7. La paysannerie

 

La paysannerie

 

 

Certaines peintures de genre contiennent des symboles ou des allégories qui ajoutent une dimension supplémentaire à l’œuvre. Par exemple, un objet ou un geste peut avoir une signification particulière qui enrichit l’interprétation de la scène.

Que du religieux, thème qui prédomine à la campagne. Nos avons donc Jésus entouré de saint et d’anges, la croix autour de la tête et le coeur enflammé tenu de la main droit.

 

Sacré Coeur avec saint Jean Eude et sainte Marguerite

 

Ce manifeste rappelle le Calvaire et Apparition du Sacré-Coeur à Jean Eudes et Marguerite-Marie-Alacoque

En bas  l’homme et la femme qui prient ; Jean Eudes est un apôtre infatigable des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie et le fondateur de la Congrégation de Jésus et de Marie (les Eudistes). De ses missions évangéliques en France à sa dévotion profonde

«Quel cœur plus adorable, plus aimable et plus admirable que le Cœur de cet Homme-Dieu qui s’appelle Jésus ? écrivait saint Jean Eudes aux prêtres de sa congrégation.  

Lors d’une apparition, 13 juin 1675, Notre-Seigneur, découvrant son Divin Coeur, révèle à soeur Marguerite-Marie: «Voilà ce Coeur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour».

 

 

Narcisse Chaillou, Sacré Coeur avec saint Jean Eude et sainte Marguerite, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1890 © Collégiale Notre-Dame de la Guerche, place du Général de Gaulle, La Guerche-de-Bretagne.

 

Les scènes politiques mettent en avant les interactions entre les personnages, que ce soit des conversations, des rires, des disputes ou des moments de complicité. Les artistes prêtent une grande attention aux détails réalistes, que ce soit dans les vêtements, les objets ou les décors, pour rendre les scènes plus vivantes et authentiques.  Certaines œuvres contiennent des éléments de critique sociale, mettant en lumière les excès, les comportements déplacés ou les inégalités sociales.

Elles se déroulent souvent dans des lieux publics comme lors de fêtes et de célébrations. Ces œuvres capturent l’ambiance festive, les interactions sociales et parfois les excès liés à ces événements.

On dirait la salle du jeu de paume. L’estrade est de couleur rouge. Ces gens sont de gauche. A la tribune, un orateur est au centre de l’attention. Il lève le bras pour accompagner la fin de son discours. Il est acclamé par ses partisans. Deux hommes, enthousiastes lèvent leur bras en l’air pour l’accompagner. Les tribunes plussoient. Deux femmes seulement parmi cette foule d’hommes en bas de la salle. Un ouvrier. Quatre personnes à haut-de-forme prennent des notes. S’agit-il de journalistes ? Deux d’entre eux portent des lunettes. Si le vêtement a l’air bourgeois, la poche de l’un d’eux bée. Cinq personnes sont à la tribune. Un des hommes est vêtu comme un ouvrier. Un des membres l’écoute attentivement. L’autre prépare sa feuille pour lire son discours. Il a l’air d’être le président de séance. L’une d’entre elles se penche pour écouter un quémandeur. Les redingotes et les manteaux dominent. Est-ce la signe que la salle n’est pas chauffée. A gauche et à droite on voit des hommes qui applaudissent, comme la femme. La pièce pourtant large est emplie de fumée.

 

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, Réunion électorale, Huile sur Toile, 54 x 75 cm, 1871 © Musée de Pontivy

 

 

Autres oeuvres de Narcisse Chaillou

Narcisse Chaillou 1837 1916, La Remise, Huile sur Panneau, 24 x 31 cm, s.d. © Interencheres.com

 

 

Les scènes de genre dépeignent des scènes du quotidien, souvent domestiques ou rurales.

Une vache et deux poules, une étable. La vache a l’air d’être une pie-noir bretonne. Des cornes non coupées, une livrée blanche et noire. De la paille. C’est un animal qui accompagne très souvent les costumes de travail dans les champs. La vache sous des poutres remplis de toiles d’araignées a l’air placide. Les poules picorent sans s’occuper d’elle. Une fenêtre à droite éclaire la scène. On se croirait dans un décor de Vermeer.

 

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, Vache dans l’écurie, Huile sur Toile, 64 x 80 cm, 1885 © Musée de Pontivy

 

 

La nature est un thème central du romantisme. Elle est souvent idéalisée comme une source d’agrément, de véracité et d’authenticité. Les paysages naturels sont fréquemment utilisés comme des états d’âme des personnages. Un ciel mélancolique et beaucoup de vert. Une ferme au bord de l’eau. Une maison bourgeoise et une autre maison un peu plus loin. Calme et sérénité. Un lavoir où les lavandières savonnaient, brossaient, essoraient le linge dans la rivière. Le bâtiment à sa droite est peut-être une ferme vu les petites fenêtres.

 

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, Maison en bord de rivière, Huile sur Carton, 27 x 35 cm, s.d. © Vente Dehon Hoebanx, lot 86

 

 

L’humour et la satire sont fréquemment présents dans la peinture de genre. Les artistes utilisent ces éléments pour simplement divertir le spectateur.

 

L’automne

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, The four seasons, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, s.d. © Vente Nail Auctions, 12 octobre

 

 

Contrairement aux paysages ou aux natures mortes, les scènes de genre mettent l’accent sur les personnages et leurs interactions. Les expressions, les gestes et les attitudes des personnages sont souvent détaillés pour raconter une histoire ou transmettre une émotion.

Un attelage. Deux hommes. L’un tient solidement la charrue. L’autre fait claquer son fouet au-dessus de l’encolure des chevaux. Toutes les bêtes sont utilisées. C’est un attelage. Original.

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, Labourage avec boeufs et chevaux, Huile sur Toile, 138 x 210 cm, 1890 © Musée de Pontivy

 

 

Le printemps

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, The four seasons, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, s.d. © Vente Nail Auctions, 12 octobre

 

 

Un vieux Breton. Son visage est marqué. Son col est largement ouvert. Chapeau sous le bras droit, avec une boucle, tenant un cierge ferré de sa main gauche et un chapelet dans sa main droite. Il est vêtu du costume traditionnel de Pontivy, un veste blanche avec des liserés noirs. Un gilet noir. C’est un mouton blanc, comme on appelle les habitants de Pontivy. Il tient son chapeau dans la main droite. Il porte également un chapelet. Il est certainement à un pardon dans l’église. Le cierge est énorme !

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, Vieux Breton de Pontivy en prière, Photographie sur gélatino-bromure posé sur verre , 9 x 12 cm, 1903 © Musée Départemental Breton

 

 

L’hiver

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, The four seasons, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, s.d. © Vente Nail Auctions, 12 octobre

 

 

 

Elles ne représentent pas des événements historiques ou des figures mythologiques, mais plutôt des moments ordinaires de la vie de tous les jours.

Un cheval. A l’arrêt. Attaché à une charrette. Une roulotte est debout, en retrait. Des récipients de lait sont éparpillés dans la prairie. Certains sont ouverts ou renversés. Sis, sept vaches sont présentes. Certaines sont tranquilles, elles ruminent, allongées dans l’herbe. D’autres paissent debout. L’une d’entre elles fait face à un chien qui aboie. La jeune fille qui recueille le lait est au fond.

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, Vaches au pâturage dans l’Oise, Huile sur Toile, 56 x 100 cm, 1880 © Musée de Pontivy

 

 

Le printemps

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, The four seasons, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, s.d. © Vente Nail Auctions, 12 octobre

 

 

 

Autres oeuvres de Narcisse Chaillou

Narcisse Chaillou 1837 1916, Avant la noce, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 1887 © Salon de Paris

Narcisse Chaillou 1837 1916, La dernière dent, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 1887 © Salon de Paris

Narcisse Chaillou 1837 1916, Les dernières amours du Père Jacques, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 18 ©

Narcisse Chaillou 1837 1916, Un récureur de chaudrons, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 18 ©

Narcisse Chaillou 1837 1916, Dans les fossés du vieux château, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 18 ©

Narcisse Chaillou 1837 1916, La Ville neuve, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 18 ©

Etude plus important et plus soignée faisant honneur à cet artiste.

Narcisse Chaillou 1837 1916, L’étang de Poquelin, à Plessis-Belleville, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1890 ©

Narcisse Chaillou 1837 1916, Quinipily, Paysage breton, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 18 ©

Narcisse Chaillou 1837 1916, Le Douet, Paysage breton, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 1887 ©

Narcisse Chaillou 1837 1916, Les Bords de l’Ellé, Paysage breton, Huile sur Toile, 100 x 55 cm, 18 ©

 

 

Cette image est anonyme. Grand chapeau qui marque son appartenance au mouvement chouan, son col ouvert, son chupen dépoitraillé, la chemise à   deux rangées de boutons ouverte sur le ventre. En pays pourleth, les premiers chupenn et gilets que nous connaissons sont coupés dans un gros droguet de laine blanche, brute et piquée sur une forte toile intérieure. Une large tresse de coton noir entoure le col du chupenn et celui du gilet, soulignée par deux bandes larges de velours noir. De chaque côté de la poitrine s’aligne une rangée de boutons de métal blanc se touchant ou se recouvrant partiellement les uns les autres. C’est donc une représentation de la mode ayant cours non loin de Pontivy. Sur le côté on est loin de la cocarde tricolore, ce qui est logique, mais les chouans portaient un coeur rouge qui contenait une croix de l’Eglise.

L’humour et la satire sont fréquemment présents dans la peinture de genre. Les artistes utilisent ces éléments pour critiquer les travers de la société ou pour simplement divertir le spectateur.

Et la peinture de genre dépossède enfin le devant de la scène qu’avait la peinture d’histoire dans le tout début du XIXème siècle ! Mais cette représentation avait déjà commencé avant Chaillou. Avec Courbet, L’après-dîner à Ornans, la confrontation s’offre en grandes dimensions – typique de la peinture d’histoire – et les impressionnistes vont faire exploser cette appellation.

 

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, Portrait de Chouan, Huile sur Toile, 90 x 68 cm, s.d.  © Vente Herbette, lot 26

 

 

De nombreux peintres expriment une critique des structures sociales et politiques de leur époque. Ils prônent des idéaux de liberté, d’égalité et de justice. Certaines peintures de genre contiennent des symboles ou des allégories qui ajoutent une dimension supplémentaire à l’œuvre. Par exemple, un objet ou un geste peut avoir une signification particulière qui enrichit l’interprétation de la scène. Elle consiste à exprimer une pensée sous une forme imagée afin de faire comprendre, un autre sens, qui est celui visé par l’image, ici la République qui voit les paysans y adhérer.

Outre un mode d’expression figurative, le mot allégorie peut aussi désigner le travail d’interprétation du lecteur.

Le lion de Belfort met en exergue la situation par la France lors de la signature du Traité de Francfort en 1871, qui fit de ce territoire la seule partie de l’Alsace à rester française. La République est au centre : le petit angelot avec la devise Liberté-Egalité-Fraternité, tient la lumière ou le Grand Architecte qui éclaire le monde. Le bouclier central avec le monogramme RF où R et F sont entrelacés signe d’un union irréversible de la France avec la République. Elle apporte la paix.

Il y a deux Marianne. L’une est la paix. Vert, couleur de l’espoir. Elle est poitrine nue qui signifie qu’elle  est prête à nourrir la France.  Marianne nous présente un miroir. Symbole de celui qui se voit seul responsable de son destin. L’autre indique la guerre en sortant son glaive. La Justice avec la balance. Des fleurs en bas, une couronne de fruits. 6 drapeaux avec finitions en or. Une allégorie est toujours une femme, qu’on représente l’Agriculture ou la guerre, la Morale ou la Géométrie. La femme n’est elle-même que l’allégorie du désir. Elle est la plus jolie forme que puisse prendre un rêve.

En peinture et en sculpture, l’allégorie utilise une conjonction d’éléments symboliques — personnage, animal, plante, objet, geste, couleur, nombre — pour signifier une notion abstraite difficile à représenter directement, comme l’Amour, la Justice, la Guerre, la Mort.

A droite et à gauche et en-dessous, les produits – fruits et fleurs – d’une France apaisée puisque ce sont les paysans qui sont majoritaires en nombre d’électeurs. L’étoile ou le soleil Franc Maçon ? Trois marches. Le noeud – ou lacs d’amour – symbole de ce qui rassemble. La feuille d’acacia. Les deux angelots terminant de fermer l’allégorie des produits de la terre, fruits et fleurs. Un tonneau des danaïdes. Gerbe de clé, fruits, légumes sur un dais rouge. Palette du peintre, livre, science sur parchemins. On distingue des cercles. Une faux, un fusil. Une allégorie est toujours constituée d’une conjonction de symboles. Ici, la production d’un franc-maçon ?

 

 

Narcisse Chaillou 1837 1916, La paix Républicaine ou les Beaux-Arts soutenant la République, Huile sur Toile, 147 x 106 cm, 190 © Musée de Nantes

 

 

7. La paysannerie