent cinquante deux journées et une dépense de trois cents cinquante cinq livres à raison de six sols par jour et par prisonnier. Cette somme est augmentée de vingt livres pour les gages annuels du geôlier.

La prison se trouvant attenante à l’auditoire de la Seigneurie, rue du Faouëdic, emplacement du tribunal civil actuel.

1787 Mai Départ de Lorient pour Pondichéry, du vaisseau de la Compagnie des Inddes, le Duc d’Orléans, commandé par Benoist-Auguste Even de la Trembaye. Ce vaisseau se perdit corps et biens.

1787 28 septembre Naissance de Delaffre, ondoyé à Lorient le 30 septembre, fils de Pierre-Antoine Delaffre, sergent-majoor au régiment de Rohan, originaire de Paris, paroisse Bonne Nouvelle, et de Suzanne Brunet, originaire de la paroisse de Nion, et mariée le 25 juillet 1769. Delaffre devint Contre-Amiral. Il mourut à Paris au mois de janvier 1864.

1788

14 juin Assemblée de la Communauté de ville de Lorient, en laquelle M. Esnoul Deschatelets, Maire, annonce que le corps politique de la paroisse se propose de disposer du petit local où sont établis les hangards servant d’échoppes aux bouchers sur la place Saint-Louis, et qu’il faudra que la Communauté établisse d’autres échoppes de boucherie ailleurs. M. Deschatelets offre à la ville, pour y établir des édifices de cette nature, un terrain qui lui appartient ayant environ 50 à 55 pieds de face

sur les rues Fulvy et de Coislin et de profondeur d’environ 140 pieds ; qu’on pourrait y ajouter le terrain des héritiers Montigny qui est en vente et qui a 25 pieds de façade.

Lapotaire expose à la Communauté, à propos de cette question de construction de boucheries, qu’il serait très intéressant au point de vue de la santé des habitants de la ville, d’établir une tuerie dans e genre adopté par plusieurs grandes villes du royaume.

Adoptant l’idée de M. Lapotaire, la Communauté le charge conjointement avec M.M. Lazé et Friché fils, de vouloir bien s’occuper des moyesn d’exécution de ce projet, et de consulter les médecins sur la position à donner à un établissement de cette nature.

1788 23 juillet Délibération de la Communauté de Lorient en laquelle elle déclare s’associer au Comte de Botherel, Procureur général syndic de Bretagne dans ses protestations du cinq et trente et un mai 1788 contre la violation des libertés de la province ( affaires du parlement de Rennes et du comte de Thiard )

1788 9 août La Communauté autorise M. Bigot , avocat à Paris, à faire toutes les recherches propres à mettre en évidence la nature du sol sur lequel est établie la ville de Lorient, comme étant une dépendance du village de Kerverot, essentiellement roturier ; et à se donner tous les soins et tous les mouvements nécessaires pour faire valoir partout où le besoin sera la cause de cette ville et procurer à celle-ci l’exemption d’un impôt qui en opérerait la ruine

1788 25 septembre Monsieur Louis Thomas, chevalier de Joyeus, âgé de quarante ans, officier des viasseaux de Sa Majesté, demeurant à Lorient, rue d’Aiguillon

1783 4 octobre M. le Maire annonce à l’assemblée de Communauté que les ambassadeurs du Sultan Typoo-Saeb doivent passer prochainement à Lorient pour se rendre à Brest, et que d’après une lettre de l’Intendant de Bretagne du ving-sept septembre, l’intention de Sa Majesté est que la Communauté leur rendre les mêmes honneurs que le corps municipal de toulon leur a rendu à leur arrivée en France.

La Communauté nomme M.M. Lapotaireet Coetuhant pour aviser avec M. le Maire aux moyens de remplir les intentions du Roi.

( Le séjour de ces ambassadeurs coût 3929 livres, dont 2720 livres à la ville de Lorient et 1208 livres au compte du roi )

1788 19 octobre A l’issue des vêpres de ce jour ( Dimanche ) Te deum solennel d’action de grâces à l’occasion de la rentrée du Parlement de Rennes ( affaires de Thiard ) ; feu de joie sur la place royale, et le soir illuminations générales. Le Te Deum fut chanté dans la chapelle de l’hôtel-Dieu, servant alors de siège paroissial

1788 7 novembre La Communauté de ville de Lorient arrête le cahier des charges et doléances à Lorient à son député aux Etats généraux. Elle refuse l’offre de sa démission qui lui est faite par M. Esnoul Deschatelets, Maire, dans la crainte que sa double qualité de Maire et d’énobli ( en 1784 ) ne fussent des obstacles à ce qu’il représentât le Tiers-Etat aux Etats généraux, et elle le confirme pour son départ à l’assemblée des notables

Voici les charges arrêtées sur la proposition de M. Esnoul Deschatelets :

1 Saisir toutes les occasions de témoigner au Roi amour, fidélité et reconnaissance

2 Tenir invariablement aux droits, franchises et libertés de la province, concilier ces mêmes franchises et libertés, autant qu’il se pourrait, avec les besoins de l’Etat

3 Veiller aux intérêts du Tiers-Etat. En conséquence, demander que la corvée en nature soit suprimée et qu’elle sera remplacée par une imposition portant sur les propriétés des trois ordres ; défendre la cause du Tiers-Etat dans l’affaire des fouages extraordinaires et qu’on sait n’être imposée que par force d’emprunt consenti par les Etats, afin que cette charge soit à l’avenir répartie sur les trois ordres, et qu’n fera droit à l’ordre du Tiers de ce qu’il a payé seul jusqu’ici.

Demander à faire tout ce qu’il sera possible pour obtenir que l’ordre du Tiers soit régulièrement et suffisamment représenté aux Etats. Se rendre à l’avis général de l’ordre sur cet objet important… que la nation sait que chaque ordre doit supporter des charges..

Demander que les députés de chaque ville soient à l’avenir nommés dans une assemblée générale à laquelle sera appelé non seulement un représentant de chaque profession, art ou métier, mais aussi un représentant de chaque paroisse des campagnes voisines, et lieux considérables, par arrondissement, lequel paraîtrait devoir être pour la ville de Lorient..

4 Représenter qu’il serait très utile que deux recteurs par chaque diocèse, dont un de ville, et l’autre de campagne, fussent députés aux Etats, pour avoir séance et voix délibérative dans l’ordre de l’église..

5 Représenter qu’il serait autant à désirer, qu’il serait juste que les secrétaires du Roi et autres anoblis par charges, contribuassent pour beaucoup au déficit actuel, et supplier le roi de rendre plus difficiles l’acquisition à prix d’argent d’un titre qui ne devrait être que la récompense de services rendus à l’Etat et à la Patrie, et qui par une trop grande facilité à l’obtenir, fait sortir de l’ordre du Tiers tous les gens qu’il a enrichis et qui doivent le soulager.

6 Demander que chaque ordre nomme ses députés, tant à la Cour qu’à la Chambre des comptes et aux Etats-Généraux et non pas que l’usage soit suivi que deux ordres nommant dans l’autre, parce que c’est à chaque ordre à connaître le mérite de ses membres.

7 Donner charge aux députés aux Etats Généraux, de demander que le droit de franc-fief sur les biens nobles qui sont dans les villes soit supprimé

Demander qu’on rende le droit de franc-fief sur les propriétés rurales moins onéreux au Tiers-Etat…impôt que des lois barbares et l’avidité du fisc ont rendu ruineux et insupportable et qui est absolument destructif des progrès de l’agriculture.

8 Représenter les inconvénients qui résultent de ce que les contestations en demande de droits domaniaux, comme droits de contrat, franc fiefs et autres soient portés devant les juges d’attribution, tandis que les juges ordinaires et naturels sont seuls en état de prononcer sur les questions qui tiennent aux principes locaux et aux coutumes.

9 Proposer à l’ordre du Tiers-Etat de donner au Roi, et à la patrie une marque du plus grand dévouement, en offrant de charger les officiers municipaux de régir gratuitement les domaines et contrôles, les eaux, bois ou forêts ; les objets sous le titre de régie générale ; enfin tous ceux qui sont d’une administration lente..

( Je me suis formé à ce sujet, dit le Maire Esnoul, quelques idées qu’une juste défiance de mes faibles lumières ; peut-être même serait-il indiscret de les rendre publiques ).

10 Demander aux Etats de contribuer à la dépense de construction d’un pont au passsage de Saint-Christophe près Lorientais.

A ces conditions adoptées sur la proposition de M.Esnoul deschatelets, la Communauté ajouta celles qui suivent :

1 Ne consentir aux Etats à aucun projet de formation uniforme de municipalité qu’autant qu’il sera, avant d’être présenté au Conseil, communiqué à la Communauté pour y faire des observations et proposer des modifications dans la ville de Lorient lui lui paraîtra susceptible

2 Demander que les bureaux des Commissions intermédiaires de chaque évêché, et ceux des commissions nommées durant le cours des séances des Etats soient composées par un nombre de membres du Tiers, égal à celui que fourniront ensemble les ordres du clergé et de la noblesse, pour les voix y être toujours composées par tête.

3 Qu’à l’avenir l’une des places du Procureur Général Syndic des Etats soit constamment déférée à un membre du Tiers, suivant les formes d’usage, sans que cette nouvelle loi puisse jamais être intervertie.

( La Communauté ordonna l’impression de sa délibération concernant les charges de son député, e l’envoi de ce document important à toutes les communautés des villes députant aux Etats, avec prière de lui faire part des arrêtés qu’elles auront pris sur le même objet ).

1788 28 novembre M. Esnoul Deschatelets, maire, déposa sur le bureau de l’assemblée de la Communauté les délibérations des villes et communautés de Vannes, Saint-Malo, Auray, Quimper, Ploermel et Brest qui ont été adressées récemment à la Communauté de Lorient depuis son arrêté du 7 novembre courant, et postérieurement à l’envoi qui en fut fait, des délibérations de Rennes, Nantes et Vitré, lesquelles furent également alors remises au maire. Ce dernier déposa en outre une lettre adressée le 18 novembre à la Communauté de lorient, par le Bureau de correspondance pour la députation du Tiers de la ville de Nantes à la Cour.

La Communauté décide à ce sujet qu’elle sera représentée à l’assemblée préliminaire des députés des Communautés de la Province, par M.M. Barbarin, Lapotaire et Lemir qui voudront bien se tenir prêts à partir au premier avis qu’ils auront du lieu fixé pour la réunion.

Et quant à la lettre du bureau des corporations de Nantes, du dix-huit novembre, la Communauté informe que les corporations de cette ville ont adressé un mémoire relatif aux affaires qui peuvent intéresser l’ordre du Tiers, arrête que cette lettre lui sera remise pour aviser sur son contenu.

1788 26 novembre M. Esnoul Deschatelets, maire, dépose sur le bureau de l’assemblée de la Communauté une lettre adressée le vingt-cinq novembre par M.M. Sévène, du Guerchet et Terrien, chargés de la part des citoyens de la ville de Lorient de présenter à la Communauté leurs vœux. Messieurs Sévène, Regnier,du Guerchet et Terrien, étant admis en l’assemblée, M.Regnier l’un d’eux s’exprima en ces termes :

«Messieurs, nous avons l’honneur de vous présenter le vœu des corps, corporations et notables de la ville de Lorient, c’est-à-dire de vos concitoyens. Il a été inspiré par l’amour du bien public qu’il partage avec vous.Il ne manquera rien à ce vœu, si vous le consacrez par l’adoption, en l’inscrivant sur vos registres et en contribuant à son succès. »

Ce même jour, le maire dépose sur le bureau de l’assemblée de Communauté diverses délibérations des Communautés de la Province, savoir : celles de Dol, Pontivy, Morlaix, Guingamp, Malestroit, Le Croisic, Lesneven, et deux lettres nouvelles, l’une de Rennes du vingt-deux novembre et l’autre d’Auray, du vingt-quatre novembre, ainsi qu’une délibération de la paroisse de Saint-Sauveur de Rennes. Tous ces documents concernaient les mandement du Tiers-Etat

1788 6 décembre Dépôt sur le bureau de l’assemblée de Communauté des arrêtés des villes de la Guerche, Quimperlé, Châteaubriant, saint-Brieux, Landerneau, Lannion, Montfort, Lesneven, et Duérande, d’un nouvel arrêté de la ville et Communauté de Rennes, du 29 novembre, d’une lettre du bureau de correspondance d’Auray du 3 décembre, et du procès-verbal des vœux de la ville de Metz et du pays messin. Ces documents sont relatifs au mouvement du Tiers-Etat provoqués par la réunion prochaine des Etats-Généraux.

La Communauté nomme M.M. Lapotaire, Barbarin et Godin pour la révision des articles du cahier des vœux et y faire telles additions qui paraîtraient utiles.

Le 13 du même mois le rapport des trois commissaires fur présenté et adopté par l’assemblée de Communauté, qui en ordonne l’impression et l’envoi à toutes les municipalités de la Province. L’assemblée procéda ensuite à l’élection de son député aux Etats de la Province dont la réunion allait avoir lieuà Rennes le vingt-neuf décembre. M. Esnoul Deschatelets, maire de Lorient, fut élu, et sur sa demande motivée par l’état de sa santé , M. Lemir fut élu codéputé.

Le vingt-quatre décembre M. Deschatelets annonçant que l’état de sa santé devenait plus mauvais, M. Lemir fut nommé député de la Communauté de Lorient aux Etats de Bretagne

1788 Bordereau des comptes de Lorient présentés à la Chambre des Comptes de Nantes, de 1766 à 1788, par Laurent Bourgeois, miseur ( Inventaire de la Chambre des Comptes de Nantes, série B liasse 2633 ).

1788 18 janvier Approbation d’une dépense de cinq cent quatre-vingt trois livres pour enlèvement des vases du chenal qui conduit de la cale de Rohan vers la montée du faouëdic, afin de permettre aux navires d’atteindre les chantiers de constructions des Sieurs Friché et Guinard.

1788 18 janvier Les dépenses de la ville à l’occasion de la peste dite d’Alger sont arrêtées à 1348 livres.

1789

17 janvier M. Lemire député de la Communauté de Lorient aux Etats de Bretagne, rend compte dans le sein de l’assemblée des évènements qui se sont passés aux Etats et de leur prorogation au 3 février suivant.

L’assemblée approuve la conduite de son député, le maintient dans son mandat, déclare par acclamation qu’elle l’autorise à délibérer suivant l’usage sur les demandes du roi et sur les affaires de la Province, sauf à faire valoir pendant la même tenue des Etats les justes réclamations de l’ordre du Tiers-Etat, contenues dans les cahiers de délibérations prises en l’hôtel de ville de Rennes les vingt-deux, vingt-quatre, vingt-cinq, vingt-six et vingt-sept décembre 1788 et toutes autres que cet ordre jugera à propos de former pour le bonheur des sujets du roi, qu’il représente ; et sauf à recourir vers le roi en cas de refus des ordres de l’église et de la noblesse

Le vingt-deux du même mois, la Communauté délibéra sur le même objet, mais il paraît que cette délibération fut tenue secrète ; du moins le registre ordinaire n’en porte pas mention

Le vingt-cinq janvier, à la suite de diverses correspondances de plusieurs Communauté de la Province sur la prorogation des Etats, la Communauté de Lorient confirme les pouvoirs de Lemir, son député, avec ordre de se maintenir dans la ligne de conduite précédemment tracée.

Le vingt-huit janvier, Lapotaire fut nommé adjoint à Lorient à la députation aux Etats de la Province ; mais le lendemain la Communauté rapporta cette élection et convoqua pour le trente du même mois une assemblée des citoyens par corporations pour élire deux nouveaux députés aux Etats de la Province, c’est-à-dire un nombre double de celui habituellement prescrit jusqu’alors par le corps municipal ; et ce en exécution de l’arrêt du Conseil du vingt janvier 1789.

1789 30 janvier Assemblée des habitants de Lorient pour l’élection des 2 députés aux Etats de Bretagne, en exécution de l’arrêt du Conseil aux etats de la Province

C’est la 1ère fois que l’élément populaire eut à prendre part à des élections politiques, et cet événement fur provoqué par la couronne.

Les suffrages des électeurs désignèrent M.M. De la Ville le Roux et Blain aîné, pour députés de Lorient, auxquels ils donnèrent pouvoir de se joindre à M. Lemir, député de la Communauté et de concourir avec lui pour le plus grand avantage d el’ordre du Tiers : ce qui signifie que l’assemblée du peuple approuvait la ligne de conduite adoptée par la Communauté depuis le commencement de la lutte du Tiers-Etat contre les ordres du clergé et de la noblesse.

( L’Assemblée du 30 janvier fut composée comme celle de 1785, formée à l’occasion de la question de la franchise de la ville et du port, c’est-à-dire 2 membres par Corps d’Etat er Corporation ).

1789 30 mars A l’occasion de l’élection des députés aux Etats-Généraux qui doit avoir lieu en l’Assemblée générale de la Sénéchaussée d’Hennebont, le maercredi quinze avril 1789, la Communauté de Lorient convoque par lettre les principaux memebres de chaque corps et corporation de la ville de Lorient pour nommer le nombre de députés qui leur est attribué, qui prendront part à l’assemblée du Tiers-Etat de la ville fixée au mardi sept avril.

La Communauté craignant qu’une éleection faite hors de Lorient n’amenât une nomination de députés tous étrangers à Lorient, sollicita et obtint du garde des Sceaux que l’un des 3 députés à élire en la Sénéchaussée d’hennebont fut choisi parmi les Lorientais. Mais le vingt-neuf mars, le Sénéchal d’Hennebont répondit à la Communauté qu’une lettre du Garde des Sceaux ne pouvait l’autoriser à modifier l’article vingt-neuf du règlement du vingt-quatre janvier 1789 qui n’admettait de députés spéciaux que pour la ville de Paris.

Le 4 avril 1789, M. de Barentin, Garde des Sceaux, fit parvenir à la Communauté de Lorient la réponse dont voici le texte.

« Versailles le 4 avril 1789. Messieurs, j’ai fait connaître récemment d’une manière positive à M. le lieurtenant général de la sénéchaussée d’Hennebont que l’intention du Roi était, que dans le nombre des députés accordés à cette sénéchaussée, il y en eut un au moins élu parmi les négociants et armateurs de la ville de Lorient. Mais Sa Majesté n’a pu accueillir la demande que vous avez faite d’être autorisés à faire procéder à cette élection dans l’assemblée des habitants de Lorient,. Cette exception serait entièrement opposée aux principes formels de la convocation. Je n’ai aucun doute que le lieutenant général d’Hennebont ne prenne les mesures nécessaires pour assurer l’exécution précise de la colonté du Roi, et que s’il éprouvait des obstacles, il ne suspendit les élections et ne m’en informât pour prendre de nouveau les ordres de Sa Majesté. Je suis, Messieurs, votre affectionné à votre service, signé Barentin »

1789 7 avril L’assemblée des députés descorps et corporations et du Bourgeois de la ville de Lorient, réunis à l’hôtel de ville, nomme les électeurs qui devront concourir le treize avril à l’assemblée de la sénéchaussée d’Hennebont à la nomination des députés aux Etats-Généraux. Le sénéchal de Lorient, le procureur-fiscal, le major de la place commandant, les officiers de la marine et des ports appelés à cette assemblée ne s’y présentèrent pas.

Presque tous les représentants de ces corps et corporations et habitants présentèrent un cahier de plaintes et doléances qui furent remis à une commission de 12 membres chargée de la rédaction d’un cahier commun, et l’assemblée fur prorogée au 12 avril pour le choix de 18 électeurs.
Les 12 commissaires chargés de la rédaction d’un cahier commun de doléances étaient : Messieurs Guillois, de la Ville Le Roux, Ducrano, Blain aîné, Regnier, Le Beau, Godin, Le Jeune, commissaire, Lapotaire, Beaulieu, Lemir.

Le 12 avril l’assemblée nomme pour ses 18 électeurs qui devaient participer à l’élection des députés :

De la Ville Le Roux, négociant, 101 voix

Blain aîné, bourgeois, 72 voix

Mancel, négociant et armateur, 71 voix

Guillois, architecte, 67 voix

Le Beau, capitaine de vaisseau marchand, 58 voix

Ducrano, avocat, 53 voix

Beaulieu, médecin, 52 voix

Lemir, bourgeois, 50 voix

Le Jeune, commissaire aux classes, 41 voix

Reignier, avocat, 38 voix

Lacour, chirurgien, 37 voix

Lapotaire, prieur consul, négociant et armateur, 35 voix

Godin, négociant et armateur, 35 voix

Gérard, négociant et armateur, 33 voix

Even, Commissaire de la Marine, 32 voix

Duquesnel, marchand, 32 voix

La Fontaine Gougeard, négociant et armateur, 27 voix

Lecointe, ancien Conseiller à l’île de France, 26 voix

Messieurs Le Jeune et Lecointe, n’ayant pas accepté, le premier pour causes d’affaires, le second pour raisons de santé, il fut décidé en assemblée, que Messieurs Antheaume et Blain Cadet les remplaceraient comme ayant réuni plus de suffrages après Le Cointe.

Il fut ensuite procédé à la composition de la liste des négociants et armateurs de Lorient parmi lesquels le député lorientais, spécialement réservé pour la députation de la sénéchaussée d’Hennebont, serait élu. Ce fut l’occasion d’une opposition et d’une protestation générale de la part des corps et corporations qui étaient écartés de cette liste d’éligibles spéciaux.

Monsieur Godin ayant fait connaître qu’il n’acceptait pas le mandat d’électeur, fut remplacé , le quatorze avril, par M. Henry de la Blanchetaye, père.

Voici le procès-verbal de composition de la liste des membres des divers corps, corporations et habitants  de Lorient, arrêtée pour nommer les dix-huit électeurs ci-dessus mentionnés :

«Aujourd’hui mardi 7 avril 1789, en l’assemblée du corps municipal de la ville de Lorient, convoquée tant au son de troupes que par des avertissements particuliers, en conséquence de la délibération du leundi 30 mars dernier, sont comparus par devant nous Esnoul Deschatelets, maire et président, Barbarin, lieutenant de maire, Henry de la Blanchetaye, Lazé, Coëtuhant, Montalant, Lemir, Lacroix-Herpin, Marais, Puel, Friché fils et Mettry, échevins et délibérants du corps municipal, les députés des différents corps et corporations, et des bourgeois et habitants qui ne se trouvent compris dans aucuns corps ou corporations, desquels députés suit l’état,

Savoir pour :

les apothicaires, Messieurs Clary et Genthon

les arquebusiers, Fonclerc

les avocats, reignier et Ducrano

les bouchers, Bitzer

les boulangers, Pierre Le Bail

la brigade de la Maréchaussée, Gabory

les bourgeois qui ne sont compris dans aucun corps ni corporation, Guillois et Blain l’aîné

les bateliers et canotiers, Isidore Mereau

les cloutiers, Elie Denou

les cafetriers, limonadiers et gens tenant billard, Surbled

les capitaines et officiers de lamarine marchande, Le Beau et Gouardun

les capitaines et officiers de l’ancienne Compagnie des Indes, La Gourgue et Le Doux

les chapeliers et marchands de chapeaux, Montellier

les chaudronniers et poêliers, Quelard

les cartiers, Tirion

les écrivains des bureaux de marine, branda et Guilbaud

les employés à la liquidation de l’ancienne Compagnie des Indes, Qautrefages

les employés au service de la Compagnie des Indes actuelle, Drogard et Remono

les charretiers et loueurs de chevaux, J.B. Balois

les charpentiers de maisons, J.B. Michon

les charpentiers de mavires et perceurs, Jean Masson fils et Jean Kerdanet

les calfats, Joseph Pogame

les couvreurs, Pinel

les cordonniers, Marie Tourangeau

les charpentiers et marchands de lard, Benoist Perro

les couteliers, Corentin le bot

les commissionnaires de routage, Le Chesne

les chirurgiens, Ollivier et Lacout

les entrepreneurs de bâtiments civils et bâtiments flottants, Anger

les employés de la Ferme du Roi, Dubois, Henry Vincent

les employés de la ferme des Devoirs, Guérin, Le Laidier

les emballeurs, Moisan dit Saint-Lô

les employés de la Régie générale, Gaud

les fabricants de sardines, Laaurent Macé

les forgerons et taillandiers, Pierre Menien

les fondeurs, Marquet

les fripiers, Desglennes

les ferblantiers, Meslin

les horlogers, Hoguet de la Tourangeaules huissiers et sergents Daubn et Rossignoly

les imprimeurs, libraires et relieurs, Lejeune

les interprètes et courtiers de navires, Dufilhol

les juges de l’Amirauté, Duport-Huard

les maîtres d’équipage, contre-maîtres et bossements, quartiers-maîtres et matelots, Kermain, Langlois, Diberder, Seio

les maîtres pilotes, pilotes lamaneurs hauturiers et côtiers, Luco

les maîtres voiliers et voiliers, Marc Guillou

les maîtres cordiers et cordiers, J.F. Ferteau

les maîtres canonniers et canonniers, Pochard

les maîtres tonneliers et tonneliers, Queret, Lacoste

les maîtres poulieurs et poulieurs, Le Baud aîné

les maîtres serruriers et serruriers , Picot

les maîtres menuisiers et menuisiers, Pennec l’aîné

les marchnds de vin, Roussel, guérin

les marchands de toiles et dentelles, Cailac

les marchands de cuir, peaux, gants, corroyeurs et tanneurs, Perallo

les marchands d’épiceries, faïenciers, verriers, confiseurs, cériers et chandelliers, Giraud, Moquet

les marchands de marchandises des Indes, Filliaux, Coeffard

les marchands de draps et soies, Doinet, Blain cadet

les marchands merciers, bijoutiers, quincaillers, miroitiers, tapissiers, bonnetiers, de meubles et autres que les fripiers et de papiers peints, Duquesnel et Fruchard

les maçons, appareilleurs, pavers et tailleurs de pierres, François Grégoire

les maîtres de métématiques et de langues, Boyer

les médecins, Fournier, Beaulieu

les notaires, procureurs et greffiers, Ollivier, Lidec

les négociants, de la Ville Le Roux, Godin

les orfèvres, Cordé

les opticiens et marchands d’instruments de navigation, Scanagaty ( ou Scanagasy )

les peintres, sculpteurs et graveurs, Lacroix père

les peintres et doreurs en bâtiments, Truyard

les perruquiers, Lami

les portefaix, Yves Cloarec

le procureur du Roi de l’amirauté, Guével

le procureur fiscal ( absent )

les selliers, boureliers, carossiers, charrons et malletiers, Soret

les scieurs de long, henry Ponsignon

le sénéchal, ( absent )

les tisserands, Commère

les tourneurs, tablottiers et luthiers, Cornebois

les traiterus, aubergistes, cabaretiers et pâtissiers, Le Floch

les tailleurs, Allion

les vitriers, Combard

les vivres de la marine, Huelvan

les officiers de la marine et de ports ( absents )

les officiers de l’administration de la marine,, Even, Lejeune

le Prieur Consul, Lapotaire

le premier consul des marchands, Rozé

le major de place commandant, ( absent )

le lieutenant prévôt de la amrine, La Bruë

Tous représentants des différents corps, corporations et communautés de cette ville ou des bourgeois et habitants, ainsi qu’il résulte des actes de délibération qu’ils nous ont exhibés »

Liste des négociants et armateurs de la ville de Lorient, dressée le 13 avril 1789 par M.M. Lapotaire, Prieur Consul, et rozé, Conseul, pour servir à l’élection d’un député, puis parmi les individus portés sur cette liste, à l’assemblée de la sénéchaussée d’Hennebont du quinze avril 1789 :

Messieurs

Lapotaire

Lanchon cadet

Castellot

Galabert Painchaud

Godin

Claude

Henry de la Blanchetais père

Bertrand

Bondeville

Sauvée

de la Ville Le Roux

Toclère

Terrien

Lazé

Mancel

Trentinian

Monistrol

Mauguet aîné

Carié

Bardon

Garnier

Puchelbergue

Friché fils

Sévène

Lanchon aîné

Lemir

Cordon

Deschatelets Esnoul l’aîné ( maire )

BonnetiersDurand

Gougeard père

La Wayse

Gougeard fils

Trentel

Quatrefages

Mettry-Offray

Tenaud

Henry fils

Armel Macé

Boulitreau

Gerard

Verne

Rivier

Bérard

Villemain

Longuiron

Bondeville

Guérard

Vallée

51 éligibles pour représenter les négociants et amateurs de Lorient aux Etats-Généraux. Monsieur de la Ville Le Roux fut nommé député. Il devint sénateur au Premier Empire.

1789 30 avril M. Lapotaire dépose sur le bureau de l’assemblée de Communauté de la ville de Lorient un exemplaire du cahier des doléances arrêté en l’assemblée des électeurs de la Sénéchaussée d’Hennebont pour la députation aux Etats-Généraux, et signé des électeurs

La Communauté ordonne le dépôt de ce document dans les archives ( les archives de Lorient ne possèdent pas ce précieux procès-verbal )

1789 7 mai Assemblée tenue à l’hôtel de ville par les officiers municipaux et les délégués des corps et corporations de la ville, sous la présidence d’Esnoul Deschatelets, maire, pour nommer des commissaires de la correspondance à tenir avec M. de la Ville Le Roux, député aux Etats-Généraux.

Sont nommés commissaires

Messieurs Deschatelets, maire ; Barbarin, Lapotaire, Guillois, Ducrano, Blain l’aîné, beaulieu, Le Beau, capitaine ; Antheaume, Henry de la Blanchetais, Lacour, Duquesnel.

Ces commissaires ont pour mission de correspondre avec M. de la Ville Le roux et avec tous ceux qu’ils jugeront à propos pour le Titre de la Chose. La correspondance sera communiquée à tous les habitants de la ville qui désireront la connaître, et elle sera à cet effet transcrite sur un registre qui restera en vue sur une table dans la grande salle de l’hôtel de ville, tous les jours, depuis 9 heurs du matin jusqu’à midi. M.M. Antheaume et Duquesnel proposent leurs fils pour secrétaires du bureua de la correspondance : cette proposition est acceptée par l’assemblée.

1789 27 juin La Communauté de Lorient voulant procurer à la paroisse le moyen de subvenir aux dépenses de l’édification de l’église paroissiale, consent à la vente des terrains de la place Saint-Louis qui sont la propriété du général de la paroisse, dans les propostions arrêtées par M.Guillois, ingénieur de la ville, et indiquées en un plan déposé aux archives de la Communauté

1789 1er juillet A la réception des nouvelles des Etats-Généraux ( serment du jeu de paume et réunion des trois ordres ), l’assemblée de Communauté réunie en séance extraordinaire « s’empresse de manifester publiquement dans une circonstance qui assure désormais la régénération du royaume et l’accomplissement des vœux du meilleur des rois pour le bonheur de ses peuples, arrête que le lendemain jeudi 2 juillet il sera allumé sur la place Royale un feu de joie auquel seront invités tous les corps.

Et pour perpétuer la méoire de cet heureux événement, la Communauté arrête qu’il sera aussi le lendemain procédé à l’inauguration de la nouvelle rue qui conduit de la porte Royale à la Place Royale, à laquelle elle donne le nom des Etats-Généraux.

1789 4 juillet La Communauté de ville de Lorient « prévoyant une nouvelle forme dans la municipalité de la Ville par suite des derniers évènements politique, nomme une commission composée de M.M. Deschatelets, Barbarin, Godin, Lapotaire et Lomir, qu’elle invite à dresser un mémoire instructif et détaillé du régime des revenus et des charges de la Communauté, des travaux et établissements publics qu’elle a déjà fait exécuter de ceux qui restent encore à entreprendre ou à perfectionner et que la décoration de la ville, l’avantage, l’utilité et le besoin des habitants exigent.. »

1789 4 juillet La Communauté confirme la subvention accordé à M. Boyer nommé professeur d’hydrogrpahie du Roi, au port de Lorient

1789 9 juillet Brevet de lieutenant du roi au gouvernement du Portlouis, Lorient et dépendances, délivré par le roi au sieur Aguste René Christophe Comte de Chévigné, Maréchal de Camp, en remplacement de M. de Minard, démissionnaire.

1789 17 juillet Formation d’un corps de volontaires nationaux.

C’était un corps de milice mobile qui se constitua spontanément pour veiller à l’intérieur et à l’extérieur de la Ville, en un moment où la nouvelle des évènements de Paris et la prise de la Bastille mettait la population en effervescence. La plupart des jeunes gens des meilleures familles de Lorient entrèrent dans la formation de ce corps de volontaires nationaux dont les services furent agréés par la Commune.

Ce corps comprenait un effectif de quatre cents hommes divisé en dix compagnies commandées chacune par un capitaine nommé à l’élection. Son uniforme était l’habit à revers, bleu de roi, doublé de blanc, collet et parements roses, boutons blancs timbrés d’un soleil.

Voici les noms des capitaines de compagnies

Première compagnie : Ulliac aîné, capitaine

Seconde compagnie : Deschiens

Troisième compagnie : Laguerre

Quatrième compagnie : Lemir fils

Cinquième compagnie : Lafilé

Sixième compagnie : Monistrol fils

Septième compagnie : Bihan aîné

Huitième compagnie : Noël

Neuvième compagnie : Despreaux

Dixième compagnie : Boulitreau

1789 18 juillet Organisation de la Garde Nationale de Lorient . Il est procédé à l’élection de son état-major et de ses officiers et à la formation de vingt-cinq compagnies dont une de grenadiers et une de chasseurs, immédiatement après la réception des graves nouvelles de Paris et de Versailles.

( Je n’ai pas trouvé la composition de l’état-major de cette garde nationale à l’organisation ; la force publique fut organisée d’abord sous le titre de Garde Bourgeoise sous le commandement de Guillois, Commissaire Général. Voir à ce sujet les détails que je donne dans mon ouvrage intitulé L’île saint-Michel, chapitre cinq, page 224. La composition de l’état-major ci-contre ne date réellement que de 1790.)

Voici cette composition à la date du premier mars 1790, Messieurs

Dordelin, colonel

baron d’Erff, leitenant-colonel

Fruchard et Legrand, capitaines aides-major

Bechamp et Girard, aides-major

Gerbiern quatrier-maître trésorier

Allion et Laurençon, porte-drapeaux

Delacourt, chirurgiensEvin, aumônier

Piel, tambour-majoor

Bard, capitaine de grenadiers

Le Dilly, capitaine commandant

Henry de la Blanchetais, capitaine commandant

Roussel, capitaine commandant

Friché fils, capitaine commandant

Piron, capitaine commandant

Lechêne, capitaine commandant

Le Grevl-Nogret, capitaine commandant

Vignot, capitaine commandant

Ledoux, capitaine commandant

Evano, capitaine commandant

Poirier, capitaine commandant

Leguevel, capitaine commandant

Olivier, capitaine commandant

Lacroix-Horpin, capitaine commandant

Bijotat, capitaine commandant

Marin de Beauvais, capitaine commandant

Duport-Huard, capitaine commandant

Lazé, capitaine commandant

Gand, capitaine commandant

Chaumat, capitaine de chasseurs

Delon, capitaine commandant de la compagnie de Merville

L’effectif de ces vingt-cinq compagnies était de mille huit cents hommes. L’uniforme était semblable à celui des Volontaires Nationaux, à l’exception du bouton qui était jaune

Outre cette troupe à pied, la Garde Nationale de Lorient eut 2 petits escadrons de cavalerie nommées Dragons Nationaux.

Voici la composition de son état-major. Messieurs

Périer, Colonel

Sougé, Lieutenant-Colonel

Beysser, major

Blain Cadet, aide-major

Rivier, trésorier

Galbois, quartier-maître

Villemain, porte-guidon

Violar, porte-guidon

Antheaume, adjudant

Glottin, chirurgiens

Evin, aumônier

Loréal, ingénieur

de Saint-Clément, capitaine, premier escadron , première classe

Billette, capitaine, premier escadron , deuxième classe

Vimon, capitaine, deuxième escadron , première classe

Huerne, capitaine, deuxième escadron , deuxième classe

plus 8 enfants du corps et 4 ouvriers attachés ; total de l’effectif : cent quarante hommes

1789 1er août Assemblée des députés des différents corps et corporations de la ville et des commissaires de la Commune, nommés le dix-sept juillet 1789, suivant procès-verbal clos le vingt-cinq du même mois ; laquelle assemblée s’est tenue pour satisfaire à ce qui a été arrêté dans celle que la Commune a tenue en la Chapelle de la Congrégation le mardi vingt-huit juillet, pour aviser aux moyens de former la milice citoyenne

Il a été arrêté

«1 Que les mêmes commissaires, conjointement avec Messieurs Reigner, Even, Blain Cadet seront chargés de la formation de la milice citoyenne, conformément au plan qui a été donné par M. Godin, avec les amendements que la Commission jugera convenable, lequel plan sera déposé.

2 Qu’après la formation des Compagnies , chacune d’elles nommera son Capitaine et ses Lieutenants, et que ceux-ci nommeront l’Etat-major.

3 Qu’un Commissaire pourra être nommé officier, de même qu’un officier pourra être nommé Commissaire sans incompatibilité.

En conséquence, Messsieurs Deschatelets Esnoul, Maire et Président de la Commission sera maintenu Colonel-Général des milices citoyennes, place à laquelle il a été nommé dans trois assemblées générales de la Commune. »

Signé Deschatelets Esnoul, Antheaume, Barbarin, Lapotaire, Duquesnele, Henry de la Blanchetais, Godin, Cordé, Le Beau aîné , Dufilhol aîné, Jean Laurançon, Déglennes père, Ollivier, Claralier, Fruchard, Daubin, Trugard, Le Floch, Roussel, Tripier, Jean-Jacques Trentimian, Rousse, Rossignoly, Pennec aîné, Guiomard, Elie Denours, Lemir, Clary, Saint-Macé, Tirion, Le Bot, Cailac, Soret, Souffès, Hugues de la Tour, Bijotat, Kerhuellin Le Reguer, Huervet, Mouguet, Doissel fils, de Huorier, Lenard, Guillois, Le Jeune, Villemain, Robin, Le Jeune, B. Montellieer, Gérard, Le Lidec, Hanez, Combard, Kerro Ducrano, Le Chesne, Montalant, Laplume, Allion, P. Marie, Comer, Le Noguer, Cordier, Galabert Consul, Michon, Costat, Boyer, Main, Langlois, Diberder, Lagourhue, T. Monistrol, le Bail

1789 30 août Election d’une représentant dans chacun des vingt-trois districts de la ville pour la formation d’un Comité Permanent.

Voici les noms de chacun des états, dans l’ordre de numéro des districts, de un à vingt-cinq :

Messieurs Tenaud, Longayran, Leconte, Blain aîné, Lozach, Amoureux, Dumont, Kerlero du Crano, Morant, Thomas, Deparcieux, Lortan, Cardonne, Souffès, Lavigne-Buisson, Huguet, Kerdanet, Vrenière, Rengier, Michon, Slaun, Kerbalanec, Michel, Rio aîné, Carosin, Najac.

Ce Comité s’installa à l’hôtel de Ville le quinze septembre 1789. La Présidence fut successivement déférée, de mois en mois à Messieurs Najac, Kerlero du Crano, Regnier, Michel et Leconte. Durant le cours de la gestion de cette administration révolutionnaire, divers changements eurent lieu dans son personnel.Longagnon fut remplacé par Parlange, Dumont par Lecorvaisier fils, Thomas par Lavaysse, Cardonne par Brando

1789 12 septembre La Communauté convoque les députés des corps et corporations de la ville en assemblée générale dans la salle de l’Hôtel de Ville pour le mardi 15 septembre afin de lui exposer sa conduite et les calomnies dont elle est l’objet.

1789 10 octobre. Sur la demande du Comité Permanent, la Communauté prend la résolution de rendre public par la voie de l’impression le compte de ses recettes et de ses dépenses, d’en informer le Comité Permanent, et de communiquer aux Commissaires de ce Comité toutes pièces de comptabilité qui lui seront demandées.

Le Comité Permanent adressa aux présidents des Districts de la Ville une lettre ainsi conçue :

« Nous vous prévenons, Monsieur, que quelques demandes que nous ayons faites à la municipalité, des comptes que vous nous aviez chargés d’exiger d’elle ; elle en a toujours éludé la reddition sous divers prétextes ; et qu’elle s’est permis pour réponse définitive, de nous annoncer qu’elle les avait fait porter à l’impression pour les rendre publics, ce qui tend à nous ôter le droit que vous nous avez donné de les vérifier. »

Le dix-neuf octobre, la Communauté, après avoir pris connaissnce de cette circulaire malveillante, se plaignit que l’on ait cherché et réussi à détruire la bonne harmonie qui avait jusqu’alors régné entre elle et le Comité Permanent ; mais il persista dans sa résolution du dix octobre, voulant satisfaire l’opinion publique en publiant les comptes, mais ne voulant pas paraître céder aux prétentions du Comité Permanent qui était sans pouvoirs réguliers. La Communauté prétexta, du reste, que le miseur de la Ville, autrement dit le trésorier, M. Bourgeois, était alors absent. Elle se décida à faire imprimer la délibération du dix-neuf octobre pour être placardée dans tout la ville, et envoyée à tous les districts et à l’Assemblée Nationale.

Cependant, le lendemain, craignant d’avoir montré trop de fermeté vis-à-vis du Comité Permanent qui était en ce moment la véritable puissance locale, la Communauté lui adressa cette lettre :

« Messieurs, nous n’avons jamais eu l’intention de refuser à nos concitoyens la connaissance des états qu’ils ont demandé des revenus et des charges de la Ville, ainsi que de la situation de ses finances ; mais nous avons pensé que tant que l’Assemblée Nationale nous maintiendrait dans nos fonctions, nous avions le droit honorable de correspondre directement avec elle.n( L’article 7 du décret du 4 août maintenait les officiers municipaux dans leurs fonctions ).

Nous venons d’être informés, Messieurs, que dans la dernière assemblée de district, nos concitoyens ont montré le plus grand empressement à ce que ces états soient fournis au Comité Permanent pour leur en rendre compte. Respectant leur opinion, nous avons l’honneur de vous prévenir, messieurs, que nous venons de retirer de l’imprimerie les etats qui y étaient pour être imprimés. Nous avons prié M. le Maire et M. Lapotaire de vous les remettre dans ce jour, en originaux sur votre récépissé , et de voir offrir tous les renseignements que nous pouvons nous donner… »

Signé Deschatelets Esnoul, Lapotaire, Lazé, Lemir, Friché fils, Cordé, de la Croix-Herpin

Le Comité Permanent appuyé sur les chefs des districts devenant de plus en plus exigeant, la situation du Corps Municipal devint intolérable, et il ne tarda pas à renoncer à ses fonctions qui furent remplies par le Comité Permanent. Cette municipalité révolutionnaire osa exiger, le quatre novembre 1789, de l’administration municipale, les comptes des vingt dernières années, et celle-ci chargea deux de ses membres, M.M. Henry de la Blanchetais et Lemir de les lui fournir. Le même jour, vingt-quatre novembre, les officiers municipaux informèrent l’Assemblée Nationale des motifs qui les obligeaient à résigner leurs fonctions. La Communauté ne se réunit plus que pour remettre ses archives et l’hôtel de Ville au Comité Permanent ( 17 décembre 1789 ).

1789 25 octobre Sur le rapport de M.Lapotaire, Maguillier en charge, qui expose que le manque absolu d’argent oblige à décontinuer les travaux, le Général de la paroisse décide que les travaux de reconstruction de l’église paroissiale seront suspendus jusqu’à nouvel ordre et que les ouvriers seront congédiés à la fin du mois. ( Ces travaux ne furent repris que 20 ans après ).

1789 29 septembre Dépenses occasionnées par les affaires du temps

« Fête patriotique donnée par les citoyens de Lorient, à laquelle la Communauté s’associa en faisant des distributions de viandes, pain et vin aux pauvres. La dépense totale s’éleva à trois mille neuf cent trente neuf livres à laquelle les habitants contribuèrent volontairement au moyen de cotisations pour deux mille cent vingt sept livres.

Deuxième dépense de cinq cent vingt et une livres pour frais de feux de joies en différentes circonstances.

Le même jour, la Communauté arrêta à mille cent onze livres la dépense faite par M. Friché pour l’établissement dans cette province au bout de la rue de Beaumont, autorisée le treize septembre 1776 par l’Intendant de Bretagne. A cette époque la Communauté avait demandé la construction d’une cale provisoire pour empêcher l’encombrement du chenal du quai par l’éboulement des terres entraînées par les eaux.

1789 29 novembre « extrait de la délibération du 19 novembre 1789 :

« Le Comité ayant fait inviter Monsieur Picard, sergent-major du Régiment du Corps-Royal d’Artillerie des Colonies de se transporter à l’hôtel de Ville pour lui transmettre conformément aux délibérations prises par le précédent Comité et la Municipalité réunis, la médaille qui lui avait été votée en reconnaissance du patriotisme qu’il a témoigné lors de l’heureuse révolution qui vient de s’opérer. Ce militaire citoyen s’y est présenté environ les 11 heures du matin. Après que le Comité lui a témoigné toute la reconnaissance dont il était pénétré pour l’action généreuse de ce brave militaire, M. le Président, en présentant la médaille, a prononcé le discours dont suit la teneur :

« Brave Picard, cotoyen de l’Orient, il tardait au Comité de vous offrir le monument que la reconnaissance de cette ville a décrété pour perpétuer le souvenir de votre nom, de votre patriotisme et de votre courage. Une branche de chêne était chez les Romains la récompense de celui qui avait sauvé un citoyen ; combien de français, Monsieur, doivent peut-être leur salut à votre dévouement généreux, vous n’aurez cependant qu’une couronne, mais elle est gravée dans mille cœurs plus profondément que sur ce métal.

Que votre sein, Monsieur, soit sans cesse décoré de ce signe de votre mérite et de notre gratitude ; et puisse un jour s’y réunir , sans l’exclure, celui de la vertu militaire auquel vos talents et la régénération de la France vous appellent. »

Pour extrait conforme à l’original

Signé Michel Président, Deparcieux secrétaire, Lozach écrivain, Morant, Lavaysse, Huguet, M. Amoureux, Carosin, Lavigne Buisson, Najac, P.L. Lortan, Parlange, Branda, Kerlero du cruno, regnier, Kerdanet, Tenaud, Le Corvaisier fils ( pris sur une copie originale délivrée par le secrétaire Deparcieux, revêtue des signatures de tous les membres du Comité désigné ci-dessus)

.

La médaille décernée par la Ville de Lorient au mois de juillet 1789 au sergent-major Christophe Picard, en reconnaissance de la soumission de son régiment aux ordres du Comité permanent et de l’Administration municipale réunis lors de la nouvelle des évènements de Paris et de Versailles du 14 juillet 1789 ; cette médaille porte d’un côté les armes de Lorient et pour légende la Ville de Lorient. De l’autre, Au brave Picard, Soldat-Citoyen le 27 juillet MDCCLXXXIX. Le nombre 27 est gravé en creux, le surplus est en relief.

Ce passage est à rectifier du fait de l’influence de Picard sur les troupes , dans une circonstance où leur insubrdination pouvait entraîner de grands maux est certine ; mais ce qui attira à ce sous-officier la popularité, ce fut la part qu’il prit à la conquête de la Bastille, le 14 juillet 1789. Picard se trouvait en ce moment à Paris en congé et se mêla au mouvement insurrectionnel.

A la même époque, la Ville de Lorient décerna une médaille de même module au Bataillon de Bassigny en garnison à Lorient. Elle porte dans le champ cette inscription : Pour avoir donné à l’indigent ce qui vota la reconnaissance pour leurs plaisirs, 3 novembre 1789.Et autour 2e Bataillon de Bassigny, Régiment d’artillerie des Colonies détachement du bataillon auxiliaire des Colonies.

La Ville ne négligea aucune occasion de gagner les troupes en garnison à Lorient, chez lesquelles tous les liens de discipline étaient alors rompus. Ce fut à cette conduite adroite et sage que l’accord entre les habitants et les militaires dût d’avoir été conservé dans les premiers moments de l’effervescence révolutionnaire. Il faut reconnaître , avec la partie éclairée des lorientais de cette époque, que la très grande influence exercée par Picard sur son régiment fut particulièrement utile au maintien de l’ordre dans le port et dans la ville.Picard montra beaucoup d’ardeur pour propager les idées révolutionnaires ; son zèle le poussa même jusqu’à solliciter des religieuses de l’Abbaye de la Joie d’Hennebont qui toutes, comme on le sait, appartenaient à des familles nobles, l’approbation de ce qu’on appelait les conquêtes du Tiers-Etat ; et il en obtint la curieuse déclaration ci-après, qui fut imprimée et répandue immédiatement à profusion à Lorient et ailleurs.

Je copie textuellement l’un de ces imprimés :

«Profession de foi de Madame de la Bourdonnaye Abbesse de l’Abbaye de la Joie.

Nous soussignées les Dames de l’Abbaye de la Joie de la Ville d’Hennebont, attestons que nos nintentions sont pures et conformes à celles du Tiers-Etat dictées par l’Eternel, et que nous consentons à encourir l’infamie et la haine de l’Univers entier, si nous faisons aucune démarche tendant à contrarier la Nation française.

Ecrite et signée de la main de Madame de la Bourdonnaye, Abbesse de la joie ; De Langle, Prieure ; De Lanneguy, Présidente. Pourcopie conforme à l’original ce 27 juillet 1789. Picard».

Christophe Picard s’était rendu à hennebont en qualité de délégué du Comité Permanent installé à l’hôtel de Ville de lorient dès le vendredi 17 juillet 1789. Ce Comité envoya des Commissaires dans toutes les villes des environs pour provoquer des démonstrations en faveur de la cause du Peuple.

Picard avait épousé à la Rochelle Marie-Anne Victoire Gerbaud. Le Comité Permanent avait accordé au sergent d’artillerie Picard une pension viagère de trois cents livres, mais sur sa demande, cette pension fur reversée sur la tête de sa femme ainsi que le constate la pièce si-après :

3Extrait de la délibération du Comité Permanent de la ville de l’Orient le 24 septembre 1789. Le Comité délivérant sur la lettre de M. Picard, sergentmajor du régiment du corps royal d’artillerie des olonies du jour d’hier, tendant à preir le Comité d’asseoir sur la tête de son épouse la pension viagère votée en sa faveur par l’ancien Comité,

arrête que la dite pension en rente viagère de 300 livres sera assise sur la tête de l’pouse du Sieur Picard, et qu’en cas de prédécès, elle sera payée au mari survivant.

Le Comité a délivré l’extrait ci-dessus à M.Picard pour lui servir et à son épouse le titre de la pension viagère dont nest cas , fait en Comité le 13 janvier 1790. Pour copie conforme à l’original

Signé Michel, Président ; Deparcieux secrétaire ; Regnier, Lozach secrétaire ; Rio, Viencere, Huguet, kerlero-Ducrano, Parlange, Kerdanet, Leconte, Morant, Tenaud, carosin, Lavigne-Buisson, le Corvaisier fils, Lavaysse, Najac, P.L. Lortan, Michon ( pris sur une copie originale revêtue de toutes les signatures ci-dessus ).

La veue Picard éprouva des difficultés pour le paiment de cette pension délibrée par un Comité révolutionnaire, sans caractère légal ; mais napoléon, par décret du vingt novembre 1809, confirma la veuve Picard dans ses doits à la pension de trois cents livres .

Article 1er. Il est accordé sur les fonds communaux de la ville de Lorient, à la veuve Picard, une pension annuelle de trois cents francs.»

un fils naquit de ce mariage Picard et gerbaud, en 1787 à La Rochelle. Ce fils nommé Louis-Christophe Picard, obtint , sous le gouvernement de Juillet, la perception de Plouay, près Lorient. Il mourut célibataire à l’hospice de Lorient au mois d’août 1853. M. Le Métorel de la Fraichais, alors maire de Lorient, fut prévenu que le défunt laissait plusieurs exemplaires , en or, en argent, et en bronze de la médaille commémorative des évènements du mois de juillet 1789. On fit observer à ce magistrat municipal que ces médailles intéressaient l’histoire de la localité, et qu’à ce titre, il conviendrait de les acheter aux héritiers pour les déposer aux archives municipales.

Bien loin de faire quoi que ce soit pour procurer à l’hôtel de Ville ces médailles, s’il m’était possible de les détruire avec le souvenir des évènements qu’elles rappellent , je le ferais répliqua M. de la haichais. Et ces médailles furent venues à des particuliers. M. de la Haichais était sans doute peu instruit des évènements du 27 juillet 1789. Picard sauva peut-être la ville de Lorient, ce fut du moins ce que dirent toutes les personnes marquantes de l’époque, des débordements , de l’anarchie militaires des soldats sans chefs, sans discipline, animés brutalement du sentiment révolutionnaire qui débordait de toutes parts, et associés à la lie de la population, exposaient lorient à un véritabloe désastre ; elle fut sauvée par Picard : ce n’est pas là un souvenir à effacer de l’histoire d’une cité, au contraire.

( Les lignes qui précèdent ont été écrites sur des renseignements fournis par plusieurs Lorientais dignes de foi, notamment par M. Fruchard, ancien député et ancien président du tribunal civil de Lorient. On lit en effet dans la notice Clubs et clubistes du Morbihan par Philippe Muller, nantes, 1885, page 20 « Après avoir nommé une députation vers Messieurs du département pour demander avec les Lorientais, que notre brave frère Picard, sergent-major de l’artillerie des colonies et l’un des vainqueurs de la Bastille soit favorisé d’une place dans la gendarmerie national.. » Il en résulterait donc que la municipalité du 27 juillet 1789 eut lieu pour célébrer et honorer à Lorient le fait du 14 juillet dans la personne des combattants vainqueurs, le sergent-major Picard qui se trouvait à Paris lors de cet événement. Cependant il n’est pas impossible que Picard ait usé de son influence sur les troupes ainsi que nous l’avons raconté).

Christophe Picard nommé Lieutenant de gendarmerie était en résidence à Pontivy lors de la révolte des paysans au bourg de Pluméliau dans laquelle il fut tué le 14 mars 1793.

1789 17 décembre M. Esnoul Deschatelets communique à l’Assemblée de Communauté une délibération du Comité Permanent en date du 14 décempbre, par laquelle on lui demande :

1 L’inventaire et la représentation des meubles et effets qui appartenaient à la ville avant l’achat fait en 1775

2 L’inventaire et la représenation des meubles et effets dont l’achat a coûté trois mille trois cent quatre-vingt huit livres en 1775.

3 De rendre à M. Deschatelets les meubles qu’il justifierait lui appartenir, rien ne prouvant que la ville en eût acheté ou emprunté de lui.

( Ce dernier article provenait de ce qui dans les comptes fournis par la Communauté au Comité Permanent figurait une dépense de trois mille cent livres pour détérioration des meubles de M. Deschatelets, employés à l’usage de l’hôtel de ville où cependant celui-ci n’habitait pas.)

La Communauté autorisa la communication au Comité Permanent de toutes les pièces qu’il demandait. C’est le dernier acte de ce corps municipal.

1789 29 juillet Jugement de la juridiction de Lorient rendu entre Dame Brice Collet, veuve Richart, et David Nicolas Collet, mineur émancipé de justice, sous l’autorité de Jeanne-Françoise de la Rue

veuve Collet sa mère, etc. qui ordonne le partage d’immeubles dépendants des successions de David Collet et Brice Bouchereau. Les experts chargés de composer et estimer les lots firent entrer dans le travail des matériaux de la bellefontaine, près de la ville de Lorient, où la Communauté de ville de Lorient avait cependant exécuté à ses frais des travaux en plusieurs circonstances.

Voici en effet ce que contient à ce sujet le procès-verbal des experts daté du deux janvier at jous suivants, 1790.

« Les droits situés au lieu de la Bellefontaine en la paroisse de Ploemeur, tenus à titre de cens :

art 12 une ruine de maison et appentis couverte d’ardoise, la longère du nord a de long 86 pieds et demi, au cours, six cheminées. »

Par jugement du tribunal civil de Lorient du dix-neuf juillet 1855, confirmé par arrêt de la cour de Rennes le 5 janvier 1858, les époux Regnault ( aux droits des héritiers Collet de 1790) furent maintenus dans la propriété de la Bellefontaine contrairement aux prétentions de la ville de Lorient ; mais par un autre jugement du douze août 1858, le tribunal de Lorient reconnut à la ville le droit d’usage des eaux de la Bellefontaine, comme par le passé.

1789 17 juillet Arrêté des Jeunes Citoyens de Lorient.

«Nous, Jeunes Citoyens de la Ville de l’Orient, de toutes classes et conditions, assemblés extraordinairement, de jour 17 juillet 1789, environ les 9 heures du matin. Frappés d’horreur, et frémissant d’indignation au récit des faits désastreux arrivés dans la capitale, incertains du sort du vertueux Necker, et tremblants pour la vie de nos députés ; brûlants de désir de porter à nos chers frères et concitoyens de Paris, les secours les plus prompts et les plus efficaces, de tirer la vengeance la plus éclatante des complots horribles dont ils ont failli d’être les victimes, et auxquels ils n’ont échappé que par un courage et une énergie au-dessus de toute expression, impatients d’être aux portes de Paris et d’immoler aux mânes des généreux citoyens qui ont versé leur sang pour la Cause Commune, jusqu’au dernier des monstres, auteurs des maux qui nous désolent pour laisser enfin aux races futures un exemple frappant de ce que peuvent des hommes libres et courageux, des Français réduits à défendre leur liberté menacée, avons juré et jurons

De ne différer notre départ pour Paris qu’autant qu’il sera nécessaire pour armer nos bras, et nous assurer des provision et munitions de guerre indispensables à l’exécution de notre dessein

Jurons d’exterminer, sur notre passage, tous ces êtres odieux qui ayant osé proférer l’indigne serment de nous forger des fers, et d’appesantir sur nos têtes le joug infâme de la servitude féodale, persisteraient encore dans ce détestable projet

Jurons qu’au cas qu’il ait été porté la moindre atteinte à la personne sacrée du Ministre chéri qui seul pouvait opérer notre bonheur, ou celle d’aucun de nos dignes députés à l’auguste Assemblée Nationale, nous nous en vengerons dans le sang des coupables, auteurs ou complices de ces attentats, quels que soient les titres vains à l’abri desquels ils se seraient flattés d’impunité

Jurons de ne rentrer dans nos foyers qu’après avoir établi, sur une base immuable et éternelle, le grand œuvre de notre régénération , le maintien de notre liberté, des droits sacrés de l’homme, et l’honneur du nom Français

Jurons de repousser au-delà des limites de l’Empire, ces troupes stipendiaires qui ont osé déchirer le sein qui les nourrissait

Jurons de traiter comme nos ennemis même, tous ceux qui, profitant de la fatale circonstance, s’empareraient de l’emploi d’aucun de ceux d’entre nous qui prendront les armes pour la Cause Commune

Assurés d’avance du dévouement et du patriotisme qui ont, dans tous les temps, caractérisés les troupes Françaises, jurons de nous joindre à elles, et de marcher en commun, contre les ennemis du dehors, si, fondant leur espoir sur nos divisions, il en était quelques-uns qui osassent insulter nos frontières

Et pour obtenir aux frais de la guerre que nous allons entreprendre, avons statué d’arrêter à l’instant toutes caisses, soit du Roi ou de la Province, pour les fonds en être versés aux maires de qui il sera vu appartenir, sans que les comptables puissent s’en dessaisir, sous peine de la vie, en d’autres mains que celles qui lui seront ordonnées

Fait et arrêté en l’Assemblée des Jeunes Citoyens de la Ville de l’Orient, et statué qu’il sera envoyé des expéditions du présent aux Commissaires des Jeunes Gens des principales Villes de la Province et du Royaume, et établi une correspondance propre à faciliter notre réunion dans le lieu qui sera fixé pour le rendez-vous commun

Signé au registre : Guilloui, Président ; Guérin, Commandant ; Gérard, major ; Dubourdieu, aide-major ; Monistrol, Deschiens, Lemir, Boulitreau, Malroux, Noël, Lebihan aîné, Vigoureux, Laguerre, Gellis, Sauvé, Clemencin, Ratier, Saint-Haouen, Lebrun, Campmas, Lauchon cadet, Commissaire ;

Par mandement, signé Durand, Secrétaire »

Arrêté du 27 juillet 1789 à 5 heures après-midi

«Nous Commissaires des Jeunes Citoyens de la Ville de l’Orient, extraordinairement assemblés ce jour, pour prendre connaissance des dépêches qui nous ont été communiquées par Messieurs les Commissaire de la Commune de cette Ville, apportées par un Courrier de M. de la Ville Le Roux, notre Député à l’Assemblée Nationale : les dites dépêches portant en substance que des mal intentionnés menaçaient particulièrement nos ports.

Nous nous sommes transportés chez les Commandants de mer et de terre, pour leur faire, tant en notre nom qu’en celui de tous les jeunes gens du bataillon national que nous représentons, l’offre sincère de nos services en toutes circonstances de rapport au moment présent, notre simple parole d’honneur devenant aujourd’hui le garant du dévouement parfait que nous leur avons voués, comme représentant le Roi, pour le Salut de la Patrie. Nous réservant néanmoins le droit et la liberté, si le malheur voulait que l’hydre qui a jusqu’ici désolé la capitale, vint à renaître , de nous partager sur le champ pour porter aux parisiens nos Frères, ou partout où besoin serait, les secours pour lesquels nous nous sommes publiquement engagés et réunis.

Fait et arrêté au lieu ordinaire de Nos assemblées.

A l’Orient le 27e jour du mois de juillet 1789. Et ont lesdits Commissaires signés sur le registre »

( Copie de l’imprimé appartenant à M.G. Baudoin. )

Là s’arrête le texte de François Jégou. La mort l’ayant saisi le 10 mars 1890, il n’a pu continuer une oeuvre d’historien en de nombreux points absolument remarquable.

12 L’atelier de l’historien François Jégou : l’établissement des faits année par année