Artisans et ouvriers
Narcisse Chaillou 1837 1916, Signature, 1907 © Musée de Pontivy
Un homme et une femme. Il porte un vêtement du Dimanche. Sa veste à trame de laine est relevée d’une bande noire. L’Étoffe du col de la chemise de lin recouvre tout le cou. Ils tiennent chacun leur verre dans la main. Ils rient aux éclats. Il a laissé choir sa pipe qu’il retient de la main. Il lève la tête pour s’esclaffer. Le chapeau accentue le mouvement, il est rejeté vers l’arrière. Pour rire. Sa boucle brille.
Sa compagne porte aussi un ensemble du Dimanche. La femme rit de côté. De bon coeur. Ses yeux sont rieurs. Elle porte une coiffe. Qui retombe de part et d’autre de la tête. La coiffe est fixée sur le haut par une grande ligature. Elle est également attachée autour du cou. Ce type de coiffe nouée au menton est appelée en breton Kabellek. Ses cheveux sont bruns et repliés en chignon derrière la tête. Ses yeux plein de malice. Elle porte un habit noir, une chemise blanche, avec le bout des manches décorées. Elle porte une robe. Les vêtements de dimanche sont un velours de couleur noire. Le tablier est d’une couleur brune. Elle repose sa tête sur un bras, preuve qu’elle suit attentivement la conversation de l’homme. Elle porte une boucle de petites perles à son poignet.
Les scène de genre peuvent révéler des aspects inavoués de la société, offrant un aperçu des classes sociales, des rôles de genre, et des traditions culturelles, ici un couple de paysans.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Homme et femme en discussion, Huile sur Toile, 73 x 53 cm, 1892 © Chapelle Saint-Jacques, Baud
Les scènes de genre agissent souvent comme des commentaires sociaux, reflétant les valeurs, les préoccupations et les idéaux de l’époque. Elles peuvent révéler des aspects cachés de la société, offrant un aperçu des classes sociales, des rôles de genre, et des traditions culturelles. Ces œuvres sont donc des ressources précieuses pour comprendre le contexte social et historique dans lequel elles ont été créées.
Le romantisme célèbre le particulier et sa soif de liberté, d’authenticité. Les héros romantiques sont souvent des rebelles ou des marginaux qui défient les conventions sociales, comme l’individu ci-dessous.
L’homme porte un drapeau blanc. Coiffé d’un galure, d’un ensemble chemise-pantalon-veste aux nuances très marqués, les cheveux longs, il porte des sabots. Il pose pour le peintre. C’est là le portrait d’un chouan.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Le Porte-drapeau, Huile sur Toile, 65 x 50 cm, 1896 © Musée de Pontivy
Ce sous-genre combine des éléments de la peinture de genre avec des sujets historiques, souvent en reconstituant des scènes du passé avec un souci de réalisme.
C’est la Révolution. Le peuple hurle et bouge par vagues. Au seuil de l’église un homme harangue la foule. Les aristocrates réfugiés dans une église ont armes à la main, prêts à se défendre.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Foule haranguant les aristocrates, Huile sur Toile, 73 x 43 cm, 1871 © Musée de Pontivy
Narcisse Chaillou 1837 1916, Jeanne écoutant ses voix, Huile sur Toile, s.d., s.d. ©
Autres oeuvres de Narcisse Chaillou
Narcisse Chaillou 1837 1916, Histoire de Huon de Bordeaux, Huile sur Toile, 73 x 43 cm, 1871 ©
Narcisse Chaillou, Francs-Tireurs dans les Vosges, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1874 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, La répétition générale, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1877 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, Avant la prise, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1879 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, Première barbe, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1880 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, Entre deux coups de marteau, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1880 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, L’écuelle cassée, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1885 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, Quand on travaille, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1885 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, Le jardinier de ma grand’mère, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, s.d. ©
Narcisse Chaillou 1837 1916, Petits marchands de journaux, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1890 ©
Chacun de ces sous-genres offre une perspective unique sur la vie quotidienne et les interactions humaines, tout en permettant aux artistes d’explorer une variété de thèmes et de techniques. Au fil du temps, le genre a évolué pour inclure des représentations plus diversifiées de la vie quotidienne, y compris des scènes urbaines et industrielles.
Un homme est près de son établi. Il porte une longue blouse bleue. Il est penché sur une, on dirait une poterie. Près de la fenêtre qui lui apporte la lumière. Mais que fait-il ? Il examine de près l’objet; Ce serait plutôt un moule à kouglopf. Une casserole est en train de réchauffer sur un poêlon à gaz. Une autre repose sur l’établi. Une boîte, une bouteille, un récipient et un surtout en cuivre complètent ce décor sur la table. Sur un autre établi, plus petit, c’est un récipient en cuivre. Il est penché. A quoi sert-il ? L’outil posé sur l’établi est une sorte de spatule qui lui sert à ramasser le contenu de la calebasse. Au mur, droite, d’autres moules et un tableau noir. Le meuble à gauche indiquerait plutôt des moules pour gâteaux. En-dessous, sur les rayonnages, on voit des gâteaux sortis du four. Mais quel four ? Heureusement que le peintre a indiqué Le Pâtissier-confiseur !
Narcisse Chaillou 1837 1916, Le Pâtissier-confiseur, Huile sur Toile, 73 x 53 cm, 1888 © Musée de Pontivy
Nous voici en présence d’un tableau de genre, bien amusant bien spirituel. Un brave villageois breton, la pipe à la bouche, le bonnet de coton sur la tête, assis sur un escabeau, et du cidre en bouteilles. Il met un air grave et gracieux à accomplir cette agréable onction.
A terre gît un sac de bouchons éventré. Dans un panier sont des bouteilles vides. C’est un bien joli tableau, d’une bonne exécution et d’un fin coloris.
La nature vivante comme les natures-mortes sont rendues avec une grande perfection.
Il faut voir les qualités d’observation que M. Narcisse Chaillou a su mettre dans son oeuvre. Voyez comme ce fin et rusé Normand, regarde avec une véritable expression d’intérêt la cruche qu’il est en train de remplir de cidre. Sa figure est admirablement bien modelée. Ce personnage a du naturel et est pittoresquement posé.
Au reste on doit louer dans cet excellent tableau le pittoresque décor, la composition ingénieuse, la justesse des mouvements ; l’air circule dans tout cet intérieur.
C’est une oeuvre de talent.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Le tireur de cidre, Huile sur Toile, 73 x 53 cm, 1888 ©
Les personnages représentés sont souvent des gens ordinaires, comme des paysans, des artisans, des marchands. Comment les artistes ont-ils dépeint les femmes dans leurs scènes de la vie quotidienne ? Quels rôles et activités leur étaient attribués ? Chacun de ces sous-genres offre une perspective unique sur la vie quotidienne et les interactions humaines, tout en permettant aux artistes d’explorer une variété de thèmes et de techniques.
La barbière est un thème original. Un homme fait office. Elle lui a étendu le savon à barbe sur le visage. Il a les poings un peu serrés, surtout le gauche. La jambe droite et le sabot aussi. Il est tendu. Un grand torchon le protège. Elle porte un blouson bleu et une robe rouge. Et une coiffe bleue. Elle est en train d’ouvrir son rasoir. La pièce représente un cheminée et un lit. Est-ce la demeure de notre téméraire compagnon ?
Narcisse Chaillou 1837 1916, La barbière bretonne, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1890 © Musée de Pontivy
Autres oeuvres de Narcisse Chaillou
Narcisse Chaillou 1837 1916, La Barbière du village, Huile sur Toile, 99 x 133 cm, 1885 © Musée de Pontivy
Dans la cour d’une maison, une femme, vêtue d’un tablier et d’une coiffe, s’apprête à raser un homme, assis sur une chaise en bois, dos au spectateur. En face, trois hommes le regardent. A droite, une fillette et un chien.
Un homme. Une femme. Le vêtement de la femme aux couleurs bleu blanc rouge. Elle regarde attentivement le rémouleur. Sa tête est recouverte d’une sorte de béguin, noué sur la tête, avec des volants blancs transparents. Elle fait le tour de sa jugulaire. On dirait qu’il y a une attache. Serait-ce un voile, enlevé ? Elle porte autour de son cou un cercle de tissu noir. A cette cotonnade est suspendue une plaque en triangle avec trois grand trous. Que signifie-t-elle ? On voit pas du tout ses cheveux. La chemise qui est visible est de couleur transparente. Du moins sur les épaules. Elle tient un manteau bleu sur ses genoux. Celui-ci s’échappe vers la droite. Les chaussures qui apparaissent ne dénotent pas une paysanne de base. Plutôt une membre de la couche supérieure des paysans aisés ou de la petite bourgeoisie. Ses chaussures et son pied son tous mignons. Ils laissent voir un bas blanc. La femme bras croisés, tient un petit canif dans sa main droite. Ses yeux regardent les mains de l’homme. Son regard est pensif. Elle est sans le savoir débordante de séduction.
Deux personnages et le maximum d’objets entre eux.
Tout bon vivant qui se respecte se doit d’avoir des couteaux en état d’usage. Là-dessus, les rémouleurs entraient en action pour gagner leur pain. Le mot « rémouleur » vient du français « émoudre », qui signifie aiguiser sur une meule. La meule sert à aiguiser. C’était un artisan nomade qui avait l’habileté d’affûter tous les instruments tranchants. Couteaux, ciseaux, poignards, hachoirs, tranchoirs, situés à droite, n’avaient donc aucun secret pour lui ! Ainsi, ce professionnel – itinérant – se déplaçait d’un village à l’autre avec ses outils et ses ciseaux à aiguiser.
Le rémouleur est concentré sur son travail. Il porte une large feutre. Cet homme est habillé d’une redingote brune et serrée des chevilles jusqu’aux genoux. Tout son costume est cousu de grands boutons. Ses genouillères ressemblent à celles d’un officier. Des outils sont accrochés à ses cuisses. Son pied actionne un levier, qui entraîne par un système simple le tour de la roue. Il a devant lui un sabot percé au fond par un tube, pour arroser de manière continue, la meule. L’eau est récupérée dans un réservoir. Puis elle parvient au travers d’un tuyau en plomb fermé – le plomb est malléable – jusqu’à un canal de même nature parallèle à l’assise de la chaise, ce qui permet de récupérer l’eau dans un bois évidé. Des chiffons humides sont accrochés sur le devant. Son attitude est très respectable.
Narcisse Chaillou 1837 1916, L’aiguiseur de couteaux, Huile sur Toile, 73 x 58 cm, 1879 © Musée de Sheffield
» La dernière dent. Un pauvre paysan n’a plus qu’elle, et il souffre tant de cette unique solitaire qu’il entre à l’hôpital et attend que la Soeur lui extirpe son affreux chicot. Mais Hélas ! Que va devenir le patient, s’il n’a point à son aide le talent, je dirai plus le génie du mécanicien dentiste ?
Comment s’il ne peut acheter un râtelier, comment le pauvre diable pourra-t-il vivre ?
La Soeur, debout, prépare l’outil du supplice, et le patient ouvre une bouche formidable. «
La famille est présente et tout le mode attend la délivrance du pauvre homme dont ils ont entendu pendant des jours les gémissements. La fille est assise pendant que ses trois enfants, enfin deux, enfin un, suit attentivement l’opération.
Narcisse Chaillou 1837 1916, La dernière dent, Huile sur Toile, 73 x 53 cm, 1888 © Musée de Lorient
Le forgeage est l’action recouvrant la mise en forme du métal, à chaud ou à froid, par l’utilisation d’un outil de choc. Ici de droite à gauche : le marteau-pilon, un ouvrier, le martinet deux ouvriers dont un Maître qui surveille la frappe, et d’un support enclume, en métal ou en bois, la matrice. Les matériaux sont faits de fer ou d’acier.
Elle comporte également un baquet d’eau ou d’huile pour refroidir rapidement le fer chaud, et donc durcir la pièce forgée. C’est le cas de l’ouvrier à gauche qui grâce à une pince plongée dans le feu se prépare à mettre la pièce dans le seau placé à côté de lui.
Les outils à la disposition du forgeron sont des pinces, des marteaux, des ciseaux, des tranches, des brosses, et plusieurs autres outils pour travailler le métal comme on peut le voir au fond de la pièce. Frappé avec une masse, la tranche servait à couper ou entailler une pièce travaillée. Le forgeron sait fabriquer ses propres outils selon ce qu’il veut faire.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Forge, Etude d’après nature, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1890 © Musée de Pontivy
Autres oeuvres de Narcisse Chaillou
Narcisse Chaillou, Un amateur de musique, Souvenir de Transylvanie, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1870 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, Mendiant, Souvenir de Transylvanie, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1870 © Salon de Paris
Narcisse Chaillou, Marchand de roses, Souvenir de Transylvanie, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1870 ©
Ces œuvres racontent souvent une histoire ou capturent un moment narratif. Elles peuvent inclure des éléments humoristiques, satiriques ou moralisateurs. Un dallage à la fois sobre et froid. Deux enfants sont conduits par un homme portant un sabre. Un gendarme. Formidablement harnaché. Deux femmes les attendent. L’une a l’air résignée. De quoi s’agit-il ? Une femme – très bien habillée – est présente pour expliquer ce qu’elle considère comme un forfait : un vol de dinde par les deux garçonnets. Ils sont pieds nus. Et portent un teint très hâlé. Des tziganes ? Ils sont nombreux en Hongrie au XIXème siècle. Un juge, supérieur du gendarme, écoute. L’autre écrit. A la plume. Le troisième appuyé sur un grand bâton, couvert d’un ample manteau écoute également. Le spectateur est invité à imaginer ce qui se passe après la scène représentée.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Scène dans un commissariat hongrois, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1870 © Musée de Pontivy
Une autre scène similaire existe, mais sans le troisième personnage qui était près du mur. Les personnages du fond montre un paysan empêchant des personnes d’entrer.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Scène dans un commissariat hongrois, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1870 ©
Autres oeuvres de Narcisse Chaillou
Narcisse Chaillou, Mendiant, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1870 © Salon de Paris
Un enterrement sous la neige en traîneau. Neuf personnes suivent le cercueil qui est placé perpendiculairement à la marche. Le conducteur actionne le fouet pour faire avancer le cheval. Le paysage est àl ‘image de la scène. Sinistre.
Narcisse Chaillou 1837 1916, Enterrement en Tansylvanie, Huile sur Toile, 53 x 73 cm, 1872 © Musée de Pontivy
Autres oeuvres de Narcisse Chaillou
Narcisse Chaillou, Au voleur ! Souvenir de Transylvanie, Huile sur Toile, 50 x 82 cm, 1873 © Salon de Paris





