2 Greffier au tribunal de Pontivy et de Lorient

Pourquoi passe-t-il du métier d’écrivain de la Marine à celui de greffier du Ministère de la Justice de la Seconde République et de l’Empire ? Il y a le décès de son père en 1850, mais il semble que la principale raison est à chercher du côté d’une carrière qui lui offrirait dans le cadre d’un mariage plus de perspectives – relationnelles,  et matérielles – que dans le cadre de simple employé de la marine.  L’entourage familial a dû le pousser à embrasser cette nouvelle carrière. Il épouse deux ans plus tard Mlle Marie-Louise Hervé le 3 mai 1852 à Pontivy, un mariage qui montre la soumission juridique de la femme à son mari, voir ci-dessous, les épouses n’ayant acquis de réelle indépendance que lors de la réforme des régimes matrimoniaux votée par la loi du 13 juillet 1965.

assistee et autorisee1@copyright Le Courrier du Morbihan, 14 septembre 1856

Deux ans plus tôt, à l’âge de 25 ans il est devenu greffier au tribunal de Pontivy selon René KERVILER, in François Jégou in Armorique et Bretagne, recueil d’études sur l’archéologie, l’histoire et la biographie bretonnes, 1893, pp.361-366. Le problème est que nous avons épluché les archives de la justice de paix de 1850 à 1857 et nulle part n’est mentionné le nom de Jégou quand bien même apparaissent sur les liasses la mention d’un greffier en second. Etait-il confiné à des taches subalternes ? Ou dépendait-il un autre organisme de justice ?

justice de paix greffier@copyright Archives départementales du Morbihan 2U 1482 – 2U 1485

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En fait, il travaillait au tribunal de commerce comme en atteste la publication ci-dessous jegou pontivy1@copyright Archives départementales du Morbihan

De 1850 à 1857 il est donc greffier au tribunal civil et de commerce de Pontivy ( Napoléonville ), en témoignent les documents que nous avons retrouvés pour cette période. La principale fonction de François Jégou consiste à écrire les sentences et les autres actes du juge, mais écrire est pour lui une passion, même lorsqu’il s’agissait en tant que commis de marine de griffonner des listes interminables d’entrée et de sorties de bateau ou de listes nominatives des équipages. Passer donc de commis de marine à greffier de tribunal ne doit ainsi pas lui poser de problèmes particulier : il est toujours dans le domaine de l’écriture, élément qu’il aime au plus haut point, comme le révèlent les nombreux écrits manuscrits qu’il a pu fournir tout au long de sa vie. On peut parler à ce sujet de véritable graphomanie.

Et le milieu juridique ne lui est pas étranger. A propos d’une adjudication en mai 1852 d’une métairie en Plouray outre François Jégou, greffier du Tribunal civil de Napoléonville ( Pontivy), y demeurant, on trouve la veuve de Pierre-Marie Jégou, sans profession, de Joseph Pierre Henri Jégou, ancien notaire demeurant à Paris, de Dame Julie Jégou et son mari Adolphe Le Clech, notaire à Guiscriff, d’Auguste Jégou, notaire à Réguiny, de Pierre Marie Jégou, lieutenant au 2e bataillon d’infanterie légère d’Afrique et d’Henri Jégou négociant à Guéméné. Si tous  ces Jégou sont apparentés, on voit que le basculement de François Jégou dans ce milieu est peut-être dû à une demande de la famille de la femme qu’il va épouser, un milieu socialement plus porteur pour elle que celui de simple commis / écrivain de la Marine doit se faire sans difficultés, et le mari plus présent, n’étant plus obligé de partir sur mer vers des destinations lointaines.

Que ce soit comme commis / écrivain de la Marine ou comme greffier de tribunal, ces métiers se font sous le signe de l’écriture et la manipulation de masses de documents.

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@copyright Archives départementales du Morbihan U art 6647

Son travail porte sur la mise en écrit des sentences rendues par le juge dans des domaines aussi différents que la licitation, désignant la vente aux enchères par le tribunal civil –  ici en l’occurrence celui de Pontivy – d’un bien meuble ou immeuble dans le cadre d’une indivision successorale, ici en vertu d’un jugement daté du 8 janvier 1852.

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Ces jugements qu’il rédige portent sur l’autorisation à une femme mariée de vendre sur les lieux mêmes des meubles saisis, l’autorisation faite à une femme mariée pour procéder à un inventaire, l’autorisation donnée à un tuteur  de recevoir une indemnité pour mineur ; dans le cadre de l’Etat-Civil, ces jugements portent sur la rectification d’actes de décès,

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la rectification d’actes de naissance, de rétablissement d’acte de décès ou de naissance, d’homologation d’acte de notoriété concernant la naissance, de délibération de conseil de famille de mineur, de destitution de tutelle.

Font aussi partie du ressort des juges du tribunal civil la séparation de biens et de corps,

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de servitudes de passage, la prestation de serment de garde-forestier particulier, de préposé d’octroi. Dans le cadre du tribunal de commerce, il écrit les sentences dans la cadre d’un litige commercial entre deux parties, d’exécution de marché, de paiement de billet à ordre, du paiement de marchandises, de congément ; de faillites notamment les jugements déclaratifs de faillite, la nomination d’un syndic, la fixation de la date de la cessation de paiement, la délivrance de sauf-conduit provisoire, la vérification de créance.

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Ces sentences peuvent varier en volume d’écriture de deux à huit pages.

En 1857, à l’âge de 32 ans, il devient greffier au tribunal de Lorient. Malheureusement nous n’avons pour l’instant aucun document sur lui pour cette période : les archives d’avant 1870 le concernant ont été détruites en 1900; les archives postérieures à 1870 ont également été détruites par les bombardements de la seconde guerre mondiale.

Mène-t-il des recherches historiques dès cette époque ? Ses premières années comme greffier vont certainement accaparer la disponibilité qu’il peut accorder à ses travaux historiques, mais il s’est déjà attelé à la tâche, en font foi les remerciements de Prosper LEVOT, Conservateur de la marine à Brest, datés de 1858 dans son article intitulé Documents sur la famille Cadudal ou Cadoudal : « En explorant les archives du Finistère et celles de la mairie de Brest, en vue de préparer un supplément à la Biographie Bretonne, j’ai rencontré et recueilli divers documents concernant la famille Cadoudal…De ce nombre sont ceux que je dois à l’obligeance spontanée de M. Jégou, greffier du tribunal civil de Lorient, dont les recherches dans les actes de l’état-civil de la commune de Brech permettent de préciser le véritable nom de la famille, la filiation de ses membres, la date de naissance de Georges, jusqu’ici présentée inexactement, enfin les circonstances de la mort de son frère Julien. » in Revue des provinces de l’Ouest, Bretagne, Poitou et Anjou, septembre 1858, p.76.

Et dès les années soixante, soit sept ans après avoir été nommé greffier du tribunal de Lorient, il fait paraître un certain nombre d’articles dans des revues bretonnes, signe qu’il continue à débusquer, manipuler et travailler une masse de documents et surtout il publie en 1863 un livre de 140 pages intitulé  Le Faouëdic-Lisivy. Etude introductive à l’histoire de Lorient, Lorient, Edouard Corfmat, 1863 (1). C’est donc à un imprimeur lorientais qu’il confie son premier ouvrage. Pour assurer une diffusion plus grande dans le milieu des historiens , il choisit d’abord d’envoyer l’ouvrage à la plus ancienne et prestigieuse d’entre elles, le Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan fondée par l’Abbé Mahé en 1826. Le Bulletin de 1864 (2) n’y fait qu’une allusion discrète à son travail sous la forme d’un compte-rendu – mais d’une personne qui compte – au sein de la Société Polymathique, M. Rosenzweig.

L’année suivante, il publie un article de 20 pages portant sur Le port de Blavet (Port-Louis) et Jérôme d’Arradon, seigneur de Quinipily (3).

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@copyright Bnf

Un an plus tard encore deux articles , l’un de 17 pages (4), l’autre de 15 pages (5) paraissent dans cette revue dont le sujet porte sur  L’Ile Saint-Michel-Prieuré- Lazaret, ce qui lui vaut une lecture et un compte-rendu dans une séance de la Société Polymathique du Morbihan sur le chapitre XIV des Annales lorientaises qui a pour titre le Lazaret : « A la révolution, l’île Saint-Michel, devenue propriété nationale, fut mise à la disposition du ministère de la marine qui y plaça un gardien pour veiller à la conservation des bâtiments existants. L’administration de la marine ne tarda pas à reconnaître à l’île Saint-Michel un genre d’utilisation précieux pour le service sanitaire des bâtiments et de la flotte. Plusieurs fois, sous la République et sous l’Empire, des équipages de bâtiments de guerre atteints du scorbut et de la dysenterie y furent soignés ; ces équipages  y campaient sous la tente, et ceux des malades qui y succombèrent furent inhumés dans l’île, car l’Etat ne fit aucune dépense d’installation pour cet objet ; bientôt même Saint-Michel fut abandonné pour l’ancien couvent de Sainte-Catherine, où de vastes bâtiments permettaient de traiter les maladies et les affections contagieuses.

Cet abandon, toutefois, ne dura pas longtemps ; l’idée d’utiliser l’île Saint-Michel pour le traitement des maladies contagieuses ou considérées comme telles, prit une sérieuse consistance. L’auteur expose en détail la longue et laborieuse organisation de cet établissement sous la Restauration. Après la Révolution de 1830, qui renouvela presque toutes les administrations, l’ameublement du Lazaret risquait fort de rester dans l’oubli, lorsqu’un évènement imprévu se chargea d’y pourvoir.

Pendant l’automne de l’année 1830 le choléra désolait le nord de l’Europe. Le ministre de l’intérieur éveilla l’attention de l’intendance sanitaire de Lorient sur l’apparition de l’épidémie et lui commanda la plus grande surveillance sur les bâtiments qui arriveraient du nord. Le Lazaret fut alors complété : né pour ainsi dire de la fièvre jaune d’Amérique, il dut son achèvement au choléra asiatique. Chose singulière, à partir de ce moment, le Lazaret diminue d’intérêt ; les quarantaines d’abord assez fréquentes deviennent de plus en plus rares ; puis arrive l’an 1850 où un décret du président de la République le supprima ainsi que ceux du Boucaud, près Bayonne, et du Hoc, près du Havre. Autre temps…..Rentrée en possession de Saint-Michel, l’administration de la marine en a transformé les vastes bâtiments en magasins de poudre et projectiles, protégés par des paratonnerres. » in Le Courrier de Bretagne, 26 décembre 1866.

C’est sous le signe d’une production de plus en plus accrue qu’il écrit pas moins de cinq articles dans les années suivantes, toujours dans le Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan : la suite de L’Ile Saint-Michel-Prieuré- Lazaret (6) en 1867 ainsi que la même année, Annales lorientaises, Le choix d’un port, (7).

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En 1866 un article de presse souligne la renommée qu’il possède déjà au niveau local : « On sait que la municipalité parisienne a conçu l’heureuse pensée de faire écrire, sur les précieux documents qu’elle possède, l’Histoire générale de Paris. Le premier volume de ce monument historique et local vient d’être livré à la publicité. Ne serait-il pas opportun de se demander si toutes les villes de France ne feraient pas une chose utile et intéressante en imitant l’exemple de Paris et en publiant , sous les auspices et par les soins de l’administration municipale, une histoire de chaque cité et de ses transformations jusqu’à nos jours ? …

Un de nos concitoyens, M.F. Jégou a réalisé pour Lorient ce que l’édilité parisienne vient de prescrire pour la capitale. En se décidant à livrer à la publicité de précieux documents que seul il possède, M. Jégou rendrait un éminent service à la cité, et nous serions heureux de voir nos magistrats reconnaître, en l’encourageant, le talent, le patriotisme et le désintéressement du savant chercheur auquel on doit tant de trouvailles » in Le Courrier de Bretagne du 12 décembre 1866.

L’année suivante voit la publication de  La fondation de Lorient, La Faouédic, Tréfaven et Ploemeur en 1666 (8). Il est à remarquer que sous ce titre générique de la fondation de Lorient, il réalise des micro-histoires des localités proches. La même année 1868 François Jégou envoie une lettre à la Société polymathique du Morbihan, qui est lue en séance : « Lecture est donnée d’une lettre de M. Jégou qui donne les renseignements suivants sur des monuments celtiques signalés aux environs d’Hennebont.

Le village de Kerroch, ancienne colonie de Cacous, mentionnée dans D.Morice, paraît avoir été le centre de très nombreux monuments mégalithiques. Du côté d’Hennebont, les vestiges en sont rares, mais du côté opposé, c’est-à-dire à gauche de la route d’Hennbont à Plouay, on rencontre dans un rayon de 4 à 500 mètres des restes considérables d’amas de grandes pierres, qu’un oeil exercé reconnaît pour avoir appartenu aux monuments religieux ou funéraires ( ce qui est tout un ), des anciens peuples de cette contrée.

Mais depuis longtemps, ces restes d’un autre âge ont été détruits et bouleversés, et les matériaux gisent épars sur le terrain où il est difficile de reconnaître la nature des édifices qu’ils formèrent ; cependant il faut signaler tout particulièrement, parce qu’il mérite la visite du touriste, un champ de landes, plutôt de pierres, situé à 300 mètres au Sud-ouest de Kerroch, nommé Lan-er-Margourou.

Sur une étendue d’environ un hectare et demi, ce terrain est couvert d’énormes pierres, et dans la partie orientale se voient les restes non équivoques d’un énorme dolmen. De ce champ, disposé en monticule, l’oeil jouit d’un beau point de vue. Dans le champ contigu sont les débris d’une allée couverte. A mi-chemin de Kerroch au Bot, on remarque un énorme amoncellement de rochers granitiques, situé dans l’angle d’un champ nommé Roch-bé-chas ( Tombeau des chiens ??). Si du mur de clôture de la propriété du Bot, on tourne à gauche, on trouve encore au bout d’une avenue de châtaigners les ruines d’un beau dolmen. » in Le Courrier de Bretagne du 1er août 1868.

En 1869 également paraît l’article fondamental qui détermine selon le Courrier de Bretagne du 2 octobre 1869 la date de fondation de Lorient ( voir introduction ) : Annales lorientaises, La fondation de Lorient (1666-1690), Le 31 août 1666 (9), ainsi que le quatrième article qui porte sur l’espace géographique du port : Annales lorientaises, La fondation de Lorient (1666-1690), IV Le lieu d’Orient, 1 Le chantier (10)

Deux autres sujets de ses recherches sont publiés sous forme de livres ou de livrets, Le port de Blavet (Port-Louis) et Jérôme d’Arradon, seigneur de Quinipily (11) et un ouvrage sur l’industrie Industrie morbihannaise, La manufacture de porcelaine de Lorient, 1790-1808 (12). Il est désormais imprimé à Vannes et chez un autre éditeur à Lorient.  Ses travaux préparatoires dans les revues sont rassemblés dans un ouvrage qui le fera connaître des lorientais et des milieux historiques, Histoire de la fondation de Lorient, étude archéologique, (13). Au total une décennie bien remplie, car n’oublions pas que tous ces travaux se font dans les loisirs que lui laisse sa vie professionnelle.

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Il trouve également le moyen de participer aux joutes politiques.

Le Courrier de Bretagne du 22 juillet 1865 mentionne la présence de M. Jégou, greffier en chef du tribunal civil aux élections municipales. La liste des candidats met en avant le milieu social dans lequel François Jégou se meut : deux avoués, le président du tribunal civil, un aristocrate propriétaire, des négociants dont Edgar Dufilhol , un Commissaire de la marine en retraite , Chaigneau, deux notaires dont Du Bouëtlez de Kerorguen, deux docteurs médecins, deux banquiers, un pharmacien, un libraire, des militaires en retraite, un ancien ingénieur, bref un éventail de la bourgeoisie, voire de la haute-bourgeoisie de Lorient, mais aussi un serrurier mécanicien, Gersant et un mécanicien , Hippolyte Guillotaux. Liste perdante contre le maire de Lorient Le Mélorel de la Haichois qui sera maire de 1850 à 1869.

@copyright Assemblée Nationale

Forte personnalité, maire de Lorient pendant neuf ans, ce dernier était un cacique de la vie politique. Outre ses fonctions de maire, il avait également été élu membre du conseil général du Morbihan pour le 1er canton de cette ville. Joseph Honorat André Le Mérorel de la Gaichois avait solidement contribué à l’établissement du nouvel Empire, le second, et, élu député de 1852 à 1869, avait soutenu par ses votes  la majorité dynastique du Corps législatif mise en place par Napoléon III. Comme François Jégou, il appartenait à la magistrature en tant que juge suppléant. Seule sa mort à Lorient  le 22 janvier 1869, mit un terme à sa carrière politique.

Le 13 juillet 1870 un comité est formé à Lorient en vue des élections municipales ainsi constitué. Bureau : Jégou Président, Cornily et Jouhaud, Nayel Fils, Jullien Fils, Eliet Fils, Du Bouëtiez Fils, Postec Evanno, Bardon..Le 3 août 1870 trois listes se présentent à l’élection du conseil municipal. François Jégou figure sur deux listes, celle du Comité de l’Union libérale comprenant outre François Jégou, ancien greffier en chef, trois avoués, Dufilhol Edgar – maître de forges, deux négociants, un entrepreneur, un docteur-médecin, un notaire, un conseiller général, et un ancien mécanicien-constructeur. Cette entrée dans l’arène politique se solde par une défaite au profit d’Evariste Louis Aubin, également un membre de la magistrature, en tant qu’avoué près le tribunal civil de Lorient

François Jégou figure également sur la liste du Comité du Cercle du Commerce, avec de nombreux avocats, avoués, notaires, négociants, banquiers, médecins, propriétaire. Ces listes montrent l’appartenance de François Jégou non seulement à la bourgeoisie, mais à la très haute bourgeoisie lorientaise, ce qui n’empêche pas François Jégou de s’être présenté sur une quatrième liste, la liste lorientaise des travailleurs, sic ! et sur une cinquième liste, où l’on retrouve peu ou prou les colistiers des autres listes, listes qui perdent face à la liste d’Evariste Louis Aubin qui sera maire du 6 août 1870 au 17 août 1871.

Le 11 juin 1870 il va quitter la charge de greffier en chef du tribunal de Lorient « Monsieur Carel a été par décret du 11 de ce mois greffier en chef du tribunal de Lorient, en remplacement de Monsieur Jégou, démissionnaire en sa faveur. » in Le Courrier de Bretagne du 11 juin 1870. Le 24 septembre 1870, il se représente et est à nouveau éliminé au profit de la liste d’Evariste Louis Aubin, avoué au tribunal civil de Lorient.

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Pendant l’année 1870, il fait partie de la garde nationale et à ce titre il était de service dans la cour de la mairie le 28 août à six heures du soir. Nous savons maintenant qu’il habitait à l’époque 38 rue du port (voir ci-dessous). La garde nationale avait gonflé ses effectifs  depuis le début de la guerre avec la Prusse en juillet 1870. Séparée en garde sédentaire et garde active, sa mission était d’être un ultime moyen de défense, elle concernait les électeurs inscrits, mais elle n’était l’objet d’aucune préparation. La défaite de Sedan le 4 septembre va voir ses effectifs croître de manière exponentielle et l’engagement de cette troupe directement contre les Prussiens.

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@copyright Médiathèque de Lorient

Huit mois plus tard, le 7 avril 1871 il est nommé Juge de Paix à Guérande.

(1) François JEGOU, Le Faouëdic-Lisivy. Etude introductive à l’histoire de Lorient, Lorient, Edouard Corfmat, 1863, 140 p.

(2) François JEGOU, Le Faouédic-Lisivy ( Etude introductive à l’histoire de Lorient ), Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1864, p.168.

(3) François JEGOU, Le port de Blavet (Port-Louis) et Jérôme d’Arradon, seigneur de Quinipily, dans Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1865, pp 4-24.

(4) François JEGOU, Annales lorientaises, L’Ile Saint-Michel-Prieuré-Lazaret , Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1866, pp. 63-80.

(5) François JEGOU, Annales lorientaises, L’Ile Saint-Michel-Prieuré-Lazaret , Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1866, pp. 125-140.

(6) François JEGOU, Annales lorientaises, L’Ile Saint-Michel-Prieuré-Lazaret , Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1867 pp. 59-79.

(7) François JEGOU, Annales lorientaises, Le choix d’un port, Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1867, pp. 186-201.

(8) François JEGOU, La fondation de Lorient, La Faouédic, Tréfaven et Ploemeur en 1666, Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan,1868, pp.41-61.

(9) François JEGOU, Annales lorientaises, La fondation de Lorient (1666-1690), Le 31 août 1666, Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1869, pp. 38-55.

(10) François JEGOU, Annales lorientaises, La fondation de Lorient (1666-1690), IV Le lieu d’Orient, 1 Le chantier, Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1869, pp. 129-147.

(11) François JEGOU, Le port de Blavet (Port-Louis) et Jérôme d’Arradon, seigneur de Quinipily, L.Galles, Vannes, 1865, 23 p.

(12) François JEGOU, Industrie morbihannaise, La manufacture de porcelaine de Lorient,1790-1808, Lorient, typogr. Victor Auger, Imprim. Mme Veuve Texier, Lorient, 1865. 32 p.

(13) François JEGOU, Histoire de la fondation de Lorient, étude archéologique, Lorient, Lesnard, 52 rue du Morbihan, 1870, 352 p.

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