Le monde des enfants
L’expression « peinture de genre » s’est mise à remplacer, par abréviation, les expressions peinture de genre vulgaire, de genre mineur, qui désignaient des œuvres représentant des scènes de la vie quotidienne ou intime, par opposition aux « peintures de genre historique ». On a notamment appelé bambochades les peintures de genre vulgaire montrant des enfants ou des scènes de la vie de tous les jours.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Signature, 1892 © Musée de Pontivy
Les artistes utilisent souvent la lumière et l’ombre de manière magistrale pour créer une atmosphère réaliste et intime. La texture, la couleur et la composition jouent également un rôle crucial, donnant vie à chaque scène avec une profondeur et une richesse émotionnelle. L’objectif n’est pas seulement de représenter une scène, mais de la rendre vivante, palpable, et de permettre au spectateur de s’y immerger complètement.
Elles peuvent inclure des éléments humoristiques, satiriques ou moralisateurs.
Le grand-père est le seul homme. Il se tient dans un fauteuil à bras. Sa jambe droite est posée sur une petite chaise tripode. Sa chaussure plus grande repose à côté de lui, avec des cercles en fer pour enferrer ce pied. Cet homme doit souffrir de la goutte.
Une fillette, à joli chapeau, habillée de rose et portant à ses pieds des chaussures montantes – en cuir à lacets – qui regarde vers le plafond, tente de lui offrir un bouquet de fleurs. Mais le grand-père ne voit rien de la scène. Sa femme lui signale qu’un enfant lui apporte quelque chose. L’enfant ne perd rien de la scène. Mais le grand-père, coiffé d’un galure bleu, est aveugle, on le voit à ses yeux, et un peu sourd, la femme lui parle un peu fort.
Le petit garçon, morigéné par sa mère – très bien habillée, joli chapeau – qui se penche sur lui, est très bien mis dans son costume, noir avec deux épaulettes blanches, des chaussettes rouges qui tranchent avec les souliers noirs. Il est habillé comme un clerc, et montre un faciès mécontent. Il tient un rouleau. Il regarde le chat, qui, pense-t-il lui au moins est libre.
Une troisième femme rentre avec un enfant dans les bras. La personne accoudée à la maie, qui fait office de cercueil, se lève pour saluer les nouveaux arrivants.
Le lit est placé derrière l’homme pour sembler lui dire : je t’attends. Une horloge indique midi mois le quart. Un papier apposé sur un jambage de la cheminée décrit un décor religieux. Le bénitier est à sa place fixé sur le chambranle en bois.
Narcisse Chaillou, Fête du grand-père, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1883 © Musée de Pontivy
Exposition de Pontivy de 1886.
Narcisse Chaillou a des prix pour ses oeuvres tout à fait corrects
Tarifs de Narcisse Chaillou
Trois personnages : la mère et deux enfants. La mère hurle sur le plus grand tandis que la petite vient pleurer dans sa jupe. Le garçon est très penaud. Il penche la tête en avant en souhaitant qu’il n’en fasse pas trop, face à la fureur de sa mère.
Il y a de quoi ! A gauche les enfants ont renversé une chaise cassant la quatrième patte. Elle baigne dans un liquide dont on ne sait d’où il provient. Au centre c’est une cruche brisée en mille morceaux. Du bois de chauffe a été retiré de son emplacement et git près du lit.
La poupée de la petite fille git démembrée à terre. Elle-même a une chaussette qui est tombée sur la chaussure.
La mère est enragée. Elle hurle en s’adressant à son fils. Sa main est levée pour dire » tu ne perds rien pour attendre ! » Celui-ci ne sait que répondre et imagine la suite.
Seuls une image pieuse au-dessus de la cheminée et un bénitier sont silencieux.
Narcisse Chaillou, La Remontrance, Huile sur Toile, 100 x 130 cm, 1890 ©
Qu’elle est mignonne cette petite serrant sur le côté son gros livre de prix ! Et c’est le prix d’honneur ! Graal que chaque élève voudrait bien avoir ! Elle a mis son plus beau costume pour la cérémonie, celui du Dimanche, celui où elle est la plus joliment habillée ! Elle paraît très intimidée.
Chapeautée d’une décoration qui ressemble à celle de Pont-Aven, avec la petite coiffe, un bonnet cylindrique, une toque cerclée d’un ruban, directement posée sur les cheveux. Elle se porte seule ou recouverte par la grande coiffe.
La grande coiffe est une coiffe de sortie ou de cérémonie, elle vient s’emboîter sur la petite coiffe. Celle-ci est décorée de deux lignes faite à la broderie. Ses deux grandes ailes sont relevées et pliées, ici sur l’arrière puis d’une veste de velours noir qui est bordée de deux manches blanches en dentelle et d’une bande en petits décors pailletés faisant office de ceinture. Pourquoi le peintre a-t-il tenu à ajouter une guirlande verte ? Une grande collerette simple, pas de dentelle, autour du cou, un joli pectoral de la forme d’un croix et une robe mauve avec deux petites poches complètent sa tenue. A son bras, un Jules Verne édition de luxe.
Narcisse Chaillou, Le prix d’Honneur, Huile sur Toile, 92 x 69 cm, 1890 © Musée de Pontivy
Nous sommes ici en Afrique du Nord. Pieds nus, un chèche sur la tête et vêtu d’une gandoura brun clair et d’une veste plus sombre, il découpe sa pastèque avec un énorme couteau. Il fait attention de ne pas en perdre une miette. Son visage implique la concentration. La pastèque étant aussi grosse que lui, ce n’est pas facile !
Narcisse Chaillou, Le mangeur de Pastèque, Huile sur Toile, 65 x 52 cm, 1875 © Salon des artistes
La coiffe de cette enfant semble indiquer Pont-Aven. Mais rien n’est moins sûr. Un ruban lui retombe sur le cou et le dos, deux dentelles bloquent le jeu de la coiffe. Ses cheveux blonds sont bien peignés. Joues rouges car elle s’est heurtée à la chaleur de la nourriture, elle est condamnée à souffler dessus pour la faire refroidir. Très concentré dans sa tâche, ses yeux participent du mouvement. Elle porte une veste de lin bleu-noir. Les bouts de chemise que l’on voit sont sans décoration Sa blouse, ce n’est pas un vêtement de travail, sa blouse est bleu clair. Que mange-t-elle ? C’est difficile à dire. De la soupe ? Du riz ? Elle a une pomme dans sa pochette et semble-t-il, un morceau de pain dans l’autre. Il faut dire que le peintre lui fait tenir par le dessous une écuelle dont la température devait lui brûler la main.
Narcisse Chaillou, C’est trop chaud, Huile sur Toile, 73 x 51 cm, 1890 © Musée de Pontivy
Narcisse Chaillou, Jeune fille mangeant sa soupe, Huile sur Toile, 40 x 32 cm, s.d. ©
Narcisse Chaillou, Jeune fille mangeant sa soupe, Huile sur Toile, 40 x 32 cm, s.d. ©
Ces peintures représentent des moments de détente et de divertissement, comme les jeux d’enfants, les activités sportives ou les passe-temps.
Voilà un enfant dont la voracité le dispute à son courage. Monter très haut au sommet d’une échelle sans doute, pour arriver à cueillir quelques-unes de ces si jolies grappes ! Il a l’air d’être au bout de son effort, les deux bras ne lui servent qu’à se tenir. Ses petits doigts crochent dans le mur, mais pas dans les treilles. Il voit les grappes et les raisins si dorés par le soleil couchant, mais de là à les attraper !
Narcisse Chaillou, Vigne derrière le mur, Huile sur Toile, 73 x 53 cm, 1900 © Musée de Pontivy
Une jeune fille tenant son paquet de linge propre sous le bras. Elle revient du lieu que fréquentent les lavandières. Sinistre lieu de travail. L’enfant y jouait avec son bateau. Le décor est sombre. Les escaliers très présents. Ceci rajoute l’ambiance à la difficulté du travail. Le peintre capture un moment simple et intime de la vie domestique. Ils accordent une grande importance aux détails et aux textures, que ce soit dans les vêtements, les objets ou les décors. Ces éléments contribuent à la richesse visuelle de l’œuvre et à son réalisme.
Narcisse Chaillou, Femme et enfant au bas de l’escalier, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1899 © Musée de Pontivy
La composition des peintures de genre est souvent soigneusement pensée pour guider le regard du spectateur et raconter une histoire. Les artistes utilisent des techniques comme la perspective, le cadrage serré et la disposition des personnages pour créer des scènes dynamiques et engageantes.
Les peintures de genre racontent souvent des anecdotes.
Les relevailles sont un temps que les femmes en couches doivent respecter pour se faire pardonner. Parce qu’elles ont pêché et qu’il faut s’en délivrer. Impossible de revenir au foyer, au village. Elles ne pouvaient pas allaiter. Elles n’avaient pas le droit d’assister au baptême de son fils ou de sa fille. Traditionnellement c’est une période de 40 jours selon la Bible. La femme se relève pour être purifiée par le prêtre. Purifier et protéger retour au village. Elles sont plus facile à respecter pour les femmes riches, comme sur ce tableau. Pour des raisons économiques.
La jeune femme a rejoint l’église en rasant les murs et en évitant les femmes qui évitent de la regarder. Elle va s’agenouiller devant le prêtre qui l’asperge d’eau bénite en faisant le signe de croix. Puis elle quitte sa coiffe. Véritable rite de passage pour la femme qui est ainsi relevée d’une période qualifiée d’impure. Rite respecté par la plupart des villages bretons au 19e siècle.
Narcisse Chaillou, Les Relevailles, Huile sur Toile, 73 x 53 cm, 1890 © Musée de Pontivy
Autres oeuvres de Narcisse Chaillou
Narcisse Chaillou, Visite au petit malade, Huile sur Toile, 73 x 53 cm, 1890 ©
Dans Visite au petit malade, il a remarquablement organisé les différents éléments de son tableau. Près de l’immense lit, où l’enfant au visage reposé et doux, une bonne soeur se penche au-dessus de lui pour l’interroger sur sa maladie. Assise sur une pierre du foyer, car la visite est faites à domicile, la mère qui préparait le repas soulève son couteau au-dessus du pain noir et le regarde, inquiète. Tout ceci est peint et représenté avec simplicité.
Vers qui se concentrent tous les regards dans cette toile ? C’est le petit malade.
La composition des peintures de genre est souvent soigneusement pensée pour guider le regard du spectateur et raconter une histoire. Les artistes utilisent des techniques comme la perspective, le cadrage serré et la disposition des personnages pour créer des scènes dynamiques et engageantes.
Les peintres de genre accordent une grande importance aux détails et aux textures, que ce soit dans les vêtements, les objets ou les décors. Ces éléments contribuent à la richesse visuelle de l’œuvre et à son réalisme.
Sur fond vert, cette jeune fille est toute concentrée. On le voit à son visage. Sur son délicat travail. Ses yeux indiquent le noeud du problème. Ses deux aiguilles s’enfoncent tout à tour, de manière régulière pour ne pas rater une maille. Elle porte une coiffe, à deux ailettes, qui lui retombent sur le dos. Un pourtour du col de la même couleur. Le fil traîne un peu à terre.. Le peintre s’amuse.
Ses cheveux sont blonds. Sa chemise est noire. Ses manchons bleus. Sa blouse rouge-brun. Sa robe noire. Elle tricote.
Narcisse Chaillou 1837 1916, La petite tricoteuse de Pont-Aven, Huile sur Toile, 37 x 29 cm, 1890 © Vente New Orléans Auction, lot 459




